Le Royaume-Uni procrastine

Chappatte/Le Canard Enchaîné (30/12/2020)

Comme cela était prévisible, le Royaume-Uni rechigne à respecter ses engagements pris lors de sa sortie de l’Union européenne (le brexit) qui stipulaient l’établissement d’une frontière commerciale en mer d’Irlande pour éviter d’avoir à rétablir une frontière formelle entre l’Irlande du nord (province britannique) et la République d’Irlande laissant ainsi sans contrôle l’importation en Irlande du nord de produits britanniques, donc en provenance d’un pays tiers, qui peuvent ainsi accéder, toujours sans contrôle, en République d’Irlande, donc au marché intérieur de l’Union européenne, et vice-versa.

Le « protocole nord-irlandais » devait permettre de résoudre, au moins provisoirement, l’insoluble question de la présence britannique sur l’ile d’Irlande. Le non-respect de certains éléments de l’accord du brexit fait partie du jeu, des procédures existent pour le régler et/ou le sanctionner. Il suffit de les appliquer, ou de changer les textes du brexit. Entre gens intelligents et de bonne compagnie on devrait bien trouver un arrangement, au moins temporaire.

A plus long terme, la question ne se résoudra que par la réunification irlandaise. Peut-être le brexit la précipitera-t-elle ? Il faudra alors régler le cas des unionistes protestants qui tiennent au maintien de leur statut britannique ce qui s’annonce complexe mais arrivera bien… un jour. Ces confettis de l’Empire coûtent et empoisonnent la vie de nombre d’Etats : la France avec la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et d’autres, l’Espagne avec Ceuta et Melilla, le Royaume-Uni avec Gibraltar, etc. Ils se résoudront avec le temps et l’indépendance de ces confettis ou leur rattachement aux territoires géographiques auxquels ils appartiennent. C’est la logique, elle demande de l’intelligence et des dirigeants visionnaires pour être mise en œuvre. Cela viendra.

Un bon projet pour la Nouvelle Calédonie

Libérons la Nouvelle Calédonie

Les partis calédoniens réunis à Paris avec le gouvernement français viennent d’arrêter la date du troisième référendum d’indépendance qui se tiendra en décembre 2021. Il semble que les participants pro-indépendance craignaient une date après les élections présidentielles de mai 2022 avec le risque que si Marine Le Pen était élue, la perspective d’une indépendance, et donc du référendum, ne soit repoussée aux calendes grecques. Voilà qui est fait.

Il est également prévu une période de transition de deux années qui sera nécessaire quel que soit le résultat. Si l’indépendance l’emporte il faudra transférer les pouvoirs et régler le sort de ceux qui voudront émigrer, si c’est le Non qui vainc, il faudra définir de nouveaux accords sur un mode de fonctionnement entre la métropole et ce territoire pacifique lointain.

Si indépendance il y a, le Front de libération kanak nationale et socialiste (FLNKS) et ses différentes composantes ont déjà leur programme prêt. C’est un bon programme.

Au niveau institutionnel on ne peut pas dire que le schéma envisagé soit très original. Un parlement à deux composantes : l’assemblée nationale élue par les provinces elles-mêmes soumises au suffrage des électeurs, une chambre des représentants élus par les conseils coutumiers ; un président de la République élu par le parlement ; un gouvernement dirigé par un premier ministre ; une armée nationale ; une force de sécurité intérieure (FSI) pour assurer l’ordre ; une monnaie propre arrimée à un panier de monnaie mais l’adoption d’une monnaie tierce n’est pas exclue, etc.

Quant au financement de la dépense publique le schéma envisagé est le même que celui de la situation actuelle sauf que la source « Participation de l’Etat français » est remplacée par « Revenu de l’Etat [calédonien] actionnaire ».

Si l’indépendance l’emporte, il suffira donc d’appliquer ce programme et de laisser voguer la Nouvelle Calédonie vers son destin. Il faudra certainement que les contribuables français continuent à aider ce nouvel Etat. Nous pouvons le faire comme nous l’avons déjà fait, et continuons à le faire dans une certaine mesure, pour les anciennes colonies françaises qui ont accédé à l’indépendance.

Lire le programme du FLNKS : ici

Il faut restituer les confettis de l’Empire

Quelques milliers de migrants marocains ont envahi l’enclave espagnol de Ceuta en territoire marocain. Il semble que les autorités marocaines reprochent à l’Espagne d’avoir accueilli pour raisons sanitaires le chef du front POLISARION, le mouvement indépendantiste du Sahara dit « espagnol » sur lequel le Maroc affirme sa souveraineté. L’impétrant aurait la Covid.

On connaît le cynisme de certains Etats qui n’hésite pas à utiliser les flux migratoires pour des raisons politiques. La Turquie à cet égard a montré de quoi elle était capable en incitant les réfugiés syriens sur son territoire à entrer en Grèce par la frontière terrestre. Dans le cas du Maroc on franchit une étape supplémentaire puisque ce pays envoie sa propre population comme immigrés illégaux à Ceuta. L’Espagne a déployé son armée sur place et aurait expulsé immédiatement la moitié des 8 000 migrants ayant pris d’assaut Ceuta.

La manipulation des flux de migrants est devenue une arme à la disposition des Etats les plus cyniques, il faut s’y faire. Les Etats agressés de la sorte, généralement plus « occidentaux », hésitent à employer des armes similaires en retour, comme celle des visas par exemple. C’est la comédie humaine rapportée à la géopolitique !

Plus important, ces incidents de Ceuta soulignent une nouvelle fois l’aberration de ces confettis d’empires répartis un peu partout sur la planète. Citons également Melilla, toujours espagnole, au Maroc, mais aussi le britannique Gibraltar en Espagne, les territoires français à Jérusalem-est, la française Mayotte dans l’archipel des Comores, etc. A l’exemple de Hong-Kong qui a été restitué par le Royaume-Uni à la Chine, la raison voudrait que l’on profite de ces évènements pour lancer les négociations de rétrocession des enclaves de Ceuta et Melilla au Maroc. Ces verrues espagnoles en territoire étranger n’ont plus aucun sens et sont source de problèmes sans fin. Les populations sont estimées à 78 000 pour la première et 72 000 pour la seconde. Même si la totalité de cette population souhaitait être rapatriée, l’Espagne devrait pouvoir le faire sans trop de difficultés en regard des bienfaits que représenteraient la restitution de ces territoires qui semble une évidence géographique lorsqu’on regarde une carte de la région.

On avance

La presse quotidienne nationale fait état d’un sondage commandité fin avril 2021 par le ministère des outre-mer à la l’Institut Harris Interactive fait état que 66% des Français estiment que l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie serait une bonne chose. C’est un bon résultat qui montre que les choses avancent favorablement pour cette colonie française qui doit voter une troisième fois dans les mois à venir pour ou contre son indépendance.

Une partie des acteurs de cet archipel est actuellement réunie à Paris pour envisager le « jour d’après » car que la réponse soit oui ou non à l’issue de ce troisième référendum il faudra bien gérer la suite, les accords de Nouméa encadrant le processus en cours devant s’éteindre avec ce référendum devront bien être remplacés par quelque chose si l’on veut éviter un malheureusement probable chaos.

Une autre partie des acteurs (de sensibilité indépendantiste) a refusé de venir à discuter à Paris.

Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

On avance en Nouvelle Calédonie

En pleine agitation concernant la vente d’une usine de nickel dont le groupe d’acheteurs est contesté par les indépendantistes qui ont entrepris d’occuper et de détériorer l’outil industriel concerné, les représentants du parti indépendantiste calédonien FLNKS ont démissionné du gouvernement. De retournements d’alliances en copinages divers, la nouvelle majorité qui se dégage et qui emportera sans doute la majorité dans les rangs du gouvernement calédonien serait indépendantiste.

C’est une bonne nouvelle pour ce territoire qui doit encore organiser un troisième référendum sur l’indépendance d’ici à 2022 en application de l’accord de Nouméa de 1998 sur la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. Espérons que cette étape fera pencher définitivement les électeurs en faveur d’une indépendance raisonnée pour, enfin, régler le problème politique que pose à la France l’existence de cette colonie. Le problème financier ne sera, lui, jamais résolu car il est très probable que des générations de contribuables de France métropolitaine vont continuer à payer pour « accompagner » cette indépendance comme prix des erreurs du passé ! Ce serait un petit mal pour une grande avancée si l’indépendance était finalement adoptée.

Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Retour à la violence en Nouvelle Calédonie

Le nickel en Nouvelle Calédonie c’est un peu comme le pétrole en Ecosse : lorsque les cours sont élevés, l’idée d’indépendance est majoritaire, à l’inverse, lorsqu’ils baissent, on apprécie la dépendance à un Etat central qui compense les pertes de revenus… Il y a trois usines d’extraction du nickel dans ce territoire, celle du sud est détenue très majoritairement par le groupe brésilien Vale et à 10% par administrations locales. Elle exploite le nickel et le cobalt et elle est à vendre. Une négociation exclusive est en cours avec le consortium Prony Ressources composé notamment de l’actuel management et du personnel, mais aussi du groupe suisse Trafigura, spécialisé dans les matières premières, pour 25%.

Les partis indépendantistes s’opposent à cette vente, qui contrevient à leur objectif de contrôler les ressources minières locales, et le manifestent violemment depuis plusieurs semaines, s’en prenant directement à l’usine dans laquelle ils ont commis des dégâts importants, obligeant les forces de l’ordre à ouvrir le feu à balles réelles, sans toutefois faire de blessés. Comme les indépendantistes n’ont pas de solutions alternatives à proposer à cette vente qu’ils n’aiment pas, ils en appellent… à l’Etat français pour une nationalisation de l’usine du sud. On croit rêver !

En parallèle, le volet politique de l’indépendance calédonienne est au point mort et alors que les parties impliquées pour l’organisation du troisième référendum s’étaient coordonnés à peu près calmement en octobre dernier sous l’égide du ministre français de l’outre-mer, ils ne se parlent désormais plus et l’organisation du référendum qui doit se tenir au plus tard en octobre 2022 a du plomb dans l’aile. Une solution serait peut-être effectivement de nationaliser l’usine puis de la céder immédiatement aux partis indépendantistes pour l’euro symbolique afin qu’ils l’administrent selon leur bon vouloir. Ce serait évidement couteux pour les contribuables français mais cela montrerait la bonne volonté de la République pour accompagner ce territoire vers son indépendance méritée et attendue.

Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre

La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre

Le second référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a été organisé ce dimanche 4 octobre dans une relative indifférence nationale. La question posée était :

Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?

La réponse fut oui à 46,74% (contre 43,3% au premier référendum de 2018), c’est-à-dire quelques points de moins que la majorité, avec une très importante participation de 85,64%, également en hausse par rapport à 2018. Une troisième consultation doit être organisée dans deux ans dont on peut espérer que l’idée de l’indépendance aura alors gagné les 4 ou 5 points qui lui manque pour cette ancienne colonie renonce enfin à sa dépendance. Dès les résultats connus, le président de la République française a fait une intervention à la télévision à la mi-journée dimanche, se félicitant de ces résultats mais accueillant ceux-ci avec « humilité ».

Les accords de Nouméa du 5 mai 1998 qui ont fait suite aux accords de Matignon du 26 juin 1988, vont donc continuer à s’appliquer jusqu’au troisième et dernier référendum prévu pour 2022 en espérant qu’ils ouvriront enfin la voie de l’indépendance à cette ancienne colonie, une indépendance qu’elle mérite et à laquelle tout le monde gagnera. La République accompagnera cette indépendance pour encore des décennies et c’est bien ainsi.

Revenons sur ces accords de Nouméa qui ont été extrêmement bien rédigés et sont un modèle d’intelligence consensuelle concernant la situation ambiguë de ce confetti de l’ex-empire français. Le préambule stipule que :

1. Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux.

Or, ce territoire n’était pas vide. …

2. La colonisation de la Nouvelle-Calédonie s’est inscrite dans un vaste mouvement historique où les pays d’Europe ont imposé leur domination au reste du monde. …

La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations. …

3. Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière.

Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d’origine. …

4. … Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.

La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie. …

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000555817

La cause de la dépendance reste majoritaire même si cette majorité s’effrite avec le temps. Si le troisième référendum n’emporte pas une majorité pour l’indépendance on ne sait pas encore bien ce qui se passera. Sans doute de nouveaux accords à négocier et certainement encore un interminable processus avant d’aboutir à une indépendance qui arrivera de toutes façons un jour. Peut-être l’Etat devrait-il sortir de sa neutralité et rassurer les partisans de la dépendance sur le fait que la République française aidera à financer l’indépendance de l’archipel en tant que de besoin, ou accueillera en France ceux qui refuseraient de rester dans une Calédonie indépendante si l’expérience ne se passait pas aussi bien que prévu ? Mais il faudra bien en finir un jour : cette ancienne colonie recouvrira son indépendance. Il n’est pas sûr que l’intelligence et le consensus qui caractérisent les accords de Nouméa ne perdurent indéfiniment.

La droite conservatrice s’oppose à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Drapeau Kanak dont l’affichage est autorisé par la Loi en Nouvelle-Calédonie à côté du drapeau national français

Rédigés par des négociateurs avisés, les « Accords de Nouméa » signés en 1998 prévoient qu’un second référendum sur l’indépendance puisse être organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Ces trois étapes pour un divorce attendu et souhaitable prennent en compte la difficulté qu’il y a à se décider pour l’indépendance. Une décision qui demande effectivement un courage certain compte tenu de la relative incertitude dans laquelle plongera l’archipel en prenant les commandes de son destin. Mais une décision qui, enfin, responsabilisera ce territoire et ses dirigeants.

C’est ce 4 octobre que sera mené le deuxième référendum en espérant que cette fois-ci les électeurs calédoniens emprunteront le chemin de la raison et se prononceront pour leur indépendance. D’un point de vue politique, tout le monde y gagnera : la France en renonçant à ce territoire source de problèmes et de tensions sans fin, la Calédonie en devenant adulte et retrouvant ainsi une souveraineté qu’elle perdit lors de sa colonisation par la France en 1853. Au niveau matériel, l’aide financière de l’ancienne métropole leur sera acquise quasiment éternellement et, si Paris faisait défaut, les pays du Pacifique se feraient rapidement un plaisir d’accueillir une Nouvelle Calédonie souveraine en leur sein. Il n’y a donc pas grand-chose à craindre à faire le grand saut.

Ce n’est bien sûr pas l’avis des partis politiques conservateurs français comme l’atteste la lettre ouverte du chef de Les Républicains, M. Jacob,dans laquelle il vante la « cette multiculturalité unique qui gratifie la France » ce qui est plutôt inattendu de sa part, le concept de multiculturalité n’étant pas véritablement la tasse de thé de ce parti. Sans doute M. Jacob n’a jamais passé beaucoup de temps dans les départements et territoires d’outre-mer, les confettis de l’empire à mi-chemin entre la colonie et la République bananière. S’il l’avait fait il essaierait d’agir intelligemment pour favoriser et accompagner leurs indépendances. Rêvons que ce 4 octobre la Nouvelle Calédonie montre le chemin de la raison !

Lettre ouverte du président de Les Républicains du 22/09/2020

Chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie,

En ce 24 septembre, date anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France et à quelques jours d’une consultation décisive à laquelle vous êtes appelés, je tenais à m’adresser à chacune et à chacun d’entre vous.

Une nouvelle fois, le 4 octobre prochain, vous devrez choisir entre la France ou l’indépendance. Ce choix engage votre avenir mais aussi celui de notre Nation.

Je sais combien la France a toujours su compter sur vous, Français de Nouvelle-Calédonie. En cette année anniversaire du Général de Gaulle, je ne peux oublier ses paroles illustrant le courage des engagés volontaires calédoniens pour défendre notre Nation dans les heures les plus sombres de la guerre de 39-45.

Ce courage calédonien, je sais qu’il ne vous a pas quitté. Vos anciens, qui ont su refuser l’oppression et l’asservissement de la France, étaient les partisans du NON de la première heure.

Je veux en ces instants vous dire l’attachement profond que vous porte notre famille politique. Nous savons ici qu’aux antipodes de la métropole, dans le Pacifique, la petite patrie calédonienne vibre aux couleurs de notre grande patrie commune, la France. Vous êtes une part entière du Peuple français à laquelle nous tenons.

Le 4 octobre, je formule le vœu, qu’à l’instar du référendum du 4 novembre 2018, une majorité d’entre vous choisisse à nouveau que le destin de la Nouvelle-Calédonie et celui de la République française restent indissociables.

Votre NON à l’indépendance le 4 octobre prochain est aussi notre NON.

Toute l’histoire de la Nouvelle-Calédonie plaide pour un avenir partagé et respectueux. Séparer le destin de la Calédonie de celui de la France serait un échec pour l’ensemble du peuple français, un retour en arrière, destructeur du rêve qui a bâti les trente dernières années.

Je veux enfin vous dire, qu’au-delà de cette consultation qui oppose et divise les Calédoniens, nous souhaitons plus que jamais que le chemin d’un avenir apaisé soit offert aux enfants du Caillou. Ils sont de différentes origines, dans cette multiculturalité unique qui gratifie la France. Nous devons nous montrer à la hauteur de leurs attentes légitimes. Notre famille politique sera à vos côtés pour trouver la voie de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie au sein d’une République française qui doit protéger la personnalité et l’identité singulières de notre « France Australe ».

En ces instants importants pour votre avenir, pour notre avenir, soyez assurés de la solidarité et du soutien sans faille de notre famille politique.

Christian Jacob – Président des Républicains

La Corse a son plan de déconfinement

Delambre / Le Canard Enchaîné (20/01/2016)

Gilles Simeoni-avec-un-i-muet, chef du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, allié avec l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni-avec-un-i-muet, président de l’Assemblée de Corse, propose d’imposer un test à tous les touristes qui voudront se rendre en Corse pour leurs vacances d’été et n’accepter que ceux présentant un résultat négatif :

L’accès à notre territoire sera conditionné par la présentation d’un certificat sanitaire « green pass », c’est-à-dire d’un test COVID négatif.

Interview dans Corse Net Info – 06/05/2020

La Corse n’étant pas encore indépendante, il est peu probable qu’une telle procédure soit légale. Si toutefois cette mesure était mise en œuvre, il faudrait bien entendu appliquer sa réciproque et imposer à tout résident corse voulant se rendre sur le continent de présenter un test COVID négatif.

Les confettis de l’empire religieux

A l’occasion d’une chamaillerie entre les services de sécurité israéliens et leurs alter-egos français qui encadraient une visite du président de la République française dans le vieux Jérusalem-est, on apprend que la France détient quatre territoires abritant des édifices religieux dans cette ville. Ce sont non seulement des bâtiments français mais des territoires de la France, gérés par le consul de France. Le plus souvent ces minuscules parcelles sur un territoire étranger ont été données à ou achetées par Paris au XIXème siècle, la France se sentant sans doute légitime à les détenir comme actrice des lointaines et sauvages croisades menées en ces lieux au nom de Dieu. Les différents traités et accords dans la région n’ont jamais remis en cause cette « souveraineté » française sur ces sites chrétiens, de l’empire ottoman à l’autorité palestinienne en passant par la création d’Israël.

Evidemment, le citoyen-contribuable français se demande s’il est vraiment nécessaire au XXIème siècle que la République entretienne encore des colonies, qui plus est religieuses, dans cette région du monde toujours à feu et à sang ? La raison voudrait que Paris abandonne cette souveraineté et la remette aux autorités locales, ce qui risque d’être complexe compte tenu du statut toujours mouvant de cette ville, mais mérite véritablement d’être mené à bien.

Les Iles Eparses : chronique de problèmes annoncés

A l’occasion d’une visite à Madagascar le président de la République française a visité une des cinq Iles Eparses sous souveraineté française et qui sont revendiquées par Madagascar, Maurice et les Comores. Ce sont de minuscules territoires non peuplés, sauf par des équipes scientifiques et militaires sur certaines d’entre elles, perdus dans le canal du Mozambique et dans l’océan indien au nord de la Réunion. Ces iles faisaient partie du territoire colonial de la France de Madagascar et ont été conservées par la métropole lorsque l’indépendance fut octroyée à la grande ile en 1960 et sont, depuis, un sujet de friction diplomatique d’autant plus aigüe que la zone écologiquement fragile serait riche en ressources pétrolières.

C’est une habitude bien française de ne décoloniser qu’une partie des territoires autrefois colonisés. C’est un peu comme si le jour où l’indépendance sera octroyée à la Guadeloupe, la France gardait l’ile de Marie-Galante… C’est ce qui fut fait dans le cas des Comores et l’on sait aujourd’hui l’inextricable imbroglio humain et financier dans lequel se retrouve Paris avec Mayotte dont on se sait que faire. Il n’y a évidemment aucune justification politique à ce que la France reste souveraine sur ces Iles Eparses. Au-delà il y a des intérêts économiques et il y a des forts et des faibles. Le rapport de forces ne va pas rester indéfiniment en faveur de Paris d’autant plus que l’ONU demande à corps et à cris, mais pour le moment ce rapport est en faveur de la France.

Des discussions seraient en cours avec les pays locaux sur le principe d’une exploitation commune de ces iles sans remettre en cause la souveraineté française, une espèce d’usufruit donné à ces pays, la nue-propriété restant française. Les Iles Eparses : une mine de problèmes à venir qui viendront s’ajouter à ceux préexistant générés par les confettis de l’Empire…

Mayotte… encore et toujours

Le président de la République française passe à Mayotte pour parler dans le vide. Près d’un habitant sur deux de ce département français d’outre-mer est un étranger en situation illégale, le plus généralement issu des Comores. Il n’y a pas de solution technique pour endiguer ce flux. La France ne va pas tirer sur les bateaux et les Comores n’ont ni les moyens, ni sans doute la volonté d’empêcher leurs citoyens d’émigrer vers ce bout de France au milieu de l’océan indien et à seulement 70 km de ses côtes. Il n’y a juste pas de solution durable autre que rendre aux Comores la souveraineté sur Mayotte pour en supprimer l’avantage comparatif.

C’est la logique géographique et l’évidence politique. C’est un projet qui sera difficile et complexe à mettre en œuvre. Les Comores ne respecteront évidemment pas les engagements qu’elles pourraient prendre dans le cadre d’une négociation d’indépendance et chercheront au maximum à tirer la couverture à elles. Il faudra proposer aux mahorais en situation légale au jour dit de pouvoir choisir entre rester et devenir comoriens ou émigrer en France métropolitaine. Les contribuables nationaux seront mis à contribution. Il y aura des cas tragiques, des manifestations, de la répression, sans doute des morts. La France sera accusée de lâchage et de traitrise à court terme mais sur la durée c’est une voie qui est inévitable.

Lire aussi : Capacité de nuisance comorienne

Alors les promesses d’un président de passage n’y changeront pas grand-chose et ne seront suivies que très peu d’effets, comme celles faites par ses prédécesseurs. Il faut négocier avec les Comores pour une rétrocession de Mayotte dans les moins mauvaises conditions possibles pour les citoyens français qui y sont présents, comme le demandent d’ailleurs les Nations Unies de façon régulière.

Lire aussi : Mayotte à la dérive

Bonnes nouvelles sur le front de la décolonisation

En application des accords de Nouméa, un second référendum sur l’indépendance sera organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend que le mouvement corse indépendantiste Corsica Libera, dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet, par ailleurs président de l’assemblée territoriale corse et Rock Wamytan, président du congrès calédonien, ont signé à… Paris, une « convention de partenariat ». Celle-ci régente des relations de coopération entre les deux institutions sans manquer de rappeler la notion de « peuple » et des références à « la reconnaissance du droit à l’autodétermination des nations sans-Etat » ou « la préservation de nos terres au profit des intérêts de nos peuples ».

Cette coopération est annonciatrice d’avancées en faveur de l’indépendance de ces îles. Il n’est pas impossible que le second référendum calédonien permette d’aboutir à la décolonisation de cette terre comme le suggère régulièrement l’assemblée générale des Nations Unies et comme le promeut son comité spécial de la décolonisation. Espérons que Nouméa glissera progressivement vers une indépendance apaisée montrant ainsi le chemin à la Corse et aux autres confettis de l’empire.

Les corses veulent exproprier les « étrangers »

Sur son site web www.corsicalibera.com le mouvement indépendantiste corse Corsica Libera dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet revient sur son vieux projet de créer un statut de résident local qui réserverait l’accès à la propriété auxdits résidents. Une décision en ce sens a été prise par l’assemblée de Corse en 2014. Bien qu’évidemment inconstitutionnelle cette volonté locale est maintenant assortie d’une menace de procédures d’expropriation contre tous les acquéreurs « étrangers à la Corse » depuis le 24/04/2014, date de l’adoption de cette mesure.

Si jamais ces expropriations étaient légalement possibles, ce que l’on a tout de même du mal à imaginer, il faudrait garantir la réciprocité aux « résidents » corses en leur imposant les mêmes restrictions sur le territoire continental. Une fois encore, un peuple qui a élu une majorité de ses représentants votant ce genre de brûlots séparatistes mérite vraiment son indépendance.

Depuis des années, les acheteurs étrangers à la Corse font augmenter fortement les prix de l’immobilier et, ce faisant, empêchent les Corses, d’origine et d’adoption, d’acheter une maison ou un morceau de terrain dans leur village ou dans leur quartier.

C’est la raison pour laquelle l’Assemblée de Corse, sur la proposition des élus indépendantistes, a voté en 2014 une délibération relative au statut de résident.

Cette délibération n’a pas été, pour l’heure, validée par Paris, et elle n’a pas encore été introduite dans le droit positif. Toutefois, Corsica Libera, à l’origine de cette démarche, tient à affirmer que pour elle, cette délibération de l’Assemblée de Corse a toute sa légitimité politique. C’est pourquoi, les élus indépendantistes continueront, dans les mois et les années à venir, à se battre pour obtenir le respect du fait démocratique et l’application du statut de résident à partir de la date de délibération de l’Assemblée de Corse, soit le 24 avril 2014.

Aussi, Corsica Libera tient à informer les candidats-acheteurs étrangers à la Corse qu’ils s’apprêtent à la fois à faire une mauvaise action (en empêchant de jeunes Corses de devenir propriétaires dans leur pays) et une mauvaise affaire (en risquant fort d’être expropriés dans quelques années).

Il nous a semblé responsable et honnête de leur donner largement cette information, au moment où de nombreuses agences immobilières étrangères conseillent – notamment sur internet – d’effectuer un achat immobilier en Corse.

En fait, un bien mauvais conseil pour un bien mauvais investissement.

Il y a seulement 5 ans, la plupart des observateurs estimaient que ce statut de résident ne serait jamais demandé officiellement par les institutions corses « légales ». Pourtant, le 24 avril 2014, l’Assemblée de Corse l’a fait à travers un vote acquis à une large majorité. Observons que ce vote a eu lieu avant même la victoire électorale des nationalistes et que c’est une majorité de gauche « traditionnelle » qui l’a permis.

En décembre 2015, une liste d’union entre les autonomistes et les indépendantistes remportait les élections. Les indépendantistes participent pleinement à présent au gouvernement de la Corse et un indépendantiste préside l’Assemblée de Corse.

Aussi, la mise en œuvre des orientations politiques défendues par les indépendantistes sera très probablement à l’ordre du jour dans les mois et les années qui viennent.

Afin que chacun sache à quoi s’en tenir, nous tenons à apporter les précisions suivantes.

Certes, sur le plan juridique, le statut de résident (5 ans de résidence à titre permanent dans l’île pour pouvoir acheter un bien immobilier, sauf pour les Corses de la diaspora) ne s’applique pas à l’heure actuelle.

Mais nous tenons à dire que pour notre part, nous considérons que la décision de l’Assemblée de Corse est parfaitement légitime politiquement. Aussi, ceux qui ont acquis depuis ce vote un bien immobilier dans l’île ou ceux qui comptent le faire dans les temps à venir, violent délibérément la volonté exprimée démocratiquement par les institutions corses.

Nous tenons donc à prévenir les candidats acheteurs que nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d’expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes physiques ou morales ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l’Assemblée de Corse.

Nous demandons à l’ensemble des professionnels intervenant dans le secteur de l’immobilier (notaires et agents immobiliers, notamment) d’informer les candidats acheteurs non résidents du caractère extrêmement risqué de l’acquisition projetée, et ce conformément à leur devoir de conseil.

Quant à nous, nous prévenons solennellement les acheteurs étrangers à la Corse: n’écoutez pas ceux qui vous disent que l’acquisition est sûre en l’état du cadre légal actuel. Car compte tenu des évolutions politiques enregistrées en Corse ces dernières années, il est probable que ce cadre juridique sera considérablement modifié dans les mois et les années à venir. Pour notre part, nous ferons tout pour remettre en question l’ensemble des acquisitions postérieures au 24 avril 2014.

Rappelons pour finir que cet avertissement n’émane pas d’un mouvement politique d’opposition mais de l’une des deux composantes de l’actuelle majorité corse.

www.corsicalibera.com

Nouvelle-Calédonie : une occasion manquée, mais rien n’est perdu

A la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » posée par référendum hier, 56,7% du corps électoral local a répondu Non. C’est plutôt moins que ce que les sondages avaient anticipé, mais cela reste une mauvaise nouvelle, pour tout le monde ! Malgré tout, 43,3% des votants étaient donc pour l’indépendance ce qui dénote une évolution certaine des mentalités. Heureusement, les négociateurs des différents accords préparatoires à ce référendum et le législateur avaient heureusement prévu des étapes suivantes et deux nouveaux référendums peuvent être déclenchés en fonction de la réalisation de différents critères dans les années à venir. Ces accords dit « de Matignon » datent de 1988 et ont été approuvés à 80% par un référendum national organisé à l’époque, malgré une faible participation.

Gageons que la route pour la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie va se poursuivre conformément aux demandes des Nations-Unies.

 

La Nouvelle Calédonie fait de la résistance

Le referendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie devenue « territoire d’outre-mer », se déroulera ce dimanche 4 novembre. La question posée :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Les derniers sondages penchent en faveur du Non mais les sondages se sont beaucoup trompés ces dernières années. Avec les « Kanaks », espérons néanmoins que le Oui l’emporte et que ce magnifique archipel existe désormais de façon indépendante d’une France éloignée de plus de 15 000 km ! Indépendance ne veut pas dire rompre les liens mais signifie plus prosaïquement « être responsable » de ses actes et la responsabilité a beaucoup manqué dans ce territoire ces dernières décennies.

Lire aussi : Nouvelle-Calédonie, le référendum est en marche.

Corses et fouteballeurs

Corse et fouteballeur, violence et stupidité : deux qualités qui sont finalement assez complémentaires et qui ont encore frappé récemment à l’occasion d’un match entre un club corse et un autre normand. Coups, insultes racistes, menaces diverses, les supporters et joueurs les uns contre les autres et contre les spectateurs. Les autorités en charge de ce sport prononcent des sanctions à l’encontre du club corse jugeant que celui-ci était plus coupable des dérives que son adversaire, hypothèse que l’on ne peut pas complètement exclure.

Aussitôt les dirigeants corses et la presse locale prennent la défense de leurs joueurs. Le parti indépendantiste publie le 21 mai sur son site web le communiqué suivant :

Corsica Libera constate à nouveau avec stupeur que le football français est l’alibi de tous les racismes anti-corses.

Depuis la rencontre avortée entre l’AC Ajaccio et Le Havre vendredi soir, c’est tout un peuple qui est à nouveau montré du doigt et critiqué avec une violence inouïe. En toute impunité, les médias français et leurs commentateurs pour la plupart anonymes des réseaux sociaux font preuve à l’égard des nôtres d’un racisme assumé et sans bornes. Depuis longtemps, les supporters corses, du Sporting Club Bastiais ou d’ailleurs sont les victimes d’un monde ou la présomption d’innocence n’existe pas. D’un monde où tout peut se dire, où toutes les critiques sont permises, où tous les mensonges ont droit de cité.

Depuis la rencontre avortée entre l’AC Ajaccio et Le Havre vendredi soir, c’est tout un peuple qui est à nouveau montré du doigt et critiqué avec une violence inouïe. En toute impunité, les médias français et leurs commentateurs pour la plupart anonymes des réseaux sociaux font preuve à l’égard des nôtres d’un racisme assumé et sans bornes. Depuis longtemps, les supporters corses, du Sporting Club Bastiais ou d’ailleurs sont les victimes d’un monde ou la présomption d’innocence n’existe pas. D’un monde où tout peut se dire, où toutes les critiques sont permises, où tous les mensonges ont droit de cité.

Corsica Libera soutient et soutiendra toujours tous les corses victimes du racisme et souhaite qu’enfin, celui contre notre peuple, aujourd’hui plus que reconnu et légitimé par nos victoires électorales successives, soit condamné sans délai et avec la plus grande fermeté.

Même le fouteballeur corse est peu compatible avec la République et défend avec efficacité l’indépendance de son île.

Capacité de nuisance comorienne

Le ministre des affaires étrangères a répondu aujourd’hui à une question d’un parlementaire l’interrogeant sur des rumeurs de dîners en villes laissant penser que la République se préparerait à modifier le statut départemental de Mayotte pour tenter d’endiguer le flot irrépressible des migrants illégaux en provenance des îles des Comores. Une telle orientation aurait pour avantage de déférer à plusieurs recommandations de l’ONU demandant à la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Elle aurait par ailleurs comme résultat de mettre fin à la fiction de ce statut de département français qui n’a pas fini de faire souffrir.

Le ministre a expliqué également que l’Union des Comores refusait désormais de réadmettre ses citoyens, illégalement émigrés à Mayotte, département de la République française, et expulsés du territoire français. Cette situation montre par l’absurde qu’il n’est pas toujours facile d’expulser des personnes résidant illégalement en France, malgré les grandes envolées des conseilleurs conservateurs Macron-Le Pen et assimilés. Lorsque le pays d’origine ne veut pas reprendre ses ressortissants il est difficile de lui imposer. On se souvient des fameux « charters Pasqua », en 1986, du nom du ministère de l’intérieur du même nom qui dans un premier temps a fait rentrer les expulsés par des compagnies régulières, puis, lorsque celles-ci ne l’ont plus voulu car cela nuisait au confort de leurs passagers réguliers, sur ces compagnies charters avec des avions complets affrétés pour ce faire, puis, lorsqu’à leur tour les compagnies charter ont décliné, sur des avions de la République avant que l’un d’entre eux ne soit pris d’assaut et sérieusement endommagé par des citoyens maliens sans doute largement téléguidés par leurs dirigeants. Comme le ministre Pasqua n’a pas envisagé de parachuter les expulsés, ces expulsions ont été arrêtées et une négociation ouverte avec le gouvernement malien pour trouver une solution consensuelle.

Dans le cas des Comores, la France vient de décider de stopper la délivrance de visas aux citoyens comoriens voulant se rendre en France. C’est sans doute une façon de montrer ses muscles pour démarrer une négociation mais il ne va pas être facile de trouver un terrain d’entente, pourtant les deux parties auraient intérêt à rendre Mayotte à l’Union des Comores, sauf… les mahorais.

Madame la Députée,
J’ai déjà eu l’occasion de dire dans cet hémicycle que la rumeur sur la communauté d’archipels des Comores était sans fondement. Je vous le redis ici une nouvelle fois, très solennellement. Je regrette qu’un certain nombre d’acteurs continuent de répéter ces rumeurs par voie de presse. Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je vous le redis.
Nous avons aussi été amenés à condamner ici et publiquement les mesures qui ont été prises par les Comores le 21 mars dernier pour interdire les reconduites de Comoriens entrés illégalement à Mayotte. Ces pratiques sont inacceptables.
Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission depuis le 21 mars et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas demandés par les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre.
Ceci n’empêche pas le dialogue et la discussion avec les autorités comoriennes – que je poursuis moi-même directement – afin que ce dialogue permette de lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale, et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores.
J’espère que la confiance et le dialogue que nous souhaitons permettront d’aboutir à ces résultats le plus rapidement possible.
Sachez que nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française.

Lire aussi : Mayotte à la dérive

Le référendum en Nouvelle Calédonie est en route

Les partenaires de l’Etat qui travaillent au futur de la Nouvelle-Calédonie, territoire français d’outre-mer, se sont mis d’accord sur la question qui sera posée au référendum du 4 novembre 2018 aux électeurs de cette île :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Il semble qu’il a été difficile de s’entendre sur la question, mais un accord a été trouvé entre indépendantistes et non-indépendantistes sous l’autorité et l’implication du premier ministre. C’est une bonne chose et démontre un relatif sens des responsabilités des parties. Reste maintenant à savoir quelle sera la réponse apportée à cette question existentielle. Les anticipations sont plutôt en faveur d’un rejet de l’indépendance du fait que la population kanak n’a pas encore dépassée celle des caldoches. Compte tenu des taux de natalité respectifs, ce dépassement arrivera forcément un jour, mais sans doute pas avant le 4 novembre prochain.

Si l’indépendance est effectivement rejetée, ce sera une mauvaise nouvelle, pour l’île et pour la France, et encore des décennies de problèmes à gérer, plus ou moins violemment. Espérons que dans une telle hypothèse, les parties feront preuve du même sens des responsabilités qu’elles manifestent aujourd’hui. Il faudra alors relancer avec subtilité un nouveau processus qui permette l’organisation d’un référendum une fois que les importances respectives des deux populations permettront d’être certain que l’indépendance sera choisie. Ce ne sera pas facile à faire admettre aux caldoches qui estimeront sans doute avoir gagné pour toujours, mais leur victoire, si elle a lieu, ne sera qu’éphémère.

L’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inscrite dans l’avenir, et souhaitable pour tout le monde.

Mayotte à la dérive

L’île de Mayotte, département français, continue à s’enfoncer dans d’inextricables difficultés sociales, économiques et religieuses, qui déclenchent une violence inédite sur ce confetti de l’empire. La fiction de la départementalisation de cette île éclate au grand jour. Rongée par un chômage structurel, soumise à une immigration endémique par les populations des îles alentour attirées par le niveau de vie français et la perspective d’obtenir la nationalité française, loin de tout et surtout de toutes perspectives de développement économique, Mayotte se tourne désespérément vers Paris, à 8 000 km de là, sur le thème : « nous sommes département français et il nous avons les mêmes droits qui si nous habitions à Lyon ou à Brest ! »

C’est juridiquement vrai mais juste impossible à transformer en réalité. Même si la République avait les moyens de transférer les financements nécessaires pour transformer Mamoudzou en Auteuil-Passy cela ne résoudrait pas le problème fondamental de vouloir calquer sur une île du bout du monde, issue de la décolonisation ratée de l’archipel africain des Comores, une organisation de république européenne : c’est perdu d’avance et nous en avons la preuve une fois de plus aujourd’hui, hélas.

La France a, malgré tout, des devoirs vis à vis de cette ancienne colonie à laquelle des dirigeants de rencontre ont fait croire que leur salut résidait dans un statut de département français. Un simple aller-retour à Mamoudzou aurait fait comprendre aux élus félons qui ont voté cette départementalisation qu’ils se fourvoyaient. Nous avons fait montre au mieux d’ignorance, au pire d’incompétence et de faiblesse. Il faut maintenant s’en sortir. La presse bien informée fait allusion à des réflexions gouvernementales qui seraient en cours pour faire évoluer ce statut vers celui d’un territoire spécifique et notamment, trouver une solution pour que toutes les femmes enceintes comoriennes venant accoucher à Mayotte ne bénéficient pas automatiquement de la nationalité française et tarir le flux incontrôlé de cette immigration. Ce sera long et difficile, sans doute bien plus dur qu’une négociation avec la CGT-SNCF car il y s’agit là de véritables situations de détresse mais, comme à la SNCF, le statuquo n’est plus une option. Nos dirigeants vont devoir faire preuve de doigté et personne n’aimerait être à leur place. Il faudrait imaginer un processus similaire à celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, qui s’étale dans le temps et laisse subsister pendant la période de transition un double système, mais celui-ci ne pourrait être que provisoire et se terminera inéluctablement par le retour de la souveraineté des Comores sur Mayotte ce qui est certainement une perspective qui effraie les mahorais.

L’assemblée générale des Nations-Unies a pris plusieurs résolutions enjoignant la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Paris n’en a évidemment rien fait puisque les mahorais « veulent » rester français. Il faudra pourtant y venir un jour.