La Corse enterre un « héros »

La dépouille d’Yvan Colonna a été rapatriée et inhumée en Corse. Colonna rappelons-le a été assassiné par un détenu djihadiste franco-camerounais dans la prison d’Arles où il purgeait une peine de prison à perpétuité à la suite de l’assassinat du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos), crime dont il s’est toujours déclaré innocent.

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La collectivité de Corse a décidé la mise en berne des drapeaux (français, corse et européen) et le président de son conseil exécutif a fait partie de ceux qui ont porté le cercueil recouvert du drapeau corse à son arrivée dans le territoire. L’île est couverte de graffitis à la gloire d’Yvan Colonna et contre « l’Etat français assassin ».

S’agissant de celui qui a été déclaré coupable de l’assassinat d’un préfet de la République, cette réception en dit long sur le fossé qui sépare maintenant la Corse de la France, voire la haine qui anime nombre de ses habitants lorsque l’on voit la violence des émeutes qui se sont déroulées sur place après l’agression contre Colonna. Souhaitons que pour un avenir serein, des négociations sérieuses soient lancées rapidement avec pour objectif ultime l’indépendance de la Corse qui est la seule solution véritablement efficace pour les deux parties. Et s’il faut garantir la réussite de ce processus en maintenant des flux financiers importants de la France vers une Corse souveraine, eh bien faisons-le, ce sera le prix à payer pour avoir colonisé cette île en 1768 qu’il n’aurait jamais fallu acheter à la République de Gênes. Si cette erreur géostratégique n’avait pas été commise sous Louis XV la Corse coulerait sans doute des jours heureux, indépendant ou italienne. Mais on ne refait pas l’Histoire, cependant on peut essayer de la corriger.

Le plus important pour un futur statut, en attendant une pleine souveraineté, est que la Corse soit responsable de ses actes, ce qu’elle n’est pas aujourd’hui où, par exemple, chaque fois qu’un centre des finances publiques est détruit par des furieux, il est immédiatement reconstruit grâce à la générosité des contribuables français.

L’indépendantiste corse Colonna est mort

Yvan Colonna n’a pas survécu à l’agression par un terroriste religieux dans sa prison d’Arles. Il est décédé hier sans avoir jamais repris conscience depuis son agression le 2 mars.

Colonna a été condamné à trois reprises pour le meurtre du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos) mais il a toujours clamé son innocence. Il avait été dénoncé par ses « camarades » nationalistes comme étant le tireur avant que ceux-ci ne reviennent sur leur dénonciation. Depuis son agression, ses avocats et les partisans d’une Corse éloignée de la France défilent sur les plateaux télévisés pour expliquer que, « sans discuter une décision de justice » (bien entendu) le processus judiciaire aboutissant à la condamnation a été défaillant. En lisant entre les lignes, ils disent que Colonna est innocent du crime et que la justice a instrumentalisé une vengeance d’Etat.

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Il semble qu’il y avait tout de même quelques indices à charge aboutissant à la culpabilité de l’impétrant mais on ne peut rien exclure, y compris une erreur judiciaire. Peut-être un véritable coupable est-il encore dans le maquis ?

Quoi qu’il en soit, et avant même de mourir, Colonna est devenu un véritable héros corse ce qui est symbolique de la volonté de ce territoire de se détacher de la France. Il faut donc aller soit vers l’indépendance complète de la Corse, ce qui serait la meilleure solution pour tous, soit vers une autonomie qui équivaut à l’indépendance mais en conservant les financements français en faveur de la Corse.

La langue française en Corse

En attendant l’indépendance de la Corse et donc l’érection de la langue corse en langue nationale, un mystère linguistique de ce territoire mériterait d’être élucidé. Les personnes d’origine corse ne prononcent pas la dernière lettre des patronymes qui est traitée comme un « e » muet.

On ne dit pas Yvan Colonna mais Yvan Colônne, on ne dit pas Jean-Guy Talamoni mais Jean-Guy Talamône, on ne dit pas Gilles Siméoni mais Gilles Siméône, et ainsi de suite. On ne connaît pas la raison qui empêche le prononcé de la voyelle finale des patronymes mais cela donne un côté chantant au parlé corse quand il est prononcé en français.

Il ne s’agit pas bien entendu de se rendre coupable de glottophobie mais on note cette spécificité locale : on ne prononce pas en Corse les voyelles situées en fin de patronyme lorsque l’on parle en français.

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Un pas dans la bonne direction pour la Corse

Le ministre de l’intérieur se rend en Corse aujourd’hui pour tenter de calmer la tempête déclenchée par l’agression en prison d’Yvan Colonna et a déclaré que le gouvernement est « prêt à aller jusqu’à l’autonomie [de l’Ile] ». C’est bien et c’est un bon objectif mais il est encore insuffisant puisque l’aboutissement doit évidemment être une indépendance totale de cette île dont le rattachement à la France est une source continuelle de coûts et de problèmes pour le continent, d’insatisfaction pour les Corses eux-mêmes, depuis qu’elle a été conquise par la force en 1769 par le Royaume de France.

Lire aussi : La Corse en feu… de nouveau
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L’autonomie c’est en fait l’indépendance mais avec la pension alimentaire puisque la Corse ne demande pas l’autonomie financière semble-t-il. Il n’y a plus d’espoir aujourd’hui que la Corse puisse un jour être compatible avec la République française il faut donc évoluer, « quoi qu’il en coûte ».

Le risque est que ce qui sera obtenu par la Corse ne soit ensuite demandé par la Bretagne, le Pays basque ou par d’autres, mais devant le refus de la Corse de s’assimiler aux règles de la République et l’impossibilité pour l’Etat de réduire cette contestation permanente, il faudra bien prendre ce risque, céder aux exigences corses pour l’accompagner doucement vers une souveraineté apaisée et financée.

La Corse en feu… de nouveau

Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme ayant été le tireur qui a assassiné le préfet de Corse Erignac en 1998 (de trois balles tirées dans le dos). Il a été condamné à la prison à perpétuité lors de trois procès successifs. Il avait été dénoncé par d’autres nationalistes corses comme étant celui qui tenait l’arme mortelle, certains d’entre eux étant d’ailleurs revenus sur leur dénonciation. L’intéressé a toujours contesté être l’assassin.

Colonna et ses deux complices purgeaient donc leurs peines dans des prisons françaises avec le statut de « DPS – détenu particulièrement signalé » qui empêchait qu’ils soient transférés dans une prison corse pour effectuer la fin de celles-ci. A plusieurs reprises les avocats des détenus ont demandé la levée de ce statut DPS et leur transfert dans une prison corse pour se rapprocher de leurs familles et faciliter leurs visites. A chaque fois l’administration de la Justice a refusé et les nationalistes locaux ont crié à « la vengeance d’Etat ». Ils n’ont pas tout à fait tort et il y a sans doute un peu de ça tant le crime d’assassinat d’un préfet par un indépendantiste corse avait marqué la République.

Il n’y a pas d’automaticité, ni dans l’inscription ni dans la radiation d’un détenu au répertoire des DPS. Une circulaire de 2007 régit les conditions de décision d’inscription/radiation au fichier DPS prise par l’administration sur avis d’une commission synthétisé par le procureur. En gros, un détenu peut être sorti de la liste si : 

« Les détenus qui ont été inscrits au répertoire des DPS doivent être radiés lorsque les raisons qui avaient motivé leur inscription ont disparu. »

https://rehve.fr/wp-content/uploads/GOVFR_Circulaite-DPS-2007.pdf

A priori, Colonna et ses deux complices ne sont pas rentrés dans cette catégorie puisque l’administration s’est systématiquement opposée à la radiation des trois condamnés corses du fichier DPS. Bien malheureusement pour le premier qui a été agressé ce 2 mars par un détenu djihadiste qui l’a laissé moribond. Il est depuis à l’hôpital toujours dans le coma, entre la vie et la mort. L’agresseur détient une double nationalité franco-camerounaise, a été arrêté par l’armée américaine en Afghanistan en 2012 et remis aux autorités françaises en 2014. Il a alors été condamné à neuf ans de prison. Il a expliqué son geste contre Colonna parce que celui-ci aurait « insulté Dieu ». On n’en sait pas plus sinon que Yvan Colonna était plutôt qualifié de détenu « modèle » ce dernières années et que la présence de ces deux individus laissés seuls sans surveillance dans une salle de sport est inexplicable. Il aurait fallu 8 minutes avant que des gardiens les séparent. Le tout a été filmé par des caméras de surveillance et une enquête pour tentative d’assassinat est en cours.

Depuis cette regrettable agression la Corse est dans la rue pour manifester sa colère à coup d’assaut contre les bâtiments publics qui sont incendiés et saccagés, les forces de l’ordre sévèrement attaquées par les manifestants. Les émeutes sont d’une rare intensité et risquent encore de s’aggraver si jamais Colonna ne s’en sortait pas. Il y a de nombreux blessés et les slogans habituels contre « l’Etat français assassin » (« Statu francese assassinu » en langue locale), les « Français de merde ! » et autres assimilations de la France au groupe Etat islamique.

Dans un communiqué, le président « autonomiste » de la collectivité de Corse appelle, notamment, à :

« Ouvrir un cycle politique nouveau dans les rapports entre l’Etat et la Corse. »

https://rehve.fr/wp-content/uploads/Corse_20220310_Communique-Simeoni.jpg

Il a raison. Si cette agression contre le militant indépendantiste Colonna dans une prison d’Etat française est évidemment regrettable, il faut en tout état de cause ouvrir le cycle politique de la décolonisation de la Corse pour accompagner ce territoire vers sa pleine souveraineté de façon apaisée et volontaire, « quoi qu’il en coûte ». C’est la seule solution pour sauver les vies des préfets et des indépendantistes.

La Guadeloupe continue à tirer sur les forces de l’ordre

Les émeutiers guadeloupéens continuent à tirer avec des armes à feu contre les forces de l’ordre. Un gendarme a été blessé hier d’un coup de fusil dans le genou. En parallèle les blocages de routes, pillages de commerces et dévastation de bâtiments se poursuivent pour manifester le refus de l’île des mesures de contraintes sanitaires.

Le procureur de la République en Guadeloupe a déclaré que ces émeutes étaient « parfaitement planifiées et organisées ». Un fonctionnaire de la police locale est accusé d’avoir participé à l’organisation des émeutes. Il vient d’être placé sous mandat de dépôt.

Les émeutiers des DOM-TOM sont armés et hésitent de moins en moins à s’en servir. C’est une spécificité de ces confettis de l’Empire qui en dit long sur leur rejet de tout ce qui vient de la métropole. Les syndicats s’associent avec enthousiasme à la contestation :

Depuis le 17 juillet 2021, 10 Organisations Syndicales, des Associations et Mouvman Kiltirèl, des structures politiques réunies au sein du Collectif contre le pass-sanitaire, contre l’obligation vaccinale, pour la défense des droits et libertés fondamentales se battent pour informer, expliquer et convaincre l’opinion guadeloupéenne de l’iniquité de la loi du 5 août 2021. Nous avons ainsi fait savoir aux autorités de Guadeloupe et gouvernementales que nous considérons que cette loi est inapplicable en Guadeloupe. Jusqu’à aujourd’hui, ni les élus de Guadeloupe, ni le gouvernement n’ont daigné porter la moindre considération aux revendications du Collectif en lutte, alors qu’ils s’inspirent de notre programme de revendications afin de mettre en œuvre des mesures immédiates, notoirement insuffisantes, afin de calmer la colère de la jeunesse. Et, toujours la même réponse du pouvoir colonial : la répression…

http://ugtg.org/spip.php?article2630

Il faut effectivement libérer la Guadeloupe de l’oppression et entamer un processus de décolonisation au plus vite sur le modèle de celui encours en Nouvelle Calédonie !

Les facilités accordées à l’immigration des citoyens algériens en France

La proximité des élections présidentielles françaises en avril 2022 relance les débats sur l’immigration en France de personnes issues d’un certain nombre de pays tiers, dont l’Algérie.

Les accords de cessez-le-feu en Algérie du 18/03/1962

Il est régulièrement fait référence aux accords de cessez-le-feu de 1962 dits « d’Evian » comme ayant octroyé un statut spécifique à l’immigration algérienne, hors du droit commun. Une relecture rapide de ces accords, qui comportent onze articles et des déclarations annexes permet de relever la mention suivante dans le chapitre « Déclaration de garantie », 1ère partie, 2ème paragraphe :

Sauf décision de justice, tout Algérien muni d’une carte d’identité est libre de circuler entre l’Algérie et la France. Les Algériens sortant du territoire algérien dans l’intention de s’établir dans un autre pays pourront transporter leurs biens mobiliers hors d’Algérie. Ils pourront liquider sans restrictions leurs biens immobiliers et transférer les capitaux provenant de cette opération dans les conditions prévues par la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière. Leurs droits à pension seront respectés dans les conditions prévues dans cette même déclaration.

Un statut similaire est également prévu pour les Français résidant en Algérie en qualité d’étrangers, 3ème partie, 1er paragraphe :

Les ressortissants français pourront entrer en Algérie et en sortir sous le couvert, soit de leur carte d’identité nationale française, soit d’un passeport français en cours de validité. Ils pourront circuler librement en Algérie et fixer leur résidence au lieu de leur choix. Les ressortissants français résidant en Algérie, qui sortiront du territoire algérien en vue de s’établir dans un autre pays, pourront transporter leurs biens mobiliers, liquider leurs biens immobiliers, transférer leurs capitaux, dans les conditions prévues au titre III de la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière et conserver le bénéfice des droits à pension acquis en Algérie, dans les conditions qui sont prévues dans la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière.

Mais la complication extrême de ces accords fut de régir le statut des Français « pieds noirs » résidant en Algérie avant mars 1962, qu’ils souhaitent rester sur place (une minorité) ou s’exiler (la grande majorité).

En outre, des articles stipulent également l’établissement d’une amnistie pour tous (qui ne fut pas respectée pour les « harkis » qui n’ont pas pu embarquer pour la France et dont beaucoup ont été exécutés), d’une coopération économique et culturelle, la location par la France du port militaire de Mers-el-Kébir pour quinze années, le maintien d’une préférence accordée à la France pour l’exploitation pétrolière dans le Sahara. On sait maintenant qu’existait aussi un protocole annexe secret pour la poursuite des essais nucléaires français dans ce même Sahara.

Le pouvoir des vainqueurs, mais pas toujours…

Nombre de ces engagements n’ont pas été respectés par les parties, chacun devait d’ailleurs le savoir en signant les accords, mais il s’agissait de sortir impérativement du bourbier de cette guerre coloniale. Le Traité de Versailles mettant fin à la première guerre mondiale, les Accords de Paris signés entre le Vietnam et les Etats-Unis d’Amérique, ne l’ont pas plus été. Dans ces contextes de fin de guerre, bien entendu, le vainqueur militaire a bien plus tendance que le vaincu à prendre des libertés avec les engagements qu’il a signés, mais dans le cas du Traité de Versailles c’est pourtant le vaincu qui a violé les accords…

Dans une situation plus pacifique et récente, on voit que le Royaume-Uni n’aura pas mis plus de quelques mois à refuser d’appliquer le volet irlandais des accords de sortie de l’Union européenne qu’il avait pourtant signés peu auparavant.

Ainsi va la vie dans le monde des traités internationaux !

Le décret français de 1969 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles 

Pris six années après la fin de la guerre d’Algérie, un décret du 18/03/1969 signé de MonGénéral, du premier ministre Maurice Couve de Murville et de son ministre des affaires étrangères Michel Debré précise les conditions du statut spécifique accordé aux migrants algériens en France.

Ce texte relatif à « la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles » institue un contingent pluriannuel de travailleurs algériens entrant en France « en vue d’y occuper un emploi fixe ». Ils disposent d’une période de neuf mois pour trouver un emploi, période à l’issue de laquelle leur est délivré un titre de séjour (certificat de résidence) renouvelé gratuitement et automatiquement. Le regroupement familial est également autorisé par ce décret. Les détenteurs de titre de séjour sont ensuite dispensés de visas d’entrée en France.

Evidemment, ce texte datant de 1968 a été amendé au cours du temps mais les citoyens algériens continuent à bénéficier à ce jour de conditions dérogatoires, et plus favorables, au droit commun comme le mentionne le site internet du ministère français des affaires étrangères :

L’entrée des Algériens en France est facilitée (condition d’entrée régulière, et non de visa de long séjour, pour la délivrance de certains titres de séjour). ;

Les Algériens bénéficient de la liberté d’établissement pour exercer une activité de commerçant ou une profession indépendante ;

Les ressortissants algériens peuvent accéder plus rapidement que les ressortissants d’autres États à la délivrance d’un titre de séjour valable 10 ans.

https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Europe-et-International/Les-accords-bilateraux/Les-accords-bilateraux-en-matiere-de-circulation-de-sejour-et-d-emploi/L-accord-franco-algerien

Il semble que certains dirigeants français, y compris l’ex-président Sarkozy, aient envisagés de rouvrir la négociation sur ce statut privilégié accordé aux citoyens algériens. Le faire reviendrait à remettre en cause les accords de cessez-le-feu de 1962 et, finalement, personne n’a osé s’y frotter. Eh oui, Alger a aussi des moyens de pression sur Paris et la crise actuelle déclenchée, entre autres, par la liaison faite entre la délivrance de visas (ne pas confondre visa et titre de séjour) et la bonne volonté des pays d’origine à réadmettre leurs ressortissants en situation illégale en France est là pour le rappeler.

Nous verrons sous peu si le prochain pouvoir français issu des élections d’avril 2022, s’il était issu de la « droite dure et décomplexée » osera s’attaquer à ce statut mais il est plus probable que personne ne le fera, préférant laisser le sujet sous le tapis tant il y a de coups à prendre à le sortir de l’oubli. D’ailleurs aucun des candidats ne parle vraiment des accords d’Evian, au-delà des slogans de circonstance sur le « 0 immigration ».

Ce qui ne manque pas d’ironie c’est que l’immigration algérienne est aussi l’un des produits de la guerre coloniale perdue par la France. Il a bien fallu consentir des faveurs pour mettre fin « aux évènements » comme on disait à l’époque. Outre le droit à l’autodétermination accordé en 1962 au « département français » qu’était l’Algérie, les négociateurs français, sous l’autorité de MonGénéral, ont facilité l’accès des ressortissants du pays vainqueur au territoire du pays vaincu ! L’histoire ne dit pas si la demande en avait été faîte par la partie algérienne, mais c’est probable, ce qui accentuerait encore le paradoxe de la situation : le vainqueur veut continuer à pouvoir accéder librement au pays qu’il a défait.

La relecture des accords « d’Evian » permet de penser qu’ils constitueraient un excellent modèle de négociation pour un accord d’accès à d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, évidemment sans le volet « cessez-le-feu » puisque la France n’est pas à proprement parlé en guerre avec Nouméa, mais tous les autres chapitres seraient quasiment duplicables en l’état pour une relation future entre la France et une Nouvelle-Calédonie indépendante.

Mayotte : 101ème département français à la dérive

1974 : indépendance des Comores, auparavant territoire français, mais partition de Mayotte qui décide de rester française, option rendue possible grâce à une manipulation juridique du référendum d’indépendance.

2010, pour des motifs restés mystérieux à ce jour, la République française propos à la collectivité territoriale de Mayotte, dotée d’une autonomie administrative et financière, de devenir département français avec tous les droits et devoirs d’un département français. Le résultat fut bien entendu pour la départementalisation à plus de 95%.

Depuis c’est un désastre à tous égards : des milliers de morts migrants comoriens cherchant à rallier « la France » sur des canots de fortune (les kwassa-kwassa) dans le canal du Mozambique, une immigration hors de contrôle sur l’île, une violence démesurée, une pauvreté endémique, une croissance démographique exponentielle, une faillite financière et, toujours, la demande de l’Organisation des Nations-Unis à la France d’entamer le processus de décolonisation de Mayotte avec les Comores.

2022 : dernier avatar de cette Bérézina socio-institutionnelle, le conseil départemental mahorais vient de rejeter à l’unanimité un projet de loi qui devait marquer le 10ème anniversaire de la départementalisation. Ce projet prévoyait différents chapitres : I – la lutte contre l’immigration irrégulière, II – la convergence des droits sociaux, III – un programme d’investissements nécessaire au développement du territoire. Tout ceci a été repoussé par les élus locaux sur le thème : pas assez de sous !

Il n’y aura donc pas de loi du Xème anniversaire à court terme et la chute va continuer.

La Guadeloupe toujours à la pointe de son combat contre la politique sanitaire de « l’Etat colonial »

La violence perdure en Guadeloupe où les syndicats anti-passe, antivaccin, en réalité, antitout ce qui vient de la métropole, exceptés les transferts financiers, après avoir occupé le Conseil régional fin décembre, continue à manifester, bloquer, brûler et soutenir mordicus les personnels de santé refusant d’appliquer la loi nationale leur imposant de se faire vacciner contre la Covid-19. Dans le même temps, le département est sévèrement touché par la pandémie compte tenu, notamment, du faible taux moyen de vaccination de la population. L’application de cette loi nationale dont ils exigent l’annulation pour la Guadeloupe a d’ailleurs été reportée pour les DOM au 31 décembre contre le 15 septembre dans le reste du pays. Cela veut dire que les contrats de travails des personnels de santé récalcitrants n’ont pas été suspendus, sans salaire, comme en métropole. Mais le 31 décembre étant maintenant passé, la lutte continue !

Appel UGTG à manifester le 08/02/2022

Pour fêter la nouvelle année, les manifestants ont assiégé le centre hospitalier-universitaire de Pointe-à-Pitre ce 4 janvier et séquestré le directeur et son adjoint, qui reçoivent régulièrement des menaces de mort et ont dû être exfiltrés par la police sous les huées, et les coups et jets d’urine des manifestants. Des suites judiciaires sont en cours. Une nouvelle manifestation est programmée ce samedi, en plus des blocages et dégradations permanents. Les contestataires savent qu’ils ont toutes les chances d’obtenir satisfaction tant leur capacité de nuisance est notable et la mollesse de l’Etat est incitatrice.

La solution pour un futur apaisé s’appelle toujours l’indépendance avec pension alimentaire !

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Que faire avec la Nouvelle-Calédonie ?

Libérez la Nouvelle-Calédonie

Alors que les résultats du 3ème référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont marqué un total succès pour la dépendance, les caciques indépendantistes marquent leur terrain. Ayant appelé à la « non-participation » au référendum, ils refusent d’en reconnaître le résultat et, par ailleurs, refusent de négocier le futur avec l’actuel gouvernement central qui ne sera probablement plus le même après l’élection présidentielle d’avril 2022. En revanche les partis indépendantistes acceptent immédiatement les transferts budgétaires et garanties de l’Etat pour financer les déficits significatifs des institutions locales, percutées par la crise sanitaire et économique.

On est là au cœur de l’inextricable contradiction de la décolonisation des territoires ultra-marins. Les dirigeants indépendantistes calédoniens auraient bien tort d’en sortir puisqu’ils obtiendront satisfaction à toutes leurs nouvelles requêtes. C’est exactement ce qui est en train de se passer.

Une belle occasion manquée pour la Nouvelle-Calédonie !

Les résultats du troisième et dernier référendum organisé dans le cadre des accords dits « de Nouméa » s’achève ce soir sur une lourde défaite du camp indépendantiste : le non à l’indépendance l’emporte à plus de 96%, largement aidé par l’appel au boycott lancé par les partis mélanésiens, ou, plus exactement, à la « non-participation », subtilité sémantique avancée par Roch Wamytan, président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne reconnaîtra pas les résultats de ce référendum.

On se retrouve au point de départ des accords dits « de Matignon » signés en 1988, il y a près de 35 ans ! Et nous allons probablement repartir pour des décennies de discussions oiseuses, éventuellement de nouvelles violences et, surtout, des coûts à prendre en charge par les contribuables français. Alors que la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie était la mieux engagée de celle de tous les confettis de l’Empire, qu’elle avait été initiée via un processus apaisé, consensuel et intelligent, les indépendantistes, mis au pied du mur, reculent une nouvelle fois et la métropole ne sait plus comment faire pour rendre ces territoires à leur souveraineté.

Les dirigeants kanaks avaient les cartes en main pour atteindre leur objectif de l’indépendance mais ils ont reculé devant l’obstacle. Comme les Québécois en 1980 et en 1995, ou les Ecossais en 2014, l’option de l’indépendance a finalement effrayé les partis indépendantistes et leurs électeurs. Il n’est pas facile de quitter le confort douillet offert par une vieille nation démocratique au sein de laquelle on peut critiquer tranquillement tout en étant assuré d’être protégé et financé. Dans l’histoire contemporaine, seule la sécession du Soudan du sud est un exemple d’un peuple qui a eu le courage de s’émanciper, mais il faut dire que son rattachement au Soudan ne lui apportait pas vraiment ni protection, ni financement, mais plutôt génocide et pillage de ses ressources…

La question de la décolonisation des territoires « ultra-marins » reste posée : comment faire pour se « débarrasser » en douceur des dernières colonies françaises ? Combien de temps encore la France devra-t-elle boire la lie du calice pour avoir été puissance colonisatrice ? Sans doute pour des générations, hélas !

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Nouvelle-Calédonie : dernière étape avant la décolonisation ?

Alors que les médias français épuisent leurs auditeurs à commenter les sondages de la campagne électorale présidentielle française, ils sont en train de passer à côté d’une étape majeure dans la poursuite de l’émancipation des dernières colonies françaises. Dimanche prochain aura lieu le troisième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie dont la question est a priori la même que pour les deux premiers :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

La partie kanake avait souhaité que cette troisième étape soit reportée compte tenu de la crise sanitaire et afin de ne pas interférer avec la campagne présidentielle. Cette demande ayant été repoussée, ce troisième référendum maintenu au 12 décembre, les Kanaks ont décidé de boycotter le scrutin rendant ainsi plutôt improbable la victoire de l’option « indépendance ».

C’est une mauvaise nouvelle pour ce territoire comme pour l’ensemble de la communauté française car indépendance il y aura un jour, et plus on attend plus celle-ci se déroulera dans la douleur. On peut craindre que le boycott Kanak soit opportuniste devant la difficulté prévisible que le « oui » l’emporte. Une nouvelle fois la France est confrontée à son dilemme de puissance coloniale du XXIème siècle : comment rendre leur souveraineté à des territoires qui montrent dans leurs comportements de tous les jours qu’ils la souhaitent mais qui n’ont pas le courage de demander le divorce, même avec « pension alimentaire » ? Le processus calédonien avait pourtant été conçu de façon intelligente, participative et apaisée depuis les accords dits « de Matignon » en 1988 suivis des accords dit « de Nouméa » en 1998, mais, comme souvent, au moment du grand saut, les partisans de l’indépendante risquent de reculer.

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Pourtant il va bien falloir trouver une solution et, dans le cas de la Nouvelle-Calédonie, rendre sa souveraineté à ce pays. Si l’issue du scrutin de dimanche prochain est le « non » nous allons repartir dans un nouveau processus de décolonisation qui va encore durer des décennies. Peut-être faudrait-il revoir la composition du corps électoral de façon à s’assurer que les indépendantistes y soient majoritaires ? Ou que la France prenne officiellement partie pour le retour à la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ? Tout ceci est délicat et annonciateur d’ennuis et de dépenses inutiles pour encore de très longues années, d’autant plus que les autres territoires « extra-marins » français s’enferrent dans les mêmes contradictions…

A moins d’une bonne surprise ce 12 décembre à Nouméa ?

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Les DOM cassent tout

Toujours à l’affut d’un sujet pour contester la métropole, les départements d’outre-mer français s’enflamment depuis quelques jours contre l’obligation faîte au personnel soignant, aux pompiers et à quelques autres corps de métiers en contact avec le public d’être vaccinés contre la Covid.

Les émeutes et les grèves générales se multiplient en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et même à Tahiti. Aux Antilles, malgré un couvre-feu en vigueur, les nuits sont violentes, bâtiments en flamme, barrages routiers, racket des automobilistes, blocage d’accès aux hôpitaux, abattages d’arbres sur les routes, pillages de magasins, voitures béliers écrasant les gendarmes, tir d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc.

Nous l’avons dit précédemment, ce conflit devrait se résoudre comme les précédents avec le retrait des mesures nationales ne « plaisant » pas aux syndicats des DOM et des enveloppes budgétaires revues en hausse à distribuer pour calmer les esprits. D’ailleurs le gouvernement a annoncé cette nuit le report de l’obligation vaccinale au 31 décembre.

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Plus original, le ministre des DOM-TOM actuellement en visite dans ces territoires a annoncé que « le gouvernement est prêt à parler d’autonomie ». Il semble que cette déclaration plutôt novatrice ait été provoquée par des demandes d’élus guadeloupéens pour plus de décision locale. C’est une bonne nouvelle qu’il reste maintenant à mettre en œuvre. Ce sera à l’évidence un processus long, et couteux pour les contribuables, mais nécessaire pour enfin responsabiliser ces confettis de l’Empire qui méritent leur indépendance ou, à tout le moins, une forte autonomie comme celle instituée en Nouvelle-Calédonie, étape incontournable avant le grand saut vers l’indépendance.

Si l’on en juge par les textes syndicaux publiés notamment par l’UGTG on mesure que les négociations ne vont pas être faciles. On ignore actuellement la position de l’UGTG sur les évacuations de malades sur la métropole ou les renforts médicaux envoyés par Paris lors des derniers épisodes épidémiques de la Covid.

C’est le prix à payer pour s’être enferrés si longtemps dans ce non-sens statutaire d’avoir donné la position de département français à des iles exotiques et lointaines. Les négociations vont surtout être couteuses pour les contribuables car il va falloir payer pour aplanir les difficultés. Quand on se souvient que la Guadeloupe avait rejeté par référendum en 2003 à 73% l’idée d’un statut de « collectivité administrée par une assemblée unique » pour remplacer celui de département, la Martinique l’avait refusé à 50,5%, on mesure que la route va être longue avant l’indépendance…

On est néanmoins sur la bonne voie, à court terme on cède aux émeutiers et à plus long terme on pose la question de l’autonomie avec les élus.

La Guadeloupe en feu, encore…

La Guadeloupe, jamais en reste de sujets de révolte contre la « France coloniale », s’appuie cette fois-ci sur l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant, pour pouvoir travailler dans les hôpitaux, pour mettre l’archipel à feu et à sang. Le syndicat UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe) a lancé les hostilités et depuis quelques jours c’est l’arsenal habituel qui est déployé : blocage de routes et d’accès (au centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre notamment), barrages divers, émeutes nocturnes, incendies de bâtiments, tirs d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc. afin de s’opposer à « ces soldats de la vaccination forcée, à ces sbires de l’ordre macroniste, à ses Cadres de direction et à ces Médecins défroqués ».

Le préfet local impose un couvre-feu nocturne, le gouvernement parisien envoie des forces de l’ordre, y compris le RAID et le GIGN utilisés d’habitude pour les actions contre le terrorisme, le grand banditisme ou les actes de folie individuelle, la « dignité du peuple guadeloupéen » est mise à rude épreuve et les réactions outrées se multiplient. Si la routine habituelle en ces circonstances s’applique une nouvelle fois, la violence devrait perdurer encore quelques jours puis un accord dérogatoire sera consenti aux émeutiers, quelques enveloppes seront distribuées et le contribuable sera mis à contribution pour financer ces enveloppes et réparer les dégâts provoqués par les émeutes.

Lire aussi : Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins – Hit the road Jack… (rehve.fr)

Plus que les autres confettis de l’empire la Guadeloupe est coutumière de ces flambées de violence et le phénomène ne s’arrêta qu’avec l’indépendance de ce territoire. Hélas, cette échéance, souhaitable pour tous, mais pas forcément souhaitée par l’ensemble des parties, semble s’éloigner alors que la Nouvelle-Calédonie pour laquelle un vrai processus de décolonisation est en route, a l’air de reculer devant l’obstacle du prochain référendum prévu en décembre prochain.

La souveraineté rendue à ces confettis sera l’unique solution pour réussir à rendre à ces territoires le sens de leurs responsabilités et retrouver leur « dignité perdue ». Nous y viendrons un jour tant le statut actuel est inefficace et générateur de frustrations. Le plus tôt serait le mieux.

Lire aussi : Des intellectuels appellent à la poétique dans les DOM-TOM : vaste tâche ! – Hit the road Jack… (rehve.fr)

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ils n’ont que cette expression à la bouche. Au nom de la loi de la république ! C’est donc en vertu de cet adage, qu’ils ont décidé de nous punir. De nous punir d’avoir osé braver le maître, d’avoir osé nous dresser pour dire notre inquiétude, nos incertitudes, nos doutes et DIRE NON, AN PA DAKÒ !

Ce sont les mêmes qui ont indemnisé les esclavagistes en 1849, pérennisant le racisme et la discrimination pour l’éternité, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont tué au total plus d’une centaine de Guadeloupéens en 1910, en 1925, en 1930, en 1952, en 1967, en 1985, … sans jamais qu’un militaire français ne soit condamné, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont volontairement empoisonné la Population Guadeloupéenne au chlordécone et qui, aujourd’hui, osent nous parler de « responsabilité partagée dans le cadre d’un aveuglement collectif »,… AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui maintiennent notre Pays et note Peuple dans un sous-développement latent, sous la domination des descendants d’esclavagistes pour mieux nous asservir, pour mieux nous domestiquer, …

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Extrait d’une publication de l’UGTG du 26/10/2021

Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins

Des mouvements sociaux perturbent le fonctionnement d’hôpitaux dans les départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM). Ce nouveau conflit repose sur le refus des organisations syndicales de voir appliquer les règles françaises instituant que le personnel soignant en contact avec les patients doit être vacciné contre la Covid-19, sous peine de suspension de leurs contrats de travail. Des actions de sabotage ont été menées, notamment, à l’intérieur du CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe (déversement d’huile de vidage dans les services administratifs, introduction de colle dans les serrures, blocage d’accès, etc.).

Le taux de vaccination dans les DOM-TOM reste significativement inférieur à celui de la France métropolitaine mais le taux de revendication reste, lui, très élevé. La capacité de nuisance des organisations syndicales a poussé les autorités de santé a renoncer à imposer cette règle sanitaire pour le moment dans certains de ces confettis de l’Empire.

A priori, les organisations syndicales n’ont pas bloqué les évacuations de patients vers la métropole lorsque les hôpitaux locaux étaient débordés !

Une visionnaire à la dérive

Coco/Charlie Hebdo (21/10/2015)

Christiane Taubira (69 ans), née à Cayenne en Guyane, a connu en engagement visionnaire dans sa jeunesse lorsqu’elle militait pour l’indépendance de cette colonie française artificiellement transformée en « département d’outre-mer (DOM) » en 1946 (après avoir été déjà département français en 1797). Très logiquement, Mme. Taubira, surdiplômée des universités parisiennes (sciences-économiques, sociologie, ethnologie « afro-américaine », agroalimentaire) qu’elle rejoint après avoir été scolarisée en Guyane, développe une pensée qui l’amène à soutenir que l’indépendance est la seule solution possible pour ce confetti de l’empire colonial français. Elle partage cette vision avec son mari au sein du parti créé par celui-ci en 1974 : le Mouvement Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE) et la développe à la tête de la revue indépendantiste MAWINA. Le MOGUYDE sera même impliqué dans une tentative ratée d’attentat contre les installations pétrolières guyanaises qui vaudra quelques mois de prison à son mari et leurs comparses.

Cet admirable engagement militant pour l’indépendance des dernières colonies françaises marquait une personnalité ambitieuse et exigeante, un engagement qui s’est malheureusement affadi avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Mme. Taubira se rapproche du parti radical de gauche puis du parti socialiste, est élue conseillère régionale de Guyane en 2010, puis députée de ce territoire en 1993 et se trouve ensuite aspirée par les ors du pouvoir et les dorures des palais de la République, jusqu’à abandonner sa ferveur indépendantiste pour des raisons jamais vraiment explicitées. Renonçant à assurer l’avenir de son peuple, elle va, à la place, consacrer son temps et son énergie à l’élaboration de différentes lois culpabilisantes pour l’ancien colonisateur de son territoire de naissance, dont, en 2001, une loi qui entérine que :

« …la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVème siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

Cette loi exclut de fait la traite et l’esclavage dans le monde arabe ainsi qu’à l’intérieur du continent africain.

Nommée ministre de la Justice sous la présidence socialiste de François Hollande, elle promeut la loi ouvrant le mariage aux homosexuels puis démissionne en 2015 par refus du projet de légiférer pour pouvoir déchoir de leur nationalité des terroristes binationaux.

Dernier et récent avatar de sa reconversion dans l’avachissement de la pensée : elle refuse d’inciter publiquement ses concitoyens guyanais à se faire vacciner alors que l’épidémie de coronavirus fait des ravages dans les DOM où les taux de vaccination sont extrêmement faibles ce qui explique en grande partie la recrudescence du virus. Il semble que le vaccin suscite plus de méfiance qu’ailleurs dans ces anciennes colonies car il vient… des anciens colonisateurs.

On ne connaît pas l’avis de Mme. Taubira sur les évacuations sanitaires qui permettent de transférer dans les hôpitaux métropolitains les malades de la Covid de ces départements exotiques où les hôpitaux sont débordés, ni sur les renforts de soignants envoyés dans ces territoires depuis l’ancienne puissance coloniale !

Pourquoi cette femme brillante, excellente oratrice, férue de l’histoire des peuples colonisés, rouée au contact de la politicaillerie franchouillarde, ne s’en laissant pas compter par les journalistes de plateaux télévisés ni par les insultes d’une droite conservatrice déchaînée contre elle, a-t-elle abdiqué d’une pensée indépendantiste positive qui constituait une vraie révolution idéologique et un avenir souhaitable pour les DOM au profit d’engagements victimaires ressassant un passé révolu ?

C’est le syndrome des DOM-TOM, on voudrait se débarrasser de tout lien avec l’ancien colon et faire payer ses péchés originels à ses descendants. On préfère mariner dans le ressentiment plutôt que d’assurer les incertitudes de la liberté et de la responsabilité. Christiane Taubira illustre jusqu’à l’excès cet inextricable contradiction, bien installée à… Paris.

Et les doutes des guyanais sur le vaccin contre le coronavirus sont toujours aigus !

Le Royaume-Uni procrastine

Chappatte/Le Canard Enchaîné (30/12/2020)

Comme cela était prévisible, le Royaume-Uni rechigne à respecter ses engagements pris lors de sa sortie de l’Union européenne (le brexit) qui stipulaient l’établissement d’une frontière commerciale en mer d’Irlande pour éviter d’avoir à rétablir une frontière formelle entre l’Irlande du nord (province britannique) et la République d’Irlande laissant ainsi sans contrôle l’importation en Irlande du nord de produits britanniques, donc en provenance d’un pays tiers, qui peuvent ainsi accéder, toujours sans contrôle, en République d’Irlande, donc au marché intérieur de l’Union européenne, et vice-versa.

Le « protocole nord-irlandais » devait permettre de résoudre, au moins provisoirement, l’insoluble question de la présence britannique sur l’ile d’Irlande. Le non-respect de certains éléments de l’accord du brexit fait partie du jeu, des procédures existent pour le régler et/ou le sanctionner. Il suffit de les appliquer, ou de changer les textes du brexit. Entre gens intelligents et de bonne compagnie on devrait bien trouver un arrangement, au moins temporaire.

A plus long terme, la question ne se résoudra que par la réunification irlandaise. Peut-être le brexit la précipitera-t-elle ? Il faudra alors régler le cas des unionistes protestants qui tiennent au maintien de leur statut britannique ce qui s’annonce complexe mais arrivera bien… un jour. Ces confettis de l’Empire coûtent et empoisonnent la vie de nombre d’Etats : la France avec la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et d’autres, l’Espagne avec Ceuta et Melilla, le Royaume-Uni avec Gibraltar, etc. Ils se résoudront avec le temps et l’indépendance de ces confettis ou leur rattachement aux territoires géographiques auxquels ils appartiennent. C’est la logique, elle demande de l’intelligence et des dirigeants visionnaires pour être mise en œuvre. Cela viendra.

Un bon projet pour la Nouvelle Calédonie

Libérons la Nouvelle Calédonie

Les partis calédoniens réunis à Paris avec le gouvernement français viennent d’arrêter la date du troisième référendum d’indépendance qui se tiendra en décembre 2021. Il semble que les participants pro-indépendance craignaient une date après les élections présidentielles de mai 2022 avec le risque que si Marine Le Pen était élue, la perspective d’une indépendance, et donc du référendum, ne soit repoussée aux calendes grecques. Voilà qui est fait.

Il est également prévu une période de transition de deux années qui sera nécessaire quel que soit le résultat. Si l’indépendance l’emporte il faudra transférer les pouvoirs et régler le sort de ceux qui voudront émigrer, si c’est le Non qui vainc, il faudra définir de nouveaux accords sur un mode de fonctionnement entre la métropole et ce territoire pacifique lointain.

Si indépendance il y a, le Front de libération kanak nationale et socialiste (FLNKS) et ses différentes composantes ont déjà leur programme prêt. C’est un bon programme.

Au niveau institutionnel on ne peut pas dire que le schéma envisagé soit très original. Un parlement à deux composantes : l’assemblée nationale élue par les provinces elles-mêmes soumises au suffrage des électeurs, une chambre des représentants élus par les conseils coutumiers ; un président de la République élu par le parlement ; un gouvernement dirigé par un premier ministre ; une armée nationale ; une force de sécurité intérieure (FSI) pour assurer l’ordre ; une monnaie propre arrimée à un panier de monnaie mais l’adoption d’une monnaie tierce n’est pas exclue, etc.

Quant au financement de la dépense publique le schéma envisagé est le même que celui de la situation actuelle sauf que la source « Participation de l’Etat français » est remplacée par « Revenu de l’Etat [calédonien] actionnaire ».

Si l’indépendance l’emporte, il suffira donc d’appliquer ce programme et de laisser voguer la Nouvelle Calédonie vers son destin. Il faudra certainement que les contribuables français continuent à aider ce nouvel Etat. Nous pouvons le faire comme nous l’avons déjà fait, et continuons à le faire dans une certaine mesure, pour les anciennes colonies françaises qui ont accédé à l’indépendance.

Lire le programme du FLNKS : ici

Il faut restituer les confettis de l’Empire

Quelques milliers de migrants marocains ont envahi l’enclave espagnol de Ceuta en territoire marocain. Il semble que les autorités marocaines reprochent à l’Espagne d’avoir accueilli pour raisons sanitaires le chef du front POLISARION, le mouvement indépendantiste du Sahara dit « espagnol » sur lequel le Maroc affirme sa souveraineté. L’impétrant aurait la Covid.

On connaît le cynisme de certains Etats qui n’hésite pas à utiliser les flux migratoires pour des raisons politiques. La Turquie à cet égard a montré de quoi elle était capable en incitant les réfugiés syriens sur son territoire à entrer en Grèce par la frontière terrestre. Dans le cas du Maroc on franchit une étape supplémentaire puisque ce pays envoie sa propre population comme immigrés illégaux à Ceuta. L’Espagne a déployé son armée sur place et aurait expulsé immédiatement la moitié des 8 000 migrants ayant pris d’assaut Ceuta.

La manipulation des flux de migrants est devenue une arme à la disposition des Etats les plus cyniques, il faut s’y faire. Les Etats agressés de la sorte, généralement plus « occidentaux », hésitent à employer des armes similaires en retour, comme celle des visas par exemple. C’est la comédie humaine rapportée à la géopolitique !

Plus important, ces incidents de Ceuta soulignent une nouvelle fois l’aberration de ces confettis d’empires répartis un peu partout sur la planète. Citons également Melilla, toujours espagnole, au Maroc, mais aussi le britannique Gibraltar en Espagne, les territoires français à Jérusalem-est, la française Mayotte dans l’archipel des Comores, etc. A l’exemple de Hong-Kong qui a été restitué par le Royaume-Uni à la Chine, la raison voudrait que l’on profite de ces évènements pour lancer les négociations de rétrocession des enclaves de Ceuta et Melilla au Maroc. Ces verrues espagnoles en territoire étranger n’ont plus aucun sens et sont source de problèmes sans fin. Les populations sont estimées à 78 000 pour la première et 72 000 pour la seconde. Même si la totalité de cette population souhaitait être rapatriée, l’Espagne devrait pouvoir le faire sans trop de difficultés en regard des bienfaits que représenteraient la restitution de ces territoires qui semble une évidence géographique lorsqu’on regarde une carte de la région.

On avance

La presse quotidienne nationale fait état d’un sondage commandité fin avril 2021 par le ministère des outre-mer à la l’Institut Harris Interactive fait état que 66% des Français estiment que l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie serait une bonne chose. C’est un bon résultat qui montre que les choses avancent favorablement pour cette colonie française qui doit voter une troisième fois dans les mois à venir pour ou contre son indépendance.

Une partie des acteurs de cet archipel est actuellement réunie à Paris pour envisager le « jour d’après » car que la réponse soit oui ou non à l’issue de ce troisième référendum il faudra bien gérer la suite, les accords de Nouméa encadrant le processus en cours devant s’éteindre avec ce référendum devront bien être remplacés par quelque chose si l’on veut éviter un malheureusement probable chaos.

Une autre partie des acteurs (de sensibilité indépendantiste) a refusé de venir à discuter à Paris.

Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)