Le groupe Bolloré a déclenché un tir de barrage très nourri pour accompagner les derniers jours de l’autorisation d’émission de sa chaîne C8 sur la Télévision numérique terrestre (TNT) gratuite. Tous les salariés des médias du groupe se lamentent à l’unisson contre « cette atteinte intolérable à la liberté d’expression et à leur devoir d’informer ». Ils sont appuyés par nombre de commentateurs conservateurs anti-Macron qui en profitent pour se laisser aller contre ce président qu’ils ne sont pas arrivés à empêcher d’être élu pour deux mandats successifs.
L’argumentation est que l’Etat « a tué » la première chaîne de la TNT « au mépris du peuple ». En réalité ce n’est pas la chaîne C8 qui est fermée, c’est son autorisation d’émettre sur une fréquence gratuite à laquelle il est mis fin. C8 peut tout à fait émettre via les box et les bouquets satellites payants comme des dizaines d’autres chaînes. Rien ne l’empêche, et surtout pas l’Etat qui est le propriétaire des fréquences de la TNT et a décidé d’attribuer celle jusqu’alors utilisée gratuitement par C8 à une nouvelle chaîne qui ne fait pas (encore ?) partie du groupe Bolloré. Même s’il décide de « fermer » C8, ce dernier continue à contrôler de nombreux autres médias, dont la chaîne CNEWS sur la TNT, qui pourront continuer à diffuser sa « ligne éditoriale ». On a vu pire comme « atteinte inqualifiable à la liberté d’expressions ».
Et puis, qui sait, peut-être que les deux nouveaux bénéficiaires de fréquences TNT, Ouest-France TV et Réels TV, vont-elles recruter Cyril Hanouna pour se reconnecter « avec le peuple » ?