Les 15 minutes que l’on est bien obligé de passer chez le coiffeur tous les uns à deux mois sont une torture en ce qu’elles révèlent les outrages du temps. On est assis face à une glace qui vous réfléchit le temps de la séance, de quoi contempler le double menton qui se développe en vagues au-dessus de la blouse enfilée serrée autour du cou, pour se protéger des cheveux, blancs, qui s’envolent sous les coups de ciseaux. Les poches sous les yeux gonflent, les paupières se ramollissent, les tâches de vieillesse se développent à la lisière des cheveux. Coup de poignard final lorsque le coiffeur sort sa glace pour vous faire approuver sa coupe par derrière, avec vue sur… la tonsure qui progresse naturellement.
Comment faire : fermer les yeux, demander de masquer le miroir, ne pas aller chez le coiffeur ? Le mieux à faire est sans doute d’abdiquer toute vanité devant le temps qui passe, hélas !

