Des origines de l’égorgement

La pratique de l’égorgement remise à l’ordre du jour ces derniers temps par les terroristes religieux du groupe Etat islamique déclenche au Café du commerce nombre de rapprochements erronés entre cette pratique et la religion musulmane. Rappelons que le premier « égorgeur » qui a inspiré et oriente toujours tant de croyants n’est pas Mahomet (7ème siècle après Jésus-Christ) mais Abraham, 20ème siècle avant Jésus-Christ, à qui « Dieu » a demandé de sacrifier son fils « en holocauste » et alors que le couteau en main il s’apprêtait à immoler Isaac, Yahvé a arrêté son geste et a dit :

« Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis… ».

Comme un malheureux bélier passait par là, il a payé pour Isaac !

Toutes ces joyeusetés sont dans la Bible La Genèse #23. Ainsi est née la tradition de l’égorgement il y a 4 000 ans, reprise depuis notamment dans la fête musulmane de l’Aïd-el-Kébir (du sacrifice) où chaque année les familles doivent égorger un mouton en hommage à la foi d’Abraham. Une relecture de la Bible de temps à autres est recommandée, elle déclenche toujours un intérêt sociologique qui n’a d’égal que la consternation devant de telles billevesées. On trouve également dans la cette même Genèse #17 la nécessité de la « circoncision du prépuce qui sera le signe de l’alliance entre moi [Yahvé] et vous. »

Voici pourquoi chez les croyants, juifs, musulmans et chrétiens (du moins dans des temps plus anciens pour ces derniers), on coupe beaucoup les prépuces, les animaux et, parfois la tête des hommes pour ceux qui appliquent à la lettre l’exemple de Yahvé. Sans doute les garçons qui ont écrit la Bible n’imaginaient pas une seconde que toutes ces sornettes déclencheraient de tels flots de sang sur un même océan de barbarie. Quelle que soit la religion, l’application sans réflexion de textes millénaires reste dévastatrice, c’est d’ailleurs la définition même du fondamentalisme. Le mieux serait sans doute de les lire comme des légendes et non comme des manuels de savoir-vivre.

L’actualité des banques

Goldman-Sachs_Sucks

Jérôme Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale condamné à une peine de prison pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique (jugement confirmé par la cour de cassation), voit son amende 5 milliards d’euros ramenée à 1 million par la cour d’appel. Le plus risible dans cette affaire est que l’amende de 5 milliards n’avait aucune chance d’être jamais payée, et d’ailleurs la Société Générale avait annoncé n’avoir pas l’intention de la recouvrer, alors qu’une somme de 1 million d’euros devient par contre décemment exigible.

Le trader-fraudeur s’est lancé dans un nouveau combat pour faire annuler le procès où il fut condamné pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique toujours avec la même tactique : se faire passer pour un agneau tout blanc face au loup Société Générale aux babines baveuses.

La République reconnaît sa culpabilité dans le massacre des harkis dans Algérie post-indépendance

La colonisation de l’Algérie s’est terminée par une guerre sordide de plusieurs années (la dernière où des appelés français ont été envoyés au front) qui aboutit à l’indépendance du pays, et des milliers de morts. La paix enfin signée, un million de colons français sont rapatriés en quelques mois de l’année 1962. Des supplétifs de l’armée française avaient été recrutés localement pendant ces années de guerre pour « défendre » les villages. Après les accords d’Evian mettant fin à la guerre, quelques dizaines de milliers d’entre eux furent rapatriés en France, les autres furent laissés sur place et massacrés ou emprisonnés. On parle aujourd’hui d‘environ 100 000 assassinats par vengeance, souvent après des tortures.

La France vient de reconnaître par la voix de son président de la République « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ».

Ces règlements de compte étaient, hélas, inévitables comme à la fin de tout conflit armé où il y un vainqueur et un vaincu. Après toute guerre ou invasion, ceux qui ont collaboré d’une façon ou d’une autre avec l’envahisseur ont des comptes à rendre avec les vainqueurs. Quoi qu’on ait pu leur inculquer à l’école sur leur appartenance française, les harkis ont été vus (et le sont toujours) comme ceux ayant pris les armes avec l’occupant, la grande majorité d’entre eux ont payé de leur vie pour ça. Cela s’est passé en 1944 en France où l’épuration aurait fait 10 000 morts, cela s’est passé au Vietnam où nombre des collaborateurs des américains sont morts dans des camps de rééducation après 1975 ou noyés en fuyant par la mer (les boat-people), cela est en train de se passer en Afghanistan et en Irak avec ceux qui ont travaillé avec les troupes occidentales et cela se passera sans doute en Nouvelle Calédonie et dans les Départements d’outre-mer lorsque ces territoires prendront leur inévitable indépendance.

La colonisation fut une erreur historique qui n’a apporté qu’une puissance éphémère à des Etat colonisateurs égarés et surtout des siècles de problèmes récurrents à gérer ensuite. L’immigration en France par exemple, sujet si sensible aujourd’hui au cœur de la cité, est en grande partie le fruit de cette colonisation… Celle de l’Algérie fut un drame qui s’est terminé dans le sang et le déshonneur. Tous les ressorts de la barbarie humaine s’y sont exprimés des années durant, et tout ça pour quoi ? Pour une déroute. La morale aurait voulu que la République évacue, en plus des pieds noirs, ses supplétifs (et leurs familles) qui risquaient d’avoir des comptes à rendre avec les nouvelles autorités et les citoyens de l’Algérie indépendante. Cela aurait représenté quelques centaines de milliers de personnes de plus, en tout cas un flux très important qui aurait quasiment doublé le nombre de rapatriés. MonGénéral a, on imagine douloureusement, opté pour la raison d’Etat, pensant sans doute à l’impossibilité d’intégrer cette population à qui notre République colonisatrice attribuait un statut de seconde zone. La politique est violente et génère des positions terribles lorsqu’il s’agit de solder des errements sans espoir.

Nous, citoyens français portons la colonisation de l’Algérie comme une tâche dans l’Histoire de notre pays, nous en assumons la responsabilité collective et ne devons pas oublier ces erreurs colossales commises par nos parents au nom de la République. Les pieds noirs ont souffert lors de leur débarquement en France. Les harkis qui n’ont pas pu être évacués en France ont été tués sur place, c’est le terrible bilan de cette désastreuse aventure coloniale.

MEYER Philipp, ‘Le fils’.

Sortie : 2013, Chez : Le Livre de Poche 34092

Une grande saga américaine avec l’histoire du Texas du XIXème siècle à nos jours ; il s’agit de violence, d’ambitions, de ranchs, d’argent, de déboires et de réussites. On suit les aventures haletantes de plusieurs générations de la famille McCullough depuis un rejeton enlevé par les comanches trois années durant jusqu’à son arrière petite-fille qui a transformé l’économie d’élevage du ranch familial en un fructueux business du pétrole.

On valse entre les générations racontées chacune par un de ses membres clé, on saute des massacres commis par les indiens aux horreurs de la guerre entre texans et mexicains, on survole les affres de la guerre de sécession et l’on plonge dans les querelles de cette famille si américaine où se mélangent les poètes, les terriens, les businessmen, les idéalistes…

Tout ceci donne un récit brulant, l’épopée remarquable du deuxième Etat des Etats-Unis d’Amérique fondée sur une violence insondable qui marque encore les esprits aujourd’hui. Le style de Philipp Meyer est à l’image de ce pays : sans cesse en mouvement, tortueux et créatif. Un vrai régal et une grande promesse de la littérature américaine. C’est son deuxième roman seulement mais cet auteur a déjà le souffle d’un William Styron, à suivre !

La Boutin toujours en pointe

L’ancien président de la République Chirac, 83 ans, est hospitalisé et Christine Boutin, élue et ex-ministre aux tendances catholique-conservatrices fort marquées, annonce sa mort sur Tweeter :

tweet_christine_boutin_20160921_mort-chiracChirac étant toujours vivant, elle efface ce message peu après. Au-delà de la bêtise crasse de ce geste on voit là une nouvelle fois la manifestation de l’addiction du monde politique franchouillard à cette messagerie pour adolescents, vide de sens et porteuse de ragots. Est-ce que Christine Boutin, 72 ans, n’a vraiment rien d’autre à faire que de diffuser des idioties sur ce média, d’autant qu’elle est coutumière du fait ?

Indulgence dans les salons

A l’approche des élections primaires conservatrices une indulgence certaine se développe dans les salons bobos à l’égard d’Alain Juppé, 71 ans, condamné en 2004 à dix-huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt alors qu’il était maire-adjoint de Paris chargé des finances et en même temps secrétaire général du parti de droite RPR. Il a signé de sa propre main des contrats de travail fictifs à la mairie de Paris pour des personnes travaillant en réalité à plein temps pour le RPR. Son patron de l’époque, Jacques Chirac, maire de Paris, sera ensuite condamné pour les mêmes faits à deux années de prison avec sursis.

Ces délits permirent de détourner l’argent des contribuables parisiens au profit d’un parti politique et ce, bien des années après la Loi Rocard sur le financement de la politique. C’est ce que l’on appelle une escroquerie. Dans une échelle de valeurs classique, de tels actes sont classés dans la rubrique « pas bien ». Dans celle des bobos ne sachant pas pour qui voter ils relèvent des sujets oubliés. Juppé est un garçon intelligent et bien formé à l’école de la République (financée par l’impôt) et il savait ce qu’il faisait, personne ne l’a forcé, il pouvait toujours refuser de commettre ces actes délictuels, voire même démissionner.

Il ne sert à rien de vouloir minorer la responsabilité des coupables ce qui ne doit pas empêcher de voter pour eux, une fois leur peine accomplie, si l’offre politique du moment n’aligne pas de candidats plus propres. Un Juppé, s’il était élu, pourrait être efficace mais aurait sans un peu moins de crédibilité lorsqu’il prônera rigueur et justice dans la gestion des finances publiques…

Chua Ek Kay à Singapour

Chua-ek-kay
After The Rain – Chua Ek Kay (Singapour)

Street Scenes Revisited (traduit du chinois)

The old house still stand,

Despite the storms through the years.

I have grown grey in my lone wonderings,

Reflecting on my solitude toward heaven.

I have seen snow-capped peaks in June,

Seagulls sleeping on the beach of south seas.

Miles of lotuses separating heaven and earth,

The pink of spring in fallen apples blossoms.

A lonely cloud frozen by the emerald hill,

White egrets prancing in a graceful dance.

With my brush I journey on desert tracks,

Through sandstorms I hear bells of the caravans.

I search from my old dream in the moonlight,

Fragments of an old song from winding verandas.

The paint on doors and windows is peeling off,

Crickets are crying at the foot of the wall.

There is great Order in the whole universe,

Determining when everything forms or stays.

Now as I return to my old residence,

How the folks and the street have changed.

Only the banyan tree remains the same,

Perched with flocks of birds at dusk and dawn.

Look at the sunflower under the tree,

And how every blooms plucks light from the sun.

It’s now a whole new world,

Where peace and quiet keeps out the noisy one.

While I toil tirelessly stroke after stroke,

Each of them a brush with the truth and innocence.