Anna Calvi – 2018/06/15 – Paris la Gaîté Lyrique


Anna Calvi annonce un prochain disque pour le 31 août et commet quelques déclarations sur sa promotion de la bisexualité. Elle joue ce sort à la Gaîté Lyrique, sympathique salle parisienne à dimension humaine. Elle est précédée de Jane Added et de Rouge Mary. La première est une artiste intelligente que l’on croise régulièrement sur la scène parisienne avec sa basse et ses compositions. Elle mixe ce soir quelques morceaux qu’elle aime. Le second est habillé en femme et chante sur ses mixes. Dans la salle des couples lesbiens s’embrassent à pleine bouche, le chroniqueur se demande soudain s’il ne s’est pas trompé de salle…

Puis arrive Anna Calvi, brillant de mille feux, sans doute libérée par cette atmosphère. L’intimité de la salle avec une avancée de la scène jusqu’au milieu de la fosse la rapproche de ses fans. Elle y joue à genoux front contre front de certains d’entre eux, avec un regard de panthère elle caresse les cheveux des uns, se couche sur le dos pour interpréter des solos dantesques. Mais au-delà de ce show, elle reste une artiste hors par, alliant une voix d’opéra, le jeux de guitare de Jimi Hendrix et un talent sans compter.
Sur son site web (http://annacalvi.com/) elle déclare au sujet de la sortie de son disque « Hunting » :

I’m hunting for something – I want experiences, I want agency, I want sexual freedom, I want intimacy, I want to feel strong, I want to feel protected and I want to find something beautiful in all the mess.

I want to go beyond gensder. I don’t want to have to chose between the male and female in me.

I’m fighting against feeling an outsider and trying to find a place that feels like home.

I believe that gender is a spectrum. I believe that if we were allowed to be somewhere in the middle, not pushed to the extremes of performed masculinity and femininity, we would all be more free. I want to explore how to be something other than just what I’ve been assigned to be. I want to explore a more subversive sexuality, which goes further than what is expected of a woman in our patriarchal heteronormative society. I want to repeat the words “girl boy, woman man », over and over, to find the limits of these words, against vastness of human experience.

I believe in the female protagonist, who isn’t simply responding to a man’s story. I go out into the world and see it as mine – I want something from it, rather than just being a passive product of it. I’m hungry for experiences. Sometimes things seem clear, and other times I feel lost. I feel strong and yet vulnerable; I wear my body and my art as an armour, but I also know that to be true to myself is to be open to being hurt.
The intent of this record is to be primal and beautiful, vulnerable and strong, to be the hunter and the hunted.

– Anna

Schubert par Radu Lupu


Le patriarche Radu Lupu, barbe blanche et costume noir, s’avance d’un pas hésitant vers son piano au centre de la Philharmonie de Paris ce soir. Le pianiste roumain va jouer Schubert et nous accompagner avec douceur pour une plongée dans cette musique méditative et profonde. Il effleure les touches et délivre son immense talent mis au service d’une musique d’exception. Radu Lupu devant son piano noir ressemble à Victor-Hugo écrivant sur son écritoire dans son île de Guernesey : des artistes d’exception dédiés à leur art infini !

Jeff Beck – 2018/06/09 – Paris l’Olympia


Jeff Beck (73 ans), guitariste britannique de légende donne un concert à Paris. Il remplaça Eric Clapton au sein des Yardbrids en 1965 avant de mener une brillante carrière solo ponctuée de multiples collaborations, notamment avec Bowie sur la dernière tournée de Ziggy Stardust. On l’annonça chez les Rolling Stones et les Pink Floyd, mais il garda son indépendance et poursuivi sa route et son influence sur le rock du XXème siècle. Soliste inspiré il fut un bricoleur de génie à une époque où la technique sonique était loin d’être ce qu’elle devint avec l’apport de l’électronique. Il donne ce soir la pleine mesure de son talent que le temps n’a point effacé, entouré d’un groupe sympathique dont deux femmes à la basse et au violoncelle et un chanteur faisant des apparitions ponctuelle.

L’homme est guitariste alors il s’agit d’un concert de guitariste qui n’a pas tout à fait le souffle d’une vraie création, mais l’homme a participé à une époque musicale tellement brillante et inspiré tant de ses créateurs que sa simple présence, et sa virtuosité, nous replonge dans un temps que nous avons tant aimé.

Bryan Ferry – 2018/06/02 – Paris Palais des Congrès


Joli concert de Bryan Ferry à l’Olympia ce soir, centré sur du Roxy Music et les premiers albums solo de l’artiste, pas de trace par contre de Avonmore ou autre Olympia, qu’importe, on eut aussi s’en passer tant est doux et bon d’entendre de nouveau, encore et encore, Out of the blue, l’enchaînement Wasteland/Windswept ou Bryan siffloter sur le final de Jealous guy !

Toujours élégant et un peu distant, Ferry nous régale de sa voix brumeuse sur les classiques de notre vie musicale. Quel bonheur ! Laissez agir, il n’en reste que de l’émerveillement.

Setlist : The Main Thing (Roxy Music song)/ Don’t Stop the Dance/ Ladytron (Roxy Music song)/ Out of the Blue (Roxy Music song)/ Oh Yeah (Roxy Music song)/ A Wasteland/ Windswept/ Bête Noire/ Zamba/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Slave to Love/ Bitter Sweet/ Mamouna/ Re-Make/Re-Model (Roxy Music song)/ Do the Strand (Roxy Music song)/ In Every Dream Home a Heartache/ If There Is Something (Roxy Music song)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Virginia Plain (Roxy Music song)

Encore : Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Jealous Guy (John Lennon cover)/ Editions of You

Artistes & Robots au Grand Palais


La collaboration des artistes avec les robots, ou comment les premiers ont utilisé les seconds au service de leurs créations. L’exposition remonte aux premières machines dans les années 50’ qui manipulaient un pinceau sur une toile de façon aléatoire, ou Xénakis créant de la musique en dessinant des formes sur un ancêtre de table tactile, jusqu’à des installations bien plus sophistiquées de notre XXIème siècle. C’est la technologie pour démultiplier la créativité exposée sur deux étages d’installations mêlant la mécanique, l’image et souvent l’humour. La dernière œuvre est une simple vidéo des Daft Punk : Tecnologic remontant à 2005 sur laquelle un inquiétant robot annone les verbes usuels décrivant les actions répétitives de n’importe quel utilisateur d’un ordinateur. Les deux musiciens-créateurs montrent encore comment allier si magnifiquement leur art avec la technique.

Baxter Dury – 2018/05/17 – Paris le Casino de Paris


Baxter Dury de retour avec un nouvel enregistrement : Prince of Tears, se produit ce soir au Casino de Paris. Un concert indispensable pour l’incontournable britannique accompagné d’un groupe efficace, jeune et sympathique. Entouré de deux femmes voix et claviers sur le front de scène, Baxter délivre un rock enlevé, parfois mélancolique mais original. Ca pulse élégamment, parfois chanté parfois parlé, l’homme passe du micro au piano et à la bibine avec un égal bonheur ! Découvert au début années 2000 il confirme une belle inspiration disque après disque, et délivre toujours de belles performances sur scène.

Cats on Trees – 2018/05/16 – Paris la Cigale


Concert parisien de ce sympathique duo français Cats on Trees pour la sortie de leur deuxième disque : Neon. Une pop légère et adolescente jouée avec engagement par Nina (voix et piano) et Yohan (batterie), accompagnés sur scène par un trio féminin de cordes : violoncelle, violon & bass, violon, ces trois grâces assurant également les chœurs. C’est doux et agréable. Ils rencontrent un franc succès de la part d’un public conquis par ces toulousains montés à la capitale.

Gibson en faillite


Le fabricant de guitares Gibson a déposé son bilan, mais avec un plan de continuation d’activité. Gageons que les créanciers de cette société consentiront à quelques sacrifices pour sauver cette marque mythique, utilisée par les plus grands !

Arcade Fire – 2018/04/28 – Paris Bercy


Concert enthousiasmant d’Arcade Fire à Bercy pour la présentation de leur dernier disque : Everything Now, le groupe a joué sur un ring de boxe installé au milieu de la fosse, surmonté de quatre écrans installés en carré. Traversant et retraversant la foule, les Arcade Fire ont joué plus de deux heures accueillant au hasard de la setlit quelques invités : trois danseuses haïtiennes, un musicien camerounais et sa mini flûte, un percussionniste et l’incroyable groupe de jazz qui fit la première partie, Preservation Hall Jazz Band. Tout ce petit monde se retrouva sur scène pour le rappel, quitta ensuite la salle en une longue procession pour se retrouver… boulevard de Bercy où la quinzaine de musiciens ont continué le show dans la rue devant des spectateurs éberlués.

Malgré le gigantisme de la salle due au statut désormais planétaire du groupe, l’expérience d’un concert des Arcade Fire reste toujours marquante et, au-delà des falbalas et des fioritures, leur musique est un chef d’œuvre d’enthousiasme et de bonheur.

Setlist : A Fifth of Beethoven (Walter Murphy song)/ Everything Now (Continued) (instrumental version with boxing intro)/ Everything Now (with Patrick Bebey)/ Rebellion (Lies)/ Here Comes the Night Time (with Patrick Bebey) (Haitian dancers on stage)/ Haïti (with Patrick Bebey) (Haitian dancers on stage)/ No Cars Go/ Electric Blue/ Put Your Money on Me/ Neon Bible/ My Body Is a Cage/ Neighborhood #1 (Tunnels)/ The Suburbs/ The Suburbs (Continued)/ Ready to Start (Damian Taylor Remix outro)/ Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)/ Reflektor/ Afterlife/ Creature Comfort/ Neighborhood #3 (Power Out) (with ‘I Give You Power’ snippet)
Encore : We Don’t Deserve Love/ The Coffee Cola Song (Francis Bebey cover) (with Patrick Bebey)/ Everything Now (Continued) (with Patrick Bebey) (with Preservation Hall Jazz Band)/ Wake Up (with Patrick Bebey) (with Preservation Hall Jazz… more )

Warmup : Preservation Hall Jazz Band

Holly Miranda – 2018/04/24 – Paris le Point Ephémère

Holly Miranda, compositrice-guitariste-chanteuse américaine passe au Point Ephémère ce soir. Il n’y a qu’une vingtaine de personnes dans la salle, c’est un peu triste pour elle. Elle joue avec un batteur et une saxophoniste, le matériel est un peu délabré, les musiciens ont sans doute le moral dans les chaussettes, « ce n’est pas un moment idéal » susurre Holly en accordant sa guitare, mais ils nous donnent un joli petit concert sans trop d’entrain.

La première partie est assurée par le groupe australien électro-jeune Leyya plutôt inspiré et allant.

Décès de Dolores O’Riordan


La chanteuse-guitariste-auteure-compositrice irlandaise Dolores O’Riordan, leader du groupe The Cranberries est décédée brutalement il y a quelques jours dans un hôtel londonien, a priori d’une overdose de Fentanyl, un analgésique opioïde qui a déjà tué Prince et Michael Jackson. Elle avait 46 ans.

Les Cranberries furent un groupe des années 1980/90, aux mélodies tristounettes menées par la voix un peu désespérée de Dolores qui a infusé son spleen dans sa musique. Mais cette musique était belle, un peu dans la veine de celle des Cure pour les adolescents neurasthéniques de la génération suivante. Le groupe s’est séparé, le temps d’une ou deux tournées solos de Dolores, avant de se reformer dans les années 2000, ce qui n’était pas indispensable.

Les quatre premiers disques des Cranberries restent dans nos cœurs. On ne sait pas bien si la mort de Dolores est volontaire ou non, elle va de toute façon nous manquer et personne ne pouvait lui souhaiter un sort pareil. Sa mélancolie lui avait déjà posé quelques sérieux soucis de santé, espérons qu’elle ne l’a pas achevée.

Lire aussi :

 

COSTELLO Elvis, ‘Musique Infidèle & Encre Sympathique’.

Sortie : 2015, Chez : Fayard.

L’autobiographie de l’un des rockers britanniques les plus prolixes des quarante dernières années. Fils et petit-fils de musiciens, Elvis Costello (Declan Patrick MacManus de son vrai nom) est d’origine irlandaise, bien sûr, et a surfé sur la vague post-punk pour mettre sa vie en musique et en folie. Il a su digérer un incroyable micmac d’influences musicales qui lui ont été insufflées presque génétiquement par les générations de musiciens qui l’ont précédé : jazz, blues, rock, country, classique, et bien d’autres.

Eveillé au rock par la rébellion punk il a tout de suite canalisé cette énergie en l’intellectualisant grâce à une facilité d’écriture de textes percutants et ciselés, et de composition d’une musique du même acabit. Accompagnés de groupes successifs (The Attractions, The Imposters…) il a sorti un nombre incalculable de disques, une productivité digne de Zappa, et il reste probablement des centaines de morceaux en réserve…

Ayant finalement connu un succès assez rapide avec The Attractions, il raconte dans ce livre cette vie trépidante de la fin des années 70′ à courir les scènes rock du monde et les studios d’enregistrement pour y graver ses idées musicales aussi prolifiques que désordonnées. Une époque pressée, excessive, peuplées de découvertes sans fin. Un temps finalement à l’unisson de sa musique faite de chansons courtes et sèches, au son rugueux juste adouci par le clavier du fidèle Steve Nieve (un jeu de mot avec Naive).

Et puis Elvis s’est progressivement assagi et il a duré. Multipliant les collaborations avec de nombreux artistes, dont certains qu’il n’aurait jamais espéré rencontrer un jour et encore moins pour composer avec eux ou pour eux (Hank Williams, Van Morisson, Roy Orbinson, Paul McCartney, Jerry Lee Lewis, Chet Baker…), il s’est ouvert à toute la musique, y compris classique. Reconnu comme un auteur-compositeur hors norme et une Péronne qui compte dans la culture musicale contemporaine.

Sa vie sentimentale fut aussi « diversifiée » que ses influences, il épousa notamment la bassiste des Pogues (dans le genre punk-trash) et file maintenant le parfait amour depuis dix ans avec Diana Krall, subtile et délicate pianiste-chanteuse de jazz…

Ses textes parlent des choses de la musique et de la vie dans un style dynamique à l’humour tout britannique. 800 pages dédiées au destin musical de la famille MacManus, pleines de tendresse à l’égard de ses ancêtres dont le souvenir parcourt ses chansons. Veronica, composée avec McCartney, sur la maladie d’Alzheimer de sa grand-mère :

« Will you wake from your dream, with a wolf at the door
Reaching out for Veronica? »

Et lorsque son père et complice en musique décède il note qu’il va lui falloir du temps « pour accepter l’idée d’écrire des chansons que je ne pourrais jamais jouer pour mon père. L’observer tandis qu’il écoutait un disque était pour moi quelque chose d’irremplaçable. Il est des chagrins que la musique ne peut soigner. »

Après Keith Richard, Bruce Springsteen, Joe Jackson, Neil Young… Elvis Costello a sorti son autobiographie. Même si nombre d’entre eux sont toujours actifs, les rockers de cette génération commencent à tirer leur révérence. C’est un bienfait qu’ils écrivent ce que fut leurs vies et dévoilent ce processus créatif si mystérieux.

« Il n’existe pas de musique supérieure. Pas de haut ni de bas. Ce qui est merveilleux, c’est qu’on n’est même pas tenu de choisir : on peut tout aimer. Ces chansons sont là pour nous aider quand on en a la plus besoin. On peut tomber sur l’une d’elles à tout moment, bienfait émergeant du bruit dans n’importe quel bouge en sous-sol ».

TOLHURST Lol, ‘Cured – Two Imaginary Boys’.

L’autobiographie de Lol Tolhurst, batteur historique du groupe de légende The Cure : c’est l’histoire d’une bande de potes, adolescents à Crawley, une banlieue populaire au sud de Londres dans l’Angleterre dépressive de la fin des années 70′. En pleine explosion punk et pour lutter contre la morosité ambiante et la grisaille britannique, ils se réunissent sous l’égide de Robert Smith pour créer le son d’une génération.

Tolhurst démarra comme batteur et poursuivit aux claviers. Sérieusement alcoolique il sera finalement viré du groupe (en 1989) qui poursuivit sa route avant des retrouvailles pour une tournée revival en 2011 après qu’il eut réglé son addiction (d’où le titre « Cured »).

Ces mémoires reviennent sur la créativité de Robert Smith qui prit rapidement l’ascendant artistique sur ce groupe de copains musiciens. On est fasciné de se remémorer le parcours de ces gamins qui ont écrit « Boys don’t cry » ou « 10:15 Saturday night » à 18 ans, les ont répétés dans la cave de leurs parents puis déployés sur les plus grandes scènes de la planète. Au hasard des dérives des uns et des autres ils ont su garder cohésion et amitié depuis 40 années, fidèles à leur musique et à leur destin.

Après la violence révolutionnaire du mouvement punk, ils ont mené avec constance et brio ce qui a été alors appelé la cold wave, marquée par un penchant un peu tristoune accentué encore par la voix torturée et les textes de Robert Smith. Mais ce fut une mélancolie salvatrice pour nombre d’adolescents de l’époque et, aujourd’hui encore, The Cure continue à sortir des disque et tourner pour ces anciens teenagers qui continuent à vénérer ce groupe.

Lol Tolhurst n’est plus que rarement de la partie mais son livre se termine par sa victoire dans son combat contre l’alcoolisme et sa réconciliation avec le reste de la bande. Installé à Los Angeles avec sa femme et son fils il a retrouvé une vie apaisée qui lui a permis de revenir à la musique avec un groupe fondé avec son épouse. Une belle histoire de musique et de rédemption.

London Grammar – 2017/12/03 – Paris le Zénith


Deuxième disque, deuxième tournée de ce groupe britannique à la pop glacée et un peu lisse. La musique est portée par la voix puissante d’Hannah Reid et les compositions de ses deux acolytes. Le light-show est plutôt original, surréel, intergalactique, un peu « ET arrivant sur la planète-terre », il se coule bien dans cette musique mystérieuse créée par ces artistes si jeunes !

The Stranglers – 2017/11/25 – Paris la Cigale

Les Stranglers se promènent en France pour une dizaine de dates histoire de réjouir leurs fans. Rien de bien neuf sinon le plaisir de jouer pour des sexagénaires dont la discographie du groupe compose la bande-son des 40 dernières années. La même hargne, le même brio et toujours la même noirceur teintée désormais d’autodérision ; eh oui, les Stranglers rigolent sur scène maintenant et dialoguent avec leurs fans britanniques et français toujours fidèles aux rendez-vous parisiens de ce groupe qui fait maintenant partie de la famille.

BRMC – 2017/11/21 – Paris l’Elysée Montmartre

Un nouvel album des Black Rebel Motorcycle Club est annoncé pour le prochain mois de janvier et le groupe est déjà sur la route, ce soir dans un Elysée Montmartre rénové après l’incendie qui l‘a ravagé. Beau concert de ce trio blues-rock dont la batteuse Leah semble s’être remise de sa maladie qui avait été annoncée sur le site web du groupe. Un son bien gras, des réverbérations à n’en plus finir, des éclairages venant du fond de la scène et des fumées noyant l’atmosphère dans un flou qui sied à cette musique primale qui prend aux tripes.

Voir : Les Photos de Roberto

Kasabian – 2017/11/11 – Paris le Zénith


Réjouissant concert de Kasabian ce soir à Paris : un rock plein d’enthousiasme et de jeunesse de ce groupe britannique maintenant sur les routes depuis la fin des années 90’. Habillés tous en blanc, les sept gaillards s’en donnent à cœur joie et leur joie est plutôt du genre communicative : l’assistance danse et pogotte sur les rythmes très chauds, les verres de bière volent, le Zénith tressaute d’un seul homme, la température devient tropicale… Une musique et une inspiration toute britanniques !

Angus & Julia Stone – 2017/11/01 – Paris le Zénith

Très beau et si doux concert d’Angus & Julia Stone ce soir à Paris. Les australiens déroulent toujours leur musique folk qui sent bon le feu de camp et qui se sophistique les années passant. Leur dernier disque Snow est dans les bacs depuis quelques semaines, ils le jouent ce soir derrière un totem et de langoureuses images de soleil couchant, d’océan bleu ou de forêts sans fin. Il est de bonne facture, avec des voix plus dynamiques, souvent ajoutées en chœur sur celles de Julia et d’Angus toujours un peu langoureuses. Sur scène l’ensemble des musiciens accompagnent vocalement la fratrie lorsqu’elle joue les morceaux récents.

Tous les deux sont toujours aussi touchants et délicats ; déclinant leur musique un peu mélancolique devant un public conquis. En écho à la chanson Baudelaire qui ouvre le show, Julia récite en français, de sa petite voix, Ennivrez-vous du poète :

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps,

enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

Elle rencontre un franc succès!

Warmpup : Isaac Gracie

Setlist : Baudelaire/ Make It Out Alive/ Cellar Door/ Heart Beats Slow/ Chateau/ Wherever You Are/ Bloodhound/ Private Lawns/ Who Do You Think You Are/ Yellow Brick Road/ Enivrez-vous (poème “Enivrez-vous »)/ Nothing Else/ Big Jet Plane/ For You/ My House Your House/ Snow

Encore : Grizzly Bear/ Harvest Moon (Neil Young cover)/ A Heartbreak

« Maria by Callas » à la Seine Musicale

La Seine Musicale, nouvelle espace culturel tourné vers la musique, installé sur l’Ile Seguin à l’emplacement des anciennes usines automobiles Renault, présente sa très belle exposition inaugurale : Maria by Callas. A l’aide d’un casque audio, les visiteurs circulent dans la vie et l’œuvre de la diva retracée par des photos, des textes, des vidéos et bien sûr des extraits musicaux.

Brillante et touchante, La Callas se révèle une véritable étoile du XXème siècle sur toutes les scènes de monde, chantant les plus beaux opéras du répertoire classique. Une vie entière dédiée à la musique comme une mission divine :

Chanter, pour moi, n’est pas seulement un acte d’orgueil, mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie.

Une vie de travail intense depuis l’enfance où sa mère avait décidé qu’elle serait cantatrice, une voix inoubliable qui a submergé d’émotion les plus insensibles ; elle se sait investie d’un devoir de servir le génie créateur de tous ces compositeurs qu’elle a magnifiés. Mais aussi l’existence tellement humaine de cette femme grecque née à New York, ballotée d’une mère exigeante à une vie sentimentale pas toujours apaisée. Au hasard d’interviews télévisées elle parle de la musique, beaucoup, et d’elle, un peu :

…après tout, qu’est-ce qu’une légende ? C’est le public qui fait ce que je suis. Qu’est-ce qu’une légende ? Je me trouve très humaine.

Chaque spectacle est un défi qu’elle se lance ; pour être à la hauteur des attentes de son public et de son talent elle s’en remet à son travail et… à Dieu :

Quand je chante, même si je parais tranquille, je me tourmente de la peur insoutenable de ne pas réussir à donner le meilleur de moi-même. Notre voix est un instrument mystérieux qui nous réserve souvent de tristes surprises, et il ne nous reste qu’à nous confier au Seigneur avant chaque spectacle, et lui dire humblement « nous sommes entre vos mains ».

Il faudrait des heures pour épuiser tous les extraits musicaux mis à disposition des visiteurs pérégrins : Mme. Butterfly, La Norma, La Tosca…, découvrir les différentes étapes de sa carrière, ses départs et ses retours, ses tournées d’adieu, ses master-classes puis son exil, ultime, avenue Georges-Mandel à Paris où elle décèdera prématurément à 53 ans.

Une très intéressante exposition sur le talent et la personnalité de cette artiste si émouvante !

St. Vincent – 2017/12/24 – Paris le Trianon

Incroyable concert de St. Vincent au Trianon ce soir : artiste américaine, guitariste habile, chanteuse habitée, auteure-compositrice inspirée. Elle chante et joue seule ce soir, sur des bandes électro et devant une mise en scène originale, contemporaine, pleine de couleurs acidulées. La première partie est constituée de la projection d’un film réalisé par Annie Clark de son vrai nom, Birthday Party, une histoire burlesque et tragique. Le concert est une suite de pièces musicales tranchantes, aux accents répétitifs et aux mélodies robotiques. Quelle imagination, quelle créativité !

Les photos de Roberto