La politique en Russie

Un ex-ministre russe, opposant au pouvoir actuel est assassiné à Moscou sous les fenêtres du Kremlin. La politique est violente dans ce pays, la vie est violente chez les slaves, c’est ainsi et les assassinats politiques ont émaillé son Histoire. Ce ne sera pas le dernier dans un pays qui a laissé tomber la dictature communiste mais pas complétement adopté les règles de la démocratie occidentale. Nous ne sommes d’ailleurs pas à l’Ouest, mais… à l’Est où il n’est pas dit que ces règles soient véritablement bienvenues. On y élit quand même un président de la République qui, en l’occurrence,  s’est fait  élire sur le programme essentiel de rétablir une Russie forte. Les moyens utilisés semblent moins importants pour le peuple et son élu que l’objectif.

La France donneuse de leçons oublie d’ailleurs que les assassinats politiques inexpliqués ont également émaillé son histoire récente : Yann Piat, députée assassinée en 1994, Robert Boulin, Joseph Fontanet, ancien ministre assassiné en 1980, ministre officiellement suicidé mais plus probablement assassiné en 1979, Jean de Broglie ancien ministre assassiné en 1876, sans parler de Pierre Bérégovoy, ancien premier ministre, suicidé en 1993 probablement en partie du fait du harcèlement de campagnes de presse pour un prêt personnel reçu d’un affairiste.

Le problème de fond de ce type de régime, le seul sans doute susceptible d’entraîner la colère populaire, réside dans la spoliation des biens publics par une bande de forbans, les « oligarques » qui ont mis la main sur une bonne partie de l’économie à l’occasion de sa privatisation pots-chute du Mur, qui a plus relevé du hold-up en bande organisée que d’une véritable mise sur le marchés des entreprises publiques.

La démocratie est un tout et c’est aussi parce que l’on assassine moins les opposants que l’on a plus de scrupules à voler le pays. L’état de droit s’applique, en principe, à un comportement général, en politique comme en économie. Lorsqu’on se croit autorisé à flinguer de l’opposant on pense aussi souvent que les biens publics sont à la disposition du plus fort…

Young Neil, ‘Une autobiographie’.

Sortie : 2012, Chez : Points P3111. L’itinéraire d’un hippie canadien de génie : à presque 70 ans, Neil Young se décide à raconter sa vie. Musicien hors pair de sa génération, poète subtil de notre monde, il a bercé tant d’autres existences de ses mélodies et de ses mots ! Sa vie a été celle de la génération Woodstock avec un talent inégalé. Il a participé à de multiples projets musicaux depuis ses débuts, est resté fidèle à son groupe de base le Crazy Horse, a bricolé le son sa vie durant, traversé l’arrivée du numérique, composé des chefs d’œuvres, compromis ce qu’il fallait avec l’industrie, vécu l’utopie hippie sur la cote californienne et… rendu heureux des millions de fans.
On apprend aussi sa passion pour les vieilles voitures américaines qu’il veut transformer en véhicules électriques, son projet de révolutionner la qualité sonore des baladeurs, les épreuves de sa vie avec deux enfants handicapés.
Bien sûr il est question de beucoup de morts et de regrets dans ce livre. Des musiciens fauchés par la drogue à une époque elle était considérée comme favorisant la création, et puis des artistes atteints par la limite d’âge qui n’a pas encore frappé Neil, compositeur et guitariste de légende, déplaçant encore les foules comme à Paris en 2013 avec Crazy Horse.
Le journal d’un homme attachant.

Dupont-Monod Clara, ‘Le roi disait que j’étais diable’.

Sortie : 2014, Chez : Grasset. Les années du XIIème siècle durant lesquelles Aliénor d’Aquitaine fut mariée avec Louis VII, réunissant ainsi le duché d’Aquitaine et le royaume des Francs. Alors que le roi est pieux et introverti, elle est froide et ambitieuse. Le roman donne la parole à l’un et à l’autre pour narrer les mêmes évènements, du mariage à la croisade, de la répression de Vitry à la promotion de l’art à la cour. Un petit roman vif qui remet en mémoire l’Histoire de cette époque, finalement éternellement identique lorsqu’il s’agit de Pouvoir.