Encore des reculs

Le projet de plan de rigueur, pardon de plan anti-déficit, prévoyait le rétablissement au taux normal de TVA de 19,6% sur les entrées dans les parcs d’attraction qui bénéficiait du taux réduit de 5% : un billet d’entrée au parc Astérix, actuellement en promotion jusqu’au 16 septembre à 30,00 EUR, passerait à 34,17 EUR après rétablissement du taux standard de TVA. Ce projet déclenche une levée de boucliers de divers lobbies franchouillards et la commission concernée de l’assemblée nationale vient de voter contre à l’unanimité, gauche et droite confondues. Après la France de la bagnole qui a fait reculer le gouvernement sur la suppression des panneaux indicateurs de radars routiers, après la France de possesseurs d’œuvres d’art qui a fait reculer ce même gouvernement sur l’inclusion de ces œuvres dans la base taxable de l’impôt de solidarité sur la fortune, c’est la France des parcs de loisirs qui s’agite et suggère d’aller prendre de la TVA dans la poche des voisins plutôt que les siennes. On verra la décision finale du parlement mais on n’est pas sorti de l’auberge et on peut se demander si lobbies et citoyens ont bien mesuré l’étendue du sinistre financier dans lequel se trouve notre République !

Le rapport sexuel « précipité » de DSK à la une

Martine Aubry explique au sujet de DSK sur un plateau de télévision mondaine « Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l’attitude de Dominique Strauss-Kahn vis-à-vis des femmes. »

On peut la comprendre quand on lit la lettre du procureur de l’Etat de New-York demandant le renoncement au procès dans l’affaire DSK publiée sur le site web du tribunal de l’Etat de New-York. Elle fait 25 pages. Elle confirme le rapport sexuel précipité (hurried) mais admet que le viol ne peut être prouvé, précisant enfin que la plaignante n’est pas crédible après avoir avancé trois versions successives de l’incident.

La lettre donne tous les détails (glauques) expliquant la relation sexuelle qui n’est contestée par personne, avec distance mesurée entre les tâches de sperme et le lieu supposé de la relation, les tâches similaires sur l’uniforme de la femme de ménage, le nombre et la couleur des panties de la victime supposée, etc. etc.

Une tentative de timing du déroulement de la relation sexuelle précipitée est également menée. Entre l’entrée de la femme de chambre dans la suite à 12h06 et le coup de fil de DSK à sa fille il s’est écoulé entre 7 et 9 minutes, délai pendant lequel le DSK aurait emporté le consentement et opéré la relation sexuelle précipitée le menant à l’éjaculation. On peut en déduire que les préliminaires ont été plutôt expédiés et que l’ex-patron du FMI est du genre rapide. De Chirac ont disait de ses conquêtes : « cinq minutes douche comprise. » Bon DSK n’a pas pris de douche puisqu’il en sortait et que la police scientifique a pu faire ces différents prélèvements sur son corps d’athlète. Sans doute les politicards sont-ils des hommes pressés.

Mais comment ne pas abonder dans le sens de la remarque de Titine ? Comme nous nous souvenons également du dérapage sexuel lui aussi reconnu dans le cadre de ses fonctions au FMI, resterait-il encore beaucoup de femmes capables de voter pour DSK ?

Festival Rock en Seine – 2011/08/26>28 – Paris Parc de Saint-Cloud

Vendredi 26 août 2011

Rock en Seine 2011 aligne une quatrième scène baptisée « pression live » et sponsorisée par Kronenbourg… Elle prend la place du camping repoussé plus loin.

Les brésiliennes de CSS ouvrent le bal, ou presque vendredi après-midi sur la grande scène. Après les embrouilles de l’ancienne bassiste avec le producteur, il y a maintenant deux hommes dans ce groupe de filles. Lovefoxxx la chanteuse anime la bande comme à son habitude. Elle arrive habillée en toréador puis effeuille progressivement sa tenue pour terminer en short et bas résille déchirées sur T-shirt siglé « Trash ». La musique est agitée et joyeuse, dance et électro, des ballons de rouge sont posés sur les amplis et tout ce petit monde joue un rock en couleur.

The Kills prennent la suite, à la hauteur de leur réputation : terrifiants et larsenés. Jamie en veste printanière bleue pâle et large cravate noire relâchée, Alison toute de noire vêtue, féline et troublante. Le duo est redoutable, branché sur une boîte à rythmes et le jeu de guitare si particulier, sans médiator, de Jamie. Les rythmes sont haletants sous le déluge sonique, la guitare est à la fois basique et sophistiquée, Alison humanise l’électricité brute et elle n’est pas pour rien dans cette musique obsédante. Elle parcourt la scène de long en large avec son T-shirt « Evil », se cache derrière sa masse de cheveux noirs et se harnache de temps en temps d’une guitare noire et blanche au fil blanc qui s’enroule délicieusement autour de ses longues jambes noires. Ses ongles manucurés rouges à gauche et bleus à droite agrippent le micro comme si sa vie en dépendait. Et puis au milieu du fracas elle cajole la foule avec une touchante interprétation de The Last Goodbye comme quoi la tigresse peut rentrer ses griffes :

It’s the last goodbye I swear/ I can’t survive/ On a half hearted love/ That will never be whole.

Jamaica : un trio français joyeux et enlevé, sur la scène Kronenbourg. Ils sont en fin de tournée : un bassiste la barbe en bataille, c’est aujourd’hui son anniversaire qui lui sera fêté par l’assistance, un guitariste chanteur, bon et sympa, et un batteur. Bref, une bande de potes qui jouent et qui dansent, qui s’amusent et nous font insensiblement taper du pied en rythme sur des mélodies bien foutues.

Pendant ce temps les Foo Fighters s’installent sur la grande scène mais le festivalier décide de démarrer en douceur et rentre ce coucher.

Samedi 27 août 2011

On craignait un peu pour les Blonde Redhead que le manque d’intimité de la grande scène nuise au caractère mystérieux et troublant de leur musique. Il n’en fut rien, même en plein jour, même sous l’orage menaçant, même au cœur de la bourrasque, Kazu en mini-jupette blanche nous a enchantés ! Sa voix brumeuse si bien portée par la guitare stridente d’Amadeo se répand sur le parc de Saint-Cloud déclenchant une mélancolique tendresse chez les spectateurs. Cette musique vient de l’âme et touche au cœur.

Un petit passage chez les BB Brunes sur la scène de la Cascade : ils ont grandi, ils s’amusent bien et déclenchent les hourvaris des lycéennes. Ils sont le Clash de la génération banlieue chic & Facebook. Hommage aux anciens tout de même, et ils reprennent Gaby de Bashung sur un rythme crypto-punk.

Cocorosie, deux américaines originales et délurées, fantasques et créatives, habillées comme des femmes de cavernes, entourées d’un piano à queue et d’instruments improbables ; une performance étonnante et curieuse.

Austra : blondeur, grand espaces et intuitions électroniques. Le Canada pop visite Saint-Cloud.

Keren Ann, pure et rock, tendre et accrocheuse, en short et collant noir, elle a abandonné sa coupe Mireille Mathieu affichée sur son dernier disque pour des cheveux longs, laissé de coté les trompettes évanescentes de sa dernière tournée et s’est harnachée d’une Gibson noire, elle joue avec un guitariste desperado. Ils parlent un rock policé et sympathique. Hommage aux anciens tout de même, et elle reprend Je Fume Pour Oublier que tu Bois de Bashung avec une grande sensibilité.

Artic Monkeys pour le final de ce samedi, du rock propret et enlevé, gueules d’anges en Perfecto, boots, banane rockabily et T-shirt blancs, ça joue fort, vite et bien, guitares + guitares + voix de crooner. C’est puissant, frénétique et explosif, simple et sans répit ! Ce sont les Artic Monkeys, une bande de gamins qui du haut de leurs 25 printemps en remontrent à plus d’un.

Setlist : Library Pictures/ Brianstorm/ This House Is A Circus/ Still Take You Home/ Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair/ Pretty Visitors/ She’s Thunderstorms/ Teddy Picker/ Crying Lightning/ Brick by Brick (Johnny B Goode’s Chuck Berry)/ The Hellcat Spangled Shalalala/ The View From The Afternoon/ I Bet You Look Good On The Dancefloor/ All My Own Stunts/ If You Were There, Beware/ Do Me A Favour/ When The Sun Goes Down
Encore: Suck It and See/ Fluorescent Adolescent/ 505

Dimanche 28 août 2011

Lilly Wood & The Pricks sont de retour à Rock en Seine après leurs passages en début d’année dans les salles parisiennes, dont l’Olympia. Lilly est habillée en vestale romaine et nous régale toujours de sa voix profonde et malicieuse. Ils jouent en plein jour un set enlevé et de bon goût : pas de temps mort mais des ritournelles entraînantes et de la joie de vivre. Lilly encore un peu maladroite et n’en revenant toujours pas du succès du groupe. Lilly et Ben : il va falloir réussir le deuxième album !

Cherri Bomb : quatre rockeuses hargneuses aux chevelures multicolores de Los Angeles. Quatre bombasses délurées qui jouent un hard-rock aussi chaud que le désert de Death Valley, aussi bruyant et urbain que les pistes de LAX un jour de grande affluence supersonique.

Anna Calvi : la révélation de l’année nous refait en légèrement raccourci le show du Trianon d’avril dernier, prodiguant la même voix puissante et une incroyable subtilité dans le jeu de guitare, entre violence dantesque sur l’irréparable solo de Love Won’t Be Leaving et douceur féline lorsqu’elle frôle les cordes pour accompagner les mesures où sa voix redevient enfantine. Le rouge est la couleur de ses lèvres, la parure de son chemisier, la teinte métaphorique de son toucher de guitare lorsque dévalent ses torrents de laves en fusion dans nos cerveaux brûlants, la chaleur intense d’une voix lyrique capable de toutes les virtuosités.

Anna Calvi : LA découverte de ces derniers mois n’a fait que confirmer ce soir son incroyable talent.

Deftones : les Deftones restent égaux à eux-mêmes, une bande de cow-boy hardeux, bondissants et puissants. C’est la grande cavalcade de l’électricité, des hurlements du chanteur et des stridences des guitares fluo d’un guitariste barbu-chevelu-massif. C’est bien aussi lorsque cela s’arrête.

Archive nous a rejoué le show Controlling Crowds avec son orchestre symphonique en arrière plan. Cette formation classique déjà vue cette année au Grand Rex avec un résultat mitigé est finalement bien passée en plein air malgré les inquiétudes. Rosko le rappeur qui avait été laissé au vestiaire en avril était cette fois-ci de la partie et ses incantations scandées dans la froideur du parc ont soulevé l’assistance, Maria, Dave et Pollard se sont passés les rôles sur les chants. Les tubes du groupe ont été joués avec enthousiasme, les musiciens classiques quand ils n’étaient pas à l’œuvre sur leurs cordes ou leurs cuivres se croyaient sur une piste de danse, le volume du son porté par la parfaite puissance de la sono poussait les nuages et enveloppait nos âmes. Pills, King of Speed, Bullets…ont déchaînés des visions de grands espaces et d’abymes infinis. Again pour le final fut un véritable sanglot, étiré, désespéré et violent qui a ébouriffé le parc et laissé les festivaliers ébahis, repus et obsédés par cette musique majestueuse.

Setlist : 1. Controlling Crowds/ 2. Fuck U/ 3. You Make Me Feel/ 4. Sane/ 5. Finding It So Hard/ 6. Bastardised Ink/ 7. The Empty Bottle/ 8. System/ 9. Kings Of Speed/ 10. Lines/ 11. Pills/ 12. Bullets/ 13. Dangervisit/ 14. Again

Sémantique et politique (suite)

On passe aujourd’hui de l’acte inapproprié à l’erreur passagère de jugement dans la bouche des avocats de DSK pour qualifier le-petit-coup-tiré-vite-fait-avec-une-soubrette-avant-d’aller-déjeuner-avec-sa-fille.

Sémantique et politique

Le gouvernement français se résout à annoncer un ersatz de début du commencement de plan de rigueur. D’ailleurs on ne dit pas un plan de rigueur mais un plan anti-déficit ; comme on ne dit pas un petit-coup-tiré-vite-fait-avec-une-soubrette-avant-d’aller-déjeuner-avec-sa-fille mais une erreur passagère de jugement.

C’est aussitôt le bal des pleureuses et le défilé des faux-jetons qui se lamentent sur l’augmentation des taxes sur les boissons sucrées qui va pénaliser les populations défavorisées. L’industrie des boissons gazeuses est sur les dents.

DSK inapproprié

DSK reprend son souffle à New-York : les poursuites pénales pour tentative de viol sont abandonnées contre DSK aux Etats-Unis ! La justice américaine constate qu’il y a eu rapport sexuel précipité entre DSK et une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais, mais ne peut prouver que cet acte fut forcé. Un des avocats de l’impétrant admet un comportement inapproprié mais qui n’est pas criminel. On refait le coup de l’acte inapproprié rendu célèbre par l’inoubliable fellation au président américain dans le bureau ovale de la maison blanche ainsi que la légendaire utilisation libidineuse d’un cigare oblongue avec une stagiaire.

Le crime ne peut être prouvé mais l’acte est reconnu : un homme politique français, patron en titre du fonds monétaire international, candidat putatif à la présidence de la République hexagonale, a, au minimum, tiré un petit coup vite fait (précipité) avec une soubrette avant d’aller déjeuner avec sa fille et de tenter de rejoindre sa femme à Paris. Ce n’est pas bien.

Gageons que les électeurs auront à l’avenir un comportement approprié et éviteront de voter pour un malotru. Nous lirons sous peu les 40 pages du rapport du procureur américain pour connaître tous les détails de cette décision de justice.

Jean-Noël Guérini : un élu qui promet !

Jean-Noël Guérini, souvenez-vous de ce nom, il fait et fera parler de lui. Natif de Corse, élu de Marseille où il cumule quelques postes de la République, des responsabilités au Parti socialiste des Bouches du Rhône, un blog pompeux et auto-satisfait (www.jn-guerini.fr), des comptes Twitter et Facebook, des casseroles judiciaires, des soupçons d’élections truquées dans sa fédération PS, un accent qui sent la sardine, un nom qui fleure le scandale, une tête… de maire de Marseille. Guérini : à suivre, un avenir prometteur !

La répression du clan Assad

Le président Syrien reçu à l’Elysée en décembre 2010

Le rejeton Assad de Syrie continue à réprimer avec toute la subtilité qu’on lui connaît : cette fois-ci il envoie la marine de guerre canonner la ville côtière de Lattaquié déjà cernée depuis la terre par ses blindés.

« L’exubérance irrationnelle » de Messieurs les marchés

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont vus à Paris et ont annoncé de vagues engagements d’une règle à faire adopter par tous les pays membres de l’Union européenne prohibant les déficits excessifs et prévoyant une future proposition de taxe sur les transactions financières. Comme d’habitudes Messieurs les Marchés interprètent toutes ces annonces en défaveur de ceux qui les avancent.

  • La « règle d’or » sur les déficits serait trop vague et ne sera jamais mises en œuvre,
  • La taxe sur les transactions financières serait trop précise et nuirait aux intérêts des marchés

Dans un cas comme dans l’autre la politique européenne a tort et la panique boursière continue. Il faudrait savoir, les deux mesures étant d’effet contraire elles ne peuvent être toutes les deux bonnes ou mauvaises en même temps, il y en a forcément une favorable et l’autre défavorable et vice versa selon le coté où l’on se place.

Le plus drôle, imaginons un instant que nos Etats mal gérés arrivent soudain à équilibrer leurs budgets et voient leurs besoins de financement, Messieurs les Marchés sont encore capables de se plaindre car ils ne trouveront plus emploi pour leurs ressources. On ne risque pas de se trouver rapidement dans une telle situation mais on ne sait jamais, elle pourrait arriver un jour ! Ce serait intéressant.

Dette et dîners en ville

La presse glose sur les eurobonds qui seraient la panacée pour sauver l’Europe. En fait, il s’agit juste d’un outil supplémentaire pour refiler le mistigri à quelqu’un d’autre et continuer à pouvoir dépenser tranquillement. L’Europe en tant que telle n’étant pas endettée, nos politiciens y voient donc un véhicule idéal que l’on peut… endetter à son tour. Si on allait dans cette direction, cela donnerait une bouffée d’oxygène aux Etats mal gérés qui pourraient ainsi retarder les incontournables décisions à prendre c’est-à-dire l’équilibre des recettes et des dépenses, car eurobonds ou pas, il faudra bien un jour que nos Etats et nous, citoyens de ces Etats déliquescents, acceptions le principe que nous devons sur la durée dépenser moins que nous ne gagnions, ne pas vivre au-dessus de ses moyens.

Dans les dîners en ville ces mêmes citoyens font souvent preuve d’une coupable indulgence envers nos comportements collectifs irresponsables et la mauvaise gestion de nos finances publiques. Alors que chaque ménage s’applique généralement à lui-même, sauf exception, la règle de gestion ne pas vivre au-dessus de ses moyens, il a du mal à étendre ce principe aux finances publiques qui relèvent pourtant globalement des mêmes principes et contraintes : quand il y a des sous dans la caisse, on peut les dépenser, quand il y en a plus, il faut réduire ses dépenses et/ou augmenter ses recettes, l’endettement pouvant compenser provisoirement un déficit, mais seulement provisoirement car il a ses limites : la confiance du prêteur.

Les eurobonds c’est un peu comme les subprimes de 2008 : on fait un sandwich avec de la bonne dette (pays du nord) et de la mauvaise (pays du sud), et on espère que le consommateur-prêteur mordra à pleines dents sans s’apercevoir de la supercherie. Le problème c’est qu’on l’a déjà grugé en 2008 en lui tartinant une couche de subprimes au milieu de deux couches de bon crédit, et il s’y est endommagé les molaires. Dieu merci pour sa dentition carnivore le contribuable mondial est venu tempérer ses douleurs mais il lui reste encore un petit élancement dans les gencives alors il n’est pas évident qu’il morde à l’appât des eurobonds sans un engagement des contribuables qui lui épargne à l’avance toute rage de dents si le produit s’avérait toxique…

Comme disait un oracle en 2008 : « on ne résout pas un problème de dette en s’endettant. »

Les Etats cherchent à contrôler la spéculation

Eh bien voilà, après avoir vilipendé l’Allemagne qui fit de même il y a quelques mois, certains pays européens dont la France, interdisent les ventes à découvert de certains titres. Il suffisait de le faire. Certes la décision est limitée dans le temps (15 jours) et sur le nombre de titres concernés, mais elle va dans le bon sens. La vente à découvert est le principal outil de spéculation à la baisse. Il est utilisé marginalement par certaines industries pour couvrir des positions réelles mais il est majoritairement le joujou des traders-surpayés.

Voyons donc le bilan de cette décision dans quinze jours et s’il y a lieu de l’étendre. Jusqu’ici elle va dans le bon sens.

Commérage et incompétence

L’affaire Société Générale illustre plus que tout autre une remarquable chaîne d’incompétence et de voyeurisme de la presse et des marchés financiers ! Le Daily Mail, torchon britannique, sort une info sur cette banque qui serait « au bord du désastre ». L’information est bien entendu reprise par d’autres journaux sans vérification. Trois jours plus tard et bien que déjà démentie, des traders surpayés la prenne pour argent comptant, ne vérifie rien et surtout pas les chiffres publiés par cette banque, ils n’ont pas le temps et de toute façon ne les comprennent pas, ils vendent le titre qui perd jusqu’à 20% lors de la séance de mercredi dernier pour finir à -14,9%. Les titres des autres banques baissent également significativement, on ne sait jamais des fois que l’information non vérifiée de la Société Générale les concerne aussi…

Une journaliste de Reuters publie un tweet personnel expliquant que cette rumeur serait due à une mauvaise lecture de la fiction de l’été publiée par Le Monde narrant la faillite de l’euro. La presse française adore cette nouvelle information et la fait tourner en boucle, sans plus vérifier ni auprès de ladite journaliste ni auprès du Daily Mail. Libération, Le Figaro l’AFP et d’autres en font leurs gorges chaudes.

Devant l’ampleur du sinistre boursier, les journalistes se souviennent qu’ils ont une carte de presse, que certains sont allés à l’école de journalisme, et commencent à faire le métier pour lequel ils sont payés. Les rumeurs et autres tweets se révèlent infondés. Messieurs les Marchés comprennent qu’ils auraient mieux fait d’analyser la situation plutôt que de lire la presse de caniveau outre-manche avant de se lancer dans de folles et déraisonnées transactions, ils rachètent de la Société Générale, le titre remonte doucement.

En résumé, des journalistes se sont transformés en concierges, des opérateurs de marché en vendeurs d’aspirateurs ; tous les ingrédients du psychodrame étaient sur la table et ce qui devait arriver arriva ! Maintenant les uns s’excusent, les autres enquêtent, d’autres se plaignent, chacun est retourné penaud dans son bureau faire le dos rond devant ses écrans.

Tout ça n’est pas très grave et aurait pu être vrai. La Société Générale s’en remettra, son titre regagnera ce qu’il a perdu, et s’il y a des actionnaires qui ont perdu en vendant dans la panique, d’autres ont gagné en achetant à ce moment. Mais on a atteint le niveau d’un concours de billes en maternelle 1ère année, et encore. Le plus déprimant est que tous ces beaux esprits sont payés pour être intelligents et qu’une nouvelle fois les faits démontrent qu’ils agissent comme un troupeau de moutons décérébrés !

“Business as usual” en Syrie

Et pendant ce temps on continue à réprimer gratis en Syrie. Il semble la politique du clan au pouvoir commence à énerver, même ses plus fidèles soutiens. Différents pays arabes diffusent des communiqués s’émouvant des pratiques en cours du régime de Damas. La minorité alaouite (proche du chiisme) et plus particulièrement la famille El Assad sont allés assez loin, peut-être au-delà du point de non-retour, bien à l’abri derrière la position clé de leur pays au Proche-Orient qui bloquera toute intervention militaire des armées occidentales déjà bien suffisamment engluées sur différents fronts et déficits budgétaires.

Quelques réprimandes orales de ses pays frères ne dissuadent pas vraiment les chars de l’armée syrienne de poursuivre le rétablissement de l’ordre à leur manière. Si malgré tout les manifestants arrivaient, seuls, à faire plier le pouvoir, il est probable que pas grand monde ne pleurerait la famille Assad qui a trempé dans la majorité des opérations terroristes mondiales de la deuxième moitié du XXème siècle. Il est aussi à craindre que le président, ses frangins, ses cousins et ses copains ne passent un mauvais quart d’heure s’ils ont un jour des comptes à rendre à la justice populaire de leur pays qui risque d’être d’un genre plutôt expéditif à leur encontre. Le clan Assad étant du genre avisé, il a sans doute déjà du préparer ses arrières et un exil doré quelque part si jamais les choses tournaient vraiment mal. Il suffira juste de fuir à temps. A cet égard l’ex-président tunisien fut un excellent modèle à suivre qui a mis la poudre d’escampette juste au moment où il était lâché par ses soutiens militaires internes et par Michèle Alliot-Marie. Il a sans doute évité ainsi des décennies de geôles.

Le monde, ancien et nouveau, attend de voir de quel coté va tourner le vent pour orienter la girouette. C’est prudent. L’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil envoient une délégation à Damas pour tenter d’adoucir le patron qui rappelle son « …engagement envers le processus de réforme, dont l’objectif est d’ouvrir la voie à une démocratie multipartite… » et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

Les pays émergents, voire émergés, se drapent toujours derrière le voile de la non ingérence dans la politique intérieure d’un pays tiers pour, globalement, ne pas réagir outrageusement. Ils n’ont pas aimé que des années durant les pays développés donneurs de leçon les escagassent avec des cours de démocratie et de gestion, ils essayent, pour le moment, de ne pas en faire autant, et surtout de ne pas mêler leurs voix à la cohorte des pleureuses occidentales.

Puissances déclinantes et puissances montantes vont bien arriver un jour à se retrouver sur le terrain d’une conception à peu près partagée de la gouvernance d’un Etat et la façon de traiter ses citoyens. Soyons optimistes, il y a plutôt convergence sur ces sujets depuis la chute de l’Union soviétique. Et d’ailleurs si les Chine, Brésil et autre pays de cet acabit veulent véritablement devenir des puissances mondiales il faudra bien qu’elles se résolvent un jour à exporter leur puissance, à participer à des opérations armées, onusiennes ou pas, bref, à prendre position. Le pouvoir en notre bas monde n’est malheureusement pas qu’une question de balance commerciale excédentaire.

Rumeurs et hystérie

Il apparaît aujourd’hui que la baisse substantielle des valeurs bancaires hier à la bourse de Paris était due à une rumeur publiée par le journal de caniveau Daily Mail, annonçant que la Société Générale était au bord du désastre.

Eh oui, les soi-disant analystes financiers basent leurs recommandations sur des bruits de chiottes venus d’on ne sait où. Il n’y a évidemment pas de vérification de l’information, pas d’étude des chiffres, encore moins de compréhension des risques, c’est juste de degré 0 de l’analyse ce qui pour des analystes financiers est un comble. Bientôt nous apprendrons que le rédacteur en chef de Détective est en lice pour le prix Nobel d’économie.

Il ne faut pas se gêner…

La Libye et l’Iran ne se privent pas du plaisir de s’émouvoir des émeutes au Royaume-Uni, condamnant « le comportement sauvage de la police britannique. » Le président iranien précise que « si un centième de ces crimes avaient été commis dans un pays hostile à l’Occident, les Nations unies et les organisations qui prétendent défendre les droits de l’homme auraient vociféré. »

C’est de bonne guerre, si l’on ose dire.

Panique et hystérie, les deux mamelles qui abreuvent les marchés

Les médias adorent édifier Madame Michu avec des mots savants pour tenter de lui faire comprendre comment sa petite épargne va être ou non préservée de la crise financière.

On parle ces jours-ci de nervosité ou de volatilité des marchés. Il faut comprendre en réalité incompétence pour mesurer la valeur des actifs financiers, absence totale de self-control face à des évènements qui se précipitent, incapacité à prévoir quoi que ce soit, spéculation effrénée pour essayer tout de même de gagner à la baisse ou à la hausse, irrationalité totale, etc.

C’est ainsi que Messieurs les Marchés ont fait baisser la bourse de Paris de -4,68% lundi, puis augmenter de +1,63% mardi et mercredi sera un autre jour. Cherchez la logique ? Il n’y en a pas au-delà de quelques vagues déclarations politiques de solidarité et de plans de rigueur qui n’engagent que ceux qui les croient, ce n’est qu’hystérie.

Crise en vacances

Avez-vous remarqué que l’un des points majeurs d’analyse des médias quand il y a une crise en été est le délai que mettent les dirigeants concernés à interrompre leurs vacances pour revenir au boulot ? C’est effectivement un passionnant critère de résolution des crises. Sarkozy est resté au Cap Nègre jusqu’à hier soir malgré le feu sur lequel soufflait Messieurs les Marchés depuis une semaine, Cameron le britannique a mis deux jours à revenir de Toscane pour gérer les émeutes britanniques. Les journalistes glosent sur ce délai à défaut de comprendre ce qui se passe, et de toutes façons, que les dirigeants rentrent immédiatement ou restent en vacances, les médias trouveront quelque chose à y redire, et Messieurs les Marchés aussi.

Reconnaissons au moins à nos dirigeants que, en vacances ou pas, ils triment et n’ont guère de temps pour eux au cours de leurs mandats.

Les « forces » du marché

Eh voilà, la bourse de Paris termine en baisse de -5,45% aujourd’hui mercredi. Des traders mondains passent et repassent dans les journaux télévisés derrière leurs écrans cathodiques (ça fait sérieux et techno) pour montrer, désespérés, des graphiques plongeant vers l’abysse. Mais bande de butors, triple-buses, crétins des Alpes, ânes bâtés, bachibouzouks, si les cours baissent c’est parce que VOUS vendez, alors ne prenez pas ces airs ahuris et dévastés devant les soi-disant forces du Marché !

Il est toujours difficile d’annoncer aux électeurs qu’ils vont devoir payer

Comment un Etat qui n’a pas pu imposer à ses citoyens le retrait des panneaux indicateurs de radars par peur de froisser leur susceptibilité de conducteurs mis à mal par l’augmentation de contraventions conséquentes, comment un Etat qui n’a pas pu réintégrer les œuvres d’art dans le calcul de son impôt de solidarité sur la fortune alors qu’il croule sous les dépenses et l’absence de recettes, comment cet Etat peut-il faire croire à sa capacité à ramener son déficit public à 3% en 2013. Qui va croire à une telle billevesée ?

Des mesurettes qui relèvent du simple bon sens en ces temps de disette budgétaire ont du être rapportées sous la pression de lobbys franchouillards. Qu’est ce que cela va être lorsqu’il faudra vraiment sabrer dans les dépenses et vraiment augmenter les impôts…

La discussion parlementaire du budget 2012 de la République française risque d’être édifiante à cet égard car là devront être pris les vrais engagements et gravés dans le marbre du journal officiel les vrais sacrifices qu’il faudrait consentir pour atteindre cet objectif.

En attendant la dernière trouvaille de nos politicards est de savoir s’il faut modifier la Constitution pour y ajouter un article rendant inconstitutionnel le déficit budgétaire. C’est un peu surréaliste, le mieux serait d’abord de dépenser de l’énergie en ces temps difficiles pour rétablir l’équilibre budgétaire dans les faits, ensuite on pourra modifier la Constitution, mais il est sans doute plus facile (et moins dangereux pour les élus) de s’écharper sur un texte abscond que sur des mesures pragmatiques qui promettent d’être douloureuses pour les électeurs sur qui elles s’appliqueront.