TOLHURST Lol, ‘Cured – Two Imaginary Boys’.

L’autobiographie de Lol Tolhurst, batteur historique du groupe de légende The Cure : c’est l’histoire d’une bande de potes, adolescents à Crawley, une banlieue populaire au sud de Londres dans l’Angleterre dépressive de la fin des années 70′. En pleine explosion punk et pour lutter contre la morosité ambiante et la grisaille britannique, ils se réunissent sous l’égide de Robert Smith pour créer le son d’une génération.

Tolhurst démarra comme batteur et poursuivit aux claviers. Sérieusement alcoolique il sera finalement viré du groupe (en 1989) qui poursuivit sa route avant des retrouvailles pour une tournée revival en 2011 après qu’il eut réglé son addiction (d’où le titre « Cured »).

Ces mémoires reviennent sur la créativité de Robert Smith qui prit rapidement l’ascendant artistique sur ce groupe de copains musiciens. On est fasciné de se remémorer le parcours de ces gamins qui ont écrit « Boys don’t cry » ou « 10:15 Saturday night » à 18 ans, les ont répétés dans la cave de leurs parents puis déployés sur les plus grandes scènes de la planète. Au hasard des dérives des uns et des autres ils ont su garder cohésion et amitié depuis 40 années, fidèles à leur musique et à leur destin.

Après la violence révolutionnaire du mouvement punk, ils ont mené avec constance et brio ce qui a été alors appelé la cold wave, marquée par un penchant un peu tristoune accentué encore par la voix torturée et les textes de Robert Smith. Mais ce fut une mélancolie salvatrice pour nombre d’adolescents de l’époque et, aujourd’hui encore, The Cure continue à sortir des disque et tourner pour ces anciens teenagers qui continuent à vénérer ce groupe.

Lol Tolhurst n’est plus que rarement de la partie mais son livre se termine par sa victoire dans son combat contre l’alcoolisme et sa réconciliation avec le reste de la bande. Installé à Los Angeles avec sa femme et son fils il a retrouvé une vie apaisée qui lui a permis de revenir à la musique avec un groupe fondé avec son épouse. Une belle histoire de musique et de rédemption.

London Grammar – 2017/12/03 – Paris le Zénith


Deuxième disque, deuxième tournée de ce groupe britannique à la pop glacée et un peu lisse. La musique est portée par la voix puissante d’Hannah Reid et les compositions de ses deux acolytes. Le light-show est plutôt original, surréel, intergalactique, un peu « ET arrivant sur la planète-terre », il se coule bien dans cette musique mystérieuse créée par ces artistes si jeunes !

The Stranglers – 2017/11/25 – Paris la Cigale

Les Stranglers se promènent en France pour une dizaine de dates histoire de réjouir leurs fans. Rien de bien neuf sinon le plaisir de jouer pour des sexagénaires dont la discographie du groupe compose la bande-son des 40 dernières années. La même hargne, le même brio et toujours la même noirceur teintée désormais d’autodérision ; eh oui, les Stranglers rigolent sur scène maintenant et dialoguent avec leurs fans britanniques et français toujours fidèles aux rendez-vous parisiens de ce groupe qui fait maintenant partie de la famille.

BRMC – 2017/11/21 – Paris l’Elysée Montmartre

Un nouvel album des Black Rebel Motorcycle Club est annoncé pour le prochain mois de janvier et le groupe est déjà sur la route, ce soir dans un Elysée Montmartre rénové après l’incendie qui l‘a ravagé. Beau concert de ce trio blues-rock dont la batteuse Leah semble s’être remise de sa maladie qui avait été annoncée sur le site web du groupe. Un son bien gras, des réverbérations à n’en plus finir, des éclairages venant du fond de la scène et des fumées noyant l’atmosphère dans un flou qui sied à cette musique primale qui prend aux tripes.

Voir : Les Photos de Roberto

Kasabian – 2017/11/11 – Paris le Zénith


Réjouissant concert de Kasabian ce soir à Paris : un rock plein d’enthousiasme et de jeunesse de ce groupe britannique maintenant sur les routes depuis la fin des années 90’. Habillés tous en blanc, les sept gaillards s’en donnent à cœur joie et leur joie est plutôt du genre communicative : l’assistance danse et pogotte sur les rythmes très chauds, les verres de bière volent, le Zénith tressaute d’un seul homme, la température devient tropicale… Une musique et une inspiration toute britanniques !

Angus & Julia Stone – 2017/11/01 – Paris le Zénith

Très beau et si doux concert d’Angus & Julia Stone ce soir à Paris. Les australiens déroulent toujours leur musique folk qui sent bon le feu de camp et qui se sophistique les années passant. Leur dernier disque Snow est dans les bacs depuis quelques semaines, ils le jouent ce soir derrière un totem et de langoureuses images de soleil couchant, d’océan bleu ou de forêts sans fin. Il est de bonne facture, avec des voix plus dynamiques, souvent ajoutées en chœur sur celles de Julia et d’Angus toujours un peu langoureuses. Sur scène l’ensemble des musiciens accompagnent vocalement la fratrie lorsqu’elle joue les morceaux récents.

Tous les deux sont toujours aussi touchants et délicats ; déclinant leur musique un peu mélancolique devant un public conquis. En écho à la chanson Baudelaire qui ouvre le show, Julia récite en français, de sa petite voix, Ennivrez-vous du poète :

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps,

enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

Elle rencontre un franc succès!

Warmpup : Isaac Gracie

Setlist : Baudelaire/ Make It Out Alive/ Cellar Door/ Heart Beats Slow/ Chateau/ Wherever You Are/ Bloodhound/ Private Lawns/ Who Do You Think You Are/ Yellow Brick Road/ Enivrez-vous (poème “Enivrez-vous »)/ Nothing Else/ Big Jet Plane/ For You/ My House Your House/ Snow

Encore : Grizzly Bear/ Harvest Moon (Neil Young cover)/ A Heartbreak

« Maria by Callas » à la Seine Musicale

La Seine Musicale, nouvelle espace culturel tourné vers la musique, installé sur l’Ile Seguin à l’emplacement des anciennes usines automobiles Renault, présente sa très belle exposition inaugurale : Maria by Callas. A l’aide d’un casque audio, les visiteurs circulent dans la vie et l’œuvre de la diva retracée par des photos, des textes, des vidéos et bien sûr des extraits musicaux.

Brillante et touchante, La Callas se révèle une véritable étoile du XXème siècle sur toutes les scènes de monde, chantant les plus beaux opéras du répertoire classique. Une vie entière dédiée à la musique comme une mission divine :

Chanter, pour moi, n’est pas seulement un acte d’orgueil, mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie.

Une vie de travail intense depuis l’enfance où sa mère avait décidé qu’elle serait cantatrice, une voix inoubliable qui a submergé d’émotion les plus insensibles ; elle se sait investie d’un devoir de servir le génie créateur de tous ces compositeurs qu’elle a magnifiés. Mais aussi l’existence tellement humaine de cette femme grecque née à New York, ballotée d’une mère exigeante à une vie sentimentale pas toujours apaisée. Au hasard d’interviews télévisées elle parle de la musique, beaucoup, et d’elle, un peu :

…après tout, qu’est-ce qu’une légende ? C’est le public qui fait ce que je suis. Qu’est-ce qu’une légende ? Je me trouve très humaine.

Chaque spectacle est un défi qu’elle se lance ; pour être à la hauteur des attentes de son public et de son talent elle s’en remet à son travail et… à Dieu :

Quand je chante, même si je parais tranquille, je me tourmente de la peur insoutenable de ne pas réussir à donner le meilleur de moi-même. Notre voix est un instrument mystérieux qui nous réserve souvent de tristes surprises, et il ne nous reste qu’à nous confier au Seigneur avant chaque spectacle, et lui dire humblement « nous sommes entre vos mains ».

Il faudrait des heures pour épuiser tous les extraits musicaux mis à disposition des visiteurs pérégrins : Mme. Butterfly, La Norma, La Tosca…, découvrir les différentes étapes de sa carrière, ses départs et ses retours, ses tournées d’adieu, ses master-classes puis son exil, ultime, avenue Georges-Mandel à Paris où elle décèdera prématurément à 53 ans.

Une très intéressante exposition sur le talent et la personnalité de cette artiste si émouvante !

St. Vincent – 2017/12/24 – Paris le Trianon

Incroyable concert de St. Vincent au Trianon ce soir : artiste américaine, guitariste habile, chanteuse habitée, auteure-compositrice inspirée. Elle chante et joue seule ce soir, sur des bandes électro et devant une mise en scène originale, contemporaine, pleine de couleurs acidulées. La première partie est constituée de la projection d’un film réalisé par Annie Clark de son vrai nom, Birthday Party, une histoire burlesque et tragique. Le concert est une suite de pièces musicales tranchantes, aux accents répétitifs et aux mélodies robotiques. Quelle imagination, quelle créativité !

Les photos de Roberto

The Rolling Stones – 2017/10/22 – Nanterre U Arena

Les Rolling Stones jouent trois concerts pour inaugurer le nouveau stade de Nanterre « U-Arena ». Concert joyeux et sans surprise d’un groupe entré dans la légende depuis bien longtemps. Gros son, costumes chamarrés, écrans géants, une chanson choisie par le public (Angie), feu d’artifice de clôture après une déambulation dans les classiques du groupe de Jumpin’ Jack Flash à Brown Sugar et le final sur Satisfaction.

On ne perd jamais son temps en passant une soirée avec les Rolling Stones.

Setlist : Jumpin’ Jack Flash/ It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)/ Tumbling Dice/ Hate to See You Go (Little Walter cover)/ Ride ‘Em on Down (Jimmy Reed cover)/ Dancing With Mr. D/ Angie (by request)/ You Can’t Always Get What You Want/ Paint It Black/ Honky Tonk Women (followed by band introductions)/ Happy (Keith Richards on lead vocals)/ Slipping Away (Keith Richards on lead vocals)/ Miss You/ Midnight Rambler/ Street Fighting Man/ Start Me Up/ Sympathy for the Devil/ Brown Sugar
Encore : Gimme Shelter/ (I Can’t Get No) Satisfaction

Yasmine Hamdan – 2017/10/10 – Paris le Trianon

Très beau concert de Yasmine Hamdan, artiste libanaise produisant un rock sombre et mystérieux teinté de parfum d’Orient, une musique moderne, originale et envoutante ; des guitares lancinantes sur une voix superbe et des mots arabes, dans cette langue rugueuse et poétique (les traductions anglaises sont disponibles sur www.yasminehamdan.com/en).

Son dernier disque s’appelle Al Jamilat en référence au poème de Mahmoud Darwish qu’elle met en musique et interprète sur scène avec brio (…Beauties are beautiful « The tattoos of the ‘violin’ around the waist ». The beauties are vulnerable « A throne without memory ». The beauties are the strong ones « A desperation that shines but does not burn ». The beauties are princesses « Mistresses of an anxious revelation »…).

Une vraie et belle découverte musicale !

Nick Cave & the Bad Seeds – 2017/10/03 – Paris le Zénith

Un concert beau, profond et puissant ce soir à Paris pour Nick Cave & the Bad Seeds ; entre messe noire et ode envoutante, l’artiste et son groupe ont délivré sans aucun doute le show de l’année.

Set list : 1/ Anthrocene, 2/ Jesus Alone, 3/ Magneto, 4/ Higgs Boson Blues, 5/ From her to eternity, 6/ Tupelo, 7/ Jubilee Street, 8/ The ship song, 9/ Into my arms, 10/ Girl in amber, 11/ I need you, 12/ Red right hand, 13/ The mercy seat, 14/ Distant sky, 15/ Skeleton tree, 16/ The Weeping song, 17/ Stagger Lee, 18/ Push the sky away

Sigur Ros – 2017/09/29 – Paris le Grand Rex

 

Le groupe islandais Sigur Ros a donné un concert ce soir au Grand Rex, en formation réduite à trois. Groupe pour le moins original et définitivement inclassable, il rencontre un succès d’estime et de curiosité devant cette musique intergalactique composée et jouée par des citoyens d’une ile-Etat, l’Islande, qui elle aussi suscite la perplexité, perdue dans les mers du grand Nord entre Groenland et Norvège, tiraillée entre le feu de volcans en éruption et la glace de cette région polaire. Leur musique est à cette image.

Rappelons les bases de ce groupe d’avant-garde : Jónsi joue de la guitare avec un archet et chante d’une voix extrêmement haute et fluide, son bassiste joue parfois avec des baguettes de batterie, seul le batteur semble suivre les voies à peu près classiques de sa fonction. Les mots sont en islandais, en anglais ou dans une langue propre créée par le groupe, le « hopelandic » (langage de l’espoir), on est ainsi sur de perdre les spectateurs…

Les perdre, oui, mais dans un monde merveilleux duquel ils ne veulent pas s’échapper. Un univers où tout converge vers une magie des sens. La voix exceptionnelle et l’instrumentation ne font qu’un, le son de l’ensemble suit d’étranges sinusoïdes tout en hauteur, dans les sommets de la gamme sonique. Le light show est en symbiose avec la musique, sombre et mystérieux, fait d’un ensemble de barres lumineuses qui s’entrecroisent dans l’espace et leur clignotements. On dirait des clignotements d’étoiles au cœur du grand néant noir de l’espace.

C’est un kaléidoscope de sensations qui nous plonge dans cette musique si originale, si pure et éthérée. On n’est pas sûr de vraiment comprendre toute cette complexité, ce n’est pas grave, laissons-nous bercer par nos sens et recevons cette offrande musicale venue d’un autre monde. C’est le miracle des Sigur Ros : des mots et des notes finalement accessibles à tous.

Setlist :

Set 1 : Á/ Ekki múkk/ Glósóli/ E-Bow/ Dauðalagið/ Fljótavík/ Niður/ Varða

Set 2 : Óveður/ Sæglópur/ Ný batterí/ Vaka/ Festival/ Kveikur/ Popplagið a

No Filter

La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

Festival de musique de chambre de Perros-Guirec

David Bismuth (piano), Pierre Génisson (clarinette) et Camille Thomas (violoncelle) ont joué ce soir au festival de musique de chambre de Perros-Guirec dans le cadre enchanteur du Palais des congrès dont l’immense baie vitrée donne sur le soleil se couchant sur la mer dans la baie de Trestraou. Les musiciens eux-mêmes se diront touchés par cette situation. Ils jouèrent avec la fougue de leur belle jeunesse et tout l’amour qu’ils portent à la musique des œuvres de Glinka, Poulenc, Schumann et Brahms.

Trio pathétique en ré mineur pour clarinette, violoncelle et piano de Mikhail Glinka, Sonate pour clarinette et piano de Francis Poulenc, Fantasiestücke pour violoncelle et piano op. 73, Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114.

Midnight Oil – 2017/07/25 – Paris l’Olympia

Midnight Oil : le retour ! Le groupe australien s’est reformé et passe par l’Olympia pour la deuxième fois en ce mois de juillet. Leur nom leur aurait été inspiré par la chanson de Jimi Hendrix Burning of the Midnight Lamp. Auteur de quelques disques importants dans les années 80/90’ et notamment l’inoubliable Diesel & Dust, le groupe s’est aussi rendu célèbre par son engagement marqué en faveur de la défense de l’environnement et de la cause aborigène.

Son leader et chanteur Peter Garrett se consacrera à la politique après une première dissolution du groupe en 2002. Il sera élu député, puis nommé ministre de l’environnement d’un gouvernement australien travailliste, le groupe se reformant occasionnellement pour servir ses causes : contre la guerre occidentale en Irak, pour soutenir les victimes du tsunami asiatique, des incendies ravageurs en Australie… avant de se reformer en 2016 pour une tournée mondiale The Great Circle 2017.

Pas de nouveauté discographique, sinon un album solo de Garrett en 2016 ; mais ce soir le groupe est là pour jouer son Histoire et on adore. Peter, grand escogriffe à la taille de joueur de basket, le crâne glabre, vêtu d’une chemise aux dessins traditionnels aborigènes est entouré de sa bande de bucherons-musiciens que l’on dirait tout droit sortis d’une ferme du bush… Et la bande joue bon et fort. Dès l’ouverture sur Outside World le ton est donné et lorsque la batterie prend le pas sur les nappes de clavier à la fin de ce morceau crépusculaire, Garrett développe sa gestuelle si caractéristique, composée de mouvements de danse saccadés, ses bras fendant l’air comme une faux hystérique qui hache l’espace. Le groupe suit, accompagne et met en valeur sa voix un peu métallique.

Le résultat : du bon rock, simpliste et lourd pourporter un message plus subtil ; c’est le rythme du bush et lorsque qu’ilssont lancés, rien ne peut les arrêter tel un road train dans la poussière de l’outback.Dans un bel ensemble ils envoient ce soir les tubes légendaires du groupe, chacunmarquant un de leurs combats : l’inanité de la course aux armements, lapréservation de l’environnement, la détérioration de la terre australienne parl’industrie minière, et bien sûr la condition des aborigènes avec le monument The Dead Heart écrit suite à une tournéeen pays aborigène avec un groupe de cette ethnie. Le clip officiel se déroulesur fond d’Ayers Rock, quoi d’autre pour représenter Midnight Oil et ses racines si profondément ancrées dans l’Histoireet la terre australiennes ?

We carry in our hearts the truecountry
And that cannot be stolen
We follow in the steps of ourancestry
And that cannot be broken

We don’t need protection
Don’t need your land
Keep your promise on where we stand
We will listen we’ll understand

Mining companies, pastoral companies
Uranium companies
Collected companies
Got more right than people

Got more say than people
Forty thousand years can make adifference to the state of things
The deadheart lives here

Les Midnight Oil déploient tout leur talent à l’aune d’une inspiration un peu naïve mais qui pourrait leur reprocher ? La personnalité de leur leader emporte l’enthousiasme des spectateurs qui réécoutent avec un plaisir non dissimulé la bande-son du rock australien des années 80’. Une soirée surchauffée !

Setlist : Outside World/ Only the Strong/ Golden Age/ Brave Faces/ Put Down That Weapon/ Shakers and Movers/ Truganini/ Mountains of Burma/ Somebody’s Trying to Tell Me Something/ My Country/ US Forces/ Tin Legs and Tin Mines/ Kosciusko/ Feeding Frenzy/ In the Valley/ Power and the Passion/ The Dead Heart (Dedicated to Dr. Geoffrey Gurrumul Yunupingu, one of Australia’s most prominent musicians, who died)/ Beds Are Burning/ Blue Sky Mine/ Best of Both Worlds

Encore : Nowor Never Land/ Concrete

Encore 2 : Forgotten Years

Feist – 2017/07/19 – Paris l’Olympia

Feist présente son nouvel album Pleasure à l’Olympia. L’artiste canadienne anglophone se produit avec trois musiciens. Ensemble ils nous délivrent un folk électrifié plein de subtilité et d’originalité.

Leslie (de son prénom Leslie Feist) est vêtue d’une robe mauveà l’unisson de la couverture de Pleasure surlaquelle on voit un mur de bougainvilliers avec une porte fermée à son pied danslaquelle s’emplafonne une mystérieuse jeune femme trop pressée…

Canadienne francophile, elle a enregistré plusieurs disques en France, elle est assurée de remplir les salles de l’hexagone, elle joue de la guitare et chante merveilleusement. Sensible et délurée, souriante et charmeuse, c’est une artiste assumée qui réjouit une assistance conquise d’autant qu’elle ponctue ses chansons de tentatives de commentaires en français.

Son chant est fluide et doux, parfois renforcé par la guitare électrique, mais le plus souvent porté par la guitare acoustique. Ses mots nous bercent sur la vie telle qu’elle est avec ses bons et mauvais moments, les rêves comme les amours perdus, mais aussi la joie : It’s my pleasure/ And your pleasure/ That’s the same/ That’s what we’re here for!…

Et comme tout se termine par son éclatant sourire on se sent solidaires de cette nostalgie rythmée.

Setlist : Pleasure/ I Wish I Didn’t Miss You/ Get Not High, Get Not Low/ Lost Dreams/ Any Party/ A Man Is Not His Song/ The Wind/ Century/ Baby Be Simple/ I’m Not Running Away/ Young Up/ A Commotion/ My Moon My Man/ Sea Lion Woman ([traditional] cover)/ Caught a Long Wind/ The Bad in Each Other/ I Feel It All/ Let It Die/

Encore : Mushaboom/ 1234

Lady Sir – 2017/06/30 – Paris Philharmonie II

Gaëtan Roussel et Rachida Brakni ont créé Lady Sir qui ouvre ce soir l’édition 2017 du festival Days Off à la Philharmonie de Paris avec trois musiciens en renfort. Un concert plein de douceur et de poésie par cette alliance inattendue entre un musicien d’exception et une actrice de rencontre.

On ne présente plus Gaëtan, fondateur et leader de Louise Attaque puis de Tarmac, compositeur prolifique il participe à nombre de projets dans le rock français dont le dernier disque de Bashung, écrit des musiques de film, sort des disques solo de qualité, reçoit des prix, etc. Il est un personnage important de la musique française.

Rachida, d’origine algérienne, est une ancienne pensionnaire de la comédie française qui a joué dans de nombreux films et pièces, elle a mis en scène un film. Elle est aussi connue pour avoir épousé un ancien joueur de football (Eric Cantona). Tous les deux ils se sont mis à écrire des chansons qui ont été mises en musique en 2012 par Cali. En 2017 c’est la rencontre avec Roussel dont sort un excellent disque Accidentally Yours et une tournée.
L’écriture des chansons est partagée entre Rachida, Gaëtan et Cantona, la musique est écrite par l’ex-Louise Attaque. De jolies vidéos circulent déjà largement pour faire la promotion de l’album ; on a envie !

Sur scène l’évidente complicité musicale du duo est soutenue par un excellent guitariste solo, un claviériste et un batteur. Rachida est vêtue de noir et d’un blouson blanc sans manche que l’on dirait confectionné en plumes d’oiseau, Gaëtan est en costume et chemise noirs, le guitariste passera tout le show sous son petit chapeau. Ils démarrent sur Je rêve d’ailleurs après une intro sifflotée par un personnage apparaissant à cette occasion et s’avèrera être Cantona.

Le résultat est probant et vraiment touchant. C’est un duo au sens propre du terme, jouant de ses deux voix qui se superposent et se complètent, celle, grave de Gaëtan avec celle, aérienne, de Rachida. Le chant est délicatement accompagné par la guitare acoustique dont Gaëtan joue avec toujours autant de brio, renforcé par l’électricité du guitariste solo.

Rachida est très bavarde, on la sent émerveillée de cette expérience musicale, comme une enfant devant ses cadeaux de Noël. Elle nous raconte son émotion lorsqu’après avoir adressé le texte de la chanson Des petits bouts à Roussel, elle en reçut la mise en musique quelques jours plus tard. Elle nous explique le moment où il a été décidé d’arrêter de cacher l’écriture de textes par Cantona sous un pseudo. Mais surtout elle interprète avec une grande délicatesse ces chansons douces.

Les harmonies sont mélancoliques mais les musiciens heureux. Les mots sont en français, en anglais ou en arabe, sur le temps qui passe, l’absence, l’amour, l’union entre les Hommes… C’est délicieusement nostalgique et doux comme du velours. Une jolie révélation pour un été qui commence.

Lors d’un passage similaire du cinéma à la chanson, on avait vu Emmanuelle Seigner chanter en 2007 le temps d’un disque avec le groupe français Ultra Orange. L’attrait de la scène rock sur ces actrices a été plutôt productif.

Warmup : Calypso Valois (fille d’Elie et Jacno)

The Pretenders – 2017/06/26 – Paris Salle Pleyel

Chrissie Hynde, 65 ans, héroïne de la scène punk de la fin des 70’ avec son groupe The Pretenders repart sur la route après la sortie d’un nouveau disque Alone. L’américaine, chanteuse et guitariste, exilée à Londres en provenance de l’Ohio y créa son groupe phare en 1978 après quelques années de galère et d’expériences musicales rapidement avortées. Elle s’imprègne alors de la rénovation punk qui fait flamber le rock, a une liaison en 1977 avec Paul Simonon, bassiste du Clash, puis avec son propre bassiste avant qu’il ne meure d’une overdose. Elle survit à l’hécatombe que fait subir la drogue sur ce petit monde et son groupe en particulier. Elle fait un enfant avec Ray Davies (des Kinks) en 1983, se marie avec Jim Kerr, chanteur et leader des Simple Minds, dont elle divorce en 1989. Ce soir, apaisée mais toujours en Santiags et guitare elle se plaint que la radio française FIP ne passe pas sa musique… Bref, elle est toujours l’icône de l’émeute musicale.

Elle écrit et délivre quelques hymnes new-wave de l’époque : Brass in pocket, I go to sleep, Middle of the road, Thin Line Between Love and Hate… Avec sa frange et ses yeux bleus ravageurs, elle tient sa guitare comme un étendard, chante d’une voix forte au vibrato caractéristique et fait fantasmer une génération de jeunes gens en mal d’idéaux. Elle a continué à animer son groupe, remplaçant les perdants et les perdus, composant et produisant des disques et des tournées. Avec Alone le groupe passe par Paris ce soir. Moulée dans un jean taille-basse et un t-shirt signé « Elvis », elle se présente à nous comme nous l’avions laissée au concert de la Mutualité il y a vingt ans : nerveuse, rockeuse, accrochée à sa guitare et son micro avec la foi en sa musique rivée au corps. Son groupe est sec et efficace avec Martin Chambers, l’historique de la bande, et un excellent guitariste, James Walbourne. De vrais rockers qui ont du cœur et nous délivrent une soirée musclée.

Nos cœurs chavirent quand de sa voix puissante Chrissie entame Nigh in my Veins, I’ll Stand by you ou Brass in Pocket, références à la période post-punk durant laquelle cette artiste s’est épanouie en nous réjouissant. Les nouvelles compositions sont du même moule, ils joueront une grande partie d’Alone : des guitares et une voix irremplaçable, bref, du rock brut et bon.

Allez, Chrissie n’est pas si seule, elle vient de publier ses mémoires en 2016 sous le titre Reckless (Téméraire) et gageons que ceux dont elle fut l’idole rock resteront avec elle pour toujours, chantant avec elle : I’ll stand by you, won’t let nobody hurt you,/ I’ll stand by you, baby even to your darkest hour,/ And I’ll never desert you/ I’ll stand by you…

Setlist : Alone/ Gotta Wait/ Message of Love/ Don’t Get Me Wrong/ Kid/ Hymn to Her/ Down the Wrong Way (Chrissie Hynde song)/ Night in My Veins/ Stop Your Sobbing (The Kinks cover)/ I Go to Sleep (The Kinks cover)/ Boots of Chinese Plastic/ I Hate Myself/ Back on the Chain Gang/ Let’s Get Lost/ Brass in Pocket/ I’ll Stand by You/ Mystery Achievement
Encore : Death Is Not Enough/ Thumbelina/ The Wait/ Middle of the Road