Louis Vuitton au Grand Palais

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Louis Vuitton expose au Grand Palais l’histoire de ses célèbres malles et toute une collection de celles-ci : pour voitures, trains, bateaux, avions. On y voit des malles-bibliothèque, des malles-pique-nique, des malles garde-robes, des mallettes appui-pieds, des malles à chapeaux, des malles-écritoires, des mallettes pour instruments de musique, etc… C’est une ode au voyage et au raffinement, le retour sur une époque (XIXème siècle) où le voyage n’était qu’affaire de luxe et d’aristocratie.

Epoque révolue quand aujourd’hui l’aïe-phone a remplacé les bibliothèques et Ryan-Air a supplanté les transatlantiques de la White Star. Le monogramme LV est devenu désormais l’emblème du nouveau-riche clinquant, roulant limousine à vitres fumées, et de cours de bourse résistant aux crises boursières.

Pop & Musique

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Self-Portrait, 1986 © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris 2015

Exposition Pop & Musique à la fondation Louis Vuitton du bois de Boulogne : une partie son et vidéo au sous-sol où le spectateur évolue au milieu d’installation audio-visuelles censées rendre l’atmosphère d’une époque basée sur l’hystérie stroboscopique et la répétition d’images filmées approximativement ; une partie qualifiée de « popiste » où l’on retrouve du plus classique dans ce que le consumérisme a pu inspirer l’art malin d’artistes comme Andy Warhol, Gilbert & George  ou Richard Prince.

Les spectateurs errent, un peu perdus, dans les vastes espaces déstructurés de cette bâtisse pour le moins étrange. Des poutres métalliques traverses des murs arrondis, des couloirs tournent autour du vide, ce concept manque furieusement d’angularité. Le tout fleure le boboïsme bon ton. On a un peu de mal à s’extasier.

Warhol Unlimited

Andy_Warhol_shadows_2Exposition Warhol au Musée d’art moderne de Paris : les sérigraphies des boîtes de soupe, les séries de peintures de Jacky Kennedy, les autoportraits, les « screen tests », les « flowers », les 102 tableaux de « Shadows » (rarement exposés tous ensemble), les portrait Maos, le papier peint Vaches et bien sûr les pérégrinations du Velvet Underground dans le cadre des spectacles « The exploding plastic inevitable ». Une exposition très complète pour rappeler la moderne originalité de cet artiste inclassable, ironique et influent.

Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien derrière. [ Andy Warhol – The East Village Other – 01/11/1966]

Musée de la Marine de Brest

Brest_201511_Le-Chateau (15)Le musée situé dans le « Château » au-dessus des ports et de l’arsenal de la vielle abrité également la préfecture maritime de l’Atlantique. Il raconte l’histoire de la ville depuis les romains et la relation de la France avec la construction maritime et les océans. C’est intéressant et bien présenté. On y passe une demi-journée sans voir le temps passer. Aux pieds du fort retentissent les mugissements des remorqueurs et les grincements des ponts-levants.

Exposition Pierre Peron à Brest

Pierre_PeronPierre Peron est un artiste brestois qui fut peintre titulaire de de Marine puis conservateur du Musée de la Marine. Outres la peinture il fut également affichiste, ses œuvres sont exposées au musée des beaux-arts de Brest. A une époque où la publicité était autorisée pour l’alcool et le tabac, Peron a donné dans ces secteurs. Ce petit musée brestois rend hommage à ce travail plaisant, naïf et coloré.

Une jeunesse allemande

Une-jeunesse-allemandeUne jeunesse allemande, un documentaire de Jean-Gabriel Périot sur le groupe terroriste allemand Fraction Armée Rouge, encore appelé la « bande à Baader » et qui défraya la chronique dans les années 70’ en même temps que les Brigades rouges en Italie et Action Directe en France. Ce furent les « années de plomb » dans une vieille Europe qui se débattait idéologiquement entre les lambeaux du marxisme et les joies du capitalisme, le tout dans une ambiance de guerre froide Est-Ouest et d’agitation étudiante soixante-huitarde.

Basé uniquement sur des images d’archive, le film raconte la sidération du peuple allemand devant ces combattants d’un autre âge défendant le prolétariat et la lutte des classes par les armes. Andreas Baader, Ulrike Meinhof, Gudrun Ensslin, Holger Meins sont les enfants de la génération nazie, tous nés durant la seconde guerre mondiale (sauf Meinhof, plus âgée, née en 1934). Le père de Baader est mort en 1945 sur le front russe. Ils ont du mal à vivre ce lourd héritage, surtout quand ils voient nombre d’anciens nazis toujours aux commandes de la République fédérale, dont le chancelier Kiesinger de 1966 à 1969.

Comme la jeunesse de cette époque ils s’interrogent sur les options idéologiques possibles, du marxisme au capitalisme, avec dans le cas particulier de l’Allemagne, 25 ans après l’ouverture des camps, le poids de la culpabilité nationale. Ulrike Meinhof était journaliste dans un journal de gauche plus ou moins communiste, participait à nombre de débats télévisés et radiophoniques, de ce fait des archives la concernant sont plus nombreuses que pour ses acolytes.

Le documentaire montre l’évolution du groupe jusqu’à la prise des armes et l’action violente contre le système capitaliste dont ils sont très majoritairement issus. Le combat s’achèvera faute de combattants, la grande majorité des allemands étant plus tournée vers la prospérité renaissante que l’action révolutionnaire, même si une certaine intelligentsia apportait un soutien moral au groupe. Jean-Paul Sarthe rendit d’ailleurs une visite restée célèbre à Andreas Bader emprisonné dont la légende dit qu’il en ressortit en assénant un lapidaire « Ce qu’il est con ce Baader ! » mais il continua néanmoins à contester les conditions de haute sécurité dans lesquelles étaient détenus les membres du groupe mis à l’isolement total.

Au total ce ne furent que quelques dizaines de citoyens allemands qui furent membres de la bande et bien moins encore qui participèrent à l’action violente. Ils reçurent un temps le soutien de palestiniens chez qui ils étaient bien sûr allés se former : un détournement d’avion de la Lufthansa par des terroristes moyen-orientaux réclamant la libération des prisonniers Baader-Meinhof se termina par un assaut à Mogadiscio et la libération des otages.

La grande majorité des membres du groupe Baader-Meinhof sont morts en prison dans des conditions qui ne sont pas encore parfaitement établies, les hypothèses possibles alternant entre suicide collectif (version officielle) et assassinats d’Etat. Ulrike Meinhof est retrouvée pendue dans sa cellule le 8 mai 1976, Gudrun Ensslin dans les mêmes conditions le 18 octobre 1977, Andreas Baader une balle dans la tête le même jour (l’arme lui aurait été remise par son avocat) et Holger Meins était mort suite à une grève de la faim le 9 novembre 1974.

Un film troublant sur une époque que l’on pensait révolue… Mais le terrorisme a réapparu aujourd’hui dans les conditions que l’on connaît. Seule l’idéologie a changé, on est passé de Marx à Dieu mais la dévastation est la même. La similitude entre ces deux dérives est d’ailleurs frappante : dans les deux cas les enfants d’une nation en viennent à répandre la mort parmi les leurs en se laissant emporter par des slogans idéologiques aboutissant à la déraison.

Nous venons en amis

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L’histoire de la partition du Soudan en 2011 avec la création du Sud-Soudan, chrétien et animiste, après des années de guerre civile contre les soudanais du nord, arabes musulmans. Une guerre qui a duré des décennies, fait des millions de morts et de déplacés avec son lot de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sur fond d’un pays dramatiquement sous-développé mais avec des ressources pétrolières et minières attisant les convoitises internationales.

Le film interviewe des habitants du Sud-Soudan, avant et après le référendum qui vota leur indépendance, ressassant l’histoire coloniale de leur pays responsable selon eux de tous leurs maux. Il montre l’implication actuelle des chinois dans l’industrie pétrolière et celles des prêcheurs américains cherchant à « civiliser » les chrétiens. Le réalisateur Hubert Sauper (déjà auteur du documentaire Le Cauchemar de Darwin) se promène dans le pays aux commandes d’un petit avion façon ULM renforcé pour deux personnes ce qui donne l’occasion de quelques vues du pays improbables brisant la monotonie des interviews. Le titre du film Nous venons en amis se réfère à la phrase prononcée par tous les colonisateurs de l’Histoire prenant le pouvoir dans leurs colonies. La thèse du film est un peu simpliste et ne rentre pas vraiment dans l’analyse de la faillite politique actuelle des Soudan, nord et sud.

Dernier Etat apparu sur la planète le Sud-Soudan a créé beaucoup d’espoirs et de convoitises. Il n’aura pas fallu attendre 2013 pour qu’une guerre civile inter-Sud-Soudan ne reprenne… Le film se termine sur cette triste image.

Beauté Congo

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Beauté-Congo à la Fondation Cartier toujours à l’affut de l’art contemporain : des peintures colorées aux aspects lyriques et naïfs, narrant avec gaité l’histoire tragique de ce pays, l’ex-Zaïre à qui l’on peut reconnaître au moins une indestructible qualité de dynamisme et d’énergie. Malgré une appropriation personnelle par le roi des Belges durant la période coloniale, bien qu’ayant été devenu un enjeu important dans Afrique de la guerre froide, été gouverné des décennies par un dictateur forban (Mobutu) qui a assis son pouvoir sur l’assassinat du leader indépendantiste marxiste Patrice Lumumba, connu des guerres parmi les plus sinistres du continent, été ravagé par le Sida, la corruption, le pillage généralisé de ses richesses minières…, malgré tout ceci et bien d’autres dévastations, ce pays n’a pas cessé de produire de la musique et de l’art joyeux. Cette exposition en apporte la preuve avec son explosion en peinture de couleurs et de personnages délurés. Ce sont des tableaux sur la vie quotidienne, la politique, les femmes, la musique, teintés d’ironie et d’autodérision, parfois aussi de rêve. On y voit les héros populaires : Mandela, Obama, Mohammed Ali aussi et on se souvient du légendaire combat de boxe organisé en 1974 à Kinshasa entre Ali et Foreman fascinant la planète et sur lequel le grand Norman Mailer a écrit Le combat du siècle.

Au sous-sol sont exposées des photos des ambiances urbaines locales avec « sapeurs » (les rois de la fringue bling-bling), musiciens, vendeurs de rue et prostituées. A voir également des villes futuristes en carton-pâte imaginées par des artistes délirants.

Bref, la République démocratique du Congo (nouveau nom du Zaïre) continue d’inspirer ses artistes et c’est aussi bien ainsi car le présent de cet immense pays n’est pas rose et son futur est pour le moins incertain. L’art naïf, hélas, ne fait pas augmenter le PIB.

 

Cavanna : « Jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai »

CavanaCavana filmé par Denis Robert et sa fille dans les derniers mois de sa lutte contre la maladie de Parkinson, qu’il appelait Miss Parki, combat qu’il a chroniqué dans Charlie Hebdo jusqu’aux derniers moments en janvier 2014. Car Cavanna, fils d’émigrés italiens, est un écrivain envers et contre tout. Râleur, libertaire, déconneur, érotomane, Cavanna a écrit des livres, des articles, des chroniques, des millions de signes des années durant. Et il a beaucoup dessiné aussi.

Bref Cavanna nous a fait marrer toute sa vie consacrée à répandre du poil à gratter dans le dos de l’intelligentsia et du microcosme politicard franchouillard. On se souvient de ses incroyables poîlades avec le Professeur Choron lorsqu’ils faisaient les zouaves sur les plateaux télé. Il était un peu le père spirituel de cette équipe de dynamiteurs de la France gaulliste bien-pensante. Les Cabu, Siné, Wolinsky ont annoncé mai 68’ en déconnant… et ils ont enfanté les Charb, Tignous, Coco dont une grande partie fut décimée par une attaque de religieux islamistes dans la rédaction de Charlie-Hebdo (le bébé de Cavanna) un matin de janvier 2015, un an à peine après le décès de François Cavanna son fondateur de référence.

Le documentaire des Robert est tendre à l’égard du Maître qui vivait l’écriture comme une lutte. La relève va être dure à assurer.

Jean-Paul Gaultier au Grand Palais

Jean-Paul-Gaultier_affiche_bJean-Paul Gaultier, couturier français, expose sa joie, son œuvre, ses trouvailles, au Grand Palais. L’exposition est maligne, les mannequins-objets sont animés grâce à des petits films de visages de mannequins-humains projetés sur les visages-objet avec une surprenante précision. Le mannequin de Jean-Paul accueille d’ailleurs les visiteurs à l’entrée et leur explique ce qu’ils vont découvrir.

Une grande salle est organisée comme un défilé et des mannequins défilent sur un tapis roulant, admirés par des rangs d’autres mannequins figurant les spectateurs mondains dans lesquels on reconnait les habitués de ces festivités parisiennes, habillés ou pas par Gaultier. Les autres salles sont plus classiques.

Les fringues déclinent les idées-fixes du Maître : la marinière, le cuir, le corset, le soutien-gorge conique. Une atmosphère un peu « grande folle » règne sur ces créations, la période punk est rigolote tant elle est mixe des influences antagonistes. Gaultier déborde d’activité et d’idées. Il touche plus par cette créativité que par l’esthétique qui en résulte.

Velasquez au Grand-Palais

Velazquez_Grand-PalaisExposition Diego Velasquez au Grand-Palais : le peintre du roi Philippe IV. Il n’y avait pas Instagram au XVIIème siècle alors les toiles de Velasquez nous disent ce qu’étaient les grands de l’époque. Les tableaux sont essentiellement des portraits de la famille royale et de ses courtisans, en tenues civiles ou militaires, généralement sur fond sombre ou neutre, on sent toute l’importance de ces personnages posant pour la postérité et la gloire de la couronne.

Le roi ne fut pas vraiment un grand monarque racontent les historiens mais au moins a-t-il soutenu la culture tout son règne durant, et Velasquez en particulier accueilli à la cour à 20 ans. L’exposition retrace le parcours de l’artiste espagnol.

 

Le Mobilier National

Paris_Mobilier-NationalVisite de la galerie du Mobilier National ouverte au public où l’on explique les différents métiers d’art exercés par des artisans-fonctionnaires qui entretiennent et restaurent le mobilier disséminé dans les palais nationaux, l’Elysée, les ministères ou les ambassades. Ebénisterie, menuiserie en siège, lustrerie-bronzerie, tapisserie d’ameublement, tapisserie décor, restauration de tapis et de tapisserie ; depuis plusieurs siècles des spécialistes de ces métiers œuvrent au maintien de ce patrimoine et des compétences nécessaires.

Les esprits chagrins pourront s’émouvoir que ces nobles tâches restent à la charge du contribuable. Est-ce le cas dans les pays anglo-saxons ? Sont-ce des fonctionnaires qui entretiennent les tapisseries du château de Windsor ou le secteur privé ? Dans un cas comme dans l’autre nos Etats ont intérêt à maintenir leur patrimoine.

Bonnard au Musée d’Orsay

Bonnard_La-femme-au-chatExposition « Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie » au Musée d’Orsay. Un peintre toujours éblouissant et un accrochage orienté sur les périodes d’inspiration successives de l’artiste : de ses débuts japonisants, aux sublimes paysages multicolores de Normandie ou du Midi, en passant par de mystérieux autoportraits et les nus troublants de Marthe, sa muse et son épouse. Beaucoup d’intimité dans ces tableaux, des atmosphères familiales, un chat qui traîne toujours dans un coin du tableau, la vie qui passe, et toujours des couleurs surnaturelles que seul l’œil imaginatif d’un peintre peut voir et reproduire.

Miss Tic sur les murs de Paris

Prix Nobel de littérature

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Patrick Modiano

Patrick Modiano a reçu son prix Nobel de littérature au début de ce mois de décembre et prononcé son discours que l’on peut lire ici. Et puisque les lettres sont à l’honneur on peut aussi relire le discours prononcé dans les mêmes circonstances en 2008 par Le Clézio ici.

Ces deux écrivains évoquent avec subtilité la difficulté et la grandeur de leur mission. Ils font une référence commune à la guerre mondiale, le traumatisme légitime de ces générations nées lors de la première moitié du XXème siècle. Ils parlent avec douceur et profondeur du passé et de la mémoire, et, au-dessus de tout, de la nécessité de l’écriture :

Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan.

Prix Nobel de Littérature 2008 : discours de Jean-Marie Le Clézio

Prix Nobel de Littérature 2014 : discours de Patrick Modiano

Eau argentée

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Eau Argentée : un chef d’œuvre sur la guerre civile en Syrie, un documentaire dur et dérangeant sur la sauvagerie humaine, mais aussi une incroyable histoire artistique sur fond de dévastation dans ce Moyen-Orient si violent. Ossama Mohammed est un réalisateur syrien réfugié à Paris depuis 2011 qui a décidé de monter des images publiées sur Internet de la rébellion syrienne, le plus souvent tournées avec des téléphones portables. C’est la première partie du scénario.

Au cours de ses pérégrinations sur YouTube en quête des films publiés par rebelles et militaires loyaux au régime, il reçoit un appel de Simav, une jeune femme kurde enfermée à Homs durant le siège tragique de cette ville par l’armée syrienne. Simav en kurde veut dire : eau argentée. Elle a décidé de filmer pour témoigner. Vont s’en suivre des envois d’images et un dialogue poétique et surréaliste par internet interposé entre le réalisateur installé à Paris, se sentant coupable de n’être point au combat, et Simav filmant la guerre civile dans sa ville, au milieu des siens. C’est la deuxième partie du film.

Evidemment ce sont des images d’horreur où rien n’est épargné. On frémit devant les enfants morts, les blessés récupérés au milieu des rues avec des perches pour éviter aux secouristes d’être à leur tour touchés par les snipers, les cris des femmes devant la mort, les scènes de tabassage filmées par les militaires loyalistes, les rues de Homs dévastées par les bombardements, la terreur, etc. etc. C’est la guerre civile, la plus terrible de toutes. Une guerre où toutes les barbaries se retrouvent, y compris celles des extrémistes religieux qui massacrent à leur tour sur YouTube ceux qui ne croient pas au même Dieu qu’eux. C’est indicible !

Bien sûr ces images ont été montées. Au moins celles de la première partie peuvent avoir été manipulées, c’est possible. Mais on sait que tout ce qu’elles montrent s’est passé et se déroule encore. On sait les 200 000 morts ou approchant depuis le début de cette guerre. Le chaos total d’un pays où s’affrontent un régime familial dictatorial, une rébellion « classique » et des extrémistes religieux, le tout largement attisé par le reste du monde qui défend les uns ou les autres. Le résultat est une régression humaine sans nom dont on se demande quand elle touchera le fond.

Homs s’est rendue. Ossama et Simav vont se rencontrer… au Festival de Cannes en mai 2014, pour la première fois. Leur film y est présenté. Elle atterri à Cannes le jour même de sa présentation, fait la connaissance d’Ossama, et dans une grande émotion, devant un parterre de journalistes et de gens de cinéma déclare qu’elle retourne à Homs et réclame la liberté pour la Syrie.

Un très grand film qui rend hommage à un pays sinistré et à ses habitants.