François 1er à l’assaut du conservatisme des siens

Rigolo : François 1er, pape catholique et représentant de leur Dieu sur terre essaye de faire changer la mentalité légèrement conservatrice de ses ouailles et cela n’a pas l’air de tout repos. Un synode réunit actuellement des évêques de tous pays et ce petit monde planche sur le sort que l’Eglise doit réserver aux divorcés et aux homosexuels.

Aujourd’hui le dogme catholique interdit aux de communier. Ils ne sont pas vraiment chassés de l’Eglise mais ils n’ont pas accès à la communion. Les homosexuels ne sont guère mieux lotis car ils commettent des actes ne permettant pas le don de la vie. François 1er voudrait faire évoluer le dogme vers un peu plus de tolérance.

Ce synode planche sur un document intitulé Instrumentum laboris, publié en juin dernier, dégoulinant de bonnes intentions et d’amour du prochain mais ne pouvant sortir trop franchement des contraintes du dogme malgré quelques timides tentatives. En fait l’Eglise catholique a un problème commercial : son marché dans les pays occidentaux tend à s’effondrer. Les catholiques abandonnent la bible au profit de l’aïe-phone, se marient de moins en moins, divorcent de plus en plus, utilisent la contraception et vont même jusqu’à marier les homosexuels. Pas facile dans ces conditions de les faire cohabiter avec le dogme, sauf à faire évoluer celui-ci, mais comment changer un dogme qui descend du Ciel en ligne directe ? C’est l’exercice difficile auquel s’essaye courageusement François 1er.

Il se heurte à l’opposition de certains évêques, pour le moment majoritaires, issus des pays émergeants qui eux ne veulent pas du mariage homosexuel ni donner la communion aux divorcés. Le problème est que ces pays sont le marché en croissance du catholicisme alors on ne peut plus forcément leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Certains évêques conservateurs de la vieille Europe ne sont pas non plus en reste pour s’opposer aux tentatives d’évolution de dogme considérées comme quasiment révolutionnaires.

La bulle Instrumentum laboris fait 36 pages et voici quelques extraits :

Le développement de la société de consommation a séparé sexualité et procréation. C’est aussi une des causes de la dénatalité croissante. Dans certains contextes, elle est liée à la pauvreté ou à l’impossibilité de s’occuper des enfants ; chez d’autres, à la difficulté de vouloir assumer des responsabilités et à la perception que les enfants pourraient limiter le libre épanouissement de soi.

Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes.

Il est totalement inacceptable que les pasteurs de l’Église subissent des pressions en ce domaine et que les organismes internationaux subordonnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le « mariage » entre des personnes du même sexe.

Sur l’homosexualité on voit la prudence de la rédaction.

François 1er et son synode sur la famille c’est un peu comme Cambadélis au parti socialiste français : il y a des frondeurs, des courants, des conciliants, des râleurs, des emmerdeurs… et il faudra bien trouver une motion de synthèse qui soit votée par la majorité.  « Votée » c’est un peu vite dit pour le synode où la démocratie électorale n’est pas vraiment de mise, mais disons plutôt « adoptée ». D’ailleurs la presse a publié une lettre adressée au pape au début du synode, signée par treize cardinaux rebelles qui dénonçaient la méthode visant à leur forcer la main pour « faciliter l’obtention de résultats prédéterminés ».

François 1er est un peu le Macron du Vatican : il cherche à moderniser ses ouailles contre leur volonté quand Macron cherche à moderniser la gauche française et lui faire abandonner ses dogmes marxo-syndicalistes. La tâche est rude mais les deux garçons sont courageux et sans doute désintéressés. Que Dieu leur prête réussite !

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