Stupeur et tremblement dans la République

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Le niveau du débat politique français suite à l’attentat terroriste islamiste de Nice le 14 juillet est en train d’amener doucement la République au fond du gouffre du néant de la pensée. Christian Estrosi, ancien coureur à motocyclette, recyclé chez Les Républicains a pris la tête du mouvement (pour respecter les différents textes sur le non-cumul des mandats M. Estrosi avait démissionné de son mandat de maire de Nice pour rester uniquement premier adjoint du maire, il s’exprime néanmoins à la place du maire qui brille par son absence, montrant ainsi la faux-jettonerie de cette réglementation).

Les 84 cadavres n’étaient pas mêmes encore transportés à la morgue de Nice que l’ex-coureur à motocyclette accusait le gouvernement d’incompétence, aussitôt relayé par toute une série d’élus qui semblent n’avoir rien d’autre à faire que de rédiger des tweets vengeurs plutôt que de faire le travail pour lequel ils sont rémunérés par les contribuables. La grande majorité des spécialistes en analyse plutôt qu’en polémique-de-plateaux-télévisés semble conclure que ce type d’attentat religieux est quasiment imparable.

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Des accusations sont maintenant portées par la police municipale de Nice qui affirme que le cabinet du ministre de l’Intérieur aurait fait pression sur elle pour modifier le rapport de vidéo-surveillance concernant la présence ou l’absence de la police nationale sur la promenade des Anglais. Ledit ministre a annoncé vouloir porter plainte pour diffamation. Le pire dans cette histoire est que l’on pense les uns comme les autres capables d’être coupables des accusations portées par les autres sur les uns… La Justice passera sur ce débat nauséabond.

La réaction des autorités allemandes lors de l’attentat non religieux de Munich montre une nouvelle fois le chemin de l’intelligence, de la raison et de la mesure. Puissent les élus français s’inspirer de ces comportements ô combien plus responsables. Alors que la fusillade était en cours, les autorités de police  ont, via les réseaux sociaux, informé la population sur ce qu’elles savaient et ce qu’elles ignoraient. Des messages successifs diffusés en plusieurs langues ont donné les conseils de sécurité à suivre en attendant le règlement de l’affaire. Ils ont également démenti les rumeurs diverses qui circulaient et demandé aux internautes de ne pas publier de photos et de vidéos, mais au contraire de les télécharger sur un site de la police.

La chancelière ne s’est pas exprimée tant que l’on n’en savait pas plus, laissant agir la police pour arrêter la tuerie ce qui était l’objectif numéro 1 : la protection des citoyens avant les petites phrases. Ce n’est que le lendemain matin qu’Angela Merkel est apparue sur les écrans. La nuit durant le porte-parole de la police de Munich a fait des points réguliers sur la chasse en cours déclinant un discours calme et efficace.

Décidément, on a vraiment les dirigeants que l’on mérite…

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