Une guerre dévastatrice

Félix/Charlie Hebdo (26/01/2022)

Après plus de trois mois de la guerre initiée par la Russie contre l’Ukraine la réalité de ce conflit apparaît comme celle d’une guerre d’un autre siècle. Les reportages montrent des villes dévastées rappelant les images de Dresde ou de Berlin en 1945. La guerre éclair de frappes chirurgicales s’est transformée en une guerre d’artillerie et de tranchées où l’assaillant noie l’Ukraine sous un tapis de bombes pour casser les infrastructures et briser le moral des Ukrainiens. Rien ne leur est épargné, des écoles, des gares, des hôpitaux ont été bombardés ; des crimes ont été commis dans les villes occupées (viols, exécution de civils, mises en scène de prisonniers…). Les troupes ukrainiennes sont également accusées d’avoir commis certaines exactions, bien qu’en nombre plus réduit.

Bref, le voile est tombé, sur le mythe d’une guerre éclair qui aurait provoqué l’effondrement rapide de l’Ukraine. Les prévisionnistes de tous bords qui ont déjà été surpris de voir la Russie franchir le Rubicon le 24 février en lançant ses troupes à l’assaut de l’Ukraine, sont encore plus ébahis de constater la résilience de la Russie face aux sanctions occidentales et sa capacité à détruire son « pays-frère » sans vergogne et sans remords, sûre de son bon droit impérial, avec pour objectif de le mettre au pas.

Les conséquences économiques sont déjà sensibles dans le reste de la planète, les impacts politiques à terme risquent d’être significatifs pour des générations en opposant L’Est et l’Ouest. Le pire n’est pas exclu, conflit nucléaire ou crise économique mondiale mortifère. Pour l’instant c’est l’Ukraine qui en fait surtout les frais. La décision russe du Kremlin ce 24 février va rester dans l’histoire comme génératrice d’un cataclysme qui va faire pour encore longtemps un sujet d’études pour les politistes et les écoles de sciences politiques.