Guaino le colérique

Il est bien Guaino, le colérique de l’UMP. Alors que le raide-comme-passe-lacet de Bordeaux appelait en juillet à ne pas vilipender la justice suite aux déclarations enflammées anti-juges de Sarko-l’agité, le colérique a répondu : « J’avoue que je commence à être un peu fatigué des leçons de M. Juppé, je le connais depuis trente ans… Je croyais que les épreuves de la vie avaient enfin débarrassé Alain Juppé de cette épouvantable arrogance, de cet épouvantable mépris dont il accable depuis toujours tous ceux qui sont en désaccord avec lui », sympathique allusion à la condamnation pénale du raide-comme-passe-lacet dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Quelques jours plus tard Guaino-le-grognon-colérique a ajouté sur son petit camarade de bac à sable « Son bilan politique est nul… Lorsqu’il était à Matignon, il a mis en trois mois toute la France dans la rue… Le septennat s’est arrêté net. Qui dit mieux ? »

Quelle cacophonie ! Si les entreprises étaient gérées comme les partis politiques il n’y en aurait plus une seule debout mais l’irresponsabilité de notre système politique, et surtout de nos dirigeants, permet à des incompétents de rester en haut de l’échelle, ou à des contestataires de continuer à manger la soupe dans laquelle ils crachent. On a les dirigeants que l’on mérite !

Moonwalk One

Moonwalk One, un sympathique documentaire sorti en 1970 sur l’aventure américaine de la conquête de la lune, plein d’images d’archives de la Nasa encore jamais dévoilé. Quelle époque ! Quelle odyssée !

L’Occident doit-il se mêler de tout, partout ?

La Libye continue à de décomposer en se livrant à des bandes armées se combattant les unes les autres au nom de Dieu, du pétrole, des armes ou tout simplement pour de l’argent. Le pays s’effondre dans le clanisme et la violence. Et revient toujours la même question, après l’Irak, la Centrafrique, avec la Syrie : la communauté internationale (très majoritairement occidentale) doit-elle intervenir pour officiellement établir la démocratie dans des régimes d’un autre âge, et surtout lorsque ceux-ci dépassent les bornes de la décence en matière de répression de leurs peuples ?

Si l’on en juge par les résultats en Irak, en Libye ou en Centrafrique, les buts officiels d’intervention n’ont pas été atteints. Ceux peut-être un peu plus officieux de sortie des dictateurs de l’époque  le sont un peu plus mais les sortis ont été remplacés par le chaos.

On ne sait plus bien ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. La Libye est emblématique de ce dilemme. On peut imaginer qu’il n’y avait pas trop d’arrières pensées dans l’intervention internationale pour empêcher le régime de mettre en œuvre la répression qu’il annonçait, « des rivières de sang ! » pronostiquées par Kadhafi. Et puis une fois le régime renversé la coalition a regagné ses pénates laissant place au chaos.

Gardons confiance dans l’avenir de l’Humanité. Ces pays sont sans doute mieux sans leurs dictateurs qu’avec. Le chemin vers leur démocratie sera long et violent mais ils vont bien y arriver un jour. Et puis, ces interventions extérieures ont au moins le mérite de mettre fin à des règnes personnels, sinon sans fin.

Crash et démocratie

La concomitance de deux catastrophes aériennes impliquant des avions civils illustre si besoin en était les différences de régime entre une vieille démocrate, la France, et une « non-démocratie », l’Ukraine.

L’avion affrété par Air Algérie écrasé au Mali (avec une cinquantaine de français à bord sur les 110 passagers tués) a aussitôt été rejoint par l’armée française présente dans ce pays qui a acheminé des experts sur le site pour l’analyse du crash, et des familles de victimes pour le recueillement.

L’avion de Malaysia Airlines abattu par un missile au-dessus de l’est de l’Ukraine en proie à une guerre civile menée par des forbans sans foi ni loi donne lieu à de sordides discussions sur qui pourra accéder au site, sous la protection de quelles bandes. Des corps et des indices ont été déplacés, des voyous en battle-dress s’affichent dans d’improbables conférences de presse en brandissant des « boites noires » dont ils marchandent la remise aux autorités compétentes. Et pendant ce temps les combats continuent et l’on ne sait toujours pas vraiment quel camp a tiré le missile assassin !

Cats on Tree à Carcassone

Cats on Trees au festival off de Carcassonne (c’est-à-dire gratuit) : un duo français accompagné par un quatuor à cordes. Elle chante en joue du piano, il joue de la batterie et chante. Elle a une voix superbe, entraînante, des accords au piano, graves et romantiques. Une réincarnation d’Amy Macdonald en pianiste. En tout cas, une très sympathique découverte.

Le festival de Carcassonne

C’est la saison des festivals : Massive Attack ce soir dans le théâtre de plein air de la cité fortifiée de Carcassonne ! Magnifique concert, John Baggott, clavier habituel des tournées n’est pas là et pas numériquement remplacé, les chansons sont traitées différemment et 3D ne chôme pas entre ses machines. Le résultat final est un peu plus brutal et encore plus sombre. Une superbe version de Angel qui mêle les trémolos d’Horace et la furie métallique des guitares, Splitting the Atom très réussi et émouvant, comme la performance de Martina chaussée d’incroyables bottes-cuissardes réfléchissantes, brillant de mille feux. En l’absence de claviers certains morceaux ne peuvent être repris et on regrette Atlas Air ou Karma Coma ! Mais d’autres apparaissent que l’on ne reconnaît pas, peut-être des nouveautés ?

Massive Attack revient en France pour la fête de l’Humanité en septembre.

Lire la chronic sur Massive Attack – Ete 2014

Le retour des guerres de religion

Alors que les affrontements idéologiques ont à peu près disparu avec la chute du mur de Berlin, alors que les guerres de conquête sont réduites à quasi-néant après la ridicule indépendance du Kosovo, il nous reste les guerres de religion qui, elles, n’abandonnent rien à la cruauté et la sauvagerie, fidèles à l’arriération qui les caractérise !

Des extrémistes religieux continuent à se battre pour Dieu et à agiter le Moyen-Orient de leurs revendications célestes. Ils restent à ce jour les vrais déclencheurs de guerres chaudes. Les attentats et les enlèvements se succèdent au Pakistan, en Somalie, en Afghanistan, en Irak, au Nigeria, au Mali (voire même en Europe de temps à autre)… Des combattants pour Dieu partout veulent imposer leur loi par la violence puisqu’a priori la méthode douce ne donne pas de résultats en ligne avec leurs objectifs. Et aujourd’hui ils réalisent le miracle de pousser le pouvoir irakien dans les bras des Etats-Unis. Des sunnites attaquent des chiites (ce pourrait être l’inverse d’ailleurs), le dictateur ayant remplacé Saddam Hussein perd pieds, l’armée officielle déserte ou pactise avec l’ennemi du moment et avec armes et bagages, Bagdad se sent assiégée. Alors dans la panique, le dictateur local appelle au secours et demande des frappes aériennes américaines pour enrayer l’avancée des barbus vers la capitale. On croit rêver !

La guerre de religion, un drame de l’ignorance, éduquons les masses et elles oublieront Dieu. Comment éduquer les masses, beaucoup s’y sont cassé les dents ?

La décadence italienne

Berlusconi, le pervers-transalpin de 77 ans, est finalement acquitté en appel de l’affaire de mœurs qui l’impliquait avec des prostitués mineures alors qu’il était au pouvoir. Il s’agit du désormais mondialement célèbre bunga-bunga, en clair des partouzes que le dirigeant italien organisait dans ses villas. Le pervers n’est donc coupable de rien et du coup il revient au premier plan de la vie politique dans son pays malgré son âge avancé. Il reste condamné définitivement pour fraude fiscale.

Ainsi va la vie de nos démocraties : la vieille et noble Italie n’arrive pas à remiser un de ses dirigeants partouzeur et fraudeur et très âgé ! C’est triste.

C’est la débandade au PS

Martine Aubry, maire de Lille, s’en prend à la politique de François Hollande à l’occasion d’une conférence de presse. L’occasion lui est donnée par son opposition à la réforme territoriale.

Avec l’UMP qui se déchire, les écologistes qui se divisent, voici le PS qui continue à afficher ses divisions sur la place publique. C’est étonnant cette incapacité que manifestent les partis politiques en France à s’en tenir à la ligne définie par leurs instances de décision et, surtout, à déballer leurs états d’âme devant une presse friande de ce genre de querelles ! Ils devraient s’inspirer de la vie des entreprises où règne tout de même un peu plus de discipline. Ils en seraient plus efficaces et moins ridicules.

Nomination non méritée

Rigolo : l’Allemagne bloque la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen aux affaires économiques et financières du fait que le garçon a géré les finances d’un Etat membre quand celui-ci ne brillait pas particulièrement pour sa bonne gestion ! Berlin a raison, comment imaginer un responsable économique et financier français à ce poste bruxellois alors que le budget français est déficitaire depuis 40 ans et la République est plus réputée pour ses engagements financiers non tenus que pour sa rigueur financière ? Mais comme si de rien n’était, les dirigeants parisiens, au-delà de tout sens des réalités, réclament un poste pour lequel ils sont définitivement non légitime.

Cerise sur le gâteau, Moscovici s’était fait copieusement détesté à Bruxelles lorsqu’il était ministre des affaires européennes de Jospin, ce qui n’arrange pas son cas.

Irresponsabilité et fiscalité

Le Parlement français s’avisa il y a peu de d’autoriser les collectivités locales à augmenter les taxes de séjour sur les hébergements touristiques. Aussitôt libérée, aussitôt augmentée, aussitôt contestée… et aussitôt abrogée ! Le secteur touristique a crié, Fabius (désormais en charge du commerce extérieur en plus des affaires étrangères) les a soutenus et tout ce petit monde est convenu de revenir au statuquo.

Le problème de cette affaire est que ces taxes devaient, en partie, financer le réseau de transport du Grand Paris. Un financement de quelques milliards d’euros qui part en fumée, ce n’est pas grave, le contribuable y pourvoira.

Il faudra qu’un jour dans ce pays que les contribuables se fédèrent en lobby afin de faire valoir leurs droits face à tous les autres lobbies pour refuser que dès qu’une corporation fait face à un problème on considère que la masse anonyme et taiseuses des contribuables se substituera à l’irresponsabilité desdites corporations !

Shannon Wright – 2014/07/17 – Paris le Nouveau Casino

© Magali Boyer

Shannon Wright toujours fidèle à sa musique tourne en France après la sortie de don dixième album : In Film Sound en 2013, ce soir au Nouveau Casino dans le cadre du Colors Music Estival.

Habillée de ses incontournables jeans et basket, noyée sous ses cheveux roux, dévouée à sa guitare elle est accompagnée d’un bassiste et d’un batteur, mais c’est elle qui tient le devant de la scène. Le concert est sombre et percutant. La guitare claque des accords répétitifs sur lesquels Shannon place sa voix et des mots, pas toujours très gais, sur le monde qui nous entoure. Parfois monte la colère et les six cordes produisent un déluge sonore qui semble échapper à son contrôle, son chant se transforme en cri et on la dirait accrochée à une guitare folle.

Quelques moments de répit lorsqu’elle s’installe au piano pour jouer Bleed :

Won’t somebody/ Come and shade/ This bleeding heart/ It’s so helpless/ And out of shape/ Oh, this heart// So I’ll wait/ I’ll wait for you…

avant de revenir à la violence de l’électricité.

Shannon Wright traîne son inspiration indé sur les (petites) scènes du monde Rock ‘n’ Roll qui n’ont pas encore trop compromis avec la face commerciale de ce business. Vicious Circle est la modeste boutique (française) de production qui arrive encore à aider ces musiciens underground à créer et à survivre. Elle a tourné des années aux Etats-Unis, jouant dans des motels déserts, couchant dans un van. Elle a pensé abandonner la route et la musique, puis elle est revenue vers cette vie, sans doute sans trop d’alternatives possibles. Ce n’est probablement pas l’audience du Nouveau Casino qui va lui permettre de gagner son année, mais au moins a-t-elle encore un réceptacle où exposer son art.

Elle vit recluse en Caroline du Nord avec son fils qu’elle élève seule. On pourrait vouloir la classer dans la catégorie des artistes maudits sauf qu’à la sortie de ses concerts on sait combien la musique donne un sens à sa vie, il n’est que de la voir nous saluer avec reconnaissance, avant de s’éclipser, pour s’en convaincre. Par sa hargne et sa volonté, elle éclaire notre quotidien, elle nous démontre une fois encore que de la noirceur peut sortir un art majeur.

Shannon Wright, une artiste méconnue et sous-estimée.

Warm up : MellaNoiseScape

La religion au Proche-Orient

Israël et la résistance palestinienne recommencent à se taper dessus avec ardeur et la même conviction butée de leur bon droit. Le puit sans fond de la haine inter-religieuse les attire vers l’abîme qui tend vers une profondeur infinie de bêtise et d’irresponsabilité. Chacun développe les mêmes arguments ressassés depuis 1948, recuits au feu des combats sanglants.

Israël pourra continuer à bombarder sans fin les bidonvilles de Gaza que le Hamas toujours renaîtra de ses cendres et continuera à lancer des roquettes au Nord. Le Hamas pourra continuer à faire exploser ses djihadistes dans les rues israéliennes que cet Etat créé par un accord international survivra.

Les extrémistes de tous bords laissent parler les armes et vouent au silence les modérés qui voudraient simplement appliquer les accords d’Oslo et entériner l’existence de deux Etats. Les visionnaires israélien et palestinien qui ont osé braver l’interdit sont morts : Rabbin assassiné par un gamin ultraorthodoxe juif, Arafat, peut-être empoisonné. Depuis la raison a disparu et il n’est plus question que de religion. Le conflit pollue le monde entier et fédère les barbus de tous clans. Qui donc ramènera de l’intelligence là où la religion a pris le pouvoir ?

14 juillet et réconciliation

L’armée algérienne participe au défilé du 14 juillet cette année qui fête également le centenaire du début de la première guerre mondiale à la quelle nombre de pays colonisés par la France ont participé dans le camp de la puissance coloniale. Les habituels esprits chagrins et revanchards s’émeuvent de ce défilé : descendants de pieds noirs, aboyeurs de l’extrême-droite et dernier carré des combattants du FLN. Laissons passer la caravane du défilé ce 14 juillets et réconcilions les peuples qui se sont déchirés !

Les comptes ne sont pas rond à l’UMP

Incroyable : la mise à jour des résultats de la gestion financière de l’UMP par ses responsables, au mieux inconséquente, au pire délictuelle, donne lieu à des attaques personnelles dignes d’une cour de récréation qui seraient risibles si les personnes concernées n’avaient pas vocation à gouverner la France.

Des dénonciations arrivent dans la presse, déclenchent des bordés de tweets et d’incendiaires déclarations à tous les micros médiateux traînant dans les parages de ce parti défaillant. Des salaires ronflants versés à des permanents du parti, des remboursements de frais de voyage à des épouses, les choix d’hôtels de luxe des uns ou des autres. Tout ceci est sans doute vrai, peut-être faux, on ne sait pas et la seule chose incontestable est que le parti est au bord de la faillite et a dépensé beaucoup plus qu’il n’a encaissé au cours de ces dernières années.

Le plus croquignolet concerne la Dati dont la facture de téléphone payée par l’UMP est de 10 000 euros/an. Evidemment tout le monde se demande immédiatement comment on peut dépenser une telle somme en frais de téléphone. La réponse nous est donnée par l’ex-garde des sceaux (à champagne) qui révèle sur Tweeter qu’elle bénéficie d’un fil AFP. La question suivante est : à quoi peut donc bien servir un fil AFP à Rachida qui s’exprime essentiellement par tweets de 20 mots ?

Un florilège de ses inoubliables tweets des 8 et 9 juillet :

Un espoir

Le ministre algérien des affaires religieuses annonce son projet de rouvrir les synagogues dans son pays, fermées depuis la guerre civile déclenchant l’ire des barbus toujours virulents en Algérie. Ce n’est pas encore fait mais voilà un petit rayon de soleil sur l’horizon plutôt sombre de l’entente entre juifs et arabes.

La communauté juive en Algérie ne doit être bien nombreuse. Enrico Macias avait eu plusieurs projets de revenir chanter à Oran, toujours avortés.

L’adhésion de l’Ukraine à l’UE n’est pas raisonable

Les ukrainiens continuent à se déchirer en une simili guerre civile à l’Est du pays entre ceux qui veulent rallier la Russie et d’autres qui préfèrent faire allégeance à l’Union européenne. Le désastre se poursuit, attisé par l’Europe qui continue d’agiter la carotte de l’adhésion devant une nation en ruine ! Les Etats membres ont déjà dû avaler la couleuvre de l’adhésion de Chypre, ile-nation (et paradis fiscal de renom) coupée en deux par une guerre entre la Grèce, Etat membre, et la Turquie, Etat candidat en négociation, et l’on laisse espérer à l’Ukraine une adhésion lointaine. Ce n’est pas sérieux.

Les transports publics ne facturent pas leurs coûts

Un rapport judiciaire accable la SNCF suite à l’accident ferroviaire de Brétigny qui avait fait plusieurs morts en juillet 2013. Il apparaît notamment que les travaux d’entretien et d’investissement sur le réseau ne sont plus menés dans les règles de l’art.

La SNCF et son acolyte RFF (Réseau ferré de France) ont sûrement des choses à se reprocher mais il faudra sans doute un jour que l’Etat (et les électeurs) se demandent s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer les prix de vente des sociétés nationales. Globalement le chemin de fer français est déficitaire et accumule une dette très significative qui est surtout l’effet de l’accumulation d’excès des dépenses par rapport aux recettes. A la fin de l’histoire, le contribuable est garant de cette dette en partie générée pour permettre aux consommateurs de voyager à un prix inférieur aux coûts réels.

Bien sûr SNCF et RFF peuvent sans doute améliorer encore leur gestion, certainement l’immobilisme syndical génère des surcoûts dans ces entreprises, mais le problème le plus fondamental est que les prix de commercialisation ne couvrent pas les coûts d’exploitation, d’où moins de moyens pour entretenir le réseau.

On a grosso-modo les mêmes sujet avec la RATP, EDF et d’autres : à défaut de vouloir faire payer les consommateurs-électeurs, on fait payer les contribuables eux-aussi électeurs. Il n’est pas sûr que le calcul soit efficace.