Attentat religieux en Russie

Une bombe explose dans le métro à Saint-Pétersbourg ce 3 avril, il y a 14 morts et de nombreux blessés. Un premier suspect de nationalité russe a été identifié et se serait fait explosé sur place. Né au Kirghizistan dans la minorité ouzbèke du pays il avait obtenu la nationalité russe il y a quelques années. La Russie entretient des liens historiques avec ses anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale à fortes majorités musulmanes dont une frange extrémiste constitue l’un des premiers bataillons de combattants étrangers en Syrie. D’autres de leur représentants commettent des attentats dans le métro ou ailleurs. A bien des égards on retrouve des similitudes avec la situation française : colonisation/décolonisation mal digérée, marginalisation, bêtise, dérive religieuse et violence nihiliste. Le résultat est toujours le même, l’absence de solution à court terme toujours patent.

La Russie à l’assaut des élections occidentales

L’administration américaine confirme ses accusations contre la Russie qui serait intervenue lors des élections américaines via des manipulations de données informatiques, intrusion dans les systèmes du parti démocrate, vol et publication de documents secrets ou privés. Moscou aurait cherché à favoriser l’élection de Donald Trump plus ouvert aux positions russes que son opposante Hillary Clinton. La Russie et M. Trump contestent cette analyse officielle américaine.

Le problème dans ce genre de situation est que l’on peut croire l’une et l’autre partie largement capable de ce dont elles s’accusent mutuellement : la Russie d’intervenir contre la démocratie et l’administration américaine de raconter des bobards. Ce qui est incontestable sont les attaques informatiques qui ont eu lieu contre les sites du parti démocrate ayant abouti à la publication de toute une série de documents négatifs pour la candidate Clinton. Il semble probable que l’origine de ces attaques vienne de Russie bien qu’il ne soit pas évident de remonter la chaîne des ordinateurs hackers procédant à ce genre d’attaque. Ce qui est encore plus difficile est de démontrer que le pouvoir russe serait le donneur d’ordre. Les services de renseignement américains ont franchi ce pas et l’ont documenté dans un rapport dont une partie vient d’être déclassifiée et publiée.

La Russie, comme nombre d’autres pays de la planète, n’aime pas la démocratie comme système d’organisation de la société. Lorsque ces pays opposants sont des puissances, ils vont plus loin et cherchent à abattre les démocraties. Ce fut l’obsession de l’ex-URSS durant les 70 années de guerre froide et la Russie reprend aujourd’hui le flambeau. Les puissances occidentales ne sont pas non plus restées inactives pour accélérer la fin de l’empire communiste soviétique. Plus récemment elles n’ont pas été en reste pour généraliser de façon assez effrayante l’espionnage des communications de notre civilisation de l’information, y compris en piratant les téléphones portables de dirigeants amis.

Alors que la démocratie occidentale apparaissait comme le système victorieux après la chute du mur de Berlin en 1989 et semblait avoir vocation à être instauré partout sur la planète où il ne l’était pas encore, la situation est significativement différente aujourd’hui trente ans plus tard. Une bonne partie de l’Asie conteste ce système en l’accusant de tous les maux et mène des actions hostiles diverses pour le faire choir. De la Russie à l’Iran en passant par les monarchies religieuses du Golfe persique nombre de pouvoirs de ces pays se retrouvent pour s’attaquer à la démocratie via des actions souvent illégales. Il y a sans doute dans ces attitudes belliqueuses un mélange de jalousie devant la réussite économique et technologique occidentale et de crainte que cette liberté (et sa première manifestation : les élections) s’installe dans leurs propres populations, mettant ainsi la continuité de leur pouvoir en péril.

Il faut vivre avec cette menace, et s’y possible se préparer à y réagir. La démocratie occidentale est un système minoritaire dont le sens de la liberté sonne comme un symbole de décadence aux yeux de ses opposants. Il est illusoire de penser que chacun puisse vivre de son côté sans chercher à nuire à l’autre. L’esprit de compétition et de conquête est un moteur fort de tous temps pour l’Humanité. Rien ne change, il faut juste ne pas perdre la course !

Attentat religieux en Turquie

L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :

N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.

Les empires sont cruels

Après un long siège de la partie rebelle de la ville syrienne d’Alep mené par les troupes gouvernementales locales puissamment appuyées par la Russie slave, l’Iran perse et les milices libanaises arabes du Hezbollah, les dernières résistances sont en train de céder. Il y aura eu plusieurs années de siège, des milliers de morts, une ville, pour autant que l’on puisse en juger sur les images diffusées, réduite en ruines. Ce sera peut-être une étape vers une solution politique qui serait celle du vainqueur militaire. Pas sûr toutefois que cette guerre civile ne s’achève rapidement après une telle fureur. Il ne va pas être facile de se réconcilier après tant de haine.

La Russie s’est engagée dans un combat incertain et sans nuance. L’avenir dira si elle se débrouille mieux dans cet Orient compliqué que l’Occident qui n’a jamais vraiment su faire dans cette région en conflit permanent depuis des décennies. Moscou a déployé une force militaire aveugle au service d’un pouvoir syrien sinistre. Vu à l’aune de nos démocraties occidentales tout ceci est un désastre humain et les images de gamins étouffant sous les gaz de combat au milieu des ruines d’Alep font frémir. L’Orient favorise la force pour imposer la paix là où l’Occident a échoué avec la négociation et les interventions de l’Onu.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie considère le système démocratique comme décadent et inefficace. Voilà juste un siècle que la révolution bolchévique était déclenchée en Russie en 1917. Au cours de ces cent dernières années, l’Union soviétique puis la Russie ont cherché avec constance, et pour le moment insuccès, à détruire la démocratie. L’Histoire continue donc et Moscou déploie une brutalité coutumière pour défendre ses alliés de circonstance au Moyen-Orient.

Les empires sont cruels, souvent criminels. La France est bien placée pour le savoir. La Russie perpétue la tradition. Paris n’a pas fini de payer les conséquences de ses éphémères ambitions impériales. On peut craindre que Moscou ne suive la même voie.

La politique en Russie

Un ex-ministre russe, opposant au pouvoir actuel est assassiné à Moscou sous les fenêtres du Kremlin. La politique est violente dans ce pays, la vie est violente chez les slaves, c’est ainsi et les assassinats politiques ont émaillé son Histoire. Ce ne sera pas le dernier dans un pays qui a laissé tomber la dictature communiste mais pas complétement adopté les règles de la démocratie occidentale. Nous ne sommes d’ailleurs pas à l’Ouest, mais… à l’Est où il n’est pas dit que ces règles soient véritablement bienvenues. On y élit quand même un président de la République qui, en l’occurrence,  s’est fait  élire sur le programme essentiel de rétablir une Russie forte. Les moyens utilisés semblent moins importants pour le peuple et son élu que l’objectif.

La France donneuse de leçons oublie d’ailleurs que les assassinats politiques inexpliqués ont également émaillé son histoire récente : Yann Piat, députée assassinée en 1994, Robert Boulin, Joseph Fontanet, ancien ministre assassiné en 1980, ministre officiellement suicidé mais plus probablement assassiné en 1979, Jean de Broglie ancien ministre assassiné en 1876, sans parler de Pierre Bérégovoy, ancien premier ministre, suicidé en 1993 probablement en partie du fait du harcèlement de campagnes de presse pour un prêt personnel reçu d’un affairiste.

Le problème de fond de ce type de régime, le seul sans doute susceptible d’entraîner la colère populaire, réside dans la spoliation des biens publics par une bande de forbans, les « oligarques » qui ont mis la main sur une bonne partie de l’économie à l’occasion de sa privatisation pots-chute du Mur, qui a plus relevé du hold-up en bande organisée que d’une véritable mise sur le marchés des entreprises publiques.

La démocratie est un tout et c’est aussi parce que l’on assassine moins les opposants que l’on a plus de scrupules à voler le pays. L’état de droit s’applique, en principe, à un comportement général, en politique comme en économie. Lorsqu’on se croit autorisé à flinguer de l’opposant on pense aussi souvent que les biens publics sont à la disposition du plus fort…

Il va falloir payer pour la faillite ukrainienne

La France officialise le fait qu’elle ne livrera pas un bateau de guerre construit pour, et vendu à la Russie, compte tenu de l’ingérence de Moscou dans la guerre civile ukrainienne. Si ce contrat est définitivement rompu ce sera un coût supplémentaire pour les contribuables français après le refinancement de la faillite financière de l’Ukraine qui ne fait que commencer.

Il eut été plus avisé de ne pas vendre d’armes à de faux-amis comme la Russie, qui furent de vrais ennemis 60 années durant. En fait, les vrais amis sont en nombre très limité, l’Europe de l’ouest, les Etats-Unis, l’Australie… et encore considère-t-on l’Allemagne et le Japon comme des pays plus ou moins neutres ou pacifistes de par leurs constitutions. Mais la France vend des armes aux pays du Golfe persique, en Afrique, aux pays de l’Est, une bonne partie n’est d’ailleurs jamais payée par les clients mais financée par les contribuables, et les vrais amis achètent leurs armes aux Etats-Unis.

La survie de l’industrie française de l’armement nécessite sans doute ces compromissions, espérons que ces armes françaises ne se retournent pas un jour contre nous !

La Morano en tout cas, avec la subtilité qu’on lui connaît, sa grand capacité d’analyse politique et sa vision des relations internationales a voté pour la Russie :

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