Corses et fouteballeurs

Corse et fouteballeur, violence et stupidité : deux qualités qui sont finalement assez complémentaires et qui ont encore frappé récemment à l’occasion d’un match entre un club corse et un autre normand. Coups, insultes racistes, menaces diverses, les supporters et joueurs les uns contre les autres et contre les spectateurs. Les autorités en charge de ce sport prononcent des sanctions à l’encontre du club corse jugeant que celui-ci était plus coupable des dérives que son adversaire, hypothèse que l’on ne peut pas complètement exclure.

Aussitôt les dirigeants corses et la presse locale prennent la défense de leurs joueurs. Le parti indépendantiste publie le 21 mai sur son site web le communiqué suivant :

Corsica Libera constate à nouveau avec stupeur que le football français est l’alibi de tous les racismes anti-corses.

Depuis la rencontre avortée entre l’AC Ajaccio et Le Havre vendredi soir, c’est tout un peuple qui est à nouveau montré du doigt et critiqué avec une violence inouïe. En toute impunité, les médias français et leurs commentateurs pour la plupart anonymes des réseaux sociaux font preuve à l’égard des nôtres d’un racisme assumé et sans bornes. Depuis longtemps, les supporters corses, du Sporting Club Bastiais ou d’ailleurs sont les victimes d’un monde ou la présomption d’innocence n’existe pas. D’un monde où tout peut se dire, où toutes les critiques sont permises, où tous les mensonges ont droit de cité.

Corsica Libera soutient et soutiendra toujours tous les corses victimes du racisme et souhaite qu’enfin, celui contre notre peuple, aujourd’hui plus que reconnu et légitimé par nos victoires électorales successives, soit condamné sans délai et avec la plus grande fermeté.

Même le fouteballeur corse est peu compatible avec la République et défend avec efficacité l’indépendance de son île.

Capacité de nuisance comorienne

Le ministre des affaires étrangères a répondu aujourd’hui à une question d’un parlementaire l’interrogeant sur des rumeurs de dîners en villes laissant penser que la République se préparerait à modifier le statut départemental de Mayotte pour tenter d’endiguer le flot irrépressible des migrants illégaux en provenance des îles des Comores. Une telle orientation aurait pour avantage de déférer à plusieurs recommandations de l’ONU demandant à la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Elle aurait par ailleurs comme résultat de mettre fin à la fiction de ce statut de département français qui n’a pas fini de faire souffrir.

Le ministre a expliqué également que l’Union des Comores refusait désormais de réadmettre ses citoyens, illégalement émigrés à Mayotte, département de la République française, et expulsés du territoire français. Cette situation montre par l’absurde qu’il n’est pas toujours facile d’expulser des personnes résidant illégalement en France, malgré les grandes envolées des conseilleurs conservateurs Macron-Le Pen et assimilés. Lorsque le pays d’origine ne veut pas reprendre ses ressortissants il est difficile de lui imposer. On se souvient des fameux « charters Pasqua », en 1986, du nom du ministère de l’intérieur du même nom qui dans un premier temps a fait rentrer les expulsés par des compagnies régulières, puis, lorsque celles-ci ne l’ont plus voulu car cela nuisait au confort de leurs passagers réguliers, sur ces compagnies charters avec des avions complets affrétés pour ce faire, puis, lorsqu’à leur tour les compagnies charter ont décliné, sur des avions de la République avant que l’un d’entre eux ne soit pris d’assaut et sérieusement endommagé par des citoyens maliens sans doute largement téléguidés par leurs dirigeants. Comme le ministre Pasqua n’a pas envisagé de parachuter les expulsés, ces expulsions ont été arrêtées et une négociation ouverte avec le gouvernement malien pour trouver une solution consensuelle.

Dans le cas des Comores, la France vient de décider de stopper la délivrance de visas aux citoyens comoriens voulant se rendre en France. C’est sans doute une façon de montrer ses muscles pour démarrer une négociation mais il ne va pas être facile de trouver un terrain d’entente, pourtant les deux parties auraient intérêt à rendre Mayotte à l’Union des Comores, sauf… les mahorais.

Madame la Députée,
J’ai déjà eu l’occasion de dire dans cet hémicycle que la rumeur sur la communauté d’archipels des Comores était sans fondement. Je vous le redis ici une nouvelle fois, très solennellement. Je regrette qu’un certain nombre d’acteurs continuent de répéter ces rumeurs par voie de presse. Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je vous le redis.
Nous avons aussi été amenés à condamner ici et publiquement les mesures qui ont été prises par les Comores le 21 mars dernier pour interdire les reconduites de Comoriens entrés illégalement à Mayotte. Ces pratiques sont inacceptables.
Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission depuis le 21 mars et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas demandés par les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre.
Ceci n’empêche pas le dialogue et la discussion avec les autorités comoriennes – que je poursuis moi-même directement – afin que ce dialogue permette de lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale, et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores.
J’espère que la confiance et le dialogue que nous souhaitons permettront d’aboutir à ces résultats le plus rapidement possible.
Sachez que nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française.

Lire aussi : Mayotte à la dérive

Le référendum en Nouvelle Calédonie est en route

Les partenaires de l’Etat qui travaillent au futur de la Nouvelle-Calédonie, territoire français d’outre-mer, se sont mis d’accord sur la question qui sera posée au référendum du 4 novembre 2018 aux électeurs de cette île :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Il semble qu’il a été difficile de s’entendre sur la question, mais un accord a été trouvé entre indépendantistes et non-indépendantistes sous l’autorité et l’implication du premier ministre. C’est une bonne chose et démontre un relatif sens des responsabilités des parties. Reste maintenant à savoir quelle sera la réponse apportée à cette question existentielle. Les anticipations sont plutôt en faveur d’un rejet de l’indépendance du fait que la population kanak n’a pas encore dépassée celle des caldoches. Compte tenu des taux de natalité respectifs, ce dépassement arrivera forcément un jour, mais sans doute pas avant le 4 novembre prochain.

Si l’indépendance est effectivement rejetée, ce sera une mauvaise nouvelle, pour l’île et pour la France, et encore des décennies de problèmes à gérer, plus ou moins violemment. Espérons que dans une telle hypothèse, les parties feront preuve du même sens des responsabilités qu’elles manifestent aujourd’hui. Il faudra alors relancer avec subtilité un nouveau processus qui permette l’organisation d’un référendum une fois que les importances respectives des deux populations permettront d’être certain que l’indépendance sera choisie. Ce ne sera pas facile à faire admettre aux caldoches qui estimeront sans doute avoir gagné pour toujours, mais leur victoire, si elle a lieu, ne sera qu’éphémère.

L’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inscrite dans l’avenir, et souhaitable pour tout le monde.

Mayotte à la dérive

L’île de Mayotte, département français, continue à s’enfoncer dans d’inextricables difficultés sociales, économiques et religieuses, qui déclenchent une violence inédite sur ce confetti de l’empire. La fiction de la départementalisation de cette île éclate au grand jour. Rongée par un chômage structurel, soumise à une immigration endémique par les populations des îles alentour attirées par le niveau de vie français et la perspective d’obtenir la nationalité française, loin de tout et surtout de toutes perspectives de développement économique, Mayotte se tourne désespérément vers Paris, à 8 000 km de là, sur le thème : « nous sommes département français et il nous avons les mêmes droits qui si nous habitions à Lyon ou à Brest ! »

C’est juridiquement vrai mais juste impossible à transformer en réalité. Même si la République avait les moyens de transférer les financements nécessaires pour transformer Mamoudzou en Auteuil-Passy cela ne résoudrait pas le problème fondamental de vouloir calquer sur une île du bout du monde, issue de la décolonisation ratée de l’archipel africain des Comores, une organisation de république européenne : c’est perdu d’avance et nous en avons la preuve une fois de plus aujourd’hui, hélas.

La France a, malgré tout, des devoirs vis à vis de cette ancienne colonie à laquelle des dirigeants de rencontre ont fait croire que leur salut résidait dans un statut de département français. Un simple aller-retour à Mamoudzou aurait fait comprendre aux élus félons qui ont voté cette départementalisation qu’ils se fourvoyaient. Nous avons fait montre au mieux d’ignorance, au pire d’incompétence et de faiblesse. Il faut maintenant s’en sortir. La presse bien informée fait allusion à des réflexions gouvernementales qui seraient en cours pour faire évoluer ce statut vers celui d’un territoire spécifique et notamment, trouver une solution pour que toutes les femmes enceintes comoriennes venant accoucher à Mayotte ne bénéficient pas automatiquement de la nationalité française et tarir le flux incontrôlé de cette immigration. Ce sera long et difficile, sans doute bien plus dur qu’une négociation avec la CGT-SNCF car il y s’agit là de véritables situations de détresse mais, comme à la SNCF, le statuquo n’est plus une option. Nos dirigeants vont devoir faire preuve de doigté et personne n’aimerait être à leur place. Il faudrait imaginer un processus similaire à celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, qui s’étale dans le temps et laisse subsister pendant la période de transition un double système, mais celui-ci ne pourrait être que provisoire et se terminera inéluctablement par le retour de la souveraineté des Comores sur Mayotte ce qui est certainement une perspective qui effraie les mahorais.

L’assemblée générale des Nations-Unies a pris plusieurs résolutions enjoignant la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Paris n’en a évidemment rien fait puisque les mahorais « veulent » rester français. Il faudra pourtant y venir un jour.

FANON Frantz, ‘Les damnés de la terre’.

Sortie : 1981 (première édition 1961), Chez : FM / petite collection maspero

« Les damnés de la terre » de Fanon sont au fait colonial ce que « Le capital » de Marx est au fait capitaliste : une analyse fine et fondée de la réalité, un immense espoir que le futur sera meilleur et une terrible désillusion pour ceux qui ont adhéré à cet espoir.

Psychiatre martiniquais né en 1925, il a rapidement pris fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie dans son combat contre la France et développé une pensée tiers-mondiste qui a marqué son siècle et dont « Les damnés… » sont l’œuvre majeure.

Son analyse porte sur les rapports colonisés/colonisateurs, remettant au clair toutes les justifications avancées par les puissances coloniales au sujet de leurs conquêtes. Depuis son poste à l’hôpital de Blida (en Algérie) il observe avec acuité la colonisation française de l’Algérie qui, à cette époque, vit son crépuscule : la violence du colonial sur les masses colonisées, la simple volonté du colonisé non pas d’obtenir le statut du colon mais de prendre sa place, la paresse voire la compromission de la bourgeoisie colonisée qui freine l’élan des masses, la difficulté de construire un sentiment national après des décennies d’asservissement, de fonder un développement économique pour l’après guerre de libération…

Et surtout il analyse tous les écueils que l’entité décolonisée devra affronter pour devenir une véritable nation, et ceux-ci sont légion. Les premières expériences et déconvenues africaines nourrissent sa réflexion : apparition de partis uniques à tendance autoritaires voire dictatoriales, fuite de capitaux des entreprises coloniales, relents de guerre froide, volonté de se définir par rapport à l’ancienne puissance coloniale plutôt que de développer une conscience nationale, apparition d’une caste de profiteurs, recolonisation rampante avec les flots d’experts étrangers se déversant dans tous les secteurs de la nouvelle nation, y compris son armée, tendances à la tribalisassions des nouveaux pouvoirs…

Un chapitre est consacré aux maladies mentales qu’en tant que psychiatre en Algérie durant la guerre il observe et tente de soigner. Il revient notamment sur les troubles mentaux générés par l’usage de la torture, autant sur les torturés que ceux qui ont torturés.

Avec un réalisme un peu désespéré Fanon constate l’ampleur de la tâche et des obstacles à franchir. Le fait colonial a insidieusement corrompu les mentalités des peuples et considérablement accru les difficultés pour se construire.

Pétrit d’analyse marxiste (il rencontrera Sarte qui préface sa première édition, et Lanzmann) il conseille aux nations se battant pour leur indépendance de ne pas suivre l’exemple de l’Europe qui « au nom d’une prétendue ‘aventure spirituelle’… étouffe la quasi-totalité de l’humanité. Regardez-là aujourd’hui basculer entre la désintégration nucléaire et la désintégration spirituelle. Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu’elle tout réussi. »

Dans une conclusion fiévreuse il abjure les nouveaux pouvoirs indépendants, et ceux aspirant à l’être, de ne pas singer ni rattraper l’Europe mais plutôt de « trouver autre chose » dont l’Homme serait le centre :

« Allons frères, nous avons beaucoup trop de travail pour nous amuser des jeux d’arrière-garde. L’Europe a fait ce qu’elle avait à faire et somme toute elle l’a bien fait ; cessons de l’accuser mais disons-lui fermement qu’elle ne doit plus continuer à faire tant de bruit. Nous n’avons plus à la craindre, cessons donc de l’envier…

Pour l’Europe, pour nous-mêmes et pour l’humanité, camarades, il faut faire peau neuve, développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf. »

Il renoncera à la nationalité française pour l’algérienne et décédera aux Etats-Unis d’une leucémie en 1961, à 36 ans, après avoir été soigné à Moscou. Il est inhumé en Algérie. Il n’a donc pas vu comment sa vision décolonisatrice avait été mise en œuvre, ni en Algérie ni dans les pays d’Afrique noire. Il n’a pas eu le temps d’être déçu mais il avait parfaitement anticipé tous les obstacles grâce à sa perception des dysfonctionnements congénitaux de la colonisation, pour en sortir il préconisa l’illusion de « l’Homme nouveau » qui a mal fonctionné, en Algérie comme ailleurs.

Malgré tout ces nations colonisées sont devenues indépendantes ce qui était inévitable et souhaitable, et le but ultime de combattants tel Frantz Fanon. Une pensée puissante !

Dérapage corse, encore…

Un compte tweeter corse publie quelques amabilités adressées à la veuve du préfet Erignac assassiné en 1998 dans cette île accueillante. Son épouse accompagnait récemment le président de la République française venu, entre autre, inaugurer une place « Claude ERIGNAC » à Ajaccio pour le vingtième anniversaire de son meurtre.

Le tweet délicat précisait notamment :

« Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944 réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3e Reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 millions de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salopes françaises. Ach so… »

Il a été retiré au bout de quelques jours et son auteur potentiel, Charles Pierri avec un « i muet », repris de justice, un des dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera est convoqué par la justice qui enquête sur ces injures qui contreviennent à la loi française. Tout ceci est sans surprise  mais le plus regrettable dans cette affaire est que la République ait emmené Mme. Erignac dans cette aventure qui devait forcément mal se terminer pour elle.

Pourquoi ouvrir une place « Claude Erignac » en Corse ? Elle sera sans doute régulièrement taguée et dégradée, puis rebaptisée après l’indépendance. Il eut été plus avisé de rendre hommage à ce préfet sur le continent, pourquoi pas à Paris, ce qui aurait été bien plus avisé et respectueux et, accessoirement, plus pratique et confortable pour que la famille Erignac vienne y rendre hommage à son défunt. Vouloir imposer les symboles de la République à des gens qui n’en veulent pas ne fait que provoquer aigreur, difficulté et violence. On vient de commencer à y gouter avec ce tweet pour le moment anonyme.

Toujours plus

Le président de la République française vient de passer deux jours en Corse pour répondre aux revendications du pouvoir régional autonomo-indépendantiste. En gros il a refusé l’amnistie des prisonniers dits « politiques » tout en envisageant de pouvoir leur faire exécuter leurs peines dans leur île pour certains d’entre eux. Il a expliqué par ailleurs qu’il était en faveur d’inclure dans la prochaine réforme constitutionnelle la mention de la Corse, exigence très ancienne dont on se demande d’ailleurs ce qu’elle changera dans la vie de l’île (la mafia fait beaucoup plus de mal à cette région que son absence de mention dans la constitution…). Enfin, il refuse le principe d’une co-officialité de la langue corse avec la langue française d’un statut de « résident corse ».

En réalité la partie constitutionnelle ne prête pas vraiment à conséquence puisque ce n’est ni le président ni les élus corses qui décideront de la réforme à apporter à la loi fondamentale. En effet, toute réforme est votée soit par le congrès (assemblée national plus sénat) à la majorité des deux-tiers, soit par les électeurs français (et pas uniquement corses). Donc on peut s’agiter dans les palais pavoisés de la République à Ajaccio ou ailleurs, à la fin il faudra bien passer au vote et demander à la Nation si elle est d’accord pour accorder un statut spécifique à cette île irréductible. Globalement on peut anticiper que ni le « peuple français » ni ses représentants élus n’y sont prêts.

Le président Macron a dit ses quatre vérités à la Corse dans un discours ferme rappelant notamment toutes les incohérences des élus de cette île qui veulent le beurre et l’argent du beurre, être français pour les subventions et corses pour déterminer une fiscalité propre, notamment. Il a expliqué que l’île dispose déjà d’un statut spécial qu’il convient de mettre à profit pour travailler au développement économique, que pour la langue corse il suffit de l’apprendre aux enfants à la maison (ce qui n’est plus fait), etc. Bref, il a parlé réalité à des gens qui pensent symbole. Evidemment cela fait plaisir à entendre sur le moment mais cela ne règle en rien le futur. Ses positions sont mal reçues par les élus locaux qui n’obtiennent qu’une partie de ce qu’ils demandaient et voulaient faire croire qu’ils allaient tout emporter. Jeu de rôles plutôt classique qui déclenche un communiqué rageur du parti indépendantiste Corsica Libera auquel appartient le président de l’assemblée corse Jean-Guy Talamoni avec un « i muet ». On y parle des discours « haineux, provocateurs et méprisants » du président, de son « attitude négationniste de la question corse » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La France est responsable de tout et la Corse de rien !

« Que le gouvernement français n’en doute pas, Corsica Libera ne reniera jamais les engagements pris devant la Nation corse et se battra toujours pour défendre les intérêts de son peuple, le peuple corse. »

Ce communiqué démontre par l’absurde que la direction prise par la République n’est pas la bonne. Ce « peuple corse » n’est pas intégrable dans la République et il aurait fallu effectivement avancer vers un statut pré-indépendance sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie. Ce micro-parti Corsica Libera est certes très minoritaire en nombre de voix mais il est sans doute majoritaire dans les cœurs si l’on en juge par l’absence quasi-totale d’opposition locale à ses propos et théories. Nous sommes repartis pour des années de conflit, voire une reprise de la lutte armée, et, on reviendra forcément un jour à l’idée d’indépendance de la Corse.


Communiqué de Corsica Libera (parti indépendentiste corse)

Rédigé le Samedi 10 Février 2018 à 12:00

« L’impunité de l’Etat en Corse, cela aussi doit cesser ! »

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Une roquette politique

Les indépendantistes corses réclament, parmi moult revendications, le transfèrement des détenus « politiques corses » dans des prisons de l’île. La femme de l’un d’eux explique qu’il est détenu sur le continent et que cela lui impose des dépenses de déplacement mensuelles de 700 EUR pour aller le visiter au moins une fois par mois. Au journaliste qui lui demande de quoi est coupable son mari prisonnier « politique », elle répond :

Heu… c’est politique. Il a tiré une roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie c’est l’Etat, c’est donc politique, voilà !

Il ne va pas être bien facile de partager une telle conception de la politique !

Pendant ce temps, le chef de l’exécutif corse (sorte de gouvernement local aux petits pieds), Gilles Siméoni avec un « i muet », envahit les plateaux télévisés pour expliquer comment la Corse vit un moment historique que le continent doit saisir pour réussir une transition en donnant plus d’autonomie (mais toujours autant de sous) à son île. Il le fait de façon plutôt avisée et apaisée, cherchant à rassurer les spectateurs en présentant la coopération avec la Corse comme une grande chance que Paris ne devrait pas laisser passer.

Son alter-égo, chef de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni avec un « i muet » est lui ouvertement indépendantiste, il parle de la France comme d’un « pays ami », mais se cache un peu à l’ombre de Siméoni avec un « i muet », plus consensuel.

Tous les deux affichent ostensiblement dans leurs bureaux d’élus les drapeaux corse et européen, mais pas le drapeau de la République française. Ils doivent rencontrer en Corse la semaine prochaine le président de la République pour tenter de faire valoir leurs revendications et prendre la route de l’indépendance, même si à très long terme. Les électeurs corses ont voté pour cette alliance autonomiste-indépendantiste, il faut les entendre avant que la nervosité ne ressaisisse cette population clanique à la violence endémique qui n’a jamais accepté et probablement n’acceptera jamais sa francité. La Constitution permet cette prise de distance pourvu qu’elle soit approuvée par une réforme dûment votée par un Congrès ou un référendum.

La Corse s’éloigne


Le nouveau pouvoir régional corse poursuit avec insistance son offensive contre la République. De façon plutôt avisée l’exigence d’indépendance n’est plus officiellement mise en avant, bien que toujours prégnante, au profit de la demande « d’autonomie politique », moins effrayante pour les électeurs locaux qui craignent pour leur niveau de vie. S’y ajoutent des revendications concernant la « langue corse » qu’il veut à l’égal de la langue française constitutionnelle, un statut de « résident corse » qui, notamment interdirait l’achat d’un bien immobilier à quiconque n’a pas déjà résidé cinq ans en Corse, ainsi que la mention de l’île dans la Constitution.

Cette quête permanente de reconnaissance et d’individualisation est véritablement l’une des caractéristiques des habitants insulaires, quelle que soit leur histoire, coloniale ou pas, et leur géographie, tropicale ou non. Le problème de la Corse dure depuis des décennies et ne semble pas soluble dans le cadre français actuel. On peut maintenant conclure que cette île et ses habitants ne sont pas intégrables dans la République et que s’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité de manifester leur vraie volonté d’indépendance il faut envisager de leur concocter un régime spécial pour essayer de réduire leur capacité de nuisance et de contamination vis-à-vis du reste du pays. Pourquoi ne pas leur proposer un statut de territoire similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie sur lequel ils pourraient parler leur langue et régler leurs affaires locales selon leurs méthodes. Cela se fait à Nouméa qui a même un drapeau officiel reconnu, pourquoi pas à Ajaccio ?

Evidemment, pour être accepté par le reste de la population française il faudrait que ce statut d’autonomie soit également assorti de transferts de responsabilités, c’est-à-dire que l’ile autonome ne puisse pas se retourner vers le continent pour quémander les droits dont bénéficient le reste de la population dans le cadre de la Constitution sans en assumer aussi les devoirs conséquents. Soit l’on est régi par les articles standards de la Constitution, soit par des articles particuliers, mais on ne peut pas prendre ce qui intéresse dans les deux et rejeter ce qui dérange. C’est ainsi que si ce statut de « résident corse » était considéré il faudrait bien entendu que sa réciprocité soit mise en place : un citoyen français né en Corse ne devrait pas pouvoir acheter un bien immobilier sur le continent s’il n’y a pas résidé au moins cinq ans.

Une modification de la Constitution pour y mentionner un statut de la Corse, quel qu’il soit, devrait d’ailleurs être voté soit par le Congrès à la majorité des deux-tiers, soit pas référendum. Il faudrait donc qu’un projet d’autonomie pour 300 000 corses soit voté par 65 millions de français ou par leurs représentants, il faudra donc y inclure des compromis acceptables par tous. Il n’est pas sûr que le pouvoir régional corse actuel qui se sent le vent en poupe y soit disposé. Quant au pouvoir central il est comptable de l’unité du pays et doit la préserver.

Une nouvelle fois, l’exemple de la Nouvelle Calédonie devrait servir de guide pour essayer d’atténuer la nuisance que font peser 300 000 citoyens sur 65 millions de leurs congénères. Ceci étant dit, l’ile pacifique doit de prononcer cette année par référendum local sur son indépendance et les sondages actuels prédisent, hélas, que la victoire du « oui » est loin d’être acquise.

Ca flingue en Corse

Un énième règlement de compte à l’aéroport de Bastia laisse sur le carreau un mort et un blessé grave dans un état désespéré. Le premier venait de terminer une peine de quatre années de prison pour préparation d’un meurtre d’un parrain local. Il était baptisé du sympathique surnom de « Tony le Boucher ». Le second était en permission avant de réintégrer sa prison où il avait été condamné dans la même affaire que son camarade. On ne connaît pas les détails ni les commanditaires de cette nouvelle tuerie corse, mais le cv des protagonistes et le mode opératoire de leur assassinat laissent penser que l’on est au cœur d’une affaire mafieuse insulaire comme il y en a si régulièrement.

La puissance publique, et encore moins le pouvoir ni la population corses, n’ont su endiguer cette violence endémique. Cela pose le problème général d’un « peuple » qui n’a pas su maîtriser la violence primaire de ses membres et encore moins faire sortir son économie des mains des clans mafieux. Cela en tout cas réduit significativement la crédibilité des partis indépendantistes qui ont su parfois employer cette violence à leur profit quitte à copiner avec les mafieux.

Pas sûr qu’ils n’arrivent mieux à régler ce problème une fois l’indépendance acquise !

Les iles françaises en route vers l’indépendance

Après avoir élu trois députés « nationalistes » en juillet dernier la Corse poursuit sa route vers l’indépendance en donnant un succès électoral aux partis indépendantistes. Comme dans d’autres iles françaises, la population corse veut s’émanciper de la tutelle française qu’elle estime « coloniale ». Les antillais, les polynésiens, les réunionnais et autres guyanais partagent avec les corses le même rejet de la France, plus ou moins conscient, mais toujours exprimé de façon assez clair dans leurs actes et façons d’être. Ils ont tous également la certitude qu’ils pourront mieux vivre loin de la France, quitte à continuer à en recevoir des subsides de ses contribuables.

Le temps n’a rien fait pour inverser ce courant. Les poussées de violence politique sont régulières et inquiétantes dans ces confettis de l’Empire, certains territoires sont de plus la proie de clans mafieux qui font parler les armes pour préserver leurs intérêts économiques, la Corse étant un modèle du genre. Faut-il chercher à garder contre leur gré des populations qui veulent s’éloigner ? Sans doute pas, ce n’est l’intérêt de personne. Il faut plutôt essayer d’accompagner doucement ces populations à prendre leurs responsabilités, à transformer en acte émancipateur le ressentiment qu’elles vouent à l’hexagone.

La Nouvelle-Calédonie va y arriver, la Corse en prend le chemin, les Antilles, la Guyane et la Réunion suivront si les choses se passent bien. Et il faut faire qu’elles se passent bien. Le référendum d’indépendance prévu en Nouvelle-Calédonie en 2018 sera une étape clé à cet égard.

Evidemment, une fois l’indépendance acquise par ces iles rebelles, le risque existe que d’autres régions, cette fois-ci métropolitaines, veuillent aussi prendre la poudre d’escampette. Il faudra faire preuve de doigté politique pour que l’hexagone reste… hexagonal, mais lutter pour garder au sein de la République des populations dont la tendance naturelle les porte vers l’émancipation est une bataille perdue d’avance dans laquelle il n’y a que des coups à prendre et des coûts à charger aux contribuables.

Les encagoulés à l’assaut

Des heurts violents sont rapportés en Corse entre des natifs appartenant au soi-disant Peuple corse et des populations issues de l’immigration. L’étincelle qui a déclenché ces nouvelles bagarres aurait été la photo prise par un touriste d’une femme voilée se baignant en maillot de bain islamique. On connaît la grande affection que portent les corses à tout étranger, ceux venant du continent et encore plus pour ceux venant d’Afrique du Nord. Ils mettent sans doute d’ailleurs les uns comme les autres dans le même sac des étrangers qui ne devraient pas fouler la terre corse.

Il y a peu après l’attentat terroriste religieux islamique de Nice (85 morts et de nombreux blessés), les encagoulés du FLNC ont produit une vidéo où ils s’affichent comme à leur habitude avec armes et tenues kakis en expliquant aux terroristes islamistes qu’ils répondraient à toute attaque de leur territoire :

Votre philosophie moyenâgeuse ne nous effraie pas… Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d’âme.

On sait qu’effectivement les états d’âme n’embarrassent pas trop le mouvement indépendantiste qui entend faire la police sur son territoire en attendant son indépendance. L’avenir dira s’il effraie ou pas les terroristes islamiques.

La Corse en route vers son indépendance

Jean-Guy TALAMONI (avec un « i » muet), président de l’assemblée de Corse, déclare au sujet de la non reconnaissance de la langue corse par la République :

La France a une position un petit peu isolée sur ce type de positions en Europe… Je dis la France, qui est un pays ami… Vous savez bien que je suis indépendantiste donc personne n’est surpris que je tienne de tels propos et ce ne sont pas du tout des propos provocateurs ou agressifs à l’égard de qui que ce soit.

En 1996, Raymond BARRE assénait son célèbre :

Si les Corses veulent leur indépendance, qu’ils la prennent.

La sortie de TALAMONI (avec un « i » muet) a provoqué beaucoup moins d’émoi que celle de BARRE vingt ans plus tôt, signe que les mentalités évoluent mais il reste encore un long travail de sensibilisation avant d’aboutir à une indépendance apaisée. Le plus difficile sera encore de convaincre les corses eux-mêmes de voter pour leur indépendance nationale. Pour le moment la majorité silencieuse reste dans l’entre deux eaux ambiguë de son indécision électorale, tout en soutenant la cause moralement et par ses actes. Cette majorité joue sur les mots, privilégiant l’autonomie versus l’indépendance, voulant, en gros, le divorce mais avec pension alimentaire

Des engagements financiers de la France amie devraient permettre de rassurer les électeurs. Il ne serait pas illégitime que le contribuable métropolitain finance la route vers l’indépendance de la Corse comme il le fait depuis des décennies pour celle de la Nouvelle-Calédonie. Il faut transférer des pouvoirs et des sous à la Corse, certes, mais il faut aussi et surtout lui transférer de cette responsabilité dont elle manque si cruellement, se tournant vers les contribuables français amis dès que quelque chose ne tourne pas rond dans cette Ile de beauté. La route sera très longue mais il faudra bien l’entamer un jour. Les circonstances politiques actuelles s’y prêtent comme jamais. Le moment est venu de véritablement mettre le sujet sur la table et de définir une feuille de route vers l’indépendance. Cela a été fait avec Nouméa, faisons-le avec Ajaccio.

Radicalisation en Corse

Pour une Corse indépendante

Radicalisation corse

Le serment du président de l’Exécutif, du président de l’Assemblée et des conseillers exécutifs :

Voi, Presidente di l’Esecutivu di Corsica

Presidente di l’Assemblea di Corsica

Cunsiglieri di u guvernu di Corsica

Eletti da a vuluntà di u populu corsu, legittimamente maestru di sè stessu, site chjamati in stu ghjornu di u 17 di dicembre di l’annu 2015 à purtà ghjuramente nantu à a Ghjustificazione di a Rivuluzione di Corsica, di difende sempre è in ogni circunstanza, l’interessi di u nostru populu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u più grande rispettu di l’interessu generale è à prò di u populu corsu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù onestistà, ghjustizia, probità, equità, è integrità.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cunsiderendu cù listessu rispettu u fattu magiuritariu è u parè di a minorità, è essendu primurosi di e cunvizzione diverse.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u penseru cuntinuu di a trasparenza, è u rispettu di i fundami democratichi è umanisti.

Facciu ghjuramentu di travaglià d’aduprà e mo funzione in u quadru universale di u diritttu di i populi à amaestrà à modu liberu u so destinu.

Ce serment a été prêté sur le livre La Giustificazione, écrit au XVIIIème siècle formalisant les principales orientations de l’Etat corse indépendant, dirigé par Pasquale Paoli. Tout un programme pour un serment que les élus corses ont mis en place pour l’occasion puisque bien entendu il n’a aucun caractère légal ou obligatoire. Il n’est pas interdit non plus.

Pour ceux qui n’auraient pas tout saisi voici la traduction du discours en langue étrangère :

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le respect absolu de l’intérêt général et au service du peuple corse.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions avec honnêteté, justice, probité, équité et intégrité.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions en considérant avec la même attention le fait majoritaire et l’opinion de la minorité, et en respectant la diversité de toutes les convictions.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le constant souci de la transparence, et le respect des droits et principes démocratiques et humanistes.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le cadre universel du droit des peuples à maitriser librement leur destin.

Il faut aider ces élus courageux à tenir leur serment au service du droit universel des peuples à disposer d’eux-mêmes et les accompagner en douceur vers cette indépendance qu’ils appellent de leurs vœux.

Pour une Corse indépendante

Après la défaite de Virginie Calmels, les résultats des élections régionales du week-end dernier révèlent une seconde bonne nouvelle, c’est la victoire des indépendantistes corses pour leur collectivité territoriale. Il faut maintenant souhaiter que cette région s’achemine paisiblement vers son indépendance, ou son rattachement à une autre Etat, mais en tout cas son détachement institutionnel de la République française.

Cette indépendance de l’Ile de Beauté est souhaitée par ses habitants puisqu’ils ont voté pour, et souhaitable pour la France. Elle sera profitable pour tous et n’empêchera pas de conserver des relations diplomatiques cordiales entre les Etats, ni aux français qui le souhaitent de passer leurs vacances sur les magnifiques plages de cette ile méditerranéenne.

Oui l’indépendance de la Corse doit être l’objectif à terme de la nouvelle majorité de la collectivité territoriale. Plus rien ne s’y oppose désormais. Les obstacles juridiques et techniques doivent pouvoir être résolus progressivement par une véritable volonté politique.

La SNCM à l’eau

Ca y est, la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM) a déposé son bilan. Après avoir frôlé nombre de fois la faillite et avoir à chaque fois été sauvée par le contribuable national, la société et ses dirigeants jettent l’éponge et ils n’ont guère de solution alternative car il n’y a plus de sous dans la caisse. Le contribuable, ni les clients, ni les banques, ni les actionnaires privés ne veulent remettre de l’argent dans le trou financier sans fond de la gestion de cette compagnie proprement ingérable ! Le service de transport maritime entre la Corse et le continent est pour le moment assuré par d’autres compagnies et l’ile devrait pouvoir se passer de la SNCM qui renaîtra bien sous une forme ou une autre, mais cette fois-ci sans participation publique.

Au-delà du sort malheureux de cette compagnie et de ses salariés, cette navrante situation illustre l’incompatibilité entre des copinages politiques et syndicaux avec le management serein d’une société dans l’économie libérale. Circonstance aggravante, le contexte corse rend les choses encore plus inextricables et désespérantes. Le comportement de personnels et de syndicats qui se croient tout permis, y compris l’enlèvement de navires, pour faire valoir leurs revendications politiques, parfois indépendantistes, a rendu toute solution classique strictement impossible à mettre en œuvre. La société coule et le contribuable est fatigué, mais on peut toujours aller et venir en Corse, c’est l’essentiel.

Gageons que l’exemple de la Nouvelle-Calédonie qui s’achemine vers une indépendance sereine donnera de bonnes idées à la Corse qui pourra ainsi gérer comme elle l’entend ses compagnies de transport.

Le renoncement corse

Les encagoulés corses du Front de libération nationale corse (FLNC) publient un communiqué de 14 pages (en grosses lettres) pour annoncer leur renoncement à la lutte armée. Le style du texte est intéressant et fleure bon les tracts de la Gauche Prolétarienne et autres groupuscules contestataires des années 60/70. On y retrouve une dialectique d’un autre âge et des références aux aspirations légitimes de notre peuple, au combat du Général Pasquale Paoli, à la colonisation de peuplement mise en œuvre pour diluer l’identité corse, à l’Etat français jouant cyniquement [de nos divisions], de la reconquête de notre souveraineté, de l’Etat policier français manipulateur, de système déliquescent qui gangrène aujourd’hui la Corse, de construction d’une force politique pour gouverner la Corse et la conduire à l’indépendance, des droits nationaux du peuple corse, etc. etc.

Ce communiqué est relativement réaliste dans le constat qu’il fait de la transformation de la revendication politique indépendantiste en un embrouillamini illisible où se percutent le grand banditisme, le combat politique, les nuitsbleues et leurs plasticages. Sur les chemins de la Gauche Prolétarienne de Benny Lévy qui s’est dissoute en 1973 lorsque la violence de ses militants commençait à devenir incontrôlable.

Le FLNC rend un hommage à Michel Rocard, exception notable à ces politiques turpides… il démontrait en cela, qu’il pouvait exister des hommes politiques français honnêtes et courageux. Décidément ce Rocard eut une vision intelligente de nos confettis de l’Empire. Louons Rocard et accompagnons tranquillement la Nouvelle-Calédonie et la Corse vers leur indépendance si chèrement désirée. Cela donnera sans doute aussi de bonnes idées aux Antilles et à la Guyane.

Mais le FLNC appelle à l’arrêt de la violence et demande à ses militants de rejoindre les partis politique prônant l’indépendance et le texte se termine : « Nous avons pris nos responsabilités, la Corse a pris ses responsabilités, les représentants de la France auront-ils le même courage, celui qui appartient à ceux qui font l’Histoire ? »

Et pendant ce temps la SNCM, société semi-publique de transport maritime entre le continent et la Corse est une nouvelle fois en grève. La compagnie ne survit depuis des années que sous perfusion de l’argent du contribuable national et aurait dû déposer son bilan depuis des lustres. Elle aurait besoin de nouveaux bateaux pour repartir sur un bon pied et se tourne vers l’Etat pour les financer… Vieille histoire qui se termine généralement par un déboursement des contribuables en faveur de la compagnie maritime, mais il semble que cette fois-ci les caisses de l’Etat soient aussi vides que celles de la SNCM. Histoire à suivre sous peu.

Lire le communiqué : Communiqué du FLNC – juin 2014

Faillites en Corse

Nos amis corses continuent à faire des leurs. L’assemblée de Corse a adopté en ce mois d’avril 2014 par 29 voix contre 18, et 4 abstentions, un rapport sur la protection du patrimoine foncier qui annonce la création du statut de « personne attachée au territoire corse ». Il s’agit en gros de limiter le droit d’acquérir des résidences à des personnes non-attachées au territoire corse ne pouvant pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située en Corse, durant une période minimale de cinq années. » Si jamais la Constitution française et le droit européen acceptait une entorse de ce type à la liberté d’établissement, la morale voudrait que l’on prenne immédiatement une mesure réciproque qui limiterait pour les personnes attachées au territoire corse leur droit d’acquérir une résidence hors de Corse si elles ne peuvent pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située dans le département où elles veulent acheter, durant une période minimale de cinq années. »

Et pendant ce temps le feuilleton de la SNCM se poursuit. La compagnie maritime exsangue, à moitié en faillite, toujours entre deux grèves, affichant un conflit ouvert entre sa direction et l’actionnaire principal, sous le coup d’une condamnation européenne à rembourser 440 MEUR de subventions reçues du contribuable français et jugée contraire aux règles de libre-concurrence, la SNCM donc est à nouveau au bord du dépôt de bilan. Mais de toutes parts fusent les injonctions à l’Etat « de prendre ses responsabilités », c’est-à-dire de faire payer le contribuable nationale avant le naufrage final, sans s’inquiéter cette fois-ci de savoir si ledit contribuable est une « personne attachée au territoire corse ».

Cette société anciennement publique avait été mal privatisée sous un gouvernement Chirac. Comme personne n’en voulait, l’Etat avait finalement mis au point un montage où il gardait 25% du capital, où un groupement entre Veolia (privée) et la Caisse des dépôts et consignations (publique) prenait 66% et le personnel avait les 9% restant. Comme c’était à craindre cette société est restée ingérable, par le secteur privé comme public, la pétaudière ambiante s’est aggravée et l’on revient toujours faire manche chez le contribuable national. Economiquement il faudrait fermer cette compagnie et favoriser une saine concurrence entre vraies sociétés maritimes privées comme il en existe tant sur la Méditerranée. Mais la Corse est la Corse, et jusqu’ici elle a toujours réussi à faire payer la République pour maintenir ses spécificités. Il est à craindre que cela ne continue encore longtemps…

Le conseil constitutionnel balise

Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

…Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

Accompagnons la Corse vers une indépendance bien méritée

L’assemblée corse se prononce pour une réforme constitutionnelle pour accroître encore le statut spécifique de l’ile. Elle a raison, il convient d’assimiler la Corse à la Nouvelle Calédonie (Titre XIII de la constitution) et accompagner calmement ces deux iles vers leur indépendance.

Déjà, il a quelque semaines, cette même assemblée corse avait souhaité qu’un droit de préférence soit accordé aux corses d’origine pour le droit de propriété. C’était une bonne idée pour peu qu’elle soit associée, en miroir, à une disposition équivalente marquant un droit de préférence aux non corses d’origine pour la propriété foncière sur le reste du territoire de la République.

Et encore auparavant, l’assemblée nationale avait voté la prolongation du statut d’exonération de droits de succession des biens immobiliers en Corse (existant depuis 1801) mais cette disposition avait été rejetée par le conseil constitutionnel, comme l’avait également été, il y a plusieurs années, la mention de peuple corse dans la constitution.

Il y a donc une relative unanimité dans la classe politique et les élus sur le fait de sortir cette ile du statut standard des départements républicains puisque même les députés de la République votent à la majorité la poursuite d’exonérations fiscales difficilement justifiables en ces temps de disette budgétaire. Allons jusqu’au bout et déléguons plus de pouvoirs, et de responsabilités, à la Corse, comme cela est fait aux territoires d’outre-mer dans le Pacifique. Et s’il faut constitutionnaliser ces transferts, faisons le de façon transparente face à la Nation.