Dérapage corse, encore…

Un compte tweeter corse publie quelques amabilités adressées à la veuve du préfet Erignac assassiné en 1998 dans cette île accueillante. Son épouse accompagnait récemment le président de la République française venu, entre autre, inaugurer une place « Claude ERIGNAC » à Ajaccio pour le vingtième anniversaire de son meurtre.

Le tweet délicat précisait notamment :

« Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944 réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3e Reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 millions de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salopes françaises. Ach so… »

Il a été retiré au bout de quelques jours et son auteur potentiel, Charles Pierri avec un « i muet », repris de justice, un des dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera est convoqué par la justice qui enquête sur ces injures qui contreviennent à la loi française. Tout ceci est sans surprise  mais le plus regrettable dans cette affaire est que la République ait emmené Mme. Erignac dans cette aventure qui devait forcément mal se terminer pour elle.

Pourquoi ouvrir une place « Claude Erignac » en Corse ? Elle sera sans doute régulièrement taguée et dégradée, puis rebaptisée après l’indépendance. Il eut été plus avisé de rendre hommage à ce préfet sur le continent, pourquoi pas à Paris, ce qui aurait été bien plus avisé et respectueux et, accessoirement, plus pratique et confortable pour que la famille Erignac vienne y rendre hommage à son défunt. Vouloir imposer les symboles de la République à des gens qui n’en veulent pas ne fait que provoquer aigreur, difficulté et violence. On vient de commencer à y gouter avec ce tweet pour le moment anonyme.

Toujours plus

Le président de la République française vient de passer deux jours en Corse pour répondre aux revendications du pouvoir régional autonomo-indépendantiste. En gros il a refusé l’amnistie des prisonniers dits « politiques » tout en envisageant de pouvoir leur faire exécuter leurs peines dans leur île pour certains d’entre eux. Il a expliqué par ailleurs qu’il était en faveur d’inclure dans la prochaine réforme constitutionnelle la mention de la Corse, exigence très ancienne dont on se demande d’ailleurs ce qu’elle changera dans la vie de l’île (la mafia fait beaucoup plus de mal à cette région que son absence de mention dans la constitution…). Enfin, il refuse le principe d’une co-officialité de la langue corse avec la langue française d’un statut de « résident corse ».

En réalité la partie constitutionnelle ne prête pas vraiment à conséquence puisque ce n’est ni le président ni les élus corses qui décideront de la réforme à apporter à la loi fondamentale. En effet, toute réforme est votée soit par le congrès (assemblée national plus sénat) à la majorité des deux-tiers, soit par les électeurs français (et pas uniquement corses). Donc on peut s’agiter dans les palais pavoisés de la République à Ajaccio ou ailleurs, à la fin il faudra bien passer au vote et demander à la Nation si elle est d’accord pour accorder un statut spécifique à cette île irréductible. Globalement on peut anticiper que ni le « peuple français » ni ses représentants élus n’y sont prêts.

Le président Macron a dit ses quatre vérités à la Corse dans un discours ferme rappelant notamment toutes les incohérences des élus de cette île qui veulent le beurre et l’argent du beurre, être français pour les subventions et corses pour déterminer une fiscalité propre, notamment. Il a expliqué que l’île dispose déjà d’un statut spécial qu’il convient de mettre à profit pour travailler au développement économique, que pour la langue corse il suffit de l’apprendre aux enfants à la maison (ce qui n’est plus fait), etc. Bref, il a parlé réalité à des gens qui pensent symbole. Evidemment cela fait plaisir à entendre sur le moment mais cela ne règle en rien le futur. Ses positions sont mal reçues par les élus locaux qui n’obtiennent qu’une partie de ce qu’ils demandaient et voulaient faire croire qu’ils allaient tout emporter. Jeu de rôles plutôt classique qui déclenche un communiqué rageur du parti indépendantiste Corsica Libera auquel appartient le président de l’assemblée corse Jean-Guy Talamoni avec un « i muet ». On y parle des discours « haineux, provocateurs et méprisants » du président, de son « attitude négationniste de la question corse » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La France est responsable de tout et la Corse de rien !

« Que le gouvernement français n’en doute pas, Corsica Libera ne reniera jamais les engagements pris devant la Nation corse et se battra toujours pour défendre les intérêts de son peuple, le peuple corse. »

Ce communiqué démontre par l’absurde que la direction prise par la République n’est pas la bonne. Ce « peuple corse » n’est pas intégrable dans la République et il aurait fallu effectivement avancer vers un statut pré-indépendance sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie. Ce micro-parti Corsica Libera est certes très minoritaire en nombre de voix mais il est sans doute majoritaire dans les cœurs si l’on en juge par l’absence quasi-totale d’opposition locale à ses propos et théories. Nous sommes repartis pour des années de conflit, voire une reprise de la lutte armée, et, on reviendra forcément un jour à l’idée d’indépendance de la Corse.


Communiqué de Corsica Libera (parti indépendentiste corse)

Rédigé le Samedi 10 Février 2018 à 12:00

« L’impunité de l’Etat en Corse, cela aussi doit cesser ! »

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Une roquette politique

Les indépendantistes corses réclament, parmi moult revendications, le transfèrement des détenus « politiques corses » dans des prisons de l’île. La femme de l’un d’eux explique qu’il est détenu sur le continent et que cela lui impose des dépenses de déplacement mensuelles de 700 EUR pour aller le visiter au moins une fois par mois. Au journaliste qui lui demande de quoi est coupable son mari prisonnier « politique », elle répond :

Heu… c’est politique. Il a tiré une roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie c’est l’Etat, c’est donc politique, voilà !

Il ne va pas être bien facile de partager une telle conception de la politique !

Pendant ce temps, le chef de l’exécutif corse (sorte de gouvernement local aux petits pieds), Gilles Siméoni avec un « i muet », envahit les plateaux télévisés pour expliquer comment la Corse vit un moment historique que le continent doit saisir pour réussir une transition en donnant plus d’autonomie (mais toujours autant de sous) à son île. Il le fait de façon plutôt avisée et apaisée, cherchant à rassurer les spectateurs en présentant la coopération avec la Corse comme une grande chance que Paris ne devrait pas laisser passer.

Son alter-égo, chef de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni avec un « i muet » est lui ouvertement indépendantiste, il parle de la France comme d’un « pays ami », mais se cache un peu à l’ombre de Siméoni avec un « i muet », plus consensuel.

Tous les deux affichent ostensiblement dans leurs bureaux d’élus les drapeaux corse et européen, mais pas le drapeau de la République française. Ils doivent rencontrer en Corse la semaine prochaine le président de la République pour tenter de faire valoir leurs revendications et prendre la route de l’indépendance, même si à très long terme. Les électeurs corses ont voté pour cette alliance autonomiste-indépendantiste, il faut les entendre avant que la nervosité ne ressaisisse cette population clanique à la violence endémique qui n’a jamais accepté et probablement n’acceptera jamais sa francité. La Constitution permet cette prise de distance pourvu qu’elle soit approuvée par une réforme dûment votée par un Congrès ou un référendum.

La Corse s’éloigne


Le nouveau pouvoir régional corse poursuit avec insistance son offensive contre la République. De façon plutôt avisée l’exigence d’indépendance n’est plus officiellement mise en avant, bien que toujours prégnante, au profit de la demande « d’autonomie politique », moins effrayante pour les électeurs locaux qui craignent pour leur niveau de vie. S’y ajoutent des revendications concernant la « langue corse » qu’il veut à l’égal de la langue française constitutionnelle, un statut de « résident corse » qui, notamment interdirait l’achat d’un bien immobilier à quiconque n’a pas déjà résidé cinq ans en Corse, ainsi que la mention de l’île dans la Constitution.

Cette quête permanente de reconnaissance et d’individualisation est véritablement l’une des caractéristiques des habitants insulaires, quelle que soit leur histoire, coloniale ou pas, et leur géographie, tropicale ou non. Le problème de la Corse dure depuis des décennies et ne semble pas soluble dans le cadre français actuel. On peut maintenant conclure que cette île et ses habitants ne sont pas intégrables dans la République et que s’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité de manifester leur vraie volonté d’indépendance il faut envisager de leur concocter un régime spécial pour essayer de réduire leur capacité de nuisance et de contamination vis-à-vis du reste du pays. Pourquoi ne pas leur proposer un statut de territoire similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie sur lequel ils pourraient parler leur langue et régler leurs affaires locales selon leurs méthodes. Cela se fait à Nouméa qui a même un drapeau officiel reconnu, pourquoi pas à Ajaccio ?

Evidemment, pour être accepté par le reste de la population française il faudrait que ce statut d’autonomie soit également assorti de transferts de responsabilités, c’est-à-dire que l’ile autonome ne puisse pas se retourner vers le continent pour quémander les droits dont bénéficient le reste de la population dans le cadre de la Constitution sans en assumer aussi les devoirs conséquents. Soit l’on est régi par les articles standards de la Constitution, soit par des articles particuliers, mais on ne peut pas prendre ce qui intéresse dans les deux et rejeter ce qui dérange. C’est ainsi que si ce statut de « résident corse » était considéré il faudrait bien entendu que sa réciprocité soit mise en place : un citoyen français né en Corse ne devrait pas pouvoir acheter un bien immobilier sur le continent s’il n’y a pas résidé au moins cinq ans.

Une modification de la Constitution pour y mentionner un statut de la Corse, quel qu’il soit, devrait d’ailleurs être voté soit par le Congrès à la majorité des deux-tiers, soit pas référendum. Il faudrait donc qu’un projet d’autonomie pour 300 000 corses soit voté par 65 millions de français ou par leurs représentants, il faudra donc y inclure des compromis acceptables par tous. Il n’est pas sûr que le pouvoir régional corse actuel qui se sent le vent en poupe y soit disposé. Quant au pouvoir central il est comptable de l’unité du pays et doit la préserver.

Une nouvelle fois, l’exemple de la Nouvelle Calédonie devrait servir de guide pour essayer d’atténuer la nuisance que font peser 300 000 citoyens sur 65 millions de leurs congénères. Ceci étant dit, l’ile pacifique doit de prononcer cette année par référendum local sur son indépendance et les sondages actuels prédisent, hélas, que la victoire du « oui » est loin d’être acquise.

Ca flingue en Corse

Un énième règlement de compte à l’aéroport de Bastia laisse sur le carreau un mort et un blessé grave dans un état désespéré. Le premier venait de terminer une peine de quatre années de prison pour préparation d’un meurtre d’un parrain local. Il était baptisé du sympathique surnom de « Tony le Boucher ». Le second était en permission avant de réintégrer sa prison où il avait été condamné dans la même affaire que son camarade. On ne connaît pas les détails ni les commanditaires de cette nouvelle tuerie corse, mais le cv des protagonistes et le mode opératoire de leur assassinat laissent penser que l’on est au cœur d’une affaire mafieuse insulaire comme il y en a si régulièrement.

La puissance publique, et encore moins le pouvoir ni la population corses, n’ont su endiguer cette violence endémique. Cela pose le problème général d’un « peuple » qui n’a pas su maîtriser la violence primaire de ses membres et encore moins faire sortir son économie des mains des clans mafieux. Cela en tout cas réduit significativement la crédibilité des partis indépendantistes qui ont su parfois employer cette violence à leur profit quitte à copiner avec les mafieux.

Pas sûr qu’ils n’arrivent mieux à régler ce problème une fois l’indépendance acquise !

Les iles françaises en route vers l’indépendance

Après avoir élu trois députés « nationalistes » en juillet dernier la Corse poursuit sa route vers l’indépendance en donnant un succès électoral aux partis indépendantistes. Comme dans d’autres iles françaises, la population corse veut s’émanciper de la tutelle française qu’elle estime « coloniale ». Les antillais, les polynésiens, les réunionnais et autres guyanais partagent avec les corses le même rejet de la France, plus ou moins conscient, mais toujours exprimé de façon assez clair dans leurs actes et façons d’être. Ils ont tous également la certitude qu’ils pourront mieux vivre loin de la France, quitte à continuer à en recevoir des subsides de ses contribuables.

Le temps n’a rien fait pour inverser ce courant. Les poussées de violence politique sont régulières et inquiétantes dans ces confettis de l’Empire, certains territoires sont de plus la proie de clans mafieux qui font parler les armes pour préserver leurs intérêts économiques, la Corse étant un modèle du genre. Faut-il chercher à garder contre leur gré des populations qui veulent s’éloigner ? Sans doute pas, ce n’est l’intérêt de personne. Il faut plutôt essayer d’accompagner doucement ces populations à prendre leurs responsabilités, à transformer en acte émancipateur le ressentiment qu’elles vouent à l’hexagone.

La Nouvelle-Calédonie va y arriver, la Corse en prend le chemin, les Antilles, la Guyane et la Réunion suivront si les choses se passent bien. Et il faut faire qu’elles se passent bien. Le référendum d’indépendance prévu en Nouvelle-Calédonie en 2018 sera une étape clé à cet égard.

Evidemment, une fois l’indépendance acquise par ces iles rebelles, le risque existe que d’autres régions, cette fois-ci métropolitaines, veuillent aussi prendre la poudre d’escampette. Il faudra faire preuve de doigté politique pour que l’hexagone reste… hexagonal, mais lutter pour garder au sein de la République des populations dont la tendance naturelle les porte vers l’émancipation est une bataille perdue d’avance dans laquelle il n’y a que des coups à prendre et des coûts à charger aux contribuables.

Les encagoulés à l’assaut

Des heurts violents sont rapportés en Corse entre des natifs appartenant au soi-disant Peuple corse et des populations issues de l’immigration. L’étincelle qui a déclenché ces nouvelles bagarres aurait été la photo prise par un touriste d’une femme voilée se baignant en maillot de bain islamique. On connaît la grande affection que portent les corses à tout étranger, ceux venant du continent et encore plus pour ceux venant d’Afrique du Nord. Ils mettent sans doute d’ailleurs les uns comme les autres dans le même sac des étrangers qui ne devraient pas fouler la terre corse.

Il y a peu après l’attentat terroriste religieux islamique de Nice (85 morts et de nombreux blessés), les encagoulés du FLNC ont produit une vidéo où ils s’affichent comme à leur habitude avec armes et tenues kakis en expliquant aux terroristes islamistes qu’ils répondraient à toute attaque de leur territoire :

Votre philosophie moyenâgeuse ne nous effraie pas… Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d’âme.

On sait qu’effectivement les états d’âme n’embarrassent pas trop le mouvement indépendantiste qui entend faire la police sur son territoire en attendant son indépendance. L’avenir dira s’il effraie ou pas les terroristes islamiques.

La Corse en route vers son indépendance

Jean-Guy TALAMONI (avec un « i » muet), président de l’assemblée de Corse, déclare au sujet de la non reconnaissance de la langue corse par la République :

La France a une position un petit peu isolée sur ce type de positions en Europe… Je dis la France, qui est un pays ami… Vous savez bien que je suis indépendantiste donc personne n’est surpris que je tienne de tels propos et ce ne sont pas du tout des propos provocateurs ou agressifs à l’égard de qui que ce soit.

En 1996, Raymond BARRE assénait son célèbre :

Si les Corses veulent leur indépendance, qu’ils la prennent.

La sortie de TALAMONI (avec un « i » muet) a provoqué beaucoup moins d’émoi que celle de BARRE vingt ans plus tôt, signe que les mentalités évoluent mais il reste encore un long travail de sensibilisation avant d’aboutir à une indépendance apaisée. Le plus difficile sera encore de convaincre les corses eux-mêmes de voter pour leur indépendance nationale. Pour le moment la majorité silencieuse reste dans l’entre deux eaux ambiguë de son indécision électorale, tout en soutenant la cause moralement et par ses actes. Cette majorité joue sur les mots, privilégiant l’autonomie versus l’indépendance, voulant, en gros, le divorce mais avec pension alimentaire

Des engagements financiers de la France amie devraient permettre de rassurer les électeurs. Il ne serait pas illégitime que le contribuable métropolitain finance la route vers l’indépendance de la Corse comme il le fait depuis des décennies pour celle de la Nouvelle-Calédonie. Il faut transférer des pouvoirs et des sous à la Corse, certes, mais il faut aussi et surtout lui transférer de cette responsabilité dont elle manque si cruellement, se tournant vers les contribuables français amis dès que quelque chose ne tourne pas rond dans cette Ile de beauté. La route sera très longue mais il faudra bien l’entamer un jour. Les circonstances politiques actuelles s’y prêtent comme jamais. Le moment est venu de véritablement mettre le sujet sur la table et de définir une feuille de route vers l’indépendance. Cela a été fait avec Nouméa, faisons-le avec Ajaccio.

Radicalisation en Corse

Pour une Corse indépendante

Radicalisation corse

Le serment du président de l’Exécutif, du président de l’Assemblée et des conseillers exécutifs :

Voi, Presidente di l’Esecutivu di Corsica

Presidente di l’Assemblea di Corsica

Cunsiglieri di u guvernu di Corsica

Eletti da a vuluntà di u populu corsu, legittimamente maestru di sè stessu, site chjamati in stu ghjornu di u 17 di dicembre di l’annu 2015 à purtà ghjuramente nantu à a Ghjustificazione di a Rivuluzione di Corsica, di difende sempre è in ogni circunstanza, l’interessi di u nostru populu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u più grande rispettu di l’interessu generale è à prò di u populu corsu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù onestistà, ghjustizia, probità, equità, è integrità.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cunsiderendu cù listessu rispettu u fattu magiuritariu è u parè di a minorità, è essendu primurosi di e cunvizzione diverse.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u penseru cuntinuu di a trasparenza, è u rispettu di i fundami democratichi è umanisti.

Facciu ghjuramentu di travaglià d’aduprà e mo funzione in u quadru universale di u diritttu di i populi à amaestrà à modu liberu u so destinu.

Ce serment a été prêté sur le livre La Giustificazione, écrit au XVIIIème siècle formalisant les principales orientations de l’Etat corse indépendant, dirigé par Pasquale Paoli. Tout un programme pour un serment que les élus corses ont mis en place pour l’occasion puisque bien entendu il n’a aucun caractère légal ou obligatoire. Il n’est pas interdit non plus.

Pour ceux qui n’auraient pas tout saisi voici la traduction du discours en langue étrangère :

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le respect absolu de l’intérêt général et au service du peuple corse.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions avec honnêteté, justice, probité, équité et intégrité.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions en considérant avec la même attention le fait majoritaire et l’opinion de la minorité, et en respectant la diversité de toutes les convictions.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le constant souci de la transparence, et le respect des droits et principes démocratiques et humanistes.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le cadre universel du droit des peuples à maitriser librement leur destin.

Il faut aider ces élus courageux à tenir leur serment au service du droit universel des peuples à disposer d’eux-mêmes et les accompagner en douceur vers cette indépendance qu’ils appellent de leurs vœux.

Pour une Corse indépendante

Après la défaite de Virginie Calmels, les résultats des élections régionales du week-end dernier révèlent une seconde bonne nouvelle, c’est la victoire des indépendantistes corses pour leur collectivité territoriale. Il faut maintenant souhaiter que cette région s’achemine paisiblement vers son indépendance, ou son rattachement à une autre Etat, mais en tout cas son détachement institutionnel de la République française.

Cette indépendance de l’Ile de Beauté est souhaitée par ses habitants puisqu’ils ont voté pour, et souhaitable pour la France. Elle sera profitable pour tous et n’empêchera pas de conserver des relations diplomatiques cordiales entre les Etats, ni aux français qui le souhaitent de passer leurs vacances sur les magnifiques plages de cette ile méditerranéenne.

Oui l’indépendance de la Corse doit être l’objectif à terme de la nouvelle majorité de la collectivité territoriale. Plus rien ne s’y oppose désormais. Les obstacles juridiques et techniques doivent pouvoir être résolus progressivement par une véritable volonté politique.

La SNCM à l’eau

Ca y est, la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM) a déposé son bilan. Après avoir frôlé nombre de fois la faillite et avoir à chaque fois été sauvée par le contribuable national, la société et ses dirigeants jettent l’éponge et ils n’ont guère de solution alternative car il n’y a plus de sous dans la caisse. Le contribuable, ni les clients, ni les banques, ni les actionnaires privés ne veulent remettre de l’argent dans le trou financier sans fond de la gestion de cette compagnie proprement ingérable ! Le service de transport maritime entre la Corse et le continent est pour le moment assuré par d’autres compagnies et l’ile devrait pouvoir se passer de la SNCM qui renaîtra bien sous une forme ou une autre, mais cette fois-ci sans participation publique.

Au-delà du sort malheureux de cette compagnie et de ses salariés, cette navrante situation illustre l’incompatibilité entre des copinages politiques et syndicaux avec le management serein d’une société dans l’économie libérale. Circonstance aggravante, le contexte corse rend les choses encore plus inextricables et désespérantes. Le comportement de personnels et de syndicats qui se croient tout permis, y compris l’enlèvement de navires, pour faire valoir leurs revendications politiques, parfois indépendantistes, a rendu toute solution classique strictement impossible à mettre en œuvre. La société coule et le contribuable est fatigué, mais on peut toujours aller et venir en Corse, c’est l’essentiel.

Gageons que l’exemple de la Nouvelle-Calédonie qui s’achemine vers une indépendance sereine donnera de bonnes idées à la Corse qui pourra ainsi gérer comme elle l’entend ses compagnies de transport.

Le renoncement corse

Les encagoulés corses du Front de libération nationale corse (FLNC) publient un communiqué de 14 pages (en grosses lettres) pour annoncer leur renoncement à la lutte armée. Le style du texte est intéressant et fleure bon les tracts de la Gauche Prolétarienne et autres groupuscules contestataires des années 60/70. On y retrouve une dialectique d’un autre âge et des références aux aspirations légitimes de notre peuple, au combat du Général Pasquale Paoli, à la colonisation de peuplement mise en œuvre pour diluer l’identité corse, à l’Etat français jouant cyniquement [de nos divisions], de la reconquête de notre souveraineté, de l’Etat policier français manipulateur, de système déliquescent qui gangrène aujourd’hui la Corse, de construction d’une force politique pour gouverner la Corse et la conduire à l’indépendance, des droits nationaux du peuple corse, etc. etc.

Ce communiqué est relativement réaliste dans le constat qu’il fait de la transformation de la revendication politique indépendantiste en un embrouillamini illisible où se percutent le grand banditisme, le combat politique, les nuitsbleues et leurs plasticages. Sur les chemins de la Gauche Prolétarienne de Benny Lévy qui s’est dissoute en 1973 lorsque la violence de ses militants commençait à devenir incontrôlable.

Le FLNC rend un hommage à Michel Rocard, exception notable à ces politiques turpides… il démontrait en cela, qu’il pouvait exister des hommes politiques français honnêtes et courageux. Décidément ce Rocard eut une vision intelligente de nos confettis de l’Empire. Louons Rocard et accompagnons tranquillement la Nouvelle-Calédonie et la Corse vers leur indépendance si chèrement désirée. Cela donnera sans doute aussi de bonnes idées aux Antilles et à la Guyane.

Mais le FLNC appelle à l’arrêt de la violence et demande à ses militants de rejoindre les partis politique prônant l’indépendance et le texte se termine : « Nous avons pris nos responsabilités, la Corse a pris ses responsabilités, les représentants de la France auront-ils le même courage, celui qui appartient à ceux qui font l’Histoire ? »

Et pendant ce temps la SNCM, société semi-publique de transport maritime entre le continent et la Corse est une nouvelle fois en grève. La compagnie ne survit depuis des années que sous perfusion de l’argent du contribuable national et aurait dû déposer son bilan depuis des lustres. Elle aurait besoin de nouveaux bateaux pour repartir sur un bon pied et se tourne vers l’Etat pour les financer… Vieille histoire qui se termine généralement par un déboursement des contribuables en faveur de la compagnie maritime, mais il semble que cette fois-ci les caisses de l’Etat soient aussi vides que celles de la SNCM. Histoire à suivre sous peu.

Lire le communiqué : Communiqué du FLNC – juin 2014