Sigur Ros – 2013/02/27 – Paris le Zénith

Sigur Rós en démonstration devant un Zénith plein à craquer, complet depuis des lustres : une fois encore les islandais éblouissent l’assistance par leur poésie et la magie de leur musique, pourtant plutôt complexe. Mais parfois le lyrisme et l’absolu savent tracer leur chemin jusqu’aux âmes de spectateurs pas encore complètement pervertis par la simili-civilisation de l’aïe-phone !

Le quatuor islandais est accompagné d’une section de cordes et d’une autre de cuivres. Jónsi son charismatique leader guide ce groupe avec une incontestable présence. Le show démarre alors que toute la scène est empaquetée derrière un voile vaporeux sur lequel de reflète des effets de lumière en aurores boréale. Le ton est donné ! Après une longue introduction (tous les morceaux sont sur format de 10 mn…) le voilage tombe et l’on croit que disparaîtra ainsi le flou artistique visuel, mais toute la scénographie du concert continuera de reposer sur des atmosphères en demi-teintes, en lumières tamisées, en projections d’images sur les musiciens eux-mêmes, les mêlant merveilleusement, mais en arrière-plan, à leur musique galactique. Jónsi comme à son habitude joue de la guitare électrique avec un archet, produisant ainsi un son sans attaque, difficile à identifier dans l’unité sonique du groupe, mais bien présent.

Leur nouveau disque s’appelle Kveikur et est annoncé pour juin prochain. Certains morceaux en seront joués ce soir, mais pour les non spécialistes il n’est pas toujours aisé de reconnaître les chansons tant la musique de ce groupe est plus une question d’ambiance, chantée en islandais ou en « hopelandic », un langage inventé, et parfois en anglais. Musique d’atmosphère ne veut pas dire superficialité ni ambiance de hall d’aéroport. Bien au contraire, et c’est la qualité exceptionnelle des Sigur Rós de produire un son magique et bouleversant, porté par la voix de castra de Jónsi et les plaintes de sa guitare. Les compositions envoutantes du groupe poussent au rêve et l’assistance se laisse divaguer au gré de ces mélodies incertaines, servies dans le flou des projections de films sur la nature, sur l’espace, sur tout ce que chacun veut bien y trouver en fonction de son vécu intérieur. Et parfois les morceaux prennent une pente incandescente qui monte en tension jusqu’à une explosion finale de notes, de couleurs, d’images et de sons. Dans ces moments le Zénith est pénétré d’émotion, imprégné de l’énergie diffusée par ces musiciens si originaux, et se laisse porter par la déferlante soulevée par les islandais.

A l’issue de ce concert hors norme, toute la bande des Sigur Rós reviendra sur scène pour applaudir longuement les spectateurs avec lesquels ils ont partagé ce moment culturel d’exception.

Ce groupe inclassable à la créativité vibrionnante commet également de très beaux films où se mêlent leur musique et le monde. Après le remarquable Heima sur une tournée dans des villages islandais aux sublimes paysages, Valtari est sorti l’an passé pour accompagner le disque du même nom. On en trouve 16 vidéos extraites sur leur site (https://www.sigur-ros.co.uk/valtari/videos), troublantes, esthétiques, désarmantes, en un mot, très Sigur Rós !

Set-list : Yfirborð/ Í Gær/ Ný Batterí/ Vaka/ Sæglópur/ Brennisteinn/ Olsen Olsen/ E-bow/ Varúð/ Hoppípolla/ Með Blóðnasir/ Glósóli/ Kveikur

Encore: Svefn-g-englar/ Hrafntinna/ Popplagið

Les photos de Roberto

A la recherche de la compétence

SégolèneRoyal, la madone du Chabichou, twitos fébrile, est nommée vice-présidente de la Banque Publique d’Investissement (BPI). Nous verrons si elle s’y montre aussi incompétente que les grands esprits qui ont géré Lehman Brothers, Le Crédit Lyonnais ou Dexia. Il n’est pas sûr qu’elle y arrive car tous ces énarques et matheux ont quand même placé la barre assez haute. Ils seront difficiles à battre.

Extraits du discours du Président des Etats-Unis sur l’état de l’Union

LA MAISON-BLANCHE
Bureau du secrétaire de presse
Le 12 février 2013

Discours du président Barack Obama sur l’état de l’Union
Capitole des États-Unis
Washington, DC

Extraits

Monsieur le président de la Chambre, Monsieur le vice-président, membres du Congrès, mes compatriotes américains :

Il y a cinquante-et-un ans, John F. Kennedy a déclaré à cette Chambre que « la Constitution fait de nous non pas des rivaux pour le pouvoir, mais des partenaires pour le progrès … C’est ma tâche à moi », a-t-il dit, « de donner un rapport sur l’état ​​de l’Union – l’améliorer, c’est la tâche de nous tous ».

Ce soir, grâce au courage et à la détermination du peuple américain, il y a beaucoup de progrès à signaler. …

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Après en avoir parlé pendant des années, nous sommes enfin prêts à contrôler notre propre avenir énergétique. … Et au cours des quatre dernières années, nos émissions de dangereuse pollution carbonée qui menace notre planète ont en fait baissé.

Mais pour le bien de nos enfants et de notre avenir, nous devons en faire davantage pour lutter contre le changement climatique. Maintenant, il est vrai qu’aucun événement à lui tout seul ne constitue une tendance. Mais le fait est que les 12 années les plus chaudes jamais enregistrées ont toutes eu lieu dans les 15 dernières années. Les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies de forêt, les inondations – sont toutes désormais plus fréquentes et plus intenses. Nous pouvons choisir de croire que la tempête Sandy et la sécheresse la plus grave depuis des décennies, et les pires incendies de forêt que certains États ont jamais connus étaient tout simplement une coïncidence bizarre. Ou alors nous pouvons choisir de croire au jugement accablant de la science – et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Maintenant, la bonne nouvelle c’est que nous pouvons réaliser des progrès significatifs sur cette question tout en favorisant une forte croissance économique. J’exhorte le Congrès à se réunir pour poursuivre une solution bipartite et à base de marché pour le changement climatique, comme celle sur laquelle John McCain et Joe Lieberman ont travaillé ensemble il y a quelques années. Mais si le Congrès n’agit pas rapidement pour protéger les générations futures, je le ferai moi. Je donnerai des instructions à mon Cabinet pour proposer des mesures exécutives que nous pouvons prendre, maintenant et à l’avenir, pour réduire la pollution, préparer nos communautés pour les conséquences du changement climatique, et accélérer la transition vers des sources d’énergie durables.

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Notre économie est plus forte quand nous exploitons les talents et l’ingéniosité des immigrés pleins d’efforts et d’espoir. Et en ce moment, les dirigeants des milieux des affaires, du travail, de l’application de la loi, et des communautés religieuses, conviennent tous que le temps est venu d’adopter une réforme globale de l’immigration. Il est maintenant temps de le faire.

Une véritable réforme signifie une sécurité frontalière forte, et nous pouvons nous baser sur les progrès que mon Administration a déjà faits – mettant en place davantage de personnel à la frontière sud qu’à aucun autre moment de notre histoire, et réduisant les passages clandestins à leurs niveaux les plus bas depuis 40 ans.

Une véritable réforme implique l’établissement d’une voie responsable à la citoyenneté méritée – une voie qui consiste à réussir une vérification des antécédents, à payer des impôts et une pénalité significative, à apprendre l’anglais, et à passer à l’arrière de la queue derrière les gens qui essaient de venir ici légalement.

Et une véritable réforme signifie réparer le système d’immigration légale pour réduire les délais d’attente, et attirer les entrepreneurs et ingénieurs hautement qualifiés qui aideront à créer des emplois et à faire croître notre économie.

En d’autres termes, nous savons ce que nous avons à faire. Et en ce moment même, des groupes bipartites dans les deux Chambres travaillent avec diligence pour élaborer un projet de loi, et je salue leurs efforts. Donc, nous allons y parvenir. Envoyez-moi un projet de loi de réforme globale de l’immigration dans les prochains mois, et je le signerai tout de suite et l’Amérique se portera d’autant mieux. Faisons-le. Faisons-le.

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Ce soir, nous sommes unis pour saluer les troupes et les civils qui se sacrifient chaque jour pour nous protéger. Grâce à eux, nous pouvons dire avec confiance que les États-Unis vont accomplir leur mission en Afghanistan, et atteindre notre objectif de battre le noyau d’Al-Qaïda. Déjà, nous avons rapatrié 33.000 de nos braves soldats hommes et femmes. Ce printemps, nos forces feront la transition vers un rôle de soutien, tandis que les forces de sécurité afghanes prendront la direction. Ce soir, je peux annoncer que l’année prochaine, 34.000 autres troupes américaines rentreront de l’Afghanistan. Cette réduction va se poursuivre. Et d’ici la fin de l’année prochaine, notre guerre en Afghanistan sera terminée.

Au-delà de 2014, l’engagement des États-Unis envers un Afghanistan unifié et souverain persistera, mais la nature de notre engagement va changer. Nous négocions un accord avec le gouvernement afghan qui se concentre sur deux missions : la formation et l’équipement des forces afghanes afin que le pays ne sombre pas à nouveau dans le chaos, et des efforts de lutte contre le terrorisme qui nous permettent de poursuivre ce qu’il reste d’Al-Qaïda et leurs affiliés.

Aujourd’hui, l’organisation qui nous a attaqués le 11 septembre est l’ombre de ce qu’elle était. Il est vrai que de différents affiliés d’Al-Qaïda et groupes extrémistes ont émergé – depuis la péninsule arabique jusqu’à l’Afrique. La menace que ces groupes présentent est en train d’évoluer. Mais pour répondre à cette menace, nous n’avons pas besoin d’envoyer des dizaines de milliers de nos fils et filles à l’étranger, ou d’occuper d’autres pays. À la place, nous devrons aider les pays comme le Yémen, la Libye, la Somalie à assurer leur propre sécurité, et aider les alliés qui luttent contre les terroristes, tel que nous l’avons fait au Mali. Et, le cas échéant, par le biais d’une gamme de capacités, nous allons continuer à prendre des mesures directes contre les terroristes qui présentent la plus grande menace pour les Américains.

https://iipdigital.usembassy.gov/st/french/texttrans/2013/02/20130213142504.html#ixzz2KrZRXXlB

Hiroshige / Van Gogh à la Pinacothèque

Les influences japonaises de Van Gogh expliquées à la Pinacothèque par la mise en regard de tableaux du peintre européen avec des toiles japonaises de Hiroshige. Van Gogh qui a priori n’est jamais allé au Japon, a cultivé un grand intérêt pour la peinture de ce pays. Il pensait que la lumière du midi de la France lui permettait d’approcher l’atmosphère japonaise et la plupart des toiles exposées remontent d’ailleurs à sa période arlésienne.

Les traders-fraudeurs de la barbaque

Rigolo : une escroquerie commerciale, semble-t-il de grande envergure, a permis de découvrir de la viande de cheval dans des plats cuisinés censés contenir de la viande de bœuf. Ce n’est pas la première fois et ne certainement pas la dernière que des commerçants font passer des vessies pour des lanternes. Mais ce qui est risible dans cette affaire c’est le festival des faux-culs qui semble découvrir sur les plateaux médias les circuits emberlificotés que suivent les produits alimentaires avant d’arriver dans nos assiettes. Des bêtes élevées dans un pays, abattues dans un autre ; des traders-fraudeurs en France et aux Pays-Bas qui s’achètent et se revendent des minerais de barbaque congelés récupérés en Roumanie, qu’ils revendent à une boite industrielle qui les traitent et les revendent à Findus qui en fait une pâté de lasagnes congelés mis en vente dans des supermarchés. On peut gager que Findus a déjà délocalisé son informatique à Bangalore en Inde et sa comptabilité en Irlande, en plus de sa production à des forbans de rencontre, et ne s’occupe plus que de marketer ses barquettes.

C’est ainsi que fonctionne l’industrie depuis une bonne vingtaine d’années maintenant. Cela peut paraître bizarre mais en tout cas, pour ce qui concerne l’industrie alimentaire cela a permis de baisser substantiellement le prix des produits… ainsi que leur qualité. Low cost cela veut dire aussi moins de qualité, c’est une équation inévitable, mais cela ne devrait pas en principe impliquer plus de fraude.

Voir un ministre de l’agriculture et ses experts jouer les vierges effarouchées en relevant cette équation devant les caméras et les micros relève d’un exercice de faux-jettonerie de première catégorie ! Dans quel monde vivent ces gens-là ?

Cette affaire de minerais de viande de cheval fraudée c’est exactement l’histoire des subprimes en 2008 : une invraisemblable succession de trader-fraudeurs qui se refourguent au téléphone des produits auxquels plus personne ne comprend plus rien ni ne se souvient de l’origine, mais qui se révèlent à la fin de l’histoire d’une qualité déplorable.

Réjouissances autour du déficit de la République

Le gouvernement admet que le déficit public de la République sera supérieur aux 3% du produit intérieur brut (PIB) comme initialement annoncé. La presse (même les journaux économiques) semble se réjouir de ce constat sur le thème « Nananaire, je vous l’avais bien dit ! ». Outre le fait que les journalistes bénéficient aujourd’hui d’une niche fiscale, certes modeste mais qui n’a plus guère de justification, et participent donc au déficit de l’Etat, ces réactions de cour d’école sont un peu surprenantes de la part de journaux intelligents. Mais c’est ainsi.

L’opposition dite républicaine, mais plutôt irresponsable, se réjouit en se frottant bruyamment les mains. Copé l’aboyeur a du mal à cacher sa joie sur les ondes en annonçant une prochaine motion de censure. Cette opposition est dans son rôle, hélas !

Corruption à tous les étages de l’ONU

Rappelons que le procès ouvert la semaine dernière contre Charles Pasqua et quelques hauts fonctionnaires de la République, dont l’ancien représentant français aux Nations-Unies, est l’histoire des quotas pétroliers que délivrait Saddam Hussein dans les années 1995/96 à des lobbys pro-Irak afin qu’ils œuvrent pour atténuer les sanctions prises contre l’Irak suite à son invasion du Koweit et de la guerre qui en a suivi. Il se trouve que d’anciens ministres et haut-fonctionnaires français (entre autres) auraient touché ces quotas, qu’ils ont revendus pour en encaisser le produit dans leurs cassettes personnelles. Il faut quand même le faire : entre deux guerres d’Irak, accepter des dessous de table en pétrole délivrés par l’un des pires dictateurs de la planète dont le pays est sous embargo quasi-total de la communauté internationale. Eh bien des fonctionnaires français l’auraient fait, comme la justice devrait le confirmer.

Benoît 16 soupapes cale

Le pape Benoît 16 soupapes démissionne. C’est une mesure de bon sens pour un homme de son âge. Les journaux télévisés remplacent leurs logos « Guerre au Mali » par « Démission du Pape » et glosent à l’infini sur la couleur de peau du successeur possible ou de savoir si cette décision est moderne ou humble !

Il était pas mal finalement ce Pape, un peu vieux mais plutôt bien. On ne parlait pas trop de lui, en tout cas bien moins que son prédécesseur. Il restait à sa place, priait, théologisait et prêchait les dogmes de l’Eglise catholique, bref, il faisait le boulot pour lequel il était payé. On peut aimer ou pas ces dogmes, mais ils sont ce qu’ils sont, si cela ne plaît pas il suffit de changer de crémerie, il y a tout ce qu’il faut en magasin : les protestants, les orthodoxes, les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les laïques, les laïcards, les agnostiques, les athées, les communistes, bref ce n’est pas le choix qui manque.

Et puis ce pape Benoist 16 soupapes a quand même reçu en 2007 Sarkozy président de la République française, accompagné de… Jean-MarieBigard, humoriste graveleux.  Rappelons également que pendant l’entretien avec le Pape, Sarko envoyait des SMS. Rien que pour cet exploit qu’il a subi sans broncher, Benoist mérite la vie éternelle.

En attendant Benoist 16 soupapes va prendre une retraite bien méritée. Il sera remplacé par un autre qui sera sûrement aussi compétent pour le job, personne n’est irremplaçable, ni lui ni nous.

  • Effet sur le redressement productif : 0
  • Effet sur les taux de change : 0
  • Effet sur les ventes de journaux satiriques dumercredi : maximum

Religion, politique, terrorisme, le Mali à la dérive !

Les barbus sortent de leurs planques : un kamikaze se fait exploser à Gao samedi, un commando attaque le centre-ville ce dimanche, et pendant ce temps l’armée malienne continue à se déchirer à Bamako et à régler ses comptes entre bérets verts et bérets rouges.

On ne sait pas bien si les barbus kamikazes sont des AQMI algériens recyclés au Sahel, des Touaregs-maliens-ex-mercenaires-de-Kadhafi affiliés aux barbus AQMI, des Touaregs-indépendantistes en lutte contre le pouvoir noir de Bamako et prêts à trahir les Touaregs-maliens-ex-mercenaires-de-Kadhafi pour s’allier aux français et négocier un bout d’indépendance avec Bamako, voire même des Al Quaïda infiltrés de pays arabes… Comme les bérets rouges et verts de l’armée malienne sont en train de régler leurs comptes dans la capitale entre frères et à coups de fusil, ils n’ont pas bien le temps de s’occuper de ce problème.

Bon, la situation est compliquée, après-tout et contrairement aux affirmations lénifiantes du gouvernement français sur les « terroristes criminels » la France est en plein milieu d’une bonne petite guerre civile, teintée d’extrémisme religieux, dont il va maintenant falloir se dépêtrer avec le moins de dégâts possible.

Et n’oublions pas que Ben Laden a dit un jour à la face de l’Occident tant haï par les siens : « nous aimons la mort autant que vous aimez la vie ». On n’est pas sorti de l’auberge malienne.

Les retraités reprennent du service

Christine Ockrent, 69 ans, a donc déjà commis deux exemplaires de sa nouvelle émission Affaires Etrangères sur France Culture le samedi à 12h45. Le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle émission n’est pas ébouriffante en termes d’innovation et d’intelligence ! Etait-ce nécessaire de la sortir de sa retraite pour ce résultat ?

Dexia : la banque publique qui a roulé les collectivités incompétentes

La banque Dexia, en principe dédiée au financement des collectivités locales françaises et belges, a fait faillite et est en liquidation depuis quelques années, aux frais des contribuables qui cette fois-ci sont sûrs de ne pas récupérer leur mise puisque cette banque va disparaître. Cette banque en principe créée pour financer la chose publique a voulu jouer dans la cour des tripatouilleurs de subprimes et autres réhausseurs de crédit, et donc a fait faillite.

Entre autres joyeusetés, Dexia proposait aux collectivités locales des prêts hautement spéculatifs dont le taux d’intérêt variable était indexé sur la variation d’un couple de devises (CHF et USD si ma mémoire est bonne), d’où leur qualificatif de toxique. Bien entendu, cette variation a tourné à la Bérézina et les emprunteurs se sont vus imposer des taux usuraires… mais contractuels. Que des élus locaux aient pu signer de tels accords de crédit relève tout simplement de l’analphabétisme : il suffisait de lire ce que l’on signait pour en comprendre le caractère spéculatif, c’était à la portée d’un gamin en école primaire. Mais les élus n’ont sans doute pas eu le temps de lire.

Certaines de ces collectivités ont attaqué en justice Dexia pour leur avoir fourgué des produits incompréhensibles pour les neurones de leurs dirigeants, limités en nombre et en agilité. Le conseil général de Seine Saint-Denis vient de gagner une première manche et le tribunal de grande instance a annulé avec effet rétroactif le taux d’intérêt (spéculatif et contractuel).

Tout ceci est bel et bien beau, en tout cas moralement satisfaisant, mais va renchérir le coût de la liquidation financé par… les contribuables. En résumé, des requins de la finance ont vendu à des élus incompétents (voire pire) des produits spéculatifs auxquels ils n’ont rien compris ; les requins ont fait faillite, les élus ont été réélus, ou pas, et le contribuable paye l’addition.

RBS : la banque libérale nationalisée par le contribuable brittanique

Nouvel épisode de la manipulation à grande échelle des taux d’intérêt sur les marchés financiers par les traders-fraudeurs : la banque Royal Bank of Scotland (RBS) accepte de régler une pénalité d’environ 600 millions d’USD aux autorités britanniques et américaines pour avoir des années durant faussé et manipulé le taux d’intérêt de référence LIBOR. La banque informe par ailleurs de la démission de son directeur de quelque-chose ! C’est bien le moins… Compte tenu des circonstances on se serait plutôt attendu à un licenciement sec de tout l’état-major avec plainte au pénal et embastillement immédiat à la Tour de Londres.

RBS s’est rendue célèbre durant la crise financière de 2008 pour son risque de complète faillite qui poussa le gouvernement britannique à la nationaliser à quasiment 100% pour éviter son effondrement. Le contribuable a donc financé les errements du management de cet établissement : rachat hors de prix de la banque ABN Amro début 2008, pertes de trading colossales, expansion démesurée et incontrôlée, pertes gigantesques sur les valeurs dites subprime (crédit immobilier fait à des emprunteurs non solvables), rémunérations exorbitantes d’employés jouant au casino avec l’argent des déposants, utilisation massive de paradis fiscaux pour compte propre et pour des clients, on en passe et des meilleures !

Cerise sur le gâteau, son pédégé Fred Goodwin (il s’appelle bien Goodwin, ça ne s’invente pas) a finalement accepté de démissionner en 2009 avec toute une série d’avantages en espèces sonnantes et trébuchantes, retraite chapeau et autres gâteries comme les banques savent en mijoter pour leurs dirigeants incompétents. Devant la levée de bouclier constatée au Royaume-Uni en 2009 face aux avantages acquis à ce banquier failli, le garçon a accepté de réduire ses exigences.

La transaction acceptée par RBS en 2013 montre que non seulement cette banque était mal gérée, que ses cadres percevaient des rémunérations sans rapport avec leurs mérites et résultats, que le contribuable britannique a dû casser sa tirelire pour lui sauver la mise, mais qu’en plus de tous ces errements, la banque fraudait massivement en manipulant les taux d’intérêt. N’en jetez plus !

Le plus insupportable dans ces affaires bancaires (RBS est loin d’être seule dans le marigot des tripatouillages financiers) pour le citoyen lambda c’est finalement l’absence de sanction. Certes, la City a licencié une partie de ses effectifs de traders-fraudeurs, mais pas beaucoup plus que le secteur de la sidérurgie en Europe du Nord.

La puissance des secteurs financiers face aux Etats est sans limite. Il a quand même fallu voir le Royaume britannique, la Mecque du libéralisme financier, accepter de nationaliser ses banques ! Pire, alors que le capitalisme en partie originaire de la perfide Albion nous ressasse depuis des décennies que le libéralisme c’est la responsabilité : on voit à Londres les fat-cats continuent globalement à ronronner tranquillement, malgré leurs échecs, gorgés d’avantages financiers immérités. Eh oui, même un gouvernement britannique conservateur (qui est en train de se préparer à proposer à ses citoyens de statuer sur leur départ de l’Union européenne) n’arrive pas trop à changer les choses… Espérons au moins qu’il arrivera à revendre cette banque félonne sur les marchés, pour qu’au moins le contribuable soit remboursé.

Sugar Man de Malik Bendjelloul

Sugar Man, un émouvant documentaire sur l’histoire d’un musicien américain d’origine mexicaine, Sixto Rodriguez, qui a commis deux disques fulgurants à la fin des années 60, aux relents contestataires, invendus aux Etats-Unis. Vite retombé dans l’oubli il continue à travailler dans le bâtiment à Detroit où il vit avec sa famille. Pendant ce temps ses disques connaissent un franc succès, sans qu’il le sache, en Afrique du Sud, au sein de la communauté blanche libérale dont ils deviennent la bande son en cette période de début de contestation de l’apartheid.

A la fin des années 90, Mandela a triomphé, deux journalistes sud-africains se mettent en quête de retrouver ce fameux Rodriguez dont les rythmes et les mots ont bercé une génération de jeunes blancs libéraux. Ils le ramènent en Afrique du Sud où il fera quelques tournées triomphales avant de retourner vivre sa vie anonyme à Detroit.

Lévy Justine, ‘Mauvaise fille’.

Sortie : , Chez : Le Livre de Poche 32061. Le récit auto-biographique de Justine qui accompagne sa mère mourante d’un cancer alors qu’elle-même est enceinte. C’est vif, drôle et parfois triste. L’ombre du père (Bernard-Henri Lévy) plane partout. L’auteur parle d’elle-même et des siens avec dérision et humour. C’est la vie qui passe en coup de vent.

Mukasonga Scholastique, ‘La femme aux pieds nus’.

Sortie : 2008, Chez : Folio 5382. Ecrivaine tutsi rwandaise réfugiée en France, prix Renaudot 2012, sa famille massacrée lors du génocide de 1994, Scholastique écrit pour conjurer le sort et faire vivre le souvenir. Ce livre sorti en 2008 raconte le sort des tutsis pré-génocide, déportés par le pouvoir hutu de leurs collines verdoyantes vers la plaine asséchée, après que tous leurs biens aient été volés ou brûlés. C’est l’histoire d’une famille, d’un village, hanté par la crainte des hutus, élevé dans la peur des tueurs qui, hélas, reviendront en 1994 pour assouvir leur haine. C’est la vie de tous les jours dans une communauté de l’Afrique de l’Est à la fin du XXème siècle, loin de tout mais perpétuant des traditions ancestrales où l’amour familial et l’instinct de survie dominent tout comme condition de la survie.