Enzo Enzo au Sémaphore


Enzo-Enzo, ex-roadie de Téléphone, puis bassiste de Lili Drop dans les années 80, puis recyclée dans la chanson française de qualité depuis, est passée ce soir au Sémaphore, le centre culturel de Trébeurden, en trio avec un pianiste et un contrebassiste. Un joli moment de charme et de subtilité.

L’Iran négocie

Un accord de six mois est signé avec l’Iran et la communauté internationale pour tenter de mettre sous contrôle son industrie nucléaire, ou en tout cas essayer de s’assurer du caractère exclusivement civil de celle-ci. Cela fait des années que dure le conflit qui s’est traduit par un jeu de sanctions qui ont fini par paralyser ce pays.

Réjouissons-nous qu’un accord ait été trouvé, même provisoire. Chaque partie semble avoir fait un pas vers l’autre. C’est ce qu’on appelle un compromis. Même avec le diable ce genre de compromis nécessite de laisser son orgueil au vestiaire. On est tout de même mieux avec cet accord que sans.

Est-ce que l’Iran est un partenaire fiable ? Non, évidemment non. Ce pays a trempé dans moult complots terroristes depuis des décennies, dont plusieurs assassinats commis sur le territoire français ; soutient la Syrie et le Hezbollah corps et âme.

Est-ce que l’Occident a toujours été franc du collier avec l’Iran ? Non, évidemment non. Compromission avec le régime autoritaire du Shah, renforcé par le coup contre Mossadegh démocratiquement élu (coupable d’avoir voulu nationaliser l’industrie pétrolière en 1953), soutien sans vergogne de l’Iraq dans la guerre Iran-Iraq, affaire de l’Iran-gate où les Etats-Unis ont vendu des armes (et leur âme) à l’Iran islamique pour financer leur lutte contre la guérilla marxiste sud-américaine des contras, sans parler du fait que c’est la France qui a initié les perses à l’industrie nucléaire dans les années 70.

Bref, tout ce petit monde joue à cache-cache depuis les années 50, avec coups tordus, assassinats discrets (ou pas), sanctions et détournement de sanctions, etc. C’est d’ailleurs un miracle que cela n’est point dégénéré en guerre ouverte. Chacun connaît la perversité et la capacité de nuisance de l’autre, personne ne fait confiance à personne et c’est aussi bien en ainsi, tout le monde sera méfiant dans la mise en œuvre de l’accord dont tous les points sont réversibles. On se revoit dans six mois.

On touche le fond

Le problème avec la qualification des footeux français pour le championnat du monde de fouteballe au Brésil c’est que non seulement la courbe de l’abrutissement des masses ne va pas s’inverser de sitôt, mais c’est aussi que Pierre Ménès, expert fouteballistique exerce désormais sur I>Télé. Il reportait auparavant sur Canal + ce qui préservait les non-abonnés à cette chaîne payante du spectacle consternant de ses prestations, mais il est maintenant passé sur le gratuit ce qui accroît mécaniquement son audience, hélas… !!!

Le garçon est aussi vulgaire que content de lui. Sa simple apparition à l’écran transforme l’antenne en grand circus bordéliforme où plus personne n’y retrouve ses petits. On voit mal comment il pourrait être compétent dans la matière qu’il commente, mais laissons ça aux experts. On se demande par contre par quel miracle il peut être titulaire d’une carte de presse et bénéficiaire de la niche fiscale qui y est attachée ?

Faisons des économies chez le voisin

En application de son programme de réduction des dépenses, l’Etat s’apprête à passer la vitesse supérieure pour le contrôle des dépenses des collectivités locales. Le déchaînement des lobbies, des corporatismes électoraux et de la démagogie populiste bat déjà son plein. Tout le monde est d’accord mais à condition de commencer le programme de baisse des subventions publiques par le voisin…

Les sables mouvants de l’Azawad

Le Mouvement de libération de l’Azawad (MLNA), composés de multiples factions, réunissant des Touareg moitié indépendantistes moitié islamistes, dont les membres ont, en ordre dispersé, mené une guerre civile au Mali dans les années 80 et 90, servi de nervis au clan Kadhafi du temps de sa gloire, fait alliance avec Al Qaida en 2012 pour tenter un coup d’Etat et instaurer la charia, puis pactisé avec l’armée française en lutte contre les barbus tout en enlevant des otages occidentaux, le MLNA donc, ce groupe aux convictions politiques pour le moins mouvantes vient de déclarer qu’il reprenait les armes contre le gouvernement malien. Bien, voilà qui est clair… pour le moment !

KGB et religion

Rigolo : Poutine, ex-officier du KGB, nostalgique de la grande Union Soviétique, qui semble n’avoir jamais eu d’autres convictions que celle de son maintien au pouvoir, Poutine donc, président de la Russie, rencontre le pape François et les deux compères affichent leurs convergences de vue sur le refus d’une solution militaire en Syrie et le sort peu enviable des chrétiens d’Orient. Un ancien espion soviétique rendant hommage à la religion, opium du peuple, il fallait le faire !

La ronde des ambitieux

C’est l’histoire de Carlos Tavares, ex-numéro 2 du constructeur automobile Renault-Nisan qui avait été débarqué brutalement pour avoir laissé filtrer dans la presse qu’il se verrait bien numéro 1. Après-tout, c’est un objectif logique quand on est ambitieux et numéro 2 ; simplement on peut y penser mais on ne doit pas le dire trop fort, surtout lorsqu’on a au-dessus un numéro 1 ambitieux à égo surdimensionné. Il ne faut pas dire non plus que l’on ne souhaite pas être un jour numéro1 car on risque d’être taxé de manque d’ambition.

Il faut (i) ne rien dire, (ii) attendre que le numéro un tombe (au besoin en le poussant légèrement dans l’escalier) et (iii) avoir suffisamment et habilement manœuvré en coulisse en amont pour que le remplacement du numéro 1 déchu par le numéro 2 salvateur paraisse comme une évidence aux décideurs.

Si l’on ne peut pas attendre, il faut aller planter ses choux ailleurs et c’est ce que fait le garçon annoncé comme futur numéro 1 chez Peugeot en remplacement de Philippe Varin. On vous le disait, tous ces patrons sont interchangeables, vous prenez un Tavares pour remplacer un Varin, ou l’inverse, et ça marche. Certes leur tâche est rude en ces temps de crise économique, ils doivent restructurer en permanence pour survivre, c’est-à-dire fermer des sites et licencier du monde, et leur vie personnelle est intégralement mangée par leurs responsabilités professionnelles mais il y a un marché pour ces postes !

Il faut arrêter de penser que seul un homme providentiel est capable de sauver Peugeot. On aurait pris le numéro 3 ou 4 ou 5 de chez Renault, ou de toute autre boîte industrielle, il aurait fait le job aussi bien. Dieu merci l’offre de gens intelligents, du style « meneurs d’hommes » et qui savent travailler en équipe ne manque pas, en France comme ailleurs.

Ca manque de sous

Après la déroute de l’écotaxe, suspendue en attendant des jours meilleurs, les nouveaux démagogues cherchent maintenant à s’attaquer à l’augmentation de TVA prévue pour début 2014, arguant bien entendu de l’habituelle complainte sur les fermetures d’entreprises et des destructions d’emplois conséquentes…

Tout ceci est bel et bien, mais il va falloir remplacer ces pertes de recettes soit par l’augmentation d’autres recettes, soit par la baisse de dépenses. En matière de colère populaire, la baisse des dépenses publiques ou l’augmentation de recettes publiques (donc d’impôts) déclenchent généralement les mêmes assauts de révolte et de démagogie, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle tous les pouvoirs politiques depuis Raymond Barre en 1974 ont fait le choix de la dépense, donc la dette, plutôt que celui de la rigueur et de l’intelligence.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Simple Minds – 2013/11/24 – Paris l’Olympia

Les Simple Minds reviennent à l’Olympia ce soir. Rien de bien neuf sur la planète des Simple Minds depuis des années, sinon les incontournables rééditions de vieux disques pour un groupe qui n’a plus d’inspiration. Mais le concert de ce soir est centré sur leur musique des années 80 et la perle discographique de la bande : Once Upon a Time, un opus brillant de 1985 alors que le groupe était encore jeune et créatif. Le chroniqueur ému se souvient d’un concert dans les arènes de Nimes en juillet 1986, avec Robin Clark invitée pour les chœurs, et Jim Kerr bondissant sur les harmonies envoutantes et les rythmes flamboyants de cette musique née d’une new wave régénérée et joyeuse.

Alors ce soir les héros écossais sont (un peu) fatigués, mais ils provoquent encore des ondes de plaisir lorsque retentissent les premières note de Waterfront suivie par tant d’autres classiques du groupe pour finir sur Alive an Kicking. C’était toute une époque où le moral occidental était un peu meilleur, l’espoir et l’amour un peu plus présents et la musique autrement plus joyeuse. Tout ceci s’est effondré avec le Mur, avec la gouvernance de nos Etats décadents, avec la démesure d’un monde financiarisé et effrayant, bref, avec toutes les certitudes que chantaient des troubadours comme les Simple Minds :

Is this the age of the thunder and rage/ Can you feel the ground move ’round your feet/ If you take one step closer, it’ll lead to another/ The crossroad above is where we meet/ I shout out for shelter, I need you for something/ The whole world is out, they’re all on the street/ Control yourself, love is all you need/ Control yourself, in your eyes/ Sanctify yourself, sanctify/ Be apart of me, sanctify/ Sanctify yourself, sanctify/ Sanctify yourself, set yourself free!

Tout ceci est un peu daté mais a existé alors laissons-nous porter par la nostalgie, et d’autant plus qu’une fois les lumières rallumées, la sono joue Jean Genie en hommage à Bowie dont ce titre a inspiré le nom du groupe écossais (Hes so simple minded he can’t drive his module…)

Setlist : Broken Glass Park/ Waterfront/ I Travel/ Once Upon a Time/ All the Things She Said/ Mandela Day/ Promised You a Miracle/ Glittering Prize/ Theme For Great Cities/ Someone Somewhere in Summertime/ This Fear of Gods/ The American/ Love Song/ See the Lights/ Don’t You (Forget About Me)/ Let It All Come Down/ New Gold Dream (81-82-83-84)

Encore : Book of Brilliant Things / Speed Your Love To Me (instrumental)/ Sanctify Yourself/ Alive and Kicking

« Le dernier des injustes » de Claude Lanzmann

Le dernier des injustes, où Claude Lanzmann utilise des matériels qu’il avait accumulés lors du tournage de Shoah. Un film de presque quatre heures centré sur une interview de Benjamin Murmelstein réalisée en 1975. Il administra avant la guerre le bureau d’émigration des juifs de Vienne, dont il était également le rabbin, puis il fut doyen des juifs du camp de concentration « modèle » de Theresienstadt jusqu’à la libération. A ce titre il travailla avec Eichmann dans des conditions qu’il explique. Petit personnage trapu et vif, il explique, justifie, démonte, son action de l’époque qui fut très controversée après la guerre, sans passer sous silence que s’il pensait d’abord à la communauté juive du camp, il pensait aussi à son sort, sans masquer le fait que sa position de doyen impliquait également des enjeux de pouvoirs et que les juifs des camps étaient « des martyrs mais pas tous des saints ».

Au passage il démonte la théorie d’Hannah Arendt sur la banalité du mal qui considérait Eichmann comme un simple bureaucrate du système nazi. Il qualifie ce raisonnement de « risible » et qualifie Eichmann de « démon corrompu ».

Lanzmann fait pencher la balance en sa faveur, et à tout le moins pousse les spectateurs à la réflexion devant l’incroyable complexité de ces situations où le système nazi cherchait à s’appuyer sur la communauté juive pour l’administration des ghettos, poussant ainsi la perversité à son apogée en impliquant les victimes dans l’administration de la solution finale.

La grande réforme fiscale sortie du placard

De façon un peu incompréhensible le gouvernement annonce une grande réforme fiscale… Le truc ressurgit du placard où il avait été remisé après les élections présidentielles et semble pour le moins non préparé. C’est un immense chantier, mais surtout une colossale mine d’emmerdements pour ses inspirateurs et ses exécutants. Quand on sait l’incapacité des lobbies à accepter la remise en cause de leurs avantages corporatistes, on prend la mesure de la difficulté politique à mener une telle réforme qui devrait reposer sur un consensus populaire. C’est quasiment mission impossible !

Faut-il pour autant refuser l’épreuve ? L’ensemble de la classe politique et médiatique répond non à l’unisson, les mêmes d’ailleurs qui reprochaient au gouvernement l’abandon de cet engagement de campagne. Il est sûr que cela ne va pas assurer la tranquillité politique des prochaines années.

Le coup est parti donc nous verrons ce qu’il en sortira.

Des dirigeants trop âgés

Jean-Claude Gaudin, 74 ans, maire de Marseille depuis 18 ans, sénateur et pourfendeur de la loi anti-cumul des mandats, ne résiste pas à l’attrait du pouvoir et annonce se représenter en mars prochain aux élections municipales de Marseille.

Il représente à lui tout seul tous les blocages de la société française. Personne de doute qu’il n’est plus capable d’assurer un tel cumul de charges électives, mais les institutions l’autorisent à le faire et personne dans son camp n’est en mesure de l’empêcher de poursuivre ce naufrage.

Espérons que les électeurs feront preuve de plus de bon sens que les partis et renverront cet homme âgé à la retraite, au moins politique. Un peu d’alternance ne fera pas de mal, à Marseille comme à Paris d’ailleurs. Hélas pour la capitale, NKM-et-ses-cheveux-fous ne semble pas prendre le chemin d’une victoire facile compte tenu de ses déclarations boboisantes et des règlements de compte internes de la droite.

L’Ukraine renonce à son association avec l’Europe


L’Ukraine annonce qu’elle ne signera pas de traité d’association avec l’Union européenne, préférant se rapprocher de la Russie et de sa zone de libre-échange. Est-ce un problème pour l’Ukraine ? Non. Est-ce un problème pour l’Europe ? Pas vraiment. Passons-donc au sujet suivant !

Les Femen, elles, ont déjà quitté Kiev pour s’installer à Paris. Elles ont choisi leur camp.

Le fouteballe en émoi

La semaine dernière c’était Waterloo avec une défaite des footeux français en Ukraine dans on ne sait plus quelle compétition mondiale de fouteballe. Ce matin c’est Austerlitz avec une victoire des mêmes footeux surpayés qui leur donne accès à on ne sait plus quelle compétition mondiale de fouteballe. La politicaille franchouillarde s’empresse de parader sur les plateaux de télévisions pour se féliciter de cette victoire et faire des allusions grossières à la situation politique interne sur le thème : « quand on veut, on peut ! »

En revenant d’Ukraine il fallait les raser en place publique (ce qui vu les coupes de cheveux ridicules qu’ils arborent n’aurait pas été un mal), quatre jours après il fallait les transférer du Stade de France au Panthéon.

14 millions de téléspectateurs auraient regardé le match hier soir, ce qui permet de déduire que 51 millions ne l’ont pas regardé. Il reste encore un peu d’espoir, le pays entier n’est pas encore contaminé par ce virus pernicieux aboutissant à une dégénérescence des fonctions vitales des patients qui en sont atteint.

Nick Cave & the Bad Seeds – 2013/11/19 – Paris le Zénith

Nick Cave & The Bad Seeds au Zénith ce soir pour un concert flamboyant après la sortie de son dernier disque: Push the sky away à la couverture polissonne et dépouillée.

Nick Cave, artiste australien touche-à-tout, punk-rocker à ses débuts, écrivain, poète, scénariste, compositeur de bandes originales, fondateur des Bad Seeds depuis les années 80, il promène son look de dandy sur les scènes du monde à la tête d’un groupe de vieux grognards qui manifestent une efficace complicité musicale.

Habillé ce soir de son habituel costume noir, la chevelure permanentée de la même couleur, il alterne du micro au piano, saute comme un cabri pour diriger l’orchestre et envoûte la salle de sa voix de crooner.

A ses cotés le vieux compagnon Warren Ellis, la barbe au vent sur son costume strict, guitare, violon et pitreries. Il démarre le show avec les notes lancinantes à la guitare de We No Who U R sur lesquelles apparaît notre héros puis ils enchaînent Jubilee Street, deux morceaux emblématiques de l’atmosphère sombre du dernier disque. La montée en tension de Jubilee se termine en apothéose où tout s’emmêle dans un déchaînement bruitiste : guitares, claviers, batteries pour atteindre au sublime lorsque Warren s’empare de son violon, jouant arc-bouté, dos au public, une stridence explosive avant de lancer son archet dans les airs quand Nick marque la fin du jeu par un de ces sauts désarticulés dont il a le secret : On Jubilee Street there was a girl named Bee/ …The problem was she had a little black book/ And my name ws written on every page/ … I am alone now. I am beyond recrimination/ Curtains are shut/ The furniture has gone/ I am transforming/ I am vibrating/ I’m glowing/ I’m flying/ Look at me now/ I’m flying/ Look at me now.

Le ton est donné et le show sera de la même facture. Des moments de gravité entrecoupés d’instants de folie menés par un artiste original et envoutant, menant une espèce de glam-rock relooké XXIème siècle !

Il y a du blues dans cette musique, il y a des restes de punk dans sa folie (Barry Adamson, ex-Magazine, a fait partie des Seeds), il y a de la poésie dans les textes de Nick Cave et comme le narre la chanson qui clôt le set : And some people say that it is just Rock and Roll/ Oh but it gets right down to your soul/ You’ve gotta just keep on pushing/ Keep on pusching/ Push the sky away…

Setlist : We No Who U R/ Jubilee Street/ Tupelo/ Red Right Hand/ Mermaids/ The Weeping Song/ From Her to Eternity/ West Country Girl/ God Is in the House/ People Ain’t No Good/ Into My Arms/ Higgs Boson Blues/ The Mercy Seat/ Stagger Lee (Fred Waring & His Pennsylvanians cover)/ Push the Sky Away

Encore : We Real Cool/ Papa Won’t Leave You, Henry/ Deanna

NKM aux cheveux fous

NKM-et-ses-cheveux-fous déclare dans Elle à propose du métropolitain parisien : « Un lieu de charme à la fois anonyme et familier » en poursuivant « Il m’arrive de faire des rencontres incroyables. Je ne suis pas en train d’idéaliser le métro, c’est parfois pénible, mais il y a des moments de grâce. »

On se rappelle l’inoubliable épisode de Balladur lors de campagne présidentielle de 1995 lorsque Sa-Suffisance était descendue dans le métropolitain avec son pardessus étriqué et ne savait pas même où il fallait introduire le ticket pour le valider.

Que ce personnages politiques ne prennent pas le métro on peut le comprendre mais comment ne se rendent-ils pas compte du ridicule de leur situation lorsqu’ils s’y aventurent pour faire populo et qu’ils assènent des commentaires aussi surréalistes que ceux récents de NKM-et-ses-cheveux-fous ?

Les Balkany inquiétés pour fraude fiscale

Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale contre le couple Balkany, élus de la République. Les tourtereaux ont été aimablement dénoncés par un de leur ancien copain, le repris de justice Schuller qui les accuse dans un livre d’avoir financé leur important patrimoine immobilier via des détournements de fonds liés à l’affaire des HLM des Hautes-de-Seine dans laquelle Schuller a été condamné après avoir s’être exilé à l’étranger pour fuir la justice.

Que la Justice passe !

Réglement de comptes

Le chef des talibans pakistanais a été tué par les Etats-Unis via un de leurs fameux drones, indument qualifiés d’avion sans pilote, puisque ces aéronefs ont bien un pilote mais qui n’est pas dans l’avion. Il a été immédiatement remplacé par un autre chef taliban du nom de Fazullah qui s’est déjà rendu célèbre ces dernières années en faisant brûler les écoles de filles et en assassinant les personnels chargés des campagnes de vaccination des enfants, éducation et vaccination étant considérés comme contraire à la charia…

Diversité fiscale européenne

Rigolo : alors que comme de bien entendu, désormais tous les lobbies de camionneurs et les régions suivent les contestations bretonnes et réclament l’abolition définitive de l’écotaxe « qui va créer des centaines de milliers de chômeurs » seule l’Alsace se plaint de la suspension de ladite taxe. Evidemment, la taxe étant en vigueur en Allemagne le trafic de camions se détourne par l’Alsace où la circulation n‘est pas écotaxée…

Bob Dylan – 2013/11/13 – Paris le Grand Rex

Bob Dylan est à Paris pour trois soirées. Un mythe de la culture américaine, mondiale et de la musique folk. 73 ans, musicien, poète, peintre, observateur de la vie sociale, engagé politique, amoureux flamboyant lorsqu’avec Joan Baez il défilait contre la guerre du Viêt-Nam, inspirateur majeur de la musique du XXème siècle, annoncé pour le prix Nobel de littérature, décoré par la majorité des pays de la planète… bref, une référence de la culture occidentale n’avait plus joué à Paris depuis 20 ans.

Sa venue déclenche une ferveur certaine dans le monde intello-médiatique français, et même politique puisqu’il semble que le principe de la remise de sa légion d’honneur ait été discuté pour cause d’apologie de la drogue…, finalement tout est rentré dans l’ordre et la République a décoré le grand homme.

L’entrée du Grand Rex est cernée par des clones de Dylan qui jouent Blowin’ in the Wind pour les spectateurs faisant la queue pour gagner leur place à plus de 100 euros.

Bob Dylan est devant nous ce soir, coiffé de son éternel chapeau Stetson et habillé en Santiag et cravate cow-boy. L’homme est fragile, un peu chancelant devant son micro et chaudement soutenu par ses musiciens dont Charlie Sexton à la guitare. Dylan lui ne jouera pas de guitare, on dit ses doigts handicapés par le rhumatisme. Par contre il joue du piano debout et sort son harmonica de temps à autres.

Sa voix, de tous temps nasillarde, est maintenant dévastée par les années, et sans doute les cigarettes. A peu près incompréhensible pour ceux qui ne connaissent pas par cœur les vers du poète, il termine certaines phrases par des décrochements dans le aigus comme un adolescent en pleine mue. C’est étrange mais on ne s’y arrête pas.

Il paraît planer sur le nuage du vieil homme qu’il est devenu, proche de la sagesse. Sans trop d’attention pour son public énamouré, guère plus jeune que le héros. Il joue son concert et tient son rôle, celui d’un mythe qu’il n’a jamais voulu être, rejetant avec constance le rôle de porte-parole d’une génération que la critique a voulu accrocher à ses vestons.

Il est probablement l’un des musiciens les plus repris de toute l’Histoire du rock et tant de débutants ont gratouillé leurs guitares sur Blowin’ In The Wind.

Le concert est organisé en deux sets entrecoupés d’un entracte. Le rappel se termine bien sûr sur Blowin’ In The Wind : How many roads most a man walk down/ Before you call him a man?/ How many seas must a white dove sail/ Before she sleeps in the sand?/ Yes, how many times must the cannon balls fly/ Before they’re forever banned?/ The answer my friend is blowin’ in the wind/ The answer is blowin’ in the wind.

Le public touché par cette légende dont il a partagé les visions, quitte doucement le théâtre en sifflotant dans le vent de ses illusions perdues.

Setlist : Set 1

Things Have Changed/ She Belongs to Me/ Beyond Here Lies Nothin’/ What Good Am I?/ Duquesne Whistle/ Waiting for You/ Pay in Blood/ Tangled Up in Blue/ Love Sick

Set 2

High Water (For Charley Patton)/ Simple Twist of Fate/ Early Roman Kings/ Forgetful Heart/ Spirit on the Water/ Scarlet Town/ Soon after Midnight/ Long and Wasted Years

Encore : All Along the Watchtower/ Blowin’ in the Wind