Rubens, Poussin et les peintres du XVIIème siècle au musée Jacquemart-André

Rubens, Poussin et les peintres du XVIIème siècle au musée Jacquemart-André : des angelots grassouillets, des Vénus dodues, des paysages antiques, la Médicis entourée de pouvoir et de noirceur, des allégories à tous les étages ; la peinture de la vieille Europe qui s’influence et se concurrence au cœur des cours royales, de la France vers la Flandre en passant par l’Italie. Toute une époque !

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« Des hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois

« Des Hommes et des Dieux ou comment les moines de Tibehirine ont disparu en Algérie, emportés en pleine guerre civile par la fureur régressive des religions. Un film lent et douloureux sur les derniers jours de ces moines, jouets spirituels au cœur de conflits matériels. Leur abnégation et leurs doutes sont touchants mais on ne peut s’empêcher de penser que leur simple présence chrétienne au cœur de ce pays musulman en pleine hystérie guerrière était une folie et une provocation, y compris d’ailleurs pour les populations civiles qu’ils aidaient. Il est des moments où il faut savoir renoncer. Leur sauvage assassinat n’a fait qu’envenimer les choses, outre qu’il leur a ôté la vie. Leur volonté de faire « le bien » chevillée au corps au nom de leur Dieu n’est pas discutable mais elle s’est simplement heurtée au mur de la réalité politico-religieuse. Qu’allaient-ils faire dans cette galère ?

Il y eu deux survivants sur le témoignage desquels s’est sans doute appuyé le scénario de ce film quasi-documentaire. On ne sait toujours pas vraiment qui des islamistes ou de l’armée ont commis ce crime, peut-être d’ailleurs une collusion de fait des deux côtés, ou une tierce partie ? Les méandres de la politique franco-algérienne peuvent être parfois encore plus impénétrables que les voies du Seigneur.

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« Salt » de Phillip Noyce

Ouahhhh ! Elle est trop forte Angélina dans Salt ! Elle est agent double ou triple (on n’est pas sûr d’avoir tout compris), elle saute de camion en camion sur l’autoroute, elle sort indemne de terribles accidents, elle élimine à elle seul toute une escouade du KGB, elle s’introduit dans le bunker de la Maison-Blanche, elle sauve la planète du feu nucléaire, elle se laisse tomber d’un hélicoptère dans le Potomac en plein hiver, et en plus elle tombe amoureuse d’un allemand spécialiste des araignées, qui lui, laissera sa peau dans ce combat de méchants. Elle est vraiment trop forte Angélina.

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« A 5 heures de Paris » de Léon Prudowsky

Une charmante et romantique comédie par le réalisateur israélien Léon Prudowsky : A cinq heures de Paris. Sur un fond musical de Joe Dassin un chauffeur de taxi d’une ville de la côte israélienne tombe amoureux d’une immigrée russe, pianiste et mariée à un buveur de vodka qui chante des mélodies déchirantes sur sa guitare. Bref, l’âme russe délocalisée à Tel-Aviv. Leur idylle durera autant qu’un cessez-le-feu sur la bande de Gaza mais y laissera bien plus de douceur et de mélancolie.

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« Crime d’amour » d’Alain Corneau

Crime d’Amour : deux femmes à l’égo surdimensionné s’affrontent dans une entreprise, en quête de domination. Le tout donne un produit gnangnan, nunuche et fort peu crédible.

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« Yves Saint Laurent – rétrospective » au Petit-Palais

Exposition rétrospective Yves Saint-Laurent au Petit-Palais. On y va pour le personnage, on en revient ébloui par ses créations. Il admettait que : « … ce métier, qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister » mais devant ce foisonnement de robes sublimes, il faut avouer que l’on tend à l’éternel.

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« The Doors – When you’re Strange” de Tom Dicillo

Un documentaire sur le groupe américain The Doors : When You’re Strange ; pas inoubliable si ce ne sont les rushes d’un film tourné à l’époque (qui n’a jamais dû sortir) où l’on voit un Morrison christique, barbu, seul au volant d’une vieille Mustang au milieu d’un désert. Le réalisateur insiste un peu trop sur les dérapages de Jim qui ne sont sans doute pas l’aspect le plus intéressant de ce groupe dont la musique a survécu au temps. Le texte est lu en « off » par la voix de Johnny Deep.

Evidemment l’autodestruction dans laquelle se lance consciencieusement Morrison est désarmante et plutôt désespérée. Arrivé à la musique, à laquelle il ne connaissait rien, par la poésie, il s’est imposé non seulement par sa personnalité lumineuse mais aussi par la puissance de son groupe : Ray Manzareck, ami de de l’université de Los Angeles, aux claviers avec la particularité de jouer de la bass de sa main gauche sur un clavier-basse en même temps que la mélodie et les accords de la main droite sur un autre clavier, Robby Krieger à la guitare et John Densmore à la batterie. Krieger compose certains des morceaux les plus célèbres des Doors et joue avec un style très personnel inspiré de sa formation au flamenco. C’est l’époque du flower-power, tout ce petit monde californien est épris de transcendance, de psychédélisme et de poésie.

Nous sommes à la fin des années 1960, la guerre bat son plein au Vietnam (le propre père de Jim est amiral dans la Marine en poste dans ce pays, le chanteur n’a plus de relation avec sa famille…), Martin Luther King et les Kennedy sont assassinés, la bataille pour les droits civiques des noirs aux Etats-Unis est violente, la drogue fait des ravages, Jimi Hendrix et Janis Joplin meurt de surdose, les hippies sont en train de perdre leurs illusions. Morrison s’éloigne du groupe, publie des recueils de poésie s’exile à Paris avec sa « fiancée cosmique » Pam Courson, où il décède le 03/07/1971 dans des conditions restées un peu mystérieuses mais une issue hélas inévitable tant, à 27 ans, son corps était au bout de ce qu’il pouvait endurer à force d’excès, de drogue et d’alcool. Pam héritera des droits de « son Jim » et le suivra dans la mort trois années plus tard d’une surdose d’héroïne…

La musique inspirée des Doors fut la bande son d’une époque pour des Etats-Unis déboussolés, le dernier éclat d’un monde hippie qui allait bientôt laisser la place au mouvement punk !

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« Turner et ses peintres » au Grand Palais

Turner au Grand Palais : on y découvre les inspirateurs du maître britannique et son incroyable technique pour peindre la lumière, surtout celle du lever de soleil sur la Tamise embrumée. Des peintures parfois un peu grandiloquentes, surtout celles des références antiques.

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« Edward Munch ou l’Anti-Cri » à la Pinacothèque

Expo Munch ou l’anti-cri à la Pinacothèque, c’est tout Munch, sauf Le Cri, peinture de l’artiste norvégien universellement connue.

Munch c’est donc autre chose que Le Cri. Des lithographies torturées de corps de femme évoquant de noirs sentiments, des couleurs profondes de paysages nordiques ou normands, des personnages souvent solitaires ; le monde de Munch, sans doute pas très optimiste.

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« Paris Ville rayonnante » au musée de Cluny

Paris ville rayonnante au Musée de Cluny, l’occasion d’un retour dans ce musée parisien consacré au moyen-âge et aménagé dans un ancien couvent. Paris au XIIIème siècle, ville qui rayonne sur l’Europe et découvre l’art gothique, est retracé dans cette expo. Quelques sculptures ont tout de même survécu au pogrom révolutionnaire de 1789 et sont exposées ici. Un petit tour devant les tapisseries de la Dame à la Licorne et c’est l’heure d’aller voter.

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« Pierre Soulages » au Centre Pompidou

21h, dans l’escalator du Centre Pompidou, alors que l’on quitte encore rêveur l’exposition Soulages, on croise la beaufitude parisienne branchouille qui monte l’escalator vers le restaurant panoramique. Ce petit monde aurait pu venir un peu plus tôt et admirer l’œuvre intrigante de cet artiste avant ses agapes mondaines.

Abstraction et effets de noir sur toiles immenses ; l’audio-guide diffuse la parole du Maître qui édifie sur la lumière et les reflets, sur l’outrenoir, sur la consistance physique de la peinture et les outils d’étalage fabriqués par lui-même, sur ses rencontres artistiques. Une merveilleuse plongée dans l’univers d’un peintre très intéressant.

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« Capitalism: a love story » de Michael Moore

Ciné ce soir ou le capitalisme en crise vu par Michael Moore. C’est outrancier comme il se doit, parfois larmoyant, mais tellement vrai. Et puis cela fait du bien que ces choses soient dites. Quelques passages hilarants quand Moore arrête son fourgon blindé devant le siège de Goldman Sachs, demande à rencontrer le pédégé pour récupérer et rendre au Trésor les milliards de fonds publics qu’il a fallu investir dans les banques pour les sauver de la faillite, ou quand il cerne le pâté de maisons de Wall Street du célèbre ruban jaune utilisé par la police américaine pour marquer les scènes de crime…

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« De Byzance à Istanbul – Un port pour deux continents » au Grand-Palais

Expo De Byzance à Istanbul au Grand Palais dans le cadre de l’année de la Turquie, ou les étapes millénaires de la capitale d’un empire grec puis romain multi-déiste, puis romain-chrétien, puis ottoman-musulman, puis turque-laïque. Cela donne le tournis. De guerres en conquêtes, d’effondrements en résurrections, la sublime porte laisse un époustouflant mélange de cultures exposé au Grand Palais, même si la période Istanbul est traversée plutôt rapidement.

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Levi-Strauss le sage

En relisant les hommages à Claude Levi-Strauss (1908-2009) décédé ce 30 octobre, on apprend qu’l voulait être musicien, il fut un anthropologue-ethnologue qui fit franchir des pas décisifs aux sciences humaines. Ses anciennes interviews de jeunesse comme d’académicien montrent un homme serein et analytique, de ceux qui ont beaucoup appris et expliquent avec humilité ce qu’ils croient savoir de l’Humanité. Il a sa vie durant élaboré des concepts plutôt mystérieux la majorité, mais d’où surnage l’immense sagesse d’un homme qui a consacré sa vie à découvrir les richesses déclinantes du monde.  

« Renoir au XXe siècle » au Grand-Palais

Les œuvres de la fin de vie de Renoir au Grand Palais. Au XXème siècle, perclus de rhumatisme, l’artiste abandonne son inspiration impressionniste pour se consacrer au portrait de baigneuses nues et langoureuses, ou de paysages méditerranéens de sa maison de Cagnes. C’est un peu libidineux mais tout de même immense. Un film noir et blanc montre le peintre, barbu avec son béret, une allure d’abbé Pierre, discutant avec un voisin, fumant sa cigarette, les doigts crochus noués par un ruban car sans doute plus maîtrisés, mais tenant toujours son pinceau et déclarant en 1913 : « Je commence à savoir peindre. Il m’a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore. » La création jusqu’à son dernier jour, c’est touchant, généreux et indispensable.

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« Lost Istambul, années 50-60 » à la Maison européenne de la photographie

Exposition Ara Güler à la Maison Européenne de la Photographie : « Lost Istanbul, années 50-60 ». Photographe turque, Güler a documenté l’Istanbul des années 50/60 en images, noires et blancs, nostalgiques et vivantes. On y décèle l’activité fébrile qui caractérise cette ville tournée vers la mer, on y voit les gens, on découvre les bateaux qui sans arrêt relient l’Asie à l’Europe, on y ressent l’ambiance de l’Istanbul de la fin du XIXème siècle, celle qui était fréquentée par Franz Liszt, Georges Sand et Pierre Loti.

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« Little New York » de James de Monaco

Une histoire de gangsters à la petite semaine dans Staten Island. Leur patron italien a la folie des grandeurs mais aime trop sa maman. La réalisation de James de Monaco est intéressante avec 4 ou 5 chapitres qui se chevauchent dans le temps où l’on revoit les mêmes scènes mais vues par différents personnages.

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« L’important c’est de rester vivant » de Roshane Saidnattar

Le génocide pratiqué par les khmers rouges au Cambodge vu par une réalisatrice, Roshane Saidnattar, métisse indienne-khmère qui avait 4 ou 5 ans à l’époque et a été exilée avec sa famille vers la campagne pour y travailler pour l’Ankgar, l’organisation maoïste dirigée par Pol-Pot. 35 ans plus tard elle revient sur place avec sa mère et retrouve le village où elle a exercé ses travaux forcés sous la surveillance sanguinaire des paysans locaux qui représentait le « bon » peuple quand les urbains étaient les « mauvais », corrompus par le capitalisme et l’Occident qui devaient expier leurs fautes dans les champs. Un tiers de la population a été exterminée, entre 2 et 3 millions de morts. Le chef de l’Etat de l’époque était Kieuh Sampan, qui a fait ses études à Paris (à la Sorbonne à la fin des années 50, Sartre rôdait encore au quartier latin) comme beaucoup des chefs khmers rouges. Il est interviewé dans le film, retrouvé au fin fond du pays dans une petite ferme où il élève des canards. Il revient sur ces années de folie et affirme qu’il n’était pas au courant des massacres et que son poste était honorifique. Le président du Cambodge ne se serait pas aperçu du massacre d’un tiers du peuple khmer durant les quatre années de son règne ! Il croyait (et croit encore) que le retour aux champs de toute la population était la bonne solution pour relancer l’économie du pays, et un tremplin pour créer une industrie.

Une séquence intéressante est le retour de Roshane et sa mère dans le village où elles ont été « détenues » et les retrouvailles avec leurs « geôliers », qui continuent à travailler dans leurs mêmes rizières. Ces massacres « civils » (Algérie, Rwanda, Cambodge, …), une fois stoppés, entraînent souvent le retour des assassins dans leur milieu d’origine et un hallucinant face-à-face avec les survivants. C’est ici le cas, une fois encore.

Les scènes de reconstitution (dernière mode médiatique des émissions historiques) sont inutiles. Avant la sortie du film, Kieuh Sampan sera arrêté pour être traduit le moment venu devant un tribunal mi-local, mi-international, mais qui a bien du mal à prendre son élan.

Voir le très intéressant compte-rendu de l’historien Raoul Marc Jennar qui a déposé le 14 septembre 2009 comme expert devant ce simili tribunal international.

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