Quelle énergie !

L’agité du bocal qui nous préside confirme qu’il est candidat pour de nouveau s’agiter durant 5 ans à la présidence de la République. Il rentre dans l’arène avec un sourire carnassier et un plaisir non dissimulé.

Les journalistes adorent ça et rivalisent d’analyses pour ne rien dire. Au milieu des tics verbaux habituels : la séquence, le clivage, la cristallisation, le marqueur ; on entend un tic de première catégorie avec un sondeur qui parle « du candidat dans sa verticalité » (c’est vrai qu’on avait déjà eu « la latéralisation politique ») ! C’est un nouveau concept que nous n’avions encore jamais approché. Tout ceci fleure bien la masturbation intellectuelle, la ventilation de gogos, le je-m’écoute-parler-parce-que-c’est-trop-bon, l’autosatisfaction mondaine, l’autoallumage du microcosme parisien-rive-gauche, bref, un immense vertige nous saisit devant ce grand vide.

Le candidat dans sa verticalité réaffirme son engagement de parler au peuple, il a son compte Facebook avec 500 000 amis, son compte Twitter avec 77 000 suiveurs, un site internet tout à sa gloire et il va faire des référendums pour contourner les parlementaires qui s’opposent et les syndicats qui sabotent.

Cela étant dit, quel énergie ce bonhomme !

Christine Boutin : pathétique !

Christine Boutin, un vrai poème, après avoir promis des révélations « nucléaires » si elle n’obtenait pas les 500 signatures lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle, après avoir entamé la marche vers Saint-Jacques de Compostelle pour que Dieu l’aide dans cette quête de signatures, après avoir annoncé qu’elle créerait un eurofranc qui cohabiterait avec l’euro international et avec la même parité, Christine Boutin donc, s’est finalement décidée à manger dans la soupe de Sarko l’agité après l’avoir entendu dire qu’il était contre le mariage des homosexuels.

Cela veut dire que Sainte Boutin aura un maroquin de ministre si Sarkozy est réélu. Encore une bonne raison de na pas voter pour lui.

Une mouche dans un bocal

Sarkozy propose maintenant d’utiliser le référendum à hue et à dia s’il était réélu. Le premier sujet avancé aujourd’hui dans Le Figaro est de demander au français s’ils seraient d’accord pour imposer aux chômeurs d’accepter le travail ou la formation quand cela leur est proposé. On pourra demander à Claude Guéant ou Nadine Morano de rédiger la question qui sera posée aux français, ce sera sûrement fait tout en finesse.

Effets de manche, annonces impraticables, billevesées, Sarko donne vraiment l’impression de se cogner contre les vitres du bocal de la réalité et d’inventer n’importe quoi essayer d’en sortir.

Cruella à l’UMP

Nadine Morano, la harpie de la Sarkozie, la Cruella de l’UMP, déclare dans Le Parisien :

« Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On sent du coup qu’il n’y a pas de communicant derrière. Contrairement à Ségolène Royal qui en 2007 est allée jusqu’à la médecine esthétique et la correction dentaire ».

Toujours subtile et délicate pour élever le débat…

Les ploucs philosophent

Guéant, le soudard de la Sarkozy fait une déclaration sur les mérites respectifs des civilisations :

« Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.

En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »

Et il balance cette sentence devant un parterre de droite, limite extrême : l’UNI  (Union Nationale Inter-universitaire). Bien évidemment cela génère une joyeuse approbation dans ce cénacle de l’UNI et remarques offusquées et faux-jetones à l’extérieur où tout le monde tombe dans le panneau de la surréaction.

Guéant est malin, c’est un vieux renard qui fouine dans les terriers des basses-œuvres de la politicaille hexagonale depuis des décennies. Il est futé et sait comment agiter le chiffon rouge devant la beaufitude franchouillarde et de courte vue. Il est cynique en diable et prêt à prendre tous les risques pour déclencher quelques réactions épidermiques de ses électeurs et assurer des bulletins en faveur de ses maîtres. Bref, c’est un politique roublard.

Rien n’est vraiment faux dans cette déclaration où tout est flou, on y laisse imaginer que civilisation égale religion ou régime politique, et puis qu’est-ce qu’une civilisation meilleure qu’une autre, de quoi parle-t-on, de morale, de production industrielle, de nombre de suppliciés par dictateur ? C’est flou et le tout est servi au bon peuple écrasé par la précarité et abruti par le fouteballe et les journaux de TF1, elle génère donc immédiatement des comportements irréfléchis et immatures. Et cela n’a pas manqué dès aujourd’hui avec un député antillais qui y est allé de son couplet sur le nazisme et le colonialisme. Tout ceci est inutile, agressif et attendu.

Bref, les discours sur les civilisations, on les préfère au Collège de France dans la bouche d’Edgar Morin étudiant l’œuvre de Claude Lévi-Strauss, plutôt qu’aux mains des portes-flingues de la politique.

Morin et la mémoire

Hervé Morin, élu normand, déclare dans un meeting :

« Moi qui ai vu en Normandie le débarquement des alliés, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd’hui. »

M. Morin est né en 1961, soit près de vingt années après le débarquement… Ce serait plutôt drôle si le personnage n’était candidat à la présidence de la République…

Pasqua est au mieux un sacré tripatouilleur, au pire…

Dans un dîner en ville la conversation revient sur le fait de savoir si Eva Joly qui a claironné à la radio de Charles Pasqua était un criminel avait tort ou raison.

Pasqua (et parfois avec son fiston) a été impliqué dans plusieurs affaires judiciaires a pour des faits s’étant déroulé lorsqu’il était ministre et lorsqu’il ne l’était pas.

Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance dans une sombre affaire de casino à Annemasse. Son parti de l’époque aurait reçu des fonds de ce tripot. Cette condamnation a été confirmée par la cour de cassation en avril 2010, elle est donc définitive.

Il a ensuite été condamné le 30/04/2010 à un an de prison avec sursis par la cour de justice de la République (chargée de juger les ministres ou le président pour des faits menés dans l’exercice de leurs fonctions) pour complicité d’abus de biens sociaux et de complicité de recel dans une affaire de vente de matériel de sécurité. Par contre la même cour de justice l’a relaxé pour les faits de corruption du casino d’Annemasse, ce qui veut dire qu’il est coupable en tant que citoyen dans l’affaire du tripot mais innocent dans le volet ministériel de cette même affaire.

Le condamné s’est pourvu en cassation pour l’affaire des matériels de sécurité et ce pourvoi a été rejeté rendant la condamnation définitive. Finalement on ne sait pas s’il est un criminel ou un délinquant mais, dans le doute, mieux vaut ne pas lui donner nos enfants à garder le soir.

Le clan corse Tibéri

Un fiston Tiberi qui avait été nommé par décret à une fonction de responsabilité au ministère français des finances voit cette nomination annulée par le conseil d’Etat au motif que « les auteurs du décret attaqué ont commis une erreur manifeste d’appréciation en estimant que M. Tiberi présentait les aptitudes requises pour une telle nomination ».

Encore un fiston imprudent qui aurait mieux fait de vivre sa vie loin du parapluie politique offert, consciemment ou inconsciemment, par ses parents.

D’ailleurs, papa Tiberi, 76 ans, traîne toujours ses guêtres UMP à l’assemblée nationale comme député de Paris d’une circonscription qui recouvre une partie du 6ème arrondissement.

Un ancien président de la République française condamné

L’ex-président Chirac est condamné à deux ans de prison avec sursis pour « abus de confiance », « détournement de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt ».  Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet avait été condamné en 2004 à quatorze mois de prison avec sursis pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, prise illégale d’intérêt » dans la même affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Henri Emmanuelli avait été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis pour complicité de trafic d’influence.

Ces trois hommes ont manigancé des combines pour financer leurs partis politiques. Ce n’était pas par intérêt personnel mais ils ont violé la Loi. La Justice est passée, c’est bien ainsi. Force reste à la Loi, cela aura valeur d’exemple, peut-être…

Quelques procès nauséabonds restent à la une pour les prochains mois : commissions et rétro-commissions sur contrats publics d’exportation d’armes, proxénétisme dans le Pas de Calais, corruption dans le Nord et à Marseille, etc. La permanence de ces phénomènes, sous des pouvoirs de gauche comme de droite est assez consternante. La Justice a encore du travail.

Querelle de cours d’école

La Dati continue à expliquer pourquoi Fillon est parachuté candidat député de Paris 15° de façon triste alors qu’elle-même a une vraie légitimité à se présenter aux élections législatives dans cet arrondissement parisien, et de publier une lettre ouverte incendiaire dans Le Monde. L’égo de ces élus est sans borne, on est toujours surpris de le constater à quel point lors de telles envolées. On croit rêver !

Monsieur le Premier Ministre, vous avez décidé d’être candidat à Paris. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les Parisiens et pour notre famille politique, s’il s’était agi de venir soutenir ceux qui, depuis plusieurs années, se battent contre une politique municipale qui pénalise les familles et les classes moyennes, qui organise une ville-musée et non une ville animée par le désir d’être inventive pour l’emploi, la recherche, les filières d’excellence, pour de meilleures conditions de transport et de vie.

Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s’il s’était agi d’aller convaincre les Parisiens qui doutent que les choix de mise en mouvement de la société française faits par le président de la République sont les bons.

Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s’il s’était agi de montrer aux Parisiens qu’on peut partager une expérience politique, sans pour autant rechercher le confort et la facilité. Cela aurait pu être une bonne nouvelle, s’il s’était agi de prendre des risques pour ses idées.

Mais vous n’avez pas fait ces choix, et votre arrivée n’est finalement pas une bonne nouvelle. C’est une faute, une faute triste.

Elle est le retour d’une manière de faire de la politique, celle qui soumet les règles et les usages aux pressions de l’ambition solitaire des puissants, celle des appareils politiciens ; une manière de faire de la politique qui n’a jamais favorisé la promotion des femmes et qui empêche à chaque élection l’émergence de la diversité ; une manière de faire de la politique qui ne valorise pas le travail de terrain et les élus, une manière de faire de la politique qui est le refus du contact avec la France populaire pour ne privilégier que les élites d’appareil.

C’est la manière de Cécile Duflot, secrétaire générale d’Europe Ecologie-Les Verts, qui veut prendre la place de la seule femme députée de Paris qui n’est pas une cumularde et qui est présente dans les rues du 11e arrondissement tous les jours depuis des décennies, contrairement à la plupart des élus socialistes de Paris.

En choisissant la facilité, une « circonscription sans électeurs », comme vous le dites de manière étonnante, vous allez casser ce que Nicolas Sarkozy a fait de mieux, de plus symbolique au cours de son quinquennat, montrer que la réussite de l’intégration, c’est de pouvoir convaincre notre électorat le plus traditionnel qu’il peut être représenté par quelqu’un qui n’a ni les mêmes origines sociales ni les mêmes origines culturelles.

Vos chargés de mission sur le terrain pourraient entendre ce que j’entends sur les marchés parisiens. Le courage chez Nicolas Sarkozy c’est quand « Rachida » a succédé à Edouard Frédéric-Dupont.

Cela, la gauche ne l’a fait nulle part. Cela devrait être la fierté de la droite républicaine au moment où le Front national tente de lui faire abandonner ses valeurs.

Votre choix, s’il se maintenait, serait donc pour nos valeurs celui de la régression, celui du retour aux errements qui nous ont fait perdre Paris. Du reste, je constate amèrement avec la majorité des élus parisiens de la droite et du centre que vous souhaitez, grâce à votre candidature, remettre en selle le clan qui nous à fait perdre Paris et le cœur des Parisiens et qui a ainsi favorisé la victoire de la gauche.

La politique du président de la République a été celle du courage, celle de l’impopularité nécessaire au moment où il s’agissait de faire des choix pour rénover la France. J’ai servi cette politique en menant jusqu’au bout la réforme de la carte judiciaire, en engageant une réforme profonde du code de la justice des mineurs, en défendant par mon exemple la laïcité, en allant au-devant des Parisiens avec une histoire personnelle peu habituelle dans le quartier des ministères.

Nicolas Sarkozy, et comme de nombreux enfants issus de l’immigration, je l’en remercie, a porté haut les valeurs de l’intégration républicaine. Il a montré l’exemple.

A Paris, pour un homme comme vous qui a dit longtemps vouloir s’inspirer du gaullisme social, le courage serait d’aller au-devant de la diversité parisienne, là où notre famille politique a besoin de soutien, là où Philippe Séguin avait fait le choix de se battre, là où la pratique politique de la majorité municipale est celle du cumul des mandats, du refus du renouvellement des générations, du refus de promouvoir la diversité, du refus de la République intégratrice. Là où Alain Juppé avait su battre Lionel Jospin.

Comprenez, Monsieur le Premier Ministre, quand il en est encore temps, que l’enjeu n’est pas la circonscription. L’enjeu, maintenant, c’est l’honneur de ceux que je représente, ceux qui croyant en moi ont cru en vous. Ceux pour lesquels vous avez placé un visage sur leur espoir, ceux qui ont cru à vos symboles, et qui reconnaissent aujourd’hui la légitimité de ma démarche.

Vous m’avez placée, vous-même, face à mon devoir de résistance. Vous êtes le seul à posséder la solution au problème que vous avez créé. Au nom de notre famille politique, au nom des valeurs dont vous vous réclamez, je vous le demande solennellement, refusez la facilité, car Paris et les Parisiens aiment le courage.

Maire (UMP) du 7e arrondissement de Paris et députée européenne (Article paru dans l’édition du Monde du 13/12/2011 )

Les pirates de l’UMP piratés par plus malins

Rigolo : des pirates informatiques rentrent sur le site de l’UMP, chopent les numéros de portables de députés, particulièrement ceux de la droite dite populaire, en fait très populiste et très stupide, puis les mettent en ligne. Du coup les membres de l’UMP concernés sont inondés de SMS vengeurs et de messages d’insulte. L’un d’eux plutôt énervé et énervant parle « d’activer la guillotine. »

Un message de revendication précise : « A tous les gardés à vue, aux banlieues karchérisées, aux manifestants battus, aux journalistes espionnés, aux demandeurs d’asile ignorés et matraqués, aux Roms stigmatisés, à toutes les victimes de l’UMP… nous vous livrons leurs coordonnées. Œil pour œil, dent pour dent. »

C’est rigolo mais c’est illégal. L’UMP a porté plainte, que la justice passe.

La critique malsaine de l’opposition

La droite dépense une folle et couteuse énergie à démonter le programme du parti socialiste assaisonné par son nouveau candidat aux élections présidentielles. C’est drôle mais plus les chevaux légers, voire lourds de l’UMP, ventilent une argumentation aussi fumeuse que ledit programme, et plus cela persuade certains de ne pas voter pour la droite.

Il faut se tenir au bastingage lorsqu’on entend Copé expliquer que la gauche est molle alors que son parti n’a pas su imposer le rétablissement au taux de TVA normale sur le prix des entrées dans les parcs d’attraction il y a quelques semaines à peine, soit une augmentation de 3 à 4 euros par ticket, à un quarteron de sénateurs vieillissants partis en guerre contre cette inadmissible et intolérable atteinte à la liberté des citoyens à se rendre dans leurs parcs d’attraction !

La mauvaise foi est porteuse de néant, la communication communicante est source de désillusions, parier sur le manque de clairvoyance des citoyens est générateur de traversées du désert. Copé, tu as déjà pris presque 3 millions de votants aux primaires socialistes venus s’exprimer contre ton aveuglement et ta suffisance, tu as fait perdre le sénat à tes amis, alors en vérité on te le dit Copé, va maintenant travailler à ton programme au lieu de salir tes prochains (avec qui tu trinques joyeusement dans les bars de l’assemblée nationale), va maintenant, va et travaille pour la République.

La conformité à la République : une notion subjective

Sarkozy, l’agité du ciboulot en place à l’Elysées, y va de sa sortie contre les primaires socialistes les qualifiant de « non-conformes à l’esprit de la constitution de la V° République. » Et pendre ses adversaires « à un croc de boucher » est-ce conforme à la République ?

La droite panique tel un bataillon de mouches cognant sur les vitres du bocal où il est enfermé. Il faut que chacun y aille de sa déclaration inutile, de sa menace agressive, de son jugement creux sur les primaires de la gauche. Compte tenu du fait que ces élections sont un processus interne aux partis socialiste et radical, de finalement peu d’importance pour la politique française, ne serait-il plus noble pour la droite de traiter le sujet de ces primaires par le silence ? A moins bien sûr que la droite ait un programme de gouvernement à présenter à ses futurs électeurs pour les années à venir, auquel cas il serait intéressant de le mettre sur la table.

Corruption à grande échelle et aux dramatiques effets

Après les valises de billets africains voici les rétro-commissions sur les contrats publics de ventes d’armes françaises au Pakistan. On est là dans du plus sérieux, au moins en nombre de zéros. Aux niveaux de la morale et de l’implication de la République, c’est comparable. Deux de ses affidés affairistes viennent d’être mis en examen par la justice, notamment par suite des dénonciations de leurs ex-épouses. Comme il est question que ces rétro-commissions aient cofinancé la campagne électorale présidentielle de Ballamou en 1995 dont Sarko l’agité était le porte-parole et l’ambitieux vassal, la presse se fait un plaisir de faire des rapprochements.

La présidence de la République française publie un communiqué dans lequel elle écrit notamment : « S’agissant de l’affaire dite de « Karachi », le nom du chef de l’Etat n’apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n’a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier. » alors que ledit dossier est en principe seulement connu du juge d’instruction.

Encore plus cocasse, Hortefeux, conseiller à l’Elysée, était sous écoutes téléphoniques judiciaires dans cette affaire, ce qu’il semblait ignorer. La police a enregistré une conversation avec l’un des deux affidés affairistes dans laquelle il le prévient que son ex-femme « balance » alors qu’il n’est pas censé être au courant des procès-verbaux de ce témoin en principe anonyme…

Résumons : la France vend des armes au Pakistan, des intermédiaires louches sont de la partie à qui sont versés des montants importants de commissions dont une partie est appelée à revenir en France via rétro-commissions pour des buts peu transparents, on ne connaît pas bien les destinataires de ces rétro-commissions. Ce qu’on sait est qu’elles sont illégales, le juge en cherche les bénéficiaires, notamment dans la sphère politique actuelle, et il place des personnages haut-placés sur écoute. Au passage un attentat au Pakistan tue une dizaine de techniciens français qui participaient au montage des sous-marins objets de la vente d’armes, l’une des questions est de savoir s’il existe un lien entre ces commissions/rétro-commissions et ces morts.

La justice de nos démocraties a le pouvoir légal de placer ses princes sur écoutes, le plus étonnant, de Berlusconi à Hortefeux, c’est que lesdits princes soit n’aient pas les moyens d’avoir des téléphones cryptés, soit n’aient pas la jugeote nécessaire pour ne pas se répandre au bout du fil sur leurs actes illégaux, l’un au sujet de ses turlutes avec des gamines mineures, le deuxième pour avoir violé le secret de l’instruction. Pour qualifier ces errements on hésite entre incompétence ou sentiment d’invulnérabilité.

Des frégates de Taiwan aux sous-marins du Pakistan, de la gauche à la droite, tout ceci n’est guère brillant et fait passer les valises de Bourgi pour de la petite bière.

Que la justice passe !

Galouzeau Innocent !

Dominique Galouzeau de Villepin, le poète du Quai d’Orsay, est confirmé innocent par la cour d’appel dans l’affaire clearstream où de faux listings bancaires contenant inopinément le nom de Sarkozy se sont retrouvés dans la presse. La justice est passée. Soit, il est innocent, c’est bien ainsi il va avoir plus de temps à consacrer à la nouvelle affaire des valises d’argent liquide que Bourgi, le soudard de la françafrique lui aurait remises au nom de chefs d’Etats africains.

Anosognosie électorale

Le fait qu’il y a quelques semaines Chirac ait expliqué qu’il voterait Hollande aux prochaines élections est utilisé pour démontrer sa sénilité, et donc son empêchement médical à participer à son procès pour les emplois fictifs de la mairie de Paris. Voter Hollande est considéré comme un acte de dégénérescence…

La maladie de Chirac

Chirac pourrait ne pas être présent à son procès sur les emplois fictifs de la mairie de Paris qui débute lundi. Il serait fatigué. Après avoir écrit les deux tomes de ses mémoires voilà maintenant qu’il aurait des problèmes de mémoire, ce qui laisse imaginer le niveau de fiabilité de ses bouquins de souvenirs.

Que la justice passe !

Un ex-président habitué à déraper contre son camp

Le petit monde parisiano-médiatique est en émoi car l’ex-président Chirac a affirmé sur le ton de la plaisanterie qu’il votera Hollande aux élections présidentielles de 2012, sauf si Juju-le raide s’y présentait. Ce (très) petit microcosme a la mémoire courte et semble oublier que ce grand benêt Chichi a déjà trahi son camp en 1981 en ne soutenant Giscard dit d’Estaing que du bout du bout des lèvres et au tout-tout dernier moment. L’idée semble-t-il à l’époque était de favoriser l’arrivée de Mitterrand pour mieux préparer la reconquête du pouvoir par la droite menée par Chirac. La première étape s’est bien déroulée puisque Mitterrand s’est installé à l’Elysée en mai 1981 et Giscard a été repoussé dans les oubliettes de l’Histoire, croyait-on…

Les étapes suivantes ont été plus douloureuses puisque Chirac a dû attendre 14 années avant d’atteindre le pouvoir absolu, 14 années à avaler son chapeau, à voguer d’affaires judiciaires en retournements de veste, 14 années bien longues. Et à la fin, le Giscard est toujours là, nuisible et intriguant, le forçant même à adopter le quinquennat alors que Chirac avait répété des années durant que le septennat était un des fondements de la Vème République.

Sa haine à l’égard du Giscard dit d’Estaing équivaut sans doute largement à celle qu’il éprouve pour Sarkozy l’agité donc un petit plantage de couteau dans le dos ne se refuse pas, à Sarko comme il le fit pour Giscard.

Plus sérieusement, la très grande majorité des électeurs se contrefout de ce que Chichi votera donc son annonce est sans effet attendu, sinon l’émoi provoqué chez le microcosme. Finalement de (très) peu d’intérêt.

Le testament du roi fainéant

Chirac, ex-président de la République (qualifié en son temps de Roi fainéant par Sarko l’agité du ciboulot) sort un deuxième tome de ses inintéressantes mémoires et répond au détour d’une page : il parle de son ennemi qui serait

« Nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même ».

La presse en fait des gorges chaudes et relaye en boucle ces 12 mots pris dans les 600 pages du volume. En fait il n’y a rien à en dire, ce jugement est frappé au coin du bon sens et déjà ressassé depuis des années par les analystes, les politiques et surtout les électeurs, sans parler bien évidemment de celui qui s’est fait traiter de pov’con dans le très célébrissime et inoubliable « casse toi, pov’con » proféré au salon de l’agriculture et qui marquera l’Histoire de France. Qui peut feindre de découvrir que Sarko est nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même ? Cela n’échapperait pas à un enfant de 5 ans !

Et si Chirac avait écrit que Sarkozy était calme, serein, modeste et réservé, l’aurait-on cru ?

Donc, circulons, il n’y a rien à voir.

Le pré carré de Rachida Dati

La Dati se met en colère car l’actuel premier ministre Fillon songerait à se présenter à la députation dans une circonscription du VIIème arrondissement qu’elle vise également, plutôt que de rester dans la Sarthe-des rillettes, son département d’origine.

Impayable la Dati ! Elle a sans doute oublié que dans une élection il y a les candidats, certes, mais qu’il existe aussi une race étrange que l’on appelle « les électeurs ». Eh oui, nous avons bien dit les électeurs. L’électeur est un bipède qui évolue en troupeau comme les gnous dans les plaines de Ngorongoro, qui ingurgite à longueur d’année l’herbe fraîche de la promesse électorale diffusée par du communiquant-surpayé-qui-roule-en-Porsche, qui se reproduit, qui suit le chef de troupeau en principe aveuglément et qui migre au gré de la saison des pluies.

Donc en principe l’électeur de Paris VIIème arrondissement aurait dû voter Rachida-en-robe-Dior comme un seul homme et sans se poser plus de question, investissant ainsi la Rachida de toute la légitimité nécessaire pour aller faire ses courses dans le quartier des Invalides.

Mais ne voilà-t’y-pas qu’un nouveau gnou ambitieux (et probablement fatigué des rillettes du Mans) s’aviserait de vouloir conduire le troupeau à sa place. Quelle outrecuidance ! Quoi ? Donner le choix aux électeurs de désigner un gagnant, et donc un perdant ! Et à ce petit jeu on ne sait pas bien qui de l’un ou de l’autre aurait emporté le morceau. Et puis, de vous a moi, peut-on considérer que le gnou a développé assez de neurones pour choisir entre Dati et Fillon ?

Comme a priori le risque de voir Mélenchon s’emparer de la place est assez faible, nous aurions bien laissé combattre ces deux pieds-nickelés sur le bitume de la rue de Grenelle histoire de voir qui est le plus fort. Sur le Ngorongoro, en cas de combat des chefs, il revient au gnou qui l’emporte de mener la harde et de bénéficier des plaisirs du harem. Le perdant part dans la brousse, blessé, triste et solitaire, et finit généralement dévoré par les lions.

Hélas ! Hélas ! Hélas ! Trois mille fois hélas ! Ce combat de titans n’aura pas lieu car l’escroquerie intellectuelle des investitures partisanes devrait faire qu’l n’y aura qu’un seul candidat de l’UMP dans cette circonscription dorée. On ne va tout de même pas donner le choix au gnou, il risquerait de s’émanciper du confort moutonnier du troupeau.