La déconvenue des traîtres à droite

Lorsqu’Éric Zemmour, polémiste de plateaux télévisés, annonça sa candidature à l’élection présidentielle en novembre 2021 il remporta un franc succès dans les sondages, montant jusqu’à 15% des intentions de vote, à tel point que nombre d’élus aux convictions molles ont quitté les partis Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN) pour rejoindre Reconquête !, le parti créé par Zemmour pour soutenir sa conquête.

Guillaume Peltier (vice-président LR), Gilbert Collard (74 ans, avocat médiatique), Jérôme Rivière (chef des eurodéputés RN), Philippe de Villiers (73 ans, retraité de la droite décomplexée), Christine Boutin (78 ans, ancienne ministre conservatrice et bigote), Patrick Buisson (73 ans, ancien conseiller conservateur du président Sarkozy, impliqué dans différentes affaires financières et qui enregistrait secrètement ses conversations avec le président) et surtout, Marion Maréchal ex-Le Pen, petite fille du parrain Jean-Marie Le Pen, qui a trahi sa cousine Marine Le Pen, candidate du partie RN.

Tout ce petit monde devait croire en la victoire de son poulain polémiste de plateaux télévisés, espérer quelques postes en échange d’un soutien de dernière heure. Las, il a terminé avec un score peu glorieux de 7% au premier tour ce qui l’a empêché bien entendu de s’aligner pour le second. Ses afficionados de circonstance ont dû se mordre les doigts de leur félonie et doivent se promettre d’y réfléchir à deux fois avant une nouvelle trahison, car il va bien falloir qu’ils se recasent (sauf pour les plus âgés) : rester chez le perdantou refranchir le Rubicon pour retrouver leurs anciens camarades ?

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Changer de camp, en politique comme en privé, est toujours un risque à prendre et on ne gagne pas à tous les coups. Le moins dangereux est sans doute de rester fidèle à ses idées en essayant de convaincre ses amis plutôt que de fuir dans le camp d’à côté à la moindre alerte sondagière !

Une droite égocentrique

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle se profile dans une semaine, la candidate du parti[1] conservateur « Les Républicains » (LR) n’est pas même sûre d’être présente au second tour. Ce n’est qu’un aléa de la vie politique, cependant ce que tout le monde a noté est que l’ancien président Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui se veut le parrain de cette droite de gouvernement n’a pas encore apporté son soutien à la candidate désignée officiellement par une élection primaire au sein de ce parti (on se souvient qu’en 2017 M. Sarkozy avait fini 4ème de l’élection primaire LR et avait dû renoncer à la candidature). Ce n’est pas bien grave en soi tant il est peu probable que le soutien d’un ancien dirigeant âgé de 67 ans et au bilan mitigé ne doit pas transcender l’électeur moyen de droite ni entraîner des déplacements significatifs de votes. Mais ce silence est significatif des égos surdimensionnés qui minent le débat politique français au détriment des idées.

La presse bien informée a publié que M. Sarkozy aurait traité la candidate (Valérie Pécresse, 54 ans), qui fut ministre sous sa présidence, de « pimbèche » en se plaignant qu’elle ne se réfère pas assez à lui dans la campagne électorale en cours. Que ces rumeurs soient fondées ou pas, et on a tendance à penser qu’elles le sont, on mesure l’insondable orgueil de l’ancien président qui n’arrive pas à prononcer ne serait-ce qu’un mot en faveur de la candidate du parti qu’il a créé. Que lui coûterait un soutien via une tribune ou une interview médiatique qui, au mieux aiderait Mme. Pécresse, au pire serait sans effet ? Rien ! Ou plutôt si, une douloureuse blessure d’égo car il réaliserait ainsi qu’à 67 ans, passer le relais à une femme de 54 ans, c’est aussi marquer la fin de sa route politique et ça, c’est insupportable pour lui.

Cette après-midi le nom de Sarkozy a été sifflé par les militants LR présents au dernier rassemblement avant le premier tour. Les participants à ce rassemblement voient sans doute s’éloigner pour une troisième fois la perspective que leur candidat emménage à l’Elysée à la fin du mois, ils sont amers et signifient leur courroux à leur ancien héros !


[1] On ne dit d’ailleurs plus un « parti politique » mais « une famille politique » sans que l’on sache exactement la raison de ce glissement sémantique, sans doute parce que te terme de « parti » incarne trop l’autorité d’un chef et que notre époque rejette globalement le concept d’autorité ou, à tout le moins, peine à identifier de vrais chefs !

La droite de la droite française et la Russie

Comme on le constate depuis plusieurs années, on a assisté à un renversement des alliances traditionnelles de certains partis de l’extrême droite française. Durant la guerre froide et jusque dans les années 1980, le monde communiste, avec la Russie comme guide, était le chiffon rouge repoussoir pour la droite en général, la droite de la droite en particulier. L’Union soviétique était l’hydre à combattre, le collectivisme l’idéologie à abattre. Le siège de la compagnie nationale russe Aéroflot sur les Champs Elysées était le rendez-vous régulier de manifestations antisoviétiques dans les années 1970-1980 ; dès que Moscou envoyait des chars dans un « pays frère », ce qui s’est hélas passé assez régulièrement, de Budapest à Prague en passant par Varsovie, des groupuscules nationalistes et anticommunistes comme le GUD (Groupe union défense) ou l’UNI (Union nationale inter-universitaire) manifestaient leur antisoviétisme devant le bâtiment qui abritait la compagnie aérienne. En 1977, Alain Escoffier militant « solidariste » plus ou moins d’extrême droite, s’immolait par le feu en criant « communistes assassins ! » dans les locaux de cette même Aéroflot en hommage au militant Jan Palach qui s’était lui aussi immolé par le feu en 1969 à Prague pour contester l’invasion des chars soviétiques en Tchécoslovaquie à l’été 1968.

Aujourd’hui, ces mêmes partis de droite dure copinent depuis quelques années avec la Russie qui finance d’ailleurs certains d’entre eux. Ils admirent le côté mâle dominant du président Poutine qui défend des positions nationalistes et patriotiques, méprise la faiblesse des démocraties et fait preuve d’une autorité violente chez lui et chez ses affidés.

Récompensant la main qui les nourrit, le « Rassemblement national » de Marine le Pen comme le parti « Reconquête ! » d’Éric Zemmour trouvaient jusqu’à hier des circonstances atténuantes à la Russie « cernée par l’Alliance atlantique ». Ils ont évidemment un peu de mal à maintenir cette victimisation d’une Russie « agressée » par l’Ukraine et l’OTAN alors ils reviennent sur leurs positions prorusses, condamnent la guerre en cours mais en rendent aussi responsable l’Occident qui n’a pas su être assez sage pour ménager la Russie.

Aussi intéressant est la situation d’un certain nombre de dirigeants occidentaux qui se sont laissés séduire par les sirènes du soft power de Moscou en acceptant de rentrer, voire de présider, des conseils d’administration de compagnie publiques russes. C’est ainsi que François Fillon, ancien premier ministre français, a été nommé administrateur des sociétés pétrochimiques Sibur et Zarubezhneft en 2021. Ce fait est aimablement rappelé depuis quelques jours par l’opposition au parti LR, au point que l’impétrant s’est fendu ce matin d’un message sur Twitter :

Comme les réactions des partis de la droite nationaliste c’est un « je condamne, mais… ». Comme par hasard des photos de Fillon serrant les mains de quelques dirigeants russes sont ressorties ces derniers jours, probablement poussées par la Russie qui espère ainsi diviser la politique française. C’est le soft power, art dans lequel Moscou s’est montré maître ces dernières années, au moins autant que dans le pouvoir de la force. Cette nouvelle « affaire Fillon » n’est de guère d’importance tant le personnage a quitté la politique depuis 2017 et s’est déjà suffisamment démonétisé, humainement comme politiquement. En allant ainsi « à la soupe » il se dévalorise encore un peu plus mais les caciques de son ancien parti sont bien ennuyés de cette situation sur laquelle ils restent plutôt silencieux.

Cette guerre russo-ukrainienne rend les petites querelles politiciennes franchouillardes tellement incongrues que du coup la campagne électorale présidentielle française est au point mort, ce qui probablement sert les intérêts du parti au pouvoir, dans la mesure où l’actuel président de la République se représenterait à l’élection du mois d’avril, ce qui n’est pas encore officialisé. Entendre Valérie Pécresse expliquer comment elle va « augmenter les salaires nets de 10% » alors que les missiles pleuvent sur l’Ukraine, ou Éric Zemmour vanter « l’immigration 0 » quand des milliers d’Ukrainiens sont en train de fuir leur pays vers l’Ouest, ne présente plus beaucoup d’intérêt…

Le bal des traîtres en surchauffe

Dominic Cummings – Kiro/Le Canard Enchaîné (02/02/2022)

Comme à chaque période électorale le ralliement des uns aux autres bat son plein. La création du nouveau parti politique « Reconquête ! » par le journaliste Éric Zemmour attise les convoitises avec à l’horizon des maroquins et des prébendes. Comme en 2017 lors de la création du parti « En Marche ! », une organisation partie de rien a besoin d’attirer à elle des militants qui soit viennent d’autres organisations qu’ils quittent, soit entrent dans l’action militante. « Reconquête ! » a aussi, et surtout, besoin d’attirer dans ses filets des dirigeants politiques connus qui, par définition s’ils sont déjà connus, appartiennent à d’autres partis ou organisations. C’est ce que l’on appelle pudiquement une « recomposition politique », en français dans le texte : le bal des traîtres !

Ainsi va la vie politique, de convictions élastiques en comportements opportunistes, de fidélités à géométrie variable en amitiés de circonstance… C’est un rude et permanent combat.

Dans un genre encore un peu plus extrême apparaît le cas du britannique Dominic Cummings qui explose tous les records de la fourberie politique. Il fut l’âme damnée de l’actuel premier ministre Boris Johnson dans sa campagne pour le Brexit, l’alimentant en désinformations diverses et mensonges variés avec un relatif succès puisque finalement le Royaume-Uni décida de quitter l’Union européenne par le fameux référendum de 2016. Parvenu quelques mois plus tard au pouvoir dans l’ombre de son prince il est son conseiller principal de juillet 2019 à novembre 2020 date à laquelle il est poussé vers la sortie pour avoir délivré des tombereaux d’outrances et d’avanies sur le monde politique londonien où il s’est créé tellement d’ennemis que son maintien auprès du premier ministre causait plus d’inconvénients que d’avantages.

Débarqué du pouvoir officiel il continue de déverser son fiel sur la nomenklatura et particulièrement contre son ancien patron Boris Johnson. Il a quitté son bureau avec, a priori, une volumineuse documentation et il passe l’essentiel de ses journées à mettre le premier ministre dans la difficulté en feuilletonnant des révélations venant contredire les versions officielles de nombre d’évènements et décisions privées et politiques du premier ministre. La presse se rengorge de ce « Deep Throat » aux petits pieds dont le cas semble relever plus de la psychiatrie que de la science politique. Le garçon est malin et sait où il met les pieds, ce qu’il peut dévoiler et ce qu’il ne fait qu’évoquer. On peut être tranquille qu’il doit diffuser sous la table quantités d’autres délations qu’il n’a pas le droit de révéler officiellement.

La France a connu le cas Patrick Buisson, ancien journaliste recyclé dans le conseil politique de l’ex-président Sarkozy entre 2007 et 2012 qui enregistrait en lousdé les conversations qu’il échangeait avec le président de la République. Des extraits de ces enregistrements ont été publiés par la presse, sans doute communiqués aimablement par M. Buisson. Le couple Bruni-Sarkozy a porté plainte contre lui pour « atteinte à la vie privée », Buisson a été condamné de ce chef d’accusation.

Dans les deux cas, MM. Cummings et Buisson sont des gens intelligents et cultivés mais malfaisants, des forbans mettant leurs neurones au service de causes dont on ne sait d’ailleurs pas vraiment s’ils les endossent ou non, mais leur permettant de nuire dans l’ombre du pouvoir. C’est sans doute leur façon d’exister.

Lire aussi : https://rehve.fr/2017/03/le-bal-des-judas/

Une présidence finalement… normale

Voici bientôt cinq ans que les électeurs français ont élu un jeune président qui promettait monts et merveilles au pays et, surtout, de mettre fin au « monde d’avant », celui des compromissions politiques, des partis à organisation idéologique et verticale, des réformes ensuquées dans l’immobilisme national, des déficits budgétaires incontrôlés, des prébendes et du clientélisme. Ce qui n’empêchait pas ce candidat président d’un genre nouveau de parader en maillot de bain en couverture de Paris-Match, quelques mois avant l’élection de mai 2017. Les vieilles méthodes présentaient encore quelques avantages car en France si on ne paraît pas en maillot de bain dans Paris-Match on a peu de chances d’être élu président.

Presque cinq années plus tard le bilan est mitigé et les grands espoirs de changement dans les comportements politiques se sont envolés, comme le déficit des finances publiques. Certes la crise sanitaire est passée par là, mettant un terme à l’emblématique réforme des retraites qui devait marquer le quinquennat, et à bien d’autres dans la foulée, mais après une première année sur les chapeaux de roue marquée par une réforme de la SNCF les premiers ennuis sont arrivés pour l’équipe au pouvoir qui a ressorti les vieilles recettes de la distribution d’argent pour calmer les colères des « gaulois réfractaires ».

Cela a commencé avec les émeutiers, dits « gilets jaunes », fin 2018 en faveur de qui les contribuables ont été mis à contribution pour quelques milliards d’euros et cela a continué dans des proportions bien plus catastrophiques avec l’apparition de la pandémie de Covid-19 début 2020 contre laquelle la France a, bien entendu, dépensé plus d’argent par habitant que les autres pays. Et cela est en train de se terminer avec la distribution à tout va propre à toutes campagne présidentielle car ce président « nouveau monde » va très probablement essayer de rempiler pour cinq années supplémentaires.

Les normes de bonne gestion budgétaire européennes qui ont été provisoirement assouplies le temps de passer la crise sanitaire, ont vocation à être rétablies sous peu. La France, qui déjà ne les respectait pas avant leur levée, ayant gouté au plaisir de dépenser sans contrainte, est en train de manœuvrer pour faire dégrader ces normes de bonne gestion budgétaire. Notre président « nouveau monde » s’est fait rattraper par les mauvaises habitudes du pays. Il n’aura pas particulièrement démérité mais il aura agi comme les autres, peut-être avec en plus l’énergie de sa belle jeunesse et pas encore tout le cynisme égocentrique de ses prédécesseurs, mais cela n’aura pas duré très longtemps. La meilleure illustration de cette dérive est celle de l’évolution du déficit budgétaire français en points de la production nationale :

la trajectoire d’un président qui croyait être différent !

Les « amis » en politique

Claude Guéant, préfet à la retraite, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur, ancien secrétaire général de la présidence de la République au temps de Nicolas Sarkozy président de la République, puis ministre de l’intérieur au sein du gouvernement du même Sarkozy, Claude Guéant donc, a été condamné en 2017 à deux années de prison avec sursis pour détournement de fonds publics plus quelques autres broutilles. Le garçon prélevait pour ses besoins personnels une partie des fonds en liquide délivrés au ministère de l’intérieur pour régler les « frais d’enquête des policiers ».

L’affaire a été confirmée en appel, et un pourvoi en cassation a été rejeté en 2019. La peine est aggravée à deux ans de prison dont un an ferme, La condamnation est donc définitive. Il exécutait sa peine d’un an de prison ferme à domicile. Tous les « amis » de Claude Guéant se sont alors prudemment éloignés et il ne s’en est trouvé aucun pour le défendre. On peut penser qu’il n’y en a pas eu beaucoup non plus pour lui passer un coup de fil de temps en temps pour savoir comment il allait…

Outre sa peine de prison, Claude Guéant a été condamné à une amende financière qu’il ne paye pas, ou pas suffisamment rapidement. La dette serait de l’ordre de 300 000 EUR. On ne sait pas bien si Guéant fait preuve de mauvaise volonté pour s’acquitter de ce qu’il doit aux contribuables ou s’il est vraiment en difficultés financières malgré sa retraite de haut-fonctionnaire et sûrement quelques à-côtés. Ses avocats ont expliqué, notamment, qu’il avait dû aider ses enfants…

Le juge a donc décidé en décembre dernier de révoquer sa liberté conditionnelle et de l’embastiller, ce qui fut fait avant Noël. La vie politique est rude, on le sait, mais que Guéant n’ait pas trouvé un seul de ses « amis » pour lui prêter 100 000 EUR à verser à la justice pour la faire patienter et lui éviter la prison à Noël confirme le degré d’ingratitude de ce milieu. Même repris de justice, Claude Guéant a tout de même rendu des services à la République et à la politique, un peu de reconnaissance de quelques barons du parti conservateur (ex-UMP) n’aurait fait de mal à personne surtout qu’une telle somme de représente pas grand-chose pour nombre d’entre eux.

Finalement, sans doute une bonne âme a estimé que le monde politique n’avait pas à être aussi brutal à l’encontre d’un de ses serviteurs et un prêteur a avancé la somme nécessaire au remboursement de la totalité de la dette de Claude Guéant, soit un peu moins de 300 000 EUR. Cette dette aurait été acquittée avant le 31 décembre. Le juge d’application des peines doit examiner dans les quatre mois s’il y a lieu d’envisager une nouvelle peine de substitution à la prison. En attendant, Claude Guéant dort toujours en prison, triste retraite !

A la soupe !

Xavier Bertrand en Corse et dans Paris-Match avec son épouse actuelle

La préparation des élections présidentielles françaises d’avril 2022 a déclenché une fébrilité sans égale de la part d’une multitude de candidats de tous bords s’agitant en tous sens comme des mouches dans un bocal.

Les plus étonnants relèvent de « la droite et du centre » qui bataillent fermement pour emporter l’investiture du parti Les Républicains (LR). Nous avons six candidats à la candidature dont un complet inconnu, Denis Payre, un quasi-inconnu, Philippe Juvin, une girouette européenne, Michel Barnier, un crâne glabre à l’accent marseillais, Eric Ciotti et deux personnes qui ont rendu leur carte du parti il y a déjà plusieurs années pour cause de droitisation excessive à leur goût, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

Le plus drôle est que ces deux derniers, dont on a du mal à identifier ce qui les distingue de l’actuel président Macron de centre-droit, viennent de reprendre leur carte du parti et, pour Bertrand, d’accepter finalement de se soumettre à la primaire fermée LR qui aboutira, peut-être, à la désignation d’un candidat unique contre Macron. Xavier Bertrand qui a d’ailleurs été comparé à « Séraphin Lampion » par un élu socialiste du nord. Pour les plus jeunes nous préciserons que Séraphin Lampion, agent d’assurances, est un personnage d’Hergé qui apparaît dans plusieurs albums de Tintin et dont l’unique objectif est de fourguer des contrats d’assurance de la compagnie « Mondass ». Et il se trouve que Bertrand a été agent d’assurances durant une période de sa vie comme l’indique son site « de soutien non officiel ». Désopilant !

Né le 21 mars 1965 à Châlons-sur-Marne, Xavier Bertrand est un homme politique français. Fils de Jean-Pierre Bertrand, cadre bancaire, et de Madeleine Bedin, employée de banque, il étudie à l’université de Reims au sein de l’unité de formation et de recherche en droit et science politique d’où il sort diplômé d’une maitrise en droit public et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées d’administration locale. Devenu agent d’assurance, il est membre du Grand Orient de France depuis 1995 puis se retire pour des raisons d’incompatibilité avec ses fonctions politiques.

Accueil – Xavier BERTRAND (xavierbertrand2022.eu)

Ce spectaculaire changement de position est sans doute provoqué par la prise de conscience de la totale incohérence qui existait à vouloir solliciter l’investiture (et les sous pour financer la campagne) d’un parti dont ils n’étaient pas membres. Alors, finalement, l’un et l’autre ont avalé leur chapeau et pris « la route de Canossa ». Il n’est pas sûr que cela suffise à convaincre de leur bonne foi les militants qui devront voter lors de cette primaire… Il semblerait logique que ces derniers leur refusent leurs suffrages et les accordent plutôt à Michel Barnier qui a fait preuve de plus de fidélité au parti, mais bien moins à ses idées. Commissaire européen des années durant voilà maintenant qu’il prône le retour à la souveraineté nationale contre la supranationalité européenne.

Pour l’instant personne n’a vraiment avancé de programme sinon quelques slogans de circonstance assénés dans les meetings. L’objectif à court terme est de remporter le concours de beauté du 4 décembre au congrès LR. Il y a six candidats, pas sûr que les cinq perdants seront très motivés à soutenir le gagnant ! Ils auraient tort car la victoire serait sans doute à portée de main s’ils y consentaient avec bonne foi !

Un polémiste de rencontre

L’actualité politique du jour est monopolisée par un polémiste de plateaux télévisés et de succès populaires en librairie qui laisse planer le doute sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle française d’avril 2022. Adorateur de Napoléon, obsédé par les effets délétères de l’immigration sur la société française dont il fait l’alpha et l’oméga de sa pensée, historien cultivé pour rassurer les bourgeois, muet sur les questions économiques pour inquiéter les bobos qu’il exècre, il aime provoquer avec des idées radicales de droite inapplicables en l’état (stopper l’immigration, expulser tous les prisonniers étrangers, sortir de la convention européenne des droits de l’homme…), histrion médiatique, il critique tout et tout le monde en assénant des simplismes idéologiques qu’adore une Mme. Michu conservatrice.

Le garçon performait sur les médias Bolloré dont il était un très bon client, gage d’audience et de publicité rémunératrice, lorsque le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) décida d’imposer aux médias qui l’hébergent de compter son temps de parole comme celui d’un candidat à l’élection et non plus celui d’un chroniqueur. Cela a évidemment bouleversé les business plans des capitaines d’industrie qui détiennent ces médias qui, du coup, ont fait sortir Éric Zemmour par la porte des polémistes pour le faire rentrer par la fenêtre des candidats. Désormais, au lieu d’être concentré sur Télé-Bolloré, il apparaît sur l’ensemble du champ médiatique en tant que candidat « bon client ». Son audience explose et toutes les chaînes parlent de lui diffusant de façon quasi-permanente ses interventions de campagne et ouvrant leurs micros à leurs « experts » en sondage qui radotent les mêmes consternantes analyses sur le personnage dont on ne sait toujours pas s’il concrétisera ou pas son projet électoral. Il n’a bien entendu pas de programme de gouvernement mais uniquement quelques slogans, ce qui suffit aujourd’hui pour se faire élire.

On a du mal à l’imaginer aux commandes de la République tant son inexpérience est abyssale, mais qui sait. S’il était élu il serait sans doute suffisamment intelligent pour s’entourer des compétences nécessaires pour combler ses immenses lacunes. Pas sûr cependant qu’il accepterait d’adapter ses idées radicales s’il était confronté à la difficile réalité tant son ego en très forte croissance pourrait l’aveugler.

En principe les partis politiques classiques devraient l’absorber et le digérer pour, éventuellement, le transformer en conseiller du Prince si la droite conservatrice l’emportait, mais en ce XXIème siècle où nos démocraties glorifient les slogans plutôt que la réflexion, les provocateurs plutôt que les modérés, le fouteballe plutôt que la philosophie, rien n’est exclu et l’élection d’un Zemmour est possible comme l’a été celle de Trump aux Etats-Unis d’Amérique.

On a les dirigeants que l’on mérite : vous aimez Zemmour ? Eh bien il suffit de voter pour lui !

Une campagne présidentielle qui promet

La campagne pour les élections présidentielles d’avril 2022 est lancée et on peut craindre qu’elle ne soit au niveau des précédentes, c’est-à-dire plutôt affligeante. La multitude des candidats potentiels de l’extrême gauche à l’extrême droite les pousse à multiplier les promesses démagogiques et, pour ceux qui sont aux commandes, à accélérer les dépenses tout aussi démagogiques.

Kiro/Le Canard Enchaîné (19/05/2021)

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour !

Valérie Pécresse annonce son intention de réunir une « conférence avec les partenaires sociaux pour augmenter les salaires nets sans que cela ne coute plus cher aux entreprises ».

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/08/valerie-pecresse-a-des-idees/

Mougey/Le Canard Enchaîné (15/09/2021)

Anne Hidalgo propose de doubler les salaires des enseignants sur la durée du quinquennat.

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour et les impôts ont d’ailleurs déjà commencé à augmenter !

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/05/et-hop-une-premiere-augmentation-dimpot-a-lhorizon/

Il y a quelques années une tentative avait été faite d’introduire dans la constitution une « règle d’or » interdisant un budget des finances publiques en déficit. Cette mesure n’avait évidemment pas été adoptée tant la France est dépensière quelle que soit la couleur politique au pouvoir. Rappelons que le dernier budget de l’Etat équilibré (c’est-à-dire que les dépenses sont égales aux recettes, voire inférieures) date de 1974, date à laquelle le président Macron n’était pas encore né.

On pourrait peut-être essayer maintenant de constitutionaliser une « règle d’intelligence » forçant tout dirigeant ou candidat promettant d’augmenter une dépense « x » d’expliquer par quelle baisse de dépense « y » il compensera le coût de son annonce.

Nadine Morano « like » Mme. Michu

Par son tweet du 19 mai, Mme. Michu apportait son soutien à Nadine Morano dans sa lutte contre le président LR de sa région Grand Est qui l’avait exclue de sa liste pour les élections européennes du mois de mai 2021.

L’histoire n’a guère d’importance mais la position pro-Morano de Mme. Michu a déclenché par la suite l’attribution d’un « like » de Nadine Morano à Mme. Michu.

Cet échange nous permet de constater que Nadine Morano, député européen, rémunérée par les contribuables, non seulement passe un temps important à rédiger puis à asséner des messages abrutissants par centaines chaque mois sur son compte Twitter mais qu’elle passe ensuite autant de temps à analyser les retweets de ses propres tweets et a, éventuellement, les « liker » ou les commenter.

On peut raisonnablement se demander si les impôts des contribuables sont bien utilisés à financer ce genre d’activités ? Evidemment, avec un tel programme, des élus rémunérés par l’argent public n’ont plus beaucoup de temps pour la réflexion ou l’action politiques.

A ce jour, Nadine Morano a plus de 234 000 followers sur son compte.

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Valérie Pécresse a des idées

Kiro/Le Canard Enchaîné (19/05/2021)

Valérie Pécresse, l’un des candidats « de la droite et du centre » à l’élection présidentielle française de 2022 a donné quelques lignes de son programme dont celle consistant à organiser une conférence salariale avec les partenaires sociaux pour « faire progresser les salaires d’au moins 10% sans que cela ne coûte plus cher aux entreprises ». Mais comment n’y-a-t-on pas pensé plus tôt ?

Pendant qu’on y est, on pourrait aussi organiser une réunion pour « guérir les malades », une autre pour « enrichir les pauvres » et peut-être une troisième pour réchauffer la mer en Bretagne où il est toujours très pénible de se baigner ?

Une campagne électorale qui commence très fort !

La Madone de la droite en pleine crise de mysticisme

Christine Boutin, 77 ans, continue à nuire et à maintenir son compte Twitter.

Inspirée par la grâce, le pape François 1er et les « gilets jaunes » elle n’a certes que 92 000 suiveurs, contre 6 millions à Cyrille Hanouna par exemple, mais ces 92K sont quand même un chiffre impressionnant. Son nouveau combat est celui de la liberté dont elle estime la France privée par la « dictature » qui se met en place dans la crise sanitaire actuelle.

Christine Boutin ne fait que suivre un « courant de pensée » à la mode dans le Café du Commerce que sont devenus les plateaux médiatiques des chaînes d’information en continue. Chacun y va de ses accusions à l’emporte-pièce, critiquant le pouvoir lorsqu’il y a pénurie de vaccins, geignant lorsqu’il y a surplus, éructant lorsqu’il s’agit de contrôler ceux qui ne sont pas vaccinés, s’égosillant devant « l’infantilisation » des citoyens, etc. etc.

Et le discours de cette petite caste de pleureuses se rejoint pour déplorer la « dictature » qui se mettrait en place en France. Comme chacun le sait, l’excès mène au néant, mais on en train de franchir tous les records en ce moment.

Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

On pourrait supprimer cette niche fiscale imméritée et en réorienter le produit au financement de voyages d’études de journalistes de Café du Commerce dans de véritables pays autoritaires comme la Russie, le Venezuela, la Chine ou bien d’autres afin qu’ils puissent être éclairés sur ce qu’est une dictature et comparer leur statut avec celui des journalistes dans ces pays. Christine Boutin serait l’invitée d’honneur de ces voyages d’études.

La « droite la plus bête du monde »

Le président du parti conservateur Les Républicains (LR) semble avoir quelques loisirs pour prendre des engagements stupides qui illustrent l’aveuglement du personnel politique français obnubilé par ses haines recuites et ses égos surdimensionnés qui lui font oublier l’intérêt général. En réalité, contrairement à ce qu’assène Christian Jacob la politique actuelle est clairement « de droite », et même plus vraiment « libérale » quant on voit le recours massif aux financements publics actuellement mis en œuvre pour porter l’économie à bout de bras dans le cadre de la crise sanitaire en cours. On se demande d’ailleurs ce qu’un président LR aurait fait différemment depuis 2017 s’il avait été élu.

Qu’importe, le président Macron a réussi à fédérer beaucoup de haines contre lui et c’est sans doute l’un de ses échecs. La droite conservatrice privée du pouvoir exécutif depuis bientôt dix ans lui reproche tout et son contraire, mais aussi d’avoir réussi certaines réformes qu’elle n’a jamais osé mener à bien, comme celle de la SNCF ou de l’assurance chômage ou la diminution drastique des emplois aidés… N’hésitant jamais devant une contradiction et pour satisfaire son besoin irrépressible de tout critiquer on a même vu le parti LR pactiser avec les émeutiers ou défendre le maintien des emplois aidés…

Heureusement pour eux, la gauche est dans un tel état de déliquescence, grosso-modo pour les mêmes raisons qu’à droite mais d’une intensité encore plus autodestructrice, qu’en principe un candidat de droite, Macron ou LR, devrait l’emporter à l’élection présidentielle française de 2022.

Macron : les projets !

Les commentateurs avisés de plateaux télévisés considèrent comme certain que l’actuel président de la République va se présenter aux suffrages électoraux pour un second mandat de cinq ans. Aucun ne semble envisager une hypothèse où le président déciderait d’aller « planter ses choux ailleurs ». Ils ont peut-être tort.

On ne peut pas en effet complètement exclure que fatigué par cinq années de critique permanente l’accusant de tout et son contraire, usé par la contestation populaire endémique érigée en mode de fonctionnement, déprimé par l’incroyable résistance au changement des « gaulois réfractaires », il ne préfère finalement partir se recaser dans une banque ou une fondation histoire de se retrouver dans un environnement plus carré, plus opérationnel, plus productif, plus valorisant.

Il est jeune et a la vie devant lui. Il aura fait son possible, ceux qui ne cessent de l’abominer quoi qu’il fasse ou ne décide se feront un plaisir de le remplacer et de montrer combien leurs solutions sont meilleures que les siennes. « Les Français sont des veaux » aurait dit MonGénéral, eh bien qu’ils aient les dirigeants qu’ils méritent !

Un pari sur l’intelligence perdu

On a cru un moment la droite française réconciliée avec l’intelligence après l’annonce d’une alliance logique pour les élections régionales de fin juin en région « Sud Provence Alpes Côte d’Azur » (ex-PACA) entre les listes Les Républicains (LR) et La République en Marche (LREM) à mener par Renaud Muselier, l’actuel dirigeant LR de cette région à l’accent qui sent la bouillabaisse. Cet espoir a été balayé en quelques heures. Bien que ces deux partis soient largement d’accord sur l’essentiel, le clanisme à courte vue qui les caractérise a fait rapidement voler en éclat cette tentative avisée.

A l’heure qu’il est les deux maires LR de Nice et de Toulon ont « quitté » le parti LR, la liste LR finalement n’accueillera pas de ministre ni d’élus LREM, mais pourrait sans doute compter quelques militants LREM et on ne sait pas bien si ce dernier parti représentera ou non une liste concurrente. Bref, c’est la pétaudière, ou plutôt la bouillabaisse sur les quais du Vieux-Port. C’est un état finalement assez habituel de la politique locale, depuis Gaston Defferre, et sans doute encore auparavant, les pratiques politiques au sud de Valence relèvent d’un ordre et de règles parfumées à l’aïoli.

Le blocage franchouillard qui veut que « la majorité gouverne et l’opposition s’oppose » perdure et rend inconcevable le principe même d’alliance de gouvernement comme il en existe dans les pays de nord. On aurait pu penser que les nouvelles générations politiques arrivent à dépasser ce réflexe claniste mais il n’en est rien, c’est le côté « gaulois réfractaires » déjà souligné par l’actuel président de la République. On veut voir « les autres » chuter dans les urnes pour pouvoir continuer à les critiquer et à les railler, plutôt que participer à leur gestion.

Heureusement quelques individualités LR acceptent, ou ont accepté, de participer au gouvernement LREM mais ils ont été généralement repoussés, dans les mots ou dans les faits, par le parti conservateur.

La droite française toujours la plus bête du monde…

Ce matin il fait beau, la journée s’annonce merveilleuse, France-Info nous informe qu’en région « Sud Provence Alpes Côte d’Azur » (ex-PACA) une alliance a été décidée entre les deux partis de droite La République en Marche (LaREM) et Les Républicains (LR) sur une liste commune pour les élections régionales de fin juin, bref, nous sommes inondés par l’harmonie en ce magnifique dimanche de mai !

Et puis à midi, patatras, tout s’effondre, on apprend que la direction du parti LR s’oppose à cet accord et retire son investiture à la liste « LR » menée par Renaud Muselier, ce qui devrait signifier la mise sur pieds d’une nouvelle liste LR pour cette élection, et don un risque certain de voir perdre les deux listes, celle officiellement investie et celle qui vient d’être reniée.

Ce comportement politicien est toujours étonnant et tristement représentatif de la dérive conservatrice française. Il n’est pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que les partis LR et LaREM sont à peu près d’accord sur 80% de leurs programmes respectifs (« programme » est peut-être un bien grand mot s’agissant d’une liste de slogans un peu hétéroclite). Ce type d’alliance entre des gens qui sont d’accord sur le fond et arrivent à s’entendre sur des noms susceptibles de les représenter semble logique, profitable à tous et susceptible de servir l’intérêt général d’une France qui est majoritairement à droite. Mais les égos sont souvent plus forts que la raison. Le résultat électoral de cette élection sera intéressant à suivre.

Dimanche après-midi, les communiqués des uns et des autres fusaient sur les réseaux dits « sociaux » s’accusant respectivement de cuisine électorale et de privilégier leurs intérêts personnels, et le citoyen qui s’était réveillé plein d’entrain et d’optimisme se couche ce soir en ressassant que la droite française est décidemment la plus bête du monde !

Fermer les frontières signifie que les frontières ferment !

Devant la dégradation de la situation sanitaire en Moselle et les risques de contagion, l’Allemagne a annoncé la fermeture de sa frontière avec le département français de la Moselle. Aussitôt c’est un déchaînement de lamentations côté français, dirigeants et chefs d’entreprise déplorent les effets à attendre de cette fermeture pourtant assortie de nombreuses souplesses, notamment en faveur des travailleurs transfrontaliers.

L’aspect comique de ce chœur des pleureuses est que certaines d’entre elles appartiennent à des partis politiques qui prônent le rétablissement des frontières sur les plateaux médiatiques toute la sainte journée. Jean Rottner, président conservateur de la Région Grand-Est, semble découvrir dans son tweet que fermer les frontières veut dire que la frontière est fermée, c’est-à-dire que les flux d’hommes et de marchandises vont être au moins partiellement compliqués car contrôlés, voire ralentis. C’est à ça que sert une frontière.

Cette expérience permettra sans doute à M. Rottner et aux siens de bien peser les conséquences d’une fermeture des frontières françaises avant de la prôner à tout va comme ils en ont l’habitude. On peut les fermer mais cela ne donne pas exactement les mêmes résultats que quand elles sont ouvertes !

Respectons la Justice mais…

Un ancien président de la République « de droite », Nicolas Sarkozy, est condamné en première instance par la Justice pour délit de « corruption active et trafic d’influence », embarquant avec lui dans son malheur son avocat et un autre juriste. Ils ont fait appel aussitôt après le prononcé du verdict. Ce n’est pas la première fois qu’un président, ou un ministre, revenu à la vie civile est mis en cause pour diverses filouteries, et ce ne sera sans doute pas la dernière.

Le fond de l’affaire n’a guère d’importance et n’est que de peu d’intérêt. Ce qui en présente cependant beaucoup plus sont les réactions partisanes face à l’évènement. Chacun commence par asséner : « je crois en la Justice de mon pays et je n’ai pas l’habitude de commenter des décisions de justice, mais… » et vient alors le commentaire de la décision de justice dont le principe vient d’être contesté. Alors la corporation des avocats défend l’avocat « injustement » condamné, celle des magistrats fait part de sa révolte contre le sort réservé à leur collègue, les partis politiques hurlent à la « justice politique » et les journalistes font leurs choux gras de cette nouvelle polémique qui agite le microcosme.

L’ancien président quant à lui donne une interview dans Le Figaro pour clamer son innocence et doit passer à la télévision demain soir. L’appel a déjà été interjeté, l’affaire reprend à zéro et un nouveau jugement sera prononcé dans quelques mois. Business as usual… Le mieux désormais est d’attendre le jugement d’appel et de passer à des sujets plus sérieux, et il y en a beaucoup en France par les temps qui courent.

Mort de Giscard

La mort de l’ex-président de la République Valéry Giscard d’Estaing le 2 décembre a été annoncée. Il avait 94 ans et est décédé des suites du covid-19. Aussitôt, et suivant une ancestrale et mauvaise habitude, l’ensemble des commentateurs le couvre de louanges, oubliant les torrents de boue dans lequel certains essayèrent de le noyer du temps de sa splendeur.

Giscard n’a pas été un mauvais bougre. Durant son septennat 1974-1981 il a tenté de secouer une France post-soixantuitarde engourdie par quinze années de gaullisme puis de pompidolisme. Sous son empire les finances publiques de l’Etat ont été gérées avant les graves dérives entamées sous la présidence Mitterrand qui suivit et qui sont allées s’aggravant depuis. Plus notable, cette présidence de sept ans aura été marquée par la bataille féroce et les haines recuites entre la droite conservatrice (représentée par le clan Chirac) et le centre droit (représenté par le clan Giscard). Chirac, premier ministre de Giscard démissionna avec fracas en 1976 après deux ans d’exercice, avant d’utiliser son parti UDR, futur RPR, pour abattre Giscard d’Estaing et lui bloquer l’accès à un deuxième mandat présidentiel.

Il est maintenant acquis que Chirac a appelé discrètement ses partisans à voter et faire voter pour Mitterrand en mai 1981 en pensant que ce dernier n’arriverait pas à faire plus d’un mandat et que Chirac serait élu triomphalement en 1988 pour relever la France de la « faillite socialo-communiste ». L’Histoire, et les électeurs, en ont décidé autrement… et Chirac dut attendre quatorze ans après son infamie pour s’installer à l’Elysée.

Mais Giscard est malin et tint son éclatante revanche en l’an 2000 en imposant une modification de la constitution pour passer du septennat présidentiel au quinquennat, contre la volonté du président Chirac, celle-ci étant plutôt molle et affaiblie à l’époque par la cohabitation avec le parti socialiste. Ce quinquennat a durablement déréglé le fonctionnement de la République comme résultat d’une vendetta personnelle.

La politique française a montré à cette occasion son nombrilisme dévastateur quand un responsable de droite préféra favoriser l’élection d’un président de gauche par haine d’un président de centre-droit. La droite française ne s’est d’ailleurs toujours pas remise de cette hérésie. Ainsi va la vie politique hexagonale… pas joli-joli tout ça.

La droite conservatrice s’oppose à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Drapeau Kanak dont l’affichage est autorisé par la Loi en Nouvelle-Calédonie à côté du drapeau national français

Rédigés par des négociateurs avisés, les « Accords de Nouméa » signés en 1998 prévoient qu’un second référendum sur l’indépendance puisse être organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Ces trois étapes pour un divorce attendu et souhaitable prennent en compte la difficulté qu’il y a à se décider pour l’indépendance. Une décision qui demande effectivement un courage certain compte tenu de la relative incertitude dans laquelle plongera l’archipel en prenant les commandes de son destin. Mais une décision qui, enfin, responsabilisera ce territoire et ses dirigeants.

C’est ce 4 octobre que sera mené le deuxième référendum en espérant que cette fois-ci les électeurs calédoniens emprunteront le chemin de la raison et se prononceront pour leur indépendance. D’un point de vue politique, tout le monde y gagnera : la France en renonçant à ce territoire source de problèmes et de tensions sans fin, la Calédonie en devenant adulte et retrouvant ainsi une souveraineté qu’elle perdit lors de sa colonisation par la France en 1853. Au niveau matériel, l’aide financière de l’ancienne métropole leur sera acquise quasiment éternellement et, si Paris faisait défaut, les pays du Pacifique se feraient rapidement un plaisir d’accueillir une Nouvelle Calédonie souveraine en leur sein. Il n’y a donc pas grand-chose à craindre à faire le grand saut.

Ce n’est bien sûr pas l’avis des partis politiques conservateurs français comme l’atteste la lettre ouverte du chef de Les Républicains, M. Jacob,dans laquelle il vante la « cette multiculturalité unique qui gratifie la France » ce qui est plutôt inattendu de sa part, le concept de multiculturalité n’étant pas véritablement la tasse de thé de ce parti. Sans doute M. Jacob n’a jamais passé beaucoup de temps dans les départements et territoires d’outre-mer, les confettis de l’empire à mi-chemin entre la colonie et la République bananière. S’il l’avait fait il essaierait d’agir intelligemment pour favoriser et accompagner leurs indépendances. Rêvons que ce 4 octobre la Nouvelle Calédonie montre le chemin de la raison !

Lettre ouverte du président de Les Républicains du 22/09/2020

Chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie,

En ce 24 septembre, date anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France et à quelques jours d’une consultation décisive à laquelle vous êtes appelés, je tenais à m’adresser à chacune et à chacun d’entre vous.

Une nouvelle fois, le 4 octobre prochain, vous devrez choisir entre la France ou l’indépendance. Ce choix engage votre avenir mais aussi celui de notre Nation.

Je sais combien la France a toujours su compter sur vous, Français de Nouvelle-Calédonie. En cette année anniversaire du Général de Gaulle, je ne peux oublier ses paroles illustrant le courage des engagés volontaires calédoniens pour défendre notre Nation dans les heures les plus sombres de la guerre de 39-45.

Ce courage calédonien, je sais qu’il ne vous a pas quitté. Vos anciens, qui ont su refuser l’oppression et l’asservissement de la France, étaient les partisans du NON de la première heure.

Je veux en ces instants vous dire l’attachement profond que vous porte notre famille politique. Nous savons ici qu’aux antipodes de la métropole, dans le Pacifique, la petite patrie calédonienne vibre aux couleurs de notre grande patrie commune, la France. Vous êtes une part entière du Peuple français à laquelle nous tenons.

Le 4 octobre, je formule le vœu, qu’à l’instar du référendum du 4 novembre 2018, une majorité d’entre vous choisisse à nouveau que le destin de la Nouvelle-Calédonie et celui de la République française restent indissociables.

Votre NON à l’indépendance le 4 octobre prochain est aussi notre NON.

Toute l’histoire de la Nouvelle-Calédonie plaide pour un avenir partagé et respectueux. Séparer le destin de la Calédonie de celui de la France serait un échec pour l’ensemble du peuple français, un retour en arrière, destructeur du rêve qui a bâti les trente dernières années.

Je veux enfin vous dire, qu’au-delà de cette consultation qui oppose et divise les Calédoniens, nous souhaitons plus que jamais que le chemin d’un avenir apaisé soit offert aux enfants du Caillou. Ils sont de différentes origines, dans cette multiculturalité unique qui gratifie la France. Nous devons nous montrer à la hauteur de leurs attentes légitimes. Notre famille politique sera à vos côtés pour trouver la voie de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie au sein d’une République française qui doit protéger la personnalité et l’identité singulières de notre « France Australe ».

En ces instants importants pour votre avenir, pour notre avenir, soyez assurés de la solidarité et du soutien sans faille de notre famille politique.

Christian Jacob – Président des Républicains