La droite conservatrice s’oppose à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Drapeau Kanak dont l’affichage est autorisé par la Loi en Nouvelle-Calédonie à côté du drapeau national français

Rédigés par des négociateurs avisés, les « Accords de Nouméa » signés en 1998 prévoient qu’un second référendum sur l’indépendance puisse être organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Ces trois étapes pour un divorce attendu et souhaitable prennent en compte la difficulté qu’il y a à se décider pour l’indépendance. Une décision qui demande effectivement un courage certain compte tenu de la relative incertitude dans laquelle plongera l’archipel en prenant les commandes de son destin. Mais une décision qui, enfin, responsabilisera ce territoire et ses dirigeants.

C’est ce 4 octobre que sera mené le deuxième référendum en espérant que cette fois-ci les électeurs calédoniens emprunteront le chemin de la raison et se prononceront pour leur indépendance. D’un point de vue politique, tout le monde y gagnera : la France en renonçant à ce territoire source de problèmes et de tensions sans fin, la Calédonie en devenant adulte et retrouvant ainsi une souveraineté qu’elle perdit lors de sa colonisation par la France en 1853. Au niveau matériel, l’aide financière de l’ancienne métropole leur sera acquise quasiment éternellement et, si Paris faisait défaut, les pays du Pacifique se feraient rapidement un plaisir d’accueillir une Nouvelle Calédonie souveraine en leur sein. Il n’y a donc pas grand-chose à craindre à faire le grand saut.

Ce n’est bien sûr pas l’avis des partis politiques conservateurs français comme l’atteste la lettre ouverte du chef de Les Républicains, M. Jacob,dans laquelle il vante la « cette multiculturalité unique qui gratifie la France » ce qui est plutôt inattendu de sa part, le concept de multiculturalité n’étant pas véritablement la tasse de thé de ce parti. Sans doute M. Jacob n’a jamais passé beaucoup de temps dans les départements et territoires d’outre-mer, les confettis de l’empire à mi-chemin entre la colonie et la République bananière. S’il l’avait fait il essaierait d’agir intelligemment pour favoriser et accompagner leurs indépendances. Rêvons que ce 4 octobre la Nouvelle Calédonie montre le chemin de la raison !

Lettre ouverte du président de Les Républicains du 22/09/2020

Chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie,

En ce 24 septembre, date anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France et à quelques jours d’une consultation décisive à laquelle vous êtes appelés, je tenais à m’adresser à chacune et à chacun d’entre vous.

Une nouvelle fois, le 4 octobre prochain, vous devrez choisir entre la France ou l’indépendance. Ce choix engage votre avenir mais aussi celui de notre Nation.

Je sais combien la France a toujours su compter sur vous, Français de Nouvelle-Calédonie. En cette année anniversaire du Général de Gaulle, je ne peux oublier ses paroles illustrant le courage des engagés volontaires calédoniens pour défendre notre Nation dans les heures les plus sombres de la guerre de 39-45.

Ce courage calédonien, je sais qu’il ne vous a pas quitté. Vos anciens, qui ont su refuser l’oppression et l’asservissement de la France, étaient les partisans du NON de la première heure.

Je veux en ces instants vous dire l’attachement profond que vous porte notre famille politique. Nous savons ici qu’aux antipodes de la métropole, dans le Pacifique, la petite patrie calédonienne vibre aux couleurs de notre grande patrie commune, la France. Vous êtes une part entière du Peuple français à laquelle nous tenons.

Le 4 octobre, je formule le vœu, qu’à l’instar du référendum du 4 novembre 2018, une majorité d’entre vous choisisse à nouveau que le destin de la Nouvelle-Calédonie et celui de la République française restent indissociables.

Votre NON à l’indépendance le 4 octobre prochain est aussi notre NON.

Toute l’histoire de la Nouvelle-Calédonie plaide pour un avenir partagé et respectueux. Séparer le destin de la Calédonie de celui de la France serait un échec pour l’ensemble du peuple français, un retour en arrière, destructeur du rêve qui a bâti les trente dernières années.

Je veux enfin vous dire, qu’au-delà de cette consultation qui oppose et divise les Calédoniens, nous souhaitons plus que jamais que le chemin d’un avenir apaisé soit offert aux enfants du Caillou. Ils sont de différentes origines, dans cette multiculturalité unique qui gratifie la France. Nous devons nous montrer à la hauteur de leurs attentes légitimes. Notre famille politique sera à vos côtés pour trouver la voie de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie au sein d’une République française qui doit protéger la personnalité et l’identité singulières de notre « France Australe ».

En ces instants importants pour votre avenir, pour notre avenir, soyez assurés de la solidarité et du soutien sans faille de notre famille politique.

Christian Jacob – Président des Républicains

Nouveau gouvernement et festival de billevesées

On n’a pas encore bien compris pourquoi ni comment mais la France vient de changer de gouvernement en plein milieu d’une grave crise économique. Une telle décision entraîne au minimum six mois d’inertie et de réglages de périmètres pour les nouveaux ministres à mettre en place et les anciens qui redoublent dans une autre classe. Six mois durant lesquels ces ministres vont devoir passer du temps à découvrir leur nouveau job, nommer leurs collaborateurs, dézinguer ou refourguer les anciens, bref, prendre leurs marques pour faire le nouveau boulot pour lequel ils sont rémunérés par les contribuables que nous sommes.

En attendant d’être opérationnels il faut bien exister dans les médias et sur les réseaux dits « sociaux » alors on assiste à un festival de billevesées et de phrases aussi grandiloquentes que vides sens. Qu’on en juge :

A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social… [pour trouver un] compromis, qui n’est pas une compromission…
[la méthode sera] un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler… Ouvrir des concertations (…) avec la nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires, avec tous les acteurs… [élaborer un] nouveau pacte social.
Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de “collaborateur”.

Castex (premier ministre)

Ou encore :

À chaque étape de la reconstruction de notre pays, nous aurons à cœur de ne laisser personne au bord du chemin. Cette reconstruction sera mise en œuvre par un gouvernement de mission et de rassemblement.

Macron (président de la République)

Qui porte une attention à ces slogans de circonstance au-delà des commentateurs de service ? Probablement pas grand monde tant ils manquent de sens et se limitent à ânonner des phrases toutes faîtes déjà servies et resservies par des générations d’élus. Le mieux, pour tout le monde, serait de ne pas les prononcer, personne ne s’en plaindrait, sauf peut-être les commentateurs de plateaux télévisés qui, du coup, devraient se consacrer à des choses intelligentes comme analyser le budget de la République ou l’évolution des prestations sociales versées par ladite République à ses citoyens.

La vraie disruption (pour reprendre un tic verbal à la mode) serait d’essayer un jour de ne pas diffuser ni commenter à l’infini ces billevesées et de n’en rien dire tant qu’elles ne sont pas remplacées par des engagements concrets basés sur des analyses chiffrées et solides, bref, ce qu’on appelle un programme politique. Hélas, il y a peu de chances qu’adviennent un jour une telle hypothèse tant nos sociétés décadentes compromettent chaque jour avec la dictature de l’info-Café-du-Commerce. Peut-être un jour…

Paris outragé

C’était prévisible, la droite française a une nouvelle fois échoué ce dimanche 28 juin à remporter la mairie dans la capitale. Une bataille d’égos entre trois zigotos qui ont privilégié leurs tactiques personnelles au détriment de l’intérêt de la municipalité qu’ils se voyaient bien diriger. Les plus naïfs ont pensé jusqu’au dernier moment que la raison prévaudrait et les conservateurs éloignés des commandes parisiennes depuis dix-huit ans allaient bien trouver un accord pour fusionner leurs listes et faire élire l’un d’entre eux à la mairie pour appliquer un programme conservateur après tout le mal qu’ils ont dit de la gestion municipale socialiste tous les matins de ces dernières dix-huit années…

Lire aussi : Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris

Eh bien ce ne sera pas pour cette fois et la maire de Paris sera socialiste pour au moins six années de plus. Ce n’est pas dramatique tant les projets des uns comme des autres ne sont pas fondamentalement différents mais c’est confondant sur la stupidité et l’incompétence de ces chefaillons-candidats de droite qui ont préféré échouer ensemble plutôt que de gagner une mairie en principe imperdable par l’un d’entre eux s’ils s’étaient alliés, dans une ville gentrifiée définitivement droitière. Et ces exploits ont fait suite au retrait (si l’on ose dire) d’un précédent candidat de droite par suite de la diffusion sur les réseaux dits « sociaux » d’images sexuelles qu’il échangeait avec sa maîtresse.

On ne peut pas dire que tout ceci soit très brillant, à l’image du sens de l’intérêt général qui anime manifestement ces apprentis-sorciers !

Les Fillon et consorts condamnés pour détournement de fonds public

Coco / Charlie Hebdo (01/03/2017)

Par suite des contrats de travail fictifs offerts à sa femme Pénélope, François Fillon est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour détournement de fonds publics, et complicité d’abus de biens sociaux, plus une amende de 375 000 euros et dix ans d’inéligibilité. Sa femme est condamnée à trois ans de prison avec sursis, la même amende et cinq ans d’inéligibilité. Son suppléant qui l’avait remplacé à l’assemblée nationale lorsqu’il avait été nommé ministre puis premier ministre, et qui avait poursuivi les mêmes pratiques douteuses au bénéfice de Pénélope, est condamné à deux années de prison avec sursis et quelques autres broutilles. Ils doivent en outre rembourser les fonds détournés à l’assemblée nationale qui s’était portée partie civile, soit un bon million d’euros.

Les trois condamnés à ces lourdes peines ont fait appel. Que la justice passe !

Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris !

2ème tour des élections municipales à Paris XIVème (28/06/2020)

La gauche alliée aux écologistes va sans doute emporter la mairie de Paris pour la quatrième fois consécutive dimanche 28 juin. Pour la quatrième fois cela signifie une durée totale de 24 années avec un ou une maire socialiste. Une telle durée est en soi inopportune. Quelle que soit la qualité des personnes en charge, 24 ans c’est trop pour le même parti et une alternance aurait été bienvenue déjà à l’issue du second mandat, soit 12 ans.

Le plus improbable dans cette histoire est que les partis de droite soient incapables de faire liste commune alors que leurs programmes n’apparaissent pas considérablement différents. Un peu plus de sécurité pour les uns, un peu plus « d’urbanisme concerté et végétalisé » pour les autres. Aucun des 3 pieds nickelés ne parle de considérations financières et budgétaires, au contraire, on ne parle que de dépenses a priori nouvelles sans expliquer avec quelles recettes elles seront financées ; il ne faut pas effrayer le chaland ! Bref, tous ces nigauds se battent comme des coqs sur un tas de fumier, préoccupés par leurs égos personnels et préférant perdre de nouveau le pouvoir dans la capitale plutôt que de trouver un terrain d’entente et faire élire l’un d’eux trois. Personne ne veut avoir l’air de compromettre avec l’autre alors qu’il est assez probable que les électeurs conservateurs auraient plutôt plébiscité une telle alliance.

Cette défaite annoncée est une véritable démonstration d’inefficacité des partis de droite par rapport à l’objectif fixé. Ce n’est pas très grave tant cette probable Bérézina du microcosme politique parisien ne va pas changer la face du monde dans la capitale, mais voir cette ville conservatrice incapable d’empêcher l’élection d’un maire de gauche a quelque chose de risible.

Collomb, 73 ans, accroché à Lyon « quoi qu’il en coûte »

Dutreix / Le Canard Enchaîné (05/12/2018)

Gérard Collomb, 73 ans, ex-Parti Socialiste, ex-La République en Marche (LREM), ex-sénateur, ex-député, dont la liste investie par LREM a récolté un score plutôt modeste au premier tour des élections municipales à Lyon, 22% et quelques, a décidé pour le second tour de s’allier avec le parti Les Républicains et d’abandonner la tête de liste. Le garçon ne sera plus maire, poste qu’il a occupé durant dix-huit ans, mais simple conseiller municipal pour six années de plus durant lesquelles il espère sans doute conserver une influence politique sur ceux qui assureront le pouvoir municipal à Lyon.

Comme tout ceci est déplorable ! A 73 ans, l’homme n’a pas vraiment démérité, il sera rapidement oublié comme nous tous, mais n’aurait-il pas été plus judicieux de passer tranquillement la main à la génération suivante plutôt que de compromettre avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique pour conserver une dérisoire illusion de pouvoir ?

D’autres énergumènes du même acabit s’accrochent à leurs postes électifs comme des moules à un rocher. Martine Aubry, 69 ans, les cheveux noirs de teinture, cherche à rempiler après déjà 18 années passées comme maire de Lille.

L’un comme l’autre se pensent irremplaçables, se croient influenceurs indispensables au développement de leur ville, s’imaginent personnages centraux dans le cœur de leurs citoyens-électeurs. L’un comme l’autre se laissent déborder par un égo surdimensionné qui les empêche d’admettre qu’ils ont fait leur temps et qu’il n’y a pas de raison que la génération suivante réussisse aussi bien qu’eux. Et puis, dix-huit années au même poste ce sont au moins dix de trop. C’est la garantie de la création de clans, d’affidés, de clients, en plus, éventuellement de réalisations intéressantes.

Gérard Collomb ne sera plus maire puisqu’il a renoncé à la tête de liste. Martine Aubry n’a pas encore gagné son deuxième tour où elle se frotte à son ancienne directrice de cabinet qui a été investie par LREM. Elle a 46 ans, soit 23 ans de moins que sa concurrente senior. Cette seule différence d’âge devrait suffire à la faire gagner !

Les nuisibles de la République

Après Philippe Juvin déjà épinglé comme mélangeur d’intérêts croisés en temps de pandémie : médecin urgentiste, élu Les Républicains et geignard de plateaux télévisés, voici un revenant adepte des mêmes conflits d’intérêts. Philippe Douste-Blazy (surnommé Douste-Blabla en leurs temps par les Guignols de l’Info), 67 ans, médecin cardiologue, professeur de médecine, ex-ministre de la santé puis ex-ministre des affaires étrangères puis ex-ministre de la culture sous le règne endormi du Président Chirac, un accent toulousain débordant le confit de canard, ex-maire de Lourdes, ex-maire de Toulouse, ex-député des Hautes-Pyrénées, ex-député européen, ex-candidat incompris (qui n’a pas intéressé grand monde) pour la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé, ressort du bois comme consultant de plateaux télévisés d’experts. Comme il prend partie contre une partie de l’establishment médical, les chaînes qui l’invitent adore sa capacité à attiser le conflit corporatiste. On peut imaginer qu’il lui reste quelques connaissances scientifiques de ses lointaines études mais il est fort peu opportun qu’il profite des évènements sanitaires en cours pour se mettre en avant et participer avec gourmandise à l’affichage médiatique des divisions du monde médical.

Lire aussi : Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

On se souvient également que Douste-Blazy avait animé la chronique mondaine lorsqu’en 2005, ministre des affaires étrangères, il s’était retrouvé en caleçon dans les couloirs de la Mamounia, en train de s’engueuler avec sa compagne. La scène avait été largement rapportée en France et à l’Assemblée nationale. Toute l’intelligentsia française a défilé dans ce palace, souvent régalé par le Roi du Maroc, mais seul Douste-Blabla y a consenti une querelle de ménage en public. Un peu vulgaire pour le standing de ce palace déclinant. Plus récemment l’impétrant s’est présenté en 2ème position sur une liste aux élections municipales à Paris XVIème arrondissement, liste dissidente du parti Les Républicains qui a recueilli 3,28% des votes exprimés au premier tour, à la hauteur de l’importance de son numéro 2.

En mémoire des hautes responsabilités qu’il exerça, de celles qu’il n’a pas pu atteindre et de son âge, le mieux serait que Philippe Douste-Blazy évite de faite l’expert de plateau télévisé en se plongeant dans la polémique comme un cochon dans sa fange. Une retraite anonyme à Lourdes serait certainement plus adaptée à son cas et tout le monde s’en porterait bien mieux.

Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

Philippe Juvin

Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

Atlantico (06/05/2020)

Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

Éric Ciotti fait son show

Alors que le monde est soumis à une pandémie de « coronavirus » partie de Chine et progressant doucement vers l’Europe, les autorités de santé des différents pays occidentaux prennent calmement les mesures qui s’imposent en pareilles circonstances pour essayer de limiter les dégâts potentiels de cette situation. Cette question de santé publique devrait en principe être gérée dans le consensus politique mais nous sommes en France donc, bien évidemment, le microcosme politicard en profite pour faire son show. Éric Ciotti, député des Alpes Maritimes sous l’étiquette Les Républicains, est un habitué de ce genre de propagande nombriliste et cette fois-ci encore il est le premier à dériver avec des tweets dispensables :

Plutôt que de se mettre en avant sur son inutile compte twitter, le mieux serait sans doute qu’Éric Ciotti appelle au téléphone le ministre de la santé pour organiser une réunion de travail entre leurs administrations respectives ! Mais non, il préfère se mettre en scène sur les réseaux dits sociaux au lieu de faire le travail pour lequel il est payé par le contribuable.

Mais à quoi peut donc bien servir un tweet d’Éric Ciotti sur le coronavirus ?

Dans quel monde vivent les journalistes ?

Les plateaux télévisés ressassent à l’infini l’un des arguments de l’avocat de Griveaux-nunuche comme quoi le russe-délinquant qui a mis en ligne la vidéo sexuelle du nunuche a forcément été manipulé car il n’aurait pas pu construire un site internet sans un appui technique extérieur, notamment car il parle mal le français. Mais dans quel monde vivent ces gens ?

Il suffirait qu’ils parlent cinq minutes à leurs enfants pour apprendre que l’on peut monter un site web en trois clics via un nombre infini de plateformes pour n’importe quel internaute sans aucune compétence technique, en multi-langues et pour un coût d’hébergement de quelques euros par an… Et si l’on veut un site internet un peu plus sophistiqué, il existe nombre de logiciels libres en « open sources », gratuits, dont le langage de programmation est en anglais international qui peut très bien être mis en œuvre par des débutants. Bien entendu il existe aussi très certainement des logiciels en langue russe.

L’argument voulant aboutir à l’innocence du délinquant-russe manipulé par un complot mondial pour abattre… Benjamin Griveaux ne tient pas. Si complot il y eut, ce n’est pas pour des raisons techniques.

Lire aussi : Le plouc, la balance et le délinquant

Le plouc, la balance et le délinquant

Le candidat tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections municipales à Paris le mois prochain, Benjamin Griveaux, a annoncé hier qu’il se retirait de la course par suite de la diffusion d’une vidéo sexuelle le concernant qui agite la communauté des réseaux dits sociaux depuis quelques jours. On y verrait ledit candidat se masturber en se filmant avec son téléphone portable sur Facebook live en échangeant des mots de circonstance sur un chat avec la destinataire de ce charmant scénario. On ignore qui est ce destinataire (femme ou homme ?) mais ce ne serait pas a priori son épouse légale. Elle (ou il) a sans doute ensuite balancé la vidéo à un activiste russe bénéficiant de l’asile politique en France, Piotr Pavlenski, qui revendique cette diffusion pour dénoncer « l’hypocrisie d’un politique » prônant la vie de famille dans Paris-Match et se comportant ensuite différemment. L’authenticité de la vidéo n’a pas été contestée par l’intéressé pour le moment, son avocat envisageant plutôt d’attaquer le russe pour diffusion d’information à caractère privé ce qui est un délit dans la République.

Le premier réflexe est évidemment de rigoler franchement devant cette incroyable poilade politico-pipole. Le second est d’attendre impatiemment la couverture du prochain Charlie-Hebdo de mercredi qui devrait être à la hauteur de cet évènement exceptionnel.

La troisième réaction est un peu plus triste devant cette décadence générale de toute une génération. Résumons l’affaire : un élu-nunuche de 42 ans, candidat-maire de Paris, mais à l’époque membre du gouvernement, en déplacement professionnel à l’été 2018 se masturbe le soir devant son téléphone mobile à destination d’une copine-balance, inconnue à ce jour, qui enregistre la scène, la balance à un repris de justice russe-délinquant de 35 ans, bénéficiant du statut de réfugié en France, qui décide de la publier sur Internet 18 mois plus tard pour perturber l’élection à la mairie de Paris ; ce qu’il réussit à faire puisque le nunuche est obligé de se retirer de l’élection.

Il y a dans cette affaire de pieds-nickelés toutes les déviances de notre société d’aujourd’hui : le nombrilisme, la perte de toute notion de l’intérêt général, l’irresponsabilité, l’immigration, le sexe, la traîtrise et, comme vecteur de toutes ces avanies : les réseaux dits-sociaux qui véhiculent l’infamie et le vide avec jouissance et rapidité ! Les mots manquent pour qualifier un tel enchaînement où la bêtise se dispute à l’abrutissement. Ils sont tous coupables dans ce maelström : le plouc, comme la balance comme le délinquant. Il n’y a pas de victime. C’est une nouvelle étape dans la beaufisation de notre société française. Que les quadras qui ont généré cette société et ces comportements pathétiques se débrouillent avec ce problème que les sexa ne savent plus résoudre.

En attendant, il est fortement recommandé de ne pas se masturber devant son téléphone mobile en chatant avec des correspondants.

Eric Woerth ou le symbole de l’assèchement intellectuel de la droite classique

Nos avions quitté Éric Woerth sur sa critique de la diminution des emplois aidés et des aides au logement, ainsi que sa critique du projet de réforme du système de retraite à points, le voici revenu avec son programme détaillé pour la retraite du futur, toujours sur Tweeter bien entendu, qu’on en juge :

Il n’est pas certain qu’avec une si importante contribution intellectuelle la réforme n’avance beaucoup ni rapidement. Éric Woerth incarne de manière bien pathétique cette espèce de critique pavlovienne qui s’empare de l’opposition dès qu’elle n’est plus au pouvoir. De fait, la majorité actuelle mène une politique économique libérale et réformatrice qui, grosso-modo, a fait partie de tous les programmes électoraux de la droite ces dernières décennies mais aussi de la longue liste de ses promesses non tenues.

Éric Woerth, qui est par ailleurs président de la commission des finances de l’assemblée nationale et ex-ministre du budget sous la présidence Sarkozy, n’arrive pas à réfréner cette maladie de l’opposition systématique hors de toute réflexion et intelligence. C’est dommage, il ne se montre pas à la hauteur de sa présidence de commission ni de son passé d’ancien ministre. Il passe en tous cas beaucoup trop de temps à tweeter des messages insipides, temps qu’il ferait mieux de passer à travailler, peut-être pour proposer un contre-projet de réforme des retraites ?

Le garçon a 63 ans et il va falloir l’accompagner maintenant jusqu’à sa retraite bien méritée. Il n’aura pas fondamentalement démérité mais ne laissera pas un souvenir impérissable dans la vie politique française. Ce n’est dramatique non plus et la France s’en remettra.

Les Balkany s’accrochent : 140 ans à eux deux

Mouguey, Charlie-Hebdo (15/0502019)

Les Balkany (Patrick 70 ans et Isabelle, sa femme, 71 ans) font encore les gros titres de la chronique mondaine et canaille. Elus de la ville de Levallois-Perret, décorée de la légion d’honneur pour elle, maire, repris de justice et décoré de l’ordre du mérite centrafricain pour lui, ils viennent d’être condamnés dans de nouvelles affaires de fraude et de corruption à des peines de prison et d’inéligibilité. Des appels ont été interjetés mais Patrick a été embastillé directement à la sortie de l’audience. Depuis, plusieurs demandes de libération ont été rejetées par la justice. Il est à la prison de la Santé et Isabelle a rejoint la municipalité de Levallois où elle s’est fait nommer maire par intérim, les affaires restent dans la famille !

Leur avocat de plateaux télévisé et de scènes de théâtre explique que ces condamnations sont d’une lourdeur inusitée, soit ; Mme. Michu interrogée sur le marché de Levallois ajoute que Patrick Balkany est un bon maire et que son emprisonnement est une injustice… Patrick intervient au téléphone depuis sa cellule au cours d’un conseil municipal, Isabelle annonce qu’ils se représenteront tous les deux aux élections municipales de 2019 et bla-bla-bla et bla-bla-bla. Le couple conçoit les élections comme une opération de blanchiment de ses condamnations. Ce n’est pas tout à fait ainsi que sont organisés les pouvoirs et les responsabilités dans la République française. Les Balkany ressemblent à des tyranneaux de République bananière. Ils ont beaucoup volé les contribuables. Ce n’est pas bien, même si Mme. Michu pense le contraire.

La résistance de ce couple est exceptionnelle, sa suffisance démesurée, son indécence sans limite. A 70 ans passés et avec leur passif judiciaire, il est indiqué qu’ils cessent leurs activités et jouissent de leurs retraites sans plus faire parler d’eux. Evidement il va leur falloir rembourser à la République les sous qu’ils ont volés aux contribuables et cela risque de leur faire des fins de mois un peu serrées à l’avenir. Lui va encore rester quelques semaines ou mois en prison et sera très certainement libéré bien avant le terme de sa condamnation pour mesure d’âge ou de santé. Elle devrait être exemptée d’effectuer sa condamnation d’emprisonnement pour raison de santé (elle a commis une tentative de suicide récemment). Que Dieu nous évite de les voir réélus aux prochaines municipales ce qui serait l’assurance de les avoir encore sur le devant de la scène pour six années supplémentaires… Le couple Balkany illustre oh combien les faiblesses de nos démocraties : attaquée par des forbans elle est impuissante à se défendre efficacement. Certes le couple a été condamné en justice mais il a fallu des années d’instruction pour en arriver là et les appels interjetés sont suspensifs des peines prononcées ce qui aboutit à la situation surréaliste que même condamnés tous d’eux à l’inéligibilité, et lui retenu en prison, ils devraient pouvoir faire légalement campagne lors des prochaines élections municipales de 2020, et être réélus…

C’est la grandeur de la démocratie d’opposer le droit à ces comportements mafieux mais saura-t-elle résister longtemps devant l’accroissement considérable de ceux-ci ? Pour les Balkany, 140 ans à eux deux : il est vraiment temps de passer la main !

Alain Carignon, repris de justice de 70 ans en route pour les municipales à Grenoble

Alain Carignon, 70 ans, repris de justice après ses condamnations pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins en 1996, revenu en politique dans les années 2000 avec le soutien de M. Sarkozy vient de se retrouver officiellement conseiller municipal de Grenoble suite aux démissions sans doute opportunes de certains conseillers qui le précédaient sur la liste électorale des dernières municipales. Ce processus est légal puisque sa peine d’inéligibilité est passée depuis longtemps

A 70 ans et avec le passif judiciaire qu’il traîne, tout devrait pousser ce garçon à prendre sa retraite, de même qu’en toute logique les partis politiques devraient refuser de l’investir sur leurs listes : trop vieux, trop peu exemplaire, tout à fait interchangeable avec n’importe quel élu de 40 ans de moins. Il en est autrement et un tel cas d’école peut encore survivre politiquement. C’est un peu le cas Balkany transposé à Grenoble, ou les mauvaises habitudes de la politicaillerie française qui trouve quand même des électeurs pour valider de tels errements.

Gérard Collomb, 72 ans, cherche à rempiler à Lyon

Le Canard Enchaîné – 05/12/2018

Gérard Collomb, 72 ans, avait déserté son poste de ministre de l’intérieur l’an passé pour « récupérer » en novembre 2018 le fauteuil de maire de Lyon qu’il occupait avant son ministère. Cette récupération avait été rendue possible par la démission opportune de celui qui l’avait remplacé à la mairie. En revanche, il ne parvint pas à « récupérer » la présidence de la métropole de Lyon car son remplaçant, 58 ans, fut moins disposé à la lui rendre et reste en place. Tous deux anciens socialistes passés avec armes et bagages sous la bannière Macron, ils se bagarrent pour obtenir l’investiture du parti LaREM (La République en Marche) pour les municipales de 2020. A priori, ils font grosso-modo la même politique, avec des résultats similaires et il est difficile de les départager sur leurs bilans.

Depuis la famille Collomb a un peu fait parler d’elle dans la métropole lyonnaise et au-delà : Mme. Collomb, magistrate, de 31 ans plus jeune que son mari, occupait le poste de référent LaREM pour le Rhône. On ne sait pas bien ce que recouvre une telle responsabilité, qui l’avait poussée à se mettre provisoirement en congé de la magistrature ? Sans doute guère plus que quelques mondanités et politicailleries, entre distributions d’investitures et règlements de comptes, mais elle s’y fit nombre d’ennemis dans le microcosme lyonnais plutôt du genre conservateur, même lorsque d’origine socialiste ou assimilé.

Finalement, on a appris il y a quelques semaines que LaREM choisissait d’investir le 72 ans d’âge par préférence au 58 et révoquait Mme. Collomb de son poste. Cette décision n’est pas enthousiasmante… M. Collomb, s’il est élu, le sera à 73 ans pour un mandat de six ans. S’il tient jusqu’au terme de ce mandat il aurait donc 79 ans. On peut supposer qu’il ne se représentera pas aussi vieux et les mauvaises langues avancent que le plan était que Mme. Collomb lui succède. On ne peut pas dire que cela fleure bon le « nouveau monde » mais au contraire un nœud de vipères de vieux ambitieux qui grenouillent pour conserver leurs prébendes et assurer leur succession pour leurs proches. Les lyonnais s’honoreraient à ne pas élire Gérard Collomb qui pourrait ainsi prétendre à une juste retraite en se retirant en douceur de la vie politique pour laisser la place aux générations suivantes.

Chirac, très bon client

Charlie-Hebdo – 02/10/2019

La presse satyrique, représentée par Charlie Hebdo et la Canard Enchaîné, a adoré Jacques Chirac tout au long des 40 années de sa carrière politique et jusqu’à sa mort la semaine dernière. Ses changements de pied et retournement de vestes, les trahisons diverses dont il fut la victime, les affaires judicaires dans lesquelles il fut impliqué (il a été condamné dans le dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris), sa capacité à boire des bières et serrer des paluches, son immobilisme politique quand il fut au pouvoir, son ambition féroce et inépuisable quand il n’y était pas, son côté populo, sa femme l’ineffable Bernadette, etc. en ont fait un vrai bonheur pour les dessinateurs et chroniqueurs de cette presse.

Dans les numéros sortis aujourd’hui ils lui rendent donc l’hommage qu’il a bien mérité avec des pages spéciales consacrées à ce (très) bon client qui va leur manquer !

C’est un peu trop

Jacques Chirac, politicien français longue durée, ancien président de la République, est mort cette semaine à 86 ans. Il était sévèrement malade depuis plusieurs années et sa fin avait déjà été annoncée prématurément en 2016 par l’ineffable Christine Boutin :

Tweet du 21/09/2016

Comme à chaque disparition d’un président de la République, la France entière se recueille devant le souvenir d’un de ceux qui l’a dirigée. Les chaînes de médias d’information affichent leurs logos « édition spéciale » et glosent jusqu’à l’écœurement sur les grands moments et la petite histoire du disparu. Mme. Michu pleurniche devant les caméras, oubliant qu’elle a voté Mitterrand en 1981. Les stades de fouteballe respectent une minute de silence. La mise en scène est de rigueur. Ce sont les règles de la communication de masse.

En l’occurrence le coté simple de Chirac est loué par tous, sa maladie neurodégénérative ainsi que le handicap de sa fille qui s’est suicidée il y a quelques années emportent l’affection des citoyens, même ceux qui se sont opposés à lui. Quelques convictions rivées à l’âme, d’autres beaucoup plus mouvantes, ont marqué une carrière politique qui aura plus brillé par sa longueur que par son brio. L’heure est au recueillement et à la nostalgie. On dirait que les français apprécient ces évènements morbides pour se réunir. En tout cas c’est aussi un passage obligé pour le président en titre de prononcer un hommage télévisé en l’honneur d’un de ses prédécesseurs décédés. Chirac lui-même avait marqué les esprits en 1996 par son beau discours à l’occasion de la mort de François Mitterrand. Macron s’est acquitté de cette tâche, plutôt bien, jeudi dernier.

En vérité, Jacques Chirac fut un garçon sympatoche, un politicien madré, un homme du XXème siècle, auteur de certaines fulgurances en politique internationale (les guerres en ex-Yougoslavie ou en Irak, l’écologie) et de beaucoup d’immobilisme dans le domaine national. Ce légitime hommage unanime sur sa personnalité est de circonstance, l’heure du bilan politique viendra plus tard. Il se dit que Chirac préférait les vins d’honneur au Café du commerce aux cérémonies officielles sous les dorures des palais de la République. Là où il se trouve, il pense peut-être que la France en fait un peu trop…

Notons qu’à cette heure Christine Boutin n’a pas twitté sur cette disparition mais s’est contentée de retwitter une annonce du site https://twitter.com/InfosFrancaises.

Indiscipline, reniement et nombrilisme

C’est l’histoire des trois candidats à la candidature à la mairie de Paris sous la bannière du parti au pouvoir La République en Marche (LREM) avant l’été. Tous ont juré amour, soutien et fidélité à celui d’entre eux qui serait désigné vainqueur de cette élection primaire. Evidemment, ni une ni deux, l’un des perdants vient d’annoncer qu’il maintenait sa candidature contre vents et marées. Il y a donc deux candidats pour la même élection municipale issus du même parti, ce qui n’est pas un gage de succès dans les règles électorales de la Vème République ! On peut imaginer qu’un des deux va se retirer, si ce n’est pour le deuxième tour, sinon avant le premier, pour éviter un naufrage de LREM, mais on reste étonnés devant un tel manque à la parole donnée, qui plus est en public.

Ainsi va notre époque, ce que l’on a pu dire ou signer ne compte guère trois jours après. L’honneur est remplacé par la félonie, comment imaginer que de telles pratiques menées sous les ors de la République inspirent autre chose dans les familles, les banlieues ou au bistrot ?

Malgré tout, après trois mandats socialistes successifs à la tête de la mairie de Paris, il est probable que les électeurs parisiens voudront voter pour un peu d’alternance. C’est ce qui risque de sauver LREM malgré les comportements infamants de ses membres qui prétendent aux fonctions les plus hautes. Triste époque.

Un compte Suisse pour Raymond Barre

L’ancien premier ministre de la République de 1976 à 1981 Raymond Barre, qualifié à l’époque de « meilleur économiste de France », décédé en 2007 avait quelques millions d’euros (on parle de 7) cachés en Suisse. La révélation en a été faite par Le Canard Enchaîné qui explique que ses héritiers ont décidé de régler les impôts et pénalités nécessaire à l’administration française afin de régulariser cette somme frauduleuse. On ne sait pas à ce stade quelle était la source de revenus qui a permis d’accumuler ce pactole, sans doute pas les rémunérations versées par la République à ses serviteurs.

Il s’est rendu célèbre d’abord car c’est sous son règne que le dernier budget français a été voté en équilibre soit il y a plus de 40 ans, depuis, la France dépense plus qu’elle ne gagne. Il avait aussi été l’auteur de quelques sorties de légende notamment : un « si les Corses veulent leur indépendance, qu’ils la prennent », frappé au coin du bon sens, mais d’autres saillies moins glorieuses, à la toute fin de sa vie sur les juifs, ce qui prouve en tout cas que les hommes politiques ne devraient plus s’exprimer une fois leur retraite prise d’abord car ce qu’ils peuvent raconter n’intéresse plus personne et ensuite parce que l’avancée de la vieillesse peut entraîner parfois des dérèglements fâcheux dans le fonctionnement des neurones.

Raymond Barre fraudeur ! C’est une mauvaise surprise pour nombre de citoyens, tout au moins ceux qui se souviennent encore de lui tant le personnage incarnait la rigueur et l’orthodoxie économique. Il fut universitaire bien plus longtemps qu’homme politique et nombre d’étudiants en économie ont planché sur ses écrits. A priori cela ne l’a pas empêché de se laisser tenter par l’attrait de l’argent et prendre le risque de la fraude. C’est une nouvelle certitude qui s’effondre, une illusion qui s’envole. Pour un amateur de sciences économiques, apprendre que Raymond Barre était fraudeur c’est un peu comme si Christine Boutin découvrait que la vierge Marie n’était pas si vierge que ça ! Ça laisse pantois et un brin découragé.

Les fraudeurs de Levallois

Le procès du couple Balkany pour fraude fiscale et corruption se déroule sans Mme. Balkany qui se remet à l’hôpital d’une tentative de suicide après avoir publié sur Facebook un long message se terminant par « #Jesuisfatiguée et, comme c’est la Fête du Travail, je vais en profiter pour faire une grosse sieste… »  Elle est a priori tirée d’affaires et ses jours ne seraient plus en danger.

Son absence n’empêche pas le procès de battre son plein et de frôler parfois la franche rigolade, notamment pour ce qui concerne la propriété du riad de Marrakech où le couple se rend régulièrement et dont le véritable propriétaire se cache derrière un montage juridique anonyme et très branché paradis fiscaux. M. Balkany affirme que cette demeure est détenue par un homme d’affaire originaire du golfe persique ayant été en affaires avec la ville de Levallois dont il est le maire, et qu’elle est gracieusement mise à sa disposition. L’affairiste en question est présent à la barre et explique qu’il n’a pas besoin de sociétés prête-noms pour détenir des propriétés à travers le monde entier, il réfute donc être propriétaire de ce riad. On ne sait pas à qui appartient cette demeure ! On ne sait pas à qui sont payés les loyers mais la seule chose qui est connue c’est que la famille Balkany l’occupe très régulièrement, au moins une certitude qui n’est contestée par personne.

Comme une situation similaire avec une villa à Saint-Martin dans les Antilles avait finalement abouti à l’aveu par Mme. Balkany que cette propriété était bien la leur, la justice à quelques doutes également pour celle de Marrakech.

Le procès déballe tout un tas de piteux secrets d’une famille d’aigrefins qui a passé sa vie à frauder sur le fil étroit de la légalité. Il est question d’argent liquide, de billets de 500 EUR dans les poches des peignoirs, de comptes offshore, de commissions occultes, d’affaires immobilières douteuses, de prête-noms, d’avions privés, etc. Même le fils est failli après avoir investi dans des plateformes dédiées au poker et payé la caution de sa mère pour lui éviter la prison…

Tout ce petit monde fraude à hauteur de revenus et d’actifs largement supérieurs à la moyenne et dont l’origine n’est pas toujours claire. Nombre de citoyens fraudent également le fisc, chacun en proportion de ce qu’il gagne. Le « bonus » des Balkany c’est qu’en plus de frauder ils sont élus. Le matin ils votent l’impôt au parlement et dans leur conseil municipal et l’après-midi ils dérogent aux règles qu’ils ont votées. Le fait d’être élus est avancé par eux comme un blanc-seing pour contrevenir à la loi et une absolution donnée par les électeurs. Patrick Balkany rappelle ce fait devant le tribunal avec sa gouaille et sa vulgarité habituelles ; pas sûr que les juges ne se laissent convaincre aussi facilement que les électeurs. En tout cas, il y a déjà quelques années que la droite conservatrice officielle (RPR, puis UMP et LR) a cessé d’être convaincue et refuse de lui donner son habilitation pour les élections municipales auxquelles il se présente « sans étiquette ».

La famille Balkany, c’est l’archétype du mélange douteux entre intérêt général et affaires particulières. Malheureusement cela ne choque plus grand monde dans une société qui privilégie l’individualisme au-dessus de tout. D’ailleurs, au Café du commerce le sujet Balkany est la plupart du temps évoqué avec un petit sourire, voire un soupir d’admiration et d’envie.

Que la justice passe !