A la soupe !

Xavier Bertrand en Corse et dans Paris-Match avec son épouse actuelle

La préparation des élections présidentielles françaises d’avril 2022 a déclenché une fébrilité sans égale de la part d’une multitude de candidats de tous bords s’agitant en tous sens comme des mouches dans un bocal.

Les plus étonnants relèvent de « la droite et du centre » qui bataillent fermement pour emporter l’investiture du parti Les Républicains (LR). Nous avons six candidats à la candidature dont un complet inconnu, Denis Payre, un quasi-inconnu, Philippe Juvin, une girouette européenne, Michel Barnier, un crâne glabre à l’accent marseillais, Eric Ciotti et deux personnes qui ont rendu leur carte du parti il y a déjà plusieurs années pour cause de droitisation excessive à leur goût, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

Le plus drôle est que ces deux derniers, dont on a du mal à identifier ce qui les distingue de l’actuel président Macron de centre-droit, viennent de reprendre leur carte du parti et, pour Bertrand, d’accepter finalement de se soumettre à la primaire fermée LR qui aboutira, peut-être, à la désignation d’un candidat unique contre Macron. Xavier Bertrand qui a d’ailleurs été comparé à « Séraphin Lampion » par un élu socialiste du nord. Pour les plus jeunes nous préciserons que Séraphin Lampion, agent d’assurances, est un personnage d’Hergé qui apparaît dans plusieurs albums de Tintin et dont l’unique objectif est de fourguer des contrats d’assurance de la compagnie « Mondass ». Et il se trouve que Bertrand a été agent d’assurances durant une période de sa vie comme l’indique son site « de soutien non officiel ». Désopilant !

Né le 21 mars 1965 à Châlons-sur-Marne, Xavier Bertrand est un homme politique français. Fils de Jean-Pierre Bertrand, cadre bancaire, et de Madeleine Bedin, employée de banque, il étudie à l’université de Reims au sein de l’unité de formation et de recherche en droit et science politique d’où il sort diplômé d’une maitrise en droit public et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées d’administration locale. Devenu agent d’assurance, il est membre du Grand Orient de France depuis 1995 puis se retire pour des raisons d’incompatibilité avec ses fonctions politiques.

Accueil – Xavier BERTRAND (xavierbertrand2022.eu)

Ce spectaculaire changement de position est sans doute provoqué par la prise de conscience de la totale incohérence qui existait à vouloir solliciter l’investiture (et les sous pour financer la campagne) d’un parti dont ils n’étaient pas membres. Alors, finalement, l’un et l’autre ont avalé leur chapeau et pris « la route de Canossa ». Il n’est pas sûr que cela suffise à convaincre de leur bonne foi les militants qui devront voter lors de cette primaire… Il semblerait logique que ces derniers leur refusent leurs suffrages et les accordent plutôt à Michel Barnier qui a fait preuve de plus de fidélité au parti, mais bien moins à ses idées. Commissaire européen des années durant voilà maintenant qu’il prône le retour à la souveraineté nationale contre la supranationalité européenne.

Pour l’instant personne n’a vraiment avancé de programme sinon quelques slogans de circonstance assénés dans les meetings. L’objectif à court terme est de remporter le concours de beauté du 4 décembre au congrès LR. Il y a six candidats, pas sûr que les cinq perdants seront très motivés à soutenir le gagnant ! Ils auraient tort car la victoire serait sans doute à portée de main s’ils y consentaient avec bonne foi !

Un polémiste de rencontre

L’actualité politique du jour est monopolisée par un polémiste de plateaux télévisés et de succès populaires en librairie qui laisse planer le doute sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle française d’avril 2022. Adorateur de Napoléon, obsédé par les effets délétères de l’immigration sur la société française dont il fait l’alpha et l’oméga de sa pensée, historien cultivé pour rassurer les bourgeois, muet sur les questions économiques pour inquiéter les bobos qu’il exècre, il aime provoquer avec des idées radicales de droite inapplicables en l’état (stopper l’immigration, expulser tous les prisonniers étrangers, sortir de la convention européenne des droits de l’homme…), histrion médiatique, il critique tout et tout le monde en assénant des simplismes idéologiques qu’adore une Mme. Michu conservatrice.

Le garçon performait sur les médias Bolloré dont il était un très bon client, gage d’audience et de publicité rémunératrice, lorsque le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) décida d’imposer aux médias qui l’hébergent de compter son temps de parole comme celui d’un candidat à l’élection et non plus celui d’un chroniqueur. Cela a évidemment bouleversé les business plans des capitaines d’industrie qui détiennent ces médias qui, du coup, ont fait sortir Éric Zemmour par la porte des polémistes pour le faire rentrer par la fenêtre des candidats. Désormais, au lieu d’être concentré sur Télé-Bolloré, il apparaît sur l’ensemble du champ médiatique en tant que candidat « bon client ». Son audience explose et toutes les chaînes parlent de lui diffusant de façon quasi-permanente ses interventions de campagne et ouvrant leurs micros à leurs « experts » en sondage qui radotent les mêmes consternantes analyses sur le personnage dont on ne sait toujours pas s’il concrétisera ou pas son projet électoral. Il n’a bien entendu pas de programme de gouvernement mais uniquement quelques slogans, ce qui suffit aujourd’hui pour se faire élire.

On a du mal à l’imaginer aux commandes de la République tant son inexpérience est abyssale, mais qui sait. S’il était élu il serait sans doute suffisamment intelligent pour s’entourer des compétences nécessaires pour combler ses immenses lacunes. Pas sûr cependant qu’il accepterait d’adapter ses idées radicales s’il était confronté à la difficile réalité tant son ego en très forte croissance pourrait l’aveugler.

En principe les partis politiques classiques devraient l’absorber et le digérer pour, éventuellement, le transformer en conseiller du Prince si la droite conservatrice l’emportait, mais en ce XXIème siècle où nos démocraties glorifient les slogans plutôt que la réflexion, les provocateurs plutôt que les modérés, le fouteballe plutôt que la philosophie, rien n’est exclu et l’élection d’un Zemmour est possible comme l’a été celle de Trump aux Etats-Unis d’Amérique.

On a les dirigeants que l’on mérite : vous aimez Zemmour ? Eh bien il suffit de voter pour lui !

Une campagne présidentielle qui promet

La campagne pour les élections présidentielles d’avril 2022 est lancée et on peut craindre qu’elle ne soit au niveau des précédentes, c’est-à-dire plutôt affligeante. La multitude des candidats potentiels de l’extrême gauche à l’extrême droite les pousse à multiplier les promesses démagogiques et, pour ceux qui sont aux commandes, à accélérer les dépenses tout aussi démagogiques.

Kiro/Le Canard Enchaîné (19/05/2021)

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour !

Valérie Pécresse annonce son intention de réunir une « conférence avec les partenaires sociaux pour augmenter les salaires nets sans que cela ne coute plus cher aux entreprises ».

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/08/valerie-pecresse-a-des-idees/

Mougey/Le Canard Enchaîné (15/09/2021)

Anne Hidalgo propose de doubler les salaires des enseignants sur la durée du quinquennat.

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour et les impôts ont d’ailleurs déjà commencé à augmenter !

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/05/et-hop-une-premiere-augmentation-dimpot-a-lhorizon/

Il y a quelques années une tentative avait été faite d’introduire dans la constitution une « règle d’or » interdisant un budget des finances publiques en déficit. Cette mesure n’avait évidemment pas été adoptée tant la France est dépensière quelle que soit la couleur politique au pouvoir. Rappelons que le dernier budget de l’Etat équilibré (c’est-à-dire que les dépenses sont égales aux recettes, voire inférieures) date de 1974, date à laquelle le président Macron n’était pas encore né.

On pourrait peut-être essayer maintenant de constitutionaliser une « règle d’intelligence » forçant tout dirigeant ou candidat promettant d’augmenter une dépense « x » d’expliquer par quelle baisse de dépense « y » il compensera le coût de son annonce.

Nadine Morano « like » Mme. Michu

Par son tweet du 19 mai, Mme. Michu apportait son soutien à Nadine Morano dans sa lutte contre le président LR de sa région Grand Est qui l’avait exclue de sa liste pour les élections européennes du mois de mai 2021.

L’histoire n’a guère d’importance mais la position pro-Morano de Mme. Michu a déclenché par la suite l’attribution d’un « like » de Nadine Morano à Mme. Michu.

Cet échange nous permet de constater que Nadine Morano, député européen, rémunérée par les contribuables, non seulement passe un temps important à rédiger puis à asséner des messages abrutissants par centaines chaque mois sur son compte Twitter mais qu’elle passe ensuite autant de temps à analyser les retweets de ses propres tweets et a, éventuellement, les « liker » ou les commenter.

On peut raisonnablement se demander si les impôts des contribuables sont bien utilisés à financer ce genre d’activités ? Evidemment, avec un tel programme, des élus rémunérés par l’argent public n’ont plus beaucoup de temps pour la réflexion ou l’action politiques.

A ce jour, Nadine Morano a plus de 234 000 followers sur son compte.

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Catégorisé comme France Étiqueté

Valérie Pécresse a des idées

Kiro/Le Canard Enchaîné (19/05/2021)

Valérie Pécresse, l’un des candidats « de la droite et du centre » à l’élection présidentielle française de 2022 a donné quelques lignes de son programme dont celle consistant à organiser une conférence salariale avec les partenaires sociaux pour « faire progresser les salaires d’au moins 10% sans que cela ne coûte plus cher aux entreprises ». Mais comment n’y-a-t-on pas pensé plus tôt ?

Pendant qu’on y est, on pourrait aussi organiser une réunion pour « guérir les malades », une autre pour « enrichir les pauvres » et peut-être une troisième pour réchauffer la mer en Bretagne où il est toujours très pénible de se baigner ?

Une campagne électorale qui commence très fort !

La Madone de la droite en pleine crise de mysticisme

Christine Boutin, 77 ans, continue à nuire et à maintenir son compte Twitter.

Inspirée par la grâce, le pape François 1er et les « gilets jaunes » elle n’a certes que 92 000 suiveurs, contre 6 millions à Cyrille Hanouna par exemple, mais ces 92K sont quand même un chiffre impressionnant. Son nouveau combat est celui de la liberté dont elle estime la France privée par la « dictature » qui se met en place dans la crise sanitaire actuelle.

Christine Boutin ne fait que suivre un « courant de pensée » à la mode dans le Café du Commerce que sont devenus les plateaux médiatiques des chaînes d’information en continue. Chacun y va de ses accusions à l’emporte-pièce, critiquant le pouvoir lorsqu’il y a pénurie de vaccins, geignant lorsqu’il y a surplus, éructant lorsqu’il s’agit de contrôler ceux qui ne sont pas vaccinés, s’égosillant devant « l’infantilisation » des citoyens, etc. etc.

Et le discours de cette petite caste de pleureuses se rejoint pour déplorer la « dictature » qui se mettrait en place en France. Comme chacun le sait, l’excès mène au néant, mais on en train de franchir tous les records en ce moment.

Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

On pourrait supprimer cette niche fiscale imméritée et en réorienter le produit au financement de voyages d’études de journalistes de Café du Commerce dans de véritables pays autoritaires comme la Russie, le Venezuela, la Chine ou bien d’autres afin qu’ils puissent être éclairés sur ce qu’est une dictature et comparer leur statut avec celui des journalistes dans ces pays. Christine Boutin serait l’invitée d’honneur de ces voyages d’études.

La « droite la plus bête du monde »

Le président du parti conservateur Les Républicains (LR) semble avoir quelques loisirs pour prendre des engagements stupides qui illustrent l’aveuglement du personnel politique français obnubilé par ses haines recuites et ses égos surdimensionnés qui lui font oublier l’intérêt général. En réalité, contrairement à ce qu’assène Christian Jacob la politique actuelle est clairement « de droite », et même plus vraiment « libérale » quant on voit le recours massif aux financements publics actuellement mis en œuvre pour porter l’économie à bout de bras dans le cadre de la crise sanitaire en cours. On se demande d’ailleurs ce qu’un président LR aurait fait différemment depuis 2017 s’il avait été élu.

Qu’importe, le président Macron a réussi à fédérer beaucoup de haines contre lui et c’est sans doute l’un de ses échecs. La droite conservatrice privée du pouvoir exécutif depuis bientôt dix ans lui reproche tout et son contraire, mais aussi d’avoir réussi certaines réformes qu’elle n’a jamais osé mener à bien, comme celle de la SNCF ou de l’assurance chômage ou la diminution drastique des emplois aidés… N’hésitant jamais devant une contradiction et pour satisfaire son besoin irrépressible de tout critiquer on a même vu le parti LR pactiser avec les émeutiers ou défendre le maintien des emplois aidés…

Heureusement pour eux, la gauche est dans un tel état de déliquescence, grosso-modo pour les mêmes raisons qu’à droite mais d’une intensité encore plus autodestructrice, qu’en principe un candidat de droite, Macron ou LR, devrait l’emporter à l’élection présidentielle française de 2022.

Macron : les projets !

Les commentateurs avisés de plateaux télévisés considèrent comme certain que l’actuel président de la République va se présenter aux suffrages électoraux pour un second mandat de cinq ans. Aucun ne semble envisager une hypothèse où le président déciderait d’aller « planter ses choux ailleurs ». Ils ont peut-être tort.

On ne peut pas en effet complètement exclure que fatigué par cinq années de critique permanente l’accusant de tout et son contraire, usé par la contestation populaire endémique érigée en mode de fonctionnement, déprimé par l’incroyable résistance au changement des « gaulois réfractaires », il ne préfère finalement partir se recaser dans une banque ou une fondation histoire de se retrouver dans un environnement plus carré, plus opérationnel, plus productif, plus valorisant.

Il est jeune et a la vie devant lui. Il aura fait son possible, ceux qui ne cessent de l’abominer quoi qu’il fasse ou ne décide se feront un plaisir de le remplacer et de montrer combien leurs solutions sont meilleures que les siennes. « Les Français sont des veaux » aurait dit MonGénéral, eh bien qu’ils aient les dirigeants qu’ils méritent !

Un pari sur l’intelligence perdu

On a cru un moment la droite française réconciliée avec l’intelligence après l’annonce d’une alliance logique pour les élections régionales de fin juin en région « Sud Provence Alpes Côte d’Azur » (ex-PACA) entre les listes Les Républicains (LR) et La République en Marche (LREM) à mener par Renaud Muselier, l’actuel dirigeant LR de cette région à l’accent qui sent la bouillabaisse. Cet espoir a été balayé en quelques heures. Bien que ces deux partis soient largement d’accord sur l’essentiel, le clanisme à courte vue qui les caractérise a fait rapidement voler en éclat cette tentative avisée.

A l’heure qu’il est les deux maires LR de Nice et de Toulon ont « quitté » le parti LR, la liste LR finalement n’accueillera pas de ministre ni d’élus LREM, mais pourrait sans doute compter quelques militants LREM et on ne sait pas bien si ce dernier parti représentera ou non une liste concurrente. Bref, c’est la pétaudière, ou plutôt la bouillabaisse sur les quais du Vieux-Port. C’est un état finalement assez habituel de la politique locale, depuis Gaston Defferre, et sans doute encore auparavant, les pratiques politiques au sud de Valence relèvent d’un ordre et de règles parfumées à l’aïoli.

Le blocage franchouillard qui veut que « la majorité gouverne et l’opposition s’oppose » perdure et rend inconcevable le principe même d’alliance de gouvernement comme il en existe dans les pays de nord. On aurait pu penser que les nouvelles générations politiques arrivent à dépasser ce réflexe claniste mais il n’en est rien, c’est le côté « gaulois réfractaires » déjà souligné par l’actuel président de la République. On veut voir « les autres » chuter dans les urnes pour pouvoir continuer à les critiquer et à les railler, plutôt que participer à leur gestion.

Heureusement quelques individualités LR acceptent, ou ont accepté, de participer au gouvernement LREM mais ils ont été généralement repoussés, dans les mots ou dans les faits, par le parti conservateur.

La droite française toujours la plus bête du monde…

Ce matin il fait beau, la journée s’annonce merveilleuse, France-Info nous informe qu’en région « Sud Provence Alpes Côte d’Azur » (ex-PACA) une alliance a été décidée entre les deux partis de droite La République en Marche (LaREM) et Les Républicains (LR) sur une liste commune pour les élections régionales de fin juin, bref, nous sommes inondés par l’harmonie en ce magnifique dimanche de mai !

Et puis à midi, patatras, tout s’effondre, on apprend que la direction du parti LR s’oppose à cet accord et retire son investiture à la liste « LR » menée par Renaud Muselier, ce qui devrait signifier la mise sur pieds d’une nouvelle liste LR pour cette élection, et don un risque certain de voir perdre les deux listes, celle officiellement investie et celle qui vient d’être reniée.

Ce comportement politicien est toujours étonnant et tristement représentatif de la dérive conservatrice française. Il n’est pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que les partis LR et LaREM sont à peu près d’accord sur 80% de leurs programmes respectifs (« programme » est peut-être un bien grand mot s’agissant d’une liste de slogans un peu hétéroclite). Ce type d’alliance entre des gens qui sont d’accord sur le fond et arrivent à s’entendre sur des noms susceptibles de les représenter semble logique, profitable à tous et susceptible de servir l’intérêt général d’une France qui est majoritairement à droite. Mais les égos sont souvent plus forts que la raison. Le résultat électoral de cette élection sera intéressant à suivre.

Dimanche après-midi, les communiqués des uns et des autres fusaient sur les réseaux dits « sociaux » s’accusant respectivement de cuisine électorale et de privilégier leurs intérêts personnels, et le citoyen qui s’était réveillé plein d’entrain et d’optimisme se couche ce soir en ressassant que la droite française est décidemment la plus bête du monde !

Fermer les frontières signifie que les frontières ferment !

Devant la dégradation de la situation sanitaire en Moselle et les risques de contagion, l’Allemagne a annoncé la fermeture de sa frontière avec le département français de la Moselle. Aussitôt c’est un déchaînement de lamentations côté français, dirigeants et chefs d’entreprise déplorent les effets à attendre de cette fermeture pourtant assortie de nombreuses souplesses, notamment en faveur des travailleurs transfrontaliers.

L’aspect comique de ce chœur des pleureuses est que certaines d’entre elles appartiennent à des partis politiques qui prônent le rétablissement des frontières sur les plateaux médiatiques toute la sainte journée. Jean Rottner, président conservateur de la Région Grand-Est, semble découvrir dans son tweet que fermer les frontières veut dire que la frontière est fermée, c’est-à-dire que les flux d’hommes et de marchandises vont être au moins partiellement compliqués car contrôlés, voire ralentis. C’est à ça que sert une frontière.

Cette expérience permettra sans doute à M. Rottner et aux siens de bien peser les conséquences d’une fermeture des frontières françaises avant de la prôner à tout va comme ils en ont l’habitude. On peut les fermer mais cela ne donne pas exactement les mêmes résultats que quand elles sont ouvertes !

Respectons la Justice mais…

Un ancien président de la République « de droite », Nicolas Sarkozy, est condamné en première instance par la Justice pour délit de « corruption active et trafic d’influence », embarquant avec lui dans son malheur son avocat et un autre juriste. Ils ont fait appel aussitôt après le prononcé du verdict. Ce n’est pas la première fois qu’un président, ou un ministre, revenu à la vie civile est mis en cause pour diverses filouteries, et ce ne sera sans doute pas la dernière.

Le fond de l’affaire n’a guère d’importance et n’est que de peu d’intérêt. Ce qui en présente cependant beaucoup plus sont les réactions partisanes face à l’évènement. Chacun commence par asséner : « je crois en la Justice de mon pays et je n’ai pas l’habitude de commenter des décisions de justice, mais… » et vient alors le commentaire de la décision de justice dont le principe vient d’être contesté. Alors la corporation des avocats défend l’avocat « injustement » condamné, celle des magistrats fait part de sa révolte contre le sort réservé à leur collègue, les partis politiques hurlent à la « justice politique » et les journalistes font leurs choux gras de cette nouvelle polémique qui agite le microcosme.

L’ancien président quant à lui donne une interview dans Le Figaro pour clamer son innocence et doit passer à la télévision demain soir. L’appel a déjà été interjeté, l’affaire reprend à zéro et un nouveau jugement sera prononcé dans quelques mois. Business as usual… Le mieux désormais est d’attendre le jugement d’appel et de passer à des sujets plus sérieux, et il y en a beaucoup en France par les temps qui courent.

Mort de Giscard

La mort de l’ex-président de la République Valéry Giscard d’Estaing le 2 décembre a été annoncée. Il avait 94 ans et est décédé des suites du covid-19. Aussitôt, et suivant une ancestrale et mauvaise habitude, l’ensemble des commentateurs le couvre de louanges, oubliant les torrents de boue dans lequel certains essayèrent de le noyer du temps de sa splendeur.

Giscard n’a pas été un mauvais bougre. Durant son septennat 1974-1981 il a tenté de secouer une France post-soixantuitarde engourdie par quinze années de gaullisme puis de pompidolisme. Sous son empire les finances publiques de l’Etat ont été gérées avant les graves dérives entamées sous la présidence Mitterrand qui suivit et qui sont allées s’aggravant depuis. Plus notable, cette présidence de sept ans aura été marquée par la bataille féroce et les haines recuites entre la droite conservatrice (représentée par le clan Chirac) et le centre droit (représenté par le clan Giscard). Chirac, premier ministre de Giscard démissionna avec fracas en 1976 après deux ans d’exercice, avant d’utiliser son parti UDR, futur RPR, pour abattre Giscard d’Estaing et lui bloquer l’accès à un deuxième mandat présidentiel.

Il est maintenant acquis que Chirac a appelé discrètement ses partisans à voter et faire voter pour Mitterrand en mai 1981 en pensant que ce dernier n’arriverait pas à faire plus d’un mandat et que Chirac serait élu triomphalement en 1988 pour relever la France de la « faillite socialo-communiste ». L’Histoire, et les électeurs, en ont décidé autrement… et Chirac dut attendre quatorze ans après son infamie pour s’installer à l’Elysée.

Mais Giscard est malin et tint son éclatante revanche en l’an 2000 en imposant une modification de la constitution pour passer du septennat présidentiel au quinquennat, contre la volonté du président Chirac, celle-ci étant plutôt molle et affaiblie à l’époque par la cohabitation avec le parti socialiste. Ce quinquennat a durablement déréglé le fonctionnement de la République comme résultat d’une vendetta personnelle.

La politique française a montré à cette occasion son nombrilisme dévastateur quand un responsable de droite préféra favoriser l’élection d’un président de gauche par haine d’un président de centre-droit. La droite française ne s’est d’ailleurs toujours pas remise de cette hérésie. Ainsi va la vie politique hexagonale… pas joli-joli tout ça.

La droite conservatrice s’oppose à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Drapeau Kanak dont l’affichage est autorisé par la Loi en Nouvelle-Calédonie à côté du drapeau national français

Rédigés par des négociateurs avisés, les « Accords de Nouméa » signés en 1998 prévoient qu’un second référendum sur l’indépendance puisse être organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Ces trois étapes pour un divorce attendu et souhaitable prennent en compte la difficulté qu’il y a à se décider pour l’indépendance. Une décision qui demande effectivement un courage certain compte tenu de la relative incertitude dans laquelle plongera l’archipel en prenant les commandes de son destin. Mais une décision qui, enfin, responsabilisera ce territoire et ses dirigeants.

C’est ce 4 octobre que sera mené le deuxième référendum en espérant que cette fois-ci les électeurs calédoniens emprunteront le chemin de la raison et se prononceront pour leur indépendance. D’un point de vue politique, tout le monde y gagnera : la France en renonçant à ce territoire source de problèmes et de tensions sans fin, la Calédonie en devenant adulte et retrouvant ainsi une souveraineté qu’elle perdit lors de sa colonisation par la France en 1853. Au niveau matériel, l’aide financière de l’ancienne métropole leur sera acquise quasiment éternellement et, si Paris faisait défaut, les pays du Pacifique se feraient rapidement un plaisir d’accueillir une Nouvelle Calédonie souveraine en leur sein. Il n’y a donc pas grand-chose à craindre à faire le grand saut.

Ce n’est bien sûr pas l’avis des partis politiques conservateurs français comme l’atteste la lettre ouverte du chef de Les Républicains, M. Jacob,dans laquelle il vante la « cette multiculturalité unique qui gratifie la France » ce qui est plutôt inattendu de sa part, le concept de multiculturalité n’étant pas véritablement la tasse de thé de ce parti. Sans doute M. Jacob n’a jamais passé beaucoup de temps dans les départements et territoires d’outre-mer, les confettis de l’empire à mi-chemin entre la colonie et la République bananière. S’il l’avait fait il essaierait d’agir intelligemment pour favoriser et accompagner leurs indépendances. Rêvons que ce 4 octobre la Nouvelle Calédonie montre le chemin de la raison !

Lettre ouverte du président de Les Républicains du 22/09/2020

Chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie,

En ce 24 septembre, date anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie à la France et à quelques jours d’une consultation décisive à laquelle vous êtes appelés, je tenais à m’adresser à chacune et à chacun d’entre vous.

Une nouvelle fois, le 4 octobre prochain, vous devrez choisir entre la France ou l’indépendance. Ce choix engage votre avenir mais aussi celui de notre Nation.

Je sais combien la France a toujours su compter sur vous, Français de Nouvelle-Calédonie. En cette année anniversaire du Général de Gaulle, je ne peux oublier ses paroles illustrant le courage des engagés volontaires calédoniens pour défendre notre Nation dans les heures les plus sombres de la guerre de 39-45.

Ce courage calédonien, je sais qu’il ne vous a pas quitté. Vos anciens, qui ont su refuser l’oppression et l’asservissement de la France, étaient les partisans du NON de la première heure.

Je veux en ces instants vous dire l’attachement profond que vous porte notre famille politique. Nous savons ici qu’aux antipodes de la métropole, dans le Pacifique, la petite patrie calédonienne vibre aux couleurs de notre grande patrie commune, la France. Vous êtes une part entière du Peuple français à laquelle nous tenons.

Le 4 octobre, je formule le vœu, qu’à l’instar du référendum du 4 novembre 2018, une majorité d’entre vous choisisse à nouveau que le destin de la Nouvelle-Calédonie et celui de la République française restent indissociables.

Votre NON à l’indépendance le 4 octobre prochain est aussi notre NON.

Toute l’histoire de la Nouvelle-Calédonie plaide pour un avenir partagé et respectueux. Séparer le destin de la Calédonie de celui de la France serait un échec pour l’ensemble du peuple français, un retour en arrière, destructeur du rêve qui a bâti les trente dernières années.

Je veux enfin vous dire, qu’au-delà de cette consultation qui oppose et divise les Calédoniens, nous souhaitons plus que jamais que le chemin d’un avenir apaisé soit offert aux enfants du Caillou. Ils sont de différentes origines, dans cette multiculturalité unique qui gratifie la France. Nous devons nous montrer à la hauteur de leurs attentes légitimes. Notre famille politique sera à vos côtés pour trouver la voie de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie au sein d’une République française qui doit protéger la personnalité et l’identité singulières de notre « France Australe ».

En ces instants importants pour votre avenir, pour notre avenir, soyez assurés de la solidarité et du soutien sans faille de notre famille politique.

Christian Jacob – Président des Républicains

Nouveau gouvernement et festival de billevesées

On n’a pas encore bien compris pourquoi ni comment mais la France vient de changer de gouvernement en plein milieu d’une grave crise économique. Une telle décision entraîne au minimum six mois d’inertie et de réglages de périmètres pour les nouveaux ministres à mettre en place et les anciens qui redoublent dans une autre classe. Six mois durant lesquels ces ministres vont devoir passer du temps à découvrir leur nouveau job, nommer leurs collaborateurs, dézinguer ou refourguer les anciens, bref, prendre leurs marques pour faire le nouveau boulot pour lequel ils sont rémunérés par les contribuables que nous sommes.

En attendant d’être opérationnels il faut bien exister dans les médias et sur les réseaux dits « sociaux » alors on assiste à un festival de billevesées et de phrases aussi grandiloquentes que vides sens. Qu’on en juge :

A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social… [pour trouver un] compromis, qui n’est pas une compromission…
[la méthode sera] un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler… Ouvrir des concertations (…) avec la nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires, avec tous les acteurs… [élaborer un] nouveau pacte social.
Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de “collaborateur”.

Castex (premier ministre)

Ou encore :

À chaque étape de la reconstruction de notre pays, nous aurons à cœur de ne laisser personne au bord du chemin. Cette reconstruction sera mise en œuvre par un gouvernement de mission et de rassemblement.

Macron (président de la République)

Qui porte une attention à ces slogans de circonstance au-delà des commentateurs de service ? Probablement pas grand monde tant ils manquent de sens et se limitent à ânonner des phrases toutes faîtes déjà servies et resservies par des générations d’élus. Le mieux, pour tout le monde, serait de ne pas les prononcer, personne ne s’en plaindrait, sauf peut-être les commentateurs de plateaux télévisés qui, du coup, devraient se consacrer à des choses intelligentes comme analyser le budget de la République ou l’évolution des prestations sociales versées par ladite République à ses citoyens.

La vraie disruption (pour reprendre un tic verbal à la mode) serait d’essayer un jour de ne pas diffuser ni commenter à l’infini ces billevesées et de n’en rien dire tant qu’elles ne sont pas remplacées par des engagements concrets basés sur des analyses chiffrées et solides, bref, ce qu’on appelle un programme politique. Hélas, il y a peu de chances qu’adviennent un jour une telle hypothèse tant nos sociétés décadentes compromettent chaque jour avec la dictature de l’info-Café-du-Commerce. Peut-être un jour…

Paris outragé

C’était prévisible, la droite française a une nouvelle fois échoué ce dimanche 28 juin à remporter la mairie dans la capitale. Une bataille d’égos entre trois zigotos qui ont privilégié leurs tactiques personnelles au détriment de l’intérêt de la municipalité qu’ils se voyaient bien diriger. Les plus naïfs ont pensé jusqu’au dernier moment que la raison prévaudrait et les conservateurs éloignés des commandes parisiennes depuis dix-huit ans allaient bien trouver un accord pour fusionner leurs listes et faire élire l’un d’entre eux à la mairie pour appliquer un programme conservateur après tout le mal qu’ils ont dit de la gestion municipale socialiste tous les matins de ces dernières dix-huit années…

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Eh bien ce ne sera pas pour cette fois et la maire de Paris sera socialiste pour au moins six années de plus. Ce n’est pas dramatique tant les projets des uns comme des autres ne sont pas fondamentalement différents mais c’est confondant sur la stupidité et l’incompétence de ces chefaillons-candidats de droite qui ont préféré échouer ensemble plutôt que de gagner une mairie en principe imperdable par l’un d’entre eux s’ils s’étaient alliés, dans une ville gentrifiée définitivement droitière. Et ces exploits ont fait suite au retrait (si l’on ose dire) d’un précédent candidat de droite par suite de la diffusion sur les réseaux dits « sociaux » d’images sexuelles qu’il échangeait avec sa maîtresse.

On ne peut pas dire que tout ceci soit très brillant, à l’image du sens de l’intérêt général qui anime manifestement ces apprentis-sorciers !

Les Fillon et consorts condamnés pour détournement de fonds public

Coco / Charlie Hebdo (01/03/2017)

Par suite des contrats de travail fictifs offerts à sa femme Pénélope, François Fillon est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour détournement de fonds publics, et complicité d’abus de biens sociaux, plus une amende de 375 000 euros et dix ans d’inéligibilité. Sa femme est condamnée à trois ans de prison avec sursis, la même amende et cinq ans d’inéligibilité. Son suppléant qui l’avait remplacé à l’assemblée nationale lorsqu’il avait été nommé ministre puis premier ministre, et qui avait poursuivi les mêmes pratiques douteuses au bénéfice de Pénélope, est condamné à deux années de prison avec sursis et quelques autres broutilles. Ils doivent en outre rembourser les fonds détournés à l’assemblée nationale qui s’était portée partie civile, soit un bon million d’euros.

Les trois condamnés à ces lourdes peines ont fait appel. Que la justice passe !

Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris !

2ème tour des élections municipales à Paris XIVème (28/06/2020)

La gauche alliée aux écologistes va sans doute emporter la mairie de Paris pour la quatrième fois consécutive dimanche 28 juin. Pour la quatrième fois cela signifie une durée totale de 24 années avec un ou une maire socialiste. Une telle durée est en soi inopportune. Quelle que soit la qualité des personnes en charge, 24 ans c’est trop pour le même parti et une alternance aurait été bienvenue déjà à l’issue du second mandat, soit 12 ans.

Le plus improbable dans cette histoire est que les partis de droite soient incapables de faire liste commune alors que leurs programmes n’apparaissent pas considérablement différents. Un peu plus de sécurité pour les uns, un peu plus « d’urbanisme concerté et végétalisé » pour les autres. Aucun des 3 pieds nickelés ne parle de considérations financières et budgétaires, au contraire, on ne parle que de dépenses a priori nouvelles sans expliquer avec quelles recettes elles seront financées ; il ne faut pas effrayer le chaland ! Bref, tous ces nigauds se battent comme des coqs sur un tas de fumier, préoccupés par leurs égos personnels et préférant perdre de nouveau le pouvoir dans la capitale plutôt que de trouver un terrain d’entente et faire élire l’un d’eux trois. Personne ne veut avoir l’air de compromettre avec l’autre alors qu’il est assez probable que les électeurs conservateurs auraient plutôt plébiscité une telle alliance.

Cette défaite annoncée est une véritable démonstration d’inefficacité des partis de droite par rapport à l’objectif fixé. Ce n’est pas très grave tant cette probable Bérézina du microcosme politique parisien ne va pas changer la face du monde dans la capitale, mais voir cette ville conservatrice incapable d’empêcher l’élection d’un maire de gauche a quelque chose de risible.

Collomb, 73 ans, accroché à Lyon « quoi qu’il en coûte »

Dutreix / Le Canard Enchaîné (05/12/2018)

Gérard Collomb, 73 ans, ex-Parti Socialiste, ex-La République en Marche (LREM), ex-sénateur, ex-député, dont la liste investie par LREM a récolté un score plutôt modeste au premier tour des élections municipales à Lyon, 22% et quelques, a décidé pour le second tour de s’allier avec le parti Les Républicains et d’abandonner la tête de liste. Le garçon ne sera plus maire, poste qu’il a occupé durant dix-huit ans, mais simple conseiller municipal pour six années de plus durant lesquelles il espère sans doute conserver une influence politique sur ceux qui assureront le pouvoir municipal à Lyon.

Comme tout ceci est déplorable ! A 73 ans, l’homme n’a pas vraiment démérité, il sera rapidement oublié comme nous tous, mais n’aurait-il pas été plus judicieux de passer tranquillement la main à la génération suivante plutôt que de compromettre avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique pour conserver une dérisoire illusion de pouvoir ?

D’autres énergumènes du même acabit s’accrochent à leurs postes électifs comme des moules à un rocher. Martine Aubry, 69 ans, les cheveux noirs de teinture, cherche à rempiler après déjà 18 années passées comme maire de Lille.

L’un comme l’autre se pensent irremplaçables, se croient influenceurs indispensables au développement de leur ville, s’imaginent personnages centraux dans le cœur de leurs citoyens-électeurs. L’un comme l’autre se laissent déborder par un égo surdimensionné qui les empêche d’admettre qu’ils ont fait leur temps et qu’il n’y a pas de raison que la génération suivante réussisse aussi bien qu’eux. Et puis, dix-huit années au même poste ce sont au moins dix de trop. C’est la garantie de la création de clans, d’affidés, de clients, en plus, éventuellement de réalisations intéressantes.

Gérard Collomb ne sera plus maire puisqu’il a renoncé à la tête de liste. Martine Aubry n’a pas encore gagné son deuxième tour où elle se frotte à son ancienne directrice de cabinet qui a été investie par LREM. Elle a 46 ans, soit 23 ans de moins que sa concurrente senior. Cette seule différence d’âge devrait suffire à la faire gagner !

Les nuisibles de la République

Après Philippe Juvin déjà épinglé comme mélangeur d’intérêts croisés en temps de pandémie : médecin urgentiste, élu Les Républicains et geignard de plateaux télévisés, voici un revenant adepte des mêmes conflits d’intérêts. Philippe Douste-Blazy (surnommé Douste-Blabla en leurs temps par les Guignols de l’Info), 67 ans, médecin cardiologue, professeur de médecine, ex-ministre de la santé puis ex-ministre des affaires étrangères puis ex-ministre de la culture sous le règne endormi du Président Chirac, un accent toulousain débordant le confit de canard, ex-maire de Lourdes, ex-maire de Toulouse, ex-député des Hautes-Pyrénées, ex-député européen, ex-candidat incompris (qui n’a pas intéressé grand monde) pour la direction générale de l’Organisation mondiale de la santé, ressort du bois comme consultant de plateaux télévisés d’experts. Comme il prend partie contre une partie de l’establishment médical, les chaînes qui l’invitent adore sa capacité à attiser le conflit corporatiste. On peut imaginer qu’il lui reste quelques connaissances scientifiques de ses lointaines études mais il est fort peu opportun qu’il profite des évènements sanitaires en cours pour se mettre en avant et participer avec gourmandise à l’affichage médiatique des divisions du monde médical.

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On se souvient également que Douste-Blazy avait animé la chronique mondaine lorsqu’en 2005, ministre des affaires étrangères, il s’était retrouvé en caleçon dans les couloirs de la Mamounia, en train de s’engueuler avec sa compagne. La scène avait été largement rapportée en France et à l’Assemblée nationale. Toute l’intelligentsia française a défilé dans ce palace, souvent régalé par le Roi du Maroc, mais seul Douste-Blabla y a consenti une querelle de ménage en public. Un peu vulgaire pour le standing de ce palace déclinant. Plus récemment l’impétrant s’est présenté en 2ème position sur une liste aux élections municipales à Paris XVIème arrondissement, liste dissidente du parti Les Républicains qui a recueilli 3,28% des votes exprimés au premier tour, à la hauteur de l’importance de son numéro 2.

En mémoire des hautes responsabilités qu’il exerça, de celles qu’il n’a pas pu atteindre et de son âge, le mieux serait que Philippe Douste-Blazy évite de faite l’expert de plateau télévisé en se plongeant dans la polémique comme un cochon dans sa fange. Une retraite anonyme à Lourdes serait certainement plus adaptée à son cas et tout le monde s’en porterait bien mieux.