Les requins contre les surfeurs

Des surfeurs se font dévorer par des requins à l’Ile de la Réunion. Nous sommes en France et bien entendu c’est la faute de l’Etat. Une première mesure d’urgence assez simple à mettre rapidement en œuvre serait d’abord d’arrêter de faire du surf et de se baigner. Il semble que personne n’y ait pensé !

Ensuite on pourra discutailler à la franchouillarde avec les parties prenantes pour décider s’il vaut mieux pêcher les requins ou définitivement arrêter le surf et la baignade dans les endroits dangereux… On devrait tout de même arriver à trouver un point d’entente ?

Le naufrage de Mayotte

Mayotte, le récent 101ème département français est déjà en voie de Guadeloupéisation avancée. Alors qu’elle a été érigée au statut de département en mars 2011, toute l’ile est en grève depuis plusieurs semaines contre la vie chère et pour réclamer que la bouteille de gaz soit vendue au même prix qu’à la Réunion. Comme de bien entendu la grande distribution est vouée aux gémonies et pillée au passage quand l’occasion se présente.

Alors que la Nouvelle-Calédonie s’achemine doucement vers son indépendance, alors que les bilans humains, politiques et économiques de la départementalisation des cinq DOM existants est le retentissant échec que l’on connaît, comment la République a-t-elle pu octroyer, de nouveau en 2011, un statut de département à un confetti de l’ex-empire à des milliers de kilomètre des dorures du VIIème arrondissement ? Par quelle aberration technocratique a-t-on pu offrir à ce charmant bout d’île le choix de devenir département français. La catastrophe est annoncée, le naufrage est certain.

Une première étape nécessaire

Le drapeau de la Nouvelle Calédonie flotte désormais à côté du drapeau français dans les communes de ces iles. C’est bien, une nouvelle marche vers l’incontournable indépendance de ce confetti de l’empire, qui s’y achemine avec une relative sérénité après des années sanglantes. Il y eut une paix des braves après les excès de deux parties, et bien des morts. Puissent les autres confettis s’inspirer de cette noble évolution.

Les départements d’outre-mer tours indécis

La Martinique et la Guyane répondent « non » à la question : « Approuvez-vous la transformation de la Martinique (ou de la Guyane) en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République ? »*

L’article 74 de la Constitution précise

Les collectivités d’outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elles au sein de la République.

Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l’assemblée délibérante, qui fixe :   – les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
  – les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l’Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l’article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
  – les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
  – les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d’ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l’approbation d’engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence. La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l’autonomie, les conditions dans lesquelles :
– le Conseil d’Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d’actes de l’assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu’elle exerce dans le domaine de la loi ;
 – l’assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l’entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
 – des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d’accès à l’emploi, de droit d’établissement pour l’exercice d’une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
 – la collectivité peut participer, sous le contrôle de l’Etat, à l’exercice des compétences qu’il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l’ensemble du territoire national pour l’exercice des libertés publiques.

Les autres modalités de l’organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.

Art. 74-1.

Dans les collectivités d’outre-mer visées à l’article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l’État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l’organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n’ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.

Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d’Etat. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l’absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.

Il s’agissait donc de donner un peu plus de pouvoir et de responsabilités à ces deux départements d’outre-mer. Ce référendum avait été organisé à la demande des élus locaux plutôt « à gauche » qui se sont lourdement trompés sur la volonté réelle de leurs électeurs : la Martinique a voté non à 79% et la Guyane à 70%. C’est clairement exprimé. C’est dommage, et c’est difficile à expliquer. La crainte du « lâchage » est sans fondement (qui lâcherait, et comment juridiquement s’opérerait ledit lâchage ?) et la perspective de mieux assumer ses spécificités par plus de pouvoir local n’aurait pas du, en principe, effrayer les électeurs par ailleurs si demandeur de respect de leur dignité. La gestion de ces confettis de l’empire continue à être mal emmanchée par quelque bout que l’on prenne le sujet.

Les corses contre les moulins à vent

Les indépendantistes corses tiennent leur université d’été et déclarent leur solidarité avec les « les nations sans Etat » comme la Bretagne, la Kabylie et autre Kanaky. Ils proposent d’instaurer une citoyenneté corse qui serait acquise après 10 années de séjour sur place et donnerait accès prioritaire aux emplois.

Gang politique à Tahiti

Le Sénat lève partiellement l’immunité parlementaire de Gaston Flosse, parrain de la Polynésie française depuis des décennies, afin qu’il puisse être interrogé dans une affaire de corruption. Quand on connaît les réflexes corporatistes de cette bonne assemblée du Palais du Luxembourg, on peut mesurer l’ampleur des soupçons qui pèsent sur Flosse pour que même ses collègues lèvent son immunité.

Une indépendance des confettis de l’Empire toujours à l’horizon politique lointain

A l’occasion de la visite du président Sarkozy aux Antilles, la République propose aux élus martiniquais l’organisation d’un référendum sur l’autonomie comme le prévoit la constitution.

En 2003 un référendum pour une évolution du statut de la Guadeloupe et de la Martinique avait posé la question suivante :

« Approuvez-vous le projet de création en Guadeloupe/Martinique d’une collectivité territoriale demeurant régie par l’article 73 de la Constitution, et donc par le principe de l’identité législative avec possibilité d’adaptations, et se substituant au département et à la région dans les conditions prévues par cet article ? »

La réponse avait été « NON » à 73% en Guadeloupe et à 50,48% en Martinique. A Saint-Barthélemy et Saint-Martin le « OUI » l’avait emporté à respectivement 96% et 76%, avec référence à l’article 74 de la Constitution.

Rappelons comment ce document aborde le statut de ces territoires issus de la colonisation :

Art. 73. – Dans les départements et les régions d’outre-mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l’objet d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités.

Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s’exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement.

Par dérogation au premier alinéa et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement.  [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)]

Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral. Cette énumération pourra être précisée et complétée par une loi organique.

La disposition prévue aux deux précédents alinéas n’est pas applicable au département et à la région de La Réunion.

Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti.

La création par la loi d’une collectivité se substituant à un département et une région d’outre-mer ou l’institution d’une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu’ait été recueilli, selon les formes prévues au second alinéa de l’article 72-4, le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités.

Art. 74.  – Les collectivités d’outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elles au sein de la République.
Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l’assemblée délibérante, qui fixe :
  – les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
  – les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l’Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l’article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
  – les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
  – les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d’ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l’approbation d’engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence.

La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l’autonomie, les conditions dans lesquelles :
 – le Conseil d’Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d’actes de l’assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu’elle exerce dans le domaine de la loi ;
 – l’assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l’entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
 – des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d’accès à l’emploi, de droit d’établissement pour l’exercice d’une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
 – la collectivité peut participer, sous le contrôle de l’Etat, à l’exercice des compétences qu’il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l’ensemble du territoire national pour l’exercice des libertés publiques.

Les autres modalités de l’organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.

Art. 74-1. – Dans les collectivités d’outre-mer visées à l’article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l’État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l’organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n’ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.

Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d’Etat. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l’absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.

On peut espérer que cette fois-ci la consultation pour la Martinique aura été mieux préparée, en tous cas les élus locaux semblaient ravis de cette bonne initiative. Un « OUI » semble plus probable et ce serait alors une étape vers plus de responsabilités locales, voire une marche vers une indépendance qui si elle ne peut être que lointaine n’en n’est pas moins souhaitable. Qui sait si une île antillaise ne pourrait pas être indépendante avant la Nouvelle-Calédonie qui à force de repousser l’échéance du plan dit « Rocard » semble hésiter au bord de la falaise avant le grand saut ?

On devrait pouvoir éviter le renouvellement d’accords du type de celui signé en Guadeloupe début 2009 (cf. ci-dessous) dans lequel 165 points représentent un incroyable galimatias d’engagements de l’Etat, des collectivités locales et de différents syndicats et collectifs, souvent imprécises, difficilement mesurables, parfois démagogiques et très certainement chronique de nouvelles contestations annoncées ! On crée des observatoires divers, un bureau d’études ouvrières, on gèle le prix de la baguette de 250 g, on baisse les prix du carburant… et on se donne rendez-vous pour le prochain conflit.

Incompréhensible !

Mayotte va devenir le 101ème département français. L’échec de la départementalisation des cinq « dom » (département d’outre-mer) actuels n’a pas suffi à empêcher la République de replonger une nouvelle fois.

Un syndicaliste éclairé en Guadeloupe

Très intéressant : un texte antillais de huit pages trouvé sur Internet, le « world wide web » décidément de plus en plus sauvage. Une déclaration de 2000 du syndicat UGTG dont le nouveau patron est Elie Domota, héraut de la rébellion guadeloupéenne de ce début 2009. On y lit quelques perles qui sont frappés au coin du bon sens :

La classe politique guadeloupéenne a perpétuellement agi pour sa propre reproduction. Toute son énergie a consisté à domestiquer les masses, à contraindre les hommes à agir pour sa propre ascension, à limiter l’action politique collective à la satisfaction de ses intérêts personnels et immédiats. Elle a utilisé la division, elle a encouragé l’assimilation, elle a façonné la lâcheté et la capitulation, elle a zonbifié le peuple de Guadeloupe.

Tous prétendent que notre majorité, notre identité, notre authenticité ne pourra s’exercer sans le contrôle de la France et le financement de l’Europe. Ils poussent le ridicule jusqu’à réclamer les mêmes droits que les nations libres de la Caraïbe tout en restant Français et Européen. Ils n’ont jamais reconnu que les 50 ans de départementalisation et d’intégration à l’Europe a exclu notre pays de la Caraïbe, a anéanti la créativité, a aliéné notre peuple. Comment en effet vouloir aujourd’hui se réclamer Caribéen après avoir des années durant utilisé les difficultés des pays de la Caraïbe comme repoussoir aux idées indépendantistes, après avoir dénigré et pourchassé les peuples de la Caraïbe vivant en Guadeloupe, après n’avoir juré que par la France ?

Le développement économique de la Guadeloupe comme fondement de l’équilibre social et de l’épanouissement des hommes est un leurre si elle ne relève pas d’une stratégie politique révolutionnaire tendant à transformer les rapports sociaux, à rompre avec les liens coloniaux qui nous lient à la France et à combattre les rapports de domination capitaliste.

Nous soutenons, comme depuis décembre 1973 que : Le peuple Guadeloupéen a droit à l’autodétermination ; le droit de la Nation Guadeloupéenne à la pleine souveraineté et à l’Indépendance Nationale est inaliénable ; les intérêts de la classe ouvrière, des producteurs et des créateurs Guadeloupéens ne seront préservés que par leur engagement dans la lutte.

Lire le texte intégral : ici

S’en suivent un appel à la grève général et une liste d’objectifs à « arracher » dont certains sont légitimes comme la promotion de l’histoire de la Guadeloupe, la conception de programmes d’éducation populaire, le développement économique et néanmoins durable, etc. mais parfois aussi quelques dérapages révolutionnaires du style la production par des « entreprises réellement guadeloupéennes », « l’arrêt du génocide par substitution de notre peuple » ainsi que l’énigmatique point 15 de cette liste à la Prévert qui stipule « le financement de tous nos projets par la dette coloniale ».

Très finement Elie n’a pas mêlé de revendications autonomistes aux négociations de février 2009, il aurait pollué le débat et donné à ses adversaires la corde pour le pendre. Il lui reste maintenant à diffuser ses idées indépendantistes auprès de « ses frères », je crains que la tâche ne soit autrement plus ardue que de faire plier un préfet de la République sur des augmentations de salaire qui seront réglées par le contribuable, y compris antillais d’ailleurs.

La Corse dans toutes ses contradictions

Les accusés corses au procès en appel du meurtre du préfet Erignac changent de version comme de cagoule. Ils s’accusent les uns les autres, se renient, se dénient, se nullifient. Ils sont malins, ils jouent avec le système et en tirent les ficelles devant un tribunal ébahi et Madame Erignac dépitée. Les avocats (corses généralement) se lancent dans des tirades sans fin sur les atteintes à la démocratie, se disent victimes de la raison d’Etat. Les journalistes à sensation présentent comme un coup de théâtre le fait qu’Alessandri s’accuse du crime alors qu’il ne fait que renouveler sa position de 2004. Pendant ce temps le comité de soutien de Colonna vend des T-shirts sur un site web Yvan Colonna. Tout ceci n’est guère brillant.

Un message clair

Elie Domota, syndicaliste indépendantiste antillais, directeur-adjoint de l’ANPE dans son île, traité de « tonton macoute » par Frédéric Lefevbre le porte-parole de l’UMP aux cheveux longs et gras, fait une déclaration sur les entreprises guadeloupéennes :

« Soit ils appliqueront l’accord (prévoyant une augmentation salariale mensuelle de 200 euros), soit ils quitteront la Guadeloupe. Nous sommes très fermes sur cette question-là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage ».

Le microcosme politico-médiatique s’émeut de cette tonitruance mais il n’y a rien de vraiment nouveau sous le soleil ! C’est la version cocotier de « la valise ou le cercueil » qui a plutôt réussi qui FLN algérien.

Le peuple sait bien au fond de lui que les iles antillaises seront un jour indépendantes. L’économie est coloniale, Domota a raison, mais la seule façon malheureusement de mettre fin à ce triste état de fait c’est de mettre fin à ladite colonisation. Il ne sera pas possible de le faire dans le cadre juridique actuel. Ce nouvel avatar de la résistance guadeloupéenne ne fait que confirmer ce sentiment : un fonctionnaire de l’Etat français négociant contre des entreprises locales à coups de menaces et de piquets de grève musclés, c’est tout le déprimant symbole de l’incohérence antillaise qui n’a point été brisé cette fois-ci encore. Un nouveau combat gagné comme les précédents, en apparence seulement, le contribuable métropolitain paiera, mais perdu sur le fond, celui de la maturité comme celle dont a fait preuve le peuple de Nouvelle-Calédonie qui est en route vers l’indépendance et du coup a retrouvé cette « dignité » dont les départements d’outre-mer disent que la leur est tellement attaquée.

Le préambule de l’accord salarial obtenu au forceps est parlant, il suffit maintenant de le mettre en œuvre :

« Considérant que la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte de la pérennisation du modèle de l’économie de plantation ; considérant que cette économie s’appuie sur des rentes de situation, de monopole, des abus de positions dominantes qui génèrent des injustices ; considérant que ces injustices touchent aussi bien les travailleurs que les acteurs économiques endogènes ; considérant que ce sont autant d’obstacles au développement économique endogène et à l’épanouissement social ; considérant la nécessité de faire tomber tous ces obstacles en instaurant un ordre économique nouveau prônant une revalorisation du travail de chacun (chefs d’entreprise et salariés) et promouvant de nouveaux rapports sociaux ; considérant que les parties conviennent à ce titre de la nécessité d’une revalorisation substantielle du pouvoir d’achat par un relèvement des bas salaires selon les modalités qui suivent. »

Des intellectuels appellent à la poétique dans les DOM-TOM : vaste tâche !

Un beau texte de neuf intellectuels antillais sur la situation de leurs iles. Ils s’écoutent un peu parler ces intellos, mais les bonnes idées sont là : moins de prosaïque et plus de poétique, compléter l’accès aux produits de première nécessité par des facteurs de haute nécessité (vision politique, responsabilité, « manger local » et moins importé, rompre avec le « tout automobile », etc.) On est pas bien sûr que le domien en train de faire la queue depuis 3 jours devant la station Total du coin de la rue soit bien sensible à ces envolées lyriques, mais l’essentiel est dans ces lignes, dont nombre d’entre elles devraient être d’application bien au-delà des DOM…

Taubira défend les départements d’outre-mer

La députée de Guyane Christiane Taubira ânonne les éternelles rengaines des départements d’outre-mer (DOM) : esclavage, continuité territoriale, départementalisation, et bla-bla-bla, et se plaint que lorsque l’on parle de la Lozère on ne parle pas de subventions à ce département mais de solidarité nationale, et bla-bla-bla.

Heureusement aussi on voit assez peu de manifestations dans les rues de Millau déclamant « la Lozère est à nous, pas à eux. ». Il s’agit maintenant seulement de savoir quand le contribuable national va lâcher pour payer les augmentations des bas salaires pour faire cesser la paralysie de l’île.

On n’est pas encore au bout de nos peines

A l’embarquement à Orly pour Berne le chroniqueur surprend un bagagiste et un technicien, tous deux antillais, se marrer en créole sur le sort qui va être réservé aux escadrons de gendarmerie envoyés en renfort en Guadeloupe. Encore un peu de travail avant l’apaisement dans les Caraïbes françaises…

Rififi en Guadeloupe

Un mort est tué par balles sur les barricades d’une Guadeloupe à feu et à sang depuis des semaines. Et nos départements d’outre-mer continuent à traîner leurs deux boulets que sont l’esclavage qui voient cohabiter sur des territoires limités les arrière-petits-enfants d’esclavagistes et d’esclaves, et la départementalisation qui relève de la plus grosse aberration administrative jamais commise par la République. On n’arrive à extraire ni l’une ni l’autre de ces épines profondément enfoncées dans la vie de ces populations. Accessoirement on pourra se demander si ces petites îles peuvent développer suffisamment d’activité pour faire assurer le même PIB par tête qu’en métropole. La réponse est probablement négative mais par contre régler les deux premiers sujets permettrait sans doute de mieux faire accepter le dernier.

L’Eglise se mêle de la Corse

Mgr Gaillot apporte son soutien à Ivan Colonna condamné pour le meurtre du préfet Erignac en Corse. Toujours là où il faut le monseigneur. L’Eglise catholique se distingue en ce moment ! Le condamné est en appel. Ses petits camarades du commando assassin l’avaient dénoncé avant de se rétracter, et d’endosser le meurtre par l’un d’entre eux condamné à perpétuité.

La Serbie, le Kosovo et la Corse

Les serbes ne sont pas satisfaits de l’indépendance du Kosovo et le font savoir. Imaginons les la réaction de la France si on lui faisait le même coup avec la Corse ? Non, en fait c’est un mauvais exemple, les Français manifesterait leur joie.

Les vœux corses

Les corses toujours à l’affut d’une façon originale de surprendre le continent, souhaite une bonne année au reste de la France en envahissant le parlement local et allumant un beau feu de joie dans le bureau de son président. C’est à désespérer !