La bagnole pousse la culture dehors

Je dîne au restaurant du Virgin des Champs Elysées. Le magasin est quasiment vide, l’espace réservé à la vente de disques a encore fondu. Le vendeur à qui je demande s’il a le dernier Cowboy Junkies me vide son sac et m’explique qu’après la fermeture du Virgin Louvre, celui des Champs-Elysées doit fermer sous peu, il n’y a plus de vente ni de disques, ni de livres, ni de rien. C’est la faillite. L’immeuble a été racheté par un fonds qatari et sera transformé en showroom Volkswagen.

La bagnole pousse la culture dehors, quelle tristesse !

The Dandy Warhols – 2012/11/29 – Paris le Trianon

Les Dandy Warhols ne quittent plus la France ; après l’Olympia en avril, Rock en Seine en août les revoici au Trianon en cette fin d’année. C’aurait été frustrant de retourner dans l’Oregon sans une dernière petite resucée de leur rock underground sur une scène parisienne. Ils furent plus que bienvenus ce soir au Trianon, complet depuis plusieurs semaines !

Un concert bonus pour préparer Noël dans de bonnes conditions. Un concert en prime pour ne pas oublier que ces quatre diables, au cœur de notre univers musical, sont un groupe de performers à voir sur scène pour mieux goûter leurs disques.

Ils commettent ce soir un show endiablé et sans rappel, pas fondamentalement différent des précédents de cette année 2012, mais leur production discographique est maintenant largement suffisante pour varier les set-lists d’une soirée à l’autre, et puis nous n’aimons rien de mieux que les bons standards du groupe alors lorsqu’ils démarrent sur Be In, We Used to be Friends et Shakin’ l’enthousiasme saisit le théâtre, la ferveur agite les fans. Les plongées dans le dernier disque This Machine (référence au slogan This machine kills facists écrit par Woody Guthrie sur sa guitare) sont bienvenues, les nouvelles compositions sont de la même veine : sombres et obsessionnelles. Le show se termine sur Boys Better, un morceau tonitruant du Black Album au terme d’une longue introduction de machines relayée par des riffs de guitare incestueux frappés à grands moulinets de Pete (à la Townshend des Who) et que Zia termine en faisant larséner ses claviers à l’infini alors que ses boys ont déjà quitté la scène.

Set-list : Be-In/ We Used to Be Friends/ Shakin’/ Enjoy Yourself/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ The Last High/ The Autumn Carnival/ Godless/ Holding Me Up/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday (Acoustic Courtney solo)/ (You Come In) Burned/ Sad Vacation/ Solid/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Pete International Airport/ Boys Better
Encore : Zia en solo pour finir « Daisy On My Toe »

Fumette dans le Colorado

Lors des dernières élections présidentielles américaines, l’Etat du Colorado a voté pour la légalisation du cannabis « à titre récréatif » et contre l’exploitation du gaz de schiste dans l’Etat. Un vrai bonheur pour écolo ce Colorado, on pourra y exiler Cécile Duflot quand elle se sera fait débarquer du gouvernement pour fumette dans les couloirs de son ministère.

L’étriqué et l’aboyeur

Non seulement impayables, l’étriqué et l’aboyeur, sont aussi incorrigibles. Ils continuent à diffuser communiqués de presse assassins, appels au rassemblement, à déléguer huissiers et médiateurs, à déjeuner avec Sarko l’agité, à saisir la Justice, les citoyens et les militants, bref, à confirmer leur incompétence à gouverner. Que Dieu nous préserve de ne plus jamais rencontrer ces ambitieux irresponsables à des postes de responsabilité de la République !

Amy Macdonald – 2012/11/27 – Paris le Trianon

Amy Macdonald est au Trianon pour présenter son dernier disque : Life In a Beautiful Light. Rien de bien neuf ni renversant depuis ses dernières apparitions. La même formation qu’au Zénith il y a deux ans et une inspiration qui à tendance à se ternir. Amy, toujours proprette et maquillée, ouvre ses grands yeux bleus sur un public adolescent, souvent accompagné de parents post-ado, venus écouter son folk électrifié.

Mais Amy c’est toujours cette voix puissante et portée par l’émotion, une voix sincère, celle d’une musicienne qui laisse parler son cœur et qui touche par cette vérité et cette proximité. Les mélodies restent bien calibrées ; une musique simple et juste, enluminée par des fioritures pas toujours nécessaires, qui font un peu nouveau riche de la production. On la préfère sur les mélodies simplement portées par ses guitares et sa voix, dans la formation initiale où elle nous avait surpris en 2008 lors de la sortie de This Is the Life ! D’ailleurs les bonus de Life In a Beautiful Light offrent des versions purement acoustiques de certaines chansons, qui sont souvent plus plaisantes que les originaux.

Qu’importe, Amy et son groupe déroulent ce soir leur set-list avec l’enthousiasme de leur belle jeunesse et la fureur de l’électricité de leurs instruments. Personne ne se plaint de cette bande de gamins émouvants qui sont sortis des bars de Glasgow pour jouer leur musique sur les scènes d’Europe. Ne soyons pas chiens, Amy Macdonald est toujours sur scène où elle rencontre un franc succès et draine un public pas encore découragé par sa panne d’inspiration, mais qu’il va falloir tout de même remotiver à court terme. Alors retour au folk d’origine ou nouveaux horizons, surprendre pour durer, mettre en valeur cette voix si remarquable et quitter la route un peu clinquante des deux derniers disques.

Setlist : 4th Of July/ Poison Prince/ L.A./ Spark/ The Game/ Mr. Rock & Roll/ Slow It Down/ Love Love/ Give It All Up/ This Pretty Face/ Higher And Higher (Jackie Wilson cover)/ Don’t Tell Me That It’s Over/ The Green And The Blue/ No Roots/ Pride/ Run/ This Is The Life/ Life In A Beautiful Light
Encore : The Furthest Star/ Barrowland Ballroom/ Let’s Start a Band

Les pieds nickelés de l’UMP

De plus en plus impayables nos deux pieds nickelés de l’UMP : ils se sont maintenant mis d’accord pour organiser un référendum auprès des militants afin de leur demander s’ils veulent réorganiser l’élection de leur président avec un nouveau vote.

Pendant ce temps Fillon-costume-étriqué crée son groupe à l’assemblée nationale et chacun ponctue ses phrases d’incantation à l’unité et le rassemblement.

Seule conclusion évidente, ne plus jamais voter pour une de ces deux ambitieux qui continuent à faire la preuve de leur incompétence et d’absence de sens de l’intérêt général.

Arno – 2012/11/26 – Paris le Café de la Danse

Arno au Café de la Danse ; Arno : une trogne, un clodo inspiré, un SDF relocalisé sous la tente du rock ; Arno est un belge d’Ostende, il est à Paris ce soir pour nous présenter son dernier disque : Future Vintage, produit par John Parish, compagnon de route de PJ. Harvey. Le concert est complet depuis longtemps, et d’ailleurs un Olympia est prévu en avril 2013 mais nous on le préfère dans l’intimité du Café de la Danse, comme s’il était dans notre salon !

Tignasse de cheveux blancs filasses, costume noir, bidon en avant, la voix rocailleuse, et l’assurance du vieux bluesman qui a usé son cuir sur la route et toutes les scènes des clubs de basse-fosse, douteuses et enfumées. Il est entouré ce soir d’un redoutable combo de musiciens : son alter-égo aux claviers (« celui-là je le connais depuis 40 ans et je n’ai jamais vu son zizi » nous dira-t-il lors des présentations), un longiligne et jeune guitariste barbu, bass et batterie. Le groupe pulse sous la baguette du chef, en vieux routiers du rock habitués aux facéties de leur leader.

Arno ne joue pas d’un instrument, il compose et chante, l’intendance suit, et c’est déjà magnifique. Il parle aussi, beaucoup, il n’arrête pas de nous raconter sa vie, dans ses chansons et entre les morceaux, avec un accent flamand à couper au couteau.

Arno c’est un Buddy Guy d’outre-Liévin : une gueule cassée, un cœur brisé, la voix d’outre-tombe qui dévide des insanités et des tendresses, Arno c’est la majesté du Mississipi traversant Ostende et réchauffant l’atmosphère comme le Gulf Stream dans la Mer du Nord. C’est l’énergie féconde d’un punk de 18 ans réincarnée d’un l’âme d’un vieux flamand qui a tant vécu dans le plat pays sous les nuages bas et gris d’un ciel toujours entre deux pluies. Mais cette énergie teintée de dérision, cet humour perclus de nostalgie fait toute la majesté du bonhomme qui nous emmène deux heures durant tout au bout de la furie de son verbe et de ses notes.
Il est déchaîné en scandant Putain d’putain/ C’est vachement bien/ Nous sommes quand même/ tous des européens. Il est bouleversant lorsqu’il évoque : Ma mère a quelque chose/ Quelque chose dangereuse/ Quelque chose d’une allumeuse/ Quelque chose d’une emmerdeuse/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère.

Arno, bien plus qu’un copain de beuverie, bien plus qu’un musicien de rencontre, Arno, un vrai pote inspiré, un poète éraillé comme un vieux faitout dans lequel a mijoté le vieux jus d’une vie d’artiste, finalement pas si mauvaise malgré les apparences !

Caution morale vs. compromission

Juppé-le-raide-comme-un passe-lacet, la « caution morale incontestable » de l’UMP, cherche à réconcilier Copé-l’aboyeur et Fillon-costume-étriqué. Il échoue ce soir. Il faut dire qu’avoir choisi ce psychorigide de toute première catégorie pour mener une médiation relève d’une colossale erreur de ressources humaines, le garçon n’est pas vraiment commode et pour mener une médiation il convient de savoir compromettre, ce qui n’est pas une qualité connue du bonhomme.

Si ces deux chiffonniers avaient un minimum de sens de l’intérêt général, ils renonceraient chacun à la présidence du parti et feraient organiser de nouvelles élections auxquelles ils ne participeraient pas. Mais bien sûr cela ne sera pas. Ce n’est pas bien grave, il n’y a pas mort d’hommes, il ne s’agit que d’élire un chef de bande de l’UMP. La République y survivra et, en principe, la gauche est au pouvoir pour dix ans, au minimum.

Bataille de chiffonniers à l’UMP

Ils sont vraiment impayables à l’UMP ! Et voilà maintenant qu’une commission Théodule interne au parti, après avoir analysé les recours, confirme l’élection de Copé-l’aboyeur contre Fillon-costume-étriqué avec cette fois-ci 900 voix d’avance au lieu de 90.

Quelle salade ! Un des évènements politiques les plus sulfureux de l’après-guerre avec la déroute de sexuelle de Strauss-Kahn.

Décadence et incompétence dans la vie politique française

Les luttes de pouvoir au sein des partis politiques français sont violentes, ce n’est sans doute pas très différent de ce qui se passe dans les autres pays. Par contre la spécificité qui apparaît en France au sein des élections internes des partis pour désigner leurs chefs respectifs est qu’elles sont organisées par des forbans sans foi ni loi, au PS comme à l’UMP, et sans doute également les autres partis, où la compétition consiste à bourrer les urnes, bidouiller les listes électorales, magouiller les procès-verbaux de dépouillement, etc.

On reste un peu interloqué devant de telles pratiques qui relèvent de républiques bananières, mais qui sont semble-t-il pratiquées dans la joie et la bonne humeur par les caciques de nos partis franchouillards. Ce n’est pas joli-joli et dénote que sous le paravent de la démocratie de ces élections internes les dirigeants s’écharpent et tous les moyens sont bons.

Pourquoi nos hommes politiques ne sont-ils pas capables de respecter un minimum de procédures démocratiques et de traditions républicaines ? On ne sait pas bien, on devine des personnalités aux égos surdimensionnés, imbues de leurs personnes, dévorées par les ambitions personnelles et finalement peu concernées par l’intérêt général.

Il faut sanctionner de tels comportements et la seule façon de le faire est de ne pas voter pour ceux qui en sont responsables : je jure ici donc sur les têtes de mes enfants que jamais, oh grand jamais, je ne mettrai un bulletin dans une urne où figurerait le nom de Copé-l’aboyeur ou de Fillon-costume-étriqué.

Hooper au Grand-Palais

Rétrospective Hooper au grand palais, les toiles habituelles connues de tous mais aussi des salles consacrées aux peintres qui ont inspiré l’artiste américain, ainsi que ses œuvres moins connues : dessins, gravures, affiches, aquarelles.

On reste, comme toujours, confondu devant l’infinie tristesse qui émane des tableaux classiques et le rendu incroyable de leur lumière.

Deux responsables totalement irresponsables

Fillon-costume-étriqué et Copé-l’aboyeur ne veulent rien lâcher, et voilà maintenant qu’ils en appellent à Juppé comme « caution morale incontestable » pour trancher leur querelle. Bon, la caution morale, 67 ans, a tout de même été condamnée à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

La seule réaction saine face aux déchirements de l’UMP devrait être : pan-pan-cul-nu et au lit sans dessert et que l’on entende plus jamais parler sur une scène politique nationale de ces deux ambitieux indignes.

Garbage – 2012/11/22 – Paris le Zénith

Avez-vous une idée de ce que pouvait donner les bombardements des canons Grosse Bertha qui tirèrent sur Paris en 1918 ? Non, c’est normal, c’est un peu ancien. Mais assister à un concert de Garbage peut vous en donner une petite idée, la terreur en moins.

Les Garbage sont de retour avec un nouveau disque Not Your Kind of People. On ne les avait plus vus ni entendus depuis sept ans, rien n’a vraiment changé, ni sur scène pas plus que dans leur musique : du rock à l’état brut, ébouriffant et assourdissant. C’est la marque de fabrique du groupe, et on ne voit pas trop de raisons d’en changer.

Les années sont passées mais Shirley Manson est toujours pimpante. Elle entre en scène avec un body en côte de maille, culotte en plexiglass noir, châle noir vaporeux sur les épaules, ses cheveux roux dressés en chignon raide-droit sur le crâne. Elle est entourée de sa bande habituelle de guitaristes, Duke Erikson, en costume-gilet-cravate-chemise rayures, Steve Marker, ensemble noir et casquette de base-ball, et derrière batteur et bassiste tatoué.

Une bande de terroristes du rock, accrochés à leurs guitares, bustes en avant, torturant leurs cordes sur des rythmes primaires, ils entourent leur madone aux yeux verts qui tourne comme une lionne en cage sur un grand cercle tracé fictivement devant la batterie.

Micro en main ou arcboutée à son pied de micro, Shirley délivre un chant primal d’une voix puissante, souvent traitée à la sauce électronique. Elle jette un sourire carnassier à un public enthousiaste et déroule son show avec la morgue des vieux professionnels.

Les nouveaux morceaux se mêlent aux anciens sans déroger à la ligne du groupe, celle d’un rock-pop sans prétention mais d’une redoutable efficacité. On ne se fatigue pas les neurones avec les Garbage, il faut juste se laisser porter par leur brutalité finalement plutôt civilisée.

Une écossaise et quatre américains forment ce combo des grands espaces où s’engouffre leur musique brûlante. Les tubes s’enchaînent : Control, Shut Your Mouth, Queer, Stupid Girl. Quelques moments de rémission avec Cup of Cofee ou le mélancolique You Look so Fine qui clôt le premier set : accords mineurs et longs hululements de guitares, histoires de rupture déclamées d’une voix plaintive et Shirley chausse une guitare rose pour le final : I’m falling over/ Over and over/ …Let me know let it show/ Ending with letting go/ Let’s pretend, happy end!

Setlist : Control/ I Think I’m Paranoid/ Shut Your Mouth/ Why Do You Love Me/ Hammering in My Head/ Queer/ Stupid Girl/ Automatic Systematic Habit/ #1 Crush/ The One/ Special/ Blood for Poppies/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Battle in Me/ Cup of Coffee/ Push It/ Vow/ You Look So Fine/

Encore : When I Grow Up/ The World Is Not Enough/ Only Happy When It Rains

Encore 2 : Thanks a Million (Duke solo)

Warmup : Poni Hoax

Ils vont bientôt faire voter les morts…

Incroyable, Fillon-costume-étriqué se rebiffe, exhume des voix de départements d’outre-mer non comptés et reprend la corde menaçant d’aller en justice. La sérénade continue et les égos se déchirent sur les plateaux télé. Les journalistes savants et les commentateurs mondains se réjouissent, cela fait longtemps qu’ils ne s’étaient autant régalés, sans doute pas depuis les performances glorieuses de l’équipe de France de fouteballe en Afrique du Sud.

Les militants de l’UMP doivent être au fond du trou. Le microcosme parisien des autres partis se réjouit et soixante millions de français se contrefoutent de cette pantomime d’ambitieux prêts à tuer père et mère pour réussir.

Deux chefaillons à la dérive

Deux chefaillons en campagne se sont présentés devant les suffrages des militants de l’UMP. Le vote était hier et le résultat très serré, si serré d’ailleurs qu’il a fallu recompter des résultats, analyser quelques soupçons de bourrage d’urnes et donc reculer à ce soir l’annonce officielle des résultats par une commission Théodule de circonstance.

Nos deux apprentis chefaillons auraient pu avoir une attitude intelligente et mesurée dimanche soir et attendre la fin des travaux de la commission Théodule 24 heures plus tard pour enregistrer le résultat de cette élection psychodramatique. Il n’en fut rien et, dévorés par leurs ambitions personnelles, ces deux personnages se sont déclarés vainqueur dimanche soir vers 22h00 en s’accusant mutuellement de fraude.

Toute la journée d’aujourd’hui leurs porte-flingues ont défouraillé sur les plateaux télé jusqu’à ce que Copé soit déclaré vainqueur contre Fillon-costume-étriqué qui devait l’emporter largement selon les prévisions.

Ces deux pieds-nickelés auraient pu avoir un comportement d’Hommes d’Etat, ils ont choisi de s’étriper comme deux z’yva-casquettes-à-l’envers de banlieue. C’est affligeant et cela les classe pour la suite des évènements. En ce qui me concerne, ni l’un ni l’autre n’auront jamais ma voix dans une élection nationale. Aux commandes de la République ils seraient capables de déclencher une guerre nucléaire pour faire du tort à l’autre.

  • Conséquence de ce combat de coqs sur le déficit budgétaire de la République : nulle.
  • Conséquence sur un coup de barre populo de l’UMP : forte.
  • Conséquence sur l’envahissement des médias par Copé : à craindre.
  • Conséquence sur le développement de l’esprit : très négative.

Des pratiques d’un autre âge

Charlie-Hebdo / Charb

Charlie Hebdo publie cette semaine ses habituelles caricatures des religions avec quelques dessins consacré à Mahomet. Toute la beaufitude de circonstance s’exprime bien entendu sur le sujet : les religieux de tous ordres ont leur avis, les libertaires craignent la censure, les politiques, mi-chèvre mi-choux, cherchent le sens du vent. Tout ceci devrait être traité par l’indifférence, mais ne l’est pas, hélas !

Du coup est passé plus inaperçu l’éditorial de Charb sur la corrida qui mérite bien plus l’attention que cette agitation politico-religieuse => CH_20120919_Tauromachie.pdf.

Il s’agit d’ailleurs de sujets comparables, où comment des minorités agissantes arrivent à imposer des pratiques d’un autre âge à la République.

Pauvre Proche-Orient

Pauvre Proche-Orient, non seulement il y a la guerre qui reprend entre Israël et la Bande Gaza, mais voilà maintenant que Fabius doit y débarquer demain avec sa suffisance et ses contradictions. Ils n’ont pas mérité tout ça.

Ceci étant dit, cette région fatigue le reste de la planète depuis 1948 : guerres à répétition, incapacité à s’entendre, psychodrame sur le statut de Jérusalem, etc. Il va pourtant bien falloir un jour arriver à s’entendre sur quelque chose. Il semble que l’armement palestinien progresse d’année en année, les missiles tirés de Gaza atteignent maintenant Tel-Aviv, voilà qui poussera peut-être les parties à plus de dialogue. L’équilibre de la terreur, cela a bien fonctionné durant la guerre froide en Occident des années durant, évitant une guerre chaude. C’est la dernière chose qui n’ait pas encore été essayée au Proche Orient. Peut-être un gage de réussite ?

Archive – 2012/11/16-17 – Paris le Zénith


Un peu plus de douze mois après la sortie des deux CD’s « Controlling Crowds » et les tournées conséquentes, dont le final de Rock en Seine 2011 avec orchestre symphonique, un DVD enregistré live à Athènes, les revoici avec un nouveau disque « With Us Until You’re Dead », nouvelle tournée, nouvelle chanteuse, showcase à la FNAC et déjà des clips et des tubes. On peut dire que la bande ne manque pas d’énergie ni de projets. Ils sont pour deux soirs au Zénith de Paris.

La musique est renouvelée, plus rock : des batteries en pagaille et des rythmes de cogneur à tout va. Holly Martin est la nouvelle chanteuse du groupe, un peu lisse, des cheveux blonds lui tombant sur les reins, une belle voix, forcée parfois dans les aigues, elle remplace numériquement Rosko-les-dreadlocks (au moins pour le moment) et y va parfois de ses refrains rappés (Hatchet).

Alors que les lumières tombent une bande joue à plein volume une farandole de cloches, on se croirait sur la place Saint-Pierre de Rome un jour de Pâques, qui se fondent progressivement dans l’ouverture martelée de Wiped Out, une longue envolée romantique de Pollard sur la destruction de l’amour, dont la voix qui monte comme celle d’un soprano impubère ne suffit à masquer l’effroi. C’est la première plage du disque, le show est lancé ! Et se poursuit sur You Make Me Feel chanté en duo par Maria et Holly notre nouvelle recrue, qui a d’ailleurs un tout petit peu de mal à placer sa voix sur ce morceau emblématique du groupe datant de 1999. Après un passage par Sane, retour vers la nouveauté avec l’enchaînement de trois longues pièces aux accords de guitare bien gras appuyés par une rythmique bien lourde, à peine adoucies par la voix éthérée de Pollard et les boucles de claviers. C’est la nouvelle marque des Archive, un son plus urbain, plus urgent, des lumières agressives et saccadées. On est éblouis, martyrisés, écrasés par ce mur de son et lumière, et on adore.

Puis vient l’heure du repos avec un merveilleux et inédit morceau chanté par Maria accompagnée par le piano seul : Build and Construct enchaîné sur Again en acoustique ; sortez vos mouchoirs, les Archive savent toujours vous tournebouler les tripes. Maria continuera à nous renverser sur le récent Silent, une valse dédiée à l’amour : It feels impossible/ Not this time/ I could die/ Silently I love.

La suite et fin du show est tonitruante : Hatchet en premier rappel où Holly scande ce morceau rappé et enlevé, sanglant et amoureux : If I gave you an army/ It would be your command/ Kick me in the ground break both my hands/ Every time you hurt me/ I want you even more/ I’ll never win the battle and I’ll never win the war/ If I had an army/ It would be yours to have/ No amount of pain would ever stop me coming back/ To you… Elle apparaît bien plus à l’aise sur ce genre qu’en voix d’appoint de Maria sur des thèmes plus romantiques, question d’âge et de cœur sans doute.

Et puis Bullets, rythmes effrénés et roucoulades de claviers, Kings of Speed : Time isn’t slowin/ just speed/ it’s all we’re knowing…, et le deuxième soir une chanson de plus et le final sur Waste pour clôturer en beauté cette étape parisienne avec en prime une déclaration d’amour de Dave : « We fucking love you Guys ! Merci beaucoup ! »

Archive rechargé en adrénaline, relooké avec la Miss Holly (qui ne laissera sans doute pas un souvenir impérissable dans l’histoire du groupe), mais Archive toujours créatif et surprenant, « Just speed/ It’s all we’re knowing! » on ne saurait mieux dire

Set list 16 novembre :

Wiped Out/ You Make Me Feel/ Sane/ Interlace/ Stick Me in My Heart/ Conflict/ Violently/ Build and Construct/ Again (Acoustic Version)/ Fuck U/ Pills/ Black and Blue/ Dangervisit/ Damage

Encore: Rise/ Silent/ Hatchet/ Controlling Crowds

Encore 2: Twisting/ Bullets/ Kings of Speed

Set list 17 novembre :

Wiped Out/ You Make Me Feel/ Sane/ Interlace/ Stick Me in My Heart/ Conflict/ Violently/ Build and Construct/ Again (Acoustic Version)/ Fuck U/ Pills/ Black and Blue/ Dangervisit/ Damage

Encore: Rise/ Silent/ Hatchet/ Controlling Crowds

Encore 2: Twisting/ Bullets/ Kings of Speed/ Waste

Clémentines françaises

Les encagoulés corses continuent à se massacrer hardi petit. Personne ne comprend grand-chose à ces histoires mafieuses, il y est question de familles, d’histoires ancestrales, de gains faramineux dans le jeu, les filles, l’immobilier, on parle d’omerta, de complicités politiques. Rien, ou pas grand-chose, n’est élucidé dans tous ces crimes d’un autre âge. Les gouvernements passent, les élus locaux trépassent, les discours s’enflamment mais surtout rien de neuf ne se passe et les armes continuent à parler sur un territoire de la République.

Simply Market semble avoir fait son deuil d’une Corse française et affiche déjà ses clémentines origine « Corse » et non plus « France » ou « Espagne » comme pour les autres fruits et légumes. i