HARARI Yuval Noah, ‘Sapiens – Une brève histoire de l’humanité’.

Sortie : 2014, Chez : Albin Michel

La passionnante histoire de notre ancêtre l’Homo Sapiens qui domina (et domine encore) le monde il y a 13 000 ans en s’avérant supérieur à son frère Neandertal et à quelques autres cousins de familles plus éloignées. Raconté comme un roman, ce récit de vulgarisation mêle l’Histoire des hommes avec celles de la science, de l’économie et de la pensée, dévoilant ainsi la réflexion très profonde de son auteur, historien israélien, qui utilise ce voyage dans le temps pour revenir sur quelques réflexions essentielles de nos pauvres existences qui se percutent parfois violement avec les débats d’actualité : Sapiens a-t-il remplacé les autres hominidés ou s’est-il mêlé à eux ? La maîtrise du langage, la capacité à créer une réalité imaginaire (la monnaie, le système juridique, etc.) ou la manipulation des mythes comme outils de conquête ! Le désastre écologique que fut le développement d’Homo Sapiens lorsqu’il sortit d’Afrique il y 12 000 ans. La liberté comme invention de l’Homme et non concept biologique, l’argent « le seul système de confiance créé par l’homme qui puisse enjamber n’importe quel fossé culturel et qui ne fasse aucune discrimination sur la base de la religion, du genre, de la race, de l’âge ou de l’orientation sexuelle », la religion définit comme « un système de normes et de valeurs humaines fondé sur la croyance en l’existence d’un ordre surhumain », le lien entre le développement de l’impérialisme et celui de la science, le conquérant ayant soif de nouveaux territoires comme de nouveaux savoirs, l’ambition insatiable des européens au début des temps modernes à faire voile vers des terres lointaines pleine de cultures étrangères, les rapports entre un Etat et des marchés forts / la Famille et les communautés faibles ou vice versa, etc…

La pensée de l’auteur est claire, les raisonnements concis et lumineux, la vulgarisation rend le lecteur intelligent aussi celui-ci frémit comme Yuval Harari devant l’abysse du possible dans le futur : l’homme bionique, la conscience améliorée, l’ADN utilisée comme identifiant, la modification possible des désirs et des émotions, l’Homo Sapiens devenu maître du monde au détriment des autres espèces mais sait-il ce qu’il veut devenir et ce qu’il va devenir ?

Ces questions sont vertigineuses.

Holly Miranda – 2018/04/24 – Paris le Point Ephémère

Holly Miranda, compositrice-guitariste-chanteuse américaine passe au Point Ephémère ce soir. Il n’y a qu’une vingtaine de personnes dans la salle, c’est un peu triste pour elle. Elle joue avec un batteur et une saxophoniste, le matériel est un peu délabré, les musiciens ont sans doute le moral dans les chaussettes, « ce n’est pas un moment idéal » susurre Holly en accordant sa guitare, mais ils nous donnent un joli petit concert sans trop d’entrain.

La première partie est assurée par le groupe australien électro-jeune Leyya plutôt inspiré et allant.

Les ambiguïtés de la double nationalité

Un ancien premier ministre français, Manuel Valls, amateur de doubles pages plutôt mièvres dans Paris-Match, né espagnol puis naturalisé français dans sa jeunesse, vient de marquer son intérêt pour candidater à la mairie de Barcelone. Cette ville est toujours espagnole à ce jour et même si elle devait un jour être la capitale d’un Etat catalan indépendant ne serait pas française pour autant.

Après avoir échoué à être nommé candidat socialiste à l’élection présidentielle française de 2017, le garçon a quitté ensuite le parti socialiste et un peu compromis pour se faire élire, de justesse, sous la bannière de La République En Marche qui l’a rattrapé au passage en le sauvant de la perdition politique. Elu député français, donc pour une durée de cinq années soit jusqu’à mi-2022, le voilà qui veut se présenter à l’élection à la mairie espagnole de Barcelone en mai 2019 comme il en informait un média hispanique il y a quelques jours. S’il confirmait cette volonté, M. Valls devrait démissionner du parlement français au milieu de son mandat pour assurer une campagne, si ne n’est un mandat, dans un pays étranger.

On est là au cœur de l’ambiguïté du concept de double-nationalité ! On ne peut s’empêcher de se demander pour qui roule Manuel Valls et comment il pourrait passer d’un poste au service de la République française élu par des citoyens français à celui au service d’une grande ville espagnole élu par ses habitants ? On connaît le mercenariat au sein des vedettes du CAC40, c’est moins courant dans les fonctions électives de pays différents. C’est étrange, au mieux maladroit, au pire cynique. Si par malheur il y avait une guerre entre la France et l’Espagne, quel camp choisirait Manuel Valls ? On ne sait pas, et c’est là le problème.

Non, cette notion de double nationalité ne tient pas la rampe et l’on comprend pourquoi certains Etats ne la reconnaissent pas. Vouloir garder au même moment un pied en Espagne et un autre en France donne l’impression que l’impétrant veut garder deux fers au feu pour se donner au plus offrant. Cette intention binationale affichée par Manuel Valls est inopportune, elle continue décrédibiliser un ancien premier ministre français qui n’a pourtant pas démérité lorsqu’il était aux affaires. Il aurait été plus avisé qu’il fasse preuve à l’égard de la République française de la même loyauté qu’il manifesta pour François Hollande !

Confusion autour d’un aéroport


On se souvient que la République a décidé de ne pas construire un nouvel aéroport dans la zone nantaise dite de « Notre-Dame-des-Landes », rebaptisée « Zone à Défendre – ZAD » et « occupée » par un micmac improbable d’écologistes, d’activistes, de libertaires et d’agriculteurs. Et cela dure depuis plusieurs décennies. Tout ce petit monde a pris possession de la zone, construit des habitations de bric et de broc, coupé les routes d’accès pour avoir la paix et vit dans une espèce de collectivité soixante-huitarde affichant de fermes convictions contre l’Etat, ses règles et son autorité. A ce titre ils bloquèrent des années durant le démarrage du chantier de construction d’un aéroport dont la nécessité était d’ailleurs contestée bien au-delà de la « ZAD ».

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

Après quarante années d’indécision, un gouvernement décide en janvier dernier de ne pas construire cette infrastructure. On pensait donc que les « zadistes » allaient du coup rendre les terres occupées à leurs légitimes propriétaires, nous les citoyens puisque ces terres ont été rachetées par l’Etat en préparation des travaux. Il n’en est rien et les occupants veulent rester pour y mener des « projets solidaires et communautaires » le tout accompagné d’une logorrhée anarcho-révolutionnaire disponible sur le site https://zad.nadir.org/.

Depuis huit jours la force publique essaye de déloger les occupants de la ZAD qui se défendent plutôt violement, refusant la légalité et la fin de leur combat qu’ils ont d’ailleurs plutôt gagné car cet aéroport contre la construction duquel ils luttaient ne sera pas réalisé, au moins pour le moment.

Dans un souci d’apaisement les autorités publiques ont proposé aux « zadistes » voulant poursuivre un projet agricole mené sur place pouvait déposer un dossier nominatif pour ce faire. Las, nombre de « zadistes » refusent l’aspect individuel dudit dossier, leur préférant un dossier collectif, ce que ne prévoient pas les règles établies. Alors ils continuent à se battre, au sens littéral du terme, contre les forces de gendarmerie chargées de les déloger. Ces dernières craignant sans doute plus que tout de laisser un ou des morts dans les combats agissent avec une relative modération contre des activistes au fait des techniques de guérilla urbaine. A peine sont-ils chassés d’une place qu’ils y reviennent aussitôt la nuit tombée pour réinvestir le lieu avec des constructions hétéroclites que les gendarmes reviendront détruire le lendemain.

C’est un jeu dangereux et c’est surtout le syndrome français de perte de la notion de l’intérêt général en faveur d’intérêts particuliers. Une communauté minoritaire refuse les règles de la majorité et exerce sa capacité de nuisance à l’encontre de ses concitoyens. Les démocraties sont faibles face à ce genre de comportements quand ils sont à la limite de la légalité et la violence. Cela se passe dans la ZAD et dans bien d’autres domaines.

Lorsque le groupe d’extrême gauche Action Directe assassine des patrons dans les années 70, l’Etat n’hésite pas à employer la manière forte pour réduire la rébellion. Lorsque des libertaires chevelus balancent quelques boulons contre des gendarmes dans un marécage de province, le principe de proportionnalité de la réponse s’impose et l’opération de retour à la légalité s’embourbe comme actuellement.

Le comportement des « zadistes » est égoïste et illégal. Ils ont la chance de vivre dans une démocratie qui respecte leurs droits et supporte leurs caprices. Il serait élégant qu’ils encaissent l’atteinte de leur objectif de l’abandon d’un nouvel aéroport à Nantes et rendent les terrains aux contribuables qui les possèdent, ou alors qu’ils les achètent et y résident et y travaillent de façon apaisée.

Hôtel de Guise

Hôtel de Guise – Nancy

C’est à Nancy que Claude de Lorraine (1496-1550) fonda la maison de Guise. Il fut le premier duc de Guise à l’origine d’une famille puissante qui, de François 1er à Henri IV fit dans l’ultra-catholicisme et s’engagea dans les guerres de religion entre catholiques et protestants qui firent des ravages en France.

Universités « ouvertes »

On ne dit plus (comme Marine Le Pen) : « une université bloquée par les bolchos », mais une université ouverte « pour construire une vie politique alternative et plus démocratique au service de nos luttes que tout dans l’université contribue d’ordinaire à masquer, voire à réprimer » comme sur le site web Révolution Permanente (http://www.revolutionpermanente.fr/) qui se revendique comme le Courant Communiste Révolutionnaire du NPA.

On reconnaît ici toute la subtilité du débat politique franchouillard.

La Bièvre à Paris


Une sympathique petite association de quartier nous donne à revivre les 13ème et 5ème arrondissements parisiens historiques : http://www.13envues.fr/. Aujourd’hui c’est l’histoire la Bièvre qui est exposée à la Galerie théâtrale du 4 rue Wurtz. C’est aussi l’occasion de rééditer un livre du romancier Huysmans, écrivain contemporain de Zola qui commis un petit ouvrage sur ce fleuve qui coule encore dans les sous-sols de Paris après avoir été pollué durant des décennies par les tanneries du quartier des Gobelins alors qu’il évoluait à ciel ouvert jusqu’à son embouchure dans la Seine vers le quai d’Austerlitz.

Dessins, peintures et photos d’époque montrent cette rivière circulant dans Paris avant que, décidemment trop pollué, il soit décidé de le couvrir au milieu du XIXème siècle après la fermeture des manufactures de toile qui l’utilisaient comme déversoir de leurs saletés.

Une dette irréelle

A l’occasion d’un conflit entre la société ferroviaire publique SNCF et ses propriétaires, la communauté des citoyens contribuables représentée par l’Etat, on assiste à des débats étonnants sur le sort à réserver à la dette de 50 milliards accumulée depuis des décennies par cette entreprise publique, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Ces sommes faramineuses sont dues au fait que les recettes de la SNCF ont été insuffisantes la rembourser. Comme on sait qu’il est a priori impossible de facturer les vrais coûts ferroviaires aux utilisateurs ce qui reviendrait à doubler les tarifs, voire plus, il faut bien combler les trous. Pour le moment ce comblement est réalisé en endettant l’entreprise. C’est à peu de chose près ce que fait la République puisqu’elle dépense plus qu’elle n’encaisse.

La dette de la SNCF est garantie par les contribuables si bien que la société ferroviaire trouve encore des prêteurs malgré son insolvabilité patente. La question est de « transférer » cette dette des comptes de la SNCF à ceux de la République, en d’autres termes de ceux des clients du train à ceux des contribuables de la nation.

Les parties au conflit actuel et les commentateurs mondains traitent de ce sujet (il s’agit de 50 milliards tout de même, excusez du peu) avec une légèreté confondante. Ils parlent de « reprise », de « transfert » et autres termes abscons comme si cette dette allait disparaître d’un coup de baguette magique. En fait l’idée est de la faire rembourser par les contribuables plutôt que par les clients-usagers de la SNCF. Ce n’est pas complètement incohérent si l’on considère que le pays a intérêt à subventionner son système de transport ferroviaire pour des raisons écologiques et de développement local notamment. Mais cela mériterait d’être intelligemment expliqué aux citoyens.

En théorie si nous étions un pays bien géré ce subventionnement aurait dû être régulier et des transferts de l’Etat vers la SNCF, c’est-à-dire du contribuable vers l’usager, auraient dû être effectués pour cofinancer les missions de service public de cette activité. Cela n’a pas été fait et l’endettement a donc remplacé les subventions non versées. Le paiement de cette dette par les contribuables va globalement aboutir au même résultat.

Il reste maintenant à voir comment une future SNCF libérée de ses 50 milliards de dette va se mettre à ré-accumuler une nouvelle dette, ou pas. C’est tout l’objet des négociations en cours sur des réformes structurelles de cette société avec des syndicats qui ne semblent pas très ouverts à l’idée de tout changement.

Corot « Le peintre et ses modèles » au Musée Marmottan


Le coté méconnu des talents de Corot (1796-1875) : outre ses célèbres paysages, le peintre a aussi excellé dans les portraits comme le confirment la soixantaine de tableaux exposés par le Musée Marmottan où sont mis en valeur des modèles, des paysannes, des enfants, des moines ou des soldats, et quelques nus langoureux. C’est élégant, coloré, exquis. On y redécouvre l’atmosphère d’une époque et l’on plonge dans les regards, souvent rêveurs et mélancoliques de ces personnages dont on ne sait pas presque rien.

Jeux de maux

En ces temps d’agitation syndicale on ne dit plus « convergence des luttes » mais « coagulation des revendications ». Dans le même ordre on a remplacé autrefois « l’enculage de mouches » par « la sodomisation de coléoptères » ! On joue avec les maux, cela ne trompe pas grand monde et on peut placer de bons mots.

Le référendum en Nouvelle Calédonie est en route

Les partenaires de l’Etat qui travaillent au futur de la Nouvelle-Calédonie, territoire français d’outre-mer, se sont mis d’accord sur la question qui sera posée au référendum du 4 novembre 2018 aux électeurs de cette île :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Il semble qu’il a été difficile de s’entendre sur la question, mais un accord a été trouvé entre indépendantistes et non-indépendantistes sous l’autorité et l’implication du premier ministre. C’est une bonne chose et démontre un relatif sens des responsabilités des parties. Reste maintenant à savoir quelle sera la réponse apportée à cette question existentielle. Les anticipations sont plutôt en faveur d’un rejet de l’indépendance du fait que la population kanak n’a pas encore dépassée celle des caldoches. Compte tenu des taux de natalité respectifs, ce dépassement arrivera forcément un jour, mais sans doute pas avant le 4 novembre prochain.

Si l’indépendance est effectivement rejetée, ce sera une mauvaise nouvelle, pour l’île et pour la France, et encore des décennies de problèmes à gérer, plus ou moins violemment. Espérons que dans une telle hypothèse, les parties feront preuve du même sens des responsabilités qu’elles manifestent aujourd’hui. Il faudra alors relancer avec subtilité un nouveau processus qui permette l’organisation d’un référendum une fois que les importances respectives des deux populations permettront d’être certain que l’indépendance sera choisie. Ce ne sera pas facile à faire admettre aux caldoches qui estimeront sans doute avoir gagné pour toujours, mais leur victoire, si elle a lieu, ne sera qu’éphémère.

L’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est inscrite dans l’avenir, et souhaitable pour tout le monde.

Mayotte à la dérive

L’île de Mayotte, département français, continue à s’enfoncer dans d’inextricables difficultés sociales, économiques et religieuses, qui déclenchent une violence inédite sur ce confetti de l’empire. La fiction de la départementalisation de cette île éclate au grand jour. Rongée par un chômage structurel, soumise à une immigration endémique par les populations des îles alentour attirées par le niveau de vie français et la perspective d’obtenir la nationalité française, loin de tout et surtout de toutes perspectives de développement économique, Mayotte se tourne désespérément vers Paris, à 8 000 km de là, sur le thème : « nous sommes département français et il nous avons les mêmes droits qui si nous habitions à Lyon ou à Brest ! »

C’est juridiquement vrai mais juste impossible à transformer en réalité. Même si la République avait les moyens de transférer les financements nécessaires pour transformer Mamoudzou en Auteuil-Passy cela ne résoudrait pas le problème fondamental de vouloir calquer sur une île du bout du monde, issue de la décolonisation ratée de l’archipel africain des Comores, une organisation de république européenne : c’est perdu d’avance et nous en avons la preuve une fois de plus aujourd’hui, hélas.

La France a, malgré tout, des devoirs vis à vis de cette ancienne colonie à laquelle des dirigeants de rencontre ont fait croire que leur salut résidait dans un statut de département français. Un simple aller-retour à Mamoudzou aurait fait comprendre aux élus félons qui ont voté cette départementalisation qu’ils se fourvoyaient. Nous avons fait montre au mieux d’ignorance, au pire d’incompétence et de faiblesse. Il faut maintenant s’en sortir. La presse bien informée fait allusion à des réflexions gouvernementales qui seraient en cours pour faire évoluer ce statut vers celui d’un territoire spécifique et notamment, trouver une solution pour que toutes les femmes enceintes comoriennes venant accoucher à Mayotte ne bénéficient pas automatiquement de la nationalité française et tarir le flux incontrôlé de cette immigration. Ce sera long et difficile, sans doute bien plus dur qu’une négociation avec la CGT-SNCF car il y s’agit là de véritables situations de détresse mais, comme à la SNCF, le statuquo n’est plus une option. Nos dirigeants vont devoir faire preuve de doigté et personne n’aimerait être à leur place. Il faudrait imaginer un processus similaire à celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, qui s’étale dans le temps et laisse subsister pendant la période de transition un double système, mais celui-ci ne pourrait être que provisoire et se terminera inéluctablement par le retour de la souveraineté des Comores sur Mayotte ce qui est certainement une perspective qui effraie les mahorais.

L’assemblée générale des Nations-Unies a pris plusieurs résolutions enjoignant la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Paris n’en a évidemment rien fait puisque les mahorais « veulent » rester français. Il faudra pourtant y venir un jour.

Une affaire de ploucs à la une

Après la mort de Johnny Halliday, dit « l’idole des jeunes » il y a bien longtemps, ses familles décomposées s’opposent dans la presse et devant les tribunaux pour de sombres histoires de sous. Certains auraient été déshérités au profit d’autres. Les artistes de variété et les fans franchouillards prennent parti sur les plateaux télévisés. Les journalistes se régalent : enfin un sujet qu’ils peuvent commenter du haut de leur immense paresse intellectuelle…

Nous sommes en présence d’une affaire de ploucs enrichis qui se déchirent les restes d’une vedette dont on ne sait d’ailleurs pas bien s’ils sont composés de plus d’actifs que de dettes. Il eut été plus élégant qu’ils entendent avec discrétion sur le cadavre de leur père et mari.

Un nouvel os à ronger pour la presse

Le nouveau débat qui fait fureur sur les plateaux télévisés concerne le « rythme des réformes » : est-il trop intense ? Se concentrer sur la forme des changements plutôt que sur le fond permet aux journalistes, « communicants » et autres experts de service de leur éviter de lire et travailler sur les nombreux textes législatifs qui sont actuellement en discussion. Certains d’entre eux sont assez complexes et mériterait un véritable investissement de la presse pour qu’elle puisse faire son travail pédagogique et critique desdits textes.

On a même entendu certains journalistes expliquer qu’ils frôlaient le « burn-out » pour essayer de suivre et de comprendre la volonté réformatrice du gouvernement issu des dernières élections présidentielles en France. Alors à défaut d’analyser ces réformes, la presse préfère discuter de leur rythme. Qu’elle se rassure, la niche fiscale dont bénéficie les journalistes et les subventions versées par les contribuables pour la diffusion des journaux ne semblent pas encore atteints par l’ouragan réformateur. Gageons que s’ils l’étaient un jour, nous en entendrions parler !

Exposition Zbigniew Dlubak à la Fondation Henri Cartier-Bresson


Photographe polonais, Zbigniew Dlubak (1921 – 2005) a expérimenté et théorisé une photographie abstraite. La Fondation Henri Cartier-Bresson, petit musée du XIVème arrondissement parisien, lui dédie une exposition « Zbigniew Dlubak – Héritier des avant-gardes ». On découvre des séries de photographies noir-et-blanc sur la symétrie des corps (humains), le langage des gestes, et des dessins et peintures de cet artiste également fut également peintre et soucieux de rapprocher peinture et photographie. Tout ceci est très abstrait et d’un abord un peu complexe :

« Le rôle social de l’art consiste à introduire dans la conscience humaine le facteur de négation, il permet de remettre en question la rigidité des schémas et des conventions dans le rendu de la réalité. L’art même est évolution, c’est l’introduction de tout nouveau moyen d’expression. »

C’est tout dire…