La publicité a envahi les ondes publiques

C’est désormais un fait acquis pour tout le monde, la publicité commerciale a envahi les ondes des radios et télévisions publiques. La redevance fiscale payée par les contribuables nationaux (c’est-à-dire moins de la moitié des foyers fiscaux) ne suffit pas à couvrir les dépenses de l’audiovisuel public, ou alors les responsables de cet audiovisuel n’ont pas réussi à ajuster leurs dépenses aux revenus de cette redevance.

Sous l’impulsion du président Sarkozy, son gouvernement avait à l’époque mis fin à la publicité sur la télévision publique à partir de 20h et l’étape suivant visait à l’interdire complètement. Elle ne fut jamais menée à terme, sans doute face à la réalité des chiffres qui sont têtus et à la croyance qui veut que les auditeurs/téléspectateurs ne soient pas disposés à payer en fonction de la qualité.

Alors l’envahissement de la réclame est maintenant presque complet, qu’elle soit qualifiée de commerciale ou d’institutionnelle la publicité utilise le même procédé qui consiste à se mettre au niveau du moins disant et à matraquer le plus intensément possible des messages abrutissants répétés jusqu’à la nausée par des voix généralement horripilantes débitant des stupidités. La méthode est maintenant rodée : abrutissez les masses avec des slogans idiots, à force de répétition ils rentreront dans les crânes, c’est inévitable. Mao a fait de même avec son petit livre rouge, l’économie libérale prend le contrôle des cerveaux en désactivant un grand nombre de neurones et en attisant le désir d’éphémère à force de slogans souvent mensongers, cela déclenche des réflexes compulsifs d’achats inutiles. Ainsi va le business !

Pour ceux qui ont encore un peu d’énergie et de volonté d’échapper à la propagande il reste quelques chaînes audiovisuelles élitistes : France Culture, Arte… qui elles font leur autopromotion mais de façon un peu moins stupide que les vendeurs d’aspirateurs. Combien de temps vont-elles résister ?

Rabillons les journalistes

Avez-vous remarqué que sur les plateaux télévisés d’information où se réunissent très (trop) régulièrement des journalistes pour donner leurs avis et prévisions sur tous les sujets, ceux-ci portent généralement une veste, ou un haut pour les femmes, de moins en moins de cravate et lorsque parfois les caméras filment sous la ta table, nombre d’entre eux sont en jeans.

Ils considèrent qu’étant cadrés généralement au niveau de leurs bustes, il n’est pas nécessaire de soigner son apparence en dessous de la ceinture… S’ils achètent des costumes ils peuvent ainsi en revendre les pantalons sur Le Bon Coin pour financer leurs jeans. Bonne affaire !

La popularité, interêt majeur des médias

Les médias français présentent comme une nouvelle importante la baisse de popularité du président de la République. Ils l’annoncent ces derniers jours dans leurs grands titres juste après le cyclone du Texas et glosent depuis sur ce non-sujet en organisant force débats « d’experts et communicants » qui parlent pour dire pas grand-chose sur ce fait qui ne justifie guère l’analyse.

Evidemment les médias qui fonctionnent quasi-uniquement les yeux rivés sur leurs taux d’audience qui génèrent les bonus de leurs vedettes imaginent donc que la politique doit suivre la même loi. Ce n’est pas le cas puisque l’intérêt général peut justifier le mécontentement temporaire des citoyens qui pourront toujours voter autrement aux prochaines échéances si le temporaire lui paraît trop long. Le pouvoir actuel semble a priori prêt à prendre le risque de l’impopularité pour mener à bien les réformes qu’il a annoncées dans son programme de campagne et qu’il croit utiles à la République. Evidemment, un tel raisonnement dépasse largement la capacité de compréhension d’un communicant ou le mode de fonctionnement de la majorité des journalistes.

Les cinq prochaines années diront si la République peut contourner le court terme pour baser une réflexion et une stratégie de moyen terme !

Les journalistes qui se croient indispensables

On se souvient que la présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne de télévisions publique avait été informé à l’orée de cet été, un peu abruptement semble-t-il, qu’après 19 ans de ce job à lire des dépêche à la télévision à 20h pour la France âgée, la chaîne allait changer de présentateur. On ne parle pas d’1 an, pas de 9 ans, mais de 19 ans passé à faire la même chose. Un changement de titulaire de ce poste ne semblait pas complètement incongru.

M. Pujadas n’était d’ailleurs pas licencié mais on lui proposait de poursuivre sa carrière sur la chaîne dans d’autres émissions, sans doute moins satisfaisantes pour les égos surdimensionnés qui aiment tellement montrer leur joli minois dans le petit écran qu’ils en deviennent gravement dépendants.

Dans une interview au Monde du 21/08/2017 le garçon nous explique avoir un nouvel emploi sur la chaîne d’information en continu du groupe Bouygues. Il reste relativement discret quand on lui demande son sentiment sur les conditions de son remplacement à la présentation du journal du soir du groupe publique :

« Je n’ai pas à porter de jugement sur cette décision. L’explication ne m’a pas été donnée, je pense qu’il y a peut-être une raison non formulée, mais ce n’est pas à moi qu’il faut la demander. »

Il pourrait attaquer plus frontalement son ancien employeur mais on imagine qu’en tant que présentateur vedette à forte ancienneté, les conditions financières de son départ ont du être satisfaisantes, d’où sa modération. Il laisse quand même planer le doute sur « une raison non formulée » qui ne pourrait être que politique.

La blessure d’égo est telle que ce genre de personnage n’imagine pas une seconde qu’ils puissent lasser après 19 ans au même poste et que leur remplacement soit généré par le besoin de renouvellement. Dans un genre similaire, Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du journal télévisé du groupe Bouygues durant 21 ans avait été poussé dehors par ses employeurs et l’impétrant s’était répandu en interview amères au point qu’il avait été condamné par la justice pour non respect de « l’obligation de non-critique » contenue dans son contrat indemnitaire de départ.

Les journalistes ne sont pas contents

Les journalistes français ne sont pas contents, ils seraient insuffisamment considérés par le nouveau pouvoir, voire même méprisés. Il est sûr qu’ils sont passés d’un président Hollande qui racontait sa vie à la presse et dont la compagne publiait des livres intimes ou des ministres révoqués réglaient leurs compte via l’édition de livres vengeurs, à un président Macron qui n’entend pas se faire dicter son ordre du jour par des journalistes avides de scoops insignifiants.

Alors ceux-ci parlent « d’absence de récit national » ou de « déficit d’incarnation » sans que l’on ne sache très bien ce que veulent dire ces concepts fumeux. Outrés de cette nouvelle vision des relations entre la presse et le pouvoir, la vivant comme une véritable mise à l’écart, les représentants du pouvoir des médias s’offusquent en se déclarant les représentants du peuple négligés par le président.

Le mieux qu’ils aient à faire serait sans doute d’étudier véritablement les dossiers, d’analyser les textes de loi, de tenter de comprendre les orientations actuelles et les positions des uns et des autres puis l’expliquer l’ensemble aux citoyens. Voilà une vraie mission pour le contre-pouvoir que la presse est censée être dans une démocratie. Si cela se traduit par un peu moins de photos dans la presse pipole, eh bien, l’intelligence collective a tout à y gagner.

L’égo des journalistes

Un nouvel évènement agite le microcosme du petit monde journalistique : David Pujadas, 52 ans, présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne publique France 2 depuis 16 ans est prié de laisser sa place sans pour autant être licencié, il continuera à être rémunéré pour animer d’autres émissions. Depuis 16 ans il affiche sa trombine à l’écran tous les soirs, sauf les week-ends, pour lire un bulletin d’information et annoncer quelques reportages, parfois mener une interview. Comme à chaque fois qu’un journaliste connu est remplacé, a priori contre sa volonté, le petit monde de la presse s’émeut et crie à la censure.

Il y a quelques mois Jean-Pierre Elkabach, 78 ans, animateur de la tranche d’information du matin depuis des années s’était vu transférer sur le week-end. Il démissionnera considérant que cette nouvelle tranche horaire n’est pas à la hauteur de ses compétences. Et ne revenons pas sur les départs de Patrick Poivre dit d’Arvor et autres Claire Chazal. D’Arvor a présenté le journal de la première chaîne pendant 30 ans et il s’est plaint amèrement lorsqu’on lui a demandé de passer la main…

Aveuglés par leurs égos surdimensionnés les journalistes français s’imaginent immortels et surtout, pensent que leurs immenses compétences sont irremplaçables. Quelle prétention ! Pujadas sera vire oublié comme le furent Poivre et Chazal, mais surtout il sera remplacé par la génération suivante qui fera sûrement aussi bien. En tout cas il faut lui laisser sa chance et savoir décrocher, qualité ans doute aussi peu répandue dans le monde journalistique que dans celui de la politique.

La presse dans l’excès

« La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…

Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?

Pas de second mandat pour le président socialiste de la République

François Hollande
François Hollande

Comme il l’avait laissé supposer à de nombreuses reprises, le président de la République vient de rendre publique sa décision de ne pas se présenter à l’élection pour un deuxième mandat. Il avait conditionné une nouvelle candidature notamment à « l’inversion de la courbe du chômage ». On ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint, il a donc renoncé. C’est correct de sa part. Il devait se décider en décembre, ce calendrier fut également tenu comme annoncé.

La presse de circonstance qui glosait depuis des mois sur la participation de François Hollande aux élections primaires de la gauche en est pour ses frais. Une nouvelle fois l’obsession des journalistes pour le sensationnalisme et l’immédiat les a détournés des questions de fond. Et de plus, ils se sont pour la plupart lourdement trompé sur l’immédiat : Hollande ne se représente pas.

Ils auraient pu passer du temps à analyser les programmes des candidats de gauche mais ils ont préféré vouloir jouer les devins et anticiper la décision du Président, c’est plus facile et plus vendeur. A peine leur nouvel échec consumé, les voilà désormais tous tournés sur la nouvelle question clé : est-ce que le premier ministre actuel sera candidat à la primaire ?

La courbe du chômage
La courbe du chômage

La presse continue à tirer le débat vers le bas

Question idiote d’un journaliste crétin posée à Christiane Taubira sur France-Inter en ce jour premier anniversaire des attentats terroristes religieux islamistes du 13 novembre à Paris :

Les 130 victimes sont-elles « mortes pour la France » ou pas ?

Question du chroniqueur effaré :

Mais qu’est-ce que l’on vous apprend dans les écoles de journalisme ?

Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

Avec une constance à la hauteur de leurs compétences limitées, les journalistes de la presse française continuent à consacrer une grande partie de leurs papiers à commenter les sondages qui sortent journellement en cette période préélectorale. « Commenter », si l’on ose dire puisqu’en réalité ils se contentent d’afficher leurs résultats sur des graphes pastel et s’interroger les uns les autres sur ces chiffres changeant tous les jours, souvent de façon contradictoire.

Le business du sondage a montré à de nombreuses reprises qu’il ne prévoyait pas grand-chose et que son taux de réussite était des plus limité. Cela ne l’a pas empêché de prospérer jusqu’ici. Le dernier exploit étant bien entendu celui du référendum britannique qui a finalement décidé de la sortie de l’Union européenne alors que « les sondages » prévoyaient le contraire de façon assez unanime. Même les dirigeants en faveur de la sortie ont été surpris par ce résultat comme le montre la totale impréparation dans laquelle ils se trouvent actuellement alors qu’ils doivent exécuter cette décision.

Que les sociétés de sondage ne sachent pas prévoir l’avenir, on ne va pas leur en vouloir. Qu’elles trouvent tant de clients à qui fourguer leurs sornettes, c’est plus inquiétant. Mais que les dirigeants de nombreux pays basent leurs décisions et orientations sur les résultats de ces sornettes, c’est encore plus désespérant. S’agissant des sondages préélectoraux, la vraie question est de savoir si les électeurs sont influencés par lesdits sondages ? C’est possible mais ce qui est aussi probable c’est que ces sondages étant plus aléatoires que scientifiques leur impact dans un sens soit annulé par celui dans l’autre sens.

Ce qui ferait sans doute un peu progresser la machine médiatique, mais aussi éclairerait la connaissance des citoyens avant le vote, ce serait que les journalistes politiques lisent les programmes des candidats (y compris les 1 012 pages de celui de Bruno Lemaire « le renouveau c’est Bruno »), les analysent, les expliquent et en débattent avec les intéressés plutôt que de se focaliser sur des classements et des sondages aussi éphémères qu’inutiles. Très peu de ces journalistes sont à la hauteur des cartes de presse qui leur sont (trop) généreusement distribuées. L’urgence et l’hystérie qui caractérisent leurs modes de fonctionnement ne sont pas compatibles avec la réflexion qui devrait normalement seoir à leur position. Ils participent tous les jours à l’appauvrissement du débat et à l’abrutissement des masses. Hélas !

La Belgique critiquée par Mme. Michu

Un terroriste islamique français a été arrêté en Belgique. Il avait a priori participé aux attentats de novembre dernier à Paris qui avaient fait 150 morts. Il était en fuite depuis quatre mois. Des journalistes plus amateurs de tweets que de réflexion, accusent la Belgique de naïveté et d’inefficacité pour n’avoir pas su appréhender cette personne dont il semblerait qu’elle n’ait pas quitté Bruxelles depuis sa fuite de Paris en novembre 2015.

On croit rêver : confortablement installés dans leurs rédactions derrière leurs écrans des titulaires de cartes de presse, jamais avares de donner des leçons au monde entier avec une arrogance toute franchouillarde, expliquent à des services de sécurité sur les dents depuis plusieurs mois et dont plusieurs membres ont déjà été tués ou blessés, comment ils doivent faire leur travail ! C’est indécent d’autant plus que certains hommes politiques français les suivent sur ce terrain douteux.

Cerise sur le gâteau : la police belge a dû précipiter son intervention pour arrêter ce terroriste car un journal français, L’Obs, avait publié des informations qu’il avait pourtant été demandé à la presse de ne pas publier pour ne pas gêner les enquêtes en cours.

Il va falloir aussi, lorsque nous aurons le temps, s’occuper de réformer les écoles de journalisme dont la qualité baisse de jour en jour.

Parler pour ne rien dire

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Nicolas SARKOZY, ancien président de la République et actuel chef de Les Républicains doit publier un livre lundi 25 janvier 2016. Annoncé sur la page FaceBook de l’impétrant l’ouvrage est évidemment largement commenté par la presse qui… ne l’a pas lu puisqu’il n’est pas encore paru.

Lesdits journalistes précisent d’ailleurs dans leurs analyses « je n’ai pas encore lu ce livre mais il semble que… ». On est encore ici devant une manifestation de l’incompétence d’une bonne partie de la classe médiatique qui ne sait pas dire : « je n’ai pas encore lu ce livre et je ne suis pas en mesure de le commenter à ce stade. » Inutile de préciser que la politicaille de tous bords commente également abusivement ce livre non lu.

Nos sociétés d’aujourd’hui privilégient la non-information à l’intelligence. Hélas !

Journalisme pour ne rien dire

Journal d’informations de France Culture, 31 décembre 2015, 18h00.

Nous somme à deux heures du discours de vœux du président de la République, ce discours n’est pas encore connu, probablement pas même encore terminé par son auteur, mais bien sûr il faut que les journalistes anticipent et annoncent ce qu’ils croient pouvoir affirmer comme devant faire partie des vœux présidentiels. Et de commenter bien entendu ce qui n’a pas encore été prononcé mais pourrait l’être.

Les mêmes il y a huit jours annonçaient, sans avoir lu le texte, que le projet de réforme de la constitution que devait approuver le conseil des ministres n’incluait pas la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux, et pourtant, une fois le texte rendu public, elle y figurait bien. Ils avaient simplement parlé sans savoir et pour essayer de faire « ceux qui savaient ».

On est dans le même cas de figure ce soir : quel intérêt existe-t-il à essayer de dévoiler deux heures à l’avance le contenu d’un discours non encore terminé et dont le contenu risque bien comme chaque année d’être plutôt convenu ? Aucun intérêt bien sûr. Ces journalistes sont payés sur la redevance réglée par les contribuables, ce sont donc nos employés. Ce soir ils ont perdu leur temps et gâché du temps d’antenne à nos frais. Ils auraient mieux fait de faire de l’analyse et de la pédagogie sur ce qui existe plutôt que de vouloir lire dans la boule de cristal.

On apprend dans le sujet suivant du même journal de France Culture que le discours de vœux de la chancelière allemande est lui publié à l’avance et déjà disponible. Cerise sur le gâteau : il est également traduit en arabe pour le million d’immigrants moyen-orientaux arrivés dans ce pays en 2015, et en anglais pour les autres non-germanophones !

L’insurrection du Café de Flore

Yves de Kerdriel, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire (très) conservateur Valeurs Actuelles, se plaint sur les plateaux télévisés de « l’insurrection du Café de Flore », faisant ainsi référence aux « bobos bien-pensants » qui vont trop souvent à son goût à l’encontre de la pensée (si l’on ose dire) ultra-libérale diffusée par son journal.

La pensée « bien » est-elle incompatible avec celle de Valeurs Actuelles ? Il semble que oui. Les bobos qui revendiquent leur « bien-pensence » rappellent à de Kerdriel qu’ils ont versés sur leurs impôts la somme de 961 026,00 EUR à titre de subventions à ce journal en 2014. Cette générosité même pour ses « ennemis de classe » fait partie intégrante du penser bien.

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Guillaume Roquette déverse sa haine

Et hop, encore un éditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, récupéré dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Il est daté de mars 2015, après les élections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifié de télévangéliste de Matignon), la droite qui n’a pas su empêcher l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais représente manifestement un traumatisme jamais digéré par M. Roquette)…

Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insécurité qui devrait représenter la mère de toutes les batailles.

On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le déficit criant de pédagogie dont font preuve les élus et dirigeants de tous bords qui confondent démocratie participative avec explication de la politique menée ou proposée, ou qui s’imaginent pouvoir décliner le budget de la République dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement à ce représentant teigneux de la presse française que l’un des rôles de celle-ci est aussi de pallier à cette défaillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relâche à ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accès aux citoyens à l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financés par l’impôt, car la République, bonne et généreuse mère considère en quelque sorte cette tâche pédagogique comme une mission de service publique qu’elle délègue en partie à la presse écrite. Il n’est pas sûr qu’elle s’en acquitte parfaitement, préférant souvent la polémique simpliste à la pédagogie apaisée et intelligente.

Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

Les aides du contribuable à la presse

La presse papier oublie souvent de rappeler qu’elle touche des subventions versées par le contribuable pour aider à sa survie, sans parler des niches fiscales qui permettent aux journalistes de payer un peu moins d’impôt sur le revenu que le commun des mortels.

Pour réparer cet oubli il suffit de surfer sur le site web du gouvernement et y découvrir que les aides directes ou indirectes pour les 200 titres les plus aidés furent :

  • En 2014 > 227 millions d’euros
  • En 2013 > 289 millions d’euros
  • En 2012 > 306 millions d’euros

Le Figaro et Le Monde trustent les deux premières places depuis quelques années. En 2014 le premier a perçu 15,3 millions du contribuable et le second 14 millions, ce qui ne manque pas de sel pour Le Figaro quand on lit ses articles sur la dépense publique qu’il voue aux gémonies et l’assistanat qu’il qualifie de plaie française…

Evidemment tous les journaux émargent à ce guichet et on y rencontre en 2014 également, par exemple, Paris-Match (14ème rang avec 3,6 millions), L’Equipe (22ème rang avec 3 millions), Valeurs Actuelles (53ème rang avec 1 million), etc. Et encore ne s’agit-il seulement que des 200 titres les plus aidés !

Subventionner la presse peut être considéré comme une dépense nécessaire afin de maintenir un niveau minimum d’information des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le vrai prix de leur journal. Nous sommes en France, alors évidemment on se tourne vers le contribuable pour équilibrer le compte d’exploitation d’entreprises privées. Et l’on critique à longueur de colonnes les impôts de la République. Au Figaro on n’attaque pas son actionnaire industriel (de l’armement) mais on tape sur l’Etat, c’est moins risqué.

L’abominable Guillaume Roquette tout en finesse

On ne se lasse pas des chroniques de l’abominable Guillaume Roquette et de son infinie capacité à utiliser tout et n’importe quoi pour déverser sa bile sur tout ce qui ressemble à un socialiste. Dernier sujet en date dans le Fig-Mag du 12 juillet 2015 : Au revoir la Grèce. Cette chronique, écrite après que le référendum grec se fut prononcé pour un non au programme d’aide européen, prend clairement le parti d’en tirer les conséquences en montrant la porte de sortie de la zone euro à ce pays en déconfiture financière. C’est une opinion tout à fait légitime d’autant plus qu’elle n’est pas loin d’être partagée par votre serviteur, non point par souci de vengeance comme l’exprime Guillaume Roquette, mais parce qu’elle permettrait de revenir à une monnaie grecque autorisant ainsi une dévaluation par rapport à l’euro et à un ajustement structurel de l’économie locale moins violent. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la France durant les trois dernières décennies du Franc français en dévaluant celui-ci régulièrement face au Deutsche Mark.

Bref, à peine après avoir rappelé les errements grecs en matière de finances publiques et déclamé son choix pour une sortie de ce pays de la zone euro, Guillaume Roquette en profite immédiatement pour crier haro sur François Hollande et la France « de gauche », qui sont bien entendu responsables de tous les péchés d’Athènes et qui auraient opté pour le maintien de la zone monétaire commune en l’état est : « une martingale qui permet à François Hollande d’échapper à toute politique d’austérité (surtout à moins de deux ans de l’échéance présidentielle) en continuant à nous endetter à des taux incroyablement bas. »

Le lien est osé et il fallait le faire. On ne peut pas complètement l’exclure même s’il est plus probable que le saut dans l’inconnu qu’aurait représenté l’exclusion de fait d’un pays-membre de la zone euro a sans doute largement autant compté dans la décision communautaire de faire payer les contribuables européens plutôt que de risquer un nouveau cataclysme financier. Le problème est repoussé à un peu plus tard et reviendra sur le tapis.

Le plus caractéristique dans cette chronique du Fig-Mag est la réaction pavlovienne de ce journal et de ses employés à rejeter sur la « France de gauche » la responsabilité de tous les malheurs de notre pays. Rien ne trouve grâce à leurs yeux, tout le passé conservateur de la France est oublié, des décisions et stratégies de la majorité précédente sont portées au débit de la gauche quand elles échouent, bref, on en reste au niveau zéro de la pensée, à la bataille de cour de récréation. Les slogans de Guillaume Roquette sont ensuite ressassés par Mme. Michu et ses congénères. Plus grave, ils sont tweetés par les dirigeants de l’opposition en mal d’idées pour leurs programmes et en constituent l’ossature dans le cadre de la démocratie médiatique.

Le cas de la Grèce est emblématique de la responsabilité collective politique française : le traité d’adhésion a été signé en mai 1979 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion en janvier 1981 (présidence Giscard dit d’Estaing, gouvernement Barre), adhésion à la zone euro en janvier 2001 (présidence Mitterrand, gouvernement Jospin), premier plan d’aide international en mai 2010 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), second plan d’aide international en février 2012 (présidence Sarkozy, gouvernement Fillon), troisième plan d’aide international en août 2015 (présidence Hollande, gouvernement Valls).

On voit que la France dans sa diversité politique, comme les autres membres de l’Union européenne, n’a jamais su dire « non » à la Grèce au sein des institutions de Bruxelles. Cette succession d’accords signés par les dirigeants de notre pays (et de financements assurés par les contribuables communautaires) a échappé à Guillaume Roquette. Il aurait pu essayer de comprendre ce qui explique et motive cette faiblesse européenne qui tend au dysfonctionnement. En réalité chaque pays a ses intérêts et objectifs et il faut bien trouver des positions acceptées par l’ensemble : grandeur et décadence de la négociation européenne. Le troisième plan de sauvetage européen de la Grèce a d’ailleurs été voté à l’unanimité. M. Roquette aurait certainement voté « non » s’il s’était trouvé au pouvoir. C’était une solution. Ce n’est pas celle qui a été retenue par les dirigeants de l’Union européenne élus démocratiquement.

Ce réflexe pavlovien du Fig-Mag d’imputer à la France de gauche de tous les maux de la planète relève sans doute de la psychanalyse et certainement pas des compétences que l’on s’attend à trouver chez des titulaires de cartes de presse.

Accessoirement on rappellera à Monsieur Roquette que l’endettement public français à des taux incroyablement bas permet notamment à la République de verser des subventions au journal qui l’emploie (16,3 millions d’euros en 2014).

L’ineffable Guillaume Roquette

On connaît déjà les exploits journalistiques de Guillaume Roquette, patron du Fig-Mag, mais il faut bien avouer qu’il nous surprend toujours plus au gré de ses chroniques polémiques à courte vue. Celle du 12 juin dernier, sobrement intitulée : Inconséquence d’Etat, traite du sujet délicat de l’immigration. Face au phénomène de l’immigration Guillaume Roquette saute comme un cabri sur son fauteuil Louis XV en criant : « répression, répression, répression » sans autre forme de procès. Laissons-le s’égosiller mais regrettons que Le Figaro, un des plus anciens journaux français qui a connu tant de grandes plumes, laisse publier un pareil néant de la réflexion dans ses colonnes.

L’immigration qu’elle soit légale ou illégale est un sujet qui hante le débat politique français et même mondial d’ailleurs, tout en créant son lot de nuisances et de bienfaits. Que ce soient des mexicains qui rentrent aux Etats-Unis, des syriens en Italie, des roumains en France, des maliens au Gabon ou des français en Suisse, quand il s’agit de pauvres qui émigrent vers un pays plus riche que celui d’origine (tout est dans la différence de richesse, pas dans son niveau) cela crée un phénomène de rejet sur le thème « on n’est plus chez soi, renvoyons donc ces va-nu-pieds d’où ils viennent ». Par contre, quand un magnat russe milliardaire migre vers Londres, ou un joueur de tennis surpayé vers Lausanne, son intégration se déroule en principe sur un mode relativement apaisé, surtout quand il achète au passage un club de fouteballe local. Il y a parfois des exceptions et quelques monarques du Golfe persique ne sont plus forcément accueillis avec le sourire dans la vieille Europe, mais leur rejet reste rare.

Aujourd’hui notre monde globalisé a considérablement facilité le transport et les flux de population. C’est ainsi. Tous les continents ont suivi le mouvement, qu’ils soient riches ou pauvres, gouvernés par des conservateurs, des centristes ou des socialistes ; voire même des communistes, on peut maintenant faire facilement du tourisme en Chine ou au Vietnam, où très certainement se vend le Fig-Mag. D’ailleurs les enfants de Guillaume Roquette profitent sans doute de ces facilités d’émigration/immigration pour aller faire des stages Erasmus dans des pays européens, voire même travailler et vivre dans des contrées plus lointaines où certainement leur papa ira les visiter.

A cela se greffent les situations politiques de pays d’émigration où règnent guerre, impéritie ou dictature, ou les trois à la fois, poussant encore plus de monde vers la sortie en direction des démocraties qui, en plus d’être riches, présentent l’avantage attractif d’à peu près respecter les droits de l’Homme.

Une fois répétées ces évidences il reste à constater que l’on arrivera sans doute pas à endiguer le flux d’une partie des citoyens des pays pauvres et en guerre vers les pays plus riches et démocratiques. Comme disait Snoopy dans les années 30’ : « il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ». Mais que Guillaume Roquette se rassure, seule une partie infinitésimale de ces va-nu-pieds cherche à rentrer dans l’Europe forteresse. Il propose d’endiguer le flux « avec des mesures répressives fortes » sans vraiment donner plus de détails mais faisant référence à la politique australienne en la matière.

Guillaume Roquette n’ayant pas eu le temps de s’informer sur le régime australien de l’immigration, ni sur les conditions de son éventuelle réplication en France, nous allons donc le faire ici. Il est vrai que Monsieur Roquette n’a pas pour habitude de documenter ses saillies il se contente seulement de les utiliser pour démolir tout ce qui ressemble à un dirigeant un peu plus à gauche que le courant de la droite forte de Les Républicains. Et que Mme. Michu s’y retrouve dans son galimatias immature.

L’Australie fait face (comme bien d’autres démocraties) à des afflux de réfugiés venant des zones de guerre du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Syrie, etc. le plus souvent de confession musulmane. Elle a passé des accords diplomatiques avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui, contre financements des contribuables australiens, réserve une de ses iles (Manus Island) à l’accueil des boat-people que la marine australienne intercepte en mer et reconduit donc sur cette ile sous souveraineté papoue. De cette façon les immigrants ne mettent pas le pied sur le territoire australien et ils ne peuvent pas se targuer de la protection de la loi australienne. On imagine aisément que la loi papoue est moins protectrice et avantageuse… C’est de là que les candidats font leur demande d’immigration. S’il est acceptée ils peuvent se rendre en Australie, dans le cas contraire c’est l’affaire des papous de les garder ou de les expulser dans un autre pays. Le processus d’immigration est sous-traité, externalisé à une autre nation. Manus Island c’est une espèce de Sangate délocalisé en dehors des frontières.

Le gouvernement australien est relativement discret vis-à-vis de sa population sur les méthodes employées pour refouler les bateaux car il y a sans doute de la violence au moins de temps en temps pour empêcher les rafiots de passer les barrages de sa marine de guerre. Il y a en tout cas régulièrement des émeutes dans les centres de tri de Manus Island. On jette un voile pudique sur le sujet à Cambera et on espère que personne ne posera trop de questions.

L’Australie dispose d’un territoire à Christmas Island, une ile dans l’océan indien au sud de l’Indonésie, très éloignée du pays continent, une sorte de DOM-TOM australien. Evidemment, étant proche de l’Indonésie, l’une des plus grands pays musulmans de la planète, et très loin de l’Australie, Christmas Island est l’un des points d’entrée préférés des migrants illégaux. Afin la aussi de les décourager, le parlement australien a exclu Christmas Island de la zone d’immigration australienne ce qui veut dire que les immigrants touchant l’Australie à Christmas Island ne peuvent pas faire de demande d’immigration. C’est un peu comme si le parlement français accordait un statut d’extraterritorialité à Nice pour que les immigrants en provenance de Vintimille ne puissent arguer de leur présence à Nice pour y déposer une demande officielle d’immigration.

L’Australie diffuse par ailleurs des campagnes de publicité dans les pays d’émigration sur le thème : « ce n’est pas la peine de tenter le voyage vers l’Australie car vous serez systématiquement refoulés sur Manus Island ».

Malgré tout quelques bateaux d’immigrants passent quand même les barrages et échouent sur le sol australien, certains obtiennent un statut leur permettant de rester, les autres sont a priori destinés à être renvoyés d’où ils viennent mais dans le cadre de la loi qui n’autorise pas à faire n’importe quoi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la stratégie numéro 1 est d’abord de les empêcher de mettre le pied en Australie.

Voilà comment se passent les choses en Australie monsieur Guillaume Roquette. Il eut été intéressant que vous les exposassiez dans votre chronique afin de donner à vos lecteurs une présentation complète du sujet. Il aurait même été encore plus productif que vous expliquassiez comment les répliquer en France ! Car le plus affligeant dans cette histoire c’est que les pays du Sud de l’Europe s’inspiraient d’assez près de cette tactique il y a encore quelques années quand des accords étaient passés (contre espèces sonnantes et trébuchantes) avec les dictatures en Lybie et en Tunisie notamment pour qu’elles bloquent les réfugiés africains à leurs frontières. Mais les printemps arabes sont passés par là, et parfois avec l’aide des armées occidentales dans le cas de la Lybie, pour bouter les dictateurs hors du pouvoir. Il semble même nous souvenir qu’à l’époque de la guerre contre la Lybie la gauche française honnie par le Fig-Mag n’était pas au pouvoir… Depuis le chaos règne dans ces territoires qui ne sont plus capables de maintenir les accords passés. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment la volonté compte tenu du moyen de pression que cela représente sur les démocraties européennes. Entre temps le nombre des réfugiés a cru de façon considérable avec les conflits en Syrie, en Irak et depuis peu en Turquie.

Bref, la situation est complexe et ne se résoudra pas facilement. Elle reste quand même assez marginale quand on la compare aux flux de millions de migrants apparus après la deuxième guerre mondiale alors que le découpage de l’Europe se mettait en place (le partage dit de Yalta), ou, plus récemment lors de la crise des boat-people vietnamiens et cambodgiens fuyant le communisme en Asie du Sud-est. A long terme, seuls l’apaisement et l’enrichissement des pays d’émigration permettra de réduire le flux de candidats au départ. Cela va prendre du temps… En attendant il va sans doute falloir se résoudre à ce que le monde occidental accueille et finance chaque année quelques dizaines de milliers de ces migrants.

On peut être pour, on peut être contre, le principe de réalité va devoir primer. Aucun pouvoir en France, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a réussi à bloquer cette immigration. On se souvient des charters Pasqua que le corse gouailleur alors ministre de l’intérieur sous la présidence Chirac avait tenté de mettre en place (une mesure répressive forte comme les aime Guillaume Roquette) : les immigrés clandestins que, déjà, même Pasqua le matamore, n’arrivait pas à empêcher de rentrer en France, étaient censés être reconduits dans leurs pays. Dans un premier temps par vols réguliers avant que les compagnies aériennes ne s’y opposent compte tenu du grabuge provoqué par ces opérations (auxquelles votre serviteur a assisté à de nombreuses reprises). Puis la République a affrété des vols charters qui ont connus le même sort. Et enfin des avions officiels ont été utilisés jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mis à sac sur l’aéroport de Bamako par la population locale sans doute largement inspirée par ses dirigeants… Et on a plus parlé des charters Pasqua… c’était il y a 35 ans !

Guillaume Roquette, la solution forte est sans doute possible, probablement moins facilement qu’en Australie qui est… une ile, mais si un pouvoir démocratiquement élu la décide, eh bien allons-y. Mais que diable Guillaume Roquette : investiguez, informez, fouillez, analysez, faites votre métier de journaliste avant de lancer des slogans comme de la bouillie pour chat. Vous avez des neurones en état de fonctionnement, vous avez fait des études supérieures, vous travaillez dans un journal qui a des moyens : faites le pari de l’intelligence Monsieur Roquette, c’est aussi votre devoir d’informer.

Rappelons que l’Etat inconséquent vilipendé par Guillaume Roquette à longueur de colonnes verse au nom de ses contribuables, lecteurs ou pas du Fig-Mag, des subventions annuelles pour aider la presse. Le Figaro a perçu 16 millions d’euros en 2014.

Le FigMag et la famille

Poussé au crime par son environnement, le chroniqueur éploré mais curieux a acheté le Figaro ce week-end dernier. Contre 4,80 EUR il reçut 5 kg de papier dont :

  • Le quotidien papier
  • Le Figaro TV
  • Le Figaro Madame
  • Un encart publicitaire Galeries Lafayette double-format
  • Le Figaro Magazine

Sans parler d’innombrables encarts petit modèle qui tombe des journaux comme les feuilles des marronniers parisiens en automne. La majorité des centaines de pages de ces 5 kg de papier est d’ailleurs dédiée à la publicité.

Dans son éditorial, le patron du Figaro Magazine, Guillaume Roquette expose sa théorie sur la politique anti-famille de la majorité actuelle, avec la subtilité propre au style de cet organe de presse. L’attaque est frontale contre l’annonce de la baisse des prestations sociales en faveur des familles, et plus exactement les mesures financières en faveur de la natalité qui consistent à faire subventionner les citoyens-parents par les citoyens-contribuables, les deux catégories ne se recouvrant pas forcément. Le projet prévoit la réduction de la prime versée pour le deuxième enfant et les suivants de 923,08 à 308,00 EUR. Elle resterait à 923,08 EUR pour le premier marmot. S’ajouteraient quelques mesures d’économie comme le décalage de 14 à 16 ans de la majoration des allocations familiales, la réduction de l’aide à la garde d’enfants à domicile, et autres. Il s’agit du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, il n’est pas encore voté par le parlement. Continuer la lecture de « Le FigMag et la famille »