Quoi de neuf ?

Bonne quenelle !


Dieudonné fait le buzz de cette fin d’année : outré par ses errements antisémites, l’Etat voudrait faire interdire ses spectacles mais ce n’est pas si facile dans un pays où la liberté d’expression est protégée par la Loi. C’est un peu comme les flagrants délits des délinquants, il faut attendre qu’ils aient le pistolet sur la tempe du bijoutier pour pouvoir les arrêter, et si la police arrive trop tard, c’est tant pis pour le bijoutier.

Pour Dieudonné il faut attendre qu’il ait formellement promis Patrick Cohen aux chambres à gaz pour pouvoir le condamner. Et comme il est plutôt malin le bougre il fait le plus souvent attention à ce qu’il dit. Parfois toutefois il dérape et il se fait condamner mais on apprend par le ministère de la justice qu’il ne paye jamais les amendes auxquelles il est condamné et a organisé son insolvabilité en mettant ses biens et revenus aux noms de sa femme et de sociétés écrans, et il demande à ses fans de lui prêter de l’argent. Là-encore dans le genre antisystème on a fait plus sincère.

Souvenons-nous qu’Al Capone est tombé pour fraude fiscale et comme il commence à sérieusement énerver le lascar, la justice a ouvert une enquête pour organisation d’insolvabilité illégale… Grandeur et décadence de la démocratie, à suivre !

Bonne année

Hollande a prononcé ses vœux au peuple français et tout le monde lui tombe dessus, il reste serein. Il annonce la réduction de dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales et là, cela va être le feuilleton de la rentrée ! Comme d’habitude tout le monde est d’accord pour réduire les dépenses mais à condition de commencer chez le voisin.

L’UMP lors de son séminaire de décembre dernier devant les caméras et les micros a annoncé :

Revenir à un taux de dépenses publiques de 50% du PIB en 5 ans
(Rappel : France : 56,4% en 2012 / Moyenne Eurozone : 49,8% / Allemagne : 45,1%).
•Soit 130 milliards d’euros d’économies (50% pour l’Etat, 50% pour la sécurité sociale et les collectivités locales)
•Baisser de 65 milliards les impôts
•Affecter 65 milliards au remboursement de la dette

Mazette, 130 milliards cela fait des sous et il va falloir maintenant trouver des idées pour aller les réaliser ces économies. Gageons que l’UMP et les journalistes économiques mondains déborderont de ces bonnes idées qu’ils n’ont pas eu le temps de présenter dans leur document de décembre, hélas.

C’est un grand principe de la politique française : quand on est dans l’opposition, on annonce des économies et quand on est au pouvoir, on dépense. Simplement l’exercice a ses limites que nous avons atteintes, et il va falloir s’y mettre sérieusement. Hollande peut rester dans l’Histoire s’il parvient à inverser la courbe du déficit public.

En tout cas, régalons-nous à l’avance des débats qui auront lieu sur le sujet et permettront de distinguer les véritables hommes d’Etat des branquignoles.

Spiegelman Art, ‘Maus’.

Sortie : 1991, Chez : Flammarion. Spiegelman est un dessinateur de BD, fils d’un couple de juifs polonais survivants d’Auschwitz. Après le suicide de sa mère en 1968, cherchant à exorciser le passé, il fait parler son père et raconte le parcours de ses parents dans une bande dessinée émouvante où les juifs sont des souris et les nazis sont des chats. Des premières mesures anti-juives dans la Pologne des années 30 jusqu’à l’arrivée aux Etats-Unis, on passe par les camps de prisonniers des militaires polonais défaits, à la séparation familiale, la débrouille dans Auschwitz et Birkenau, la libération des camps, le fils qui ne reviendra pas, les retrouvailles avec sa femme en Pologne en 1945. Et la vie d’après aux Etats-Unis avec tout ce passif… qui nécessitera bien des thérapies.
Tout est dit et croqué avec émotion, l’horreur n’est pas moins tragique en BD, l’Histoire est connue, hélas. Le fils rend un hommage touchant à sa famille décimée, au passé si pesant.

Quenelle et frustration

Dieudonné fait la une de Charlie-Hebdo, il le mérite. La quenelle est désormais le signe de ralliement de ses potes après que leur héros ait asséné à plusieurs reprises vouloir « glisser [s]a petite quenelle dans le fond du fion du sionisme. » Passons…

Ce qui est plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est la haine que développent ces personnages à l’encontre de l’humanité qui les entoure, ou du système comme s’est justifié Anelka, en expliquant que sa « quenelle » n’était pas antisémite mais antisystème. Dans le genre en rébellion contre le système on a vu engagement idéologique plus intense qu’un joueur de fouteballe surpayé. On ne sait d’ailleurs pas trop ce que veut dire être antisystème dans la tête d’un artiste de la quenelle. Renonce-t-il à la démocratie, au capitalisme, à la culture ? Lutte-t-il contre l’Etat, le populo, l’élite ? Pour quel projet, quel changement ? Quelle difficulté a-t-il à exprimer ses idées, ses propositions via les moyens mis à sa disposition par la société ? On ne perçoit pas bien où est son problème…

Ces deux garçons sont nés en France et ont été élevés dans les écoles de la République. Ils ont plutôt pas mal réussi, socialement parlant tout du moins. Certes, ils ont probablement dû affronter quelques frustrations du fait de leurs origines dans leurs jeunesse, avec sans doute des manifestations de racisme à leur encontre, mais cela suffit-il à expliquer de tels comportements ? L’ascenseur social a fonctionné pour eux alors pourquoi tant de ressentiments contre la société ? Cela semble relever de la thérapie.

Un autre fouteballeur surpayé, Lilian Thuram, à la retraite, a su sublimer sa révolte avec un peu plus de classe et d’efficacité en créant une Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme, étant membre du Haut Conseil à l’intégration, écrivant des bouquins sur ses héros noirs : Mes étoiles noires. Bref, le garçon utilise le système pour pousser ses convictions. Il met aussi probablement à contribution ses neurones…

90% d’emplois en France

L’INSEE publie les statistiques montrant la rigidité des salaires en France qui continuent à augmenter, en moyenne, même quand le pays est en stagnation. Evidemment cela vaut pour ceux qui ont des salaires mais on pourrait imaginer qu’avec 10 à 12% de chômage dans le pays une pression à la baisse s’exerce sur les salaires. Ce n’est pas globalement le cas, la moyenne des salaires progresse plus vite que l’inflation pour les 88 à 90% de la population active qui a un emploi.

Le conseil constitutionnel balise

Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

…Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

Courbes et contortions de l’économie française

C’est la fin de l’année et les chaines de télévision d’information en continu nous servent les incontournables replay qui leur permettent de meubler leur manque d’analyse et d’inspiration. Evidemment les engagements du président Hollande d’inverser la courbe du chômage sont repassées jusqu’à la nausée et chacun de lui tomber dessus : la droite, la gauche, les syndicats, le patronat, la presse et ma concierge mettent en valeur le fait que cet engagement n’a pas été formellement respecté et ont l’air de s’en réjouir.

Il faut dire que le gouvernement s’emmêle dans des contorsions sémantiques pour expliquer que la courbe n’est pas vraiment inversée mais qu’on est en voie de le faire. Pas bien sûr que ces explications oiseuses portent auprès des électeurs. En tout cas les journaux satiriques adorent.

Un certain nombre d’économistes admettent, parfois du bout des lèvres, que la situation est un peu meilleure en décembre qu’en janvier et que les accords conclus entre les partenaires sociaux (crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, formation professionnelle, flexi-sécurité) pourraient avoir des effets positifs sur l’économie à terme, mais la presse préfère attiser la beaufitude de Mme. Michu en lui demandant si elle est pour ou contre la hausse des impôts…

La presse pourrait aussi bien se pencher sur l’opportunité de renoncer à la niche fiscale dont bénéficient encore les journalistes, ou les subventions que les contribuables versent chaque année pour soutenir les journaux… pour montrer le cap à suivre pour la réduction de la dépense publique qu’ils appellent de leurs vœux avec une touchante unanimité sur les plateaux télévisés.

Le duo gagnant : Dieudonné-Anelka

Dieudonné et Anelka, un crétin soutenu par un abruti : le premier, humoriste, repris de justice, se rend intéressant en diffusant des allusions antisémites marquées à tout bout de champ et en ayant inventé une espèce de signe baptisé « la quenelle » consistant à tendre le bras vers le bas, plutôt que vers le haut comme le faisaient les nazis. Il a fédéré un public fidèle qui se retrouve sur son nom pour des motifs plus ou moins nauséabonds. Le second, fouteballeur grossier, célèbre pour ses injures publiques avec notamment son inoubliable, et à ce jour inégalé : « va-te-faire enculer sale fils de pute », asséné à son chef de bande un jour de défaite, fait des « quenelles » sur les terrains de jeux où il court après ses baballes. Un drame de l’ignorance, un sommet de la bêtise humaine !

La défaite des mots

Connaissez-vous Windows 8, le dernier système d’exploitation de Microsoft ? Non, eh bien ce nouveau concept mérite le détour. C’est un logiciel pour analphabète : tout est tactile et la notion de clavier avec des touches où figurent des lettres sur lesquelles appuyer pour composer des mots, voire même des phrases, ce concept donc de création littéraire passe progressivement aux oubliettes. Essayez de composer une phrase sur un clavier tactile et vous comprendrez rapidement pourquoi Tweeter limite ses messages à 140 signes et Nadine Morano à 10 signes en 3 mots maximum…

C’est le glissement progressif de l’écrit vers le charabia, Microsoft poursuit le mouvement déjà lourdement entamé avec l’invasion des tablettes qui ont rendu le clavier un outil complètement préhistorique ; lui-même ayant déjà fait passer la feuille et le stylo aux rangs de brontosaures. Jusqu’où cette tendance intrépide mais délétère nous mènera-t-elle ? Nul ne le sait.

Et voilà…

Un nouveau tic verbal envahit les ondes et les conversations. Il consiste à placer un « voilà » dès que le manque d’inspiration empêche de terminer une phrase. Une variante est le « voilà, quoi » utilisé dans le même contexte. Comme le manque d’inspiration est la caractéristique d’une portion importante des conversations et débats entendus sur les ondes le « voilà » devient un élément de langage majeur du discours d’aujourd’hui.

Les grands voleurs tombent

Rafik Khalifa, ex-Tycoon algérien faillis et repris de justice, a été extradé vers l’Algérie par les autorités du Royaume-Uni où il s’était réfugié après ses multiples banqueroutes, sans doute frauduleuses, en Algérie, dont une banque et une compagnie aérienne, mais aussi en France.

Après Khodorovsky, encore un qui a beaucoup volé. La justice algérienne risque de n’être guère plus objective et indulgente que la russe, mais elle va passer, avec sans doute son cortège de déballages sur l’économie souterraine algérienne qui risquent d’être intéressants.

Stewart par Polansky

Un documentaire sur le champion de Formule 1 Jackie Stewart produit par Roman Polanski et tourné à l’occasion du Grand Prix de Monaco 1971 ; l’époque des seigneurs de la course automobile ! On partage les 3 jours du grand prix avec Jackie et sa femme Helen. On croise sur la piste Ronnie Peterson, Graham Hill, Pedro Rodriguez, Jo Siffert, Jean-Pierre Beltoise, Emerson Fittipaldi, François Cevert, Ken Tyrrell ; mais aussi Nina Rindt, la femme de Jochen décédé l’année précédente… car on se tuait beaucoup sur les pistes à l’époque, hélas.

Le film se termine 40 ans plus tard sur un dialogue entre Polanski et Stewart, amis depuis toujours. Dialogue touchant où le champion nous révèle sa dyslexie découverte très tard et de son quasi analphabétisme lorsqu’il démarra la course automobile, un état savamment caché par celui qui fut l’un des premiers à professionnaliser son statut de champion automobile.

Du pain béni pour ceux qui ont aimé les circuits de cette époque.

La folie du classement permanent

Comme chaque fin d’année il faut désigner l’Homme de l’année. Notre société a besoin de classer les bons et les mauvais. Nous avons ainsi le classement des universités, des joueurs de fouteballe, des taux de croissance, de la personnalité la plus populaire, de la capitalisation boursière, du pédégé le plus performant, etc.

Que serait notre civilisation sans son irrépressible besoin de tous classer en glorifiant les premiers de la classe. En l’occurrence l’Homme de l’année pourrait être le pape François 1er qui décline un discours humaniste tendance anticapitaliste ; croustillant !

Les pilleurs de la Russie

Khodorovsky est libéré par le président russe après 10 ans de camp d’internement en Sibérie pour fraude fiscale. Le garçon a l’air sympathique et on le présente comme un Mandela slave, presqu’une Jeanne d’Arc ! Bon, il ne faut tout de même rien exagérer. Comme tous les oligarques qui ont dépecé l’ex-Union soviétique lors des privatisations de son économie, il a beaucoup volé, mais vraiment beaucoup-beaucoup volé, plus que les autres, ayant réussi à devenir la première fortune russe, riche de plusieurs milliards de dollars sur sa seule tête, si sympathique qu’elle n’apparaisse.

Et après s’être enrichi il a pêché, en contradiction avec le contrat tacite passé avec le pouvoir politique russe « enrichissez-vous mais ne vous mêlez pas de politique », il concurrence l’Imperator Poutine, ex-colonel du KGB. C’est un peu le même genre de pacte qui existe en Chine populaire d’ailleurs. Il a donc été embastillé et ses actifs pétroliers saisis par une compagnie publique. C’est un peu le retour au peuple des biens volés, si l’on pense bien sûr qu’une compagnie publique russe représente les intérêts du peuple…

Le voici libre maintenant, nouvelle vie pour nouvelles affaires. Considérons qu’il a payé les vols commis.

Petits arrangements sur le dos du contribuable

Claude Guéant, ancien préfet, ancien ministre, est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire préliminaire pour « détournement de fonds publics et recel ». Il a lui-même reconnu sur les plateaux télévisés avoir perçu des primes, versées en liquides, non fiscalisées, d’environ 10 000 EUR par mois entre 2002 et 2004, alors qu’il dirigeait de cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Sarkozy. Il a précisé que ces sommes en liquide étaient destinées aux policiers assurant la protection de son ministre.

La justice décidera si ces primes en liquide sont légales ou non, et les sanctions légales à prendre, ou pas. A tout le moins un redressement fiscal doit être prononcé contre Guéant, ou les bénéficiaires finaux s’ils peuvent être identifiés, comme pour n’importe quel contribuable français pris en flagrant délit de fraude fiscale.

Comme souvent on reste impressionné par le sentiment d’impunité qui anime ces cadors de l’Etat. Comment en 2004 un si haut personnage n’a pu se poser la question de l’équité fiscale en versant en liquide de l’argent public à des fonctionnaires. On peut imaginer que certaines dépenses de l’Etat méritent de la discrétion pour des opérations de services secrets ou des paiements d’indicateurs par la police, mais des rémunérations versées à des fonctionnaires, en quoi peut-il être justifié qu’elles échappent à l’impôt sur le revenu ?

Que la justice passe !

Les vieillards de la République

Bernadette Chirac, 80 ans, pleure dans la presse corrézienne sur la suspension éventuelle du canton dans lequel elle est conseiller municipale et dézingue NKM en soutenant hardi-petit le clan corse Tiberi qui squatte le 5° arrondissement depuis des décennies. Après une visite de l’hôpital Trousseau, la Chirac, 80 ans, déclare :

« Les Tiberi sont de grands amis. Jean [79 ans, repris de justice, toujours maire du 5° arrondissement, NDLR] était un grand ami de mon mari. Xavière était une militante de campagne électorale tout à fait exceptionnelle. Tout ce que j’ai appris de la politique de terrain (…), c’est Xavière qui me l’a appris. Elle m’attendait et nous partions à l’assaut. »

Etc. etc…

NKM, candidate UMP à la mairie de Paris qui était présente durant cette charge chiraquienne en faveur du clan Tiberi qu’elle cherche à pousser dehors a dû apprécier !

Il est temps que ces vieillards de la politique française fassent place nette. La République n’a plus besoin d’eux. Ils l’ont servie à leur manière, avec du bon et du moins bon, en des temps sur lesquels il faut maintenant tourner la page. Comment mettre ces brontosaures de la République à la retraite ? C’est un des défis de la Nation.

L’Orient compliqué

Attablé au Cocteau, restaurant français de Beyrouth, avec des amis libanais, le chroniqueur essaye de comprendre ce pays compliqué… vaste tâche. A la table à coté, trône les survivants de la famille Gemayel, chrétienne et dans l’opposition. 800 000 réfugiés syriens se sont installés dans le pays depuis le début de la guerre civile dans ce pays voisin et tentaculaire. Ils sont là pour au minimum 10 ans disent mes interlocuteurs. Les ruines des guerres successives qui ont ravagé Beyrouth trônent au milieu des nouvelles constructions clinquantes, la ville est un immense chantier dans lequel circulent des berlines bling-bling, les banlieues tenues par le Hezbollah vivent en autarcie, tous les jours des accrochages au Sud avec Israël, des attentats pro-cons chiites, sunnites, chrétiens, druzes. Le Parlement est un embrouillamini de partis, de clans, de religions, de survivants aux assassinats politiques-religieux-claniques… Une partie de l’intelligentsia quel que soit son bord politique a ses habitudes à Paris, voire y réside craignant pour sa vie au Liban. Le dernier budget de l’Etat voté par le parlement remonte à des années, depuis il n’a pas pu s’entendre ou se réunir, la dépense publique est gérée par 1/12 de ce dernier budget officiel. Il n’y a d’ailleurs pas véritablement d’Etat, mais ce peuple à la chaleur méditerranéenne a su se déconnecter du fait politique pour survivre quoiqu’il arrive, voir prospérer pour certain.

Que le Liban est admirable et indéchiffrable !

La politique consensuelle

L’Allemagne met en route sa coalition gauche-droite après deux mois de négociation sur un programme de gouvernement. Chacun s’est assis à table deux mois durant, a mis de l’eau de son vin pour aboutir à un compromis et l’intérêt général a prévalu. Il ne satisfait aucune des parties à 100% mais c’est ce qu’on appelle la démocratie !

En France pendant ce temps, les élus s’écharpent au couteau à l’intérieur même des partis : la vieille droite s’évertue à faire perdre NKM aux municipales parisiennes, Fillon-costume-étriqué refuse de serrer la main de Copé, les socialiste purs et durs flinguent le premier ministre à tout va, les verts se déchirent, etc. On a les dirigeants qu’on mérite !

L’hommage de Laurie Anderson à Lou Reed

Words for Lou The Apollo December 16, 2013

Laurie Anderson

Intro

Welcome dear friends. We’re meeting here this evening because it’s a very special day it’s the fiftieth day after Lou’s death.
Lou and I were meditators. We were students of Buddhism and also artists so we had lots of reasons to try to understand how life and death can illuminate each other.
11:6
I was with Lou the morning he died and he knew exactly what was happening. He had described this feeling the week before of slipping down through the body through the inside and out. And that Sunday morning he said its happening again now. And then he had an expression on his face that I had only seen once before when my mother died and it looked like this.
That’s what it looked like. Inexpressible wonder and incredible joy.
We had been up the whole night before talking and we had actually gotten the chance to practice the things we had talked about, moving the breath up from the stomach through the heart and out the top of the head. He was doing tai chi- the 21 form of flowing water with his spinning hands.
In the morning he demanded to go out on the porch « Take me into the light! » he said. And it was only a few days later that I realized that light was his very last word.
According to the Tibetan Book of the Dead after death all beings spend forty nine days in the bardo. And the bardo is a place or really a process that lasts forty nine days as the mind dissolves and as the Tibetans believe the spirit or, let’s say, the energy prepares to take another life form.
The thing that’s forbidden by the Tibetan Book of the Dead also called the Great Liberation Through Hearing- is crying. Crying is not allowed because it’s supposedly confusing to the dead and you don’t want to summon them back because they actually can’t come back. So no crying.
Lou was a master of friendship and so for the past 49 days we his close friends have been spending every Sunday afternoon getting together at home and talking about Lou and his life and what he did and said and how very deeply he had changed our lives.
During the last 7 weeks I’ve heard literally hundreds of stories mostly about Lou’s kindness and generosity- he put me through college he gave me two cameras he listened to my problems but most of all the stories were: he changed my life by making me do whatever it was better- music, writing, planning,
Each Sunday circled around a different part of his life. One afternoon was about design glasses apps gadgets lenses chefs he was working with on cookbooks …another one photography – collaborators on films and his own photography and films – another one music where many people came and sang and played- his music and their music- another on writing and lyrics and essays and the radio show he did with Hal. Yesterday was the final 49 th day so we spent it in meditation and tai chi.
And I’m thinking about Lou’s beautiful record Transformer which has a new meaning with his transformation from a living person into pure energy
Today is the 50 th day the most significant of all because it represents the end of this process.
One minute after Lou’s heart stopped I called our Rinpoche to set in motion the 49 days of prayers of powa, which are prayers translated as « the practice of conscious dying » or the « transference of consciousness at the time of death ». This is now complete.
So we have asked all of you here today because you were his friends and so that you can join us in this most important moment of all – the liberation into the cosmos and into eternity of his power and his sweetness.
We wanted to be here at the Apollo near Lexington and 125 because that was a place he really loved. Here he comes our sweet sweet Lou.

Outro

I want to thank all the friends who are here this evening and have been part of the last 49 days of our celebration and who all have their own stories of Lou and the way their lives intertwined. And thank you to all the people who performed all of you were especially loved by Lou for your friendship and for your beautiful playing. And thanks to all of you who have joined us this evening.
I wasn’t really ready for this. I wasn’t ready for all the crazy things that have happened since Lou died. I’ve learned more in the last 50 days than I have in my whole life things I could never have predicted or imagined things about time and energy and transformation and about love and life and death and compassion.
I began to see things as if for the first time… bound together. It’s as if the world has suddenly opened and everything is illuminated and transparent and utterly fragile.
And I have had the great experience of actually living in the present …a state of the greatest possible happiness that I’m sure will take me the rest of my life to understand and fully realize.
I want to tell you a little more about that but I mostly want to say a few things about my 21 years as Lou’s partner and wife and he my husband and some of the ways we both learned about life.
From the moment we met Lou and I started to talk and we talked non stop about everything conceivable for 21 years.
We talked about love and work and ambition and sorrow.We talked about what we really wanted in life and how to get off the treadmill of doing the same thing over and over and about the tedious ego machine that so much of the art and music world has become.
We talked a lot about how to get rid of the endless chattering that goes on in your mind… the voice that is so constantly critical…the committee that greets you every morning with their gloomy news…of what an idiot you are what a loser
what do you do about that?? we talked about ways to make those voices disappear
we talked about how to find other words for things,
the meaning of tai chi and secrets of the world
We talked about how to make something beautiful, what to do when you fail, about how to make something ugly.
Because we were meditators and also artists we talked a lot about various ways to see the self-
self branding for marketing reason, the difference between the self and the writer about the self.
But then Lou knew how to escape. He had learned how not to be Lou Reed many years ago. He could put Lou Reed on and take him off like one of his jackets. He knew how that worked.
And he also knew how to get inside other people to jump inside them and see the world through their eyes and jump out again and write about it…right through the mirror- I’ll be your mirror was not only a song it was his alchemy, his magic, his compassion for other people which he knew how to feel and how to express.
Lou and I talked about music and song writing and the way Lou wrote was he would wake up in the morning or the middle of the night and just write the song down and it was complete he never changed a word first thought best thought.
For me to me this was infuriating to me who was whittling away at every word and looking at them through magnifying glasses.
Lou did not hide his emotions. Everyone who knew him saw him cry unselfconsciously when he heard something unspeakably beautiful or saw something that became one of his amazing photographs. He lived for beauty in all ways.
People who knew him also sometimes experienced his anger and his fury. But in the last few years each time he was angry it was followed by an apology until the anger and the apology got closer and closer until they were almost on top of each other. Lou knew what he was doing and what he was going for and his incredible complexity and his anger was the one of biggest parts of his beauty.
We also did so many things together we went out almost every night in New York to see playa and music and shows and concerts. We went to Africa, we looked for magic, we went on pilgrimages, went swimming, cared for each other when we were sick, raised our dogs Lolabelle and Will, we invented private worlds with countless crazy characters, built houses, played music together, did tours.
Playing with Lou was such a blast. Everyone who has done that knows he’ll change the tempo and slide into the words in a way you’ve never heard before and you get carried on this huge tide of music so full of freedom and joy-
take a solo! faster! faster ! come one! give it to me
As a partner in both work and love Lou was true and he was completely transparent. I never had a single doubt that we loved each other beyond anything else from the time we first met until the moment he died. Almost every day we said  » and you- you are the love of my life » or some version of that in one of our many private and somewhat bizarre languages. We knew exactly what we had and we were both beyond grateful.
Lou helped me in countless ways as a partner and critic and writer. When I was having trouble finishing a record and was endlessly complaining and worried he said, « I can’t stand hearing about this one more second I’m going to come into the studio and work on this with you and stay there until you’re done »
Now this sounded kind of ominous…kind of a really bad idea. But it was so wonderful – he put so much energy into it – and it was so much fun and so intuitive it was like it was his own work because in many ways it was and the boundaries could often be so fluid.
As a partner Lou was also a witness which seems to me to be one of the greatest things about being a couple- to be able to say to someone Did that just happen? Did you see what I just saw? a familiar trusted voice doing yet another reality check.
No that’s not the way it was at all! Remember when you said that before and you were wrong then and you’re probably wrong now…things like that…
We didn’t have the kind of relationship where the other person has the qualities that you lack and you try to make a complete person by combining the two of you. We didn’t complete each others sentences either. I never really knew where things were going. And even if I was angry and frustrated I was never for one second bored.
Like many people who are couples there is a part of you that becomes joint- the part of you that makes the adjustments you need to make with your own ego and plans …so you can be part of a couple and make it a happy experience.
So when one of the couple dies or leaves what happens to that part of you the part that was the mix?
I was not ready for the shock of that- I had never read or heard anything about that but what has happened is something so amazing
The part that was doing the accommodating – that part has been suddenly filled with the most overwhelming energy and boundless joy and love. This has been so unexpected and weird and surprising that I hardly know what to do with this happiness and it will take me the rest of my life to contain it.
Lou and I talked about instinct…how to trust it-
Anyone who spent time with Lou knows the gesture- he’s holding up his arm to show you look the hairs are standing on end!
And so this is how I accept this wild happiness and vibrating energy.
We never once talked about what would happen when one of us died…what the other would do.
Living in the present I see him and the way his life has turned to energy everywhere I look….I see it in nature and in the things he loved. I see his exuberance and sometimes I hear his over the top insane laugh! I see his gestures his beautiful hands making the shapes of the 21 form.
Just the way music can get inside you and make you dance energy does the same.
I see why tai chi is called a moving meditation and what tai chi might have really meant to Lou as he studied it with his friends and his beloved teacher Master Ren.
I see how people turn into light and into music and eventually into other people. And how fluid the boundaries really are.
Lou and I studied with our teacher Mingyur Rinpoche who taught us many things that we tried to put into practice. One of the hardest things was he said try to practice this :how to feel sad without being sad which is much harder than it seems how to feel sad without being sad. how which we worked on all our lives….
We also worked on what to do with grief. and to follow this teaching whenever you think of that person you’re grieving for instead of giving into grief do something kind or give something away. But you say grief is terrible and it’s constant! I’d be giving things away non stop and he said So?
Mingyur Rinpoche made portraits of Lou and me beautiful large drawings of syllables of our mantra.
The mantra is om ah hung and we spoke it and thought it and tried to actually live it. The om is all of everything and is here in the head the ah of experience is in the throat…the breathless feeling of the moment which was his portrait of me meaning deathless unborn. And Lou’s syllable is centered in the heart and it is the syllable hung which means all of consciousness everything that exists descends down from the head from the mind and is expressed as an explosion in the human heart.
The beautiful song The power of the heart is a love song .
So how should we live? Lou and I tried to come up with a lot of different formulas. Our answer to the absurdity of life was always to make something beautiful. We also had three rules we tried to do. Here they are:
Number one: do not be afraid of anyone. Can you imagine what your life would be like if you weren’t afraid of anyone?
Second have a great bullshit detector and learn how to use it and how to apply it. And third be so tender. Be open to the world and in love with everything and everyone in it.
We meditated together in many different ways…in many different places and different ways we trusted the things the body can do! instinct over reason and tried to live in the present
We did meditations of or own..about sound about light about time…we made them up like look at this crack at the bottom of the swimming pool…look at this speck in my eye for an hour
here’e one. I’ll show you how it works it goes like this:
(2 minutes of silence)
You see how it works humans are so exquisite we already know everything and we have everything we need to live in the present we actually everything we need to live our lives.
We’re almost at the end of this evening and I wanted to say one more thing. That it’s important to remember Lou as a person. Myths happen and get created through repetition and over simplification. We are not meant to idolize each other but to take things from each other and to become the very best parts of each other.
I’m thinking of something Lou said when we were in restaurants or really good pizza places and he’d look at me and say, « Like you always say, ‘You can’t lose money with bread and cheese!’  »
I don’t remember ever saying that – or actually anything about bread and cheese- but it had become something Lou loved to quote part of the mythology the collective wisdom of downtown Manhattan…Although I’d never said that about bread and cheese I had said a lot of other things that I hoped would be memorable maybe even quotable but it was this one that he seemed to really have by heart- the one going down in his own personal history book.
Lou showed me so many things. And I got to show some things to him too. During the last few months of his life Lou was so dazzled by nature by the beauty of water and trees and he often said, « You always told me the trees were dancing and now I see that they are. They’re dancing. »
And we’d look at the sky for hours.
I want to play a short song I wrote for Lou on his birthday a few years ago. It’s called Flow.