L’aboyeur aboie

L’aboyeur en chef de l’opposition de droite depuis des années, Christian Jacob, 60 ans, chef du groupe parlementaire Les Républicains, n’a pas déçu son auditoire aujourd’hui à l’assemblée nationale. A la suite d’une prestation du premier ministre venu présenter une première restitution du « grand débat », il a invectivé, critiqué, aboyé, éructé, blâmé, une heure durant, tout ce qui passait dans son esprit à courte vue, terminant en apothéose en réclamant de nouvelles élections. Sa prestation est visible sur le site de l’assemblée : http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA1695).

Quand on pense que le programme économique mis en œuvre actuellement est grosso-modo celui que proposait le candidat de droite à l’élection présidentielle de 2017, on reste coi devant le niveau de mauvaise foi dont est capable ce garçon, cela force vraiment l’admiration mais laisse penser que l’ancien monde est toujours bien vivant dans la politique française.

Jamais avare d’une incongruité, il est, notamment, auteur d’une proposition de loi n°1721 du 20/02/2019 « visant à rétablir le pouvoir d’achat des Français » en six articles dont la lecture est un vrai délice. Qu’on en juge :

  1. L’article 1 propose de réindexer en 2019 les pensions de retraites et les allocations familiales sur l’inflation, avec un effet rétroactif.
  2. L’article 2 propose de réindexer les aides au logement sur l’inflation.
  3. L’article 3 prévoit d’annuler la hausse de la CSG pour l’ensemble des retraités.
  4. L’article 4 vise à rétablir les plafonds du quotient familial, tels qu’ils existaient avant qu’ils ne soient fortement abaissés par la majorité socialiste en 2012.
  5. L’article 5 prévoit de baisser de 10 % l’impôt sur le revenu des deux premières tranches, pour réduire la pression fiscale supportée par les classes moyennes.
  6. L’article 6 prévoit de gager cette proposition de loi. « Nous ne pouvons malheureusement pas, juridiquement, gager une proposition de loi par une baisse des dépenses, ce qui nous oblige à gager cette proposition de loi sur le tabac. Mais Les Républicains ne souhaitent évidemment pas d’augmentation des taxes sur le tabac et proposent de compenser le coût de ces mesures de pouvoir d’achat (10 milliards d’euros) par une baisse des dépenses publiques de 20 milliards d’euros par an. »

Quand on pense que ce personnage a été ministre de la République à plusieurs reprises en participant très largement à une politique financière en partie responsable de la situation actuelle (le dernier budget en équilibre remonte à 1974, Jacob avait 15 ans) il faut quand même un culot hors pair pour asséner une telle langue de bois en chêne massif ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est élu comme chef de groupe parlementaire depuis bientôt dix ans.

Allez, une petite dernière pour la route. C’est un peu long mais cela vaut vraiment les quelques minutes de lecture à y consacrer pour mesurer l’étendue du talent de contrefacteur de l’orateur : l’exposé des motifs de sa proposition de loi.

Mesdames, Messieurs,

Le Président de la République et le Gouvernement portent la responsabilité d’avoir mis en œuvre, faute de réelles baisses de la dépense publique, une politique massive de matraquage fiscal qui s’est révélée particulièrement préjudiciable pour le pouvoir d’achat des Français. Par une politique fiscale particulièrement injuste, le Gouvernement a par ailleurs monté les catégories de Français les unes contre les autres.

De ce fait, la question du pouvoir d’achat, mis à mal par ces augmentations d’impôts et de taxes, s’est imposée comme la revendication centrale des Français, et a été le catalyseur de la mobilisation des gilets jaunes.

En effet, en 2018, les automobilistes ont subi une hausse sans précédent des taxes sur les carburants, les retraités ont vu leur contribution sociale généralisée (CSG) augmenter de 25 %, sans aucune compensation pour huit millions d’entre eux, et les familles ont été appauvries par un important coup de rabot sur l’aide à la prestation d’accueil du jeune enfant. Au final, les mesures prises par la majorité ont eu pour conséquences d’augmenter les prélèvements obligatoires des ménages de 4,5 milliards d’euros, diminuant d’autant leur pouvoir d’achat.

En 2019, de nouvelles mesures ont impacté le portefeuille de nos compatriotes. Ainsi, le Gouvernement a décidé de désindexer les pensions de retraites, les aides personnalisées au logement et les allocations familiales de l’inflation. Ces pensions augmenteront donc près de cinq fois moins vite que les prix à la consommation, ce qui représente une perte de pouvoir d’achat de 500 euros par an pour un couple de retraités touchant chacun une pension de 1 500 euros. La hausse des taxes sur les carburants devait par ailleurs se poursuivre, frappant l’ensemble de nos compatriotes obligés d’utiliser leur voiture.

Le groupe les Républicains a eu beau alerter le Gouvernement et sa majorité sur l’injustice de ces décisions, toutes nos critiques et nos propositions ont été balayées d’un revers de main. Il aura finalement fallu une crise sociale sans précédent pour que le Président de la République, face à la pression, désavoue son Gouvernement, ouvre les yeux et accepte enfin de revenir sur certains choix. L’augmentation des taxes sur les carburants, prévue au 1er janvier 2019, a été abandonnée, de même que la hausse de la CSG pour une partie des retraités. Par ailleurs, le Gouvernement a partiellement repris la proposition des Républicains de désindexer les heures supplémentaires.

Néanmoins, ces mesures d’urgences, ô combien nécessaires, restent très insuffisantes pour améliorer véritablement le pouvoir d’achat des Français. Si le Gouvernement a reculé pour les plus modestes, les classes moyennes demeurent les laissés pour compte de la politique du Président de la République. Les pensions de retraites et les allocations familiales, ne seront pas réindexées sur l’inflation, et les retraités vivant seuls qui perçoivent 2 000 euros, ou les couples de retraités qui perçoivent 3 000 euros à deux, continueront de payer la CSG au taux majoré. Rien n’est prévu non plus pour rétablir les plafonds du quotient familial ou pour baisser les impôts des classes moyennes, en contrepartie de mesures structurelles d’économies budgétaires.

En effet, malgré quelques mesures d’urgence très ponctuelles, le Gouvernement n’a pas pris pleinement conscience de l’importance de la crise du pouvoir d’achat, qui est en train de fracturer notre pays. Tout comme il n’a pas suffisamment pris conscience du ras-le-bol fiscal légitime, et du profond sentiment d’injustice ressenti par les classes moyennes françaises.

Les classes moyennes, c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas considérés comme assez pauvres pour bénéficier des aides de l’État, mais qui voient leurs revenus et leur pouvoir d’achat sans cesse rognés. Toujours plus imposées, c’est essentiellement sur elles que repose le financement d’un système social perçu comme de moins en moins juste. Ainsi, chaque jour davantage, à l’inverse de nos voisins européens, l’écart se creuse entre l’impôt qu’elles acquittent et les prestations sociales dont elles bénéficient, notamment celles liées à une politique familiale progressivement détricotée depuis plusieurs années. Renversement considérable dans notre histoire, ces classes moyennes sont désormais convaincues que leurs enfants vivront moins bien qu’elles.

À rebours de ce matraquage fiscal des classes moyennes, initié par la présidence Hollande et poursuivi par celle d’Emmanuelle Macron, les députés du groupe Les Républicains souhaitent, par cette proposition de loi, redonner du pouvoir d’achat aux Français et tout particulièrement aux classes moyennes.

Cela exigera en contrepartie de s’engager dans une politique courageuse d’économies budgétaires pour mettre fin à l’excès de dépenses publiques. Car moins de dépenses publiques, c’est avant tout une fiscalité moins lourde qui encourage l’investissement dans l’économie et permet de stimuler la croissance et l’emploi. C’est dans cette optique, que les Républicains ont fait, lors de l’examen du budget 2019, des propositions précises, chiffrées et ambitieuses pour faire des économies à hauteur de 20 milliards d’euros par an.

Les propositions de Les Républicains

L’opposition se régale de l’impuissance actuelle de l’exécutif pour mettre fin aux émeutes en cours en France. Chacun y va de son tweet vengeur, de sa proposition de café du commerce, demande « des mesures fortes », ne craint aucune contradiction, s’affichant en « gilet jaune » le lundi et critiquant le laxisme face aux « gilets jaunes » le mardi. Bref, une opposition irresponsable qui privilégie ses propres intérêts électoraux au détriment de ceux de la République. Le parti Les Républicains n’est pas le dernier à jouer ce jeu et son chef à ne reculer devant aucune propagande :

Laurent Wauquiez pour l’ordre (mars 2019)…
Laurent Wauquiez pour le désordre (novembre 2018)…

Au moins ce parti conservateur affiche clairement ses propositions sur son site web, certaines ont été reprises par le parlement pour le vote d’une nouvelle loi anticasseur en cours d’examen par le conseil constitutionnel avant proclamation. Pour le reste, on verra lorsque le parti Les Républicains sera de nouveau aux responsabilités comment il pourra mettre en place les autres mesures proposées, dont certaines ne font pas dans la demi-mesure :

Nos propositions :

• Instaurer des peines-plancher pour tous ceux qui s’en prennent aux policiers, gendarmes, gardiens de prison et pompiers. Tous ceux qui agressent des dépositaires de l’autorité publique doivent être condamnés à des peines exemplaires et les purger.

• Interdire les manifestations dès qu’il y a des menaces à l’ordre public. Comment accepter que le Code pénal ne soit pas strictement appliqué ? Les manifestations non déclarées sont des attroupements illégaux qui doivent donner lieu à des interpellations et des poursuites systématiques. Depuis le début de la crise, 95% des individus interpellés ont été remis en liberté.

• Dissoudre les groupuscules violents, anarchistes et extrémistes ; interdire de manifester et interpeller en amont les casseurs identifiés comme le permet la loi anticasseurs. Cette proposition de loi des sénateurs des Républicains a été rejetée par les sénateurs En Marche en octobre dernier, finalement votée par les députés En Marche mais fait l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron. Il est plus que temps de rétablir l’ordre dans notre pays.

• Abaisser la majorité pénale à 16 ans pour répondre à la violence d’une délinquance de plus en plus précoce.

• Suspendre les allocations familiales des parents d’élèves absentéistes ou délinquants.

• Installer des systèmes de vidéoprotection et de contrôle d’accès dans tous les établissements scolaires.

• Permettre au juge de rendre obligatoire la castration chimique pour les prédateurs sexuels.

• Adopter une politique pénale beaucoup plus ferme : la place des criminels est en prison.

• Construire en urgence 15 000 nouvelles places de prison.

• Rétablir la double peine pour expulser les étrangers délinquants et criminels. Plus d’un prisonnier sur cinq est aujourd’hui de nationalité étrangère (15 000, soit 22% des détenus). Selon la dernière étude disponible de l’ONDRP (2013), 84% des vols à la tire, 30% des vols sans violence, 21% des vols avec violence et 18% des violences sexuelles sont commis par des étrangers.

Site web Les Républicains

Juppé s’auto-amnistie

Alain Juppé, 73 ans, démissionnaire de la mairie de Bordeaux pour entrer au Conseil constitutionnel (pour un mandat de 9 ans qui l’emmènera jusqu’à 82 ans) a été confirmé à ce poste à la majorité des voix de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Devant cette commission il s’est octroyé le « droit à l’oubli » de sa condamnation pénale en rappelant que la Cour d’appel a jugé expressément qu’il ne s’était « rendu coupable d’aucun enrichissement personnel ».

Cet argument est souvent avancé par les repris de justice politiques en col blanc qui ont eu le bon goût de ne pas se remplir les poches. Dans le cas d’espèce, Alain Juppé a signé des contrats d’emplois fictifs pour des permanents de son parti politique, financés par les impôts des contribuables parisiens. C’est ce qu’on appelle un détournement de fonds, attesté par des contrats de faux emplois signés de la main de l’impétrant. En gros, il a pris dans la poche du contribuable pour reverser dans les poches de militants politiques.

Pourquoi Alain Juppé, 73 ans, se croit-il encore obligé, près de 30 après les faits de crier son innocence ? Il a fait une grosse bêtise il y a longtemps, la société lui a largement pardonné et oublié ses méfaits, mais l’égo de ces hommes politiques ambitieux est tel que ce genre de blessures restent à vif jusqu’à la fin de leurs jours. Ils ne s’en remettent jamais et continuent à rechercher les honneurs comme une sorte de gage de leur innocence perdue. Pour toute ces raisons, Alain Juppé, 73 ans, s’est senti irrémédiablement attiré par cette ultime reconnaissance, comme une libellule par le feu. Il aurait été plus courageux et approprié de renoncer et de terminer le mandat à Bordeaux pour lequel il a été élu.

Le spectacle continue

Les rumeurs médiatiques ont été confirmées aujourd’hui par une conférence de presse d’Alain Juppé, 73 ans, qui a annoncé, en larmes, qu’il démissionnait une énième fois de la mairie de Bordeaux avant le terme de son mandat, et qu’une nouvelle fois les bordelais ont élu un maire qui se carapate sans aller au bout de son engagement. On ne peut pas complètement exclure que l’impétrant ait éprouvé un peu d’émotion mêlée d’un soupçon de remord, mais la cérémonie d’adieu à Bordeaux a un peu tourné au ridicule. Il s’agit d’une fuite, le mieux aurait été de l’assumer, quitte à sauter l’étape d’une conférence de presse et des petits fours qui ont dû l’accompagner.

Il a aussi déploré dans son discours larmoyant que « l’esprit public est devenu délétère » ! Eh oui, sa génération n’a pas su éviter cette décadence nationale dont elle porte sa part de responsabilité. En fait, Juppé est un cœur tendre qui n’était pas taillé pour ce monde sauvage de la politique française où l’intelligence n’est pas la qualité la plus recherchée. Il s’est beaucoup fait balader par les présidents qui l’ont employé, il a servi de fusible à nombre d’entre eux avec une naïveté assez déconcertante mais il reste fasciné par les attributs du pouvoir comme un enfant devant un sapin de Noël alors il ne sait pas refuser ce dernier poste pour lequel il n’a aucune compétence particulière et il pleure devant les caméras en l’annonçant, sans doute autant devant cette nouvelle traîtrise faîte à ses électeurs que face à ses propres faiblesses. Ce n’est pas très grave, juste l’occasion manquée d’un départ plus glorieux.

Lire aussi : Copinages et petits services rendus

Copinages et petits services rendus

Alain Juppé, 73 ans, haut-fonctionnaire qui fut attiré par le chaudron de la vie politique, actuel maire de Bordeaux, est annoncé comme candidat à un poste au conseil constitutionnel. Le bail est de 9 ans, ce qui l’emmènerait jusqu’à 82 ans s’il va au bout. Le garçon, plutôt conservateur, a connu des hauts et des bas dans cette arène politique pour laquelle il n’était manifestement pas calibré. Il a beaucoup démissionné au cours de sa carrière.

D’abord du poste de premier ministre de Jacques Chirac, après la plus incroyable mauvaise décision de la Vème République : la dissolution de l’assemblée nationale en 1997 qui donna la majorité aux opposants socialistes qui le remplacent par Lionel Jospin.  Il avait auparavant en 1995 du rendre les clés d’un appartement appartenant à la mairie de Paris qu’il louait à loyer inférieur au marché, de même que son fils pour un autre appartement à la même adresse.

En 2004 il est forcé à démissionner de toutes ses fonctions électives et de la présidence du parti UMP suite à une condamnation en appel à 14 mois de prison avec sursis et 5 années d’inéligibilité pour avoir trempé dans l’affaire dîtes des « emplois fictifs de la mairie de Parus », en gros, le détournement de l’argent des contribuables parisiens pour payer des personnes qui n’y travaillaient pas.

Puis en 2007, redevenu maire de Bordeaux, il démissionne pour prendre un poste de ministre du président Sarkozy (après avoir promis aux bordelais que jamais il ne les quitterait, même pour un maroquin à Paris), poste dont il démissionnera quelques semaines plus tard suite à sa non réélection comme député.

Après avoir réintégré la mairie de Bordeaux, son refuge, il en redémissionne en 2011, de nouveau pour maroquin ministériel parisien aux Affaires étrangères. Le voici qui va encore démissionner aujourd’hui de la mairie de Bordeaux cette fois-ci pour rejoindre le conseil constitutionnel.

Il n’a pas été plus mauvais que bien d’autres, de droite, du centre comme de gauche, mais il a fait preuve d’une grande instabilité dans ses choix et toujours considéré la mairie de Bordeaux comme son dû qu’il pouvait quitter ou réintégrer selon son bon vouloir. Juppé est le représentant d’une génération politique qui doit passer la main. A 73 ans on peut raisonnablement se demander « à quoi peut donc bien servir un Alain Juppé au conseil constitutionnel » ? Sans doute à pas grand-chose, en tout cas pas de quoi justifier une énième démission de la mairie de Bordeaux avant l’échéance du mandat pour lequel il a été élu. Il aurait été plus honorable qu’il aille au bout puis prenne tranquillement sa retraire. Ce n’est pas son choix et il rempile pour un mandat censé l’emmener jusqu’à 82 ans… Ironie de l’histoire, il va succéder à un ancien premier ministre, comme lui : Lionnel Jospin 81 ans, au sein d’une institution présidée par un autre ancien premier ministre : Laurent Fabius, 72 ans. Aucun d’entre eux ne présente de compétence particulière en droit constitutionnel. Les mauvaises habitudes perdurent et Juppé, hélas, ne sera pas le seul repris de justice à siéger dans la plus haute institution juridique française.

Juppé et Sarkozy

Bassesses et règlements de compte politiques

Le journal Le Monde publie une série de cinq articles sur l’autodestruction de la droite française lors des élections présidentielles de 2017. Il est vrai qu’elle fut un modèle du genre qui restera dans les annales de la politique nationale !

Jean-Louis Debré (75 ans), fils de Michel, auteur de romans de gare, et, accessoirement, ancien magistrat, ministre et président du Conseil constitutionnel, est interrogé par les journalistes et assène quelques sentences lapidaires du genre :

Sarkozy, c’est un chef de bande de banlieue. Fillon, c’est le beauf de province, fils de notaire, que la fille du médecin bourgeois a envie d’épouser.

Jean-Louis Debré, auteur de romans de gare

On a tendance à croire que ce jugement est sans doute réaliste mais quelle haine, quel ressentiment, quelle volonté de vengeance animent ces politiciens pour continuer à dégoiser, à 75 ans, sur un ancien président de la République et son premier ministre, qui plus est de la même tendance politique que leur calomniateur ! M. Debré n’a-t-il rien de mieux à faire que de donner cette terrible image de son monde politique ? Même ses romans de gare sont moins ravageurs pour la culture française que ses confidences de café du commerce sur le duo qui a gouverné la France cinq années durant le sont pour la politique. Il serait intelligent de laisser ces jugements à l’emporte-pièce à Charlie-Hebdo, il est très malsain que des personnages, anciens élus, anciens dirigeants, se croient autorisés à de pareilles assertions. C’est dévastateur et situe le niveau du débat politique tel que le conçoit cette génération en train de s’éteindre.

A 75 ans, M. Debré doit se consacrer à ses romans et cesser de polluer son pays et la Raison, c’est le sens de l’Etat qui l’exige.

L’emploi fictif de Pénélope Fillon confirmé par l’employeur et la justice

Comme c’était annoncé, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharière, « ami » de la famille Fillon a reconnu que l’emploi qu’il avait offert à Mme. Fillon au sein de la Revue des deux mondes dont il est propriétaire était un emploi de complaisance. Il a utilisé la procédure française de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) ce qui lui permit d’amoindrir sa peine. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis ainsi qu’à une amende de 375 000 EUR pour abus de bien sociaux.

La famille Fillon reste encore sous le coup de différentes mises en examen dans d’autres affaires toutes sorties à l’occasion de l’élection présidentielle de 2017 et qui avaient montré le rapport très particulier qu’entretenait le candidat avec l’argent.

François Fillon est maintenant reconverti dans les affaires financières privées et quand il voit les émeutes agitant actuellement la France qu’il rêvait de gouverner, peut-être ne regrette-t-il pas trop d’avoir changé de voie, contraint et forcé ?

Wauquiez dans tous les râteliers

Alors qu’un projet de loi sur l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples homosexuels se prépare, Laurent Wauquiez rappelle quelques vérités devant un parterre catholique-conservateur de l’organisation Sens commun en expliquant que cette PMA qui existe depuis plusieurs décennies pour les couples hétérosexuels serait immanquablement étendue aux couples gays à partir du moment où le mariage de ceux-ci avait été légalisé. C’était écrit et c’est probablement ce qui va se passer, en ceci il n’avait pas tout à fait tort. Le problème avec ce garçon c’est que depuis qu’il a abandonné la philosophie pour la politique, il a perdu toute mesure et n’a pu s’empêcher d’assimiler la PMA de mener à l’eugénisme et au nazisme, ce qui a déclenché un peu d’émotion sur les plateaux télévisés fréquentés par le microcosme mondain, mais aussi des soignants pratiquant la PMA ainsi que les patients en bénéficiant.

Wauquiez s’adressait à un auditoire conquis qui avait déjà entendu Sarkozy, son ex-mentor, envisager de revenir sur le mariage pour tous. Il a eu son petit succès. Comme d’habitude il a dérivé vers la déraison et sa comparaison avec le nazisme n’a pas de sens et sans doute peu d’efficacité politique. Les militants de Sens commun ne veulent pas de la PMA ni de l’avortement car ces actes sont contraires à leur interprétation de la parole du Dieu auquel ils croient. Ils n’ont pas besoin de l’épouvantail du nazisme pour rejeter ces actes. Par contre les conservateurs et les centristes de droite peuvent être effrayés par un tel manque de sérénité d’un prétendant au pouvoir suprême. On se demande d’ailleurs si Wauquiez se laisse déborder par son bavardage de café du commerce ou si son discours est autocontrôlé ?

Ceci étant dit le débat sur l’extension de la PMA mérite d’être mené car quoi que l’on en dise, l’étape suivante sera la GPA (gestation pour autrui). C’est écrit également et cela ne sert à rien que de vouloir cacher cet agenda, sinon attiser les haines et les soupçons. Oui il y a un risque d’eugénisme, ou en tout cas de choix génétiques qu’il faut anticiper et encadrer, oui il y a une possibilité de dérives commerciales concernant l’acte de procréation, etc. Ce débat mérite de l’intelligence et de l’éthique comme on en usa lors des discussions sur les différents textes de loi sur la fin de vie. Il faudrait donc exclure les Wauquiez & co. de ce type de discussions. C’est hélas démocratiquement impossible.

Irresponsable !

Le ministre de l’intérieur (71 ans) qui avait annoncé dans le journal L’Express sa volonté de quitter ses responsabilités ministérielles pour récupérer son ancien mandat de maire de Lyon, déclare cette semaine dans le journal Le Figaro qu’il présente sa démission le jour même, puis, celle-ci refusée, réitère le lendemain dans le même journal avant d’obtenir satisfaction et l’autorisation de fuir les responsabilités dont il avait été investi.

Bien entendu cette fuite inattendue perturbe durablement le travail gouvernemental et déclenche le bonheur de l’opposition et des journalistes mondains qui ne parlent plus que de ça. Bref, la République pâtit de l’acte d’un homme qu’elle croyait à son service. Le comportement de ce personnage âgé est irresponsable et égoïste ! Et pour quelles raisons déclenche-t-il tout ce désordre ? Pour récupérer son fauteuil de maire de Lyon, à 71 ans, et briguer un quatrième mandat. C’est l’illustration de l’un des syndromes de notre époque : l’abandon de tout sens de l’intérêt général au profit de ses objectifs personnels, à plus de 70 ans, se faire réélire maire de Lyon pour la quatrième fois.

Un vieillard qui se croit indispensable pour ses anciens électeurs lyonnais déclenche un tohu-bohu de première catégorie au cœur de l’Etat. Aveuglé par sa suffisance il n’hésite pas à laisser tomber son job de ministre au bout de douze mois en poste. Un homme rongé par l’ambition et la suffisance dont on espère que la ville de Lyon le renverra à une retraite qu’il aurait déjà dû prendre depuis longtemps. C’est affligeant !

Lire aussi : On démissionne à la télé

Une affaire de cornecul

Un jeune chargé de mission à la direction de cabinet de la présidence de la République, plus moins chargé semble-t-il de la sécurité personnelle du président, est attrapé et filmé en train de faire le coup de poing au côté des forces de police officielles lors des manifestations, violentes, du 1er mai à Paris. Le garçon se serait aussi fait communiquer illégalement des bandes de vidéo-surveillance par la police. Comme ce qu’il a fait n’était pas bien, et que la presse a découvert le pot aux roses, il a été licencié.

Le sujet fait depuis la une de l’actualité. L’opposition s’en est emparé et se trouve réunie pour attaquer le pouvoir en place, enfin un os à ronger consensuel, d’autant plus que le président ne moufte pas. Les « communicants » outragés défilent sur les plateaux télévisés pour expliquer combien la « stratégie de communication » de Macron est désastreuse.
Ledit Macron a décidé qu’il n’était pas aux ordres de ces usurpateurs de cartes de presse et qu’il leur parlerait quand il le déciderait. Les journalistes ne s’en remettent pas. Deuxième élément plutôt comique dans cette affaire de cornecul : le couple qui s’est fait brutaliser par ce « chargé de mission » n’est a priori pas un petit couple de touristes buvant tranquillement l’apéro à une terrasse de la Contrescarpe, mais des militants qui balançaient des projectiles sur les CRS, comme l’a montré une autre vidéo sortie un peu plus tard.

Macron a bien raison de prendre son temps pour communiquer et d’attendre d’y voir plus clair !

La force de l’habitude


C’est maintenant devenu une habitude à chaque attentat islamiste sur le sol français, comme un réflexe pavlovien, Laurent Wauquiez annone la même petite musique sur son compte twitter et les plateaux télévisés, jugeant que le gouvernement, quel qu’il soit d’ailleurs, sous la présidence Macron comme celle de Hollande, ne fait rien et laisse massacrer les citoyens français du fait de son laxisme et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

On ne peut pas complètement exclure que les dirigeants actuels et passés soient incompétents, que les différentes forces publiques actuelles et passées soient inactives, voir que l’idéologie qui anime les uns et les autres les poussent à laisser commettre des actes de terreur. On ne peut pas complètement l’exclure mais on peut aussi penser plus raisonnablement que beaucoup est fait pour limiter les dégâts : hausse significative des dépenses de sécurité, renforcement considérable des pouvoirs transférés de la justice vers l’administration, etc., et que des résultats tangibles sont atteints même si des meurtres continuent d’être commis au nom de Dieu.

Rappelons que le parti présidé par M. Wauquiez a majoritairement voté contre la loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » adoptée en octobre 2017. Sur un groupe de 100 députés : 5 ont voté contre, 9 se sont abstenus et 84 ont voté contre.

Le résultat du vote : http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/138

Cette loi a fait passer dans le droit commun toute une série d’exceptions prévues dans l’état d’urgence. Les Républicains voulaient au contraire renforcer l’état d’urgence et le conserver. Du coup, à défaut d’être efficace à l’assemblée nationale Laurent Wauquiez dégoise sur Twitter plutôt que de voter les lois.

Laurent Wauquiez : morceaux choisis

M. Wauquiez, chef du parti conservateur d’opposition Les Républicains (LR) a confirmé, sur la forme et le fond, les propos qu’il a tenus devant une assemblée d’étudiants et que l’un ou plusieurs d’entre eux ont enregistrés et communiqués à la presse. Il va attaquer en justice le journal qui les a publiés.

Ces sorties quelque peu tonitruantes paraissent effectivement plutôt conformes à ce que l’on sait des convictions du personnage, pas de surprises à ce niveau-là. Non, ce qui étonne véritablement c’est le niveau de beaufitude de ces propos qui relèvent plus d’une fin de beuverie au Café du Commerce plutôt que d’un prétendant aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’homme joue sur l’abrutissement des masses plutôt que leur rédemption, il parie sur la bêtise et délaisse la raison. Il n’est pas sûr qu’une telle tactique le porte au pouvoir, mais on ne peut pas l’exclure.

On peut quand même avancer que ces candidats aux suffrages des électeurs-contribuables feraient mieux de travailler leurs dossiers et de mesurer leur parole plutôt que de se prendre pour Mme. Michu dans toutes les circonstances possibles. Le nombrilisme de ce personnel politique est détonnant, il pourrait être suicidaire.

Qu’on en juge :

Continuer la lecture de « Laurent Wauquiez : morceaux choisis »

Laurent Wauquiez tel qu’en lui-même


Le chef de Les Républicains, Laurent Wauquiez, se fait enregistrer alors qu’il dit du mal avec condescendance de tout le monde politique qui l’entoure. Bien entendu ses paroles sont publiées et le microcosme parisiano-médiatique s’agite. En fait il n’y a rien là de bien nouveau dans le Café du commerce franchouillard de la politicaille de bas étage animé par des personnages de cet acabit. Tout ça n’a guère d’importance et ne fait que confirmer que ces forbans qui grenouillent dans les partis politiques feraient bien mieux de bosser leurs dossiers plutôt que de parader sur les plateaux.

Entre autres amabilités à l’encontre de ses congénères, il revient sur les causes de la défaite de Fillon et accuse Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, d’avoir entretenu une « entreprise de démolition » contre lui. C’est plutôt cocasse car Fillon lui-même à l’époque accusait sur les plateaux télévisés le président Hollande d’avoir monté un « cabinet noir » pour l’abattre. Nous sommes un an plus tard et l’opposition conservatrice n’arrive pas à tourner la page de la défaite, refuse même d’envisager sa responsabilité dans cette situation et, encore plus désopilant, ne s’est pas remise au boulot pour espérer pouvoir assurer une alternative possible, peut-être un jour.

Rachida « hors sol »

Rachida Dati, ex-ministre un peu oubliée, élue plutôt inexistante, qui se rappelle au souvenir des électeurs par une activité compulsive sur Tweeter, cède aux tics verbaux de circonstance et ponctue ses phrases de « hors-sol » pour illustrer le fait que les politiciens incompétents sont loin du peuple, ce qui n’est pas son cas bien entendu.

Cette expression « hors-sol » nous vient de l’agriculture où l’on parle d’élevage hors-sol lorsque l’alimentation du bétail ne provient pas de l’exploitation elle-même ou de culture « hors-sol » c’est-à-dire sans terre, ou tout au moins pas la terre de la ferme.

On se demande bien comment les politiciens et les journalistes ont adopté ce terme pour l’adapter à la critique politique ? Sans doute leur désir de changer les mots pour cacher la répétition et la platitude du fond.

L’hallali politique de Fillon

L’affairiste-barbouzard de la Françafrique Robert Bourgi, homme peu recommandable, ex-ami de François Fillon et sans doute toujours ami de Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce matin sur les ondes les quatre raisons pour lesquelles il avait décidé de « tuer François Fillon » lors de la dernière campagne électorale présidentielle en lui offrant des costumes de luxe puis en dénonçant ce cadeau à la presse :

1- D’abord parce que il a violé toutes les règles de l’amitié à mon endroit… 2- [la référence à] la mise ne examen du Général de Gaulle, ça je ne l’ai pas supporté… 3- il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy, ça je ne le supporte pas…4- je le savais accro à l’argent et on ne pouvait pas laisser faire cela parce que tôt ou tard celui qui aurait pu diriger la France aurait eu de sérieux problèmes…

Le 10 janvier, je déjeune avec Nicolas Sarkozy. Il me dit : ‘Tu as vu les sondages ? Fillon va devenir président.’ Je lui réponds : ‘Nicolas, il n’ira jamais à l’Élysée. Parce que je vais le niquer.’ Parce que j’avais ourdi le complot.

On croit rêver devant un tel déballage de barbouzeries, de manipulations, de lâchages en tous genres de la part de responsables qui ont tous trôné aux plus hauts niveaux de l’Etat, financés par les contribuables. Le candidat conservateur éconduit a lui-même reconnu qu’il avait mal choisi son ami Bourgi et lui avait d’ailleurs rendu les costumes que celui-ci dévoile maintenant avoir donné pour piéger Fillon.

Ce sont des mafieuseries de bas étage, du gangstérisme de palais dorés, de la voyouterie d’incompétents. Comment un François Fillon, premier ministre de la France cinq années durant peut-il choisir comme « ami » un Robert Bourgi forban de toutes les filouteries de la françafrique ? Et comment a-t-il pu accepter des costumes en cadeaux de ce personnage ? Mais il l’a fait, et six mois plus tard le voyou se vante sur les ondes d’avoir « niqué » le candidat !!!

Fillon a pris acte de sa défaite dans la honte, a abandonné la vie politique et s’est reclassé dans la finance avec une discrétion bienvenue. Bourgi continue à parader sur les plateaux télévisés. Le principal mérite du pouvoir français actuel est d’avoir balayé cette génération d’incompétents. Espérons que ces mauvaises habitudes ne renaîtront pas de leurs cendres.

Un p’tit tweet pour la route

Allez : il n’a pas de mal à se faire du bien. Un petit tweet de Laurent Wauquiez avant d’aller se coucher :

On est toujours étonné de voir comment ce garçon au parcours universitaire si brillant réussit à s’abaisser vers autant de beaufitude. Il doit se faire sacrément violence pour atteindre un tel niveau. Il n’est pas sûr que cette tactique le fasse revenir en grâce auprès des électeurs de droite qui finalement semblent plutôt apprécier la politique du gouvernement actuel. La morale voudrait que ceux qui font le pari de la stupidité perdent, mais la politique n’est pas toujours très morale sur ce sujet…

Encore un effort Monsieur Juppé

Après quelques autres, Alain Juppé, 72 ans, annonce qu’il « prend du recul » avec le parti Les Républicains (LR) en refusant de payer sa cotisation. Bien sûr il communique par tweet :

Je comprends la décision de @Dbussereau qui m’avait informé. Pour ma part je n’ai pas l’intention de payer ma cotisation LR en 2018. Je prends du recul et je vais observer notamment dans la perspective des élections européennes de 2019.

Quel courage, quel sens du risque ! Mais que sont tous ces militants en vue de LR qui « se mettent en retrait », « prennent de la hauteur »… En fait, plutôt que de démissionner d’un parti dont ils semblent désapprouver les orientations, ils gardent plusieurs fers au feu, on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. C’est sans doute leur longue habitude du cumul des postes et des mandats qui perdure, leur mauvaise pratique du pantouflage qui leur a permis de prendre assez peu de risques personnels tout au long de leurs carrières rémunérées par les contribuables.

Un garçon comme Alain Juppé qui n’a pas démérité devrait, à son âge avancé de 72 ans, être désormais capable de prendre des décisions politiques franches sans donner en permanence cette impression de vouloir garder un ou des parachutes de secours. Qu’a-t-il à perdre à 72 ans ? Rien, sinon de laisser l’image d’un homme indécis qui n’arrive pas à sortir du milieu hyper-protégé dans lequel il a évolué toute sa vie. Sa carrière est derrière lui, il a été une nouvelle fois désavoué lors des dernières primaires de la droite en 2017 par des électeurs conservateurs qui ne l’aiment pas et ne l’aimeront probablement jamais au point de l’élire à un mandat national.

Alors il devrait se détendre, respirer un grand coup, aller où bon lui semble et profiter d’une retraite bien méritée qui approche à grand pas. Comme il garde la stature d’un sage homme de droite, il sera consulté certainement, écouté parfois, au-delà des dossiers du tramway de Bordeaux. Les jeunes sont là chez LR comme ailleurs, il faut leur laisser les manettes, la génération des Juppé doit admettre de se retirer sans amertume. Suivez l’exemple de MonGénéral que diable !, qui écrivait en 1969 le lendemain du désaveu du référendum sur la régionalisation :

« Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Ce fut simple et de bon goût et le sortant ne prit plus jamais la parole publiquement sur aucun sujet politique avant que la fin ne le rattrape, il est vrai assez rapidement après sa démission. C’est ainsi qu’on laisse une trace dans l’Histoire d’une nation !

Une arriviste aux dents longues

Virginie Calmels, ex-chef d’une société de production d’émissions parmi les plus abrutissantes de la télévision française, entre autres : Secret Story, Star Academy, La Ferme Célébrités, s’était récemment recyclée en adjointe du maire de Bordeaux avec sans doute l’idée de lui succéder le moment venu. Elle avait d’ailleurs soutenu ledit maire, Alain Juppé, 72 ans, lors de sa candidature à l’élection présidentielle en 2017, puis rallié François Fillon après qu’il gagna l’élection primaire conservatrice, et vient maintenant de rallier Laurent Wauquiez, chantre d’une droite identitaire plutôt spécialisé dans les slogans que dans la réflexion et pas forcément compatible avec le « jupéisme » si tant est qu’existe un tel courant de pensée.

Lire aussi > Virginie Calmes : de la télé-réalité à la politique

On peut dire que Mme. Calmels est plutôt flexible dans ses convictions et manifeste une forte capacité d’adaptation pour réaliser ses ambitions que l’on ne connaît pas précisément d’ailleurs. Il n’est pas sûr qu’elle réussisse à succéder à son mentor bordelais ; il n’est pas évident qu’elle n’eut pas mieux réussi dans le pouvoir économique en restant dans l’entreprise plutôt que de vouloir mordre sur les plates-bandes politiques. Mais l’attrait des plateaux télévisés et l’illusion des ors des palais du pouvoir ont été plus forts que la raison. A force de tourner comme une pirouette elle risque de se brûler les ailes. La République s’en remettra, elle aussi sans doute.

Il vaut mieux tenir ses engagements, surtout les plus faciles

A plusieurs reprises le président français a expliqué aux journalistes qu’il choisirait les sujets qu’il veut aborder au lieu de se les faire imposer par la presse. Il a pris pour habitude également de préciser qu’il ne s’exprimerait pas sur la France à l’occasion de ses déplacements à l’étranger, ce qui était plutôt de bonne augure.

Hélas, hélas, cet engagement pourtant relativement facile à tenir, même face à la meute des cartes de presse, a été violé plusieurs fois récemment. En août à Bucarest il accuse la France de ne pas aimer les réformes. En Grèce en septembre, il revient sur ce blocage devant toute transformation en ajoutant :

« Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

Ces vérités sont bonnes à dire mais il vaut mieux laver son linge sale en famille et proférer ce genre de jugements à l’intérieur de l’hexagone plutôt qu’en dehors des frontières devant des étrangers qui doivent s’en tordre de rire. Encore mieux : on peut aussi concentrer son énergie à combattre cette inertie dans la discrétion plutôt que dans la presse.