Les migrants et le patronat

On avait déjà noté les réactions du syndicat patronal MEDEF en septembre 2015 lors du pic de la crise de l’immigration : son patron de l’époque vantait alors dans une tribune du journal Le Monde « l’opportunité » que représentaient ces migrants :

Cessons toute condescendance envers ces migrants : ils ont souvent un fort niveau d’éducation, sont la plupart du temps jeunes, formés et n’ont qu’une envie, vivre en paix et pouvoir élever une famille… Accueillons-les et sachons tirer profit de leur dynamisme, de leur courage, de leur histoire aussi. Accélérons enfin nos réformes pour être capables de les intégrer pleinement dans la durée… Nous en sortirons tous gagnants. Agissons.

Bien entendu il ne précisait pas ce qu’il plaçait derrière ce slogan « Agissons. »

Aujourd’hui le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI-Synhorcat) rappelle dans un communiqué du 10/08/2018 rappelle la pénurie de main d’œuvre face à laquelle se trouve ce secteur et propose comme l’une des solutions possibles à cette situation l’embauche des migrants titulaires des papiers et autorisations nécessaires.
En principe ils peuvent déjà le faire si ces migrants sont légalement autorisés à travailler, pas besoin de faire un communiqué pour ça. Dans la vraie vie on peut penser que ce syndicat cherche à exercer une légère pression sur les autorités administratives pour accélérer la délivrance de papiers aux populations immigrées afin de pouvoir les embaucher. Bien entendu les syndicats ouvriers soupçonnent très fortement le patronat d’être pro-immigration afin de peser sur les salaires et d’éviter de devoir augmenter ceux-ci pour intéresser les chômeurs nationaux… On ne peut pas complètement exclure un tel machiavélisme.

Ensuite, nous sommes dans la vraie vie du libéralisme, là où un Etat doit pouvoir faire de la politique s’il veut vraiment interférer dans les règles du marché : est-on capable de pousser des chômeurs français actuels vers ces emplois peu qualifiés? S’il faut pour ce faire augmenter les salaires de la profession est-on en position de compenser ces hausses de coûts par la baisse d’autres charges ou faudra-t-il accepter une hausse des prix au risque de décourager les consommateurs ? Ou faut-il orienter des populations immigrées vers ce marché, quitte à ouvrir les vannes de la délivrance de papiers pour ce secteur ? C’est un sujet pas facile à traiter compte tenu de sa sensibilité. Il mérite en tout cas beaucoup de pédagogie de la part des décideurs et sans doute un peu d’innovation.

Ce qui est ironique dans cette situation est que si véritablement les règles du marché s’appliquaient librement, en principe les salaires de cette profession devraient augmenter tout seul puisque la demande de personnel est supérieure à l’offre. Ce n’est pas le cas et c’est l’une des nouveautés de la pratique économique ces dernières années : le marché répond désormais à la surchauffe du marché du travail par la précarisation de celui-ci. La perspective de cette réserve de travailleurs immigrés à bas prix pousse aussi sans doute le patronat de ce secteur à l’attentisme… Nous sommes dans un cycle qui peut-être s’inversera un jour, personne ne le sait à ce stade.

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Les migrants en Italie et Mme. Michu

Le gouvernement italien continue à faire pression sur les autres pays européens en refusant de faire débarquer des migrants sur son territoire tant que des pays tiers n’ont pas accepté de se les répartir. Que ces migrants soient à bord de bateaux humanitaires ou de garde-côtes italiens le pouvoir, fortement représenté par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, interdit leur débarquement. Cette politique semble largement soutenue par la population locale et provoque l’intérêt de celles des pays avoisinants. Jusqu’ici des accords ont pu être trouvés avec les pays tiers qui ont accepté d’accueillir leur quota d’occupants de ces bateaux de la misère. Elle provoque les résultats annoncés puisque jusqu’ici il n’y a plus de nouveau migrant, candidats au statut de réfugié ou pas, qui rentre en Italie. Cela risque de ne pas durer très longtemps tant est puissant l’attrait exercé par le mirage de nos démocraties européennes sur ces populations issues de pays pauvres et/ou en guerre.

D’un point de vue purement technique on peut dire que tant que ces flux ne seront pas taris au départ, le problème continuera d’exister et de déclencher ces vagues démagogiques et déprimantes au cœur des populations et des pouvoirs européens. Les pays méditerranéens sont face à deux solutions, soit laisser couler les bateaux de migrants, soit les admettre sur leurs territoires. La première alternative n’a à ce jour jamais été vraiment formellement décidée, ce qui n’a pas empêché de déplorer plusieurs dizaines de milliers de morts lors de ces voyages. La seconde est en cours de déploiement ; on a vu comment les pays d’Europe de l’Est ont bloqué la « route des Balkans » en construisant des murs à leurs frontières et en refusant toute admission que ce soit de migrants ; on voit comment l’Italie fait plus ou moins de même en exigeant de ses partenaires qu’ils acceptent les migrants débarquant sur son territoire, qu’ils puissent prétendre au statut de réfugié ou pas.

Car ces flux de populations fuyant leurs pays d’origine sont un mélange de potentiels réfugiés politiques en provenance de dictatures ou de pays en guerre, et d’émigrants économiques qui ne peuvent pas prétendre au statut de réfugié au regard des accords internationaux en la matière. L’un des problèmes réside dans le fait que pour cette dernière catégorie, une fois refusé ce statut de réfugié, les migrants concernés devraient être expulsés dans leurs pays d’origine selon les lois et règlements des pays d’accueil mais ceux-ci n’y arrivent pas pour de multiples raisons et ces migrants viennent grossir la population des sans-papiers provoquant l’ire de Mme. Michu et ses votes populistes.

Souvent l’impossibilité d’expulsion est due à la mauvaise volonté des pays d’origine qui refusent tout simplement de réadmettre leurs ressortissants. C’est un vieux problème, même les fameux « charters Pasqua » s’étaient heurtés à cette difficulté. Compte tenu des conséquences actuelles délétères de la question de l’immigration sur l’évolution politique de nos démocraties occidentales il va falloir que celles-ci soient en mesure d’appliquer leurs propres lois, votées démocratiquement, et de pouvoir librement décider qui peut entrer ou pas, et dans quelles conditions, sur son territoire. L’expulsion des refusés devra être possible, au besoin en négociant avec les pays d’origine pour les inciter fortement à réadmettre leurs propres citoyens.

L’acuité de cette question rend nécessaire la maîtrise de ces flux sous peine de voir se généraliser en Occident des pouvoirs populistes qui se font élire sur des questions démagogiques d’immigration et vont échouer sur le reste en érigeant la fermeture tous azimuts des nations en principe de gouvernement. La théorie de « l’appel d’air » est fortement contestée par nombre d’humanitaires, certes, il convient au moins d’essayer de créer les conditions de la simple application de nos lois (ou alors de changer celles-ci) en matière d’expulsion ce qui n’a jamais été vraiment réalisé jusqu’ici. Si l’on échoue sur ce point il est à craindre que ne se renforcent encore les croyances dans les différentes théories du complot et autre « grand remplacement » auxquelles adhère si facilement Mme. Michu et que développent avec gourmandise Nadine Morano et consorts.

Psychodrame franchouillard


L’Italie a élu un gouvernement composé de l’étrange alliage d’un parti d’extrême droite et d’un parti populiste. Ils se sont au moins mis d’accord sur un point qui consiste à vouloir réduire les flux de migrants pénétrant en Italie. L’Aquarius, un bateau affrété par une organisation non gouvernementale pour récupérer les migrants à la dérive sur des embarcations de fortune en mer Méditerranée, le plus souvent parties de Lybie, a l’habitude de débarquer ses naufragés sur les côtes européennes les plus proches, soit celles de l’Italie. Après plusieurs sauvetages, et alors que l’Aquarius est chargé de plus de 600 migrants, le nouveau gouvernement italien lui refuse l’accès à ses ports. Il s’en suit un psychodrame où les Etats riverains critiquent, se renvoient la balle et cherchent à tout faire pour éviter que ce bateau de la misère ne vienne accoster sur son territoire. Une bataille de chiffonniers au café du commerce.

La France ne brille pas par ses initiatives et donne à l’Italie des cordes pour se faire battre. On ne peut pas dire que Paris soit très volontaire pour accueillir des réfugiés, qu’ils soient politiques ou économiques, par contre la France est toujours présente pour critiquer et le président de la République mentionne en conseil des ministres la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ». Ni une ni deux le gouvernement italien ulcéré à bon droit propose à la France de s’appliquer à elle-même ses grands principes de générosité et d’accueillir les migrants de l’Aquarius. Le président français a perdu une bonne occasion de se taire et le temps à gérer cette polémique eut été mieux utilisé à se consacrer aux autres affaires de la France.

Au-delà de ces gamineries de cours d’école, vraiment peu à la hauteur de la position de leurs auteurs, la question des réfugiés requiert pour avancer discrétion et efficacité alors que nos dirigeants déploient gesticulation et immobilisme. Ce n’est pas brillant. Le président Macron s’honorerait à déroger à ces mauvaises habitudes.

De tous temps les habitants de pays pauvres ont frappé aux portes d’entrée des pays plus riches pour y tenter une vie meilleure. La mondialisation en œuvre depuis la fin du XXème siècle et le très significatif différentiel de taux de natalité entre riches et pauvres intensifient les flux d’immigration, dont la grande majorité se déroule entre pays pauvres et pays moins pauvres, provoquant d’ailleurs plus ou moins les mêmes réactions de rejet des populations des pays de destination.

Dans les pays occidentaux la considérable beaufisation du monde politique a généré la dramatisation actuelle du phénomène de l’immigration rendu responsable de tous les maux de l’Europe ou des Etats-Unis. De tous temps les peuples ont préféré trouver des boucs émissaires « étrangers » plutôt que de se remettre en cause. La difficulté est que ces peuples votent dans les démocraties, adhèrent facilement aux thèses populistes et élisent les pouvoirs qui diffusent ces thèses. Alors les dirigeants populistes appliquent leurs programmes et les autres sont bien obligés de prendre plus ou moins en compte ce rejet diffus de l’immigration. Nous en sommes là !

La capacité des Etats à décider légalement qui peut entrer sur leurs territoires et qui ne le peut pas n’est pas remise en cause mais il faut la mitiger avec les nécessités d’un minimum d’humanité et de sens de la mesure. C’est difficile et périlleux, et surtout c’est une œuvre de très longue haleine qui nécessite aussi l’élévation du niveau d’éducation de ces peuples, chemin auquel ne poussent pas les déclarations à l’emporte-pièce d’un Laurent Wauquiez en France ou d’un Salvini en Italie.

La conscientisation des peuples locaux devrait aussi être au programme mais comment faire devant un tel écart de niveaux de vie pour tarir le flux des départs de pays en proie à la dictature et la pauvreté, voire à la guerre ? D’autant plus que nombre de ces régions ayant été colonisées par l’Europe, les descendants des colonisés (sans parler des descendants des esclaves qui remontent à encore plus loin) se sentent investis d’un droit de créance sur l’Occident qu’ils entendent aussi faire valoir.

Le dossier ne progressera qu’avec de l’intelligence. Il n’est traité aujourd’hui qu’avec du clientélisme.

Capacité de nuisance comorienne

Le ministre des affaires étrangères a répondu aujourd’hui à une question d’un parlementaire l’interrogeant sur des rumeurs de dîners en villes laissant penser que la République se préparerait à modifier le statut départemental de Mayotte pour tenter d’endiguer le flot irrépressible des migrants illégaux en provenance des îles des Comores. Une telle orientation aurait pour avantage de déférer à plusieurs recommandations de l’ONU demandant à la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Elle aurait par ailleurs comme résultat de mettre fin à la fiction de ce statut de département français qui n’a pas fini de faire souffrir.

Le ministre a expliqué également que l’Union des Comores refusait désormais de réadmettre ses citoyens, illégalement émigrés à Mayotte, département de la République française, et expulsés du territoire français. Cette situation montre par l’absurde qu’il n’est pas toujours facile d’expulser des personnes résidant illégalement en France, malgré les grandes envolées des conseilleurs conservateurs Macron-Le Pen et assimilés. Lorsque le pays d’origine ne veut pas reprendre ses ressortissants il est difficile de lui imposer. On se souvient des fameux « charters Pasqua », en 1986, du nom du ministère de l’intérieur du même nom qui dans un premier temps a fait rentrer les expulsés par des compagnies régulières, puis, lorsque celles-ci ne l’ont plus voulu car cela nuisait au confort de leurs passagers réguliers, sur ces compagnies charters avec des avions complets affrétés pour ce faire, puis, lorsqu’à leur tour les compagnies charter ont décliné, sur des avions de la République avant que l’un d’entre eux ne soit pris d’assaut et sérieusement endommagé par des citoyens maliens sans doute largement téléguidés par leurs dirigeants. Comme le ministre Pasqua n’a pas envisagé de parachuter les expulsés, ces expulsions ont été arrêtées et une négociation ouverte avec le gouvernement malien pour trouver une solution consensuelle.

Dans le cas des Comores, la France vient de décider de stopper la délivrance de visas aux citoyens comoriens voulant se rendre en France. C’est sans doute une façon de montrer ses muscles pour démarrer une négociation mais il ne va pas être facile de trouver un terrain d’entente, pourtant les deux parties auraient intérêt à rendre Mayotte à l’Union des Comores, sauf… les mahorais.

Madame la Députée,
J’ai déjà eu l’occasion de dire dans cet hémicycle que la rumeur sur la communauté d’archipels des Comores était sans fondement. Je vous le redis ici une nouvelle fois, très solennellement. Je regrette qu’un certain nombre d’acteurs continuent de répéter ces rumeurs par voie de presse. Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je vous le redis.
Nous avons aussi été amenés à condamner ici et publiquement les mesures qui ont été prises par les Comores le 21 mars dernier pour interdire les reconduites de Comoriens entrés illégalement à Mayotte. Ces pratiques sont inacceptables.
Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission depuis le 21 mars et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas demandés par les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre.
Ceci n’empêche pas le dialogue et la discussion avec les autorités comoriennes – que je poursuis moi-même directement – afin que ce dialogue permette de lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale, et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores.
J’espère que la confiance et le dialogue que nous souhaitons permettront d’aboutir à ces résultats le plus rapidement possible.
Sachez que nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française.

Lire aussi : Mayotte à la dérive

Mayotte à la dérive

L’île de Mayotte, département français, continue à s’enfoncer dans d’inextricables difficultés sociales, économiques et religieuses, qui déclenchent une violence inédite sur ce confetti de l’empire. La fiction de la départementalisation de cette île éclate au grand jour. Rongée par un chômage structurel, soumise à une immigration endémique par les populations des îles alentour attirées par le niveau de vie français et la perspective d’obtenir la nationalité française, loin de tout et surtout de toutes perspectives de développement économique, Mayotte se tourne désespérément vers Paris, à 8 000 km de là, sur le thème : « nous sommes département français et il nous avons les mêmes droits qui si nous habitions à Lyon ou à Brest ! »

C’est juridiquement vrai mais juste impossible à transformer en réalité. Même si la République avait les moyens de transférer les financements nécessaires pour transformer Mamoudzou en Auteuil-Passy cela ne résoudrait pas le problème fondamental de vouloir calquer sur une île du bout du monde, issue de la décolonisation ratée de l’archipel africain des Comores, une organisation de république européenne : c’est perdu d’avance et nous en avons la preuve une fois de plus aujourd’hui, hélas.

La France a, malgré tout, des devoirs vis à vis de cette ancienne colonie à laquelle des dirigeants de rencontre ont fait croire que leur salut résidait dans un statut de département français. Un simple aller-retour à Mamoudzou aurait fait comprendre aux élus félons qui ont voté cette départementalisation qu’ils se fourvoyaient. Nous avons fait montre au mieux d’ignorance, au pire d’incompétence et de faiblesse. Il faut maintenant s’en sortir. La presse bien informée fait allusion à des réflexions gouvernementales qui seraient en cours pour faire évoluer ce statut vers celui d’un territoire spécifique et notamment, trouver une solution pour que toutes les femmes enceintes comoriennes venant accoucher à Mayotte ne bénéficient pas automatiquement de la nationalité française et tarir le flux incontrôlé de cette immigration. Ce sera long et difficile, sans doute bien plus dur qu’une négociation avec la CGT-SNCF car il y s’agit là de véritables situations de détresse mais, comme à la SNCF, le statuquo n’est plus une option. Nos dirigeants vont devoir faire preuve de doigté et personne n’aimerait être à leur place. Il faudrait imaginer un processus similaire à celui de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, qui s’étale dans le temps et laisse subsister pendant la période de transition un double système, mais celui-ci ne pourrait être que provisoire et se terminera inéluctablement par le retour de la souveraineté des Comores sur Mayotte ce qui est certainement une perspective qui effraie les mahorais.

L’assemblée générale des Nations-Unies a pris plusieurs résolutions enjoignant la France d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien. Paris n’en a évidemment rien fait puisque les mahorais « veulent » rester français. Il faudra pourtant y venir un jour.

Morano rivalise avec Sarkozy

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On se souvient de la citation de Sarkozy sur l’immigration en juin dernier devant un parterre de militants à L’Isle-Adam :

« Dans une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine… Le réparateur arrive et dit, j’ai une solution: on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, l’autre quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants. »

La Morano y est allé de son couplet sur les étrangers il y a quelques jours :

« Nous sommes un pays judéo-chrétien. Le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères… J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. »

Le premier a décidé de faire déchoir la seconde de son investiture de tête de liste pour la région Est aux élections régionales de décembre 2015. Elle s’en remettra, l’opposition également.

La Morano… encore

 

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La Morano a encore commis une déclaration tonitruante à la radio :

« Nous sommes un pays judéo-chrétien. Le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères… J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. »

Elle agace même ses amis de Les Républicains qui envisagent de la déchoir de son investiture aux élections régionales dans l’est. Sans doute les dirigeants de Les Républicains ont estimé qu’il y avait plus de voix à prendre chez les centristes dont ils visent les suffrages en réfrénant la Morano, qu’à gagner coté droite conservatrice en la gardant sur le bateau. Ils ont surtout compris que cette femme aux capacités politiques limitées leur causait plus d’ennuis qu’autre chose et ils en profitent pour la faire passer à la trappe. Elle s’en remettra, la France également.

En fait ces réactions épidermiques sont assez ridicules et de fort peu d’intérêt politique. Elles illustrent la panique du monde politique et médiatique lorsqu’il s’agit d’expliquer la réalité aux citoyens. La phrase gaullienne citée par la Morano sur les plateaux télé était adaptée à l’entre deux-guerres quand la France était effectivement un pays de religion majoritairement catholique et à la couleur de peau plutôt blanche.

Depuis il y a eu la décolonisation, la guerre d’Algérie, les accords avec les ex-pays colonisés pour faciliter la reconnaissance de nationalité aux ex-citoyens colonisés, l’enrôlement des « tirailleurs sénégalais » dans les armées alliées durant la deuxième guerre mondiale, des ministres africains (de l’Union française) dans le gouvernement français, des députés et sénateurs africains au parlement français, la départementalisation des possessions d’outre-mer, le regroupement familial, les usines Renault à faire tourner dans les années 50’, les métiers dont les français qui s’enrichissaient ne voulaient plus et qu’il fallait bien assurer durant les trente glorieuses, bref, la France s’est ouverte et mélangée. Le blanc n’est plus la couleur de peau unique dans l’hexagone et les églises catholiques ont tendance à être désertées par les citoyens qui préfèrent la lecture de L’Equipe à celle de la bible.

C’est ainsi et le mélange ne s’est pas produit par hasard, il a été le fruit d’une politique menée de façon permanente par la droite comme la gauche et jamais vraiment inversée. On peut en déplorer le résultat mais il va être difficile de revenir en arrière. Ce qui a été fait est fait et il faut gérer la situation, ce qu’essayent de réaliser tant bien que mal les pouvoirs successifs. D’autre pays ont eu des politiques beaucoup plus restrictives. Chacun se fera son idée sur ce qui est préférable.

Il est possible de revoir le Code de la nationalité française et la politique d’immigration, il suffit de le décider et de faire voter la loi en conséquence par une majorité au parlement. Mais débattons au préalable et faisons valoir l’intelligence plutôt que les slogans assénés sur Tweeter. Expliquons la situation ethnique et religieuse française et son évolution récente de façon apaisée et subtile plutôt que de faire mousser la Morano avec des mesures disciplinaires dont elle s’empresse de faire son miel sur son compte Tweeter. Qu’on en juge :

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I have a dream…

On aurait espéré que sur un sujet comme celui de la crise actuelle des migrants le monde politique français républicain fasse preuve d’un peu de réflexion avec une parcelle de responsabilité et de sens de l’intérêt général. Las, il n’en est rien. Ce sujet qui touche d’abord à l’humain déclenche des batailles politicardes navrantes. Lorsqu’un chroniqueur ou un élu est interrogé sur le sujet dans une presse avide de sensations il répond en critiquant ce que fait ou pense la partie adverse avec une argumentation de café du commerce. Et l’on ne parle même pas des éructations de l’extrême droite qui veut repousser les immigrants à la mer sans trop expliquer par quels moyens il procédera s’il en avait un jour le pouvoir.

En réalité l’immigration est un phénomène ancien en Europe comme en France et la partie illégale de celle-ci ne date pas des accords de libre circulation de Schengen et encore moins de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012. Elle est consubstantielle de l’immigration légale et existait déjà bien entendu du temps où les frontières entre les Etats n’avaient pas encore été démantelées dans le cadre des accords dits de Schengen.

Aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à enrayer significativement cette immigration illégale, ni même à renvoyer les immigrés illégaux en dehors de France. Des charters Pasqua dans les années 80’ aux conférences sur l’identité nationale dans les années 2000, en passant par les régularisations d’illégaux, toutes ces politiques ont échoué à remplir leurs objectifs. Il fallait sans doute les tenter ne serait-ce que pour en mesurer les limites. Mais surtout, aucun pouvoir en France, de droite comme de gauche, n’a jamais réussi à faire en sorte que ces candidats à l’immigration préfèrent rester chez eux plutôt que de venir en France. Les actions de co-développement et autres lubies tiers-mondistes ont des effets tellement microscopiques et de long terme que la richesse et la démocratie de notre vieille Europe continue pour le moment à attirer les citoyens du monde en développement. Les Etats-Unis d’Amérique connaissent une immigration comparable en provenance du Mexique, sous présidence démocrate comme républicaine, avec ou sans le mur en construction à la frontière entre ces deux pays.

L’immigration des pays pauvres et en guerre ou sous dictature vers les pays riches en démocratie est donc un mouvement ancien, puissant, profond, irréversible qu’il faut gérer avec intelligence et autorité, si possible avec unité, au moins au niveau national, en évitant les coups de menton démagogiques.

La seule mesure qui n’a jamais été véritablement tentée serait de repousser ces flux d’immigration par la force, c’est-à-dire en déployant l’armée aux frontières et la marine de guerre sur mer. La force cela veut dire l’utilisation des armes et des militaires tirant sur des populations civiles, autant dire un massacre. Cette option n’est pas sur la table dans notre démocratie. Certains de ceux qui prônent la répression contre l’immigration y pensent sans doute sans pour autant oser la formuler.

Entre les armes et l’ouverture complète des frontières il faudrait compromettre et définir une politique saine et évolutive en fonction des évènements. C’est difficile. A ce jour tout le monde y a échoué, c’est la raison pour laquelle une union nationale entre gens intelligents et de bonne compagnie est souhaitable, au-delà des slogans de circonstances agitant des sentiments nauséabonds racoleurs de votes. Tout doit pouvoir être discuté, y compris les accords de Schengen qui ne sont pas tabous et peuvent être remis en cause si une analyse fondée et documentée montre qu’il y a avantage à le faire pour l’intérêt général de la République. La convention de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle adhère la majorité de nos Etats, doit pouvoir également être discutée, ajustée, adaptée, confirmée, conditionnée, toujours en fonction de l’évolution de la situation géopolitique mondiale, qui n’est plus la même qu’en 1951, et du sens de l’intérêt général, de la France comme de l’Humanité.

Bien sûr l’Europe avec ses valeurs et son PIB représente un appel d’air pour des migrants issus de de pays pauvres ou en guerre, comme la Suisse représente un appel d’air pour les français vivant le long de sa frontière et qui ne se gênent pas pour aller y travailler et y bénéficier de salaires plus élevés. Bien sûr ces personnes cherchant à fuir leurs pays en guerre ou dévastés par un sous-développement endémique viennent d’abord en Europe de l’Ouest où l’herbe est plus verte et l’accueil plus généreux, plutôt qu’en Russie ou en Arabie Saoudite. Bien sûr l’accueil de ces populations va générer des dépenses publiques imprévues. Bien sûr au sein de ces flux peuvent se cacher des gens aux idées malveillantes et des extrémistes de tous poils.

Est-ce que monde (et la France) seraient plus tranquilles si ces migrants ne fuyaient pas leur pays pour venir chez nous ? Certainement. Est-ce que l’arrivée de ces migrants va créer des perturbations et des réactions de rejet au sein des populations accueillantes ? Certainement aussi. Est-ce qu’il serait plus moral de financer les besoins de ces arrivants plutôt que dilapider des centaines de millions d’euros pour organiser des compétitions de pousseurs de ballons (notamment des stades de fouteballe climatisés au Qatar…) ? Certainement encore.

Mais les migrants sont là, avec leur lot de réfugiés et de misère, qui forcent tous les barrages. Et ils sont là pour longtemps alors Il faut bien en faire quelque chose ne serait-ce que pour s’occuper de ceux qui sont déjà rendus chez nous et essayer de tarir le flux des départs. C’est ce à quoi s’essayent les dirigeants européens dans la plus grande division. Ils tentent de parer au plus pressé et de reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe. Alors il est facile de critiquer sur Tweeter et de faire dans la polémique sur les plateaux télévisés, il est plus difficile d’agir dans la vraie vie pour ceux qui sont aux commandes, comme toujours.

A défaut de stratégie évidente qui ménage les valeurs humaines et le refus majoritaire des citoyens français d’accueillir ces migrants, qu’ils soient réfugiés ou immigrants, le pouvoir devrait au minimum expliquer et réexpliquer ce qu’on l’on tente de faire et pourquoi on le fait. Si une seule photo d’un gamin mort sur une plage a pu émouvoir à ce point la planète entière eh bien pour une fois utilisons les ficelles de la communication pour une bonne cause et communiquons sur une position française républicaine, arrêtée de façon unanime par les partis. L’image de ces mêmes partis remonterait d’un coup dans l’opinion si au moins, pour une fois, des dirigeants responsables arrivaient à un consensus sur un sujet si brûlant et si humain. On peut rêver…

Ensuite il resterait à arrêter une position commune avec les 27 autres membres de l’Union européenne ce qui relèverait sans doute du miracle, mais au moins la France aurait eu la décence de surmonter ses petits égoïsmes nationaux et son court-termisme politicard pour s’élever, un peu, au-dessus de la mêlée.

Guillaume Roquette déverse sa haine

Et hop, encore un éditorial de Guillaume Roquette dans le Fig-Mag, récupéré dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Il est daté de mars 2015, après les élections communales qui a vu un score significatif du Front National. Cette fois-ci tout le monde en prend pour son grade : la gauche donneuse de leçons qui abandonne le peuple (Manuel Valls est qualifié de télévangéliste de Matignon), la droite qui n’a pas su empêcher l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand (c’était il y a 35 ans mais représente manifestement un traumatisme jamais digéré par M. Roquette)…

Il reproche aux politiques de ne pas savoir expliquer qu’il serait suicidaire « d’instaurer le protectionnisme ou de sortir en solo de l’euro » (noter le en solo) et de refuser de parler de son triptyque favori immigration-islam-insécurité qui devrait représenter la mère de toutes les batailles.

On sera d’accord avec Guillaume Roquette sur le déficit criant de pédagogie dont font preuve les élus et dirigeants de tous bords qui confondent démocratie participative avec explication de la politique menée ou proposée, ou qui s’imaginent pouvoir décliner le budget de la République dans un tweet de 140 signes. On rappellera simplement à ce représentant teigneux de la presse française que l’un des rôles de celle-ci est aussi de pallier à cette défaillance politique et d’expliquer, d’analyser sans relâche à ses lecteurs les ressorts de l’économie, de la politique, bref, de la vie, donnant accès aux citoyens à l’information qu’ils ne peuvent ou ne savent pas trouver.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le contribuable français subventionne la presse : le Figaro a perçu 15,3 millions en euros, financés par l’impôt, car la République, bonne et généreuse mère considère en quelque sorte cette tâche pédagogique comme une mission de service publique qu’elle délègue en partie à la presse écrite. Il n’est pas sûr qu’elle s’en acquitte parfaitement, préférant souvent la polémique simpliste à la pédagogie apaisée et intelligente.

Lire aussi -> Les aides du contribuable à la presse

La Morano se jette à l’eau

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Arghhhhhhh ! La Morano annonce sa candidature aux élections primaires de Les Républicains pour élire un candidat/candidate à l’élection présidentielle de 2017. Voilà qui promet des débats tout en finesse comme à son habitude et lors de ce tweet d’hier :

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L’incroyable foi qu’elle a en elle mérite le respect. Sa combativité est également un modèle du genre. Ces deux qualités sont malgré tout insuffisantes pour gouverner la France.

Festival de faux-jettonerie

La publication de la photo du corps d’un enfant syrien de trois ans sur une plage de Turquie émeut la planète entière et il est vrai qu’elle est bouleversante. Son frère et sa mère sont également morts noyés au cours du chavirage du rafiot de fortune sur lequel ils avaient pris place pour essayer de rejoindre la Grèce et donc l’Europe.

Le monde politique et médiatique s’agite en assénant des slogans « il faut agir », « l’Europe doit bouger », « il faut réformer la politique d’accueil des réfugiés », etc. Mais aucun dirigeant n’ose encore vraiment dire aux citoyens que ces migrants sont là pour longtemps et qu’il va bien falloir les installer et les financer en Europe de façon durable. Ces mêmes dirigeants essayent d’ailleurs de faire croire à la possibilité de différencier les réfugiés politiques des migrants économiques, ces derniers ayant vocation à être renvoyés dans leurs pays d’origine tout en sachant pertinemment que ces raccompagnements n’ont jamais été techniquement possibles au départ de nos vieilles démocraties.

Il n’est pas dit d’ailleurs que cette photo déchirante fasse changer fondamentalement l’avis populaire sur l’immigration en France.

Bien sûr l’installation de camps de réfugiés, puis la tentative de leur intégration, dans notre vieille Europe va être difficile à faire accepter par les populations, bien sûr il y aura des effets dévastateurs comme des poussées de l’extrême droite, des réactions populistes et de violence de certains mais aussi sans doute de l’empathie, bien sûr il y aura des éditoriaux affligeants de Guillaume Roquette, mais bien sûr l’Europe doit prendre sa part du fardeau pour le moment surtout porté par le Liban, la Turquie, la Jordanie qui accueillent des millions de réfugiés syriens.

La question suivante qui doit déjà se poser dans quelques états-majors est celle d’une intervention militaire occidentale dans ces pays du Moyen-Orient pour y rétablir l’ordre et endiguer le flux des départs de leurs habitants. Mais les dernières interventions de ce type ont plutôt eu pour résultats d’accélérer le désordre et ces départs alors s’il fallait les retenter il faudrait à tout le moins en changer le format.

En attendant on rêve d’une unanimité mondiale qui, par exemple, annulerait les prochains jeux olympiques pour consacrer les dépenses et l’énergie ainsi économisées au financement de ces réfugiés. Mais ce n’est qu’un rêve !

L’ineffable Guillaume Roquette

On connaît déjà les exploits journalistiques de Guillaume Roquette, patron du Fig-Mag, mais il faut bien avouer qu’il nous surprend toujours plus au gré de ses chroniques polémiques à courte vue. Celle du 12 juin dernier, sobrement intitulée : Inconséquence d’Etat, traite du sujet délicat de l’immigration. Face au phénomène de l’immigration Guillaume Roquette saute comme un cabri sur son fauteuil Louis XV en criant : « répression, répression, répression » sans autre forme de procès. Laissons-le s’égosiller mais regrettons que Le Figaro, un des plus anciens journaux français qui a connu tant de grandes plumes, laisse publier un pareil néant de la réflexion dans ses colonnes.

L’immigration qu’elle soit légale ou illégale est un sujet qui hante le débat politique français et même mondial d’ailleurs, tout en créant son lot de nuisances et de bienfaits. Que ce soient des mexicains qui rentrent aux Etats-Unis, des syriens en Italie, des roumains en France, des maliens au Gabon ou des français en Suisse, quand il s’agit de pauvres qui émigrent vers un pays plus riche que celui d’origine (tout est dans la différence de richesse, pas dans son niveau) cela crée un phénomène de rejet sur le thème « on n’est plus chez soi, renvoyons donc ces va-nu-pieds d’où ils viennent ». Par contre, quand un magnat russe milliardaire migre vers Londres, ou un joueur de tennis surpayé vers Lausanne, son intégration se déroule en principe sur un mode relativement apaisé, surtout quand il achète au passage un club de fouteballe local. Il y a parfois des exceptions et quelques monarques du Golfe persique ne sont plus forcément accueillis avec le sourire dans la vieille Europe, mais leur rejet reste rare.

Aujourd’hui notre monde globalisé a considérablement facilité le transport et les flux de population. C’est ainsi. Tous les continents ont suivi le mouvement, qu’ils soient riches ou pauvres, gouvernés par des conservateurs, des centristes ou des socialistes ; voire même des communistes, on peut maintenant faire facilement du tourisme en Chine ou au Vietnam, où très certainement se vend le Fig-Mag. D’ailleurs les enfants de Guillaume Roquette profitent sans doute de ces facilités d’émigration/immigration pour aller faire des stages Erasmus dans des pays européens, voire même travailler et vivre dans des contrées plus lointaines où certainement leur papa ira les visiter.

A cela se greffent les situations politiques de pays d’émigration où règnent guerre, impéritie ou dictature, ou les trois à la fois, poussant encore plus de monde vers la sortie en direction des démocraties qui, en plus d’être riches, présentent l’avantage attractif d’à peu près respecter les droits de l’Homme.

Une fois répétées ces évidences il reste à constater que l’on arrivera sans doute pas à endiguer le flux d’une partie des citoyens des pays pauvres et en guerre vers les pays plus riches et démocratiques. Comme disait Snoopy dans les années 30’ : « il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade ». Mais que Guillaume Roquette se rassure, seule une partie infinitésimale de ces va-nu-pieds cherche à rentrer dans l’Europe forteresse. Il propose d’endiguer le flux « avec des mesures répressives fortes » sans vraiment donner plus de détails mais faisant référence à la politique australienne en la matière.

Guillaume Roquette n’ayant pas eu le temps de s’informer sur le régime australien de l’immigration, ni sur les conditions de son éventuelle réplication en France, nous allons donc le faire ici. Il est vrai que Monsieur Roquette n’a pas pour habitude de documenter ses saillies il se contente seulement de les utiliser pour démolir tout ce qui ressemble à un dirigeant un peu plus à gauche que le courant de la droite forte de Les Républicains. Et que Mme. Michu s’y retrouve dans son galimatias immature.

L’Australie fait face (comme bien d’autres démocraties) à des afflux de réfugiés venant des zones de guerre du Moyen-Orient : Irak, Afghanistan, Syrie, etc. le plus souvent de confession musulmane. Elle a passé des accords diplomatiques avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui, contre financements des contribuables australiens, réserve une de ses iles (Manus Island) à l’accueil des boat-people que la marine australienne intercepte en mer et reconduit donc sur cette ile sous souveraineté papoue. De cette façon les immigrants ne mettent pas le pied sur le territoire australien et ils ne peuvent pas se targuer de la protection de la loi australienne. On imagine aisément que la loi papoue est moins protectrice et avantageuse… C’est de là que les candidats font leur demande d’immigration. S’il est acceptée ils peuvent se rendre en Australie, dans le cas contraire c’est l’affaire des papous de les garder ou de les expulser dans un autre pays. Le processus d’immigration est sous-traité, externalisé à une autre nation. Manus Island c’est une espèce de Sangate délocalisé en dehors des frontières.

Le gouvernement australien est relativement discret vis-à-vis de sa population sur les méthodes employées pour refouler les bateaux car il y a sans doute de la violence au moins de temps en temps pour empêcher les rafiots de passer les barrages de sa marine de guerre. Il y a en tout cas régulièrement des émeutes dans les centres de tri de Manus Island. On jette un voile pudique sur le sujet à Cambera et on espère que personne ne posera trop de questions.

L’Australie dispose d’un territoire à Christmas Island, une ile dans l’océan indien au sud de l’Indonésie, très éloignée du pays continent, une sorte de DOM-TOM australien. Evidemment, étant proche de l’Indonésie, l’une des plus grands pays musulmans de la planète, et très loin de l’Australie, Christmas Island est l’un des points d’entrée préférés des migrants illégaux. Afin la aussi de les décourager, le parlement australien a exclu Christmas Island de la zone d’immigration australienne ce qui veut dire que les immigrants touchant l’Australie à Christmas Island ne peuvent pas faire de demande d’immigration. C’est un peu comme si le parlement français accordait un statut d’extraterritorialité à Nice pour que les immigrants en provenance de Vintimille ne puissent arguer de leur présence à Nice pour y déposer une demande officielle d’immigration.

L’Australie diffuse par ailleurs des campagnes de publicité dans les pays d’émigration sur le thème : « ce n’est pas la peine de tenter le voyage vers l’Australie car vous serez systématiquement refoulés sur Manus Island ».

Malgré tout quelques bateaux d’immigrants passent quand même les barrages et échouent sur le sol australien, certains obtiennent un statut leur permettant de rester, les autres sont a priori destinés à être renvoyés d’où ils viennent mais dans le cadre de la loi qui n’autorise pas à faire n’importe quoi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la stratégie numéro 1 est d’abord de les empêcher de mettre le pied en Australie.

Voilà comment se passent les choses en Australie monsieur Guillaume Roquette. Il eut été intéressant que vous les exposassiez dans votre chronique afin de donner à vos lecteurs une présentation complète du sujet. Il aurait même été encore plus productif que vous expliquassiez comment les répliquer en France ! Car le plus affligeant dans cette histoire c’est que les pays du Sud de l’Europe s’inspiraient d’assez près de cette tactique il y a encore quelques années quand des accords étaient passés (contre espèces sonnantes et trébuchantes) avec les dictatures en Lybie et en Tunisie notamment pour qu’elles bloquent les réfugiés africains à leurs frontières. Mais les printemps arabes sont passés par là, et parfois avec l’aide des armées occidentales dans le cas de la Lybie, pour bouter les dictateurs hors du pouvoir. Il semble même nous souvenir qu’à l’époque de la guerre contre la Lybie la gauche française honnie par le Fig-Mag n’était pas au pouvoir… Depuis le chaos règne dans ces territoires qui ne sont plus capables de maintenir les accords passés. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment la volonté compte tenu du moyen de pression que cela représente sur les démocraties européennes. Entre temps le nombre des réfugiés a cru de façon considérable avec les conflits en Syrie, en Irak et depuis peu en Turquie.

Bref, la situation est complexe et ne se résoudra pas facilement. Elle reste quand même assez marginale quand on la compare aux flux de millions de migrants apparus après la deuxième guerre mondiale alors que le découpage de l’Europe se mettait en place (le partage dit de Yalta), ou, plus récemment lors de la crise des boat-people vietnamiens et cambodgiens fuyant le communisme en Asie du Sud-est. A long terme, seuls l’apaisement et l’enrichissement des pays d’émigration permettra de réduire le flux de candidats au départ. Cela va prendre du temps… En attendant il va sans doute falloir se résoudre à ce que le monde occidental accueille et finance chaque année quelques dizaines de milliers de ces migrants.

On peut être pour, on peut être contre, le principe de réalité va devoir primer. Aucun pouvoir en France, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a réussi à bloquer cette immigration. On se souvient des charters Pasqua que le corse gouailleur alors ministre de l’intérieur sous la présidence Chirac avait tenté de mettre en place (une mesure répressive forte comme les aime Guillaume Roquette) : les immigrés clandestins que, déjà, même Pasqua le matamore, n’arrivait pas à empêcher de rentrer en France, étaient censés être reconduits dans leurs pays. Dans un premier temps par vols réguliers avant que les compagnies aériennes ne s’y opposent compte tenu du grabuge provoqué par ces opérations (auxquelles votre serviteur a assisté à de nombreuses reprises). Puis la République a affrété des vols charters qui ont connus le même sort. Et enfin des avions officiels ont été utilisés jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mis à sac sur l’aéroport de Bamako par la population locale sans doute largement inspirée par ses dirigeants… Et on a plus parlé des charters Pasqua… c’était il y a 35 ans !

Guillaume Roquette, la solution forte est sans doute possible, probablement moins facilement qu’en Australie qui est… une ile, mais si un pouvoir démocratiquement élu la décide, eh bien allons-y. Mais que diable Guillaume Roquette : investiguez, informez, fouillez, analysez, faites votre métier de journaliste avant de lancer des slogans comme de la bouillie pour chat. Vous avez des neurones en état de fonctionnement, vous avez fait des études supérieures, vous travaillez dans un journal qui a des moyens : faites le pari de l’intelligence Monsieur Roquette, c’est aussi votre devoir d’informer.

Rappelons que l’Etat inconséquent vilipendé par Guillaume Roquette à longueur de colonnes verse au nom de ses contribuables, lecteurs ou pas du Fig-Mag, des subventions annuelles pour aider la presse. Le Figaro a perçu 16 millions d’euros en 2014.

L’UMP est vraiment impayable !

UMP-logoVraiment impayable : le chef des Jeunes Populaires, le machin réunissant les jeunes de ce parti, est un citoyen camerounais en situation irréguliére. Et le plus désopilant c’est qu’il appartient au courant dit de la Droite Forte, animé par les deux têtes-à-claques de plateaux-télévisés Guillaume Pelletier et Geoffroy Didier. Rappelons au passage que ce dernier bénéficiait d’un salaire de 8 500 EUR mensuels (bruts) versé par une UMP en faillite dans la même série que Rachida Dati qui émargeait avec des notes de téléphone 10 000 EUR par an.

L’UMP qui n’économise pas ses envolées lyriques contre l’immigration se retrouve à employer un sans-papier comme une vulgaire entreprise de travaux publics. Cela n’a guère d’importance et n’est pas très grave, mais la simple représentation de Laurent Brutus-Wauquiez découvrant qu’il emploie un sans-papier nous fait nous rouler par terre d’hilarité, et par les temps qui courent il ne faut pas s’en priver.

Non au laxisme de l’UMP en faveur des régularisations massives d’immigrés en situation illégale 🙂 !

L’immigration en Suisse

La Suisse vote pour une limitation l’immigration de masse. Aussitôt la droite forte, le front national et autres tenants de la théorie du complot européen contre les nations applaudissent et veulent s’en inspirer pour le programme de leur retour au pouvoir.

La question qui a été posée en Suisse a été un peu biaisée et brutale, du style « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse » ? En fait pour être honnête il aurait fallu demander « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse et, pour la partie européenne de cette immigration, êtes-vous prêts à renégocier les traités d’adhésion à l’union douanière avec l’Union européenne ». La Confédération helvétique ne fait pas partie de l’Union européenne mais a accès au grand marché, c’est-à-dire qu’elle en a tous les avantages commerciaux sans en affronter les difficultés politiques. Ces avantages commerciaux ont été donnés à la Suisse en échange notamment de son acceptation des libertés de circulation et d’établissement des capitaux et des citoyens. Si la Suisse instaure des lois renonçant à ou limitant la liberté de circulation des citoyens européens, il suffira de changer les traités d’Union douanière. C’est techniquement possible.

Le coté rigolo de l’affaire c’est que comparé à la France, les flux migratoires suisses sont très différents puisque majoritairement européens. Les Suisses ont donc dit aux européens : « restez chez-vous ». Cela vise entre autre une population de frontaliers, français par exemple, qui habitent à Evian et travaillent à Lausanne. Ce dont ne veulent plus les français c’est de l’immigration africaine, ils sont sans doute plus tolérants avec l’immigration purement européenne même s’ils ont quelques prévenances à l’encontre des Roumains, des Bulgares et demain, des Croates, Serbes et tutti quanti. Il sera sans doute délicat dans un référendum de demander à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’immigration (i) non européenne, (ii) des européens à l’ouest de la ligne Oder-Neisse et (iii) des européens à l’est de la ligne Oder-Neisse ? »

L’immigration non-européenne relève de la souveraineté nationale, à quelques réserves près. Si la France veut arrêter de distribuer la nationalité française ou des permis de travail à des populations non européennes type Rama Yade, Fleur Pellerin ou les arrivants au titre du regroupement familial, il suffit de le décider. C’est au programme de la « Droite forte », clan droitier de l’UMP, et de l’extrême droite. Les gouvernements plus modérés s’y sont cassé les dents depuis des décennies. C’est un peu comme les 35 heures, difficiles à démanteler car elles ont obligé les entreprises à procéder à des changements d’organisation si majeurs qu’ils sont quasiment impossibles à défaire ! Depuis l’immigration durant la IIème guerre mondiale pour débarquer en Provence, celle post 1945 pour travailler dans les usines de la France dévastée, le regroupement familial décidé par Giscard dit d’Estaing pour des raisons morales dans les années 70 et enfin, la mondialisation sans doute irréversible, il est difficile d’inverser le mouvement de l’immigration. Même Sarkozy y a échoué.

Dans la vraie vie il faut sans doute réguler l’immigration sans trop le crier sur les toits. C’est d’ailleurs ce qui est fait en France depuis des années avec plus ou moins de flexibilité selon les majorités. Le reste ne représente plus un problème majeur, y compris les 10 000 ou 20 000 roms qui perturbent la population. C’est un problème mineur par rapport à la question des finances publiques ou des lobbies économiques qui bloquent toute réforme de la société française. Il serait préférable que nos politiques passent plus de temps à faire de la pédagogie pour expliquer pourquoi on ne peut plus endetter les générations futures pour financer notre niveau de vie actuel, plutôt que pour désigner à la vindicte populaire le voleur de poules comme responsable de la crise économique.

Sujet connexe tout aussi rigolo, la mauvaise volonté du pouvoir français à mettre en œuvre ce fameux referendum d’initiative populaire, outil qui permettrait éventuellement un jour à un parti populiste de provoquer une consultation référendaire sur le modèle de celle intervenu en Suisse.

La France a modifié sa constitution en 2008 (sous l’inspiration de Sarkozy), article 11, qui instaure le référendum d’initiative populaire :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. »

Le monde politique n’a jamais voté les textes d’application, ce qui fait que cette modification constitutionnelle est restée lettre morte depuis ce temps, et constitue l’une des nombreuses escroqueries intellectuelles imposées au peuple français. Donc un référendum d’initiative populaire en France sur l’immigration n’est pas pour demain. Par contre si en 2017 émergeait un pouvoir de droite avec le clan UMP de la « Droite forte » en haut de l’affiche, voire quelques maires et députés d’extrême droite bien installés, le gouvernement d’alors pourra proposer un tel référendum.

Mais que fait l’Europe !

Devant la multiplication des naufrages de bateaux de réfugiés en Méditerranée et leurs cortèges de morts, les Etats membres de l’Union européenne crient avec une touchante unanimité : « Mais que fait l’Europe ! »

Faux-jetonnerie diplomatique de premier ordre, la seule question qui vaille est de savoir quel pourcentage de ces flux d’immigrants chaque Etat est prêt à accueillir sur son sol national ? La réponse est proche de zéro alors chacun regarde ailleurs en se pinçant le nez, et comme cela ne fait pas de mal, les politiques des différents pays tapent sur l’Europe en laissant les Etats méditerranéens se dépatouiller comme ils le peuvent avec ce problème.
Comment aller expliquer à Mme. Michu que l’on va installer un camp de réfugiés dans son champs et espérer ses suffrages pour les élections municipales ? Il est vrai que nos élus, même les moins cyniques et les plus humanistes, sont soumis à ce dilemme kafkaïen.

Et pendant ce temps une gamine kosovare, expulsée de France avec sa famille en situation illégale, déclenche une tempête politique en faisant la nique à la République face à une horde de journalistes français tellement friands de ce genre d’anecdotes. Nos politicards du coup s’en donnent à cœur joie sur les plateaux télévisés, dans un déferlement d’invectives et de propositions aussi démagogiques qu’inapplicables, la presse adore et Mme. Michu en redemande.

En matière d’immigration, le mieux serait d’appliquer la loi sans en faire de publicité, mais c’est sans doute trop demander à nos responsables en ces temps de démocratie participative.

La comédie humaine…

L’immigration en France des populations Rom (nomades) de Bulgarie et de Roumanie dans le cadre de la liberté de circulation qui a été donnée aux citoyens de ces pays suite à leur adhésion à l’Union européenne, déclenche force commentaires et conflits politiques franchouillards devant le spectacle pathétique de ces crève-la-faim recréant des bidonvilles au hasard de leurs pérégrinations et déployant la mendicité de gamins crasseux sur les trottoirs.

La libre circulation des personnes (comme des capitaux) est un des éléments faisant partie des traités constitutifs de l’Europe, et encore est-elle limitée pour les pays non-Schengen (visa tourisme 3 mois). Si l’on veut restreindre cette liberté il faut renégocier les traités. Si l’on veut ne pas supporter les effets pervers de cette liberté, il faut sortir de l’Europe et donc aussi renoncer à ses effets bénéfiques.

Au-delà des réactions épidermiques des uns et des autres sur ce sujet, le problème de fond est d’avoir fait adhérer la Roumanie et la Bulgarie à l’Union européenne en 2005 après 10 ou 15 ans de négociations. Il était sans doute difficile d’y échapper après la dé-soviétisation de ces pays en 1989. Ces négociations sont, comme toujours, un doux mélange de vision politique (faire revenir ces pays à l’Europe occidentale qu’ils n’auraient jamais dû quitter après 1945) et de sordides intérêts commerciaux : j’accepte l’adhésion des pays de l’Est [question vitale à l’époque pour l’Allemagne] mais toi tu renonces à la puissance du Deutsche Mark pour lancer l’euro, ou tu acceptes que l’Union européenne finance et aide l’Afrique [question toujours vitale pour la France de tous temps], etc. etc. C’est la comédie humaine, comme toujours faite de nobles objectifs, de conséquences désastreuses, mais aussi sans doute d’effets bénéfiques. Nous avons fourgué des Airbus aux compagnies aériennes de ces pays, Renault a acheté Dacia, etc. Dans ce genre de construction multilatérale, les Etats ne savent plus dire non, soumis à une multitude d’intérêts contradictoires. Même l’Allemagne a finalement dû se résoudre à participer au sauvetage de la Grèce, c’est dire ! L’Histoire dira si la balance de tout ceci aura été positive pour l’ensemble de l’Union européenne comme on peut le penser.

Tant que la France est membre de l’Union européenne, la gestion des dommages collatéraux comme la question Rom doit être négociée patiemment dans les instances européennes sur une base multilatérale avec les pays d’origine. En attendant de trouver une solution un peu plus durable, la France (de droite comme de gauche) applique sa Loi et les textes européens : destruction des bidonvilles insalubres et renvoi dans leurs pays des voyageurs en situation irrégulière. Il serait plus élégant et responsable de la part de la classe politique de le faire sans trop de tambours ni trompettes, mais c’est sans doute trop en demander à des responsables accrochés à leurs comptes Twitter. Le reste n’est que caquetages de coqs sur leurs tas de fumier, à la recherche des votes de Mme. Michu, comme un troupeau de Zébus en quête de points d’eau après la migration.

Et il faudra bien trouver une solution acceptable pour tous puisqu’après la Croatie qui vient d’adhérer au 01/07/2014, d’autres pays sont sur la liste d’attente : la Serbie qui a livré ses criminels de guerre (et engagé DSK comme conseiller économique), le Kosovo sans doute un jour, la Turquie sans doute jamais, l’Albanie pour beaucoup plus tard… Mais l’Europe n’a pas encore atteint sa taille finale.

Hachimi Alaoui Myriam, ‘Les Chemins de l’Exil – Les Algériens exilés en France et au Canada depuis les années 1990’.

Sortie : 2007, Chez : L’Harmattan.

Les parcours différenciés de citoyens algériens qui ont fuit la violence de leur pays. Souvent des intellectuels, menacés mais aussi plus aptes à se « recaser » à l’étranger. La langue française les conduit de préférence dans l’un de ces deux pays. Expériences croisées dans l’ancienne puissance coloniale et son cortège de remugles d’un passé agité, ou découverte d’un pays fondé sur l’immigration. Construit autour d’interviews d’un groupe d’exilés, ce livre universitaire raconte ces vies exilées et les sentiments partagés de ceux qui les vivent.