La réforme constitutionnelle

Le scrutin public sur l’ensemble du projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation qui vise à constitutionnaliser la déchéance de nationalité a été approuvé en première lecture par l’assemblée nationale le 10/02/2016 à 317 voix pour, 199 contre et 51 abstentions.

Parmi les élus conservateurs qui ont voté contre on note quelques têtes connues : Benoist Apparu, Bernard Debré, Patrick Devedjian, François Fillon, Hervé Gaymard, Henri Guaino, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche, Thierry Mariani, Hervé Mariton et d’autres moins en pointe.

Les principales dispositions du projet de loi sont les suivantes :

Article 1er Introduction dans la Constitution du régime de l’état d’urgence, en en précisant les conditions de mise en œuvre par la reprise des dispositions des trois premiers articles de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence.

Article 2 Modification de l’article 34 de la Constitution, qui définit le champ de compétence du législateur, afin d’y ajouter la possibilité de déchoir de leur nationalité française les personnes nées françaises, ayant une autre nationalité et condamnées pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation.

Le sénat à majorité conservatrice a déjà annoncé son intention de démonter le texte pour le réécrire. Il n’est pas sûr que la constitution puisse finalement être modifiée sur ce point.

Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith

Massive_Attack_20160227_01Massive Attack publie un disque 4 titres : Ritual Spirit, dans un minimalisme d’une beauté froide, et consacre deux dates à Paris pour terminer sa tournée européenne. De nouveau ils viennent diffuser leur trip-hop aux relents si sombres à l’image de la confusion de notre monde. C’est le retour du son de Bristol avec ses hérauts du chaos sur fond de basses massives, d’électronique troublante et de voix susurrant une poésie de l’absurde. La puissance de ce groupe reste dévastatrice et fascinante. Elle est mise au service de l’engagement politique de ses membres et d’une vision musicale qui glace le sang.

En formation classique : double batteries, un bassiste (Winston Blissett), un guitariste (Angelo Brushini), 3D et Daddy G aux voix et claviers-machines, ainsi que Martina Topley Bird, Horace Andy et Shara Nelson en intermittents chanteurs de luxe pour des prestations époustouflantes.

Suivant le rituel désormais récurrent les messages-slogans défilent sur les immenses écrans électroniques du fond de scène tels les horaires d’avions dans un hall d’aéroport. Et les mots diffusés jusqu’à l’écœurement parlent de la barbarie en Syrie, de la désespérance des gigantesques mouvements de population qui enflamment le Moyen-Orient et autres contrées. Sur l’un des longs et lugubres instrumentaux du show, un dialogue entre un pilote de drone en train d’ajuster une cible humaine, et sa base, s’affiche sur les écrans alors que les guitares se déchaînent pour accompagner l’embrasement final. Les mots sont simples et soulignés par les images terribles de tous les conflits qui tuent sur cette planète dans le désert d’indifférence et d’égoïsme où vit le reste du monde plus préoccupé par les cours de la bourse que par la guerre.

Trois des quatre nouveaux morceaux sont joués avec la participation d’Azekel sur Ritual Spirit, un londonien dont la voix haut perchée réverbère et résonne à l’infini sous les arches métalliques du Zénith. Take It There déploie ses arpèges mineurs et son brouillard de mots. Sur le disque Tricky a repris du service mais c’est Daddy G qui entonne ce soir son refrain crépusculaire : She’s with me, we share the pain/ Treat the girl like licorice/ She’s so soft and ticklish/ Take you there, and take your time/ Take your time/ Take you there, you’ll lose you mind/ Take you there, and take your time…

Voodoo in My Blood a donné lieu à la sortie d’une formidable vidéo dans laquelle l’actrice britannique Rosamund Pike joue une danse ensorcelante avec un OVNI qui a pris possession d’elle qui n’est pas sans rappeler l’incroyable performance d’Isabelle Adjani en pleine crise d’hystérie dans un couloir de métro dans… « Possession ». Sur scène les Young Fathers qui assuraient la première partie viennent épauler leurs maîtres, y compris dans leur message politique.

Le reste de la set-list (identique pour les deux concerts) est plus classique avec quelques envolées éblouissantes sur Angel, Inertia Creeps et Future Proof, notamment, qui restent les marqueurs du groupe. Hélas celles-ci furent interrompues par les problèmes techniques le premier soir poussant le groupe à quitter la scène sur Future Proof, 3D plutôt énervé. En réalité les spectateurs n’ont pas vraiment identifié de changement dans les conditions soniques du show mais les musiciens ont sans doute l’oreille plus fine. Durant quinze minutes des ingénieurs trifouillent les câbles et les machines avant que le show ne reprenne. Le lendemain nous fûmes réconciliés avec des Massive Attack de meilleure humeur qui produisirent un show d’un excellent cru.

Martina Topley Bird a envouté le Zénith avec sa grâce intergalactique, ses tenues de guerrière du désert, son maquillage de squaw apache et surtout cette voix profonde et douce qui donne instantanément la chair de poule. Sur Paradise Circus, seule sur une ritournelle de clavier et la rythmique elle danse entre les couplets d’une manière mystérieuse et enfantine, rien que le cheminement de ses mains et ses doigts dans l’espace est un concentré d’élégance pendant que s’égrènent la mélopée lancinante sur laquelle elle pose sa voix : Love is like a sin, my love,/ For the one that feels it the most/ Look at her with a smile like a flame/ She will love you like a fly will never love you again.

Encore à l’affut de collaborations productives, cette année les Young Fathers et Azekel ont apporté un peu de jeunesse aux bases du groupe sans en dévier l’inspiration pour le son urbain et troublant qui remporte toujours le même succès en France.

Set list 27/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
Warm up: Young Fathers

Set list 26/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof (band leaves stage due to technical issues)/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps (aborted, restarted then… more )/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
Warm up: Young Fathers

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Titine monte à nouveau au front

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Martine Aubry, 65 ans, maire de Lille, membre du parti socialiste tendance archéo, cosigne une tribune dans le journal Le Monde du 25/02/2016 avec quelques élus verts et socialistes et des membres de la société civile. Ensemble ils se plaignent de la politique libérale du pouvoir en place, du projet constitutionnel de déchéance de la nationalité au « pacte avec le MEDEF » en terminant bien sûr avec le projet de réforme en cours du code du travail. Tout est à jeter selon les signataires qui assortissent leur jugement des grands mots de circonstance sur les valeurs, le nouveau modèle de développement social et écologique, l’identité de la France et patati-et-patata.

Toutes ces idées sont nobles et légitimes mais quelle est l’utilité de les publier dans la presse ? A peu près nulle sinon de vendre un peu de papier dans les kiosques, quelques clics sur les médias sociaux et du temps d’antenne sur les plateaux mondains car les journalistes, comme toujours, adorent se jeter sur ces combats de basse-cour.

Il faut que Martine Aubry et les siens se comptent, au sein du parti socialiste pour commencer, puis sur les bancs du parlement pour finir. Ils doivent présenter des motions au congrès du PS, des candidats aux primaires s’il y en a, et un programme de gouvernement aux électeurs. Ils verront bien après ce travail s’ils ont des citoyens derrière eux. Ce n’est pas dans Le Monde qu’ils feront notablement avancer leurs idées.

Rappelons la haine politique que Martine Aubry voue au premier ministre Manuel Valls qui nous avait valu cette exceptionnelle lettre signée par elle en 2009 en tant que chef du parti socialiste où elle recommandait à l’impétrant de démissionner du parti. Il faut la relire car c’est une vraie leçon de morale et de socialisme à celui qui est devenu premier ministre et essaye de moderniser la gauche française contre les vieilles lunes du socialisme français : cliquez ici pour la lettre et sa réponse.

Accessoirement, on constate que Mme. Aubry continue à ses teindre les cheveux, ce qui lui fait au moins un point commun avec le président de la République. Ils se retrouvent tous deux sur le terrain de ceux qui n’assument pas leur âge et cherchent à maquiller la réalité.

Religion en Israël

Une révolution culturelle en Israël : le gouvernement a décidé de l’ouverture d’une section mixte au mur des lamentations. Jusqu’à ce jour il existe une section hommes et une section femmes, hermétique l’une pour l’autre. Les partis israéliens orthodoxe s’opposent et dénoncent un affront aux traditions. Le sujet était en débat depuis des siècles et avait provoqué encore récemment des affrontements entre modernistes et régressifs.

Pas facile de faire évoluer la religion…

Rectifications de l’orthographe

La polémique dans les dîners en ville

Najat Vallaud-Belkacem (que beaucoup se plaise à appeler simplement Belkacem pour bien marquer son origine immigrée) ministre de l’éducation supprime les accents circonflexes…

L’académie française n’a jamais approuvé cette réforme de l’orthographe…

etc, etc…

Les faits

Le journal officiel de la République française – édition des documents administratifs, daté du 06/12/1990, a publié un document de 17 pages intitulé « Les rectifications de l’orthographe ». Les recommandations qu’il contient sont le fruit du travail du conseil supérieur de la langue française, constitué au sein de l’académie française et présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française (à l’époque). Pour ceux qui s’en souviennent, l’homme n’était pas à proprement parler un dangereux bolchevik, la faucille entre les dents sanguinolentes. Il signe bien le document en tant que « secrétaire perpétuel de l’académie française » et précise dans un long préliminaire que le conseil a bien entendu consulté l’académie française :

Pour ces motifs, et à quelques réserves près, minimes, que le Conseil supérieur a bien voulu prendre en compte, l’Académie, à l’unanimité, a approuvé les propositions du Conseil. Et elle est disposée à les mettre en application dès la publication du 6e fascicule de son dictionnaire, l’an prochain.

S’en suivent la description des grands principes des rectifications proposées dont celles de l’accent circonflexe :

Vous avez ensuite confié au Conseil la tâche d’améliorer l’usage de l’accent circonflexe, source de nombreuses difficultés. Après avoir examiné cette question avec la plus grande rigueur et en même temps la plus grande prudence, il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr.

Et une quinzaine de pages décrivant par le menu détail les rectifications que chacun pourra lire en cliquant sur Les rectifications de l’orthographe. Le document est mesuré et prudent, rappelant à de multiples reprises l’avis favorable à l’unanimité de l’académie française ainsi que l’accord du conseil de la langue française du Québec et celui du conseil de la langue de la communauté française de Belgique, précisant bien qu’il ne s’agit pas de réformer mais de rectifier. Bref, c’est le travail apaisé et démocratique d’une vieille Nation qui cherche à faire vivre sa langue constitutionnelle.

Les conclusions

  1. L’accent circonflexe n’est pas supprimé.
  2. L’académie française a bien approuvé les rectifications proposées par le conseil supérieur de la langue française présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française, malgré les dénégations de l’actuel secrétaire perpétuel dans le journal Le Figaro.
  3. Des journalistes de rencontre continuent à divaguer sur des textes officiels qu’ils n’ont pas lus.
  4. Mme. Vallaud-Belkacem a bien repris la place de punching-ball laissée vacante par la démission de « Taubira la laxiste ».

Postface

Un pays dont toute une élite médiatique jusqu’à Mme. Michu au Café du commerce crée de toutes pièces un psychodrame qui agite le microcosme des semaines durant, basé sur des assertions non vérifiées alors que toute l’information est disponible, un tel pays donc est inefficace car il privilégie l’écume sur le fond, la polémique inutile sur l’action sereine, la querelle oiseuse sur le débat conclusif. Ce pays ne doit pas s’étonner de ses échecs. Polémiquer ou produire, son peuple doit choisir !

L’agriculture face au libéralisme

Le monde rural français est en émoi devant la baisse des prix internationaux de ses productions. Des paysans manifestent, déversent des tonnes de purin devant les préfectures, bloquent les routes et les supermarchés en appelant au soutien des prix, c’est-à-dire la générosité des contribuables et des consommateurs, nationaux ou européens.

Soudainement on n’entend plus les parangons du libéralisme échevelé, les ayatollahs du libre marché, les Guillaume Roquette de pacotille qui a longueur de journaux (subventionnés par les contribuables) vantent les mérites de Monsieur le Marché pour réguler nos vies enfermées dans l’étatisme de la « gauche laxiste ». Ceux-là en appellent à « prendre des mesures drastiques » ou à « envoyer des signaux forts » sans plus de précisions…

La vérité c’est que nous sommes en surproduction agricole ce qui amène très logiquement Monsieur le Marché à ajuster ce déséquilibre en poussant les prix à la baisse. C’est ce qu’on appelle le principe de « l’offre et la demande », un concept assez élémentaire mais qu’il conviendrait de ne pas utiliser uniquement lorsque cela arrange des positions politiciennes et en dérange d’autres. La baisse des prix pousse en dehors du marché les producteurs qui ne peuvent pas aligner leurs coûts sur ceux des voisins.

On peut considérer que l’agriculture doit sortir des fourches caudines de Monsieur le Marché mais à ce moment-là il faut accepter de faire payer le consommateur ou le contribuable, ou les deux plus probablement. Il faudra aussi accepter de ne plus (ou de moins) exporter car une production subventionnée jouerait une concurrence déloyale face à celle de Monsieur le Marché. Soit les prix sont libres et fruit de la confrontation de l’offre avec la demande, soit ils sont administrés. C’est un choix de société que là encore le monde politique et médiatique s’honorerait à poser un peu plus clairement devant les citoyens.

A court terme c’est le contribuable français qui paye pour subventionner le manque de compétitivité d’une partie de la production agricole française et débloquer provisoirement la situation. En réduisant les charges sociales des agriculteurs sans baisser les prestations dont ils bénéficient, on fait donc payer ces dernières par les autres. C’est le jeu de bonneteau budgétaire favori de la République, depuis des années…

Heather Nova – 2016/02/16 – Paris l’Alhambra

Heather_Nova_2014

Heather Nova passe à l’Alahmbra avec un groupe ramassé et plutôt acoustique, un garçon multi instrumentiste contrebasse/violoncelle/guitare/clavier et une batterie jazzy. Toujours simple et belle, des fleurs tropicales enroulées autour de son pied de micro elle chante et joue de la guitare avec grâce, une voix à la Joan Baez, très pure et un peu brumeuse, un folk poppy teinté de mélancolie. Cela fait un peu chapelle, un peu boyscout et fleure bon une ambiance hippie qui aurait pris un coup au moral. Heather a beau être née sous le soleil des Bahamas elle décline des balades plutôt tristounes que son vibrato rend parfois tragiques.

Qu’importe, tout ceci est beau et doux, cette voix nous porte comme une brise d’automne, légère mais déjà un peu fraiche : Hey don’t cry, the night is almost through/ And I’ll be here to hold and comfort you/ Sometimes you’ll look out on dark and stormy skies/ But darling remember the sun will always rise/ And bring the light, and bring the light (The Sun will always rise – 2005).

Setlist : 1. Treehouse/ 2. I Wanna Be Your Light/ 3. Girl On The Mountain/ 4. Island/ 5. Sea Glass/ 6. Paper Cup/ 7. The Archaeologist/ 8. Winter Blue/ 9. Walking Higher/ 10. Moon River Days/ 11. London Rain/ 12. Lie Down In The Bed You’ve Made/ 13. Fool For You/ 14. Sea Change/ 15. I’m Air/ 16. Like Lovers Do/ 17. This Humanness/ 18. The Sun Will Always Rise/ 19. Sugar
Warmup : Mishka

Dévorés par l’ambition

Trois des nouveaux ministres arrivée dans la fournée du remaniement ministériel sont écologistes. Leurs partis sont en ruines mais leurs égos sont en forte croissance. Il reste à peine 15 mois avant les prochaines élections présidentielles ce qui veut dire que compte tenu du délai de mis en route (2 mois minimum la sortie des décrets fixant leurs périmètres, nomination des cabinets, installation matérielle, etc.) et des 2 mois de gel de l’action qui vont, au minimum, précéder l’élection, il leur reste moins d’un an de service actif. Que pourront-ils faire d’utile pour la République durant cette période ? Probablement pas grand-chose. Ils vont par contre ruiner leur vie durant ces quinze mois mais ils vont être célèbres l’espace de ce temps, et ça, cela n’a pas de prix pour eux.

Mais pour leur défense, il faut rappeler que toute cette agitation est le fruit de la fuite piteuse du ministre des affaires étrangères qui a abandonné son poste pour contrat à durée déterminée de 9 ans qui l’emmènera jusqu’à ces 80 ans.

Malgré tout il aurait sans doute été plus efficace de se contenter de juste remplacer le lâcheur sans autre forme de procès, plutôt que de lancer un remaniement plus vaste qui ne fait qu’attiser l’ambition qui dévore ces personnages.

Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie

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Rétrospective Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie (MEP), exposition prisée par les bobos du Marais : il y a 30mn de queue devant ce sympathique musée parisien. Bettina est passée maître dans la photo de personnages à la beauté plastique et à la sexualité indécise, mis en scène soit dans des décors un peu lugubres et déglingués (chambre d’hôtel [de passe ?] au papier peint d’un autre âge avec bidet dans un coin) ou de fonds unis et glaçants où se fondent ses personnages rarement souriants. Images posées et travaillées aux couleurs souvent flashantes, tout est forcé et irréel, traduisant l’étrange vision que l’artiste porte sur ses congénères.

Et comme on est décidément à l’aise dans ce musée on finit par l’accrochage des photos rocks de Renaud Monfourny qui passe en revue en noir-et-blanc nos héros musiciens de ces dernières décennies :MEP_Monfourny_01

Maison Européenne de la Photographie

Laurent Fabius abandonne le radeau

Laurent Fabius, 70 ans, grand bourgeois politiquement rose, couvert de diplômes et de postes depuis sa plus tendre jeunesse, a décidé, seul dans son coin, de démissionner en abandonnant ses bons amis du gouvernement au milieu du gué. Et pour quelle raison demanderez-vous ? Non pas pour une retraite paisible après ces années de succès et d’échecs dans le marigot politique, mais pour attraper au vol le poste bientôt vacant de président du conseil constitutionnel, un des beaux maroquins de la République qu’il gardera pour neuf années, soit jusqu’à 80 ans…

Le garçon est intelligent et n’a pas plus démérité que ses petits camarades en politique. Mais comme eux il se rend coupable du péché de gourmandise en dépassant franchement les bornes de la décence. A son âge avancé, ayant fait son temps, il montre une nouvelle fois l’incapacité des hommes politiques à résister à l’attrait du pouvoir. Il aurait logiquement dû prendre sa retraite. Sans doute ne sera-t-il pas complètement inefficace à ce poste, au moins durant les premières années de son mandat, mais il ne sera pas meilleur qu’un autre et, en shootant sur un lampadaire de la rue de Montpensier tombent au moins dix candidats d’égale valeur et de quinze ans de moins…

Plus grave, ce lâchage en rase campagne d’un gouvernement à la peine force à un remaniement ministériel qui entraîne de changements de responsables donc des périodes de passation de services peu propices à l’action. Bref, Laurent Fabius avait le choix entre choisir l’intérêt supérieur de la République en restant en poste jusqu’à la fin du quinquennat, ou partir en courant pour attraper un poste lui permettant de valoriser son égo pour neuf années de plus. Il n’a pas hésité à privilégier sa personne. C’est dommage, une sortie ratée.

Le parlement à la dérive

Voici deux mois que les parlementaires s’écharpent en public, au sénat, à l’assemblée nationale et sur les plateaux télévisés sur le vote du principe de la déchéance de la nationalité française aux individus se rendant coupables de terrorisme, principe à inclure dans la constitution de la République. Tout le monde s’accorde à penser qu’une telle mesure ne sera pas dissuasive à l’encontre d’apprentis terroristes qui se disent inspirés par un message divin et dans la plupart des cas meurent au cours de leurs actions terroristes. La proposition est symbolique et ne sera probablement jamais appliquée ni applicable.

Mais tout le monde discutaille les virgules du texte avec arguments recevables dans un sens comme dans l’autre offrant le spectacle affligeant de batailles de mots alors que les circonstances d’attentats terroristes religieux ayant fait des dizaines de morts en France devraient prêter à un peu plus de modestie aux égos surdimensionnés de nombre d’élus, et surtout pousser tout ce beau monde vers l’efficacité. La mesure est symbolique et inutile, certes, mais la droite comme la gauche en ont approuvé le principe alors adoptons là rapidement et passons à autre chose plutôt que de pinailler.

Après tout, si des citoyens veulent éviter de se voir déchoir de leur nationalité il leur suffit de ne pas commettre d’actes terroristes ! La vraie crainte est de savoir ce qu’un parlement avec une majorité d’extrême droite ou tout simplement de droite « forte et décomplexée » pourrait faire de cette option de déchéance si elle se laissait aller. Mais restons optimistes en rappelant que ce qu’une loi a fait, fut-elle constitutionnelle, une autre loi peut le défaire.

GREENFIELD Robert, ‘Exile on Main St. – A season in hell with The Rolling Stones’.

Sorti : 2004, Chez : Da Capo Press (version anglaise).

L’histoire mondaine de l’enregistrement de « Exile on Main St. » le disque légende des Rolling Stones qui fut enregistré dans une villa du sud de la France en 1971, plus exactement au sous-sol de la luxueuse villa Nellcote louée par Keith Richards et Anita Pallenberg.

Le livre raconte l’atmosphère de la villa où se côtoyaient musiciens mythiques et dealers corses, où allaient et venaient les cinq Rolling Stones, leurs enfants et un entourage pas toujours très recommandable. De ce marigot fécond est sorti un disque remarquable, dans la souffrance et dans l’ivresse. C’est l’histoire d’une époque fertile et dangereuse dont les Stones ont réussi l’exploit de sortir à peu près indemnes et surtout sont restés créatifs depuis des décennies grâce à ce duo de choc Mick Jagger et Keith Richards.

Le journaliste-auteur insiste bien sûr sur l’héroïne qui semblait couler à flot à Nellcote et est sans doute pour quelque chose dans la création de ce disque. Il tient la chronique des jours qui passaient et des phantasmes qui sont restés sur l’extraordinaire aventure de ce disque. On y parle pas beaucoup de musique mais plutôt de comportements, c’est intéressant aussi.

Cinéma : « Salafistes »

Salafistes

Un documentaire controversé qui donne la parole aux islamistes. Tourné principalement dans Tombouctou occupé pat les islamistes et à Nouakchott où sont interviewés deux imams il est ponctué de quelques vidéo de propagande du groupe Etat Islamique. La polémique vient de ce que seule la position des islamistes est mise en avant et pourrait ainsi faire considérer le film comme une œuvre de propagande, il a de ce fait été interdit au moins de 18 ans.

Les longues interviews des religieux salafistes sont édifiantes, elles déroulent la pensée unique de ces personnes dont l’unique objectif est de mettre en œuvre la loi du Coran et l’interprétation qu’ils en font. Il n’y a pas à discuter, pas plus à raisonner, seule la mission divine compte. On ne peut même pas parler de système de gouvernement d’un Etat ou d’administration d’un peuple, non, le programme est juste de s’assurer que les femmes sont correctement voilées, que personne ne boit d’alcool ni n’écoute de musique, ou ne commet le péché d’adultère ou d’homosexualité. Les imams sont conscients que ces objectifs ne peuvent être réalisés que s’ils sont imposés par la force, alors on coupe des mains, on tue les mécréants et on rend hommage aux frères Kouachi ou à Mohamed Merah en justifiant leurs crimes par ceux de la colonisation et des croisades.

Ce film illustre l’aspect régressif de l’idéologie religieuse quand elle tourne dans des cerveaux obtus. On se croit revenu aux temps de l’inquisition médiévale, après tout ce n’était qu’il y a 400 ans en Europe. Evidemment la vision de ce film nécessite un peu de discernement, il interroge en tout cas sur ce qui pousse des gamins occidentaux à adopter cette idéologie et à égorger des mécréants sur YouTube. Le documentaire n’apporte pas de réponse sur ce point, en existe-t-il d’ailleurs ?

Le dogme s’impose sur les esprits faibles mais en principe l’intelligence prend le dessus sur la religion à un moment ou à un autre. En attendant il va bien falloir faire avec cette idéologie qui existe et dont la puissance destructrice des esprits, la capacité de résistance et de nuisance sont très fortes. Ce film est intéressant à ce titre en ce qu’il fait prendre conscience de cette situation.

Tame Impala – 2016/01/31 – Paris le Zénith

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Tame Impala est au Zénith ce soir pour y dérouler sa musique psychédélique, un genre que l’on croyait un peu périmé amis que le groupe australien remet à l’ordre du jour avec brio. Originaire de Perth, sur la côte ouest sur l’océan indien, apparu en 2008, le groupe est celui d’un homme : Kevin Parker, sorcier de l’électronique et du home-studio, auteur-compositeur, guitariste et chanteur. Jeune, grand et mince, les cheveux longs sur les épaules, grand foulard autour du cou il joue pieds nus sur la scène du Zénith pendant que des images de synthèse sont projetées sur le fond. On croirait les fonds d’écran de Windows 95.

Le reste du groupe porte à peu près le même âge et d’identiques vêtements. Ils ressemblent à une bande d’étudiants poètes mais lorsque parle la musique c’est une toute autre histoire ! Ils sont de vrais pros et jouent un son très sophistiqué, traité à l’électronique à un niveau assez élevé. Les guitares se mêlent aux boucles de claviers pour enrober la voix haut placée de Kevin, qui paraît presque surnaturelle. Le son est fort et le rythme enlevé, le concert coule dans nos veines comme un fleuve de modernité. Cela ressemble à une sorte de mélange entre Pink Floyd et Supertramp, revu et corrigé à l’aune de l’électronique de notre siècle numérique.

Une fois passé le vent vigoureux de cette musique, il n’en reste plus grand-chose dans nos esprits, seulement le souvenir d’un show exécuté à la perfection et de cette voix planant très haut dans les octaves sur des boucles obsessionnelles en un résultat étrange et coloré.

Setlist :  Intro/ Let It Happen/ Mind Mischief/ Why Won’t They Talk to Me?/ It Is Not Meant to Be/ The Moment/ Elephant/ Yes I’m Changing/ The Less I Know the Better/ Eventually/ Why Won’t You Make Up Your Mind?/ Oscilly/ ‘Cause I’m a Man/ Apocalypse Dreams

Encore : Feels Like We Only Go Backwards/ New Person, Same Old Mistakes