Courage et finances publiques

La présidence de la République réunit demain les principaux acteurs de la dépense publique, bref, les élus nationaux et régionaux qui tiennent les cordons de la bourse pour les sensibiliser sur l’état des finances publiques, plutôt inquiétant si l’on en juge par les chiffres annoncés, les impôts qui grimpent, sans parler des rapports successifs de la cour des comptes signé de l’impayable plume de feu de son président Philippe Séguin.

Messieurs et Mesdames les élus et les ministres, vous verrez qu’une fois le chiffrage établi les solutions sont techniquement très simples. Réduire un déficit c’est exactement comme augmenter un profit, il faut pousser les recettes et diminuer les dépenses. Nous faisons ceci dans les entreprises tous les matins en arrivant au bureau, c’est à la portée d’un BTS comptable de 1ère année. Après il est juste nécessaire d’avoir un peu de courage politique pour imposer une ligne directrice et s’y tenir. Dans le cas des déficits de la République il faut ajouter une touche de pédagogie pour expliquer la situation aux électeurs. Dans l’entreprise ce n’est pas la peine.

Encore un petit effort Monsieur Juppé

Juppé-le-raide se bonifie avec le temps. Alors qu’on lui aurait proposé de succéder à Seguin à la Cour des Comptes il préfère rester tranquillement maire de Bordeaux et profiter de la vie à l’ombre des vignobles. C’est bien.

Il dit par ailleurs dans Les Echos :

Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise ?

Je regardais la une d’un grand journal ce week-end. A gauche, il y avait Haïti, à droite le milliard de bonus que les banques françaises s’apprêtent à distribuer. C’est obscène et inacceptable. Rien ne justifie à mes yeux qu’on puisse avoir de telles dérives et de tels excès. J’espère que la taxation dont il est question en France va se concrétiser.

Le gouvernement prévoit une taxe de 50% sur les bonus au-delà de 27.500 euros…

Si on n’arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu’il faudra aller plus loin au parlement. On nous dit toujours : « Il y a la concurrence, les banquiers vont filer ailleurs… » Mais la concurrence ne justifie pas l’immoralité.

Pas facile de justifier les sur-rémunérations de certains banquiers !

Michel Pébereau sur France Culture ce matin, pédégé de la BNP, enfume le petit monde des chroniqueurs matinaux en parlant (ce qu’il sait très bien faire) de divers sujets financiers dont les bonus des opérateurs de marché. Devant les rémunérations très élevées de certains d’entre eux il explique qu’il s’agit d’un marché international de compétences rares et qu’il faut donc s’aligner sur la concurrence. Concernant les dirigeants dont lui-même, il mentionne un récent article du Journal du Dimanche qui citait les salaires des entraîneurs d’équipes françaises de fouteballe il était tout heureux d’annoncer que son directeur général gagnait moins le mieux payé de ces entraîneurs.

C’est sans doute vrai mais intellectuellement peu convaincant quand on voit les performances desdits opérateurs de marché qui ont mis l’économie mondiale à terre lors de la crise financière de 2008 de part leur incompétence. Leurs rémunérations excessives fut sans doute l’un des facteurs explicatifs de cette situation, les amenant à arbitrer plus en faveur de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de leurs employeurs.

Il faut y croire

Dans la lettre aux actionnaires d’EDF, le nouveau pédégé Proglio répond à des questions, notamment :

Vous accordez une place particulière à l’humain dans cette grande ambition [le développement industriel et humain de la compagnie]. Pourquoi ?

C’est une conviction profonde, nourrie de mon expérience de dirigeant : la réussite d’une entreprise repose sur la motivation et le savoir-faire de ses équipes. L’engagement des hommes et des femmes d’EDF est connu et apprécié ; ils doivent être au cœur du projet. Il faut faire revivre une grande ambition sociale, en particulier pour développer et transmettre les compétences. Les clients et les actionnaires y gagneront aussi : plus de compétence, c’est plus de performance !

Un modèle du genre…

Copenhague et la poissonnière

Le sommet de Copenhague est qualifié d’échec retentissant par ma poissonnière. La lecture des conclusions de ce sommet pour le climat amène à des conclusions plus mesurées. Malgré ce que clame la vendeuse de merlans du chroniquer il y a tout de même quelques engagements chiffrés : ceux de l’aide financière que les pays développés s’engagent à fournir aux pays émergents pour les aider à s’adapter pour limiter les changements du climat, soit 30 milliards de dollars pour la période 2010/2012, puis 100 milliards par an à partir de 2020. Ce n’est pas rien, n’en déplaise à Mme. Michu.

Il par contre vrai que les annexes 1 & 2 ont été signées en blanc et doivent être remplies d’ici le 31/01/2010. La n°1 concerne les objectifs de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2020 et la n°2 les actions à prendre par les pays en voie de développement (developing) qui ne sont pas dans l’annexe 1, c’est-à-dire ceux qui ne prendront pas d’objectifs chiffrés. Il sera d’ailleurs intéressant de voir comment se répartiront les 192 pays membres de l’ONU entre annexes 1 et 2…

A suivre donc d’ici le 31 janvier, et en reparler à la poissonnière si besoin est…

Goldman Sachs au tableau d’honneur

La finance s’auto-congratule en cette année 2009 et le Financial Times a désigné person of the year Lyod Blankfein, pédégé de la banque américaine Goldman Sachs. Et il faut quand même le faire… En 2009 alors que tous ces banquiers d’affaires par leur incompétence et leur rapacité ont explosé la planète finance et dû faire la manche auprès du contribuable international pour survivre, délivrer cette reconnaissance à un des leurs relève vraiment de la faute de goût. Le FT aurait peut-être pu regarder du côté des industriels méritants plutôt que de désigner un représentant des services financiers gorgé de rémunérations imméritées ?

Goldman Sachs récompensé par le FT, c’est Benoît 16 soupapes qui béatifie Pie XII, autocongratulation et consanguinité, bref, de la dégénérescence annoncée.

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