La teinture déborde…

Incident comique dans les suites de l’élection présidentielle américaine, l’avocat du président sortant, Rudy Giulani (76 ans), lors d’une intervention devant la presse durant laquelle il faisait un peu chaud et la teinture dont il couvre le peu de cheveux qui lui reste s’est mise à couler. Cet évènement, à la hauteur du galimatias déversé par l’impétrant pour tenter de contester les résultats de l’élection de son mentor, illustre une nouvelle fois le syndrome de la teinture chez le personnel politique.

Lorsque l’on refuse d’accepter les effets du vieillissement sur ses cheveux on présente un sérieux handicap pour faire de la politique où la réalité est parfois bien plus dérangeante que le simple blanchiment de ses cheveux… Message transmis à Mme. Hidalgo, Royale, Aubry, M. Hollande et bien d’autres !

Les républicains américains continuent à se battre pour la victoire de leur candidat à l’élection présidentielle

Signature de Donald Trump

Alors que le président Trump continue, entre deux parties de golf à inonder le réseau dit « social » Twitter de messages contestant la victoire de son concurrent démocrate Biden, les soutiens dont il bénéficie au sein de son propre parti Républicain commencent à s’étioler au fur et à mesure que sont rejetés les recours initiés en justice pour accuser les Démocrates de fraude électorale.

L’aspect plutôt comique dans cette bataille est aussi lié au mode de vote des Etats-Unis. A l’occasion de l’élection présidentielle les électeurs se prononcent sur le même bulletin pour toute une série d’élections complémentaires, variables selon des Etats. En l’occurrence ils ont voté pour le renouvellement d’un tiers des cent sénateurs et ont laissé pour le moment la majorité aux Républicains, ce qui procure à ce parti la capacité de bloquer toute mesure significative pour le pays comme cela a été fait durant la présidence Obama.

Contester la légalité du vote revient à remettre en cause non seulement le résultat en faveur du candidat démocrate mais aussi les votes en faveurs des sénateurs républicains puisque tous ont été exprimés sur le même bulletin. Difficile de rejeter l’un en gardant les autres. Mais cela peut toujours être tenté par le bataillon d’avocats mis en œuvre par l’entourage du président actuel, qui a lui aussi tendance à se réduire comme peau de chagrin face au poids de la réalité.

En réalité on semble bien se diriger vers le non-renouvellement du président Trump ce que devrait définitivement valider le vote des grands électeurs prévus pour mi-décembre. Ensuite il faudra juste faire déménager l’actuel résident de la Maison Blanche. On n’ose imaginer qu’il faille employer la force ou qu’il refuse d’assister à la cérémonie de prestation de serment de mi-janvier comme le veut la tradition du pays. Tout est possible ! En attendant il reste encore deux mois au président américain pour pratiquer la politique de la terre brûlée et jouer au golf.

Lire aussi : Compte Twitter Donald Trump

Le tweetos de la Maison Blanche

Donald Trump

Président en principe « en sursis » sous réserve du résultat des recours qu’il fait mener contre les résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre, Donald Trump continue à gouverner par message Tweeter. Le président ne serait pas sorti de la Maison Blanche depuis ce jour funeste du 3 novembre où il aurait perdu l’élection, sauf pour aller jouer au golf.

Son ministre de la défense a appris aujourd’hui qu’il était remplacé sine die :

On devrait pourtant être habitué après quatre années de mandat Trump, mais on reste pourtant toujours stupéfaits que la première puissance militaire mondiale puisse décider de virer son ministre de la défense par un message de trois lignes publiées sur un réseau dit « social » avec effet immédiat. On ne sait pas si le ministre en question a été préalablement averti ou non. La période est également inattendue alors que les Etats-Unis sont en pleine période de transition présidentielle… Certes, un nouveau ministre a été immédiatement désigné mais espérons que l’Etat major américain serait capable de réagir en cas d’évènement malgré toute cette agitation.

On peut quand même s’interroger sur l’efficacité de cette méthode de gouvernement alternative… Si Joe Biden entrait effectivement à la Maison Blanche voilà au moins un point qui devrait changer significativement et rapidement.

Le président américain conteste le résultat de l’élection présidentielle du 3 novembre

Le président Trump s’accroche à son siège et conteste les résultats de l’élection présidentielle de mardi dernier avec sa conception de la réalité très personnelle comme l’ont déjà montré ses quatre années à la Maison Blanche. Le processus un peu long du dépouillement des votes par correspondance (près de 100 millions), souvent réalisés par anticipation, qui s’est déroulé après le décompte des votes physiques, le tout ayant mis trois ou quatre jours à être finalisé. Cette procédure est complexe dans son exécution mais conforme aux lois américaines. Le clan Trump clame à tous les étages que ce vote est entaché de fraude, Trump lui-même tweet compulsivement que l’élection a été volée et un certain nombre de recours ont été déposés en justice pour contester les résultats dans certains Etats. Ces recours devraient aboutir d’ici mi-décembre, c’est alors que l’on pourra considérer comme définitive la victoire du candidat démocrate. La plupart des dirigeants mondiaux n’ont pas attendu cette date et ont déjà félicité Joe Biden pour sa victoire.

Le président Trump garde ses peins pouvoirs jusqu’à la passation de pouvoir officielle du 20 janvier 2021. Il n’a en tout cas pas perdu sa capacité à tweeter, on se demande bien s’il fait autre chose de ses journées en ce moment ? Ah si, samedi et dimanche il est allé jouer au golf.

Une nouveauté américaine, nombre de ses messages sont désormais marqués par Twitter comme « contestable » et on a même vu des chaînes de télévision couper la retransmission de conférences de presse alors que le président Trump commençait à dire des contre-vérités sur les résultats de l’élection :

Le président Trump propose d’innover

Donald Trump

Lors de sa conférence journalière du 23 avril, le président des Etats-Unis d’Amérique a proposé une méthode de traitement de la maladie générée par le coronavirus :

« Je vois que le désinfectant l’assomme [le coronavirus] en une minute. Une minute. Et est-ce qu’il y a un moyen de faire quelque chose comme ça avec une injection à l’intérieur ou presque comme un nettoyage ?… Comme vous le voyez, ça pénètre dans les poumons et ça a un énorme effet, il serait donc intéressant de le vérifier. Il faudra faire appel à des médecins pour ça, mais ça me semble intéressant »

Donald Trump

Nombre de médecins ont cru bon de publier des démentis sur l’efficacité d’un tel traitement. Il a également parlé d’une solution possible à essayer par la lumière et les ultra-violets. C’est… distrayant !

« Vietnam » de Ken Burns et Lynn Novick

Un vaste documentaire sur la guerre du Vietnam, depuis la défaite française jusqu’à la piteuse fuite de Saïgon par les américains en 1975 : 3 DVDs, 9 épisodes, 8h30 heures de film (18 heures dans sa version pour la marché américain), dix années pour sa réalisation et finalement une passionnante plongée dans cet épisode tragique de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, du Vietnam et de quelques pays alentour. Cette guerre ayant été très librement ouverte à la presse, au moins du côté occidental, il existe une masse impressionnante de documents de tous ordres et, du côté Vietnam communiste, beaucoup d’informations plus ou moins officielles auxquelles les réalisateurs ont eu accès. Mais surtout, il subsiste encore beaucoup de témoins des deux bords et ce sont leurs interviews qui rendent ce documentaire aussi intéressant : civils, militaires et politiques, vietnamiens (du nord et du sud) et américains, prennent longuement la parole pour partager leurs petites histoires comme leur participation à la grande Histoire.

Les fameux enregistrements du bureau ovale de la Maison-Blanche ayant été dévoilés à l’occasion de l’affaire du Watergate, on entend d’incroyables conversations téléphoniques entre MM. Nixon (président) et Kissinger (secrétaire d’Etat) sur « l’évolution » de cette guerre, des négociations entre les parties pour y mettre fin et de l’influence de tout ceci sur… la réélection de Nixon en 1972.

Les réalisateurs étant américains, ils rentrent dans le détail du mouvement anti-guerre qui s’est développé dans leur pays à partir de 1966 et jusqu’aux accords de 1973, sur les illusions entretenues de « l’endiguement du communisme » en Asie qui justifiaient cette guerre étrangère et sur les désillusions de gamins de 20 ans envoyés mourir dans les rizières vietnamiennes.

La publication en 1971 par le New York Times des « Pentagone papers » écrits en 1967 (7 000 pages) par des militaires et experts politiques à la demande du ministre de la défense (Robert Mc Namara), permet de revenir sur les premiers grands mensonges d’Etat dans ce pays. On y redécouvre que dès le mitan des années 60’ la hiérarchie politico-militaire savait que les Viêt-Cong pouvaient gagner la guerre, puis par la suite, que les Etats-Unis allait la perdre. Ces analyses n’empêcheront pas de renforcer les effectifs militaires sur place jusqu’à plus de 500 000 hommes.

Au terme de cette guerre interminable qui fit 3 millions de morts côté vietnamien (du nord comme du sud, civils et militaires, 10% de la population), 60 mille côté occidental (des troupes d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada, des Philippines, de Thaïlande sont venues épauler les américains, même si elles furent très minoritaires), le Vietnam du sud absorbé par celui du nord pour former la République socialiste du Viêt Nam, il est impossible de savoir si le communisme se serait étendu dans toute l’Asie du Sud-est si elle n’avait pas eu lieu, puisque telle était le but de guerre. Le documentaire aborde rapidement l’effondrement économique de la République socialiste qui suivit la réunification, les camps de rééducation dans lesquels ont été envoyés beaucoup de vietnamiens ex-du sud, la fuite d’un million de citoyens sur les « boat-people », puis, au bout d’une dizaine d’années de logique marxiste, l’ouverture et la libéralisation du pays et, enfin, la visite du président américain  Bill Clinton en 2000, marquant ainsi une relative réconciliation entre les deux peuples qui furent de si féroces ennemis.

On est d’ailleurs frappé par la tranquille neutralité avec laquelle s’expriment les vietnamiens des deux bords pour raconter cette période tragique. Cela illustre une réconciliation avec les Etats-Unis qui semble avoir été plutôt bien menée. Le Vietnam du nord était, et reste toujours, guidé par la certitude de la justesse de son combat, le Vietnam du sud s’est trouvé le jeu de puissances qui le dépassaient et a disparu, les Etats-Unis ressassent leur traumatisme dont les effets durent toujours, voire même sont réactivés avec d’autres guerres interminables menées en Orient, notamment en Afghanistan et en Irak…

La leçon de cette période complexe est difficile à tirer. Ce que les faits nous disent c’est la très grande majorité de ces guerres étrangères menées par des puissances occidentales depuis la deuxième guerre mondiale se sont en général mal terminées pour elles… Celle du Vietnam fut une apothéose à cet égard. Ainsi va la vie du monde.

Ah, dernière chose, la bande originale est coordonnée par Trent Reznor (du groupe Nine Inch Nails) et fait la part belle aux Jimi Hendrix, Bob Dylan, Rolling Stones, Byrds… qui accompagnaient les troupes américaines tout au long des combats.

Neil Youg veut voter aux Etats-Unis

Sur son site web Neil Young explique qu’il est en train de demander la nationalité américaine pour pouvoir voter aux prochaines élections présidentielles mais que, signalé comme consommateur de cannabis, il doit passer un entretien supplémentaire. Il est résident américain depuis déjà des décennies.

I sincerely hope I have exhibited good moral character and will be able to vote my conscience on Donald J. Trump and his fellow American candidates, (as yet un-named).

Ayant soutenu Bernie Sanders la dernière fois, on peut imaginer qu’il ne votera pas pour Trump à qui l’opposa un litige quand celui-ci utilisait Keep on rockin’ in the free world comme bande-son de ses meetings…

« Steve Bannon – le grand manipulateur » d’Alison Klayman

Un documentaire sur Steve Bannon : ex-âme damnée du président américain Trump, l’un de ses conseillers les plus proches qui l’a mené à la Maison Blanche, il est depuis tombé en désamour avec son président mais il continue de développer sa vision politique prônant le retour à la nation, la fermeture des frontières à l’immigration et la fin de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une institution multilatérale ou supranationale.

Le garçon est suivi et filmé comme son ombre par la réalisatrice Alison Klayman au cours de la période précédant les élections américaines de mi-mandat en 2018. A cette époque il a déjà été remercié par la présidence mais il continue à parcourir le pays pour y développer ses idées et soutenir la politique trumpienne. Comme il a plus de temps depuis qu’il ne travaille plus à la présidence, il parcourt également l’Europe pour essayer de fédérer les partis d’extrême droite autour de son discours. Et il n’a pas trop de mal à réunir les Salvini, Le Pen, Orban et consorts qui surfent sur cette vague populiste depuis longtemps.

Le documentaire ne rentre pas vraiment au fond de la vision de Bannon et se contente de décrire son personnage. Ex-banquier chez Goldman Sachs il a l’air largement plus malin et pernicieux que les dirigeants européens qu’il soutient. On ne mesure pas bien la solidité de ses convictions mais on voit qu’il goûte cette action d’agit-prop conservatrice que Mme. Michu adore. Bannon a sans doute encore de beaux jours devant lui.

Les Etats-Unis font leurs courses

Donald Trump

Le président américain Trump fait part de sa volonté que les Etats-Unis « achètent » le Groenland au Danemark dont c’est l’un des territoires. On a d’abord cru à une blague de fin de banquet jusqu’à ce que le président confirme ce projet sur Twitter. Le Danemark a répondu que le Groenland n’était pas à vendre, du coup, fâché, le président américain a annulé une visite qu’il devait faire dans le royaume danois dans deux semaines, qualifiant la première ministre de « méchante ».

La diplomatie américaine se transforme en marché aux puces, il faut se pincer pour y croire, mais c’est la réalité du moment. Trump est habitué à faire du business alors il gouverne comme il a construit ses tours. Et puis, pourquoi ne pas essayer, après tout si le Danemark était dirigé par un de ces nouveaux élus populistes qui prospèrent un peu partout sur la planète, les Etats-Unis auraient pu éventuellement trouver un interlocuteur susceptible d’être intéressé par une cession « immobilière » du Groenland…

Cette nouvelle génération de dirigeants « sans foi ni loi » sera l’un des faits marquants du début du XXIème siècle. Ils dirigent à l’intuition avec un simplisme désarmant. Ils répètent à leurs électeurs que les élites passées se sont moqué d’eux des décennies durant et ce discours est plus que bien reçu au Café du commerce. Ils sont élus dans nombre de démocraties par des peuples « souverains », ils appliquent des programmes qu’ils ont annoncés et à ce jour il n’y a pas eu de catastrophe majeure même si la théorie économique prévoit leurs échecs. On est loin des discours visionnaires et élégants à la Obama, qui ne l’empêchaient pas d’agir de façon relativement énergique (voire la campagne d’éliminations ciblées des terroristes islamiques, le renforcement des troupes américaines en Afghanistan ou la nationalisation temporaire de certaines banques puis des producteurs automobiles américains pour les sauver de la faillite), mais qui relevaient de la bonne éducation reçue dans les universités de la Nouvelle-Angleterre. Aujourd’hui nous sommes dans un monde de pignoufs : il y a ceux « qui en ont une grosse » et les autres. Manifestement le Danemark est considéré par Washington comme relevant de la seconde catégorie.

Cela ne veut pas dire que ces nouveaux dirigeants rustres seront moins efficaces que les précédents, seul l’avenir le dira. Nous ferons le bilan dans 10 ou 15 ans. Les démocraties du XXème siècle ont plutôt eu tendance à élever le niveau culturel de leurs citoyens, celles du XXIème le font plonger. Evidemment les intellectuels et citoyens bien-pensants sont consternés devant la vulgarité de ces méthodes, c’est le triomphe des « ploucs » et le crépuscule des « bobos ». Gageons que cela n’aura qu’un temps et que l’intelligence vaincra. En attendant, on espère que le pragmatisme des ploucs permettra d’éviter le déclenchement d’une guerre nucléaire pour le rachat d’un bout de territoire !

Un nouveau président au pouvoir au Brésil

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris ses fonctions ce premier janvier. Dans la lignée des pouvoirs populistes qui font fureur actuellement en Europe et aux Etats-Unis il déploie déjà l’étendard du repli sur le pays et le crucifix du Dieu des chrétiens, du développement forcené du libéralisme économique, de l’annulation de toutes mesures écologiques nationales ou multilatérales et de la lutte contre la violence et la corruption endémiques qui ravagent le pays. Plus original il a (re)lancé une croisade contre « les idéologies socialistes et communistes ».

Jusqu’à plus ample informé, le Brésil n’était pas à proprement parler un repaire bolchévique mais le nouveau président qui ne cache pas son attachement aux dictatures militaires passées en réactive le vocabulaire. On verra s’il en réhabilite également les méthodes. Sa tâche en tout cas sera rude pour réduire violence et corruption qui gangrènent cette immense nation et qui ont jeté à bas les progrès économiques des pouvoirs précédents. La devise du pays est « ordre et progrès » ; il est clair qu’à ce stade la première variable de l’équation est en déroute et qu’il sera difficile de maintenir la seconde sans résolution de la première !

Petit à petit des dirigeants « populistes » se font élire en disant à leurs électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Leurs programmes économiques sont généralement hétérodoxes au regard de la théorie économique en vogue mais ils sont en train d’être déroulés. Voyons d’ici quelques mois ou années ce que cela donnera !

Les caravanes passent…

L’Amérique latine connaît elle-aussi ses flux de migrants quittant des pays pauvres (Honduras, Guatemala et autres confettis d’Amérique centrale) pour espérer rentrer aux Etats-Unis d’Amérique, pays riche. Depuis quelques semaines ils ont monté des « caravanes »de plusieurs milliers de personnes remontant à pieds vers le Nord dans l’espoir de forcer la frontière américaine. Les dangers sont moindres que pour les migrants tentant de traverser la Méditerranée pour rentrer en Europe mais ils ne sont pas absents. Les membres de ces caravanes se font copieusement piller et racketter par les citoyens des pays qu’ils traversent et les femmes sont souvent forcées de délivrer des « services sexuels » pour poursuivre leur route. C’est un peu comme Mme. Michu à Paris qui en 1940 dénonçait son voisin juif pour pouvoir s’approprier son commerce ; pas très brillant mais ainsi va la condition humaine.

Evidemment, tout ceci est du pain-béni pour les conservateurs américains qui communiquent sur le grand-remplacement avec la subtilité d’un Eric Zemmour sur un plateau télé de variétés. En période d’élections législatives pour le renouvellement du sénat et de la chambre des représentants, la Mme. Michu de l’Amérique profonde vote pour le parti républicain avec détermination d’autant plus que le président annonce l’envoi de l’armée pour renforcer la frontière avec le Mexique et annonce qu’elle pourrait faire feu si les migrants montrent de l’agressivité. Zemmour va demander l’asile au Texas…

En réalité les pays riches sont confrontés à l’exigence d’accès à leurs territoires toujours plus forte venant des pays pauvres. Si l’on exclut le cas des réfugiés répondant à une autre logique, il y a dix ou vingt ans les travailleurs maliens rentraient en France de façon illégale mais discrète et espéraient qu’au bout du compte ils pourraient régulariser leurs situations, ce qui était souvent le cas. Il en allait de même pour les « latinos » pénétrant illégalement aux Etats-Unis. Aujourd’hui les flux des pays les moins avancés vers les pays riches, émigrant pour améliorer leur situation économique, ne semblent pas beaucoup plus importants en nombre de personnes qu’il y a vingt ans mais la revendication est désormais tonitruante. L’entrée sur le territoire riche est quasiment considérée comme un droit, consciemment ou pas, peut-être comme une compensation à l’inégalité frappante et croissante des niveaux de richesse respectifs. L’une des causes de cette inégalité est locale mais la politique des Etats-Unis n’est pas exempte de tout reproche à cet égard. On pourrait d’ailleurs en dire largement autant de la responsabilité passée de la France dans la gestion des pays africains de départ.

Le cas du Honduras est caractéristique, rongé par la corruption, la mauvaise gouvernance, le trafic de drogue de mafias barbares, il fut aussi un proconsulat de la politique américaine de lutte contre le communisme dans les années 70/80’ laissant des ravages profonds dans le système politique de ce pays. Alors ses citoyens s’estiment en droit d’émigrer aux Etats-Unis sans suivre la voie légale qui leur serait de toute façon refusée. C’est une espèce de migration pour solde de tout compte…

Le problème est que cetteexigence se heurte à la zemourisation des élites de nombre des pays riches dont les électeurs ne voient pas pourquoi ils devraient partager leur niveau de vie avec des va-nu-pieds. C’est une vielle histoire et les dirigeants démocratiquement élus sont bien obligés de prendre en compte aussi les revendications de Mme. Michu, qu’elle habite le Minnesota ou Nice. Le chemin est étroit entre l’action intelligente et le populisme. Il n’y a pas de réponse évidente une fois que l’on a dit qu’il faudrait favoriser le développement économique des pays de départ pour que leurs citoyens n’aient pas le besoin de les fuir…Quel que soit le jugement moral que l’on porte sur la légitimité de ces flux de migration économique il est maintenant incontestable qu’ils gangrènent le débat politique dans les pays riches et font évoluer progressivement les démocraties vers le bord du gouffre. On ne sait pas encore qui sera gagnant à la fin de la partie, sans doute pas la Raison.

C’est parti pour le Brésil

Le Brésil vient d’élire un président nouveau : ancien militaire, nostalgique de la dictature militaire dans son pays, présentant un programme économique libéral tout en étant à ce stade relativement flou, promettant de rétablir la sécurité dans un pays rongé par la violence, mais surtout, à l’unisson de nombre de ses pairs en Occident, affichant une vulgarité assumée, mélange de racisme, d’homophobie et de simplisme, bref, un plouc de plus à la tête d’un grand pays.

Elu très largement, il est légitime et soutenu par la majorité des brésiliens. Voyons ce que donnera l’application de ce nouveau programme de société que les démocrates n’ont pas su empêcher d’advenir, condamnés qu’ils furent par les électeurs pour la corruption endémique qui ravage ce pays avec son flot de violences diverses. Comme on le sait, la corruption est un mal qui diffuse dans une société : les gros sont très corrompus, les moyens le sont moyennement et les petits le sont un peu. Régler cette histoire va nécessiter un changement drastique des mentalités auquel tout le monde n’est peut-être pas complètement prêt, y compris dans les électeurs de ce nouveau président.

Rendez-vous dans 5 ou 6 ans pour un premier bilan !

Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

Dans un bel ensemble les démocraties votent les unes après les autres pour des pouvoirs qui reviennent sur les grandes directions économiques et sociétales suivies depuis l’après-guerre. La mondialisation est condamnée et le retour sur les frontières nationales est prôné, la liberté de circulation des individus est progressivement entravée, la fermeté et l’autorité sont annoncées comme remède à la délinquance. Ces évolutions politiques significatives fleurent, un peu, les relents d’extrême droite des années 30’ mais sans arriver à trop effrayer. On a quand même du mal à y déceler une idéologie, il s’agit tout au plus de recettes de cuisine basées sur le principe : « c’est pas ma faute, c’est celle de l’étranger » !

Aux Etats-Unis d’Amérique Donald Trump est devenu président, au Royaume-Uni les britanniques s’activent pour quitter l’Union européenne, les pouvoirs dans les pays d’Europe de l’est encaissent les subventions communautaires et contestent tout ce qui vient de Bruxelles, en Allemagne et en Autriche l’extrême droite (la vraie) se rapproche des commandes, la France risque de les rattraper dès qu’elle aura remplacé la dirigeante incompétente de son Rassemblement national, en Italie c’est un improbable attelage entre l’extrême droite et un parti « populiste » qui a pris les commandes. Si l’on regarde un plus loin, les Philippines sont présidées par un excité qui pousse les citoyens à se faire justice eux-mêmes, le Brésil vient d’élire un nostalgique de la dictature militaire d’antan, l’Inde est gouvernée par un parti nationaliste, la Chine, la Thaïlande, c’est un peu la même histoire, le Moyen-Orient c’est la guerre sans fin…

Le développement explosif des inégalités dans les pays libéraux et démocratiques, l’émergence du terrorisme religieux à travers la planète, l’abrutissement général des masses par le fouteballe, la téléréalité, la publicité, les réseaux et les aïe-phones…, tous ces phénomènes ont convergé pour rendre les électeurs des démocraties de plus en plus hermétiques aux discours des élites qui les dirigent depuis des décennies, bien éduquées, formées dans les grandes écoles ou universités, rodées à la bienséance des petits fours de conférences internationales ; de Michel Rocard à Barack Obama, de Pierre Mendè-France à Angela Merkel, une génération de dirigeants policés est mise sur le côté et remplacée par une bande de forbans, grandes gueules aux teints rougeauds, élus sur des programmes de café du commerce.

La théorie économique prévoit leur échec, mais la théorie s’est beaucoup trompée dans l’Histoire récente. Le rétablissement ou le renforcement de la peine de mort n’a jamais enrayé la violence dans les pays concernés, mais qui sait ce dont sera fait l’avenir ? Le retour vers la religiosité d’Etat n’a fait qu’asservir les peuples dans le passé, peut-être va-t-elle maintenant les libérer ?

C’est le retour des ploucs au pouvoir et la défaite des bobos. Les premiers voulaient les clés de la maison, les seconds leur ont données, voilà au moins un mérite de la démocratie, la volonté des peuples est écoutée. Maintenant voyons les à l’œuvre et faisons le bilan des opérations dans dix ans. Les plus optimistes pensent que les forbans ne mettront pas en cause les institutions démocratiques même s’ils prennent quelques libertés avec leurs principes. Le mouvement devrait être réversible mais les bobos ont échoués à se faire réélire, alors souhaitons bonne chance aux ploucs.

Les ravages de deux clowns latinos

Le Venezuela et, dans une moindre mesure, le Nicaragua sont en cours d’effondrement, menés l’un et l’autre dans le gouffre par deux clowns obstinés d’inspiration marxiste.

Le cas du Venezuela est particulièrement navrant, d’une part car le pays est assis sur une richesse pétrolière très significative et, d’autre part, ce grand pays continue à être gouverné sur des idées d’un autre âge : l’anti-impérialisme américain et le Capital de Marx, le tout maintenu par une hiérarchie militaire et policière solide. Depuis quelques mois l’inflation se compte en milliers de %, la devise locale n’a quasiment plus de valeur, les réserves pétrolières sont sous exploitées par manque d’investissements, la population fuit dans les pays avoisinants et la répression de la contestation est énergique. C’est un véritable modèle de la direction à suivre pour atteindre la faillite économique et humaine d’une nation entière. Il reste à espérer que le régime s’effondre de lui-même sans trop de violence et que le pays soit repris en mains par des dirigeants réalistes. En tout état de cause, il y en aura pour plusieurs générations pour redresser cette économie dans l’hypothèse optimiste où le top-départ serait donné rapidement. C’est loin d’être le cas pour le moment et les responsables du pays continuent à diffuser un discours surréaliste digne des plus beaux moments de l’URSS ou de Cuba, en regardant le pays se dissoudre sous leurs yeux.

Le Nicaragua fut dirigé pendant des décennies par des dictateurs soutenus par l’Eglise et les Etats-Unis, anticommunistes et dignes des romans de Garcia-Marquez. Ils moururent généralement de morts violentes jusqu’à ce qu’un pouvoir révolutionnaire s’installe aux commandes en 1979 sous la férule communiste de Daniel Ortega à la tête du parti sandiniste, mettant fin à la dynastie Somoza. Le régime est soutenu par l’intelligentsia bobo européenne. Le groupe britannique The Clash sort à cette occasion en 1980 un légendaire triple album intitulé Sandinista !

Après un intermède de libéralisation du régime qui organise des élections qui voient gagner des candidats libéraux, Ortega est revenu au pouvoir en 2006, adoptant la nouvelle orientation initiée par ses prédécesseurs. Il fait nommer sa femme comme vice-présidente et gère depuis ses petites affaires en famille. Des mouvements contestataires se développent dans le pays depuis quelques mois qu’Ortega réprime dans la violence. A la différence de ses collègues vénézuéliens le garçon a tourné sa veste idéologique sans trop de difficultés mais fait tout pour rester au pouvoir, telle une bernique collée à son rocher.

Au Venezuela comme au Nicaragua, une caste de dirigeants de rencontre préfère dévaster leurs pays plutôt que de renoncer à leurs idéologies ou leurs ambitions. Ils rendront les armes un jour ou l’autre car ils ont déjà échoué.

Gibson en faillite


Le fabricant de guitares Gibson a déposé son bilan, mais avec un plan de continuation d’activité. Gageons que les créanciers de cette société consentiront à quelques sacrifices pour sauver cette marque mythique, utilisée par les plus grands !

L’administration américaine n’a plus de sous

Donald Trump

C’est la réponse du berger à la bergère : les parlementaires démocrates américains bloquent le vote d’une rallonge budgétaire et mettent l’administration en carafe. Les fonctionnaires ne sont plus payés pas plus que les dépenses courantes non stratégiques. Cela est provisoire en attendant que les conciliabules de marchands de tapis aboutissent dans les couloirs du pouvoir, mais cela fait mauvais effet. Cette politique du pire était le sport favori des parlementaires républicains sous la présidence démocrate d’Obama. Le locataire de la Maison-Blanche a changé, l’irresponsabilité des élus reste la même.

Concours de zizis : Trump vs. Kim

Les présidents des Etats-Unis et de Corée de Nord continuent à jouer au jeu de celui qui fait pipi le plus loin dans la cour de maternelle 2ème année. L’américain écrit en substance :

« Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le “bouton nucléaire est sur son bureau en permanence”. Est-ce que quelqu’un de son régime appauvri et affamé pourrait-il l’informer que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne ! »

Tout ceci est symptomatique du niveau de responsabilité de ces gouvernants et tout de même un peu effrayant.

Un dirigeant balourd

Avez-vous remarqué la signature de Donal Trump, président des Etats-Unis d’Amérique ?

Elle est aussi balourde que le personnage et que la décoration de son appartement new-yorkais :

Il l’applique avec délectation sur des instructions qu’il prend bien soin de signer devant les caméras. Elle est énorme et prend d’ailleurs environ 9 secondes pour être apposée. Ce goût du lourdaud et du kitch caractérise le personnage : un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Le « pouvoir » d’un libidineux riche et clinquant

Un homme public américain autrefois couvert de gloire est désormais voué aux gémonies par la planète entière. Le garçon est producteur de cinéma et il était fêté comme « le plus puissant producteur d’Hollywood », encore plus applaudi que les artistes dont il finançait les créations. Etre « puissant » pour un producteur de cinéma signifie sans doute avoir beaucoup d’argent et donc le pouvoir qui va avec.

Il s’avère que cet homme a beaucoup fait usage de son pouvoir d’argent pour séduire des femmes, voire les harceler et même les violer. Comme il s’agissait souvent de starlettes venues quémander un rôle dans un film, le libidineux d’Hollywood en profitait pour leur imposer des relations sexuelles. Cela durait depuis des années semble-t-il et les premières plaintes arrivent maintenant. L’époque accepte de moins en moins ce genre d’écarts, en tout cas en Occident.

Depuis la révélation de cette affaire, c’est un festival de faux-jetonneries comme si le monde entier découvrait, stupéfait, que l’univers du cinéma, peuplé de gens beaux et/ou riches (seulement riche dans le cas du libidineux qui nous occupe) n’était pas aussi habité par des histoires sordides ; « Mais comment ! Des coucheries à Hollywood, je n’en crois pas mes oreilles… » Il s’agit d’histoires de pouvoir, d’égo, d’argent, d’ambition et de fesses, bref, c’est la vie. Il faut sans aucun doute rabattre le caquet des libidineux et autres arrogants aux égos surdimensionnés, au besoin devant la justice, mais feindre l’étonnement devant la lâcheté des hommes relève au mieux de la niaiserie, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

Plus déprimant, la République française a décoré le libidineux de la Légion d’honneur il y a quelques années et l’on se demande bien à quel titre ? Il n’y a pas de réponse évidente à ce stade sauf ce penchant douteux pour l’autocongratulation qui ravage nombre de puissants. Toujours est-il que devant le scandale en cours, la République pourrait éventuellement retirer sa décoration.

Dictateur, c’est un métier !

Les dictatures de Corée du Nord et du Venezuela occupent l’actualité ces derniers temps avec des exploits dont on se passerait bien.

La Corée du Nord est maintenant élevée au statut de puissance nucléaire grâce à la constance de la famille Kim qui a engendré trois dictateurs staliniens d’opérette ayant successivement dirigé le pays. Le régime est totalitaire et a développé une propagande qui a éteint toute opposition et érigé un culte de la personnalité en faveur de son dirigeant suprême à l’égal de celui dont Staline avait disposé en son temps. Il n’y a pas d’élections libres. Le pays est isolé du reste du monde et l’un de ses principaux objectifs politiques est la confrontation avec l’extérieur.

Le Venezuela est gouverné depuis plusieurs années par des dirigeants populistes élus dans des élections plus ou moins démocratiques mais en tout cas soutenus par une partie des citoyens. Le développement économique est basé sur des principes marxistes et le pays est ruiné malgré ses réserves pétrolières considérables.

Dans un cas comme dans l’autre, ces dirigeants consacrent la majorité de leur temps et des moyens des Etats qu’ils squattent à se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix à payer pour leurs pays : la ruine, voire la guerre. La confrontation avec l’extérieur leur permet par ailleurs de mobiliser leurs peuples, plus ou moins consciemment, derrière eux. Au Venezuela où existe tout de même un processus électoral, le pouvoir doit jouer avec les institutions pour museler son opposition. En Corée du Nord, il suffit d’exécuter les contestataires qui de ce fait semblent assez peu nombreux.

Si ces dirigeants de rencontre consacraient la moitié de l’énergie qu’ils dépensent actuellement pour maintenir leurs dictatures au développement censé de leurs pays, nous n’en serions pas là et eux non plus.

La démocratie dans sa conception occidentale a bien des inconvénients que nous vivons tous les jours, mais elle a l’immense mérite d’empêcher l’apparition de telles situations, au moins jusqu’ici. Conservons-là, protégeons-là et cessons de maugréer à tous instants contre ce qu’elle est !