L’ex-président Trump s’exprime sur le conflit ukrainien

Donald Trump est interdit de comptes Twitter ou Facebook depuis ses appels à la sédition suit à sa défaite électorale qu’il continue à contester. Il serait en train de monter son propre réseau dit « social » et, en attendant, s’exprime toujours avec la même verve sur son site web Save America.

Ses dernières communications permettent de prendre connaissance de ses « réflexions » sur la crise Russie-Ukraine :

On ne peut pas dire que cette pensée nombriliste fasse beaucoup avancer le sujet !

Sandinista !

1980 – le quatrième album des Clash

Les plus anciens se souviennent des années 1960/1970 de lutte du Front sandiniste[1] de libération nationale contre la dynastie Somoza de dictateurs au Nicaragua se présentant comme anticommunistes. Nous étions en pleine guerre froide, les Etats-Unis d’Amérique s’opposaient à tous les mouvements révolutionnaires qui tentaient de s’implanter en Amérique latine sur le modèle de Cuba, au besoin en soutenant financièrement et militairement des satrapes, galonnés ou pas.

On a ainsi vu la mise en place de régimes sinistres et violents, en Argentine, au Chili, au Nicaragua et dans toute la région. Autre époque, il fallait choisir son camp et la démocratie était peu compatible avec la lutte contre le marxisme. Aujourd’hui, la plupart de ces pays sont revenus vers des régimes plus démocratiques mais il reste quelques abcès de fixation comme le Venezuela ou le Nicaragua.

Fin 1979 Anastasio Somoza quitte le pays pour se réfugier d’abord à Miami puis au Paraguay où il sera assassiné un an plus tard par un commando nicaraguayen. Les Clash sortaient en 1980 leur légendaire triple album « Sandinista » en soutien à la cause.

Daniel Ortega, l’un des leaders du mouvement sandiniste prend le pouvoir après la fuite du dictateur et met en place un système inspiré de la révolution cubaine. Les Etats-Unis de leur côté agissent en sous-main pour couler ce régime par des moyens plus ou moins légaux. On se souvient de « l’Irangate » dévoilé en 1986 qui montra comment Washington vendit illégalement des armes à l’Iran (son ennemi intime) dont le produit servit à financer les « contras », mouvements de guérillas antisandinistes, ou du trafic de cocaïne institutionalisé par la CIA toujours pour financer la contrerévolution sans passer par le parlement américain qui s’y serait a priori opposé. Les Etats-Unis avaient aussi miné les ports du Nicaragua pour en bloquer les exportations.

Puis les choses s’apaisèrent dans les années 2000 et suivantes au cours desquelles le pays progressa au niveau économique. Mais 40 ans plus tard, Daniel Ortega, 76 ans, est toujours dans l’arène politique et vient de se faire réélire président de la République en novembre 2021 pour la énième fois. Il connut des vicissitudes au cours de toutes ces années, rentra dans l’opposition, mena des alliances improbables avec des libéraux, des coopérations avec les antioccidentaux de la planète (Yasser Arafat, Vladimir Poutine, Mouammar Kadhafi, les Castro et bien d’autres), fut élu président, continua à exercer un pouvoir en sous-main lorsqu’il ne l’était plus, modifia la constitution en sa faveur, emprisonna puis libéra ses opposants et, toujours, il réussit à survivre politiquement ; un exploit quand on mesure les adversaires auxquels il s’est frotté !

Son épouse est vice-présidente, c’est plus simple ainsi. Elle est poétesse, un peu voyante et envahit les médias locaux tous les jours avec sa communication pro-sandiniste. D’une dictature à l’autre, on peut dire que les Ortega sont plus malins que les Somoza pour rester au pouvoir. Le pays quant à lui, survit !


[1] En référence au général Sandino qui s’était révolté, déjà, dans les années 1910 contre la présence permanente de troupes américaines au Nicaragua et la mainmise des banques et entreprises américaines sur l’économie locale.

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La démocratie et le marketing

Les Etats-Unis d’Amérique ont organisé les 9 et 10 décembre un « sommet pour la démocratie » qui réunissait une centaine de pays invités à deux jours de vidéo-conférence. Il n’en est pas sorti grand-chose sinon le rappel de grands principes et quelques déclarations de circonstance. Il faut certes les rappeler mais sans grand espoir de convaincre, d’autant plus que contrairement à ce qu’a déclaré le président américain il n’est pas complètement acquis que tous les citoyens du monde considèrent la primauté de la démocratie sur les autres formes de régimes socio-politiques.

Autocracies can never extinguish the ember of liberty that burns in the hearts of people around the world, in every portion of the world.

Joe Biden
https://www.whitehouse.gov/briefing-room/speeches-remarks/2021/12/10/remarks-by-president-biden-at-the-summit-for-democracy-closing-session/

Evidement la réunion concernait plutôt les pays démocratiques, bien que certains des invités aient une conception plutôt particulière de la démocratie (le Pakistan, l’Inde… notamment) mais ni la Russie ni la Chine n’étaient de la partie. On aurait pu croire que ces deux pays allaient s’en réjouir tant ils condamnent le concept de démocratie à longueur de déclarations publiques, déversant tout leur mépris sur ce système qualifié de décadent et moribond. Eh bien c’est l’inverse qui se produit et Moscou comme Pékin se plaignent de n’avoir point été invités et le font savoir.

Le compte Twitter de l’ambassade de Chine en France publie la déclaration officielle du porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois et le texte mérite la lecture. L’attaque commence dès l’introduction :

Les États-Unis ont récemment tenu un prétendu « Sommet pour la démocratie » par lequel ils créent le clivage idéologique, utilisent la démocratie comme un instrument et une arme, pratiquent l’anti-démocratie sous le couvert de la démocratie, incitent à la division et à la confrontation, détournent l’attention de leurs problèmes intérieurs, préservent leur hégémonie dans le monde et sapent le système international centré sur les Nations Unies et l’ordre international fondé sur le droit international. Ces actes vont à contre-courant de l’histoire et sont largement rejetés par la communauté internationale.

Ambassade de Chine en France sur Twitter : « Déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères  au sujet du « Sommet pour la démocratie » tenu par les États-Unis https://t.co/M5yYE6WsJQ » / Twitter

La suite n’est qu’une longue litanie sur les mérites de la « démocratie populaire » telle que celle mise en œuvre par la Chine quand la démocratie à l’américaine serait devenue « une ‘arme de destruction massive’ utilisée par les États-Unis pour s’ingérer dans les affaires des autres pays. »

Toutes ces envolées lyriques ne présentent plus guère d’intérêt dans le monde d’aujourd’hui. Il est d’ailleurs peu probable que beaucoup de citoyens de la planète lisent ces communiqués idéologiques dignes de la guerre froide. Ce sont des batailles de diplomates dont les résultats ne sortent guère des chancelleries.

Est-il nécessaire de céder à la dictature de la communication sur le sujet de la démocratie ? Ne vaudrait-il pas mieux agir plutôt que communiquer ? Les démocraties occidentales n’ont guère besoin de vanter leur système d’organisation politique, il est ce qu’il est, et plutôt plébiscité si l’on en juge les flux d’immigration importants qui se dirigent plutôt vers l’Occident que vers la Chine ou la Russie… Les démocraties seraient bien avisées de s’occuper d’elles-mêmes, d’améliorer leurs propres modes de fonctionnement, plutôt que de vouloir mondialiser ceux-ci avec des campagnes marketing comme celle de ce sommet américain. Accueillons et aidons les pays qui souhaitent rejoindre le camp démocratique mais nul besoin d’en faire la publicité auprès d’Etats qui n’en veulent pas.

En clair, organisons des « sommets pour la démocratie » s’il y a un besoin en la matière mais nul besoin de publier des communiqués fumeux, laissons les opposants et les contradicteurs s’opposer et contredire, « les chiens aboient et la caravane passe ! ». Pas besoin de leur donner les cordes pour nous battre.

Il suffit d’ouvrir un site web pour communiquer hors des réseaux dits « sociaux »

Après avoir pesté comme un beau diable sur la fermeture de ses comptes sur différents réseaux dits « sociaux » comme Twitter ou Facebook à la suite de l’invasion du Capitole par une bande de furieux, supporters de l’ex-président américain Trump, celui-ci s’est résolu à ouvrir son propre réseau où il peut désormais communiquer comme un grand sans passer sous la censure de groupes privés et il n’a plus qu’à respecter… son propre règlement pour être sûr d’être publié, ce qui ne devrait pas être trop compliqué. Le seul risque qu’il encourt serait que l’hébergeur de son site web le ferme mais si jamais c’était le cas il serait assez simple d’installer une batterie de serveurs dans sa cave pour devenir son propre hébergeur.

Le site est disponible en cliquant sur From the desk of Donald J. Trump et est promis à un bel avenir. Le dernier message concerne l’éviction de Liz Cheney de son poste de n°3 de la minorité républicaine du Sénat, ce qui ne va sans doute pas beaucoup porter à conséquence. L’impétrante avait eu le défaut d’affirmer haut et fort « plus jamais ça » en parlant de Trump après sa défaite aux dernières élections présidentielles. Elle en prend pour son grade dans le style toujours très fleuri du président déchu… :

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Plus de joujou pour le président

Certains réseaux dits « sociaux » ont supprimé purement et simplement les comptes personnels de Donald Trump à la suite de son appel à « marcher sur le Capitol », compris par ses fans comme « envahir le Capitole », qu’ils ont donc pris d’assaut ce 7 janvier provoquant cinq morts. C’est le cas notamment de Twitter et de Facebook, très utilisés par le président pour gouverner le pays durant son mandat qui se terminera ce 20 janvier.

Les défenseurs de la « liberté d’expression », même ceux qui sont opposés à ce président, s’émeuvent que la décision d’une entreprise privée puisse ainsi influencer sur le débat public. En réalité la liberté d’expression du président Trump n’est en rien bafouée. Il peut faire autant de conférences de presse qu’il le souhaite et la presse accréditée rendra compte de ses propos. Il peut communiquer via le site internet de la Maison-Blanche (The White House) et, s’il a vraiment besoin de continuer à utiliser un moyen de communication de type Twitter, n’importe quel gamin un peu geek peut lui créer un réseau avec trois serveurs, deux logiciels libres et une bonne liaison par fibre dans un grenier et il n’aura plus à passer sous les fourches caudines d’un réseau ou d’un hébergeur, et personne donc pour le censurer !

Au-delà de ce psychodrame de peu d’intérêt, le monde est en train de découvrir la puissance de ces fameux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Microsoft et Amazon, et sans doute quelques autres). Grâce à leur phénoménale capacité d’innovation ces entreprises ont surfé sur l’économie libérale qui leur a permis de grossir et d’atteindre une situation de monopole. La théorie économique explique doctement qu’une entreprise qui atteint une taille de monopole ne joue plus avec les règles de la concurrence, écrase son secteur et perd ainsi sa capacité à innover. C’est la raison pour laquelle cette même théorie prévoit également des règles anti-trust pour rétablir le bon fonctionnement de la concurrence. L’exemple le plus marquant de cette politique fut le démantèlement du monopole des télécommunications d’AT&T (American Telephone & Telegraph) aux Etats-Unis dans les années 1970’.

En réalité, la censure que peuvent exercer les GAFAM et assimilés sur les réseaux dits « sociaux » qu’il contrôlent n’est qu’une toute petite partie émergée de l’iceberg et finalement de peu d’importance lorsqu’on voit le niveau « de caniveau » des messages qui y circulent. C’est un peu comme fermer le Café du Commerce du coin de la rue, la pensée survivra et s’en portera sans doute mieux. Limiter la diffusion de messages sur Twitter ce n’est pas nuire à la liberté d’expression, c’est au contraire rétablir l’exigence d’intelligence !

En revanche la capacité technologique des GAFAM à tracer nos vies numériques et en stocker tous les évènements est bien plus effrayante. L’économie libérale ferait sans doute bien de sérieusement réfléchir à l’opportunité de démanteler ces mastodontes du numérique, d’une part d’un point de vue sociétal, mais aussi afin de rétablir les conditions d’une saine concurrence présentée comme le Graal par la pensée économique capitaliste.

Retournements de veste en série après l’assaut contre le Capitole à Washington

L’invasion du Capitole de Washington par une bande furieux ce 6 janvier aura fait finalement cinq morts. Trois sont décédés à l’extérieur d’attaques cardiaques et autres pathologies ; dans l’enceinte même du bâtiment, un policier est mort de ses blessures le lendemain après avoir été frappé à coups d’extincteurs, une manifestante a été atteinte par un tir de la police. L’un des agresseurs portait un T-shirt siglé « Camp Auschwitz – Works brings freedom » autour d’une tête de mort, un autre était affublé de cornes de bisons et d’une peau de bête, certains couraient avec un drapeau confédéré au vent, une partie de la foule avait élevé une potence et appelait à « pendre » le vice-président qui avait « trahi » son chef en acceptant de valider la victoire de son successeur… Pendant ce temps, les parlementaires, le vice-président et le personnel avaient été évacués dans les parkings pour les mettre à l’abri.

C’est maintenant l’heure des retournements de veste en série. Un certain nombre de conseillers et de ministres du président Trump démissionnent huit jours avant son départ définitif de la Maison-Blanche arguant qu’il avait incité les manifestants, venus le soutenir physiquement, à envahir le Capitole. Ces démissionnaires de la dernière heure ne sont guère crédibles après avoir cautionné quatre années durant les actes de leur président. Tout ce petit monde a sans doute eu rétrospectivement peur que l’assaut du Capitole se soit terminé bien plus mal compte tenu de la passion américaine pour les armes et les tueries de masse réalisées régulièrement dans ce pays par des furieux encore plus furieux que la moyenne. La police a retrouvé quelques explosifs dans les véhicules de manifestants.

On a sans doute évité le pire pour cette fois mais ça n’est peut-être que partie remise. Il est à craindre qu’il n’existe parmi l’extrême droite quelques furieux-furieux capables de commettre un meurtre de masse dans l’enceinte d’une institution comme le Capitole. 15 000 hommes armés de la Garde nationale sont actuellement déployés dans la capitale afin de protéger la cérémonie d’investiture du nouveau président le 20 janvier prochain, et dans le même temps les réseaux dits « sociaux » fréquentés par les furieux fourmillent d’appels à manifestation dans différentes villes le 20 janvier.

Tout le monde tombe maintenant à bras raccourcis sur le président Trump après ce qu’il s’est passé au Capitole. En réalité les primo-coupables sont les furieux et ils sont activement recherchés. Certains ont déjà été arrêtés ce qui a été grandement facilité par leur propension à s’autofilmer avec leurs téléphones mobiles, à visages découverts, et à diffuser leurs exploits plus ou moins en direct sur les réseaux dits « sociaux ». Trump est bien sûr leur guide « spirituel » et il n’a cessé d’attiser leur colère. Le journal New York Times a analysé ses 11 500 tweets diffusés durant les trois premières années de sa présidence sur son compte personnel. Cela fait une moyenne de 10 tweets par jour qu’a priori il rédige le matin et le soir lorsqu’il est seul chez lui et donc non influencé par ses conseillers. Ces messages racontent donc la vraie pensée du président et son moyen de gouverner. Il y a des insultes et des fautes de grammaire, des contre-vérités et de la démagogie, mais aussi des décisions politiques (il a viré un certain nombre de ses ministres via ce réseau), bref, tout ce qu’il faut pour motiver la bande de furieux du Capitole dont on va encore entendre parler, même après le départ de leur héros de la présidence.

Les électeurs américains ont élu le président Trump en 2016 et il a gouverné à sa façon durant quatre ans. 74 millions lui ont renouvelé leur confiance en 2020 ce qui ne fut pas assez pour assurer sa réélection. Les Etats-Unis d’Amérique doivent maintenant se dépatouiller de cette situation et des furieux qu’elle a engendrés. Le problème Trump semble presque derrière nous mais il faut désormais gérer ses enfants. Pas sûr que la politique de la main tendue annoncée par le nouveau président ne soit efficace. On ne sait d’ailleurs pas bien quoi lui suggérer pour rétablir ce pays dans les clous d’une cohabitation apaisée entre ses citoyens. A moins que l’ensemble de l’occident ne bascule dans le trumpiste ce qui n’est pas totalement à exclure. Ce serait la fin de la démocratie telle que nous l’entendons aujourd’hui. On a les dirigeants que l’on mérite !

Trop morts de rire les ennemis des Etats-Unis d’Amérique…

Après les émeutes de Washington qui ont vu une bande de furieux envahir le Capitol et fait cinq morts dont un policier à l’intérieur du parlement, tué à coups d’extincteur, les pays autoritaires ennemis de l’Amérique se tiennent les côtes devant l’évènement et n’ont pu s’empêcher de diffuser des messages ironiques sur la démocratie américaine. C’est de bonne guerre compte tenu des leçons de morale que les démocraties occidentales leur assènent régulièrement.

Un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a souhaité un « retour à l’ordre » tout en notant que lors de l’invasion du parlement de Hong-Kong par des manifestants prodémocratie les réactions de personnalités américaines avaient été fort différentes, mais que fort heureusement il n’y avait pas eu de mort à Hong-Kong.

Un élu russe, Konstantin Kosachev, président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement, a proclamé que « la fête de la démocratie est terminée » en plaignant l’Amérique « boîtant des deux pieds ».

Et l’Iran bien sûr a ironisé par la voix de son président sur la « grande nation américaine » dirigée par un populiste qui a provoqué un désastre, en espérant que les prochains dirigeants américains en tiendront compte.

La leçon de tout ceci est que nos démocraties devraient à l’avenir s’abstenir de donner des leçons de gouvernance à la planète entière sur comment elles doivent se tenir. Organisons nos pays comme nous l’entendons et laissons les autres faire de même. Si nos Etats veulent promouvoir la démocratie chez les autres, qu’ils le fassent de façon discrète sans le claironner, exactement de la même façon que la Russie, par exemple, tente de saper les démocraties avec des cyberattaques d’ampleur et autres actions de soft power tout en niant continuellement en être à l’origine, même devant l’évidence. Et même en matière de hard power, on se souvient que lors de l’invasion de la Crimée ukrainienne par la Russie en 2014, les militaires russes ne portaient aucun insigne pouvant les rattacher à Moscou et, une fois avéré qu’ils étaient russes, le président Poutine avait déclaré, sans rire, qu’il ne pouvait pas empêcher ses citoyens d’aller passer leurs « vacances » en Crimée si tel était leur bon plaisir ! Ce n’est qu’une fois l’opération militaire aboutie par les « forces d’autodéfense » que le parlement de Crimée demanda son rattachement à la Russie, demande qui fut acceptée.

Agissons dans le respect de nos règles démocratiques plutôt que de communiquer, voici une tactique qui devrait d’ailleurs s’appliquer dans bien d’autres domaines.

Une fin de parcours en apothéose

Donald Trump

Le président des Etats-Unis d’Amérique Trump est en train de finir son mandat de quatre ans comme il l’avait entamé : en apothéose. Et il est même peut-être prématuré de parler de fin de mandat car il lui reste encore quinze jours avant de remettre les clés du camion à son successeur, soit encore largement assez pour nous surprendre.

Après avoir refusé d’admettre sa défaite à l’élection présidentielle du 3 novembre il a promu une manifestation de ses supporters hier à Washington à qui il a délivré un discours habituel sur cette « élection volée » et appelé ceux-ci à « marcher » sur le Capitole. Il n’y a pas eu besoin de leur répéter longtemps et ce Capitole étant situé à quelques centaines de mètre de la Maison Blanche, à 20h, heure locale, une horde de furieux cassait vitres et portes et entrait dans ce bâtiment. Les forces de sécurité n’ont pu empêcher cette invasion et on a vu circuler des photos redoutables de certains de ces furieux parader dans les bureaux des dirigeants du Parlement, dont celui de Nancy Pelosi, 80 ans, présidente de la Chambre des représentants.

Les parlementaires qui étaient en train de certifier l’élection du nouveau président ont été évacués par la police avant de pouvoir reprendre leurs travaux. Une femme a été tuée par la police à l’intérieur du Capitole et trois autres décès ont été constatés aux alentours, sans avoir plus de précisions sur les causes de ces morts. Les images de l’invasion du Capitole ont à ce point bouleversé les non-trumpistes que les réseaux dits « sociaux » ont suspendu les comptes de Donald Trump, notamment sur Facebook et Twitter. Ces deux réseaux étant le mode de communication favori de ce président tragico-comique, l’oiseau voit ainsi ses ailes un peu rognées pour le moment.

On a les dirigeants que l’on mérite. Trump a été élu, il est venu et il a gouverné à sa façon qui a quand même satisfait plus de 70 millions d’électeurs qui viennent de revoter pour lui. La majorité a choisi son successeur, voyons-le maintenant à l’œuvre mais il va bien devoir compromettre d’une façon ou d’une autre avec les 70 millions de trumpistes qui ne vont pas disparaître d’un coup.

En moins dramatique, la France a connu un épisode similaire lorsqu’en décembre 2018 une même horde de furieux a dégradé l’Arc de Triomphe au cours d’une manifestation, prenant des selfies assis sur le monument au soldat inconnu. Quelques émeutes plus tard, ils tentent de pénétrer dans le ministère du porte-parolat du gouvernement après avoir défoncé la porte d’entrée avec un véhicule de chantier volé. Certains se dirigent vers l’Elysée en affirmant leur objectif d’y « entrer » de force, ce qu’ils n’ont pas pu faire pour le moment.

Nos vieilles démocraties, de l’Amérique du nord à l’Europe, sont confrontées à l’émergence de ces populations insatisfaites renonçant aux méthodes de revendication habituelles, contestant tout ce qui vient du « système » et élisant des dirigeants à la Trump ou à la Bolsonaro (au Brésil). C’est l’échec de la démocratie telle qu’elle a été conçue par nos parents au lendemain de la IIème guerre mondiale. Nous vivons aujourd’hui un drame de la bêtise, des pays sont gouvernés sur Twitter, les réseaux dits « sociaux » prennent le pouvoir en 140 signes, la publicité abrutit les populations, des journalistes érigent l’absence de réflexion en mode de fonctionnement, des hommes politiques diffusent des images de leur sexe sur Facebook, d’autres sont condamnés en justice pour fraude fiscale ou détournement d’argent public, des joueurs de fouteballe sont décorés de la légion d’honneur, le dogme religieux empiète de plus en plus sur la raison, la vulgarité prend le pouvoir, des théories foutraques inspirent les gouvernants, la « vérité alternative » se glisse dans la politique, chacun menace et injurie son prochain… Dans beaucoup de pays une fantastique énergie est dépensée à flux continus pour critiquer et geindre en permanence plutôt qu’agir. La France, elle, se désagrège sans doute plus rapidement que ses voisins européens.

C’est ainsi et nous devons assumer la responsabilité collective de cette décadence. Personne ne sait où elle nous mènera, nos enfants sont en train de prendre le relais en élisant des dirigeants « populistes ». Peut-être vont-ils instaurer un nouveau mode d’organisation de la société qui balayera toutes les certitudes sur lesquelles les générations précédentes ont bâti le monde occidental ? Les institutions démocratiques actuelles leur en donnent le droit et leur en offre l’opportunité. L’exigence d’intelligence et de démocratie est en train de se dissoudre dans les réseaux dits « sociaux ». L’avenir dira si l’on peut gouverner et survivre sans intelligence !

Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs ! – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Liquidation totale avant fermeture

Sans avoir admis officiellement sa défaite en téléphonant à son concurrent élu pour le féliciter, le toujours président républicain des Etats-Unis d’Amérique « liquide son stock » avant fermeture ! Il est en train de gracier à tours de bras tous ses proches, politiquement et familialement, qui ont été condamnés pour différentes affaires durant son mandat, voire même avant. On voit notamment graciés un grand nombre de condamnés de l’affaire des implications russes dans la campagne présidentielle de 2016. On met ainsi à l’abri les copains et les coquins qui seront toujours redevables de quelque chose envers leur bienfaiteur qui n’a sans doute pas dit son dernier mot.

Par ailleurs, le président en exercice accélère les exécutions de prisonniers fédéraux et continue à licencier ses ministres sur Twitter. Après le ministre de la défense, débarqué début novembre, c’est tour de son collègue de la justice d’être renvoyé dans ses pénates avec un bonnet d’âne, semble-t-il pour avoir entériné le fait qu’il n’y a pas eu de fraudes électorales dans le processus qui a conduit à la victoire du camp démocrate.

Le mandat Trump se termine comme il avait commencé, celui d’un président mufle, désordonné, égocentrique et provocateur, qui a gouverné son pays comme le Café du Commerce. Il n’a pas fait que de mauvaises choses et a notamment respecté une partie des objectifs fixés par ses électeurs « red neck » mais la manière avec laquelle il les a réalisées fut pour le moins hétérodoxe… Après tout c’est ce que voulaient ses soutiens qui continuent à l’en remercier. Il fut un temps où les dirigeants de grandes nations démocratiques cherchaient à tirer leurs populations vers le haut mais cette méthode a été en partie désavouée par les « masses populaires » et le retour à la réalité est sévère, aux Etats-Unis comme ailleurs.

Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

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Les Etats-Unis d’Amérique dirigés par des personnes âgées

Donald Trump

A l’issue d’une élection présidentielle mouvementée, il se dessine que le trio au pouvoir dans ce pays sera très âgé. Joe Biden, président, 78 ans, Nancy Pelosi, présidente de la chambre de représentants, 80 ans, Mitch McConnell, chef de la majorité au sénat, 78 ans. Si l’on compte bien cela doit faire une moyenne de 78,6 années. Tout ça n’est guère brillant pour ce pays leader du monde occidental et de l’innovation planétaire qui nous avait habitué à mieux. Si le président sortant avait été réélu la situation n’aurait guère été différente puisque Donald Trump affiche 74 ans au compteur.

C’est étonnant que ce pays si actif et énergique n’arrive pas à renouveler son personnel politique. Peut-être est-ce le résultat du blocage de ceux qui sont en place qui ne veulent pas céder leurs maroquins ou le désintérêt des nouvelles générations pour l’engagement politique ? Gageons que le gel actuel n’empêchera pas ce pays de manifester son habituelle dynamisme.

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La teinture déborde…

Incident comique dans les suites de l’élection présidentielle américaine, l’avocat du président sortant, Rudy Giulani (76 ans), lors d’une intervention devant la presse durant laquelle il faisait un peu chaud et la teinture dont il couvre le peu de cheveux qui lui reste s’est mise à couler. Cet évènement, à la hauteur du galimatias déversé par l’impétrant pour tenter de contester les résultats de l’élection de son mentor, illustre une nouvelle fois le syndrome de la teinture chez le personnel politique.

Lorsque l’on refuse d’accepter les effets du vieillissement sur ses cheveux on présente un sérieux handicap pour faire de la politique où la réalité est parfois bien plus dérangeante que le simple blanchiment de ses cheveux… Message transmis à Mme. Hidalgo, Royale, Aubry, M. Hollande et bien d’autres !

Les républicains américains continuent à se battre pour la victoire de leur candidat à l’élection présidentielle

Signature de Donald Trump

Alors que le président Trump continue, entre deux parties de golf à inonder le réseau dit « social » Twitter de messages contestant la victoire de son concurrent démocrate Biden, les soutiens dont il bénéficie au sein de son propre parti Républicain commencent à s’étioler au fur et à mesure que sont rejetés les recours initiés en justice pour accuser les Démocrates de fraude électorale.

L’aspect plutôt comique dans cette bataille est aussi lié au mode de vote des Etats-Unis. A l’occasion de l’élection présidentielle les électeurs se prononcent sur le même bulletin pour toute une série d’élections complémentaires, variables selon des Etats. En l’occurrence ils ont voté pour le renouvellement d’un tiers des cent sénateurs et ont laissé pour le moment la majorité aux Républicains, ce qui procure à ce parti la capacité de bloquer toute mesure significative pour le pays comme cela a été fait durant la présidence Obama.

Contester la légalité du vote revient à remettre en cause non seulement le résultat en faveur du candidat démocrate mais aussi les votes en faveurs des sénateurs républicains puisque tous ont été exprimés sur le même bulletin. Difficile de rejeter l’un en gardant les autres. Mais cela peut toujours être tenté par le bataillon d’avocats mis en œuvre par l’entourage du président actuel, qui a lui aussi tendance à se réduire comme peau de chagrin face au poids de la réalité.

En réalité on semble bien se diriger vers le non-renouvellement du président Trump ce que devrait définitivement valider le vote des grands électeurs prévus pour mi-décembre. Ensuite il faudra juste faire déménager l’actuel résident de la Maison Blanche. On n’ose imaginer qu’il faille employer la force ou qu’il refuse d’assister à la cérémonie de prestation de serment de mi-janvier comme le veut la tradition du pays. Tout est possible ! En attendant il reste encore deux mois au président américain pour pratiquer la politique de la terre brûlée et jouer au golf.

Lire aussi : Compte Twitter Donald Trump

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Le tweetos de la Maison Blanche

Donald Trump

Président en principe « en sursis » sous réserve du résultat des recours qu’il fait mener contre les résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre, Donald Trump continue à gouverner par message Tweeter. Le président ne serait pas sorti de la Maison Blanche depuis ce jour funeste du 3 novembre où il aurait perdu l’élection, sauf pour aller jouer au golf.

Son ministre de la défense a appris aujourd’hui qu’il était remplacé sine die :

On devrait pourtant être habitué après quatre années de mandat Trump, mais on reste pourtant toujours stupéfaits que la première puissance militaire mondiale puisse décider de virer son ministre de la défense par un message de trois lignes publiées sur un réseau dit « social » avec effet immédiat. On ne sait pas si le ministre en question a été préalablement averti ou non. La période est également inattendue alors que les Etats-Unis sont en pleine période de transition présidentielle… Certes, un nouveau ministre a été immédiatement désigné mais espérons que l’Etat major américain serait capable de réagir en cas d’évènement malgré toute cette agitation.

On peut quand même s’interroger sur l’efficacité de cette méthode de gouvernement alternative… Si Joe Biden entrait effectivement à la Maison Blanche voilà au moins un point qui devrait changer significativement et rapidement.

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Le président américain conteste le résultat de l’élection présidentielle du 3 novembre

Le président Trump s’accroche à son siège et conteste les résultats de l’élection présidentielle de mardi dernier avec sa conception de la réalité très personnelle comme l’ont déjà montré ses quatre années à la Maison Blanche. Le processus un peu long du dépouillement des votes par correspondance (près de 100 millions), souvent réalisés par anticipation, qui s’est déroulé après le décompte des votes physiques, le tout ayant mis trois ou quatre jours à être finalisé. Cette procédure est complexe dans son exécution mais conforme aux lois américaines. Le clan Trump clame à tous les étages que ce vote est entaché de fraude, Trump lui-même tweet compulsivement que l’élection a été volée et un certain nombre de recours ont été déposés en justice pour contester les résultats dans certains Etats. Ces recours devraient aboutir d’ici mi-décembre, c’est alors que l’on pourra considérer comme définitive la victoire du candidat démocrate. La plupart des dirigeants mondiaux n’ont pas attendu cette date et ont déjà félicité Joe Biden pour sa victoire.

Le président Trump garde ses peins pouvoirs jusqu’à la passation de pouvoir officielle du 20 janvier 2021. Il n’a en tout cas pas perdu sa capacité à tweeter, on se demande bien s’il fait autre chose de ses journées en ce moment ? Ah si, samedi et dimanche il est allé jouer au golf.

Une nouveauté américaine, nombre de ses messages sont désormais marqués par Twitter comme « contestable » et on a même vu des chaînes de télévision couper la retransmission de conférences de presse alors que le président Trump commençait à dire des contre-vérités sur les résultats de l’élection :

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Le président Trump propose d’innover

Donald Trump

Lors de sa conférence journalière du 23 avril, le président des Etats-Unis d’Amérique a proposé une méthode de traitement de la maladie générée par le coronavirus :

« Je vois que le désinfectant l’assomme [le coronavirus] en une minute. Une minute. Et est-ce qu’il y a un moyen de faire quelque chose comme ça avec une injection à l’intérieur ou presque comme un nettoyage ?… Comme vous le voyez, ça pénètre dans les poumons et ça a un énorme effet, il serait donc intéressant de le vérifier. Il faudra faire appel à des médecins pour ça, mais ça me semble intéressant »

Donald Trump

Nombre de médecins ont cru bon de publier des démentis sur l’efficacité d’un tel traitement. Il a également parlé d’une solution possible à essayer par la lumière et les ultra-violets. C’est… distrayant !

« Vietnam » de Ken Burns et Lynn Novick

Un vaste documentaire sur la guerre du Vietnam, depuis la défaite française jusqu’à la piteuse fuite de Saïgon par les américains en 1975 : 3 DVDs, 9 épisodes, 8h30 heures de film (18 heures dans sa version pour la marché américain), dix années pour sa réalisation et finalement une passionnante plongée dans cet épisode tragique de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, du Vietnam et de quelques pays alentour. Cette guerre ayant été très librement ouverte à la presse, au moins du côté occidental, il existe une masse impressionnante de documents de tous ordres et, du côté Vietnam communiste, beaucoup d’informations plus ou moins officielles auxquelles les réalisateurs ont eu accès. Mais surtout, il subsiste encore beaucoup de témoins des deux bords et ce sont leurs interviews qui rendent ce documentaire aussi intéressant : civils, militaires et politiques, vietnamiens (du nord et du sud) et américains, prennent longuement la parole pour partager leurs petites histoires comme leur participation à la grande Histoire.

Les fameux enregistrements du bureau ovale de la Maison-Blanche ayant été dévoilés à l’occasion de l’affaire du Watergate, on entend d’incroyables conversations téléphoniques entre MM. Nixon (président) et Kissinger (secrétaire d’Etat) sur « l’évolution » de cette guerre, des négociations entre les parties pour y mettre fin et de l’influence de tout ceci sur… la réélection de Nixon en 1972.

Les réalisateurs étant américains, ils rentrent dans le détail du mouvement anti-guerre qui s’est développé dans leur pays à partir de 1966 et jusqu’aux accords de 1973, sur les illusions entretenues de « l’endiguement du communisme » en Asie qui justifiaient cette guerre étrangère et sur les désillusions de gamins de 20 ans envoyés mourir dans les rizières vietnamiennes.

La publication en 1971 par le New York Times des « Pentagone papers » écrits en 1967 (7 000 pages) par des militaires et experts politiques à la demande du ministre de la défense (Robert Mc Namara), permet de revenir sur les premiers grands mensonges d’Etat dans ce pays. On y redécouvre que dès le mitan des années 60’ la hiérarchie politico-militaire savait que les Viêt-Cong pouvaient gagner la guerre, puis par la suite, que les Etats-Unis allait la perdre. Ces analyses n’empêcheront pas de renforcer les effectifs militaires sur place jusqu’à plus de 500 000 hommes.

Au terme de cette guerre interminable qui fit 3 millions de morts côté vietnamien (du nord comme du sud, civils et militaires, 10% de la population), 60 mille côté occidental (des troupes d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada, des Philippines, de Thaïlande sont venues épauler les américains, même si elles furent très minoritaires), le Vietnam du sud absorbé par celui du nord pour former la République socialiste du Viêt Nam, il est impossible de savoir si le communisme se serait étendu dans toute l’Asie du Sud-est si elle n’avait pas eu lieu, puisque telle était le but de guerre. Le documentaire aborde rapidement l’effondrement économique de la République socialiste qui suivit la réunification, les camps de rééducation dans lesquels ont été envoyés beaucoup de vietnamiens ex-du sud, la fuite d’un million de citoyens sur les « boat-people », puis, au bout d’une dizaine d’années de logique marxiste, l’ouverture et la libéralisation du pays et, enfin, la visite du président américain  Bill Clinton en 2000, marquant ainsi une relative réconciliation entre les deux peuples qui furent de si féroces ennemis.

On est d’ailleurs frappé par la tranquille neutralité avec laquelle s’expriment les vietnamiens des deux bords pour raconter cette période tragique. Cela illustre une réconciliation avec les Etats-Unis qui semble avoir été plutôt bien menée. Le Vietnam du nord était, et reste toujours, guidé par la certitude de la justesse de son combat, le Vietnam du sud s’est trouvé le jeu de puissances qui le dépassaient et a disparu, les Etats-Unis ressassent leur traumatisme dont les effets durent toujours, voire même sont réactivés avec d’autres guerres interminables menées en Orient, notamment en Afghanistan et en Irak…

La leçon de cette période complexe est difficile à tirer. Ce que les faits nous disent c’est la très grande majorité de ces guerres étrangères menées par des puissances occidentales depuis la deuxième guerre mondiale se sont en général mal terminées pour elles… Celle du Vietnam fut une apothéose à cet égard. Ainsi va la vie du monde.

Ah, dernière chose, la bande originale est coordonnée par Trent Reznor (du groupe Nine Inch Nails) et fait la part belle aux Jimi Hendrix, Bob Dylan, Rolling Stones, Byrds… qui accompagnaient les troupes américaines tout au long des combats.

Neil Youg veut voter aux Etats-Unis

Sur son site web Neil Young explique qu’il est en train de demander la nationalité américaine pour pouvoir voter aux prochaines élections présidentielles mais que, signalé comme consommateur de cannabis, il doit passer un entretien supplémentaire. Il est résident américain depuis déjà des décennies.

I sincerely hope I have exhibited good moral character and will be able to vote my conscience on Donald J. Trump and his fellow American candidates, (as yet un-named).

Ayant soutenu Bernie Sanders la dernière fois, on peut imaginer qu’il ne votera pas pour Trump à qui l’opposa un litige quand celui-ci utilisait Keep on rockin’ in the free world comme bande-son de ses meetings…

« Steve Bannon – le grand manipulateur » d’Alison Klayman

Un documentaire sur Steve Bannon : ex-âme damnée du président américain Trump, l’un de ses conseillers les plus proches qui l’a mené à la Maison Blanche, il est depuis tombé en désamour avec son président mais il continue de développer sa vision politique prônant le retour à la nation, la fermeture des frontières à l’immigration et la fin de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une institution multilatérale ou supranationale.

Le garçon est suivi et filmé comme son ombre par la réalisatrice Alison Klayman au cours de la période précédant les élections américaines de mi-mandat en 2018. A cette époque il a déjà été remercié par la présidence mais il continue à parcourir le pays pour y développer ses idées et soutenir la politique trumpienne. Comme il a plus de temps depuis qu’il ne travaille plus à la présidence, il parcourt également l’Europe pour essayer de fédérer les partis d’extrême droite autour de son discours. Et il n’a pas trop de mal à réunir les Salvini, Le Pen, Orban et consorts qui surfent sur cette vague populiste depuis longtemps.

Le documentaire ne rentre pas vraiment au fond de la vision de Bannon et se contente de décrire son personnage. Ex-banquier chez Goldman Sachs il a l’air largement plus malin et pernicieux que les dirigeants européens qu’il soutient. On ne mesure pas bien la solidité de ses convictions mais on voit qu’il goûte cette action d’agit-prop conservatrice que Mme. Michu adore. Bannon a sans doute encore de beaux jours devant lui.

Les Etats-Unis font leurs courses

Donald Trump

Le président américain Trump fait part de sa volonté que les Etats-Unis « achètent » le Groenland au Danemark dont c’est l’un des territoires. On a d’abord cru à une blague de fin de banquet jusqu’à ce que le président confirme ce projet sur Twitter. Le Danemark a répondu que le Groenland n’était pas à vendre, du coup, fâché, le président américain a annulé une visite qu’il devait faire dans le royaume danois dans deux semaines, qualifiant la première ministre de « méchante ».

La diplomatie américaine se transforme en marché aux puces, il faut se pincer pour y croire, mais c’est la réalité du moment. Trump est habitué à faire du business alors il gouverne comme il a construit ses tours. Et puis, pourquoi ne pas essayer, après tout si le Danemark était dirigé par un de ces nouveaux élus populistes qui prospèrent un peu partout sur la planète, les Etats-Unis auraient pu éventuellement trouver un interlocuteur susceptible d’être intéressé par une cession « immobilière » du Groenland…

Cette nouvelle génération de dirigeants « sans foi ni loi » sera l’un des faits marquants du début du XXIème siècle. Ils dirigent à l’intuition avec un simplisme désarmant. Ils répètent à leurs électeurs que les élites passées se sont moqué d’eux des décennies durant et ce discours est plus que bien reçu au Café du commerce. Ils sont élus dans nombre de démocraties par des peuples « souverains », ils appliquent des programmes qu’ils ont annoncés et à ce jour il n’y a pas eu de catastrophe majeure même si la théorie économique prévoit leurs échecs. On est loin des discours visionnaires et élégants à la Obama, qui ne l’empêchaient pas d’agir de façon relativement énergique (voire la campagne d’éliminations ciblées des terroristes islamiques, le renforcement des troupes américaines en Afghanistan ou la nationalisation temporaire de certaines banques puis des producteurs automobiles américains pour les sauver de la faillite), mais qui relevaient de la bonne éducation reçue dans les universités de la Nouvelle-Angleterre. Aujourd’hui nous sommes dans un monde de pignoufs : il y a ceux « qui en ont une grosse » et les autres. Manifestement le Danemark est considéré par Washington comme relevant de la seconde catégorie.

Cela ne veut pas dire que ces nouveaux dirigeants rustres seront moins efficaces que les précédents, seul l’avenir le dira. Nous ferons le bilan dans 10 ou 15 ans. Les démocraties du XXème siècle ont plutôt eu tendance à élever le niveau culturel de leurs citoyens, celles du XXIème le font plonger. Evidemment les intellectuels et citoyens bien-pensants sont consternés devant la vulgarité de ces méthodes, c’est le triomphe des « ploucs » et le crépuscule des « bobos ». Gageons que cela n’aura qu’un temps et que l’intelligence vaincra. En attendant, on espère que le pragmatisme des ploucs permettra d’éviter le déclenchement d’une guerre nucléaire pour le rachat d’un bout de territoire !

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Un nouveau président au pouvoir au Brésil

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris ses fonctions ce premier janvier. Dans la lignée des pouvoirs populistes qui font fureur actuellement en Europe et aux Etats-Unis il déploie déjà l’étendard du repli sur le pays et le crucifix du Dieu des chrétiens, du développement forcené du libéralisme économique, de l’annulation de toutes mesures écologiques nationales ou multilatérales et de la lutte contre la violence et la corruption endémiques qui ravagent le pays. Plus original il a (re)lancé une croisade contre « les idéologies socialistes et communistes ».

Jusqu’à plus ample informé, le Brésil n’était pas à proprement parler un repaire bolchévique mais le nouveau président qui ne cache pas son attachement aux dictatures militaires passées en réactive le vocabulaire. On verra s’il en réhabilite également les méthodes. Sa tâche en tout cas sera rude pour réduire violence et corruption qui gangrènent cette immense nation et qui ont jeté à bas les progrès économiques des pouvoirs précédents. La devise du pays est « ordre et progrès » ; il est clair qu’à ce stade la première variable de l’équation est en déroute et qu’il sera difficile de maintenir la seconde sans résolution de la première !

Petit à petit des dirigeants « populistes » se font élire en disant à leurs électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Leurs programmes économiques sont généralement hétérodoxes au regard de la théorie économique en vogue mais ils sont en train d’être déroulés. Voyons d’ici quelques mois ou années ce que cela donnera !

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