La République et les vaccins

On se souvient que le mois dernier une déclaration du chef d’un laboratoire producteur de vaccins (Sanofi) avait déclenché l’émotion des commentateurs car il avait expliqué que les Etats-Unis d’Amérique finançant une partie de la recherche en cours pour mettre au point un vaccin contre le coronavirus, se verrait réserver une partie de la production de ce vaccin si celui-ci était trouvé. S’en suivirent une série de réactions outragée y compris de la présidence de la République affirmant que « le vaccin [doit être] un bien public et mondial, c’est-à-dire extrait des lois du marché ».

Un mois plus tard la France annonce fièrement s’être alliée avec l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas pour cofinancer la recherche du laboratoire AstraZeneca qui s’engage en contrepartie à fournir ces quatre pays avec 400 millions de doses de vaccins une fois le produit mis au point. Bref, ce qui est contestable pour les Etats-Unis ne l’est pas bien entendu pour la France… Une telle attitude relève d’un nombrilisme politique dont la France est hélas coutumière.

La vérité est que contrairement au slogan asséné par la République le vaccin est un produit dont la recherche est financée par des entreprises privées, éventuellement aidées par des fonds publics, produit dans des usines privées et commercialisés sur des marchés souvent publics, dans le cadre de programmes nationaux de lutte contre les maladies infectieuses. Il y a donc des investissements à mener (recherche, usines, circuits de distribution) et des recettes à encaisser pour amortir ceux-ci. Sauf quelques exceptions, les Etats ont laissé ce processus dans les mains du secteur privé depuis bien longtemps. Alors, comme pour la fourniture de masques de protection, chaque Etat cherche à privilégier sa propre population. C’est compréhensible !

Sauf à imaginer un système de recherche et de production de vaccins sous l’égide des Nations Unies (un doux rêve), la première entreprise qui va mettre au point le premier vaccin contre le coronavirus va ensuite produire une première dose qu’elle va livrer à un premier client qui sera considéré comme privilégié. On ne pourra pas d’un coup mettre sur le marché plusieurs milliards de doses. Il y a des pays-clients qui seront servis en premier et d’autres… en dernier, « lois du marché » ou pas ! De même, le premier pays qui va recevoir la première dose va bien devoir l’utiliser pour un premier patient qu’il faudra bien désigner. Bref, cette notion de « bien public mondial » s’avère particulièrement fumeuse et vide de sens.

La constance dans la vacuité

Avec une constance qui force l’admiration, la population française, ses élus et la presse font remonter comme préoccupation majeure en ces temps de virus et de crise économique : l’accès aux plages et aux parcs urbains. Ces lieux restent encore souvent soumis à des restrictions d’accès, variables suivant les zones et la France n’aime pas les restrictions. Peut-être qu’effectivement il serait souhaitable que les français profitent un peu du bon air de l’été car la rentrée risque d’être saignante avec son cortège de faillites, de chômeurs, d’émeutes et de déficits divers !

Oyé-oyé bonne gens : vivez au mieux vos derniers instants de sérénité, votre réveil sera brutal et violent !

Le psychodrame des élections municipales en temps de pandémie

Kiro / Le Canard Enchaîné (17/09/2017)

La question de l’organisation du second tour des élections municipales est à nouveau sur la table. On se souvient su psychodrame déclenché par le maintien du premier tour le 15 mars dernier malgré la période de pré-confinement qui était déjà commencée. Ce dimanche électoral avait déclenché un assaut de joutes oratoires où la mauvaise foi se disputait à la beaufitude. Il apparaît que le gouvernement était alors plutôt en faveur d’annuler cette élection mais qu’après consultation des partis politiques, l’opposition avait crié au « coup d’Etat » en cas de report. Constatant ce dissensus le pouvoir avait finalement maintenu l’échéance. Evidemment à l’époque les sondages étaient plutôt favorables aux candidats d’opposition qui souhaitaient donc passer devant les électeurs pour entériner leur avance. Ceux-ci ne s’étaient pas gêné bien entendu pour reprocher ensuite au gouvernement d’avoir maintenu le premier tour… Les électeurs étaient eux allés prendre le soleil (et le virus…) dans les parcs ensoleillés plutôt que de fréquenter les bureaux de vote de la République.

A ce stade on n’a pas identifié de lien significatif entre ces bureaux de vote et la circulation de la pandémie. Certainement des membres de bureaux de vote ont été contaminées à l’occasion de cette élection mais il semble que statistiquement ils ne l’aient pas été plus que s’ils étaient allés au jardin public du coin de la rue.

Le deuxième tour du 22 mars avait évidemment été annulé et pourrait être reprogrammé fin juin. De nouveau consulté par le gouvernement sur une telle hypothèse, une partie de l’opposition, échaudée par les conséquences de sa volte-face politique de mars, se refuse à se prononcer arguant qu’il s’agit de « la responsabilité du gouvernement ». Encore un grand moment de responsabilité politique des élus payés par les impôts versés par les contribuables.

Enfin une bonne nouvelle

Kiro / Le Canard Enchaîné (08/01/2020)

La crise mondiale du virus baladeur a au moins un avantage en ce qu’elle a ramené l’affaire de la fuite de Carlos Ghosn à ce qu’elle est vraiment c’est-à-dire un dossier de cornecul délinquant qui a fui la justice du pays où il travaillait. Les autorités japonaises continuent à le rechercher bien sûr, mais chacun a mieux à faire que de suivre les aléas d’un aventurier aux petits pieds. On espère néanmoins que son action en justice contre Renault pour percevoir ses indemnités de rupture de contrat et autres retraites chapeaux va tomber d’elle-même. L’entreprise Renault est actuellement portée à bout de bras par les contribuables français et il pourrait être mal vécu qu’une partie de ces soutiens financiers en espèces sonnantes et trébuchantes puissent se retrouver dans les poches du fuyard à égo surdimensionné !

Lire aussi : Carlos et sa malle

Le prévisionniste qui se trompe

Patrick Arthus est polytechnicien, économiste, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis. Il s’est beaucoup trompé dans sa carrière de prévisionniste mais ce sont les risques du métier. En 2008 pendant qu’il se trompait dans son analyse de la crise financière occidentale, il ne voyait pas non plus que se développait au cœur de la banque qui l’emploie un des plus grands scandales financiers de la Vème République lorsque qu’un quarteron de dirigeants irresponsables et incompétents a joué avec l’argent des petits déposants des banques populaires et des caisses d’épargne sur le casino des marchés financiers. Les contribuables ont alors sauvé Natixis de la faillite.

Au moins M. Arthus, qui prévoyait une crise financière de courte durée en 2008, admit que ses prévisions étaient erronées. Il est chevalier de la légion d’honneur, on ne sait pas bien pourquoi.

La dernière théorie de M. Arthus est intéressante en ce qu’il prévoit que l’émission massive de monnaie centrale en cours dans la plupart des pays pour survivre à la crise sanitaire ne va pas générer une inflation galopante comme le postulent les sciences économiques mais une baisse de la valeur des actifs immobiliers. Dans un cas comme dans l’autre l’émission de monnaie sans rapport avec la production va dévaloriser les actifs. Que ce soient l’épargne de Mme. Michu ou la valeur de son bien immobilier quand elle en a un, elle va y perdre et se retrouvera avec moins de richesse une fois la crise passée. L’avenir dira si les prévisions de M. Arthus se révèlent une nouvelle fois erronées.

Les milliards tombent comme les obus à Gravelotte

Comme souvent, à situation équivalente, la France va dépenser plus d’argent public (celui des contribuables) que d’autres pays occidentaux pour essayer d’amortir les effets économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours. De prêts garantis par l’Etat en fonds de secours d’urgence, de mesures de chômage partiel en annulations de charges, les contribuables français se sont engagés dans des dépenses considérables, qui vont peser sur les finances publiques pour des décennies. Comme toujours en France, les revendications sociales sont fortes et même accrues à la suite de cette crise. Durant la période de confinement, ceux qui ont fait leur travail sur le terrain veulent des augmentations de salaires pour risques pris (personnel soignant, employés des magasins de distribution alimentaire, éboueurs, etc.), ceux qui ont été mis en chômage partiel (financé par l’Etat et non leurs employeurs) se verraient bien poursuivre ainsi jusqu’à que le risque soit complètement circonscrit et ceux qui sont d’ores et déjà sans emploi émargent en masse à l’assurance chômage.

Tout le monde se plaint, tout le monde critique, tout le monde attaque l’Etat, chacun en veut plus pour sa corporation et se scandalise qu’elle ne soit pas considérée comme prioritaire et pendant ce temps les contribuables se sont fouiller les poches sans même s’en apercevoir. Les experts de plateaux télévisés regardent leurs courbes d’audience, sondent l’humeur de Mme. Michu sur l’Hydroxychloroquine et l’interroge : « Etes-vous en faveur de l’augmentation des salaires du personnel soignant ? Oui-oui-oui » en oubliant la question conséquente : « Etes-vous prête à payer plus de cotisations sociales ? Non-non-non ! ».

En réalité le robinet des aides publiques est déjà largement ouvert et coule à flot. Le chroniqueur a pu constater qu’il a été crédité en 8 jours du chômage partiel de son employée de maison, que l’association d’insertion qu’il conseille a obtenu la garantie de l’Etat pour un prêt bancaire de 30 000 euros sur simple déclaration sur le site Internet de la Banque publique d’investissement (BPI), qu’un petit commerçant qu’il aide dans sa gestion a touché deux fois 1 500 euros d’aide en avril et en mai compte tenu de la fermeture de son magasin (soit plus que son salaire mensuel), etc. Il serait peut-être opportun que quelques journalistes regardent un peu plus loin que la niche fiscale dont ils bénéficient indûment, pour constater, chiffrer et relater ce qui fonctionne dans notre pays au lieu de chercher sans relâche à mettre en difficulté leurs interlocuteurs politiques.

Les décideurs français sont à l’image de leurs électeurs et gèrent une crise, incroyable il y a encore 6 mois, comme ils le peuvent. Il y a certainement des erreurs commises, il y a des changements de pieds, il y a des questions sans réponse un jour dit, il y a des décisions prises qui ne satisfont pas tout le monde, il y a 26 000 morts connus à ce jour (sur une moyenne annuelle d’environ 650 000 en régime de croisière) mais la situation est gérée sans doute pas plus mal que dans les pays avoisinants. La seule chose que cette crise ne semble pas en voie de régler est le pessimisme tapageur des français, leur propension à se plaindre de tout et leur réflexe pavlovien à critiquer tout le monde sauf eux-mêmes.

L’enjeu « vital » des parcs et des plages

Le déconfinement décidé à compter du 11 mai est progressif et certaines restrictions restent en vigueur. Un premier point doit être fait début juin sur les premiers effets, positifs comme négatifs, de ce déconfinement et en définir les étapes suivantes. En attendant, la France du Café du commerce se déchaîne et chacun y va de son petit intérêt particulier pour expliquer combien ces restrictions sont acceptables pour ses voisins, mais surtout pas pour lui-même.

A Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts aux promenades mais pas les parcs et jardins car potentiels foyers de rassemblements humains susceptibles de favoriser la contamination des citoyens. Aussitôt chacun argumente tout et son contraire pour justifier ou contester cette mesure parisienne. Ces décisions ont été prises par des gens intelligents et compétents, il suffirait de les appliquer, consacrer son énergie à des questions plus sérieuses et attendre deux petites semaines la nouvelle évaluation de la situation pour une éventuelle réouverture des parcs et jardins. Mais non, nous sommes en France alors toute une partie de nos édiles rémunérée par les impôts que nous payons s’agite, ventile, mouline, dans la vacuité qui caractérise dédormais le débat public. Que ces gens travaillent et attendent début juin l’analyse de l’évolution de la pandémie pour savoir s’ils pourront aller se promener au Luxembourg, en attendant, s’ils ont véritablement besoin de voir des arbres ils vont au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes. Mais surtout : qu’ils bossent un peu plus au lieu de polémiquer sans cesse !

Autre sujet qui semble vital pour la survie de notre nation : va-t-on pouvoir aller à la plage sans attendre la situation de la pandémie début juin ? Devant l’ampleur de cette question, le gouvernement a décidé de laisser les maires se coordonner avec les préfets pour en décider. Alors on a de tout, des plages qui restent fermées, d’autres complètement ouvertes, certaines en « ouverture dynamique » c’est-à-dire que vous pouvez vous baigner mais pas bronzer sur votre serviette, etc. Et dans chaque situation nous avons des râleurs et des soutiens. Cela en devient souvent risible, parfois le risque psychosocial est évoqué pour exiger la « réouverture » … On frise le grotesque mais c’est souvent ce que nous sommes : une bande de gaulois débrayés et râleurs, parfois créatifs.

La bonne nouvelle est qu’un pays qui n’a pas d’autres sujets d’interrogation que savoir s’il pourra ou non déplier sa serviette sur une plage bretonne balayée par des vents glacés sans attendre début juin, est un pays qui ne va pas si mal que cela.

Le drame des bobos à déconfiner

Le déconfinement des citoyens initié depuis hier pose au moins deux problèmes significatifs. Le premier est de rapatrier les troupeaux de bobos partis se confiner dans leurs résidences secondaires en dehors des centres urbains. On parle d’un million de parisiens qui auraient fui l’Ile-de-France à la mi-mars. Et l’on a sans doute à déplorer de pareilles transhumances à partir des autres villes du pays. Tout ce petit monde a tranquillement télétravaillé depuis l‘Ile-de-Ré pendant deux mois en offrant des classes vertes à ses enfants. Mais demain c’est la fin des vacances et il va falloir retourner en entreprise et à l’école pour les minos. A court terme on ne sait pas bien comment rapatrier ces bataillons de privilégiés. Dieu merci, la plupart sont équipés de SUV clinquants avec lesquels ils vont pouvoir rallier le VIIème arrondissement parisien sans utiliser une SNCF aux capacités de transport elles aussi-confinées. Qui plus est, certains d’entre eux vont rester encore quelques temps sur l’Ile-de-Ré, après-tout, télétravailler en temps de confinement ou de déconfinement c’est toujours travailler.

Le deuxième sujet d’importance concerne la prise d’assaut attendue des salons de coiffure par Mmes. Michu qui ont été sevrées de mises-en-plis. La réouverture de l’activité des coiffeurs va-t-elle permettre de satisfaire cette forte demande ou maintenir Mme. Michu en stress psychique pour défaut de permanente ?

On voit que le déconfinement n’est pas une œuvre de tout repos.

75ème anniversaire

Le 8 mai 1945, il y a 75 ans l’Allemagne signait sa reddition au terme d’une guerre sauvage qui dévastât l’Europe et fit 60 millions de morts (en comptant les tués en Asie). Les générations d’alors travaillèrent à redresser le continent et effacer la barbarie dans un océan de misère et de destruction, mais il y avait l’espoir.

Aujourd’hui, 8 mai 2020, les générations suivantes s’inquiètent principalement de savoir comment elles pourront prendre leurs vacances et accéder aux plages en cet été de pandémie. Autre époque, autre sens du risque, autres mentalités !

La Corse a son plan de déconfinement

Delambre / Le Canard Enchaîné (20/01/2016)

Gilles Simeoni-avec-un-i-muet, chef du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, allié avec l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni-avec-un-i-muet, président de l’Assemblée de Corse, propose d’imposer un test à tous les touristes qui voudront se rendre en Corse pour leurs vacances d’été et n’accepter que ceux présentant un résultat négatif :

L’accès à notre territoire sera conditionné par la présentation d’un certificat sanitaire « green pass », c’est-à-dire d’un test COVID négatif.

Interview dans Corse Net Info – 06/05/2020

La Corse n’étant pas encore indépendante, il est peu probable qu’une telle procédure soit légale. Si toutefois cette mesure était mise en œuvre, il faudrait bien entendu appliquer sa réciproque et imposer à tout résident corse voulant se rendre sur le continent de présenter un test COVID négatif.

Coronavirus en France : des morts et un enterrement de première classe

La pandémie de coronavirus a fait à ce jour 25 000 morts en France (pour un nombre annuel moyen de décès de 640 000 morts) mais aussi un enterrement de première classe, celui des réformes qui étaient en cours et déclenchaient moulte grèves et émeutes depuis un an et demi. Compte tenu de l’effondrement économique actuel de la République qui va entraîner des faillites d’entreprises en masse et de nouveaux chômeurs en nombre, sans doute pour plusieurs années, on voit mal le pouvoir actuel reprendre la marche forcée des réformes qui bouleversent le quotidien des citoyens, notamment celle des assurances retraites et chômage.

Ces évolutions dans les modes de fonctionnement de la France ont été annoncées comme « suspendues » au début de la crise sanitaire. On peut craindre que le provisoire ne devienne définitif ce qui posera un problème juridique car une partie de ces réformes a déjà été votée par le Parlement. Faudra-t-il défaire ce qui a déjà été fait ?

Une fois encore la France va se cacher derrière une crise pour ne pas réformer alors qu’elle n’a pas profité des intermèdes entre deux crises pour le faire comme l’ont pratiqué les pays européens mieux gérés, majoritairement ceux du nord. Alors évidemment les pays mal gérés comme la France se retrouvent en plus mauvaise position pour affronter les dépenses supplémentaires rendues nécessaires par la prise en charge de la crise actuelle. Et bien entendu les pays « cigales » réclament la « solidarité » des pays « fourmis » pour les aider… Cette histoire est un éternel recommencement !

Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

Philippe Juvin

Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

Atlantico (06/05/2020)

Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

La France : un pays irresponsable

Alors que la République a lancé la date du 11 mai pour commencer son déconfinement partiel, évolutif et progressif, comme d’ailleurs la plupart des pays avoisinants, certains ayant débuté dès cette semaine, tout ce que le pays compte de corporations se lamente, se plaint, tourne sa veste, dit noir aujourd’hui quand il disait blanc hier, attaque le jacobinisme de l’Etat et pleure car on leur fait courir trop de risques, etc. Bref, personne n’est content et, finalement, un certain nombre d’organisations et d’individus verraient bien continuer du confinement encore quelques semaines dans les conditions actuelles c’est-à-dire une prise en charge par la République de la rémunération de quelques dizaines de millions de personnes, l’indemnisation de nombre d’entrepreneurs indépendants et la garantie quasi-automatique de prêts aux entreprises grandes comme petites par dizaines de milliards. Les privilégiés préfèrent donc confiner plus longtemps plutôt que de prendre des risques sanitaires. La demande de ceux qui ont intérêt à reprendre leur activité rapidement comme l’hôtellerie-restauration sont couverts par les braillements des immobilistes. Comme souvent en France, les privilégiés crient plus fort que ceux qui le sont moins et chacun jette un voile pudique sur la seule vérité qui vaille : nous allons devoir tous payer pendant des générations pour ce désastre économique qu’il convient donc de limiter par une reprise économique raisonnée.

Notre petit hexagone s’amuse à des polémiques sans fin. La dernière en date concerne la distribution de masques. La grande distribution a été autorisée à vendre des masques à partir de cette semaine, ce qu’elle va faire à prix coûtant semble-t-il. La pénurie de ces masques commence à se résoudre grâce à des commandes et des livraisons massives des secteurs publics comme privés. On pourrait s’en réjouir ? Eh bien non, certains professionnels de santé ont publié une tribune vengeresse en accusant les distributeurs de profiter de la situation. Il était envisagé de déconfiner ce 11 mai d’abord les enfants et de garder les personnes vulnérables à l’abri pendant encore quelques temps. Eh bien c’est l’inverse qu’il fallait faire compte tenu du « risque psychologique » d’isolement des personnes âgées et du risque sanitaire que l’on va ainsi faire prendre aux jeunes. Les autorités de santé n’adoptent pas les yeux fermés des traitements alternatifs mais préfèrent lancer des essais cliniques avant de se prononcer, eh bien ils sont taxés de « pétainisme ». Les plages restent fermées compte tenu du risque de rassemblement de foule qu’elles présentent du fait de leur attractivité, eh bien les élus bretons réclament un régime spécial car « ces plages sont notre jardin ». Le retour des enfants à l’école est facultatif et laissé à l’appréciation des parents, eh bien c’est une « lâcheté de l’Etat » qui fait ainsi porter une responsabilité insoutenable aux parents. L’Etat accusé de manquer de cohérence et d’un « cap clair » diffuse une note de 60 pages aux écoles pour encadrer leur réouverture, eh bien cela ne va pas et l’administration est soupçonnée de se décharger de ses responsabilités sur les élus des territoires. L’autorisation de déplacement sera fixée à 100 km du domicile, ça ne va pas, pourquoi ne pas avoir décidé 110 km. Etc. etc. etc.

Un certain nombre de citoyens et d’organisations ont occupé l’inactivité de leur confinement pour déposer des rafales de plaintes judiciaires contre l’Etat, contre des ministres. La signature de pétitions est également un sport très pratiqué en période de crise sanitaire. Les plus naïfs auraient espéré que chacun se mette au travail pour atténuer les effets délétères de la crise. La reprise de l’activité nationale ne peut pas se faire sans risque puisque le virus continue à courir. Il y aura encore des citoyens qui seront contaminés, quelle que soit la date du déconfinement. Et il y aura encore des décès qui, peut-être, auraient pu être évités si les gens étaient restés chez eux. Il convient de faire preuve d’intelligence et de capacité d’adaptation là où les français favorisent la polémique et l’immobilisme. C’est le péché national à l’origine de la décadence de la nation, et celle-ci s’accélère !

Dernier épisode, le Sénat a rejeté ce soir le plan de déconfinement présenté par le premier-ministre par 89 voix contre, 81 voix pour et 174 votes non exprimés. L’opposition de droite s’est abstenue et a laissé le vote contre de l’opposition de gauche l’emporter. Les cadors socialistes et communistes se sont donc opposés à ce plan qui, notamment, contenait des mesures sociales d’aides aux « plus défavorisés ». Ce vote n’a qu’une valeur consultative mais il est tristement représentatif de l’inefficacité française.

Le vote du Sénat

Groupe socialiste et républicain (71)

Contre : 68 – M. Maurice Antiste, Mme Viviane Artigalas, MM. David Assouline, Claude Bérit-Débat, Jacques Bigot, Joël Bigot, Mmes Maryvonne Blondin, Nicole Bonnefoy, MM. Yannick Botrel, Martial Bourquin, Michel Boutant, Thierry Carcenac, Mme Hélène Conway-Mouret, MM. Roland Courteau, Michel Dagbert, Yves Daudigny, Marc Daunis, Gilbert-Luc Devinaz, Jérôme Durain, Alain Duran, Vincent Éblé, Mme Frédérique Espagnac, M. Rémi Féraud, Mme Corinne Féret, M. Jean-Luc Fichet, Mmes Martine Filleul, Samia Ghali, M. Hervé Gillé, Mmes Marie-Pierre de la Gontrie, Nadine Grelet-Certenais, Annie Guillemot, Laurence Harribey, MM. Jean-Michel Houllegatte, Olivier Jacquin, Mme Victoire Jasmin, MM. Patrice Joly, Bernard Jomier, Mme Gisèle Jourda, MM. Patrick Kanner, Éric Kerrouche, Jean-Yves Leconte, Mme Claudine Lepage, M. Jean-Jacques Lozach, Mme Monique Lubin, MM. Jacques-Bernard Magner, Christian Manable, Didier Marie, Rachel Mazuir, Mmes Michelle Meunier, Marie-Pierre Monier, M. Franck Montaugé, Mmes Marie-Françoise Perol-Dumont, Angèle Préville, M. Claude Raynal, Mme Sylvie Robert, M. Gilbert Roger, Mme Laurence Rossignol, MM. Jean-Pierre Sueur, Simon Sutour, Mme Sophie Taillé-Polian, MM. Rachid Temal, Jean-Claude Tissot, Mme Nelly Tocqueville, MM. Jean-Marc Todeschini, Jean-Louis Tourenne, André Vallini, Mme Sabine Van Heghe, M. Yannick Vaugrenard

Groupe Union Centriste (51)

Contre : 1 – M. Vincent Delahaye

Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (23)

Contre : 2 – MM. Jean-Pierre Corbisez, Joël Labbé

Groupe communiste républicain citoyen et écologiste (16)

Contre : 16 – Mmes Cathy Apourceau-Poly, Éliane Assassi, Esther Benbassa, M. Éric Bocquet, Mmes Céline Brulin, Laurence Cohen, M. Pierre-Yves Collombat, Mme Cécile Cukierman, MM. Fabien Gay, Guillaume Gontard, Mme Michelle Gréaume, M. Pierre Laurent, Mme Marie-Noëlle Lienemann, M. Pierre Ouzoulias, Mme Christine Prunaud, M. Pascal Savoldelli

Sénateurs ne figurant sur la liste d’aucun groupe (6)

Contre : 2 – Mme Sylvie Goy-Chavent, M. Stéphane Ravier

Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

Lire aussi : La France éternelle…

Le nouveau contexte du transport de masse

Les reportages se multiplient sur les conditions de transport dans le cadre de la pandémie de coronavirus. Des passagers de compagnies aériennes s’étonnent que leurs avions soient pleins, idem pour les trains à grande vitesse (TGV). Il leur échappe sans doute que compte tenu du modèle économique de ces activités, un avion ou un TGV à moitié rempli, si cela devait être durable, va déclencher un prix du billet à peu près multiplié par deux, ou alors la prise en charge par les contribuables de pertes conséquentes.

L’augmentation des prix de vente du transport est d’ailleurs probablement la seule solution efficace pour revenir sur le modèle du transport de masse si tel était l’objectif. Idéalement il conviendrait que l’augmentation de ces prix soit plus le fait d’application de taxes écologiques plutôt que l’accroissement des coûts du fait d’une moindre productivité, mais si l’on continue à pouvoir acheter un aller-retour pour la Thaïlande pour 400 EUR ou à 120 EUR pour le Maroc, les classes moyennes continueront à aller passer en masse leurs vacances à Phuket ou leurs week-ends à Marrakech.

Ce sera l’un des sujets sur la table post épidémie.

Le président Trump propose d’innover

Donald Trump

Lors de sa conférence journalière du 23 avril, le président des Etats-Unis d’Amérique a proposé une méthode de traitement de la maladie générée par le coronavirus :

« Je vois que le désinfectant l’assomme [le coronavirus] en une minute. Une minute. Et est-ce qu’il y a un moyen de faire quelque chose comme ça avec une injection à l’intérieur ou presque comme un nettoyage ?… Comme vous le voyez, ça pénètre dans les poumons et ça a un énorme effet, il serait donc intéressant de le vérifier. Il faudra faire appel à des médecins pour ça, mais ça me semble intéressant »

Donald Trump

Nombre de médecins ont cru bon de publier des démentis sur l’efficacité d’un tel traitement. Il a également parlé d’une solution possible à essayer par la lumière et les ultra-violets. C’est… distrayant !

Des sous…

Riss / Charlie-Hebdo (05/12/2018)

Vous avez aimé les émeutes sociales de l’année 2019 ?  Vous allez adorer les lendemains sociaux de la crise sanitaire en cours !

Les observateurs découvrent que toute une série de « petits métiers » sont nécessaires au fonctionnement de l’économie d’un pays. Alors que les bobos télétravaillent depuis l’Ile-de-Ré les caissières sont dans les supermarchés, les poissonniers dans leurs échoppes, les aides-soignantes dans leurs hôpitaux et les ramasseurs de poubelle sur leurs camions. Ils font un travail qui n’est que peu numérisable et doivent exercer physiquement leurs tâches lorsque celles-ci sont considérées comme de « première nécessité ». En cas de pandémie ils prennent plus de risques pour leur santé que le bobo à l’Ile-de-Ré.

La preuve de leur utilité étant faites, ces corporations réclament « une reconnaissance » c’est-à-dire de manière plus directe : « des sous ». Le gouvernement a déjà annoncé des versements de primes exceptionnelles au personnel soignant. Les entreprises vont être soumises à de rudes revendications salariales dès la sortie de crise, en tout cas pour celles qui survivront à cette période de confinement. Jusqu’ici les salaires étaient plutôt fixés sur les critères de l’offre et la demande, si demain les salaires doivent être fixés sur base de l’utilité sociale de leurs bénéficiaires c’est un changement de paradigme (pour reprendre un mot à la mode). La simple définition de « l’utilité sociale » sera déjà un casse-tête de première catégorie, tout le monde voulant bien entendu apparaître comme socialement utile et éligible à « une reconnaissance ». Des lendemains sociaux qui s’annoncent chauds dans un pays en faillite !

Le prix de la démondialisation se profile

Les consommateurs français constatent une augmentation des prix de leurs fruits et légumes depuis le début de la crise sanitaire. L’inflation générale n’est pas significative notamment car elle est tirée vers le bas par le prix du pétrole, mais sur certains produits alimentaires il faut payer plus cher. La raison est notamment que les produits d’origine française sont maintenant majoritaires sur les étals et que les frais de transport ont augmenté du fait du confinement. Le ministre de l’économie assène que c’est là le prix de la qualité à payer car la fraise gariguette est meilleure que la fraise espagnole.

C’est en tout cas un effet à méditer en ces temps où les commentateurs de plateaux télévisés expliquent à tout va qu’il faut « démondialiser » et « relocaliser » comme l’une des conséquences à tirer de la crise sanitaire en cours qui révèle les interdépendances mondiales. Eh oui, mais revenir à des productions purement nationales reviendra à des augmentations de coûts de production pour les pays à coûts salariaux élevés comme la France, des augmentations qu’il sera difficile à faire absorber par des efforts de productivité.

Si l’Inde et la Chine sont devenues les premiers pays producteurs de médicaments génériques c’est aussi parce que les autorités de santé des pays développés ont voulu contrôler la hausse permanente de leurs budgets de santé et, en ouvrant la concurrence, ont rendu les productions de ces produits en Chine et en Inde plus compétitives que les productions françaises.

Quel que soit le secteur concerné, de la fraise gariguette aux médicaments, relancer la production en France aura sans doute des avantages macroéconomiques favorables en termes d’emploi et d’activité, mais génèrera aussi très certainement des augmentations de prix. La réflexion à venir sur la redéfinition des rapports économiques entre pays de la planète va être un passionnant et difficile sujet aux enjeux considérables. Il nécessitera une capacité d’analyse qui est fort peu partagée sur les plateaux télévisés ni sur les comptes Tweeter des aboyeurs politicards. Il sera certainement à l’affiche des prochains mois.

Le secteur aérien en sérieux décrochage

Pour la énième fois depuis sa création les contribuables français vont être amenés à sauver la compagnie aérienne Air France de la faillite.  Ce fut déjà le cas à différentes reprises lorsque cette société était détenue à 100% par l’Etat. C’est encore le cas après sa privatisation avec la part publique ramenée à 14,3% (dans le capital du Groupe AirFranceKLM, la participation de l’Etat néerlandais étant de 14%). Un prêt octroyé par les banques et les deux Etats actionnaires de 6 milliards d’euros, 100% garanti par les Etats, est mis en place pour permettre à la compagnie de survivre à l’arrêt quasi-complet de son activité pour cause de pandémie. Il n’est pas sûr que le groupe AirFranceKLM soit sauvé du désastre, encore moins que le prêt soit remboursé normalement. Les contribuables vont sans doute y laisser des plumes, en plus du reste. Le transport aérien va probablement devoir revoir son mode de fonctionnement après la crise, pas sûr qu’il y aura autant de voyageurs pour se bousculer dans les aéroports et sur les plages de Phuket avant longtemps. En France, le transport aérien, qu’il soit privé ou public, coûte aux contribuables. Ce sont en fait eux qui subventionnent en partie les prix cassés sur les billets d’avions des vacances à Phuket du bobo qui préfère voler sur Air France que sur la Thaï.

Peut-être qu’un virus microscopique va arriver à modifier les comportements transhumants de l’humanité là où les défenseurs du climat ont échoué ? Peut-être que les bobos iront cet été plus en vacances en Corrèze qu’au bord du Zambèze ? Peut-être que les futurs salariés licenciés d’Air France seront recyclés dans la production d’éoliennes et autres énergies propres ?

L’étape suivante va concerner les difficultés annoncées dans la construction aéronautique, secteur de pointe important pour l’économie française et européenne…

La Chine s’amuse

En période de pandémie planétaire, le Café du commerce international est en pleine activité. Ce fameux coronavirus est parti, a priori, de la ville de Wuhan en Chine. Le président américain l’a donc requalifié de « virus chinois » ce qui a tendance à légèrement énerver les dirigeants de Pékin. Comme certains autres Etats occidentaux en profitent également pour émettre des doutes sur la gestion de cette maladie par la Chine : aurait-elle déclaré ou pas tous les morts ? Le virus ne se serait-il pas échappé par accident d’un de ses laboratoires ? Et patati et patata. Bref, « des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la beaufitude, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement[1] ».

La Chine se défend avec la subtilité d’un nunuche de 8 ans dans une cour d’école primaire, un porte-parole du ministre des affaires étrangères accuse à son tour les Etats-Unis d’avoir diffusé le virus et les ambassadeurs chinois relaient la petite guéguerre. Un passage sur le site de l’ambassade de Chine permet de s’en persuader :

Certains présomptueux ont affirmé que « tant que le gouvernement garantira son bonheur et sa sécurité, le peuple chinois tolèrera ce régime autoritaire », mais que l’épidémie « met à mal le contrat entre le peuple et le régime ». Quelle ânerie ! La vocation première et la mission originelle des communistes chinois a toujours été la recherche du bonheur pour le peuple, et de la renaissance pour la nation.
C’est un engagement solennel vis-à-vis de la population. Face aux difficultés, le parti communiste chinois s’est toujours tenu aux côtés de son peuple. Jamais il ne l’abandonnera et le peuple chinois lui fait entièrement confiance. Ceux qui tentent de discréditer le PCC et de créer la discorde entre le peuple et le Parti se condamnent à l’échec et à l’humiliation. Pardonnez ma question mais, la vocation des partis de gouvernement en Occident est-elle autre que d’œuvrer pour le bonheur et la sécurité de leurs peuples ?

Chine Magazine 01/03/2020

Or, dans le même temps, en Occident, on a vu des politiciens s’entre-déchirer pour récupérer des voix ; préconiser l’immunisation de groupe, abandonnant ainsi leurs citoyens seuls face à l’hécatombe virale; s’entre-dérober des fournitures médicales ; revendre à des structures privées les équipements achetés avec l’argent public pour s’enrichir personnellement ; on a fait signer aux pensionnaires des maisons de retraite des attestations de « Renonciation aux soins d’urgence »; les personnels soignants des EHPADs (* *)ont abandonné leurs postes du jour au lendemain, ont déserté collectivement, laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie ; on a vu le Commandant d’un porte-avions demander à ses supérieurs l’autorisation d’accoster pour permettre à des marins infectés d’être traités à terre. Il a été limogé…, et j’en passe. Et pourtant, je n’ai pas vu beaucoup de reportages ou d’enquêtes approfondies des grands médias occidentaux révélant ces faits. Ces médias et ces experts, tant épris d’objectivité et d’impartialité, ont-ils donc une conscience ? Ont-ils la déontologie ?

Ambassade de Chine 12/04/2020

Le mieux serait que tous ces dirigeants bien payés par leurs contribuables, à l’Ouest comme à l’Est, fassent leur boulot au lieu de parader dans les médias pour savoir qui a « la plus grosse ». La Chine se serait honorée à ne pas répondre à cette querelle de bas étage mais à laisser parler les faits. Outres quelques centaines de milliers de morts, le coronavirus aura fait une nouvelle victime : l’intelligence collective des dirigeants politiques de la planète. Heureusement, les échos reçus du monde scientifique semblent démontrer que la collaboration entre scientifiques mondiaux est bonne et menée sur des bases de transparence et de sens de l’intérêt général, du moins pour ceux d’entre eux qui travaillent dans leurs laboratoires et non sur les plateaux télévisés.


[1] Inspiré par Mongénéral