Les DOM cassent tout

Toujours à l’affut d’un sujet pour contester la métropole, les départements d’outre-mer français s’enflamment depuis quelques jours contre l’obligation faîte au personnel soignant, aux pompiers et à quelques autres corps de métiers en contact avec le public d’être vaccinés contre la Covid.

Les émeutes et les grèves générales se multiplient en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et même à Tahiti. Aux Antilles, malgré un couvre-feu en vigueur, les nuits sont violentes, bâtiments en flamme, barrages routiers, racket des automobilistes, blocage d’accès aux hôpitaux, abattages d’arbres sur les routes, pillages de magasins, voitures béliers écrasant les gendarmes, tir d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc.

Nous l’avons dit précédemment, ce conflit devrait se résoudre comme les précédents avec le retrait des mesures nationales ne « plaisant » pas aux syndicats des DOM et des enveloppes budgétaires revues en hausse à distribuer pour calmer les esprits. D’ailleurs le gouvernement a annoncé cette nuit le report de l’obligation vaccinale au 31 décembre.

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Plus original, le ministre des DOM-TOM actuellement en visite dans ces territoires a annoncé que « le gouvernement est prêt à parler d’autonomie ». Il semble que cette déclaration plutôt novatrice ait été provoquée par des demandes d’élus guadeloupéens pour plus de décision locale. C’est une bonne nouvelle qu’il reste maintenant à mettre en œuvre. Ce sera à l’évidence un processus long, et couteux pour les contribuables, mais nécessaire pour enfin responsabiliser ces confettis de l’Empire qui méritent leur indépendance ou, à tout le moins, une forte autonomie comme celle instituée en Nouvelle-Calédonie, étape incontournable avant le grand saut vers l’indépendance.

Si l’on en juge par les textes syndicaux publiés notamment par l’UGTG on mesure que les négociations ne vont pas être faciles. On ignore actuellement la position de l’UGTG sur les évacuations de malades sur la métropole ou les renforts médicaux envoyés par Paris lors des derniers épisodes épidémiques de la Covid.

C’est le prix à payer pour s’être enferrés si longtemps dans ce non-sens statutaire d’avoir donné la position de département français à des iles exotiques et lointaines. Les négociations vont surtout être couteuses pour les contribuables car il va falloir payer pour aplanir les difficultés. Quand on se souvient que la Guadeloupe avait rejeté par référendum en 2003 à 73% l’idée d’un statut de « collectivité administrée par une assemblée unique » pour remplacer celui de département, la Martinique l’avait refusé à 50,5%, on mesure que la route va être longue avant l’indépendance…

On est néanmoins sur la bonne voie, à court terme on cède aux émeutiers et à plus long terme on pose la question de l’autonomie avec les élus.

La Guadeloupe en feu, encore…

La Guadeloupe, jamais en reste de sujets de révolte contre la « France coloniale », s’appuie cette fois-ci sur l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant, pour pouvoir travailler dans les hôpitaux, pour mettre l’archipel à feu et à sang. Le syndicat UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe) a lancé les hostilités et depuis quelques jours c’est l’arsenal habituel qui est déployé : blocage de routes et d’accès (au centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre notamment), barrages divers, émeutes nocturnes, incendies de bâtiments, tirs d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc. afin de s’opposer à « ces soldats de la vaccination forcée, à ces sbires de l’ordre macroniste, à ses Cadres de direction et à ces Médecins défroqués ».

Le préfet local impose un couvre-feu nocturne, le gouvernement parisien envoie des forces de l’ordre, y compris le RAID et le GIGN utilisés d’habitude pour les actions contre le terrorisme, le grand banditisme ou les actes de folie individuelle, la « dignité du peuple guadeloupéen » est mise à rude épreuve et les réactions outrées se multiplient. Si la routine habituelle en ces circonstances s’applique une nouvelle fois, la violence devrait perdurer encore quelques jours puis un accord dérogatoire sera consenti aux émeutiers, quelques enveloppes seront distribuées et le contribuable sera mis à contribution pour financer ces enveloppes et réparer les dégâts provoqués par les émeutes.

Lire aussi : Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins – Hit the road Jack… (rehve.fr)

Plus que les autres confettis de l’empire la Guadeloupe est coutumière de ces flambées de violence et le phénomène ne s’arrêta qu’avec l’indépendance de ce territoire. Hélas, cette échéance, souhaitable pour tous, mais pas forcément souhaitée par l’ensemble des parties, semble s’éloigner alors que la Nouvelle-Calédonie pour laquelle un vrai processus de décolonisation est en route, a l’air de reculer devant l’obstacle du prochain référendum prévu en décembre prochain.

La souveraineté rendue à ces confettis sera l’unique solution pour réussir à rendre à ces territoires le sens de leurs responsabilités et retrouver leur « dignité perdue ». Nous y viendrons un jour tant le statut actuel est inefficace et générateur de frustrations. Le plus tôt serait le mieux.

Lire aussi : Des intellectuels appellent à la poétique dans les DOM-TOM : vaste tâche ! – Hit the road Jack… (rehve.fr)

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ils n’ont que cette expression à la bouche. Au nom de la loi de la république ! C’est donc en vertu de cet adage, qu’ils ont décidé de nous punir. De nous punir d’avoir osé braver le maître, d’avoir osé nous dresser pour dire notre inquiétude, nos incertitudes, nos doutes et DIRE NON, AN PA DAKÒ !

Ce sont les mêmes qui ont indemnisé les esclavagistes en 1849, pérennisant le racisme et la discrimination pour l’éternité, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont tué au total plus d’une centaine de Guadeloupéens en 1910, en 1925, en 1930, en 1952, en 1967, en 1985, … sans jamais qu’un militaire français ne soit condamné, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont volontairement empoisonné la Population Guadeloupéenne au chlordécone et qui, aujourd’hui, osent nous parler de « responsabilité partagée dans le cadre d’un aveuglement collectif »,… AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui maintiennent notre Pays et note Peuple dans un sous-développement latent, sous la domination des descendants d’esclavagistes pour mieux nous asservir, pour mieux nous domestiquer, …

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Extrait d’une publication de l’UGTG du 26/10/2021

Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins

Des mouvements sociaux perturbent le fonctionnement d’hôpitaux dans les départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM). Ce nouveau conflit repose sur le refus des organisations syndicales de voir appliquer les règles françaises instituant que le personnel soignant en contact avec les patients doit être vacciné contre la Covid-19, sous peine de suspension de leurs contrats de travail. Des actions de sabotage ont été menées, notamment, à l’intérieur du CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe (déversement d’huile de vidage dans les services administratifs, introduction de colle dans les serrures, blocage d’accès, etc.).

Le taux de vaccination dans les DOM-TOM reste significativement inférieur à celui de la France métropolitaine mais le taux de revendication reste, lui, très élevé. La capacité de nuisance des organisations syndicales a poussé les autorités de santé a renoncer à imposer cette règle sanitaire pour le moment dans certains de ces confettis de l’Empire.

A priori, les organisations syndicales n’ont pas bloqué les évacuations de patients vers la métropole lorsque les hôpitaux locaux étaient débordés !

Des problèmes de riches

Depuis dix-huit mois la France s’enferre dans des débats oiseux sur la nécessité de vacciner les citoyens contre la covid19 et l’aspect liberticide du principe du « passe sanitaire » destiné à limiter l’accès à des lieux publics comme les cinémas ou les restaurants aux personnes vaccinées ou non contaminées. A priori, les Français ont plutôt voté pour le vaccin puisqu’à ce jour plus de 70% d’entre eux sont désormais vaccinés. Les médias et les dîners en ville continuent néanmoins à être envahis de discussions sans fin sur le sujet, désormais doublées par des manifestations « anti-vax / anti-passe » tous les samedis dans des villes de France dont certaines se terminent régulièrement par des émeutes.

Dans le même temps, des messages publicitaires institutionnels sont diffusés plusieurs fois par heure afin de tenter de convaincre les derniers récalcitrants aux vaccins, augmentant au passage le niveau d’abrutissement de la population du fait de ces publicités incessantes et horripilantes.

Les arguments des uns et des autres sont ressassés jusqu’à la nausée et ne convainquent plus personne. Il faudra bien faire avec les opposants et gérer les risques induits par cette maladie.

Dans cet océan de fatuité, la bonne nouvelle est que nous vivons en France des problèmes de pays riches où des citoyens, des scientifiques ou des journalistes ont le temps et les moyens de parader sur des plateaux pour s’écharper sur des non-sujets pour plus de 70% de la population, tout en gardant la possibilité d’aller se faire vacciner au coin de la rue aux frais des cotisants à la Sécurité sociale. Bref, le pays a encore la capacité de financer cette immense perte de temps et d’énergie ! Cela ne va peut-être pas durer éternellement.

C’est reparti !

Les contestataires de la politique sanitaire ont relancé les manifestations du samedi qui avaient animé nos années 2018 et 2019, tournant régulièrement aux émeutes urbaines. Ils défilent par dizaines de milliers depuis les samedis de ce mois de juillet en criant leur opposition au vaccin, au « pass sanitaire » et à la « dictature » qui se mettrait en place en France. Au passage, avec une grande subtilité, certains taguent des croix gammées sur des centres de vaccination ou les incendient, d’autres arborent des étoiles jaunes en référence à celles imposées aux juifs durant la dernière guerre mondiale. Encore un drame de la bêtise.

Avec une régularité de métronome de nouveaux variants plus contagieux apparaissent et l’épidémie repart, en France comme ailleurs. Les chiffres montrent de façon assez logique que les foyers réapparaissent en ce moment là où se trouvent les foules sur leurs lieux de vacances. Campings et boîtes de nuit sont les endroits privilégiés où le virus se déchaîne. Il apparaît que le vaccin n’empêche pas d’attraper la maladie mais, au moins, protège de ses formes les plus graves. La loi des nombres fait que les hôpitaux se remplissent de nouveau sans que cela ne perturbe le moins du monde les râleurs. Certaines régions sont déjà débordées, évacuent des malades, rétablissent des mesures sanitaires (confinement, couvre-feu, etc.). C’est la mobilisation !

Les manifestants d’aujourd’hui, comme les émeutiers de 2019, ne répondent plus ni aux chiffres ni à la raison mais seulement à leur intérêt personnel et leur volonté de rejeter de tout ce qui vient d’un pouvoir central. Heureusement ils sont minoritaires mais, comme lors de émeutes de 2019, ils sont bruyants. Si la France était réellement la dictature dont ils se plaignent, leur sort serait vite réglé. Mais la démocratie ne sait pas vraiment gérer ce type de contestataires alors ils continuent à nuire et quelques hommes politiques à la dérive des sondages se raccrochent à ces branches inattendues pour souffler sur les braises :

En réalité, l’individualisme de cette population mériterait d’être traité en conséquence, par exemple en déremboursant les frais médicaux de traitement de la Covid si le patient n’est pas vacciné… C’est évidemment impossible, mais toucher les gens au portefeuille est généralement une méthode efficace et une excellente pratique pour leur faire assumer leurs actes.

A défaut de pouvoir réduire ces râleurs systématiques, il va falloir les supporter. Alors advienne que pourra, la France est comme elle est et, a priori, fort peu disposée à évoluer. C’est ainsi.

Une communication abrutissante mais contestée

Parmi les moulte récriminations avancées par les contestataires systématiques de la politique sanitaire actuellement menée en France figure celle d’une supposée absence de pédagogie sur la nécessité de se faire vacciner contre la Covid19 qui serait préférable au fait de rendre cette vaccination obligatoire.

On se demande quelles sources d’information fréquentent ces pleureuses car il est tout de même difficile d’échapper à la communication abrutissante sur la nécessité de se faire vacciner. Il y a les messages publicitaires gouvernementaux diffusés plusieurs fois par jour et jusqu’à l’écœurement sur les radios, les débats sans fin sur la Covid occupant les chaînes de télévision d’information en continue depuis un an et demi avec des pros et des antivaccins, les interventions journalières d’au moins un ministre sur les ondes ou dans les journaux sur ce même sujet, certains d’entre eux s’expriment également sur les réseaux dits « sociaux » pour toucher une audience plus jeune… bref, il est tout de même difficile d’échapper à cette communication invasive et bêtifiante qui a tout de même tendance à prendre les auditeurs pour du bétail bon à avaler du message publicitaire, du « temps de cerveau disponible » selon la célèbre et cruelle assertion de l’ancien pédégé de TF1 après sa privatisation.

On peut être opposé au message diffusé mais il semble osé d’en critiquer l’inexistence. D’ailleurs, les citoyens refusant de se faire vacciner semblent parfaitement informés de l’incitation officielle au vaccin mais en conteste simplement la nécessité. Le message vient du gouvernement donc on s’oppose.

La recrudescence en cours de l’épidémie, la « quatrième vague », touche plus gravement les zones sous-vaccinés comme les départements d’outre-mer et la clientèle accueillie dans les hôpitaux est majoritairement non-vaccinée. Mais qu’importe les chiffres, il va être difficile de convaincre le dernier carré de ces « rebelles » de circonstance.

On touche le fond

Juin/Charlie Hebdo (23/12/2020)

Les Français râleurs se distinguent ce dimanche où plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le pays pour exprimer leur refus de se faire vacciner contre le coronavirus actuel tout en exigeant de pouvoir bénéficier des mêmes accès aux lieux publics que leurs concitoyens qui ont reçu ce vaccin. Il est question que le personnel médical soit obligé de se faire vacciner dans un projet de loi en cours de discussion, sous peine de licenciement. Par ailleurs, un « passe sanitaire » serait mis en œuvre pour accéder à certains lieux publics attestant soit de la vaccination, soit d’un test négatif pour entrer dans ces lieux. Du coup, dans les 24h qui ont suivi l’annonce de ces mesures le 12 juillet, ce sont deux à trois millions de citoyens qui se sont précipités pour prendre un rendez-vous vaccinal.

Les opposants au vaccin appartenant au corps médical défilent sur les plateaux médiatiques pour expliquer qu’ils préfèrent changer de métier plutôt que d’accepter de se faire vacciner pour continuer à exercer dans le secteur médical. C’est un chantage relativement classique entre employés et employeurs. Le futur gagnant n’est pas facile à désigner d’avance. Cela dépendra de la capacité du personnel contestataire à accéder à d’autres métiers et celle des employeurs d’établissement de santé à recruter rapidement du personnel soignant pour remplacer d’éventuels départs. Malgré le surcroit d’activité de ce personnel dû à la crise sanitaire il semble que les candidatures aux écoles d’infirmières soient largement supérieures à l’offre actuelle. Si une partie des opposants aux vaccins appartenant au corps médical décidaient de la quitter, ils devraient être remplaçables.

Tous les opposants au principe du vaccin comme à celui du « passe sanitaire » ont défilé aujourd’hui dans les rues de France pour appeler à lutter contre la « dictature sanitaire ». Certains, avec une grande subtilité, se sont référés à l’étoile jaune que portaient les juifs en France pendant l’occupation allemande… Des centres de vaccination ont été vandalisés ou incendiés.

Les Français râlent et contestent comme à leur habitude. Lorsque les vaccins n’étaient pas encore disponibles pour tous ils criaient à la « pénurie » et à « l’incompétence des gouvernants incapables de protéger la population ». Maintenant que les approvisionnements sont suffisants, ils ne veulent plus du vaccin. Peut-être faudrait-il recréer la pénurie pour convaincre tout le monde ?

En fait, comme souvent dans notre beau pays, une minorité agissante et excessive tient le haut du pavé, occupe les plateaux télévisés et emporte le soutien de politiciens à la dérive qui espèrent retrouver les suffrages d’électeurs. Tout ceci devrait passer avec le temps et une majorité de Français vont finalement être vaccinés. L’avenir dira si cela sera suffisant ou pas pour contenir une épidémie pour l’instant non maîtrisée… et les citoyens continueront à critiquer leurs gouvernants quoi qu’il se passe et à ne pas se rendre dans leurs bureaux de vote lorsqu’on leur propose de s’exprimer. Ainsi va la vie dans l’hexagone.

Bigard : le déclin

Jean-Marie Bigard, humouriste au style gras et tapageur se régale en ces temps de pandémie et de vaccination. On l’entend éructer contre les vaccins et l’éventualité qu’ils deviennent obligatoires, message délivré dans les brailleries et la vulgarité qui lui sont habituelles. Quelques « artistes » ont pris le parti de s’ériger contre la politique sanitaire française actuelle à grands coups de déclarations tonitruantes et antiscience. Au-delà de Bigard, le chanteur de variété Francis Lalanne ou l’actrice Juliette Binoche diffusent des théories délirantes sur les puces que Bill Gates voudrait nous installer sous la peau pour nous traquer ou un appel à la destitution du président pour coup d’Etat, etc.

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Une autre actrice, Isabelle Adjani, affiche déjà depuis plusieurs années ses convictions antivaccins expliquant qu’elle n’a jamais fait vacciner ses enfants qui s’en portent très bien, et qu’elle a même bénéficié de faux certificats de vaccinations pour les inscrire à l’école. Dans un autre genre, l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala a aussi mis à profit sa relative popularité pour vulgariser des thèses complotistes et antisémites qui lui ont d’ailleurs valu maille à partir avec la justice.

On assite sans doute à une manifestation collatérale de l’égo surdimensionné de ces habitués des feux de la rampe en fin de carrière qui ont le droit d’être antiscience mais qui veulent en plus utiliser leur supposée capacité d’influence pour emporter l’adhésion de fans complotistes. Il existe effectivement une partie de la population française croyant que Bill Gares nous injecte des puces-mouchardes sous la peau mais il n’est pas sûr du tout que les positions de Juliette Binoche en accroissent le nombre.

La France libérée…

Ce jour marque un assouplissement des mesures de contrainte sanitaire compte tenu de la décroissance de l’épidémie de Covid19. Les Français vont pourvoir retourner au bistrot et au cinéma. C’est bien, surtout pour les propriétaires de bistrot et de cinéma d’ailleurs, mais les médias rivalisent de radiotrottoirs et reportages de Café du Commerce pour partager la félicité de Mme. Michu expliquant combien ce « lien social » lui a manqué et comment elle a déjà réservé sa table au restaurant du coin pour fêter cette renaissance.

Certes, cette évolution est sympathique mais l’observateur se demande si l’on en fait pas un peu trop. Il ne s’agit tout de même pas de la libération des camps comme en 1945 ! Un peu plus de mesure dans cette information ne ferait pas trop de mal.

Une honte française !

Après qu’eurent été annoncées hier la généralisation sur toute la France métropolitaine des mesures sanitaires restrictives auparavant réservées à une quinzaine de départements les plus touchés par l’épidémie, les oppositions de tous bords, de gauche, de droite, de la faculté de médecine et des médias Bolloré se déchaînent en faisant assaut d’une irresponsabilité rarement atteinte. Des polémistes de rencontre paradent sur les plateaux médiatiques pour critiquer tout et son contraire, et surtout les décideurs dont aucune action n’emporte leur assentiment. Tout est « nul », le président de la République est accusé d’avoir « du sang sur les mains », la haute administration d’être « inefficace », le ministre de la santé est vendu aux intérêts des grands laboratoires, si l’on confine on est un « enfermiste soumis à la dictature sanitaire » et si l’on libère on est « un néolibéral qui va laisser mourir les français sur des brancards dans les couloirs des hôpitaux »… Les mêmes prennent une position le lundi qu’ils retournent le mardi puis mixent les deux le mercredi sur les plateaux de CNEWS. Et lorsqu’il est demandé à tous ces artistes de la critique systématique ce qu’ils auraient fait à la place du gouvernement la réponse est généralement : « mais si nous étions aux affaires nous n’aurions pas mis le pays dans cette situation. » Cerise sur le gâteau, les oppositions comme un seul homme ont refusé de voter à l’issue du débat parlementaire organisé ce jour sur ces nouvelles mesures sanitaires, quittant les assemblées à grands renforts d’effets de manche, drapées dans leur dignité outragée d’opposants aux petits pieds.

Ces comportements sont navrants et dénotent l’irresponsabilité du monde politique. Dans ces circonstances on eut espéré une solidarité minimum ou à tout le moins un débat intelligent, pour une fois sortir des querelles politiciennes qui minent la Vème République depuis 30 ans. Hélas, hélas, hélas, ces élus sont à l’image de ceux qui les élisent, habitants d’un pays déclassé qui préfère financer sur son sol des jeux olympiques en 2024 plutôt que réduire sa dette ou investir dans ses hôpitaux, un pays où Cyril Hanouna a 6 millions de « followers » sur son compte Twitter mais où la presse écrite sombre, un pays où l’on favorise le geignement sur l’action, un pays où des minorités de circonstance crient plus fort que les majorités silencieuses, un pays où le débat du jour porte sur la nécessité de célébrer, de commémorer ou d’ignorer le bicentenaire de Napoléon plutôt que de réformer l’Etat qui vit toujours sur un système légal et organisationnel mis en place par ledit Napoléon, un pays où l’on octroie la légion d’honneur à des fouteballeurs… mais un pays riche et démocratique où la vie n’est pas si désagréable si l’on en juge par les flux de populations qui cherchent à le rejoindre.

Cette crise sanitaire confirme pour ceux qui ne l’auraient pas encore réalisé que la France a rejoint depuis longtemps la masse des pays moyens, ballotés au gré de mouvements politiques démagogiques, d’inerties administratives et de volontés populaires contradictoires, élisant des représentant à son image. Ce n’est pas un drame, juste un déclassement. Il ne tient qu’à nous d’inverser le mouvement. Notre collectivité nationale montre à l’occasion de cette pandémie qu’elle n’en prend pas le chemin !

Florilège de quelques réactions d’élus de la République sur les mesures sanitaires annoncée le 31 mars, illustrant jusqu’à la caricature la vacuité de leurs auteurs :

La France est à la fois suradministrée et sous-gouvernée. Aux Républicains, notre objectif est simple mais ambitieux : rendre l’action publique efficace pour que la France redevienne prospère.

@ChJacob77 – 31/03/2021

Ma réaction suite aux annonces de #Macron. Ils n’ont rien anticipé, et font payer les Français. Où sont les lits, les soins précoces, les protections ciblées, les contrôles aux frontières ? Sortons de l’enfermement à perpétuité ! Une autre voie est possible : liberté et prudence

@dupontaignan – 01/04/2021

« Le Président nous a annoncé des mesures pour 4 semaines. Ces 4 semaines correspondent à son retard pris sur la vaccination, les revirements sur les vaccinodromes etc. Au début nous ne manquions pas de doses, mais de stratégie » @CNEWS #hdespros2 #Macron20h #COVID19

@nadine_morano – 31/03/2021

Le 7 avril, il se tiendra une réunion de plusieurs forces politiques pour organiser la résistance face aux attaques de l’extrême droite et des macronistes contre les libertés publiques.

@JLMelanchon – 01/04/2021

Macron à fait un pari. Ce sont les Français qui ont perdu. – de 15j après les dernières annonces il faut évidemment changer de braquet. Sans concertation, aucune anticipation possible pour ceux qui vont devoir appliquer les mesures. L’exercice solitaire du pouvoir désorganise tt.

@faureolivier – 31/03/2021

Covid : une coronafolie menace la démocratie

@ivanrioufol – 31/03/2021

Pendant ce temps, en Allemagne, on apprend que des élus du parti chrétien démocrate (CDU) auraient perçu des commissions sur des contrats de fourniture de masques de protection… Nous vivons une époque vraiment formidable !

Le bal des lamentations

Alors que de nouvelles mesures de restriction sanitaire, plutôt légères d’ailleurs, sont annoncées, c’est aussitôt un déluge de critiques, un tsunami de plaintes, un ouragan de geignements. Tout le monde s’y met pour tomber à bras raccourcis sur l’Etat et son administration qui tournent à la « dictature sanitaire », « auront des morts sur la conscience », etc. De droite, de gauche, du centre… du corps médical, de l’enseignement, de la presse… tout le monde est d’accord pour critiquer, dire ce qu’il aurait fallu faire, traîner la France au fond du caniveau et anticiper la catastrophe à venir.

Une telle unanimité dans la critique laisse à penser que les mesures prises sont les bonnes. Elle marque surtout la vacuité de notre pays décadent et sa préférence pour la polémique versus l’action. Quand on pense à cette colossale perte de temps et d’argent on a le vertige devant une telle inefficacité ! Si tous ces beaux esprits, médecins, psychologues, élus, fonctionnaires, journalistes, anonymes… consacraient le dixième du temps perdu en discussions vaines et querelles polémiques à respecter les gestes barrières, l’épidémie serait sans doute sérieusement ralentie.

Spéciale dédicaces pour les médecins et scientifiques de plateaux télévisés dont on se demande à quel moment de leurs journées ils ont encore le temps d’exercer leur beau métier vue la fréquence avec laquelle on les voit se contredire dans les médias ?

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Pendant ce temps, le gouvernement gouverne et prend les mesures sanitaires qu’il pense appropriées. Si l’on n’est pas heureux avec ces décisions il suffira de voter pour d’autres partis politiques aux prochaines élections. Cela tombe bien, des élections présidentielles sont prévues dans un an. En attendant, la meilleure solution est sans doute que ceux qui sont autorisés à travailler (la grande majorité de l’économie) le fasse, arrêtent de se plaindre et bossent aussi pour ceux qui en sont empêchés.

Fermer les frontières signifie que les frontières ferment !

Devant la dégradation de la situation sanitaire en Moselle et les risques de contagion, l’Allemagne a annoncé la fermeture de sa frontière avec le département français de la Moselle. Aussitôt c’est un déchaînement de lamentations côté français, dirigeants et chefs d’entreprise déplorent les effets à attendre de cette fermeture pourtant assortie de nombreuses souplesses, notamment en faveur des travailleurs transfrontaliers.

L’aspect comique de ce chœur des pleureuses est que certaines d’entre elles appartiennent à des partis politiques qui prônent le rétablissement des frontières sur les plateaux médiatiques toute la sainte journée. Jean Rottner, président conservateur de la Région Grand-Est, semble découvrir dans son tweet que fermer les frontières veut dire que la frontière est fermée, c’est-à-dire que les flux d’hommes et de marchandises vont être au moins partiellement compliqués car contrôlés, voire ralentis. C’est à ça que sert une frontière.

Cette expérience permettra sans doute à M. Rottner et aux siens de bien peser les conséquences d’une fermeture des frontières françaises avant de la prôner à tout va comme ils en ont l’habitude. On peut les fermer mais cela ne donne pas exactement les mêmes résultats que quand elles sont ouvertes !

Des engagements parfois un peu stupides et plutôt inefficaces

Qu’est-ce qui peut pousser un président de la République ou un haut dirigeant à prendre devant ses électeurs des engagements précis sur lesquels il n’a que peu de moyens d’agir ? Sans doute leur courte vue et la volonté un peu naïve mais valorisante de vouloir annoncer de bonnes nouvelles à Mme. Michu. Le plus étonnant est que la non-réalisations de ce type d’engagements, quasi systématique d’ailleurs, ne freine pas les ardeurs des responsables à en commettre de nouveaux.

Sans remonter très loin, on se souvient de l’annonce répétée de François Hollande sur « l’inversion prochaine de la courbe du chômage » ou celle d’Emmanuel Macron en 2019 pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris « en cinq ans ». Ce dernier assène désormais dans les médias que tous les français qui le veulent seront vaccinés d’ici le mois d’août 2021… Les plus anciens se souviennent de la décision de Jacques Chirac de « réduire la fracture sociale » !

Il est assez peu probable que Notre-Dame de Paris sera reconstruite d’ici 2024 mais si elle n’est que partiellement rouverte d’ici trois ans ce sera déjà une réussite qui sera probablement gâchée par les débats oiseux qui ne manqueront d’apparaître sur cette échéance ratée. De la même façon, s’il n’y a que 20 ou 30 millions de citoyens vaccinés au 31 août sur 65, ce sera déjà bien, la suite viendra plus tard.

Alors Messieurs les Présidents économisez donc vos engagements précis devant Mme. Michu ; ils ne rassurent pas grand monde, font perdre beaucoup de temps à la société en polémiques futiles et c’est un domaine où il n’y a que des coups à prendre. Il vaut mieux constater les succès et les progrès une fois acquis plutôt que les prévoir à grands renforts de trompettes médiatiques.

Des médias désarçonnés

Charlie Hebdo (23/12/2020)

Depuis plusieurs jours, les médias bavards annonçaient comme certaine l’annonce prochaine d’un nouveau confinement compte tenu de la recrudescence de l’épidémie de coronavirus en France, comme d’ailleurs en Europe. Les plateaux télévisés faisaient défiler des journalistes en retraite et des médecins inoccupés qui anticipaient cette décision « inévitable », nombre d’entre eux ne se gênant d’ailleurs pas pour la critiquer sévèrement.

Hier soir, le premier ministre n’a pas annoncé le retour du confinement mais « seulement » un renforcement des mesures en cours basées essentiellement sur un couvre-feu national à 18h. Alors ce matin, les plateaux médiatiques, dépités, commentent pourquoi l’Etat a renoncé à prendre une décision que les journalistes disaient, faussement, qu’il allait prendre. Et nous voici repartis dans des analyses stériles, des débats oiseux et des polémiques sans fin sur une « non-décision ». Le mieux aurait été d’attendre que les annonces soient faites par ceux qui décident avant de les commenter, cela aurait pu permettre de consacrer le temps perdu à critiquer une décision « non-prise », à l’analyse et à l’intelligence de la situation réelle.

Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à la recherche pour un vaccin contre le coronavirus actuel. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.

Un grand moment de solitude

Un zapping des chaînes de télévision depuis le début de la semaine a un peu démoralisé le téléspectateur…

Tout d’abord le chanteur Francis Lalanne est venu expliquer ce 26 janvier à l’animateur Cyril Hanouna tout le bien qu’il pense de l’hydroxychloroquine et accuser le président de la République « d’avoir du sang sur les mains ». Il appelle à la destitution de celui-ci dans un long article publié dans France-Soir numérique et qu’il est venu commenter :

Cet article qui fait plusieurs dizaines de pages est ponctué de saillies révoltées, voire révolutionnaires. La référence au « J’accuse » de Zola dans l’affaire Dreyfus est quasi-explicite, excusez du peu ! Le texte est truffé de références au texte de la Constitution, sans doute son signataire a-t-il obtenu le renfort de spécialistes car on ne le savait pas constitutionnaliste.

Florilège :

La République est donc frappée de caducité ; annulée par l’exercice totalitaire du pouvoir que pratique aujourd’hui l’Exécutif.
L’Exécutif qui supprime tous les droits fondamentaux et s’approprie tous les pouvoirs, met par voie de conséquence le peuple français en situation d’oppression.La Puissance Publique s’emparant du « Bien Public », il s’agit bien d’un coup d’État du gouvernement contre la Nation. Les citoyennes et citoyens de France subissent ainsi l’oppression de leurs représentants.

Il est également du droit et du devoir de la représentation nationale de déclencher le protocole de destitution du président de la République au terme de l’article 3 de notre Constitution ainsi que de l’article 68.
De même, et si de besoin, il est du devoir de l’armée française pour assurer la « sûreté » du peuple français (article 2), de procéder à la mise à pied des auteurs du coup d’État – c’est-à-dire de l’actuel gouvernement ; et ce, afin de rétablir le droit républicain.

Etc., etc.

Lire le texte complet sur : L’Appel de Francis Lalanne

Le débat télévisé entre Lalanne, chanteur populaire en retraite, habillé d’un long manteau de cuir, cheveux très long et lunettes foncées, avec Hanouna, héraut de l’abrutissement télévisuel, fut très productif… Le chanteur y a notamment expliqué qu’il refuse de porter un masque car c’est un nid de microbes dont il ne veut pas se couvrir le nez.

Second point de rendez-vous : Nadine Morano invitée sur le plateau CNews de Pascal Praud le 27 janvier. Elle y assène ses certitudes de Café du Commerce avec sa morgue habituelle et critique la terre entière, mais surtout les dirigeants français, pour la gestion déplorable de la crise sanitaire. On est assez proche du niveau zéro absolu dans le débat politique. Mme. Morano est député européen pour Les Républicains mais semble plus présente sur les plateaux télévisés parisiens que dans les hémicycles du parlement européen.

Francis Lalanne et Nadine Morano illustrent tristement le déclassement français auto-satisfait. Plus encore que les retards techniques annoncés dans les projets de vaccins anti-covid par l’Institut Pasteur et par le groupe Sanofi, le niveau d’abrutissement généré par ces tristes personnages et la place qui leur est donnée dans les médias désespère un peu sur l’avenir du pays qui est aujourd’hui franchement engagé sur la pente de la décadence. On a les dirigeants et les influenceurs que l’on mérite !

Produire des vaccins est un processus complexe

Le Canard Enchaîné (06/01/2021)

Comme il n’était pas impossible que cela arrive, les premiers industriels en charge de produire les vaccins vont avoir quelques retards dans les livraisons annoncées. On ne connaît pas bien les vraies raisons mais des à-coups dans la production sont évidemment inévitables compte tenu des quantités à fournir et du faible nombre de producteurs approuvés à ce jour. C’est sans doute la première fois qu’un produit, qui plus est pharmaceutique, doit être fabriqué pour les 7 milliards d’humains qui forment la population mondiale. Cela ne va évidemment pas se faire sans difficultés et nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Les émois de plateaux télévisés ou de comptes Twitter ne seront que de peu d’effet sur la résolution de ces difficultés de production. Il va falloir construire de nouvelles usines, booster les actuelles, disposer de matière première, tout ça pour 7 milliards de consommateurs. Ce n’est pas simple, il faut de la technicité et de la compétence, deux qualités qui font vraiment défaut sur les plateaux médiatiques. Alors laissons les professionnels agir.

Il va y avoir de plus une bataille commerciale car les producteurs vont devoir répartir la misère entre tous les pays, au moins dans les prochains mois. On a déjà vu les nations se battre comme des chiffonniers pour de simple masques début 2020. Il risque d’y avoir du sang sur les murs pour les vaccins. Il n’est pas sûr que le Sénégal soit servi avant les Etats-Unis d’Amérique…

Lire aussi : Restons calmes – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

La politique du « quoi qu’il en coûte » va bien devoir s’arrêter un jour

Le sous-ministre chargé des comptes publics (Olivier Dussopt) a annoncé il y a quelques jours que la politique du « quoi qu’il en coûte » devrait prendre fin au cours de l’année 2021. Il reçoit aussitôt un déluge de critiques d’élus et de commentateurs de tous bords.

Cette politique permet de financer l’ensemble des dépenses, en hausse sensible, générées par la pandémie alors que le pays est en très fort ralentissement économique du fait même de cette pandémie. Ce financement est assuré par la France en s’endettant alors qu’elle créé beaucoup moins de richesse que d’habitude. S’endetter quand l’économie est en berne est typiquement le genre de situation qui, par nature, a ses limites. Le dire, surtout de la part d’un dirigeant chargé des comptes publics, est une évidence.

Une autre évidence qu’il va bien falloir mettre sur la table est celle de l’augmentation des impôts qui va immanquablement arriver pour rembourser ces dettes en forte hausse. Car les français vont bien devoir payer un jour, si ce n’est pas via l’impôt, ce sera par l’inflation ou par des bulles financières, et ce sera probablement avec un peu des trois. Car la France, comme a son habitude, est le pays occidental qui dépense le plus d’argent public par citoyen face à cette pandémie, argent dont il va bien falloir commencer à envisager de réduire le robinet et, un jour, qu’il va bien falloir rembourser.

Le « désir mimétique » des français pour le vaccin

Une intéressante chronique de Philippe Bernard dans le journal Le Monde ressort le concept du désir mimétique élaboré par l’anthropologue René Girard. Alors qu’il y a encore moins d’un mois les français affichaient une majorité d’opinion refusant de se faire vacciner contre le coronavirus tout en critiquant, bien entendu, le gouvernement dont la politique vaccinale était trop mesurée, soutenus par les polémistes de tous bords, appartenant au corps des soignants comme à celui des chroniqueurs mondains…

L’opinion de Mme. Michu semble se retourner et l’on voit maintenant une majorité de citoyens désirant se faire vacciner tout en continuant de critiquer, bien entendu, le gouvernement dont la politique vaccinale ne permet pas de vacciner 65 millions de personnes en une semaine. Les polémistes tournent également leur veste avec le même enthousiasme. Personne n’avait envisagé un changement d’opinion aussi rapide et certains s’accrochent aux branches pour justifier leurs nouvelles positions. Comme disait Edgar Faure : « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. » Mais au moins tout le monde est bien d’accord sur un point : les dirigeants que nous avons élus sont incapables et incompétents.

Le « désir mimétique » explique que les français se mettent à désirer le vaccin à partir du moment où ils s’aperçoivent que tous les pays avoisinants se précipitent dessus. Ils ne supportent pas ne pas en bénéficier comme les autres. C’est le niveau d’une cour d’école de première année de maternelle mais c’est ainsi. Le plus consternant dans l’affaire est le suivisme des polémistes de plateaux médiatiques prêts à tout raconter, et son contraire, pour suivre le sens du vent soufflé par les électeurs, oubliant la raison et la science.

L’article relate une histoire qui fait actuellement fureur sur les réseaux dits « sociaux », celle d’un Anglais, un Allemand un Américain et un Français, tous rétifs au vaccin. Finalement, l’Anglais se fera vacciner pour se comporter en gentleman, l’Allemand parce qu’il en recevra l’ordre, l’Américain parce que son voisin l’a été. Le Français continue, lui, à s’opposer jusqu’à ce qu’on lui dise qu’il n’a pas droit au vaccin, alors il hurle contre cette injustice et obtenir le vaccin. On en est là.

Lire aussi : Une nouvelle polémique franchouillarde – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Une nouvelle polémique franchouillarde

Différents vaccins contre le coronavirus à l’origine de la covid-19 commencent à être approuvés à travers la planète et les campagnes vaccinales ont démarré. La France est un pays où une partie de la population est, d’une façon générale, plutôt sceptique par rapport aux vaccins. Cette réticence est relayée par quelques influenceurs-comploteurs de plateaux télévisés comme Isabelle Adjani. Le résultat est que les citoyens français, d’après les sondages, ne manifestent pas un enthousiasme démesuré à l’idée de se faire injecter les vaccins anti-covid-19 dont certains sont issus de technologies innovantes.

Les autorités ayant décidé de ne pas rendre ce vaccin obligatoire, un protocole de consentement « éclairé » avec un délai de quatre jours pour une éventuelle rétractation a été mis en place afin de « respecter » la volonté des français et être sûrs qu’ils ont bien compris ce dont il s’agissait. Cette situation aboutit au fait que la France vaccine beaucoup moins vite que ses voisins. Et, évidemment, tout le monde tombe sur le gouvernement « incapable de protéger ses citoyens »…

A peine les premières vaccinations réalisées, le bal des pleureuses est parti dans une nouvelle polémique. Les râleurs auraient bien entendu inversé leurs arguments de Café du Commerce pour critiquer une campagne sans protocole de « consentement éclairé », et justifier leur présence permanentes dans les médias racoleurs. La politique vaccinale française est à l’image du pays : souvent moins efficace que ses voisins en termes industriel et logistique, et soumis à une permanente contestation de gens qui ont le loisir (et la liberté) de consacrer une partie de leur temps de cerveau à se plaindre au lieu d’agir.

La France est « un pays de veaux » disait MonGénéral dont on vient de fêter le cinquantième anniversaire du décès. Il était visionnaire, on le sait ! Bonne année 2021 quand même.

La France éternelle

De tous temps les citoyens français ont marqué une certaine défiance à l’encontre du vaccin, soutenus par quelques « vedettes » du calibre d’Isabelle Adjani expliquant sur les ondes qu’elle n’a jamais vacciné ses enfants qui s’en portent très bien, ou le professeur Joyeux qui a même eu des problèmes avec l’ordre des médecins pour ses positions contre vaccins. Vouloir convaincre un antivaccin de devenir pro-vaccin est juste inutile, c’est un peu comme essayer de faire admettre à un israélien membre du Likoud qu’une solution à « deux Etats » amènera la réconciliation entre Israël et les palestiniens… autant dire que c’est sans espoir !

On a le droit en France d’être contre le vaccin. En principe la loi en prévoit 11 obligatoires pour les enfants. On peut aussi contrevenir à cette loi et, probablement, ne pas risquer grand-chose sinon le refus par certaines crèches ou écoles d’accueillir vos enfants s’ils ne sont pas vaccinés, à moins que vous puissiez bénéficier de faux certificats de vaccination ce qui ne doit pas être très compliqué à obtenir.

Alors que des vaccins contre le coronavirus commencent à être mis sur le marché, le plus notable en ce moment est que la population française, à la différence de nombre de pays voisins, continue à afficher dans les sondages sa volonté majoritaire de ne pas se faire injecter ces vaccins… tout en critiquant le gouvernement pour défaillance dans sa politique vaccinale qui ne vaccine pas assez vite les citoyens. Certes, ce ne sont sans doute pas toujours les mêmes mais on peut être sûrs qu’il y a des recouvrements entre les citoyens qui refusent le principe du vaccin et qui, dans le même temps, accusent leurs dirigeants d’incompétence dans la distribution du vaccin.

On se fait ainsi doublement plaisir : on marque sa rébellion antivaccin et on critique le pouvoir exécutif qui n’est pas capable de vous vacciner dans les temps car c’est tellement jouissif ! La France ne change pas…