Finances publiques et Affaires privées

On est sur la bonne voie : le nouveau gouvernement français annonce un gel des dépenses des ministères en euros courants (ce qui revient à la faire baisser en volume du montant de l’inflation) et une hausse des impôts. On ne connait finalement pas vraiment d’autres solutions pour faire baisser un déficit !

Comme il reste semble-t-il un peu de temps à nos ministres après ces évidences budgétaires, le premier d’entre eux annonce pour bientôt la légalisation du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par les futurs couples. Bon, si ça peut aider à éviter la faillite de la République, on vivra avec.

« No direction home: Bob Dylan” de Martin Scorsese

No direction home : Bob Dylan,  excellent film de Scorsese tourné en 2005 et revenant sur les années 60 où ce gamin de 20 ans avait été érigé en conscience de son temps, bien contre son gré semble-t-il. Le même Dylan la cinquantaine passée revient sur ce passé, filmé en gros plan, et commente cette période folle avec beaucoup de recul.

Portishead – 2012/06/25 – Vienne Théâtre antique

Vienne, petite ville française de l’Isère, encaissée entre ses collines allobroges, pavoisée de drapeaux espagnols en hommage à une récente défaite de la France contre l’Espagne de fouteballe, traîne paresseusement sa misère industrielle entre les rives du Rhône et du Gère. Vienne reçoit ce soir les Portishead dans son théâtre romain avant Joan Baez demain, le festival annuel Jazz à Vienne qui ouvre le 28 juin, Simple Minds, Selah Sue et quelques autres artistes en juillet.

Vienne, dans la moiteur d’un été, s’apprête à accueillir les messies du Trip-Hop dans le cadre somptueux de son théâtre antique. Leur rareté ajoute encore à leur talent : seulement trois disques en 25 années de carrière, peu de tournées, quasiment pas d’interview, mais les Portishead sont ici ce soir, venus de Bristol, patrie de ce genre musical, où ils cohabitent avec Massive Attack, Tricky et bien d’autres. Le trio fondateur Geoff Barrow-Beth Gibbons -Adrian Utley est renforcé sur scène par John Baggott (clavier de Massive Attack), Clive Deamer (batteur de Radiohead) et un bassiste.

A la nuit tombante le logo du groupe se déploie lentement sur l’écran du fond de la scène sur le beat lent d’une bass, puis démarre l’intro brésilienne de Silence sur laquelle entrent les musiciens qui nous ouvrent les portes de leur univers pour 90 minutes.

Beth est habillée en T-shirt noir et pantalon vert-de-gris, dos au public elle regarde ses musiciens s’échauffer avant de se retourner en lançant sa voix si troublante se perdre dans le ciel étoilé de Vienne.

Derrière le groupe sont projetées les visions de la scène et des gros plans de Beth, les images sont comme brouillées par une mauvaise réception, la frimousse de la chanteuse accrochée à son pied de micro se déploie à l’infini laissant le spectateur plonger, planer, voguer dans l’atmosphère brumeuse qui émane des mots et des notes de ce groupe inventif.

Les musiciens sont attentionnés et parfaitement posés pour entourer leur chanteuse, Adrian tire des miracles aériens et mélancoliques de ses guitares, Geoff manipule des machines et des percussions avec à-propos, John œuvre sur des claviers tout en subtilité.

Et cette voix, surtout cette voix, marque l’âme de la musique des Portishead. Le théâtre chavire lorsque Beth entame Wandering Star seulement accompagnée par Adrian et Geoff (à la basse). Assise sur un tabouret, elle chante, noyée sous ses cheveux roux une bouleversante version de cette chanson extraite de leur premier album :

Please could you stay awhile to share my grief/ For its such a lovely day/ To have to always feel this way/ And the time that I will suffer less/ Is when I never have to wake/ Wandering stars, for whom it is reserved/ The blackness of darkness forever…

et de terminer cet instant de pure poésie par une vocalise qui n’en finit pas de monter dans les aigus, transperçant le cœur de tous les spectateurs.
Une bonne partie de leur catalogue nous est servie sur le site unique de ce théâtre si approprié à un parcours musical introspectif : Hunter, The RIP, Mysterons, Magic Doors… ce n’est qu’émotion, douceur et douleur. Sur Glory Box elle alterne une voix nasillarde pour l’intro :

I’m so tired of playing/ Playing with this bow and arrow/ Gonna give my heart away/ Leave it to the other girls to play/ For I’ve been a temptress too long…

avant de laisser ses musiciens donner libre cours à des solos dissonants et déchirants puis de reprendre inlassablement :

Give me a reason to love you/ Give me a reason to be a woman/ I just wanna be a woman.

Mais le groupe sait aussi s’aventurer dans sur les chemins du beat et nous servir des versions enlevées de Machine Gun, Chase The Tears et un extraodinaire We Carry On en final à la fin duquel Beth descend dans la foule puis, une Corona en main, laisse ses musiciens achever le spectacle sur le rythme obsédant de ce morceau. Un petit « thank you », le seul mot prononcé du spectacle, et le quintet nous laisse méditer sur ce moment de grâce partagée.

Portishead, le groupe sans doute le plus achevé du Trip-Hop, définitivement le plus réfléchi et émouvant ; Portishead, le son tragique de son époque !

Set list : 1. Silence/ 2. Hunter/ 3. Nylon Smile/ 4. Mysterons/ 5. The Rip/ 6. Sour Times/ 7. Magic Doors/ 8. Wandering Star/ 9. Machine Gun/ 10. Over/ 11. Glory Box/ 12. Chase the Tear/ 13. Cowboys/ 14. Threads
Encore : 15. Roads/ 16. We Carry On

Nos fouteballeurs et la langue française

L’équipe de France de fouteballe a fait d’incontestables progrès au championnat d’Europe versus la dernière coupe du Monde. On se souvient de la saillie d’Anelka en Afrique du Sud assénant à son sélectionneur : « Va te faire enculer sale fils de pute. » eh bien cette année en Ukraine c’est un certain Nasri qui a abominé un journaliste cette fois avec un : « Va te faire enculer, va niquer ta mère, sale fils de pute. »

On note l’ajout du va niquer ta mère apportant une richesse sémantique au vocabulaire du fouteballeur. On attend avec impatience la prochaine coupe du Monde et les dernières découvertes du vocabulaire des pousseurs de baballe.

« Marley » de Kevin Macdonald

Marley, un excellent documentaire sur le musicien reggae qualifié de « dernier prophète » par Philippe Manœuvre ! Ses racines de gamin métis dans un village des collines de Jamaïque, son mysticisme acquis dans le monde du rastafarisme, son inspiration musicale exceptionnelle, ses combats pour l’Homme et ses droits, pour la paix dans son île et sur la planète, et la maladie qui l’emportera dans la fleur de l’âge. Un personnage hors du commun qui a marqué la musique du XXème siècle ou quand l’âme et l’inspiration s’attaquent au mal et à la banalité, avec un succès mitigé mais une foi qui force l’admiration.

Comment gérer les femmes en politique ?

Le désormais fameux tweet de la Trierweiler risque de suivre Hollande son quinquennat durant, tel le Fouquet’s de Sarko l’agité. La presse satyrique de la semaine continue à s’en donner à cœur joie, et ce n’est pas fini…

Et pendant ce temps le petit monde socialiste essaye de sauver la face de la Ségolène bafouée pour lui trouver un point de chute à la hauteur de l’affront qu’elle a subi, dans un festival de faux-jetonneries, tout le monde étant finalement plutôt content qu’elle ne se retrouve pas à la tête de l’assemblée nationale…

Que peut-on faire d’un Robert Hue en 2012 ?

Mon Dieu merci ! Nous avons échappé à Robert Hue comme ministre dans le gouvernent socialiste remanié de ce soir. 65 ans, ancien secrétaire général du parti communiste français, en cours de déstalinisation dans les années 80, reconverti comme sénateur de la République, affublé d’une barbe bicolore ridicule, l’homme est sympathique mais inutile, il sera bien plus tranquille à poursuivre sa retraite au Sénat, il n’a plus l’âge pour l’agitation ministérielle.

Indécence

Antoine Zacharias à l’époque de sa gloire financière

Vous souvenez-vous d’Antoine Zacharias ? Non, et c’est normal, le garçon est exilé en Suisse depuis des années après ses exploits réalisés à la tête de l’entreprise Vinci au début les années 2000 où il avait passé un temps infini à maximiser sa rémunération en additionnant des salaires, indemnités de sortie, stock-options et retraites complémentaires pour des dizaines de millions d’euros sur la période 2000-2006. Il avait tellement agacé que son directeur général avait monté un coup d’Etat pour le débarquer et stopper sa mégalomanie financière qui commençait à couter cher. Pour puiser dans la caisse plus à son aise il avait viré les administrateurs membres du comité de rémunération qui avaient eu l’outrecuidance de vouloir plafonner son salaire.

Une fois débarqué, le Zacharias avait réclamé en justice 81 millions d’euros d’indemnités avant d’être débouté.

Son féroce appétit de rémunération l’a vu finir devant justice pénale pour « abus de pouvoir » condamné à l’amende maximale de 375 000 EUR par la cour d’appel de Versailles en 2011. Riche mais grincheux, le garçon s’est pourvu en cassation et la cour, dans sa grande clairvoyance, vient de rejeter ce pourvoi.

La messe est dite, pour la première fois en France, un pédégé est donc condamné au pénal pour rémunération abusive obtenu par abus de pouvoir. Dans le cas d’espèce il n’a pas été difficile de montrer qu’accumuler des dizaines de millions d’euros à titre de rémunération divers en manipulant ses administrateurs n’est pas bien. La justice a intégré la notion de décence sous réserve de l’abus de pouvoir. Il est à craindre que si le Zacharias s’y était pris avec un peu plus de subtilité pour obtenir les mêmes montants, il n’aurait pas été condamné.

En attendant, le Zacharias compte ses millions à Genève avec son nouveau statut de repris de justice. Il va y survivre.

Quelle horreur : un déficit public ?

Nous y voilà : il manquerait 10 milliards au budget de la République pour terminer l’année 2012 avec un déficit à 4,5% du produit intérieur brut. Chacun feint de découvrir cette mauvaise surprise laissée par le gouvernement précédent (bien entendu), avec autant de mauvaise foi que d’impuissance. En réalité, comme l’affichent les comptes publics de la Nation depuis 35 ans, les français dépensent plus qu’ils ne gagnent, ne soyons pas ingénus face à cette évidence. Donc il reste à s’attaquer à la seule question qui vaille : comment va-t-on augmenter les impôts pour financer les dépenses et plumer la volaille ?

Les sociaux-traîtres de France-Info

Radio France est en grève pour 24 heures pour on ne sait quelle raison. Dieu merci, grâce à une générosité sans faille et un sens du devoir qui les honore, les journalistes de France Info continuent à assurer leur émission quotidienne de fouteballe en ces temps de championnat du monde. Que Dieu et tous ses saints soient loués, on trouve des journalistes pour braver la lutte des classes, les droits acquis par le Front populaire et les décennies de lutte syndicale de leurs aînés, pour poursuivre l’abrutissement des masses en diffusant leurs chroniques inutiles sur les pousseurs de ballons alors que l’antenne est en grève.

La conscience sociale, oui, mais pas au détriment du fouteballe. Marx et Engels doivent s’en retourner dans leurs tombes !

Changement d’équipes

La nouvelle assemblée nationale est majoritairement socialiste, c’est ainsi. Le centre, désaxé par la vulgarité des choix politiques de la droite sarkoziste a choisi de voter à gauche et régler leurs comptes aux aboyeurs de l’UMP. A force de commettre des interviews dans Minute, de désigner des coupables faciles plutôt que d’affirmer à leurs électeurs leur responsabilité collective, les ministres de la droite n’ont pas fait grand mal puisqu’ils n’ont pas vraiment mis en œuvre ce qu’ils annonçaient, mais ils ont fatigué leur monde qui ont tenté le vote socialiste. Au passage les Frédéric Lefèbvre, l’homme-aux-cheveux-longs-et-gras ; Morano, la poissonnière de la droite ; Muselier, le kéké de Marseille ; Ségolène, la vierge du Poitou ; Jack Lang, 74 ans, le mondain de la Place des Vosges ; et bien d’autres, passent par pertes et profits. C’est aussi bien, ils se sont assez montrés et nous les avons assez vus. Ils sont débarqués et remplacés par de nouvelles têtes, dont un quart de femmes pour cette nouvelle assemblée. Les nouveaux ne seront ni meilleurs ni pires que les anciens, il n’y a pas de raison d’en douter.

Hollande et ses femmes

Pétillon – Le Canard Enchaîné

Impayable : la Trierweiler, copine du nouveau président socialiste de la République, commet un inoubliable tweet dans lequel elle marque son soutien au candidat socialiste dissident de La Rochelle qui se présente contre Ségolène, candidate officielle du parti socialiste et… ancienne copine dudit président.

Le monde médiateu-politico-parisiano-mondain s’empare du sujet, s’en émeut et en profite pour évacuer l’autre sujet du jour, le seul qui vaille : comment va-t-on augmenter les impôts pour financer les dépenses !

C’est pathétique et tellement symbolique de l’inanité du débat politique. C’est aussi remarquablement illustratif de la perte de sens commun de toute une faune proche du pouvoir. La Trierweiler, journaliste politique à Paris-Match, déjà tout un programme (un oxymore en fait), est bien sympathique mais elle philosophe sur sa fonction de « première dame de France » ou « première journaliste de France », sur ce qu’elle peut « apporter » à la nation, etc. etc., elle s’engage dans le débat politique, elle chasse Julien Dray d’une fête socialiste, elle règle ses comptes d’alcôve publiquement avec Ségolène. En gros, tout le monde s’en fout mais elle ne s’en rend pas compte, elle veut être une femme publique et se croit investie d’une mission telle Jeanne d’Arc face à l’Anglais. Cela relève de la psychanalyse, mais elle n’est pas la seule dans ce cas, hélas !

Ayo – 2012/06/13 – Paris le Café de la Danse


Ayo en acoustique” annonçait le programme, pas si acoustique que cela finalement, et pour notre plus grande joie. Au moins le show ce soir est en petit comité dans cette salle intimiste du quartier de la Bastille.

Elle est sympa Ayo, elle est cool mais très bavarde, métisse nigériane, elle développe l’enthousiasme de sa belle jeunesse, l’inspiration soul de ses origines africaines, et elle est nature Ayo, tellement nature avec son sourire éclatant. Sur scène elle est accompagnée d’un pianiste, d’un bassiste et d’un batteur. Elle accueille deux rappeurs français (Sly Johnson et Leeroy) le temps d’une chanson. Elle monte dans les gradins pour fêter l’anniversaire d’un spectateur qu’elle prend dans ses bras, alors tout le monde se découvre né un 13 juin pour l’attirer de son coté.

Et puis elle est vive Ayo, et elle est surtout musicienne. Elle joue de la guitare rythmique comme une déesse de ses longues mains aux doigts infinis, elle a le beat dans la peau Ayo avec ses locks qui lui tombent dans le dos, elle compose de jolies chansons multiculturelles dans lesquelles on retrouve toutes les influences du reggae, de la soul et du rock.

Mais Ayo, c’est aussi une voix magnifique, une voix de gamine, au vibrato délicieux, aux envolées stridentes dans les aigues lorsqu’elle crie sa joie ou son désespoir, à la sincérité désarmante.

Elle est sympa Ayo, elle raconte en musique les histoires de tout le monde, elle met des notes sur l’ordinaire, mais si elle était un peu moins bavarde Ayo, elle pourrait faire un rappel un peu plus long avant le couvre-feu…

Warmup : franco-australienne Emilie Gassin

Des financiers mal élevés

Après l’acronyme PIGS désignant les mauvais élèves européens Portugal, Italie, Grèce et Espagne, les forbans spéculateurs anglo-saxons animant les marchés financiers viennent d’en inventer un nouveau : Grexit symbolisant Grèce et sortie (exit) de la zone euro. Leur incompétence se double de mauvaise éducation.

Suzanne Vega – 2012/06/11 – Paris la Cigale

Suzanne Vega poursuit son projet solo de réédition en acoustique de tout son catalogue : la série Close-Up déjà riche de trois disques. Solo ou presque, le fidèle Gerry Leonard est aux guitares sur ces enregistrements comme sur scène ce soir.

Suzanne Vega est toujours un délice de subtilité musicale et d’élégance féminine. Pour l’intro de Marlene on the Wall elle chausse un chapeau-claque pour annoncer le show, pour le reste elle est habillée de noir et de rouge à lèvres, avec une longue veste et un foulard bohème autour du cou.
Guitariste de talent, son instrument électro-acoustique sonne clair comme sa voix est brumeuse et feutrée. Gerry l’accompagne avec talent et électricité, ne négligeant pas à l’occasion quelques charges électroniques. Plus souvent qu’à son habitude Suzanne abandonne sa guitare et entame quelques discrets pas de danse sur ses ballerines en chantant.

Quelques nouvelles chansons tout de même, notamment celles écrites pour le livret d’une pièce de théâtre de Carson McCullers, écrivaine américaine du XXème siècle dont elle évoque la vie dissolue. Instant of the Hour After raconte une fin de soirée alcoolisée entre Carson et son amour :

On your cheek, that sweet/ shadow falling./ The pulse in your neck, how I’ll/ know it, right to the end./ How I love you/ How I loathe you./ All you can say is:/ “Reverberating acuity”/ “Lousy simile”/ “Vacant majesty.”/ In the instant of the hour after.

Une soirée avec Suzanne c’est une ballade en musique sur le chemin escarpé d’un folk urbain nuageux. Sa voix est une caresse, une direction ; ses compositions sont une mélancolie, une raison de vivre ; son personnage est une élégance sans égal. La douceur exsude de tous ses gestes, l’intelligence marque ses créations et New York rôde au-dessus de ses chansons.

Ce même soir un autre new-yorkais se produit à Paris, entre Lou Reed et Suzanne il a fallu choisir, il n’y a pas à regretter.

Cette reconstitution de toute son œuvre en acoustique est la meilleure des idées (même si assortie semble-t-il de quelques considérations mercantiles de récupération de droits), on a déjà oublié la période où elle était accompagnée d’un groupe. Cette évolution vers plus de simplicité et de sérénité est salutaire, elle nous laisse l’image d’une artiste accomplie en pleine possession de ses moyens, diffusant une pureté sans égale !

Warm up : James Walsh

Les milliards ou le fouteballe : il faudrait choisir

Les banques espagnoles font la manche pour 100 milliards d’euros hier après-midi. Ce soir, le premier ministre espagnol quitte son pays pour aller perdre son temps et assister à un match de fouteballe en Pologne dans le cadre d’une compétition européenne de pousseurs de ballons. On se demande si ces hauts personnages se rendent bien compte des enjeux qui agitent leurs pays ?

Mon Dieu ! Ne leur pardonnez jamais une telle inconscience, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Si l’on détenait les cordons de la bourse européenne j’aurais conditionné l’octroi des 100 milliards à l’interdiction à tous les ministres, élus et hauts fonctionnaires de l’Etat bénéficiaire à assister à toute compétition de pousseurs de ballon jusqu’à complet remboursement des milliards prêtés.

Les guerres lointaines de la France

Quatre soldats tués en Afghanistan ; l’armée française fait la guerre dans ce pays lointain, il n’est pas étonnant qu’elle y fasse des pertes humaines (et en provoque d’ailleurs). Il faut donc arrêter de participer à cette guerre. Le nouveau gouvernement français s’y emploie. C’est bien !

Fraude et complotisme

Kerviel-le-trader-fraudeur, suite, audience du 8 juin :

– Le tribunal : vous dîtes que vos chefs savaient parce que les mails que vous leur adressiez étaient incohérents, c’est ça ?
– Le tribunal : mais je ne comprends pas : si tout le monde savait, pourquoi perdre du temps à donner des explications fictives ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : l’invraisemblabilité [sic] de mes explications ne pouvait leurrer personne.
– Kerviel-le-trader-fraudeur : pour sauver les apparences et couvrir la hiérarchie.
– Le tribunal : mais vis-à-vis de qui si « tout le monde sait » ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : vis-à-vis de l’extérieur.
– Le tribunal : mais qui : les commissaires aux comptes, les organes de contrôle ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : oui.
– Le tribunal : je ne comprends toujours pas : si vos explications sont invraisemblables, comment espérer qu’elles leurrent les commissaires aux comptes ou les organes de contrôle ?

La présidente du tribunal produisant les faux emails à en-têtes falsifiées par Kerviel-le-trader-fraudeur :

– Le tribunal : pourquoi prendre le risque de faire des faux qui ne trompent personne ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : pour sauver les apparences.
– Le tribunal : parce que la banque a besoin de vous pour sauver les apparences ? Bon. Mais quel est leur intérêt ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : de me faire sauter au bon moment.
– Le tribunal : Ah ! Pouvez-vous vous expliquer plus clairement ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : j’avais mon utilité. En 2007, la crise des subprimes avait commencé à se propager. Pour la banque une grosse perte latente était prévisible. Il lui fallait donc faire sauter un Jérôme Kerviel.
– Le tribunal : mais c’est quand même vous et pas la Société Générale qui avez pris, entre le 3 et le 18 janvier 2008, une position non autorisée de 50 milliards d’euros ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : Oui.
– Le tribunal : alors la Société Générale aurait prévu en 2007, dans un plan concerté à l’avance, de vous laisser prendre pour 50 milliards de positions en 2008 afin de vous faire ensuite porter le chapeau de la crise des subprimes ?
– Kerviel-le-trader-fraudeur : oui, j’étais un fusible.
– Le tribunal : vous leur avez donc drôlement rendu service alors !

Puis sur une intervention de l’avocat mondain qui évoque la théorie du complot, la présidente s’énerve :

– Le tribunal : je veux un témoin qui puisse témoigner sous serment et contradictoirement. Très solennellement, la cour vous demande des documents dont elle puisse débattre. Je fais du pénal depuis des décennies et je peux vous dire que je n’ai jamais vu cela ! Vous avez développé une théorie, nous sommes prêts à l’entendre mais il nous faut des preuves maintenant

A suivre lundi prochain. La théorie du complot est lancée, il faut voir si elle pourra être étayée. La réalité de l’incompétence de la Société Générale est désormais avérée, d’ailleurs la banque a été condamnée à une amende de plusieurs millions d’euros pour défaillance de contrôle par l’autorité de contrôle des banques. L’incompétence n’est pas pénalement punie en soi par le Loi, par contre elle pourrait valoir un coût supplémentaire à la banque si l’Etat, du coup, revenait sur la déductibilité de la perte de 5 milliards d’euros comme l’annonce Le Canard Enchaîné cette semaine.

Ce qui est d’ailleurs rigolo dans l’affaire c’est la récente plainte déposée par Kerviel-le-trader-fraudeur contre la Générale l’accusant d’avoir masqué que la perte réelle n’est pas de 5 milliards, mais de 5 milliards moins 33% correspondant à l’économie d’impôt générée par la déduction de cette perte. Kerviel-le-trader-fraudeur feint d’ignorer qu’à l’inverse, les remboursements qu’il fera à la banque si sa condamnation à payer 5 milliards est confirmée en appel, seront eux taxables, et donc au bout les 180 000 années de remboursement la déduction fiscale de 2008 aura été effacée par la réintégration fiscale des remboursements.