Le pape se met à tweeter

Le pape s’est mis récemment à tweeter pour tout et n’importe quoi, comme tout tweetos qui se respecte. Il bénit ses followers ou leur explique qu’il aime les crèches et autres billevesées. Est-ce que cet abaissement communiquant va lui rapporter des fidèles supplémentaires dans ses paroisses le dimanche ? C’est peu probable.

Le tweet c’est le niveau zéro de la réflexion, l’infantilisation de la parole, la glaciation des échanges. C’est sans doute la raison pour laquelle cet outil est si prisé par le monde politique : ne rien dire en 140 signes, un rêve pour nos édiles.

La Centrafrique replonge et entraîne la France

Enième remake en Centrafrique : une armée dépenaillée fuit devant une bande de rebelles avinés. Quelques soldats français traînent encore dans ce pays, on se demande pourquoi, et la France est prise à partie pour soutenir un pouvoir déliquescent contre une opposition incapable. Le scénario a déjà été joué vingt fois depuis Bokassa, le pouvoir s’enfonce, le peuple souffre et la France continue à y laisser son honneur.

Bergé tout en subtilité

Pierre Bergé, affairiste socialisant, déclare à propos du mariage homosexuel :

« Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »

Pierre Bergé

déclenchant l’ire des bien-pensants pourfendeurs du mariage pour tous comme celle des défenseurs du mariage gay. Bon, soyons réaliste et cessons ces cris d’orfraie, la gestion pour autrui des mères porteuses va suivre le mouvement, de même que la procréation assistée pour les couples lesbiens sera sans doute incluse dans la loi en cours d’examen. Ce n’est qu’une question de temps.

Mais qui peut bien être le père ?

Et dire que nous allons terminer cette année 2012 sans en savoir plus sur l’identité du père de la fille de Rachida Dati, ex-ministre chez Dior, Yves Saint-Laurent et place Vendôme. La Dati a entamé un procès en paternité contre un bellâtre mondain, propriétaire affairiste de casinos et de d’hôtels de luxe. La défense du garçon est de reconnaître sa relation avec la Dati tout en expliquant qu’elle menait en même temps des relations avec huit hommes à la fois et qu’il est donc difficile d’affirmer qui est le père… Du coup la justice ordonne un test ADN de paternité.

Et dire que tout stupre se déroulait pendant que la Dati était ministre de la République…

Copé vaincu… pour le moment

Finalement Copé-l’aboyeur n’en a pas une si grosse paire que ça. Le voilà qui se couche et, finalement, accepte d’organiser une nouvelle élection du chef de la bande UMP et ce dès 2013 alors qu’il ne démordait pas de 2014. Fillon-costume-étriqué triomphe modestement et l’un comme l’autre assènent les platitudes de circonstance assaisonnée à la langue de bois de rigueur sur le rassemblement qui désormais guide ces pieds nickelés ambitieux.

Ils ont l’un et l’autre fait la preuve de leur incompétence et de leur totale absence de scrupule, les rendant ainsi définitivement inaptes à la fonction qu’ils briguent. Le problème va donc être de savoir qui sera candidat en 2013 ? Si l’UMP récupère ces deux mêmes ambitieux, le résultat risque, hélas, de n’être point trop différent de celui de 2012, ce qui ferait les affaires de la majorité.

Le fuite de Depardieu

Depardieu, acteur français part s’installer en Belgique pourpayer moins d’impôts qu’en France. La politicaille franchoullarde s’empare de ce non-sujet pour éviter d’avoir à communiquer sur d’autres. La gauche accuse l’acteur de traîtrise (Ayrault taxe son départ de minable) et la droite accuse la gauche d’installer un enfer fiscal.

Depardieu ne fait rien d’illégal mais il n’est pas content, rend son passeport français et renonce à sa nationalité française. Ce serait d’ailleurs bien s’il pouvait emmener dans ses bagages quelques fouteballeurs et traders-fraudeurs. Bon, la République y survivra. Comment fait-on pour renoncer à sa nationalité d’ailleurs, est-ce même légalement possible ?

Vie d’exil au Musée de l’immigration

Exposition au Musée national de l’Histoire de l’immigration : Vie d’exil 1954-1962 des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie, dont le commissariat est coassuré par Benjamin Stora. C’est l’histoire assez inextricable de la vie de plus de deux cent mille algériens travaillant dans le pays défendant les armes à la main sa présence coloniale contre la révolte pour l’indépendance de leur propre patrie. Les travailleurs algériens étaient venus s’engouffrer dans l’appel d’air post-deuxième guerre mondiale pour reconstruire une France manquant de bras, et dans le même temps la répression coloniale s’accentuait sur place.

Et lorsque l’insurrection a été prononcée en 1956, les mouvements révolutionnaires algériens ont porté le combat également en métropole, organisant les immigrés sur qui était prélevé un impôt révolutionnaire pour soutenir l’indépendance, réglant leurs comptes entre mouvements rebelles, recueillant le soutien d’un certain nombre d’intellectuels français en faveur de l’indépendance et luttant contre les dérapages de l’armée française de l’autre coté de la Méditerranée.

L’exposition raconte cette histoire étrange, assez unique en fait, avec des photos, des films d’actualité, des articles de Paris Match lorsque leurs journalistes éberlués découvraient la Goutte d’Or à la fin des années 50, un extrait de Cinq colonnes à la Une où Pierre Desgraupes enquête dans les bidonvilles de Gennevilliers en 1960 où les travailleurs algériens vivaient dans des conditions effroyables, les footballeurs algériens de l’équipe de France qui quittent les bleus, la répression contre les immigrés au fur et à mesure où la tension monte sur place et à la Goutte d’Or, le préfet Papon et la manifestation d’octobre 1961, des évocations aussi plus détendues de la culture algérienne (ou nord-africaines, la musique arabe dans les cafés, les écrivains…

Et puis ce musée qui à son inauguration a donné lieu à une stupide polémique comme les français savent en créer, ce musée donc semble intéressant et offre des réflexions pertinentes sur le fait de l’immigration. Il faudra y retourner pour visiter l’exposition permanente.

Tuerie d’enfants aux Etats-Unis d’Amérique

Un cinglé massacre aux Etats-Unis une vingtaine de gamins et gamines entre 6 et 7 ans, plus au passage quelques responsables adultes de l’école dans laquelle s’est déroulée cette tuerie. Hélas les Etats-Unis sont coutumiers de ce genre de faits, qui commencent à déteindre sur l’Europe d’ailleurs.

Evidemment le massacre d’enfants est une tragédie et les médias français qui adorent ce type de contexte traitent le sujet avec force logos spécifiques, envoyés spéciaux, psychiatre de plateaux télévisés, retour sans fin sur l’accès aux armes aux Etats-Unis, images tournant en boucle et commentaires insignifiants pour expliquer qu’on ne sait pas expliquer ce geste du tueur, etc. etc.

Evidemment, le cinglé d’aujourd’hui semble battre tous les records de folie, ou au minimum il tire mieux que ses devanciers, et ses motivations sont sans doute difficilement compréhensibles pour un présentateur de journal télévisé, il serait donc plus opportun que ces sujets soient rendus avec un peu plus de décence et de discrétion, surtout quand on ne sait pas quoi dire d’intelligent.

Les traders-fraudeurs passent par la case prison

Ca y est, une première fournée de traders-fraudeurs a été mise en taule au Royaume-Uni. Ces charmants garçons avaient manipulé le taux LIBOR, ils ont à rendre des compte à la justice britannique pourtant pas vraiment réputée pour ses tendances bolchéviques, particulièrement quand il s’agit des flibustiers de la City, première place financière mondiale.

A priori la commission européenne enquête sur des fraudes du même ordre au sein de la zone euro sur le taux EURIBOR. En taule les frondeurs !

Au Collège de France

Leçon inaugurale au Collège de France sur l’épigénétique, domaine assez mystérieux où l’on parle d’ADN, de gènes, de transmission, de chromosomes, etc. Mais on est dans un temple du savoir et rassuré de savoir qu’il reste des lieux où la connaissance est érigée en objectif suprême. Dans notre monde dominé par les traders-fraudeurs, les ambitieux et les guerriers, cela rassure.

Les suites probable du mariage homosexuel

Eh bien voilà, doucement le mariage homosexuel annoncé pour bientôt va s’ouvrir à la procréation médicale assistée pour les couples gays ou lesbiens. C’était couru à partir du moment où le mariage « pour tous » était à l’affiche. Il va sans doute être voté. Il aurait été plus honnête de l’annoncer dès le départ.

Mais après tout, Chichi a été élu sur la fracture sociale et il n’a fracturé que ses promesses et son premier ministre Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet ; de Gaulle a été élu sur l’Algérie française et il a donné l’indépendance à Alger ; quand à Mitterrand il a vendu le programme commun avec les communistes pour finalement lancer le grand vent de libéralisation financière qui souffle en tempête depuis…

Le retour du pervers

Le pervers transalpin, affairiste de 76 ans, clown multi-liposucé, Berlusconi donc, repart à l’assaut du pouvoir italien. Impliqué dans des affaires de mœurs avec des mineurs, de conflits d’intérêt avec ses affaires de médias, à coté de lui Tapie est un ange. Quelle sinistre comédie que celle du pouvoir.

Guerre de tranchées à l’UMP

Copé-j’en-ai-une-plus-grosse-paire et Fillon-costume-étriqué continuent à se voir une demi-heure dans le bureau de l’un, quarante-cinq minutes dans celui de l’autre, et rien de sort. Ils font quoi les deux ambitieux ? Ils tapent le carton, ils boivent un coup de rouge, ils parlent des résultats scolaires de leurs enfants ? Peut-être fument-ils un petit pétard entre amis en se demandant comment légaliser le cannabis « à usage récréatif » comme dans l’Etat du Colorado ? En tout cas ils n’ont toujours pas réglé leur bataille de chiffonniers pour la présidence de l’UMP, ce qui n’empêche pas ce parti de vivre avec deux groupes séparés à l’assemblée nationale. C’est peut-être la solution : rester ainsi !

Le bal des nunuches

Après l’UMP un autre drame national sépare la France en deux clans irréconciliables, celui de l’élection annuelle de Miss France, revendiquée par deux comités d’organisation chacun en lutte contre l’autre. Ce festival annuel de nunucherie est regardé par des millions de téléspectateurs, avec donc autant de recettes publicitaires à la clé. Les nunuches en chef des deux comités se tirent la bourre par tribunaux interposés mais organise chacune leur élection de Miss Nunuche et tout le monde s’en porte aussi bien finalement.

Moi je suis pour Fillon et pour Miss Nunuche n°2, Copé lui est un vendu à Miss Nunuche n°1.

L’agonie de la sidérurgie européenne

Eh bien voilà ! Après force cris, débats et menaces sur les plateaux télévisés la République ne va pas nationaliser Arcelor-Mittal pour sauver des hauts-fourneaux lorrains, sans doute condamnés à terme. C’est la solution raisonnable qui prévaut, un deal temporaire avec un capitaliste métallo mondialisé dont les promesses ne l’engagent guère au-delà de quelques semaines, comme celles de l’Etat d’ailleurs.

Il aurait sans doute fallu réfléchir à toute cette question en 2006 lorsque la France, l’Espagne, la Belgique et le Luxembourg ont laissé Mittal avaler Arcelor dans le fracas d’une OPA hostile, après les restructurations colossales menée en Europe dans la sidérurgie dans les années 80. En cherchant bien, il y aurait sans doute eu des moyens de mettre des bâtons dans les roues du fibustier indien de l’acier mondial.

Bref, le contribuable européen a payé des décennies durant pour remettre la marié en état, la mise a été emportée par Mittal qui a racheté sauvagement l’entreprise et qui maintenant en ferme certains éléments qui contrecarrent sa stratégie mondiale. Si l’entreprise et son management étaient restés européen on peut imaginer que les décisions concernant Florange eurent été différentes, et encore, rien n’est sûr.

Push up

Paris regorge d’affiches publicitaires sur les soutiens-gorge H&M dits « super push-up ». Je m’interroge sur ce concept, mais surtout j’interviewe une femme sur le sujet. C’est finalement assez simple, il s’agit dans un double mouvement simultané de pousser vers le haut et de resserrer les côtés vers le milieu. Ainsi, même Jane Birkin peut avoir de gros seins.

1-0 à l’UMP

Manifestement Copé-l’aboyeur en a une plus grosse paire que Fillon-costume-étriqué qui ne sait pas bien où il va. Il s’est fait enfumer comme un débutant. Il l’a laissé présider l’UMP et être candidat en même temps, et ainsi organiser consciencieusement les petits arrangements avec la morale, ou en tout cas avec le code électoral. Il lui a abandonné les plateaux médiatiques de la démagogie sur lesquels il a clamé ses invectives sur le « pain au chocolat » et autres inepties de la droite forte. Et maintenant que Copé sans foi ni loi est dans la place il n’y a plus grand-chose à faire pour le faire sortir de la présidence de l’UMP où il fait le matamore

Il n’y a pas de doute, Copé-l’aboyeur en a une plus grosse paire et il a dévoré l’étriqué, pieds-tendres et souffreteux, toujours à soigner ses petites misères. Est-ce grave ? Pas tant que ça, que chacun aille sur son chemin qui ne sont clairement pas communs, Copé aboiera avec la droite forte et bête pendant que Fillon, s’il se remet de sa sciatique, vendra son centre raisonnable. Et puis pour les élections présidentielles de 2017, soit ils se mettent d’accord sur un candidat commun et ils pourraient gagner, soit ils se présentent tous les deux et la gauche rempilera. Dans un cas comme dans l’autre on n’en pourra pas, donc passons au sujet suivant. t

Lenglet François, ‘Qui va payer la crise ?’.

Sortie : 2012, Chez : Fayard. Un livre de journaliste, donc très critique et peu analytique. Tout le monde en prend pour son grade : les pays qui gèrent leur budget avec rigueur car ils cassent la croissance des autres ; les pays qui dépensent sans compter car ils vivent comme des cigales et cassent leur futur ; les dirigeants irresponsables qui n’arrivent pas à se mettre d’accord pour faire avancer l’Europe et plient devant le monde de la Finance, etc. Seule la corporation des journalistes (qui bénéficie toujours d’une niche fiscale en France et participe ainsi à la dépense publique NDLR) semble échapper à ce tir de barrage.
Sur le fond la description de la situation apparaît correcte mais le diagnostic l’est un peu moins. Sa théorie principale, répétée à plusieurs reprises est que c’est la crise qui crée la dette et non l’inverse. C’est une façon contestable de voir les choses car c’est surtout l’incurie budgétaire de nos Etats qui a créé la crise de la dette publique : 40 années successives de déficit pour le budget de la France, pendant les périodes de croissance comme de récession. Nos enfants n’ont jamais connu autre chose que le déficit de leur Etat depuis leur naissance ! Si la France avait profité des périodes de vaches grasses pour se désendetter elle aurait pu affronter la situation actuelle avec plus de force, mais réduire les dépenses publiques nécessite un courage politique dont nos dirigeants ces dernières années étaient fort peu pourvus, eux-mêmes élus par des masses peu disposées à se remettre en cause.
Après les pages de critiques tous azimuts il y a quelques propositions dans les derniers paragraphes : faire sortir la Grèce de la zone euro en préparant l’opération, et annuler tout ou partie des dettes des pays du sud de l’Europe. Stratégies relativement aisées à définir du fond d’une rédaction parisienne (avec niche fiscale NDLR), un peu plus complexe à mettre en œuvre dans la vraie vie. Mais grosso-modo c’est ce qui se dessine ; il est peu probable que la Grèce quitte la zone euro, mais l’annulation/allègement des dettes des pays impécunieux est en cours. La Grèce a vu effacer une partie significative de sa dette privée et l’allègement de sa dette publique est en cours. Simplement cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique : il a y 26 autres pays européens à convaincre, une multitude de créanciers à qui fournir des kleenex pour pleurer, des peuples et des parlements qui existent encore et qu’il faut prendre en compte. Bref, quand on annule de la dette il faut répondre à la question : « Qui va payer ? ». Eh bien quand il s’agit de dette privée ce sont les banques, et derrière leurs actionnaires voire leurs contribuables nationaux si ces annulations mettent en péril l’avenir desdites banques ; pour les dettes publiques ce sont directement les contribuables des pays prêteurs, c’est plus simple. La République française est créancière à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros de la Grèce, prêts directs et garanties de prêts divers, ce qui veut dire que tout euro annulé à la Grèce se retrouve dans le budget dépenses de la République et donc sur notre avis d’imposition. C’est assez simple à comprendre, c’est un peu plus difficile à mettre en œuvre, en tout cas cela prend plus de temps que Lenglet n’en octroie.
On note (au moins) 2 erreurs manifestes dans l’ouvrage. Lenglet parle page 172 du safari mené par le roi d’Espagne en 2012 en « Rhodésie » pour illustrer la perte de repères des dirigeants européens : la Rhodésie n’existe plus depuis qu’elle est devenue indépendante dans les années 70 et s’est transformée en Zimbabwe. Il explique aussi page 169 que la nouvelle monnaie grecque « …devrait se déprécier de moitié au moins, ce qui divisera la dette par deux. » Dans une telle hypothèse, la dette en EUR sera multipliée par 2 et non divisée par 2 !
Pour résumer, un livre intéressant mais qui le serait encore un peu plus avec moins de formules à l’emporte-pièce et plus de réflexion.

Taylor Kressmann, ‘Inconnu à cette adresse’.

Sortie : 1938, Chez : J’ai lu 9914. Une nouvelle sous forme de correspondances dans les années 30 entre un juif allemand installé aux Etats-Unis et son compatriote retourné dans une Allemagne en proie à la montée du nazime. Ecrit en 1938, ce petit livre est prémonitoire de l’effondrement idéologique de l’Allemagne.