Tic verbal compulsif : la séquence

Le terme séquence est de plus en plus employé par la classe médiatique et de façon souvent inappropriée pour désigner un moment politique comme « la séquence des élections primaires », et non une suite d’évènements comme il se devrait. Cette mode verbale qui sévit depuis plusieurs mois déjà cause bien entendu moins de dégâts sémantiques que le très envahissant « on va dire » dont l’épidémie ne faiblit pas, mais il convient néanmoins de surveiller la prolifération de ce nouveau tic verbal.

Définition du Larousse : nom féminin (bas latin sequentia, succession, du latin sequi, suivre)

Suite ordonnée d’opérations, de phases, d’éléments, etc.

Suite d’unités linguistiques ordonnées conventionnellement.

Dans une installation automatique, suite d’opérations indépendantes se succédant dans un ordre préétabli.

Suite de plans formant un tout du point de vue de la construction du film.

Succession d’images constituant une sorte de narration. (Ce genre est pratiqué par certains artistes conceptuels et certains photographes, tel Duane Michals.)

Succession chronologique typique, concernant les roches d’une formation géologique, les minéraux d’une roche, ou les différentes phases d’un même phénomène géologique.

Réunion d’au moins trois cartes de même couleur et qui se suivent sans interruption

Le fouteballe égal à lui-même

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Les pousseurs de baballe surpayés se distinguent encore de belle manière : une polémique fait rage entre certains des joueurs qui accusent de racisme le sélectionneur de l’équipe de France qui ne les aurait pas retenus à cause de la consonance arabe de leurs noms… Quand on voit la composition de ladite équipe, on ne peut pas dire qu’elle ne soit  composée que de joueurs blancs s’appelant Dupont ou Dupond ! L’un des joueurs contestataires est par ailleurs mis en examen dans une sombre affaire de chantage à la vidéo sexuelle contre l’un de ses collègues.

Même au cœur du fouteballe, véritable passion française obsessionnelle et abrutissante, les français râlent, contestent, polémiquent, s’attaquent les uns les autres, se préoccupent de leurs origines, bref, dépensent leur temps et leur énergie à autre chose que ce pour quoi ils sont payés ! C’est déprimant.

Blocage du fouteballe

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Les dirigeants syndicaux bloqueurs et moyenâgeux qui s’expriment dans la rue avec éclat en ce moment affirment qu’ils n’hésiteront pas à poursuivre leur mouvement mi-juin lors de l’Euro de fouteballe si leurs revendications ne sont pas satisfaites, c’est-à-dire le retrait du projet de loi « Travail ».

Ce serait un test en vraie grandeur bien plus parlant que les sondages dont les médias nous abrutissent pour savoir si les français sont en faveur ou pas de la réforme du code du travail : sont-ils prêts à renoncer à leurs matchs de baballe à la télé pour soutenir une lutte contre la loi « Travail » ?

On ne peut s’empêcher de sourire à l’idée de voir les gros bras de la CGT face aux fouteux imbibés. Voilà qui promet un mois de juin intéressant.

Rappelons que cette compétition sportive a été exonérée d’impôt par des dirigeants incompétents de la République.

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Blocage de la presse

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La CGT Livre, puissante section du syndicat moyenâgeux dans l’impression et la distribution des quotidiens, surtout puissante en région parisienne et un peu moins en province, a voulu imposer à ces journaux la publication d’une « tribune » de M. Martinez sous peine de non parution. Du coup, seul le journal du parti communiste L’Humanité a accepté et a pu paraître hier ! La CGT déploie sa stratégie de nuisance avec la même constance et relative efficacité.

Cette action ne fut que de peu d’effet du fait de l’accès aux éditions numériques pour la plupart des quotidiens. Ladite tribune a d’ailleurs pu être lue par tous ceux qui voulaient la consulter. Le plus comique, si l’on ose dire, c’est que L’Humanité est un journal en faillite virtuelle depuis plusieurs années qui ne surnage que grâce aux dons de ses lecteurs et qui vient d’entamer une campagne pour bénéficier de plus d’aides publiques tirées de la poche des contribuables. Dans le même temps, la survie des quotidiens censurés par la CGT est très aléatoire, les éditions papiers se vendant de moins en moins et les modèles numériques n’ayant pas encore trouvé leur équilibre financier.

Sans vergogne la CGT a voulu imposer une propagande interne aux journaux et a bloqué la parution de la presse quotidienne qui refusait de plier. L’impact réel de ce blocage sur l’information a été quasiment nul mais la CGT a montré qu’elle pouvait mettre la plupart des quotidiens nationaux à genoux si elle le décidait.

Rappelons que la CGT Livre continue à bénéficier d’un monopole d’embauche en région parisienne (ce n’est pas les patrons qui recrutent mais le syndicat). Même si cet important avantage n’offre plus autant de capacité de nuisance que par le passé du fait de la numérisation de la presse, ce qui s’est passé hier montre quand même que la CGT Livre sait encore perturber la presse.

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La CGT à l’assaut

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Philippe Martinez, chef de la CGT porte sur sa déprimante moustache tout l’affaissement de la pensée syndicale française d’un autre âge. Son organisation n’est pas contente de la politique menée actuellement et a décidé de le faire savoir en initiant le maximum de nuisance dans un pays qui n’est déjà pas en grande forme. Quelques personnes bien utilisées dans des entreprises clés des secteurs de l’énergie ou des transports suffisent à fortement perturber l’économie et le plus souvent dans un cadre légal qui rend difficile toute réaction judiciaire. C’est ce qui est en train de se passer et l’on voit ledit Martinez balader sa moustache tombante dans les manifestations, voire même balancer quelques pneus dans les feux de joie organisés par les camarades devant les grilles d’entrepôts pétroliers bloqués ! Bref, la CGT se revigore à la tête d’un conflit délétère comme seule la France sait encore en générer.

Au-delà des discours à l’emporte-pièce de militants surexcités que l’on croirait revenus aux temps du Front populaire, la stratégie de ce syndicat est sans doute aussi d’afficher sa puissance vis-à-vis de l’opposition actuelle qui a toutes les chances de revenir au pouvoir en 2017 et annonce vouloir appliquer un programme économique libéral dont la loi « Travail » n’est qu’un très modeste avant-goût… Il va falloir faire avec la CGT, le message est clair.

La conclusion du conflit actuel risque d’influer sur les années futures. Si la loi « Travail » passe en l’état et si la CGT doit manger son chapeau, un gouvernement social-libéral aura donc facilité le lancement du programme libéral de la droite. Dans le cas contraire, il n’est pas sûr que la future majorité envisage de gaîté de cœur de se colleter avec ces syndicats moyenâgeux dès son arrivée au pouvoir, à moins de se relancer dans une nouvelle épreuve de force, peut-être cette fois-ci définitive !

La France continue à râler

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Un duopole de syndicats extrémistes CGT et Sud affiche depuis plusieurs semaines sa volonté de « tout bloquer ». Les voici à l’œuvre depuis quelques jours avec l’arrêt de raffineries de pétrole et le blocage de dépôts pétroliers. Petit à petit la France va s’arrêter. Sur son site internet ce diabolique duo appelle à signer une pétition contre le projet de loi « travail », bien entendu, mais aussi à :

La réduction du temps de travail à 32 heures par semaine, sans réduction de salaires, ni flexibilité, sans arnaque à la clef comme l’ont été dans de nombreux secteurs les « 35 heures-Aubry », voilà par exemple ce qu’il est urgent de mettre en avant pour contrer les dégradations des conditions de travail et imposer des créations d’emplois.

Plus c’est gros plus ça passe mais des citoyens-employés, du public ou du privé, obtempèrent à ces mots d’ordre d’un autre âge. C’est un combat des archéos-syndicalistes contre le pouvoir actuel qui essaye de moderniser la gauche avec beaucoup de maladresse et finalement assez peu d’efficacité. La CGT et SUD sont là, des gens votent pour eux et appliquent leur stratégie, on ne va pas les pousser dans la Seine alors il faut faire preuve d’intelligence pour les soumettre. On se souvient avec quelle rouerie F. Mitterrand a réduit le parti communiste français à peau de chagrin. Qui sera capable de renouveler l’exploit avec la CGT ? Il faudrait pour ce faire de l’intelligence politique et cette denrée se fait de plus en plus rare, hélas !

Une catastrophe constitutionnelle

On ne redira jamais assez les effets extrêmement négatifs sur la vie citoyenne de la République de la réforme constitutionnelle inique menée sous la présidence Chirac en 2000 et approuvée par congrès d’élus inconséquents : le passage de la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans.

Chirac fut un dirigeant sympatoche et peu efficace (le roi-fainéant disait son ministre Sarkozy) qui ne restera pas dans les annales, sinon pour avoir déclenché la plus grande poilade de Vème République en dissolvant l’assemblée nationale et en réussissant l’exploit de perdre les élections législatives qui s’en suivirent. Ce ne fut finalement pas si grave et le premier ministre Jospin put ainsi gouverner la France cinq années durant où il appliqua un peu de son rigorisme protestant qui finalement fit plutôt du bien.

Non, la vraie catastrophe fut le passage au quinquennat dont la France supportera les conséquences pour encore de longues années, à moins qu’un dirigeant clairvoyant et courageux prenne un jour l’initiative de rétablir ce septennat. Ce ne fut qu’un des innombrables retournements de veste chiraquien, mais ce fut certainement le plus nuisible. Il avait été manipulé à l’époque par Giscard dit d’Estaing qui avait lancé l’initiative de cette réforme, sans doute juste pour nuire à son ennemi de toujours. Plutôt que de se battre contre le quinquennat comme il l’avait fait depuis des décennies, le président céda et organisa un référendum histoire d’en tirer un piteux bénéfice. Approuvé par 73% des électeurs, Chirac empoche la gloriole de cet éphémère succès électoral et transforme la République en plateau télé où l’élection présidentielle devient l’émission préférée de télé-réalité qui ne s’arrête jamais, sauf peut-être durant les 12 mois qui suivent immédiatement l’élection. Ce fut une mauvaise action !

On sent avec encore plus de force aujourd’hui l’ampleur de ce désastre. Les petites combines de partis en préparation de primaires et les débats médiatiques oiseux occupent la place depuis déjà six mois alors que nous n’en sommes qu’à douze de l’élection elle-même. L’unique préoccupation de journalistes paresseux en quête de sensationnalisme à peu de frais est de questionner tous les candidats supposés sur leur volonté d’être… candidat. Plutôt que de lire les programmes politiques des impétrants pour les expliquer aux citoyens, ces journalistes de circonstance préfèrent jouer Mme. Soleil et harceler les élus qui se précipitent sur leurs plateaux avec des questions de caniveau obsessionnelles.

Les candidats putatifs eux sortent les couteaux maintenant dix-huit mois avant l’échéance pour commencer à s’écharper, d’autant que les partis traditionnels incapables de désigner leurs candidats organisent désormais des élections primaires ce qui avance encore le point de départ.

Le quinquennat : une réforme institutionnelle déplorable menée par des élus irresponsables qui ont confondu l’agitation avec la réflexion, la démagogie avec la politique, qui ont privilégié l’hystérie à l’intelligence pour masquer la défaite de leur pensée ! Une triste histoire.

Arno – 2016/05/20 – Paris Le Trianon

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Arno est de retour à Paris avec un nouveau disque Human Incognito, produit comme le dernier par John Parish, compagnon de route de PJ. Harvey. Vieux lion à la crinière blanchie dans les salles de rock et au hasard de ses illusions perdues, belge flamboyant (d’Ostende) parlant le langage du prolo sentimental en anglais, français comme en flamand, Arno nous revient avec sa gouaille et tout son cœur pour un album et un concert de choix.

On retrouve sur scène son talentueux et barbu guitariste habituel qui marque le coté rock du concert avec ses riffs hargneux mais aussi ses arpèges en mode mineur pour accompagner les morceaux nostalgiques dans lesquels Arno dévoile toute sa tendresse. Un bassiste, un batteur et un claviériste complètent l’équipe. Le light-show est tout en clair-obscur avec cinq gros projecteurs d’ambiance, suspendus et tournés vers l’assistance.

Arno, toujours vêtu de noir, comme à son habitude, nous dévoile ses sentiments à travers ses chansons aux textes souvent provocateurs, toujours délicieux. Parfois assis sur sa chaise il sort un harmonica. On le croirait sorti d’un bar à marins du port d’Ostende, dans une ambiance de cargos rouillés, de harengs fumés et de femmes de petite vie. De sa voix rocailleuse il sait nous émouvoir avec ses déclarations d’amour à la vie, à l’humanité, à ses femmes, et à sa mère avec ce bouleversant classique dédié à sa mère : Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ L’amour je trouve ça toujours/ Dans les yeux de ma mère.

Mais il sait aussi réveiller les foules avec ses accents de vieux punk et ses mots de hippie démodé, balançant son pied de micro d’une main à l’autre, hurlant comme si sa vie en dépendait, balançant de grands coups de cymbales. Le premier titre de son dernier disque se nomme : I’m just an old motherfucker… All to soon, smart too late/ Young too short stupid too long/ there time in life, you have to protest/ there time in love, you have to take a rest. Tout un programme !

Rugueux et tendre, le rocker flamand n’a rien perdu de son énergie et de son humour. Chroniqueur du temps qui passe, il jette un regard nostalgique sur une époque révolue et sur une humanité à la dérive. Entouré d’un vrai groupe de rock qui joue avec efficacité Arno représente une espèce d’OVNI dans le monde rock-variété francophone, une valeur sûre et originale.


Arno dans la collection « Histoires de… »

The Velvet Underground – New York Extravaganza

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Superbe exposition à la Philharmonie de Paris sur le Velvet Underground et son époque. Fin des années 60’ – début des 70’, entre guerre du Vietnam, assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King, lutte pour les droits civiques… une contre-culture underground se développe dans la ville de New York ravagée par la violence et la crasse. Avec une créativité fantastique Andy Warhol, Alan Ginsberg, Lou Reed et bien d’autres vont laisser libre court à leur inventivité et leurs sentiments qui s’exprimeront par diverses voies, dont celle de la musique pour le Velvet Underground. Il en résulte un mouvement puissant qui marquera à tout jamais l’histoire du rock et de la poésie contemporaine.

L’exposition retrace magnifiquement l’atmosphère de ce temps. Sur des murs tapissés de noir se succèdent des photos, des paperboards à feuilleter, des projections tressautantes de la ville, des vidéos du groupe ou de l’Exploding Plastic Inevitable de Warhol, un salon de musique où des matelas sont disposés sur le sol pour l’écoute d’un live et cette musique inclassable du Velvet, sombre, déchirante et métallique sur laquelle se place la voix chevrotante chantée-parlée de Lou. Des écrans un peu partout permettent de brancher son casque et d’écouter de la musique ou des délires politiques, artistiques et poétiques des acteurs de ce temps. On accède notamment à une vidéo du fameux concert de l’Olympia, fruit d’une éphémère reformation du groupe en 1993 où ses membres apparaissent plein d’énergie et en grande forme.

Lou Reed fut un musicien de légende, disparu en 2013, capable d’écrire Pale Blue Eyes, parmi les plus belles chansons d’amour jamais produites, comme Metal Music Machine, un délire répétitif de 90 minutes de guitares sans foi ni loi ni parole. Il fut l’âme du groupe et poursuivit une brillante carrière solo après la dissolution du Velvet. Aujourd’hui seuls survivent John Cale (qui donna un concert à la Philharmonie dans le cadre de l’exposition) et Moe Tucker, la batteuse « debout ».

Une exposition à voir absolument, et à revoir.

C’est parti pour 3 mois de vulgarité

Avec la majesté d’un secrétaire général de l’Elysée annonçant la composition d’un nouveau gouvernement français, on assiste ébahi au spectacle d’un entraîneur de l’équipe de France de fouteballe dévoilant les noms des guignols-pousseurs-de-baballe surpayés qui défendront les couleurs de la République dans une compétition internationale devant se dérouler un mois durant en France aux frais de ses contribuables.

La presse, ou celle qui se prétend telle, rivalise en émissions censées éclairer les téléspectateurs et les lecteurs sur les aspects stratégiques de ces désignations. Alors force consultants spécialistes du sujet occupent les plateaux télé et les rédactions pour ânonner sur ce non sujet, répétant jusqu’à la nausée les mêmes phrases vides de sens. Et ce n’est qu’un début… L’hexagone va être connecté sur cette compétition abrutissante un mois durant, et cela se passera chez nous. Comme si la France n’avait rien de mieux à faire ni à financer que des matchs de pousseurs-de-baballe !

Tout cela sera précédé par le tennis de Rolland Garros dans le XVIème et suivi par des jeux olympiques au Brésil. Bref, 2 à 3 mois de paralysie des neurones d’une partie de la planète. Dans cet océan de vulgarité et de futilité, la bonne nouvelle c’est qu’un pays comme la France capable de dépenser tant d’argent et d’énergie pour des compétitions de sport n’est pas un pays qui se porte économiquement si mal que ça. Culturellement c’est une autre histoire !

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BLAIN Marie-France, ‘Souvenirs d’une jeune parisienne – 1929 – 2012 parties I et II’.

Sortie : 2009 (Tome I) & 2014 (Tome II), Chez : 2009 (Tome I) & 2014 (Tome II)

C’est l’histoire d’une grand-mère originale et multicartes, née en 1929, qui a décidé d’écrire ses mémoires pour dire à ses nombreux petits-enfants ce que furent sa vie, sa (leur) famille et son époque. Le résultat est réjouissant, celui d’une femme qui a traversé son temps et sa condition avec une énergie jamais démentie, de nouveaux projets tous les matins, le souci de sa famille, de son entourage, mais aussi de l’Humanité comme le démontre son engagement sur le tard dans la psychologie où elle exercera les fonctions de conseillère conjugale des années durant.
Son parcours a traversé les ans, les drames (dont la deuxième guerre mondiale) et les bonheurs d’une famille qui est au centre de tout.

Issue d’une grande famille industrielle elle aurait pu rester enfermée dans ce carcan bourgeois mais sa curiosité et sa générosité l’ont poussée à regarder ailleurs. Il en résulte une vie au cœur de ce XXème siècle tournoyant et tragique que ses petits-enfants apprendront à connaître grâce à ce livre familial si réjouissant.

Elle fut aussi amie proche de la mère du chroniqueur qui a ainsi retrouvé des points de passage avec sa propre famille. Emouvant !

Travail et libéralisme

La loi « travail » est votée en force via l’article 49.3 de la constitution à l’assemblé nationale. Bien évidemment personne n’est content et tout le monde râle. Péripéties ordinaires de la vie politique française !

Plus intéressant, la France se droitise, comme le reste de l’Europe semble-t-il, s’apprête sans doute à mettre en place un pouvoir de droite dont les principaux candidats annoncent clairement leurs intentions de mettre fin aux « 35 heures », de revoir de fonds en comble  le code du travail, de passer l’âge de la retraite à 65 ans, de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune et de baisser la dépense publique de 100 à 150 milliards d’euros en cinq ans. Dans le même temps les sondages estiment que 70% des français sont opposés à cette loi « travail » qui n’est qu’un très modeste avant-goût de ce qui se prépare avec la politique libérale annoncée par l’opposition conservatrice.

Comme toujours, peu de gens comprennent exactement ce que représente une baisse des dépenses publiques de 150 milliards. Chacun s’imagine que cela touchera son voisin…

La tâche risque d’être rude pour le prochain pouvoir qui annonce une politique libérale qu’il n’a jamais réussi à mettre en œuvre lorsqu’il était aux commandes. Il faudra déployer des trésors de pédagogie et de fermeté pour appliquer ces mesures qui méritent d’être tentées pour la seule raison qu’elles ne l’ont jamais été. Il va nous falloir des surhommes au pouvoir !

The Dandy Warhols – 2016/05/10 – Paris le Trianon

The Dandy Warhols @ le Trianon, Paris, 10/05/2016

The Dandy Warhols à Paris : rien de nouveau sous le soleil du Trianon ce soir pour les cow-boys de l’Oregon, sinon un nouveau disque ‘Distorland’ ! Le quatuor états-unien adepte du rock garage fait maintenant figure d’institution. Ils traînent leurs bottes sur les scènes spécialisées du monde où ils réjouissent les initiés. Ce soir n’a pas dérogé aux bonnes habitudes l’assistance avec un mix bien choisis de leurs nouvelles compositions et des anciennes.

Zia est habillée d’un délicieux chemisier à pois qui masque ses tatouages et, avec ses cheveux longs, lui ferait donner le bon Dieu sans confession, ce qui n’est pas vraiment le genre de la maison… Ses trois acolytes sont à leur habitude chevelus et peu prolixes, déroulant leur musique un peu mystérieuse et si entraînante. Des guitares, des effets, des contre-jours et la voix de Courtney, une inspiration rock psychédélique de cordes et de sueur, il n’en faut pas plus pour enflammer le public parisien.

On se rappelle l’excellent film documentaire Dig (2004, à revoir) narrant les aventures croisées des Warhols et du Brian Jonestown Massacre dans les années 90’. Il y avait à l’époque beaucoup de violence et d’excès de toutes sortes dans ce rock expérimental-psycho, attisés par la concurrence artistique entre Courtey Taylor-Taylor et le toujours leader du Brian Jonestown : Anton Newcombe. Celui-ci continue sur sa lancée quand les Dandy Warhols ont sans doute un peu compromis avec leurs exigences premières, produisant une musique plus abordable et moins déstructurée, pour notre plus grand plaisir.

Setlist : Be-In/ Crack Cocaine Rager/ Get Off (listed as Shakin on setlist)/ Pope Reverend Jim/ STYGGO/ I Love You/ The Last High (Zia played bass)/ Plan A/ Search Party/ Every Day Should Be a Holiday (Courtney acoustic solo)/ The Grow Up Song (Courtney acoustic solo)/ Well They’re Gone/ Good Morning/ Baby, Come Back (The Equals cover)/ You Are Killing Me/ We Used to Be Friends/Solid/ Bohemian Like You/ Godless/ Pete International Airport / Boys Better / Zia Outroset
Warmup : Happyness

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Merci Patron

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Merci Patron : le film désopilant d’une sympathique manipulation consistant à faire payer 35 000 euros par un mastodonte de la bourse à un couple d’ouvriers du Nord, licencié depuis plusieurs années par ce groupe (LVMH) spécialisé dans les futilités du grand luxe. A la veille de se faire saisir leur maison, gentiment mené par le réalisateur François Ruffin, par ailleurs journaliste engagé à gauche à la tête du journal Fakir, le couple adresse une lettre à Bernard Arnault, pédégé dudit groupe pour lui réclamer 35 000 EUR lui permettant de désintéresser un créancier à hauteur de 30 000 EUR et 5 000 additionnels pour quelques achats de première nécessité. Sans réponse positive, des courriers seraient adressés à la presse pour expliquer la situation.

LVMH envoie alors un négociateur et lâche finalement les 35 000 EUR en échange d’un engagement de confidentialité des bénéficiaires. L’engagement ne sera évidemment pas tenu puisque toutes les séances de négociation sont filmées et font l’objet de ce film-récit qui connait un franc et inattendu succès dans les salles. Le groupe aura l’intelligence de ne pas réagir face à cette violation de l’accord de confidentialité ce qui aurait été encore pire pour sa réputation.

Le sujet est traité avec beaucoup de drôlerie malgré un engagement politique certain. La lettre à Bernard Arnault est accompagnée d’un paquet cadeau de spécialités du Nord dont un pâté à l’ail, le négociateur déploie ses meilleurs efforts pour faire populo lorsqu’il discutaille avec le couple, etc…

Cela entraîne évidemment un peu de simplisme dans la démonstration. Que LVMH et son pédégé soient plus voraces qu’une meute de grands requins blancs au milieu d’un banc de thons ne fait aucun doute, que les engagements pris par M. Arnault lors de la reprise du groupe Boussac avec de l’argent public n’aient pas été tenus, c’est hélas indéniable et ce fut le départ de sa réussite boursière, mais il n’est pas interdit de se poser la question sur ce qui serait advenu si le groupe Boussac n’avait pas été repris et avait été purement et simplement liquidé sans autre forme de procès. Personne ne connaît la réponse mais ne film en tout cas ne pose pas la question, c’est là sa limite.

Platini en Suisse et au Panama

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Platini, 60 ans, ex-footeux franchouillard recyclé dans la direction de l’Union européenne de fouteballe (UEFA) a été suspendu de toutes fonctions dans le monde de la baballe suite à une rémunération de 2 millions d’EUR perçue de la part de la fédération mondiale de fouteballe (FIFA) pour un job qu’il aurait effectué dix ans plus tôt et sans que l’on sache exactement de quoi il s’est agi. D’abord suspendu pour 90 jours, il est ensuite radié pour huit ans par un tribunal interne de l’organisation mondiale pour « abus de position, « gestion déloyale » et « conflit d’intérêt », peine ramenée à six ans en appel et il semble qu’une autre procédure d’appel soit toujours en cours. Du coup le garçon n’a pas pu se présenter à l’élection du chef de la FIFA, qui devrait s’en remettre.

Le plus désopilant dans cet psychodrame est que le nom de Platini est en plus sorti dans l’affaire dite des Panama papers. Il est ayant-droit d’une société crée dans ce paradis de la fraude fiscale. L’intéressé n’a pas contesté l’existence de cette société arguant simplement que, bien sûr, le dispositif était légal.

Platini, 60 ans, résident suisse et ayant droit d’une société panaméenne, se débat comme un beau diable pour faire croire qu’il est blanc comme neige. La tâche est rude. Le mieux pour lui et pour le monde des pousseurs de baballe (lui aussi impliqué dans nombre d’affaires mafieuses de détournements et de fraudes) serait qu’il se retire discrètement en espérant que le souvenir de ses buts de légende restent plus longtemps dans l’imaginaire footballistique que ses petits arrangements financiers et fiscaux.

Rémunérations et autres petites misères de pédégé (suite)

On en sait un peu plus sur la rémunération globale du pédégé de Renault qui est aussi dirigeant du groupe Nissan : en gros il perçoit sous différentes formes et à différentes échéances 7 plus 8 millions d’EUR, soit 15 millions d’EUR, pour sa prestation de 12 mois de travail de l’année 2015. Une partie de cette rémunération est sous forme de titres bloqués qui, lors de leur déblocage pourront valoir moins ou… plus.

Pierre Gattaz, chef du syndicat MEDEF des grandes entreprises françaises, l’homme qui affichait ce badge ridicule « 1 million d’emplois » sur son veston il y a quelques mois, a déclaré le 03/05/2016 sur une radio privée :

« Je n’ai pas de problème avec le montant mais un petit problème avec le fait que les actionnaires ont voté contre et que le conseil d’administration entérine quand même la rémunération. Je suis un peu gêné par la procédure qui consiste à s’asseoir sur l’avis des actionnaires. »

En réalité cette contestation de rémunérations démesurées de certains pédégés s’étend au-delà de la France et on a vu des situations similaires chez le pétrolier BP au Royaume-Uni, où le constructeur automobile Volkswagen en Allemagne.

La plus grande compétence de ces dirigeants est de faire croire au fait qu’ils sont irremplaçables et qu’il faut donc les payer en conséquence. Là est la grande escroquerie intellectuelle qui vient s’ajouter à l’escroquerie financière du niveau de leur rémunération démesurée. Ces gens sont interchangeables et il suffit de shooter sur un marronnier de l’avenue Marceau pour que tombent dix candidats d’égales compétences pour diriger un paquebot du CAC40 avec l’aide incontournable des communicants de service et des consultants en organisation de circonstance. Si l’on veut modérer les rémunérations de dirigeants il faudrait tout simplement faire jouer la libre concurrence si chère aux parangons de l’économie libérale.

Tout ceci n’a guère d’importance au niveau financier car le salaire du pédégé de Renault n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des 45 milliards d’EUR du chiffre d’affaires du groupe. Souhaitons que cela en est un jour aux plans politique ou moral. L’avenir le dira.

ATTALI Jacques, ‘Verbatim II 1986-1988’.

Sorti : 1995, Chez Fayart.

Le deuxième tome du verbatim de Jacques Attali lorsqu’il était conseiller proche de François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995 ; le récit couvre les deux années de la première cohabitation de 1986 à 1988. Jacques Chirac est le premier ministre et de plus candidat pour les élections présidentielles de mai 1988.

On y découvre les premiers pas d’une situation institutionnelle encore jamais vue en France, celle d’une majorité parlementaire en opposition avec la couleur politique du président. Le RPR mené par M. Chirac prend le pouvoir dans les ministères avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Ils seront gentiment dominés et manipulés par un Mitterrand revigoré par cette adversité, et qui l’emportera à l’élection présidentielle de 1988 où il battra très largement son premier ministre.

Attali raconte au jour le jour les petites bassesses et les grandes options qui animent cette période politique novatrice de la République qui finalement ne fut pas aussi négative que l’on pouvait le craindre. 10 ans plus tard, Chirac s’illustrera à son tour, mais avec moins de subtilité, comme président d’une République en cohabitation avec Jospin premier ministre. Mitterrand disait : « l’alternance est l’oxygène de la démocratie, mais un excès d’oxygène peut parfois provoquer un malaise. »

1986-1988 est aussi la période des négociations entre l’Occident et l’Union soviétique sur les euromissiles. Gorbatchev tente de faite bouger une URSS à bout de souffle alors que Reagan lance les Etats-Unis d’Amérique dans la « guerre des étoiles » qui aura finalement raison du soviétisme pour une fin provisoire de l’Histoire d’un siècle qui fut terrible.

Attali est de tous ces combats dont il note les petites et les grandes étapes pour nous les restituer de façon passionnante. On retrouve l’esprit des chroniques de Kissinger lorsqu’il fut à la Maison Blanche puis eu département d’Etat. Il est utile que ces conseillers divulguent les vrais ressorts du pouvoir, ou tout du moins l’idée qu’ils s’en font. C’est un éclairage passionant sur notre époque.

Stigmatisons les tics verbaux compulsifs

« Stigmatiser » est le verbe à la mode employé à tort et à travers dans un environnement où tout le monde aime à se plaindre de tout et surtout désigner l’autre comme le responsable de ses malheurs. Alors on aime à évoquer la stigmatisation des jeunes, des musulmans, des réfugiés, de la gauche, de la droite, etc…

Le dictionnaire Larousse définit le terme comme :

Dénoncer, critiquer publiquement quelqu’un ou un acte que l’on juge moralement condamnable ou répréhensible : Stigmatiser les responsables de la mauvaise gestion économique.

Les politiques et les intellectuelles s’accusent à tout bout de champ les uns les autres de stigmatiser les autres et les uns. Comme l’analyse et la réflexion sont devenus des concepts sortant peu à peu du champ médiatique, dès qu’un projet de réforme (ou de réformette) est mis sur la table ceux qui n’en sont pas à l’origine l’accuse de stigmatiser. Tout changement se faisant forcément au détriment des avantages acquis de certains, l’accusation de stigmatisation peut être sortie du chapeau à tout moment, et on ne s’en prive pas.