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Lobbies contre efficatité économique

Avec constance la presse à sensation assène ses jugements à l’emporte-pièce sur la politique, aussi vides de réflexion que remplis d’approximations, les hebdomadaires affichent des titres vengeurs et racoleurs, les tweets crétins de la classe politique déclassent leurs auteurs. Il s’agit d’appliquer sur l’électeur-consommateur les mêmes recettes commerciales qui permettent de vendre des barils de lessive à Mme. Michu : répéter en boucle des messages simplistes, en quelques signes seulement, dont l’essentiel n’est pas tant le contenu que la répétition obsessionnelle : « le gouvernement n’a pas de cap » ou « la droite a augmenté la dette publique de 600 milliards pendant son quinquennat », etc. etc.

Les donneurs de leçons n’hésitent devant aucune contradiction, accusant pêle-mêle le pouvoir en place de céder à tous les groupes de pressions (bonnets rouges, pigeons, poussins, Leonarda, etc.) et de ne pas écouter les revendications du peuple (impôts, rythmes scolaires, etc.). C’en est risible d’absence de réflexion et de populisme.

En fait la France est difficilement gouvernable du fait du jeu des corporatismes, des intérêts particuliers, des copinages et des lobbies ; bref, du fait de la perte totale de sens de l’intérêt général. Chaque fois qu’un gouvernement a essayé un grand soir des réformes il a du s’incliner devant la colère du peuple et renoncer à ses projets : l’école publique en 1984, la réforme des retraites en 1995, le contrat premier emploi (CPE) en 2006…
La gestion budgétaire à l’anglo-saxonne fait rêver certains économistes. Aux Etats-Unis : coupes automatiques des dépenses publiques édictées par la Loi, fermeture de pans entiers de l’administration fédérale pour non-accord parlementaire sur le niveau de la dette ; au Royaume-Uni : licenciement de centaines de milliers de fonctionnaires depuis 2008. Le déficit public français lui se réduit lentement du fait d’un mix d’augmentation des recettes et de baisses des dépenses. La conséquence est que le retour à la croissance en France est plus lent qu’ailleurs, comme le choc de la crise a été plus amorti que chez nos voisins.

Les méthodes énergiques n’ont pas cours en France et nous en sommes tous responsables. Le gouvernement actuel (comme les précédents) a pris acte de cette inertie et procède par petites touches. Il a a priori renoncé à une grande réforme fiscale, pourtant nécessaire, mais qui fera forcément des gagnants et… des perdants. La capacité de nuisance des futurs perdants fait reculer.

Quand on voit que le lobby du cinéma a réussi en septembre dernier à faire renoncer le gouvernement à l’augmentation du taux de TVA sur les billets qui auraient fait augmenter le prix de 20 ou 30 centimes, on prend conscience de l’ampleur des blocages sociétaux de notre pauvre nation. Et on ne parle même pas du lobby des taxis parisiens et de bien d’autres. Ni même de la réforme des niches fiscales que tout le monde appelle de ses vœux du moment que l’on commence… par la niche du voisin !

La vraie question est de savoir comment l’Etat doit affronter les lobbies. Faut-il faire dans la pédagogie ou la brutalité ?

L’écotaxe ou la défaite de la classe politique

Le dossier de l’écotaxe est édifiant de la paralysie de la société française et de l’indigence intellectuelle de sa classe politique. Cette taxe écologique destinée à pénaliser la circulation routière des marchandises au profit des moyens de transport moins polluants avait été élaborée lors du soit-dit Grenelle de l’environnement mené sous le quinquennat Sarkozy sous l’aimable inspiration d’un ministre de l’écologie nommé Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie. Elle fut votée en 2009 par la droite et par la gauche et malgré l’opposition des écologistes qui ne la trouvaient pas assez contraignantes.

Aujourd’hui, quatre années plus tard, et dans le contexte politique et fiscal que nous connaissons : la gauche suspend cette taxe, la droite attaque la taxe et la gauche, et les écologistes qui avaient voté contre en 2009 sont les seuls à la défendre. La palme de la faux-jettonerie revenant de loin, de très très loin, à Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie, père moral de la taxe qui maintenant lui trouve tous les défauts. C’est « courage, fuyons » !
Cerise sur le gâteau : le recouvrement de cette taxe avait été privatisé via un contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) signé par la ministre de l’écologie NKM ayant succédé à Borloo-ex-avocat-d’affaires-de-Bernard-Tapie et actuelle candidate à la mairie de Paris. Ce contrat est maintenant qualifié de sulfureux et tous ceux qui l’ont approché de près ou de loin sont menacés d’implication dans une affaire financière.

Les bretons qui bénéficiaient quant à eux d’une niche fiscale dans ce dossier avec une réduction de la taxe, sont ceux par qui cette Bérézina politico-financière est arrivée, et en attendant des jours meilleurs ils continuent de casser et de brûler les portiques qui étaient destinés à mesurer les kilomètres parcourus par les camions à taxer. La société privée qui était chargée de ces mesures et du recouvrement (celle du contrat sulfureux) aurait déjà dépensé 800 millions d’euros qu’il faudra bien lui payer un jour ou l’autre si elle ne peut pas déduire ces charges de la taxe recouvrée pour le compte de l’Etat.

Il n’y a pas un élu qui n’a pas retourné sa veste dans cette affaire, renié sa signature ou piétiné ses engagements. Il est difficile de faire plus faux-cul dans toute l’histoire de la Vème République.

Faux-jettonerie et finance islamique

Le Royaume-Uni émet un emprunt public respectant la loi islamique, c’est-à-dire sans taux d’intérêt formel, mais rémunérant le prêteur sous une forme équivalente. Tout ceci relève un peu de la faux-jetonnerie mais qu’importe, la finance islamique gère une partie des fonds pétrolier alors autant arriver à y accéder.

S’il n’y a pas de taux d’intérêt, au moins les trader-fraudeurs ne pourront pas les manipuler. Faisons confiance à leur inventivité pour s’adapter rapidement à ce nouveau contexte.

L’actualité des banques

Et cela continue : la Rabobank une petite banque coopérative des Pays Bas, en principe tranquille et gérant l’épargne des bons pères de famille, est condamnée à payer une amende de 774 millions d’euros pour avoir manipulé le LIBOR.

Deutsche Bank de son coté fait passer ses provisions pour risque juridique à 4 milliards d’euros suite à ses multi-implications dans diverses fraudes bancaires, dont la plus grosse de toute qui est sans doute en train de sortir, celle d’une manipulation sur les marchés des devises.

Ces amendes financières sont opportunes, il faudrait sans doute maintenant pénaliser de tels errements ou alors, comme en Allemagne, rendre les dirigeants bancaires responsables sur leurs propres biens, sans parler bien entendu des politiques qui ont couvert ou participé à ces gigantesques fraudes. A cet égard, l’incroyable affaire Dexia dont le coût est retombé sur les contribuables belges et français est édifiante puisque qu’aucune responsabilité n’a vraiment été mise en cause.

Fiscalité et fouteballe

Le gouvernement repasse le plat de sa taxe à 75% sur les salaires de plus d’1 million d’euros par an qui avait été rejetée une première fois par le conseil constitutionnel. Cette nouvelle version verrait les employeurs qui rémunèrent des employés plus d’un million d’euros par an être redevables d’une taxe de 75% sur le surplus dépassant le million.

Un tel impôt, annoncé comme temporaire, sera économiquement inefficace mais il est symbolique. Si le parlement le vote, à moins d’envoyer la légion sauter sur le palais Bourbon, il sera applicable. On peut d’ailleurs faire confiance aux entreprises concernées pour élaborer des schémas d’optimisation fiscale qui leur permettront d’y échapper.

Oui mais les clubs de fouteballe se rebellent. Ils font évidemment partie des entreprises qui rémunèrent des collaborateurs plus d’un million d’euros par an et sont en train de crier sur les toits que cette taxe va marquer la fin du fouteballe professionnel de qualité en France, du coup ils prononcent une grève des matchs lors d’une journée de novembre et doivent rencontrer le président de la République sur cet épineux sujet.

Tout ceci serait assez croquignolet s’il n’existait pas un risque certain que la démagogie ne l’emporte et que le fouteballe ne soit exonéré. Certes cette taxe est inopportune mais si elle ne venait à s’appliquer qu’aux entreprises productives et non aux clubs de fouteballe surpayant des pousseurs de baballe ce serait le comble de l’injustice et du ridicule.

En attendant les footeux professionnels font la grève :

  • Effet sur la croissance économique : nul
  • Effet sur l’inversion de la courbe de l’abrutissement des masses : maximum

Les sinusoïdes de la connerie

Les chiffres du chômage de septembre croissent de 60 000 individus après avoir baissé de 50 000 en août. On sait qu’en août cette baisse inattendue était aussi le fait d’un bug qui avait bloqué les SMS de rappel adressés aux chômeurs pour leur annoncer la fin de leurs droits et leur conseiller de se réinscrire. Bien.

En principe compte tenu de cet évènement, n’importe quel gamin ayant son certificat d’études aurait compris que les chiffres du mois d’août et de septembre étaient faussés, pris individuellement et qu’il convenait simplement de faire la moyenne des deux mois pour avoir une idée de la réalité, soit +60 000 – 50 000 = 10 000 divisé par deux, faisant ainsi une croissance de 5 000 par mois. Je pense même qu’en primaire on doit être capable de comprendre cette petite opération mathématique et qu’il n’est sans doute pas nécessaire d’avoir atteint le certificat d’études pour maîtriser la complexité de cet algorithme…

Hélas, hélas, nos élus brillamment diplômés n’en sont pas là. Alors en voulant commenter ces chiffres ils ont dit des conneries en août, en redisent en septembre. Si l’on pouvait faire la moyenne des conneries assénées par les politiques capables de dire tout et son contraire, on pourrait avoir un résultat reposant !

Spéculation sur la dette publique de Detroit

La ville de Detroit aux Etats-Unis d’Amérique pourrait être déclarée en faillite dans les prochains jours. Des fonds vautours spéculent sur la dette colossale de la ville en rachetant à vil prix, à des porteurs inquiets, les obligations émises par Detroit au cours des années. Chacun fait un pari sur l’avenir, c’est le jeu de la spéculation, dommage qu’il s’applique également sur des biens publics.

L’actualité des banques

La banque JP Morgan Chase a réglé une amende d’un petit milliard de dollars ces dernières semaines après avoir reconnu son incompétence pour ne pas s’être aperçue qu’un de ses traders-fraudeurs avait pris des engagements tellement gigantesques et inopportuns qu’elle en a essuyé une perte de 6 milliards de dollars.

JP Morgan Chase serait maintenant en train de négocier une nouvelle amende d’une dizaine de milliards de dollars pour sa culpabilité dans l’une des plus grosses escroqueries financières de l’histoire de l’Humanité : la crise dite des subprimes. L’accumulation de ces pertes ou provisions pour pertes futures a fini par mettre la banque en déficit. Elle annonce en effet une perte trimestrielle de 400 millions. Le patron se veut rassurant et déclare :

“While we had strong underlying performance across the businesses, unfortunately, the quarter was marred by large legal expense. We continuously evaluate our legal reserves, but in this highly charged and unpredictable environment, with escalating demands and penalties from multiple government agencies, we thought it was prudent to significantly strengthen them. While we expect our litigation costs should abate and normalize over time, they may continue to be volatile over the next several quarters.”

Le plus stupéfiant dans cette affaire est que ces amendes et pertes qui se chiffrent en milliards de dollars ne mettent la banque en perte que de 400 millions sur un trimestre… Cela en dit long sur la disproportion existant entre les profits réalisés sur ces opérations et les risques légaux pris pour les réaliser !

Rassurons-nous, sur l’année 2013 entière la banque restera largement profitable.

La difficulté des économies

Impayable : alors que Coppé-aux-dents-longues, chef mal élu de l’UMP, édifiait le peuple hier soir à la télévision en expliquant comment la République devait faire des économies, au même moment les conseillers généraux de droite quittaient l’ADF (assemblée des départements de France) pour dénoncer « la mort des départements » ainsi que « l’asphyxie financière des conseils généraux ». L’ADF est un machin financé par des cotisations payées par les départements, donc par les impôts locaux (les contribubales locaux).

Cette bronca des départements de droite est provoquée par la sortie du projet de loi de Finances pour 2014 (PLF – 293 pages) qui intègre à ce stade une baisse de 1,5 milliard d’EUR du financement des contribuables nationaux affecté aux collectivités locales :

« Après une stabilisation en 2013, les concours financiers de l’État seront réduits en valeur de 1,5 Md€ en 2014. Cette baisse sera imputée sur la dotation globale de fonctionnement (DGF) et répartie entre les collectivités au prorata de leurs recettes totales, conformément aux préconisations du Comité des finances locales, soit – 840 M€ pour le bloc communal (56 %), – 476 M€ pour les départements (32 %) et – 184 M€ pour les régions (12 %). »

Cette baisse affichée dans le PLF est assortie de diverses compensations pour en atténuer les effets, notamment la mise en place d’un fonds de soutien à doter de 100 millions d’EUR par an par le contribuable national pour payer les coûts gigantesques dus à l’incompétence des dirigeants de certaines collectivités, très bien partagées entre droite et gauche, qui ont signé des accords de crédits « structurés » avec des banquiers félons leur ayant fourgué des prêt assimilables à de l’escroquerie, notamment assortis d’un taux d’intérêt variable en fonction de l’évolution de la parité de certaines devises étrangères. Il conviendrait sans doute d’ajouter un petit financement pour apprendre à lire aux dirigeants de ces collectivités afin qu’ils lisent puis comprennent ce qu’ils signent !

La baisse de 1,5 milliard d’EUR représente « 0,69% des ressources réelles de fonctionnement des collectivités territoriales en 2012 », elle est qualifiée de soutenable dans le PLF.

Après le vote des sénateurs qui avec une sympathique unanimité droite-gauche se sont autoexclus de l’application de la loi sur le non cumul des mandats, il reste encore du chemin à faire pour que cette masse d’élus reprenne un peu conscience du sens de l’intérêt général. Grandeur et décadence de nos démocraties ayant délaissé la pensée au profit des sondages et du marketing !

Les banques allemandes

Le gouvernement allemand se prépare à légiférer qui permettrait de punir pénalement de peines de prison les banquiers ayant fait prendre des risques excessifs à leurs établissements. Ce n’est pas bête mais difficile à mettre en œuvre pour qualifier ce qui est excessif ou non.

Christian Jacob fait la mauvaise tête

Une statistique inattendue marque une baisse significative du chômage sur le mois d’août. Personne ne l’avait anticipé, ni les économistes de plateaux télévisés, ni les journalistes mondains, mais autant s’en réjouir car cela risque de ne pas durer…

Le gouvernement est extrêmement prudent, craignant une erreur de calcul. L’opposition, mal lunée comme d’habitude, s’exprime par la voix du chefaillon UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob-avec-sa-tête-de-maquignon-mal-dégrossi, et explique que si jamais par le plus grand des hasards ces chiffres étaient vrais ils ne révéleraient que l’augmentation des emplois publics aidés donc non productifs, précaires, provisoires et générateurs de dette de l’Etat. Bref, le garçon cache sa joie…

Tout ceci est évidemment en partie vrai, mais notre maquignon-mal-dégrossi comme à son habitude ne fait pas dans la nuance. Il oublie bien entendu de mettre en balance les dizaines de milliards d’euros d’exonération de charges déversées sur les entreprises privées depuis des décennies, qui sont également générateurs de précarité et d’endettement, mais qui, l’un dans l’autre, ont permis de créer des emplois.

Depuis l’émergence de la situation de stagnation économique en France avec les crises pétrolières des années 70’s la puissance publique, et donc le contribuable, distribue des milliards d’euros en subventions, exonérations de charges, niches fiscales… à l’économie, privée comme publique.

Les emplois aidés comme les entreprises exonérées sont des cautères sur jambes de bois mais que serait l’économie française sans ? Tout ceci relève d’un compromis boiteux entre l’Etat, les entreprises et les citoyens contribuables et consommateurs. Dans un cas comme dans l’autre on transfère sur le citoyen les charges que ne peuvent ou ne veulent pas prendre les entreprises. La solution alternative c’est un grand soir ultra-libéral qui supprimerait toute subvention et exonération en laissant partir à la casse les entreprises non auto-suffisantes. Il n’est pas dit qu’il ne faudra pas en venir là un jour, mais pour l’instant ce n’est pas le mandat que les électeurs ont confié à leurs dirigeants élus.

Impôts versus aïe-phones

Le Monde a publié hier une intéressante étude comparative sur l’impôt sur le revenu (IR) des différentes catégories socio-professionnelles, payé ou à payer, en 2012, 2013 et 2014.

Pour en extraire quelques exemples quantitatifs, on y voit par exemple :

Variation en EUR d’une année sur l’autre Variance 2013/2012 Variance 2014/2013
Ménage marié au salaire médian, marié 0 enfant (20 345 EUR, 40 690 EUR pour 1 couple) +100 +18
Ménage marié au salaire médian, marié 3 enfants (20 345 EUR, 40 690 EUR pour 1 couple) +18 +42
Ménage marié cadre, marié 0 enfant (39 310 EUR, 78 620 EUR pour 1 couple) +410 +83
Ménage marié cadre, marié 3 enfant (39 310 EUR, 78 620 EUR pour 1 couple) +191 +100
Ménage marié cadre dirigeant, marié 0 enfant (93 300 EUR, 116 645 EUR pour 1 couple) +614 +162
Ménage marié cadre dirigeant, marié 3 enfants (93 300 EUR, 116 645 EUR pour 1 couple) +1 958 +2 223

Evidemment ce n’est pas agréable de payer plus d’impôt. Evidemment les augmentations d’IR s’ajoutent à celles d’autres impôts, locaux notamment. Evidemment la catégorie des plus gros salaires est ciblée. Il serait plus agréable de ne pas avoir à payer ces hausses d’impôts elles-mêmes générées par la hausse des dépenses de la République, dont celles dues au sauvetage de la France après la catastrophe financière déclenchée en 2008 par les forbans de la finance.

Pour donner un élément de comparaison avec ces hausses d’impôt, rappelons que le denier modèle d’aïe-phone coûte dans les 650 EUR et il s’en vend plusieurs millions en France chaque année.

Les citoyens payent l’impôt

Un certain nombre de ménages vont désormais être éligibles à l’impôt sur les revenus (IR) 2012 et donc payer de l’IR en 2013. Les tranches du barème de l’IR qui n’avaient pas été réévaluées de l’inflation en 2011 par un gouvernement de droite n’ont pas plus été réévaluées de l’inflation en 2012 par un gouvernement de gauche.

De ce fait certains ménages qui ont vu leurs revenus augmenter se retrouvent taxables, même si ces revenus n’ont augmenté que du niveau de l’inflation. Il faut quand même noter que ces nouveaux taxés ont bien vu leurs revenus avant impôt augmenter, c’est déjà une bonne nouvelle. Evidemment, ceux dont l’augmentation de revenus est modeste peuvent se la voir confisquer et plus par l’arrivée de l’impôt. Dans certains cas le revenu net en 2012 peut effectivement devenir inférieur à celui de l’année précédente. Dans d’autres cas, même primo-taxés, les ménages en question verront leurs revenus nets augmenter, même après l’impôt. Ce n’est jamais agréable de devoir payer un impôt qu’on ne payait pas auparavant, comme toute nouvelle dépense imposée, elle et douloureuse.

Le problème de fond réside bien sûr dans le système fiscal français que personne n’arrive à réformer et dans lequel la moitié des ménages ne paye pas d’IR. La fusion de cet impôt et de la CSG était envisagée par le candidat Hollande, elle aurait accru la base taxable, ce qui est juste, et limité ces effets de seuil. Cette réforme est a priori repoussée aux calendes grecques, hélas. Il est vrai que ce type de méga-réforme ne peut se mener qu’en période où l’économie se porte bien, ce que la France n’a jamais réussi à faire, soumise comme elle est à la puissance néfaste des lobbies et à la perte complète de sens de l’intérêt général. Grandeur et décadence de la démocratie participative !

Démesure

Stephen Elop est un bon garçon canadien qui est pédégé de Nokia, une boîte de téléphone mobile finlandaise qui vient d’être rachetée par Microsoft pour 5,4 milliards d’euros. Ce bon garçon qui va maintenant être employé de Microsoft va toucher plus de quatre ans de salaire pour prix de sa fidélité, une prime de motivation car il semble en manquer, et différentes babioles, le tout se montant à près de 19 millions d’euros, si bien entendu les actionnaires de Nokia confirme la cession.

Ce bon garçon va pouvoir se consoler de ses deux dernières années à la tête de Nokia durant lesquelles ses actions éclairées n’ont pas empêché la boîte de voir sa valeur boursière diminuer d’un tiers, ni d’accumuler 5 milliards d’euros de pertes. Dans ces conditions, certains se demandent si payer 19 millions d’euros pour une telle vedette est un bon investissement ?

Défaillance des banques commerciales

La banque centrale américaine vient d’annoncer aux marchés financiers que finalement elle continuera à suppléer les défaillances des banques commerciales en déversant des tombereaux de liquidités dans les circuits de l’économie, pour suivant ainsi l’élaboration des bulles financières de demain qui ne manqueront pas d’éclater sur la tête de nos enfants.

Les trader-fraudeurs balancent

JP Morgan Chase, banque américaine conquérante, accepte de payer une amende de 920 millions d’USD pour incompétence, ou plus exactement pour avoir failli dans la surveillance des opérations menées par ses traders qui ont tenté de dissimuler des pertes massives.

Un des trader-fraudeurs de cet établissement avait accumulé des positions spéculatives sur des instruments financiers dérivés allant jusqu’à plus de 150 milliards d’USD. Le marché s’étant retourné, ces positions ont dû être liquidées, générant 6 milliards d’USD de perte pour la banque.

Toujours en avance d’une trahison, le trader-fraudeur responsable a accepté de coopérer avec la justice américaine contre son impunité. Ses collaborateurs ont donc été arrêtés (ils n’ont pas couché contre leur impunité) et son employeur condamné à payer les 920 millions, en plus de sa perte de 6 milliards.

Une avancée multilatérale

Le dernier G20 à Saint-Pétersbourg en Russie a affiché une relative unité pour lutter contre la fraude fiscale internationale. C’est bien et démontre qu’avec un peu de volonté politique on arrive tout de même à faire bouger quelques lignes. C’est d’ailleurs surtout face aux pressions de l’administration américaine sur les paradis fiscaux, y compris européens comme la Suisse, le Luxembourg et quelques iles britanniques, que les choses ont bougé et surtout que les institutions financières receleuses de fraude fiscale ont accepté de commencer à demander des informations sur la régularité des fonds qu’elles gèrent depuis des décennies. Les banques ayant bâti leurs fonds de commerce sur le blanchiment d’argent échappant aux fiscs nationaux ont été menacées de ne plus pouvoir commercer aux Etats-Unis.

Les Etats occidentaux ont réalisé l’ampleur des bases fiscales leur échappant du fait de la fraude, et leurs opinions publiques également. Il va désormais être plus compliqué pour les fraudeurs de délocaliser leur épargne, pas impossible mais plus compliqué car il faudra aller vers des pays plus exotiques que la Suisse.

D’ailleurs l’UBS vient d’adresser une requête à ses clients français non-résidents leur demandant de justifier la conformité de leurs avoirs à l’UBS avec les règles fiscales de leurs pays d’origine, et ceci sous forme d’actes officiels (via notaire ou expert-comptable). Si non-justification, les comptes seront fermés.

Rappelons que l’UBS-France et certains de ses dirigeants ou ex-dirigeants sont mis en examen en France pour complicité de démarchage illicite.

Pour une fois qu’un forum multilatéral fait avancer un sujet fiscal, il faut s’en féliciter.

Budget de la République et lobbies privés

Les taux de TVA doivent augmenter au 1er janvier prochain et déjà les lobbies en tous genres s’agitent en tous sens pour essayer de ne pas ne pas se voir appliquer la Loi. On se souvient de l’intervention corporatiste de Raffarin en 2011 qui s’était opposé au rétablissement pour l’entrée des parcs d’attraction du taux de TVA normal au lieu du taux intermédiaire. Il avait obtenu gain de cause et les contribuables payant le taux normal ont donc continué à subventionner les clients desdits parcs.

En 2013, rien de neuf sous le soleil, le budget de la République est toujours en déficit et il faut trouver des ressources nouvelles. Cette fois-ci, le taux intermédiaire de TVA doit passer de 7 à 10% et il s’applique, notamment, sur les tickets d’entrée dans les musées, les zoos et au cinéma. Une augmentation du taux de TVA de 3% sur une place de cinéma actuellement de 10 EUR TTC ferait passer celle-ci à 10,28 EUR. A priori les lobbies concernés ont réussi à obtenir que ces activités relèvent désormais du taux super-réduit de 5%, le prix de la place devrait baisser à 9,81 EUR.

Rassurons-nous également, la Corse garde son taux de TVA spécifique et celui-ci augmentera de 8 à 10%. Gageons que le peuple corse qui s’y connait en lobbying doit déjà déployer les derniers efforts pour essayer de se défiler également de cette nouvelle TVA.

On est mal parti pour l’équilibre budgétaire…

Les investisseurs de Panurge

Les grands pays émergents que sont l’Inde, le Brésil, la Russie, notamment, voient leur croissance s’essouffler et la valeur de leur monnaies s’effondrer. Les soi-disant analystes financiers et autres chroniqueurs économiques mondains ont immédiatement rendu responsable la banque centrale américaine qui n’a fait qu’annoncer très prudemment qu’elle allait sans doute commencer à envisager de peut-être très légèrement refermer le robinet des liquidités prêtées aux banques à un taux proche de 0 pour suppléer aux défaillances de ces établissements qui ne savent plus faire leur travail de financement de l’économie.

Une partie de ces liquidités étant inemployable aux Etats-Unis comme en Europe, pas assez d’emplois pour trop de ressources, lesdites banques avaient recyclé ces fonds dans des investissements dans les pays émergents susceptibles d’offrir, d’après les prévisionnistes de plateaux télévisés, une croissance durable et forte. Devant les annonces américaines, et avec leur habituel panurgisme, les investisseurs retirent leurs billes des pays émergents pour les rapatrier à la maison et du coup, les balances des paiements de ces pays se déséquilibrent et les monnaies trinquent.
En réalité, les modèles économiques de ces pays commençaient déjà à déraper et suivre les chemins périlleux des pays occidentaux : dépenses improductives, Etat providence et redistribution, le tout financé par de la dette. C’est un cheminement sans doute inévitable pour tout pays qui se développe. En tout cas, il n’y a jamais eu de contre-exemple dans l’Histoire économique.

Alors, la fuite sans doute provisoire des investisseurs de Panurge n’est probablement pas l’élément déclencheur de l’ajustement monétaire en cours chez les émergents.

Fibustiers versus incompétents

Inextricable : les collectivités locales incompétentes qui se sont fait fourguer des emprunts « toxiques » par les flibustiers de Dexia se tournent vers les tribunaux pour faire baisse les taux d’intérêt usuraires qu’elles ont pourtant acceptés. Ainsi faisant, Dexia étant en liquidation et ses dettes reprises par la République, le tribunal fait ainsi passer la charge de ces intérêts du contribuable local au contribuable national.