Un match de fouteballe France-Turquie

Les hasards du calendrier fouteballistique ajoutés à l’incongruité d’avoir inclus un pays asiatique dans une compétition européenne font qu’un match France-Turquie a lieu ce soir au Stade de France dans le cadre du championnat d’Europe de fouteballe. Compte tenu de l’humeur actuelle va-t-en-guerre de la Turquie qui vient d’envahir le nord de la Syrie, le ministre français des Affaires étrangères vient d’annoncer qu’il n’assistera pas à ce match.

Voilà au moins un effet collatéral positif des évènements actuels, un ministre français évitera d’aller perdre son temps dans une compétition sportive sans intérêt et pourra ainsi passer plus de temps sur ses vrais dossiers.

Incompétence et hystérie de la presse

Impayable : hier soir la police de Glasgow annonce avoir arrêté un homme qui pourrait être Xavier Dupont de Ligonnès qui est soupçonné du meurtre de sa femme et de leurs quatre enfants à Nantes et qui a disparu de la circulation depuis 10 ans. On a retrouvé les corps des cinq premiers mais jamais le sien, laissant supposer toutes sortes d’hypothèses pour ce qui le concerne. La presse et ses acteurs qui adorent ce genre d’histoires ont produit depuis nombre d’articles, de livres et de documentaires retraçant ce que l’on sait des meurtres et ce que l’on imagine de la fuite de celui qui en est le principal accusé.

Alors quand la nouvelle de l’arrestation possible de celui qui est soupçonné d’avoir commis cette tuerie est rendue publique, les radios et télévisions d’information continue se jettent sur l’affaire comme un nuage de crickets sur un champ de sorgho. Les ridicules logo « Edition spéciale » fleurissent comme des fleurs sur un tas de fumier et leurs soirées sont consacrées à répéter en boucle ce qu’ils ne savent pas. Tous et toutes s’y mettent avec un enthousiasme désarmant.

Les empreintes digitales de la personne seraient comparables avec celles de l’accusé alors on s’en lèche les babines sur les plateaux médias où sont convoqués avec concupiscence tous les soi-disant experts de cette affaire criminelle mystérieuse. Une équipe de police française serait en route vers l’Ecosse pour réaliser des tests ADN. En attendant les envoyés spéciaux des chaînes font le pied de grue devant l’aéroport de Glasgow à répéter qu’ils ne peuvent pas en dire plus à ce stade. Tous les journaux parus ce matin ont titré sur cette arrestation.

Las, les tests ADN réalisés ce matin ont montré que la personne arrêtée n’est pas le soupçonné. Elle est donc relâchée à Glasgow sans autre forme de procès. Depuis ce soir ce sont encore des « éditions spéciales » à tous les étages pour répondre à la question existentielle « Affaire Ligonnès : y-a-t-il eu défaillance [de la police] ? ». On croit rêver ! Les journalistes font tout de même, du bout des lèvres, amende honorable mais cherchent maintenant les coupables de leur déroute en dehors de leur profession.

En réalité, pour douloureuse que soit cette affaire criminelle pour les familles qui y sont impliquées, elle n’est qu’un fait divers qui ne justifie en rien tout ce tapage médiatique, que l’on ait ou pas retrouvé le principal accusé. Au mieux cela peut générer trois lignes d’information en dernière page de l’édition du journal une fois le fait établi. Mais non ! Des journalistes de circonstance, unanimes, ont fait leurs choux gras d’une rumeur de caniveau sans aucun intérêt, montrant le peu de cas qu’ils font de leur mission de vérification et d’analyse de l’information qu’ils diffusent, décrédibilisant encore un peu plus leur profession. Au moins auraient-ils pu employer un peu plus le conditionnel, mais ce doit être une conjugaison que l’on n’enseigne plus dans les écoles de journalisme. Pas plus que la hiérarchie de l’information d’ailleurs, comme s’il n’y avait rien de plus approprié à publier hier soir et ce matin qu’une rumeur de commissariat de police concernant un obscur dérangé du 22 long rifle alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que l’économie mondiale ralentit, que le parlement français traite de la loi bioéthique et de l’immigration, etc. ?

Ainsi va la presse de nos jours : hystérie, précipitation et incompétence. Tous les risques se justifient pour un scoop de caniveau.

Bonnes nouvelles sur le front de la décolonisation

En application des accords de Nouméa, un second référendum sur l’indépendance sera organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend que le mouvement corse indépendantiste Corsica Libera, dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet, par ailleurs président de l’assemblée territoriale corse et Rock Wamytan, président du congrès calédonien, ont signé à… Paris, une « convention de partenariat ». Celle-ci régente des relations de coopération entre les deux institutions sans manquer de rappeler la notion de « peuple » et des références à « la reconnaissance du droit à l’autodétermination des nations sans-Etat » ou « la préservation de nos terres au profit des intérêts de nos peuples ».

Cette coopération est annonciatrice d’avancées en faveur de l’indépendance de ces îles. Il n’est pas impossible que le second référendum calédonien permette d’aboutir à la décolonisation de cette terre comme le suggère régulièrement l’assemblée générale des Nations Unies et comme le promeut son comité spécial de la décolonisation. Espérons que Nouméa glissera progressivement vers une indépendance apaisée montrant ainsi le chemin à la Corse et aux autres confettis de l’empire.

Sniff…

Le chroniqueur-investisseur liquide ses valeurs Natixis avec une moins-value de 85%. Une fois séchées ses larmes, il se souvient que Natixis fut l’un des plus grands scandales financiers de la Vème République ! On y vit une bagarre d’égos qui voulurent transformer l’alliance capitalistique des caisses d’épargne et des banques populaires en une banque d’affaires, tout ceci pour satisfaire leurs besoins de standing et leurs ambitions démesurées. Laissés à eux-mêmes par un contrôle défaillant de leurs actionnaires, ils ont livré à la spéculation forcenée l’épargne populaire déposée par Mme. Michu à la caisse d’épargne ou à la banque populaire. Des dirigeants de rencontre sont alors tombés à partir de 2006 dans tous les pièges tendus aux incompétents ambitieux : les subprimes, les rehausseurs de crédit, les pyramides de Ponzi vendues par les Madoff et autres escrocs, les traders-fraudeurs, etc. En 2008, la crise financière mondiale révèle ces dérives et la banque n’évite la faillite que grâce au soutien des contribuables. Son cours en bourse s’est effondré depuis longtemps et les mauvais investisseurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer !

Cette banque dirigée par des forbans et contrôlée par des incompétents aurait du normalement être laissée en faillite et les responsables de ce désastre orientés vers la case prison. Il n’en fut rien : la République décida de sauver la banque et nombre de ses dirigeants furent révoqués avec de très confortables indemnités. Depuis Natixis continue d’exister en tant que banque d’investissement, sans doute mieux gérée qu’auparavant. La moins-value financière constatée par les investisseurs de la première heure est à la hauteur de l’incompétence de ceux qui l’ont amené à l’un des gros scandales financiers de notre temps et sans que personne n’ait vraiment endossé la responsabilité de l’escroquerie.

Un nouvel attentat religieux à Paris : 5 morts dont le terroriste

Un citoyen français, converti à l’Islam, travaillant à la préfecture de Paris, a tué quatre de ses collègues à coups de couteau dans les locaux mêmes de la préfecture ce jeudi 3 octobre. Il a ensuite été abattu par un gardien de la paix. L’administration française de la police est ébranlée de découvrir qu’un terroriste ait pu prospérer au cœur même d’un de ses lieux de pouvoir emblématiques. Les commentateurs de circonstance et élus de l’opposition s’égosillent sur les plateaux médias en appelant à la démission du ministre de l’intérieur, en déplorant le « laxisme du pouvoir qui ne protège pas les français » et bla-bla-bla… Les journalistes en rajoutent comme à leur habitude en produisant des sondages de pacotille interrogeant Mme. Michu pour savoir si elle a confiance ou pas dans ses dirigeants pour la protéger.

Au-delà de cette agitation médiatique désormais rituelle, hélas, force est de constater une nouvelle fois que le mal terroriste religieux est niché au cœur de la société française et qu’aucune couche n’y échappe. Aujourd’hui c’est donc un service de police spécialisé dans la lutte anti-terrorisme qui est atteint en son sein par… un terroriste. C’est une version différente mais tout aussi pernicieuse des agents doubles du temps de la guerre froide. Le combat sera sans fin !

Chirac, très bon client

Charlie-Hebdo – 02/10/2019

La presse satyrique, représentée par Charlie Hebdo et la Canard Enchaîné, a adoré Jacques Chirac tout au long des 40 années de sa carrière politique et jusqu’à sa mort la semaine dernière. Ses changements de pied et retournement de vestes, les trahisons diverses dont il fut la victime, les affaires judicaires dans lesquelles il fut impliqué (il a été condamné dans le dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris), sa capacité à boire des bières et serrer des paluches, son immobilisme politique quand il fut au pouvoir, son ambition féroce et inépuisable quand il n’y était pas, son côté populo, sa femme l’ineffable Bernadette, etc. en ont fait un vrai bonheur pour les dessinateurs et chroniqueurs de cette presse.

Dans les numéros sortis aujourd’hui ils lui rendent donc l’hommage qu’il a bien mérité avec des pages spéciales consacrées à ce (très) bon client qui va leur manquer !

C’est un peu trop

Jacques Chirac, politicien français longue durée, ancien président de la République, est mort cette semaine à 86 ans. Il était sévèrement malade depuis plusieurs années et sa fin avait déjà été annoncée prématurément en 2016 par l’ineffable Christine Boutin :

Tweet du 21/09/2016

Comme à chaque disparition d’un président de la République, la France entière se recueille devant le souvenir d’un de ceux qui l’a dirigée. Les chaînes de médias d’information affichent leurs logos « édition spéciale » et glosent jusqu’à l’écœurement sur les grands moments et la petite histoire du disparu. Mme. Michu pleurniche devant les caméras, oubliant qu’elle a voté Mitterrand en 1981. Les stades de fouteballe respectent une minute de silence. La mise en scène est de rigueur. Ce sont les règles de la communication de masse.

En l’occurrence le coté simple de Chirac est loué par tous, sa maladie neurodégénérative ainsi que le handicap de sa fille qui s’est suicidée il y a quelques années emportent l’affection des citoyens, même ceux qui se sont opposés à lui. Quelques convictions rivées à l’âme, d’autres beaucoup plus mouvantes, ont marqué une carrière politique qui aura plus brillé par sa longueur que par son brio. L’heure est au recueillement et à la nostalgie. On dirait que les français apprécient ces évènements morbides pour se réunir. En tout cas c’est aussi un passage obligé pour le président en titre de prononcer un hommage télévisé en l’honneur d’un de ses prédécesseurs décédés. Chirac lui-même avait marqué les esprits en 1996 par son beau discours à l’occasion de la mort de François Mitterrand. Macron s’est acquitté de cette tâche, plutôt bien, jeudi dernier.

En vérité, Jacques Chirac fut un garçon sympatoche, un politicien madré, un homme du XXème siècle, auteur de certaines fulgurances en politique internationale (les guerres en ex-Yougoslavie ou en Irak, l’écologie) et de beaucoup d’immobilisme dans le domaine national. Ce légitime hommage unanime sur sa personnalité est de circonstance, l’heure du bilan politique viendra plus tard. Il se dit que Chirac préférait les vins d’honneur au Café du commerce aux cérémonies officielles sous les dorures des palais de la République. Là où il se trouve, il pense peut-être que la France en fait un peu trop…

Notons qu’à cette heure Christine Boutin n’a pas twitté sur cette disparition mais s’est contentée de retwitter une annonce du site https://twitter.com/InfosFrancaises.

Le système des retraites selon la CGT

Philippe Martinez, chef du syndicat CGT explique ce matin sur France Culture sa vision du système de retraites que l’on peut résumer ainsi :

  • Rejet total du projet actuel de réforme proposée par le pouvoir en place établissant, notamment, une retraite universelle dite « à points » et la suppression des régime spéciaux.
  • Elargissement des domaines d’application des « régimes spéciaux » plus favorables que le régime général.
  • Retour à la retraite à 60 ans pour tous, sauf ceux qui bénéficient déjà d’un âge de départ inférieur à 60 ans et qui doivent le conserver.
  • Que les opposants aux régimes spéciaux viennent se lever tous les jours à 3 heures du matin pour conduire un bus à Saint-Denis et on les réinterrogera ensuite sur ce qu’ils pensent de ces traitements plus favorables.
  • Et pour le financement : instauration d’une taxe de 50% sur les dividendes versés aux capitalistes du CAC40 et l’on pourra même financer au-delà des régimes de retraite.

Tout est dit ! Il suffit maintenant de trouver une majorité de parlementaires pour voter pour une réforme allant dans le sens de ces propositions. Si on ne peut rassembler une telle majorité, eh-bien c’est une autre réforme qui sera votée. Ainsi va la démocratie.

Le Grenelle des tics verbaux

On ne dit plus une « réunion sur les violences conjugales » mais le « Grenelle sur les violences conjugales ».

Le terme « Grenelle » fait référence à la réunion qui eut lieu au ministère du travail rue de Grenelle à Paris en 1968 entre les syndicats ouvriers et patronats, et le gouvernement pour mettre fin aux émeutes de cette année 1968. Désormais, chaque fois qu’un grand raout politico-social est organisé on parle de « Grenelle de ceci ou de cela » : le Grenelle de l’environnement en 2007, le Grenelle des violences conjugales cette année, etc.

Cela pose son homme de se référer à Grenelle. Cela fait sans doute aussi plus cultivé ! C’est le propre du tic verbal de remplacer un mot par un autre véritable rationnel que « c’est plus joli ».

Les corses veulent exproprier les « étrangers »

Sur son site web www.corsicalibera.com le mouvement indépendantiste corse Corsica Libera dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet revient sur son vieux projet de créer un statut de résident local qui réserverait l’accès à la propriété auxdits résidents. Une décision en ce sens a été prise par l’assemblée de Corse en 2014. Bien qu’évidemment inconstitutionnelle cette volonté locale est maintenant assortie d’une menace de procédures d’expropriation contre tous les acquéreurs « étrangers à la Corse » depuis le 24/04/2014, date de l’adoption de cette mesure.

Si jamais ces expropriations étaient légalement possibles, ce que l’on a tout de même du mal à imaginer, il faudrait garantir la réciprocité aux « résidents » corses en leur imposant les mêmes restrictions sur le territoire continental. Une fois encore, un peuple qui a élu une majorité de ses représentants votant ce genre de brûlots séparatistes mérite vraiment son indépendance.

Depuis des années, les acheteurs étrangers à la Corse font augmenter fortement les prix de l’immobilier et, ce faisant, empêchent les Corses, d’origine et d’adoption, d’acheter une maison ou un morceau de terrain dans leur village ou dans leur quartier.

C’est la raison pour laquelle l’Assemblée de Corse, sur la proposition des élus indépendantistes, a voté en 2014 une délibération relative au statut de résident.

Cette délibération n’a pas été, pour l’heure, validée par Paris, et elle n’a pas encore été introduite dans le droit positif. Toutefois, Corsica Libera, à l’origine de cette démarche, tient à affirmer que pour elle, cette délibération de l’Assemblée de Corse a toute sa légitimité politique. C’est pourquoi, les élus indépendantistes continueront, dans les mois et les années à venir, à se battre pour obtenir le respect du fait démocratique et l’application du statut de résident à partir de la date de délibération de l’Assemblée de Corse, soit le 24 avril 2014.

Aussi, Corsica Libera tient à informer les candidats-acheteurs étrangers à la Corse qu’ils s’apprêtent à la fois à faire une mauvaise action (en empêchant de jeunes Corses de devenir propriétaires dans leur pays) et une mauvaise affaire (en risquant fort d’être expropriés dans quelques années).

Il nous a semblé responsable et honnête de leur donner largement cette information, au moment où de nombreuses agences immobilières étrangères conseillent – notamment sur internet – d’effectuer un achat immobilier en Corse.

En fait, un bien mauvais conseil pour un bien mauvais investissement.

Il y a seulement 5 ans, la plupart des observateurs estimaient que ce statut de résident ne serait jamais demandé officiellement par les institutions corses « légales ». Pourtant, le 24 avril 2014, l’Assemblée de Corse l’a fait à travers un vote acquis à une large majorité. Observons que ce vote a eu lieu avant même la victoire électorale des nationalistes et que c’est une majorité de gauche « traditionnelle » qui l’a permis.

En décembre 2015, une liste d’union entre les autonomistes et les indépendantistes remportait les élections. Les indépendantistes participent pleinement à présent au gouvernement de la Corse et un indépendantiste préside l’Assemblée de Corse.

Aussi, la mise en œuvre des orientations politiques défendues par les indépendantistes sera très probablement à l’ordre du jour dans les mois et les années qui viennent.

Afin que chacun sache à quoi s’en tenir, nous tenons à apporter les précisions suivantes.

Certes, sur le plan juridique, le statut de résident (5 ans de résidence à titre permanent dans l’île pour pouvoir acheter un bien immobilier, sauf pour les Corses de la diaspora) ne s’applique pas à l’heure actuelle.

Mais nous tenons à dire que pour notre part, nous considérons que la décision de l’Assemblée de Corse est parfaitement légitime politiquement. Aussi, ceux qui ont acquis depuis ce vote un bien immobilier dans l’île ou ceux qui comptent le faire dans les temps à venir, violent délibérément la volonté exprimée démocratiquement par les institutions corses.

Nous tenons donc à prévenir les candidats acheteurs que nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d’expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes physiques ou morales ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l’Assemblée de Corse.

Nous demandons à l’ensemble des professionnels intervenant dans le secteur de l’immobilier (notaires et agents immobiliers, notamment) d’informer les candidats acheteurs non résidents du caractère extrêmement risqué de l’acquisition projetée, et ce conformément à leur devoir de conseil.

Quant à nous, nous prévenons solennellement les acheteurs étrangers à la Corse: n’écoutez pas ceux qui vous disent que l’acquisition est sûre en l’état du cadre légal actuel. Car compte tenu des évolutions politiques enregistrées en Corse ces dernières années, il est probable que ce cadre juridique sera considérablement modifié dans les mois et les années à venir. Pour notre part, nous ferons tout pour remettre en question l’ensemble des acquisitions postérieures au 24 avril 2014.

Rappelons pour finir que cet avertissement n’émane pas d’un mouvement politique d’opposition mais de l’une des deux composantes de l’actuelle majorité corse.

www.corsicalibera.com

La mère des réformes pour les retraites

Après plus d’une année de travail un « haut-commissaire à la réforme des retraites » a présenté un rapport en ce sens au premier ministre. Le document de 132 pages est assez facilement compréhensible par ceux qui prennent la peine de le lire et qui sont plutôt rares si l’on en juge par les réflexions et questions assénées au Café du commerce et sur les plateaux télévisés.

Le rapport prend acte que le système des retraites français date de 1945 et qu’il est nécessaire de le faire évoluer pour s’adapter à notre société du XXIème siècle. Il s’agit en gros de maintenir un système par répartition (les actifs payent pour les retraités) et qui tend à l’universel c’est-à-dire un système unique où chacun accumule des points durant sa vie active et se les voit restituer sous forme de rente lors de sa retraite. La valeur du point est la même pour tous. Les plus de 40 systèmes existant de retraites spécifiques devraient donc être fusionnés dans un seul avec des conditions de solidarité particulières pour la prise en compte des carrières différentes.

La rente versée à la retraite sera fonction du nombre de points acquis et… de la valeur de celui-ci. Alors évidement comme lors de toute réforme, il y aura des gagnants et des perdants. Ceux qui ont à perdre s’agitent et ceux qui vont gagner sont silencieux. C’est à qui défendra le mieux les intérêts particuliers de certains, l’intérêt général étant allègrement passé aux oubliettes. Les syndicats opposés et les journalistes mobilisent leurs troupes et s’égosillent en questionnant : « mais comment sera fixé la valeur du point ? Celle-ci peut-elle baisser ? ». Il suffit de lire le rapport, la réponse est claire :

La détermination de l’évolution des retraites. Si la règle de revalorisation par défaut sera l’inflation, le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une règle pluriannuelle de revalorisation des retraites. Le cas échéant, cette modalité d’évolution permettra, compte tenu des prévisions économiques réalisées, d’ajuster la revalorisation des retraites à la situation du pays, sans dépendre trop fortement des évolutions conjoncturelles du cycle économique.

La détermination de la revalorisation de la valeur du point. Si la règle de revalorisation par défaut tiendra compte de l’évolution du revenu moyen par tête (RMPT), le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une autre règle de revalorisation, au regard d’une analyse pluriannuelle de la situation du système.

La détermination de l’évolution de l’âge du taux plein par génération. Si la règle par défaut consistera à s’assurer que les éventuels gains d’espérance de vie soient partagés à 2/3 pour l’allongement de la durée de vie en activité et à 1/3 pour l’allongement de la durée de vie en retraite, le Conseil d’administration pourra proposer de moduler cet âge par génération. Pour ce faire, il tiendra compte des évolutions de gains d’espérance de vie constatées au sein de la population française.

Tout est dit, le point évoluera comme l’inflation sauf… lorsqu’il évoluera différemment. Il pourra effectivement baisser ou augmenter en fonction de l’équilibre financier à long terme du système. C’est déjà le cas aujourd’hui où l’on joue à chaque réforme (tous les 4 ou 5 ans) sur les paramètres habituels : âge légal de départ, durée de cotisation et revalorisation (ou gel) des rentes. La proposition sur la table est de faire la même chose de façon plus transparente. Nous verrons ce que sera la loi finale mais les grands principes du rapport vont dans le bon sens.

Indiscipline, reniement et nombrilisme

C’est l’histoire des trois candidats à la candidature à la mairie de Paris sous la bannière du parti au pouvoir La République en Marche (LREM) avant l’été. Tous ont juré amour, soutien et fidélité à celui d’entre eux qui serait désigné vainqueur de cette élection primaire. Evidemment, ni une ni deux, l’un des perdants vient d’annoncer qu’il maintenait sa candidature contre vents et marées. Il y a donc deux candidats pour la même élection municipale issus du même parti, ce qui n’est pas un gage de succès dans les règles électorales de la Vème République ! On peut imaginer qu’un des deux va se retirer, si ce n’est pour le deuxième tour, sinon avant le premier, pour éviter un naufrage de LREM, mais on reste étonnés devant un tel manque à la parole donnée, qui plus est en public.

Ainsi va notre époque, ce que l’on a pu dire ou signer ne compte guère trois jours après. L’honneur est remplacé par la félonie, comment imaginer que de telles pratiques menées sous les ors de la République inspirent autre chose dans les familles, les banlieues ou au bistrot ?

Malgré tout, après trois mandats socialistes successifs à la tête de la mairie de Paris, il est probable que les électeurs parisiens voudront voter pour un peu d’alternance. C’est ce qui risque de sauver LREM malgré les comportements infamants de ses membres qui prétendent aux fonctions les plus hautes. Triste époque.

Des dirigeants de rencontre qui jouent avec leurs institutions

L’Italie était dirigée jusqu’à ces jours derniers par une improbable alliance entre l’extrême droite et un parti populiste. Le ministre de l’intérieur (issu des rangs extrême-droite) passant plus te temps sur Twitter et Facebook qu’à son bureau claironnait partout en permanence que l’étranger était responsable de tous les malheurs de l’Italie : les immigrés bien entendu mais aussi l’Europe supranationale qui empêchait ce beau pays de se développer comme il le voulait !

Aucun de ces deux courants n’ayant une majorité suffisante pour gouverner seul, ils conclurent une alliance qui n’aura duré qu’un peu plus d’une année. Le ministre de l’intérieur dont le poids politique en faisait un premier ministre bis a rompu l’alliance, voulant ainsi forcer une élection parlementaire anticipée qu’il pensait pouvoir gagner et ainsi être mis en position de gouverner seul.

Il n’y a finalement pas eu besoin d’organiser d’élection car le parti populiste a pu passer une alliance avec un parti centriste et aboutir à un nouvel accord de gouvernement. L’aboyeur d’extrême droite s’est ainsi retrouvé le bec dans l’eau et sorti du gouvernement. Il n’est pas dit qu’il n’y reviendra pas si cette nouvelle et fragile alliance échoue encore, mais il est au moins mis sur le bas-côté pour quelques temps. C’est la vieille histoire de l’arroseur arrosé !

Elle montre que, souvent, quand des dirigeants ambitieux pour eux-mêmes veulent jouer avec les institutions de nos vieilles démocraties, ils ne sont pas toujours gagnants. La solidité éprouvée de celles-ci est parfois la plus forte. On se souvient à ce sujet de l’incroyable dissolution de l’assemblée nationale à laquelle Jacques Chirac a procédé en 1997 et qui s’est terminée par… cinq années de gouvernement socialiste, période plutôt heureuse de la vie politique et économique dont finalement, et c’est le comble, Chirac fut crédité.

Des dirigeants sérieux et responsables vont au bout des mandats qui leur sont confiés par leurs électeurs. Ce ne fut pas le cas de Chirac en France, de Salvini en Italie ou de Netanyahou en Israël, ex-premier ministre qui se retrouve actuellement minoritaire après avoir provoqué des élections anticipées dans ce pays et va devoir sans doute composer avec des partis encore plus différents du sien que ceux avec lesquels il n’a pas su s’entendre.

Dans ces cas, les institutions ont été les plus fortes mais combien de temps le resteront-elles devant les coups de boutoir de dirigeants de rencontre plus préoccupés par leurs carrières que par l’intérêt général et le respect de leurs engagements ?

La situation britannique devient risible

Après l’échec assumée par l’ancienne première ministre britannique de conclure un accord de brexit modéré, son successeur est en train d’échouer à obtenir un brexit dur, c’est-à-dire sans accord avec l’Union européenne sur les conditions du divorce. Ce qui est inattendu dans cette affaire est que le blocage relève en fait du parlement : les députés votent « Non » à tous et ne proposent rien en contrepartie. Ils ne veulent pas de sortie sans accord, ils n’ont pas voulu de l’accord proposé et ils veulent empêcher l’actuel premier ministre de mener sa barque seul car celui-ci a promis de réaliser ce fameux brexit au plus tard au 31 octobre coûte que coûte !

Aucun parti au parlement ne veut compromettre, personne ne lâche le morceau, chacun est persuadé de son bon droit et tout ceci produit une irresponsabilité collective à laquelle la démocratie britannique ne nous avait pas habitués. Après avoir essayé sans succès la méthode douce il n’est pas illégitime de passer à un processus plus énergique puisqu’il faudra bien que le Royaume Uni quitte l’Europe qu’il n’a d’ailleurs jamais vraiment intégrée. Alors que le nouveau premier ministre claironne qu’il réalisera cette évacuation avec ou sans accord est plutôt logique. Pourquoi diable des députés immobiles, effrayés par l’inconnu, paniqués par leurs ombres, inconscients de leur inertie, voudraient l’en empêcher. Tout le monde a peur, sauf Boris Johnson le ministre premier tonitruant. Il va bien falloir y arriver pourtant.

Pour le moment la situation est de nouveau bloquée : un dirigeant bouffon est empêché par des parlementaires incompétents d’appliquer une décision populaire, acquise après une campagne de Café du commerce, et dont personne n’est capable d’anticiper les conséquences, grandioses ou dévastatrices. On est à la limite du coup d’Etat constitutionnel : va-t-il oser ?

C’était écrit…

Un prochain projet de loi sur la bioéthique devrait élargir, s’il est voté en l’état, la procréation médicalement assistée (PMA) au-delà de la cible actuelle ainsi décrite sur un site web de l’administration :

L’AMP s’adresse aux couples hétérosexuels (mariés, pacsés ou en concubinage) en âge de procréer et qui se trouvent dans l’une des situations suivantes :

– Le couple ou l’un des membres présente une stérilité (ou infertilité) pathologique médicalement constatée (bilan d’infertilité).

– L’un des membres du couple est porteur d’une maladie grave, susceptible d’être transmise au conjoint ou à l’enfant.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31462

Toutes les femmes seraient maintenant éligibles à la PMA, qu’elles soient en couple (hétéro ou homosexuelles) ou célibataires. Le régime précédent présidé par François Hollande a fait légaliser le mariage homosexuel et avait promis l’étape suivante de la PMA mais avait procrastiné, occupé par d’autres fronts de lutte. Le pouvoir actuel va réaliser la promesse du précédent, la PMA ne serait plus un traitement contre la stérilité des couples hétérosexuels mais un outil pour procréer par des voies non naturelles.

Malgré les dénégations des uns et des autres, à l’époque comme aujourd’hui, il était écrit qu’une fois le mariage homosexuel accordé la PMA suivrait et on peut prédire sans trop de risques de se tromper que la gestation pour autrui (GPA) sera l’étape suivante. La GPA pourrait « résoudre l’inégalité » qui apparaîtra après l’adoption de la PMA entre les couples homosexuels femmes et hommes. Ainsi va le changement des mœurs en Occident, le train est lancé !

Remboursement homéopathique

Une nouvelle polémique est déclenchée à la suite de l’annonce du déremboursement progressif de l’homéopathie par l’assurance santé pour manque d’efficacité de ces produits et, surtout, parce que la sécurité sociale a des dépenses supérieures aux cotisations qu’elle perçoit et qu’il est nécessaire d’essayer de réduire le déficit conséquent. Comme il faut bien commencer par quelque chose et que l’hypothèse d’une augmentation des cotisations ne serait pas vraiment très populaire, le parlement a voté en faveur d’une proposition de l’administration pour cesser de rembourser ces produits dont le service rendu est jugé peu significatif, voire inexistant, par la majorité du corps médical.

Bien entendu cela déclenche un hourvari de plaintes et lamentations en tous genres comme l’extrait de cette pétition (www.change.org) permet de le mesurer :

Les professionnels d’arrière gardent défendent surtout leur pré-carré. Ils estiment que ces nouvelles méthodes de soins, détournent les patients de la médecine conventionnelle au risque de retarder des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques « dans la prise en charge de pathologies lourdes. C’est oublier un peu vite que l’homéopathie est délivrée par leurs confrères. Quelques 5000 médecins homéopathes exercent en France.

www.change.org

Chacun y va de son cas particulier pour contester une décision prise, en principe, en faveur de l’intérêt général. On peut penser que quitte à dérembourser, peut-être vaut-il mieux commencer par l’homéopathie que par l’oncologie. L’avenir dira si le niveau de santé de la population française s’est dégradé à la suite de cette mesure. Si tel était le cas il serait toujours temps de rétablir ce remboursement et de le financer en augmentant les cotisations ou par déremboursement d’autres.

Les industriels qui fabriquent ces produits annoncent des « menaces sur l’emploi » et des fermetures d’usine. Mme. Michu se plaint de ne plus pouvoir faire financer son homéopathie par la communauté des cotisants et tout le monde se lamente sur le déficit de la sécurité sociale. Bref, comme d’habitude personne n’est content et tous auraient aimé, bien sûr, que rien ne change ou qu’en tout cas les « avantages acquis » ne puissent évoluer que dans le sens de l’augmentation et non point celui de la baisse.

Les produits d’homéopathie seront toujours disponibles en pharmacie, au besoin importés, simplement ils ne seront plus remboursés à leurs consommateurs par les cotisants. Sans doute le déremboursement marquera un petit trou d’air dans la consommation puis celle-ci repartira s’il y a véritablement un besoin. L’accès aux médicaments remboursés non-homéopathique restera inchangé.

Eric et Jean-Baptiste

Jean-Baptiste Drouet fut le maître de poste près de Varennes en 1791 qui reconnut le roi Louis XVI et sa famille en fuite et fit son possible pour les faire arrêter, avec succès. On sait comment cela se termina.

Eric Drouet est chauffeur routier et l’un des animateurs principaux des émeutes qui ont agité la France tous les samedis entre novembre 2017 et juin 2018. Il s’est rendu célèbre en appelant à « marcher » vers l’Elysée et y « entrer ». Il a commis d’autres déclarations tonitruantes, parfois délirantes.

Jusqu’ici le Drouet du XXIème siècle a été moins efficace que celui du XVIIIème.

Nadine s’en donne à cœur joie !

Nadine Morano, élue député européen le mois dernier sur la liste électorale de Les Républicains s’en donne à cœur joue sur son compte Twitter :

Elle a été élue, elle représente la France au parlement européen, on a les dirigeants que nous méritons ! Elle a le droit de ne pas aimer le fait qu’une sénégalaise naturalisée française soit devenue porte-parole du gouvernement français, elle a même le droit de l’exprimer avec un langage de poissonnière sous réserve que cela ne tombe pas sous le coup de la loi contre le racisme.

En revanche si le parti Les Républicains s’interroge sur les raisons de sa baisse de résultats électoraux, il peut peut-être se poser des questions sur le choix qu’il a fait de positionner Nadine Morano en position éligible sur sa liste aux dernières élections parlementaires européennes ! Si ces propos de poissonnière sont certainement appréciés de nombre d’électeurs de droite conservatrice, il n’est sans doute pas le discours fédérateur et visionnaire susceptible de rassembler le « peuple de droite » vers un avenir radieux. On est au cœur de la beaufitudisation de la société, menée ici par le parti politique lointain successeur de celui créé par le Général de Gaulle.

C’est le choix du parti d’avoir promu ce type de personnages (comme Brice Hortefeux qui a également été élu sur la même liste). Il y avait sans doute des dettes à payer à ces bons soldats de la droite qui ont été de tous ses combats, sauf celui des idées. L’avenir dira s’il fut bon ou pas.

Abrutissement et communautarisme sportifs

A la suite de la victoire de leur équipe de fouteballe dans une compétition internationale de baballe des supporters se répandent dans Paris, bloquent le périphérique, détruisent et pillent des magasins de moto sur l’avenue de la Grande Armée. Cela devient désormais un rituel, pour exister il faut casser quelque chose chez le voisin, le piller au passage lorsque cela se présente. L’intérêt particulier des uns n’est considéré comme comblé que si celui de la majorité des autres est dévasté. C’est devenu un mode de fonctionnement dans la République.

Elément de contexte, la compétition de foute en question est une coupe d’Afrique, l’équipe fêtée est celle d’Algérie et c’est là que les choses s’enveniment. Première (bonne) nouvelle : un supporter de l’équipe d’Algérie est une personne ni plus ni moins navrante que son alter-ego de l’équipe de France, un être décérébré dont la joie ou la peine ne peuvent s’exprimer qu’au détriment de son prochain. Deuxième nouvelle (moins bonne) : le syndrome franco-algérien toujours présent aggrave les effets de l’incivisme. Les supporters hooligans se drapent dans… des drapeaux algériens ce qui a tendance à provoquer un léger agacement chez une partie de la population, sans parler des partis politiques conservateurs. Ces comportements communautaires sont à tout le moins maladroits, chaque drapeau algérien agité provoque à coup sûr des votes supplémentaires en faveur de l’extrême droite et de ses messages simplistes.

Du bon sens et de la modération devraient amener ces supporters à un peu plus de discrétion, peut-être en déployant un peu moins de drapeaux algériens ? Ces qualités sont, hélas, assez peu partagées dans le monde de la baballe, la relation franco-algérienne à fleur de peau fait le reste en jetant du sel sur des plaies jamais complètement cicatrisées de la guerre coloniale qui a opposé ces deux pays. Les descendants de ces combattants qui ont vaincu leur puissance coloniale se croient beaucoup permis dans ladite puissance qui, le plus souvent, a octroyé sa nationalité à leurs parents. Et c’est là toute l’ambiguïté de la relation entre ces deux nations : des millions de français d’origine algérienne vivent dans le pays qui a asservi leurs ancêtres. Il y a pour certains la volonté plus ou moins consciente d’une revanche à prendre, d’une dette à faire payer, même après tout ce temps passé. La génération qui a fait et vécu cette guerre est en train de s’éteindre doucement des deux côtés ; gageons qu’une fois complètement disparue les tensions diminueront peu à peu. Les gouvernements algérien et français ne réussissent toujours pas à partager une relation politique apaisée, les prises de bec sont fréquentes, souvent sur des détails de protocole, même si la coopération sur le fond est excellente. Comment imaginer alors qu’il puisse en être autrement pour les citoyens ?

Une partie significative de la population française a des origines au Sud de la Méditerranée alors chaque évènement dans ces pays riverains d’Afrique du Nord, heureux ou malheureux, a des répercussions dans l’hexagone. L’enthousiasme méditerranéen ajoute l’exubérance et l’excès que l’on voit dans les rues ces jours-ci. Une génération plus tôt, la réconciliation franco-allemande s’est faite sur un mode plus froid, propre aux pays du Nord. Elle ne s’est pas traduite non plus par l’émigration significative d’une population vers le pays de l’autre. Après la dernière guerre chacun a repris son développement de son côté, mené par deux dirigeants visionnaires : le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer. Peut-être l’Algérie et la France ont-elles manqué de visionnaires ces dernières décennies ?

Indécent !

Après des années de battage médiatique et judiciaire sur un sujet qui nécessiterait plutôt réflexion et discrétion, « l’affaire Vincent Lambert » arrive à son terme. Cet homme maintenu en état végétatif à l’hôpital depuis plus de dix ans, à la suite d’un accident de la circulation, va bientôt mourir dans le cadre de la procédure collégiale de fin de vie prévue par la Loi de la République. Ce drame a été outrageusement médiatisé par une famille incapable de s’entendre en son sein sur une démarche commune, les uns (ses parents), pour des motifs religieux, voulant le maintenir en vie assistée, les autres (menés par sa femme), désirant mettre fin à l’assistance, le corps médical concluant que l’on se trouvait au stade de « l’obstination déraisonnable » et qu’il fallait maintenant accompagner sa fin de vie.

Le principal intéressé n’ayant pas rédigé ses dernières volontés, la famille s’est écharpée devant la justice et dans les médias, souvent de façon indécente. On a même entendu une partie avancer des métaphores footballistiques de très mauvais goût (la « remontada ») lors d’un des énièmes rebondissements judiciaires. Durant ces dix années de combat, personne n’a voulu céder, les uns assis sur la certitude de leur dogme religieux, les autres sur ce qu’ils croyaient savoir de la volonté non formellement exprimée de Vincent Lambert. Mais nous sommes dans un pays de droit et la justice a parlé en fonction de la Loi et non des convictions religieuses de certains, quelles qu’elles soient. Les parents religieux viennent d’ailleurs d’annoncer qu’ils renonçaient à mener de nouvelles actions judiciaires, la possibilité de celles-ci étant d’ailleurs épuisée.

On mesure aisément la douleur d’une mère devant un tel dilemme : approuver la fin de son fils, mais comment avoir accepté, voir provoqué, ce grand déballage public sur lequel les médias se sont précipités avec voracité. Comment n’avoir pas su limiter ce débat à l’intimité du cercle familial ou amical ? Notre époque est au voyeurisme et au nombrilisme mais la vie d’un fils n’aurait-elle pas mérité un peu plus de décence ?