Dérapage corse, encore…

Un compte tweeter corse publie quelques amabilités adressées à la veuve du préfet Erignac assassiné en 1998 dans cette île accueillante. Son épouse accompagnait récemment le président de la République française venu, entre autre, inaugurer une place « Claude ERIGNAC » à Ajaccio pour le vingtième anniversaire de son meurtre.

Le tweet délicat précisait notamment :

« Il faut respecter la douleur et, en ce jour, celle de Mme Erignac. Elle est le symbole de la femme française. Ces courageuses femmes françaises qui, de 1940 à 1944 réussirent à faire 400 000 petits bâtards aux valeureux soldats du 3e Reich. 400 000 bâtards, cela peut vous sembler léger, sur 10 000 000 millions de femmes fécondables mais songez à toutes celles qui n’eurent pas la chance de tomber enceinte. Ou alors à toutes celles qui ont joué de l’aiguille à tricoter. En un mot comme en dix, il y eut en pas moins de 4 000 000 de bonnes petites salopes françaises. Ach so… »

Il a été retiré au bout de quelques jours et son auteur potentiel, Charles Pierri avec un « i muet », repris de justice, un des dirigeants du parti indépendantiste Corsica Libera est convoqué par la justice qui enquête sur ces injures qui contreviennent à la loi française. Tout ceci est sans surprise  mais le plus regrettable dans cette affaire est que la République ait emmené Mme. Erignac dans cette aventure qui devait forcément mal se terminer pour elle.

Pourquoi ouvrir une place « Claude Erignac » en Corse ? Elle sera sans doute régulièrement taguée et dégradée, puis rebaptisée après l’indépendance. Il eut été plus avisé de rendre hommage à ce préfet sur le continent, pourquoi pas à Paris, ce qui aurait été bien plus avisé et respectueux et, accessoirement, plus pratique et confortable pour que la famille Erignac vienne y rendre hommage à son défunt. Vouloir imposer les symboles de la République à des gens qui n’en veulent pas ne fait que provoquer aigreur, difficulté et violence. On vient de commencer à y gouter avec ce tweet pour le moment anonyme.

Toujours plus

Le président de la République française vient de passer deux jours en Corse pour répondre aux revendications du pouvoir régional autonomo-indépendantiste. En gros il a refusé l’amnistie des prisonniers dits « politiques » tout en envisageant de pouvoir leur faire exécuter leurs peines dans leur île pour certains d’entre eux. Il a expliqué par ailleurs qu’il était en faveur d’inclure dans la prochaine réforme constitutionnelle la mention de la Corse, exigence très ancienne dont on se demande d’ailleurs ce qu’elle changera dans la vie de l’île (la mafia fait beaucoup plus de mal à cette région que son absence de mention dans la constitution…). Enfin, il refuse le principe d’une co-officialité de la langue corse avec la langue française d’un statut de « résident corse ».

En réalité la partie constitutionnelle ne prête pas vraiment à conséquence puisque ce n’est ni le président ni les élus corses qui décideront de la réforme à apporter à la loi fondamentale. En effet, toute réforme est votée soit par le congrès (assemblée national plus sénat) à la majorité des deux-tiers, soit par les électeurs français (et pas uniquement corses). Donc on peut s’agiter dans les palais pavoisés de la République à Ajaccio ou ailleurs, à la fin il faudra bien passer au vote et demander à la Nation si elle est d’accord pour accorder un statut spécifique à cette île irréductible. Globalement on peut anticiper que ni le « peuple français » ni ses représentants élus n’y sont prêts.

Le président Macron a dit ses quatre vérités à la Corse dans un discours ferme rappelant notamment toutes les incohérences des élus de cette île qui veulent le beurre et l’argent du beurre, être français pour les subventions et corses pour déterminer une fiscalité propre, notamment. Il a expliqué que l’île dispose déjà d’un statut spécial qu’il convient de mettre à profit pour travailler au développement économique, que pour la langue corse il suffit de l’apprendre aux enfants à la maison (ce qui n’est plus fait), etc. Bref, il a parlé réalité à des gens qui pensent symbole. Evidemment cela fait plaisir à entendre sur le moment mais cela ne règle en rien le futur. Ses positions sont mal reçues par les élus locaux qui n’obtiennent qu’une partie de ce qu’ils demandaient et voulaient faire croire qu’ils allaient tout emporter. Jeu de rôles plutôt classique qui déclenche un communiqué rageur du parti indépendantiste Corsica Libera auquel appartient le président de l’assemblée corse Jean-Guy Talamoni avec un « i muet ». On y parle des discours « haineux, provocateurs et méprisants » du président, de son « attitude négationniste de la question corse » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La France est responsable de tout et la Corse de rien !

« Que le gouvernement français n’en doute pas, Corsica Libera ne reniera jamais les engagements pris devant la Nation corse et se battra toujours pour défendre les intérêts de son peuple, le peuple corse. »

Ce communiqué démontre par l’absurde que la direction prise par la République n’est pas la bonne. Ce « peuple corse » n’est pas intégrable dans la République et il aurait fallu effectivement avancer vers un statut pré-indépendance sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie. Ce micro-parti Corsica Libera est certes très minoritaire en nombre de voix mais il est sans doute majoritaire dans les cœurs si l’on en juge par l’absence quasi-totale d’opposition locale à ses propos et théories. Nous sommes repartis pour des années de conflit, voire une reprise de la lutte armée, et, on reviendra forcément un jour à l’idée d’indépendance de la Corse.


Communiqué de Corsica Libera (parti indépendentiste corse)

Rédigé le Samedi 10 Février 2018 à 12:00

« L’impunité de l’Etat en Corse, cela aussi doit cesser ! »

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Thévenoud s’occupe

Thomas Thévenoud, vous souvenez-vous ? Il fut un éphémère ministre sous la présidence Hollande, forcé à la démission quelques jours après sa nomination pour avoir oublié de payer ses impôts plusieurs années durant. Il avait régularisé sa situation mais à fait se tordre de rire le pays entier (à l’exception sans doute de ses collègues du gouvernement) en expliquant que lui et sa femme étaient atteints d’une « phobie administrative » qui leur faisait renoncer à faire leurs déclarations de revenus à l’administration ou de payer les frais de cantine de leurs enfant.

Après cette franche et rafraichissante rigolade, l’impétrant a payé ce qu’il devait aux contribuables floués par sa « maladie » plus quelques pénalités et une condamnation en justice. Aujourd’hui la poilade continue car on apprend que le garçon a déposé la marque « phobie administrative » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Il pourra ainsi toucher des subsides en cas d’utilisation de cette « marque » et en tout cas bloquer son utilisation selon sa volonté.

On reste confondu devant un tel cynisme d’une personne qui gagnerait à se faire oublier et se recycler dans une activité anonyme. N’a-t-il rien d’autre à faire que de ressasser ce péché finalement véniel de fraude fiscale et ses conséquences ? Ce n’est guère brillant.

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Il neige… et la France râle

Petit épisode neigeux sur l’Ile de France, les routes sont encombrées, des bus sont arrêtés en soirée mais le métro fonctionne normalement, des trains sont en retard. Les prévisions météorologiques avaient prévu la situation. Quelques automobilistes restent bloqués plusieurs heures sur une nationale tellement pentue que tout le monde glisse, certains sont hébergés pour la nuit dans des gymnases. C’est ce qu’on appelle des intempéries pour une région parisienne qui n’est plus tellement habituée à la neige.

Mais nous sommes en France alors tout le monde se plaint et sombre dans la démesure : « Mais que fait le gouvernement ? On est abandonné sur la route sans boire ni manger… » etc. C’est la cohorte des pleureuses, une tempête de lamentations, un déferlement de grognons. Il y eut quelques situations désagréables certes, en une nuit tout a été résorbé mais la République n’est pas venue servir un repas chaud arrosé d’un grand cru au bord des routes enneigée, ce n’est pas prévu dans les missions de l’Etat ni dans les financements pour lesquels les contribuables payent des impôts.

Tout le monde a survécu, Dieu merci !

Une roquette politique

Les indépendantistes corses réclament, parmi moult revendications, le transfèrement des détenus « politiques corses » dans des prisons de l’île. La femme de l’un d’eux explique qu’il est détenu sur le continent et que cela lui impose des dépenses de déplacement mensuelles de 700 EUR pour aller le visiter au moins une fois par mois. Au journaliste qui lui demande de quoi est coupable son mari prisonnier « politique », elle répond :

Heu… c’est politique. Il a tiré une roquette sur une gendarmerie. La gendarmerie c’est l’Etat, c’est donc politique, voilà !

Il ne va pas être bien facile de partager une telle conception de la politique !

Pendant ce temps, le chef de l’exécutif corse (sorte de gouvernement local aux petits pieds), Gilles Siméoni avec un « i muet », envahit les plateaux télévisés pour expliquer comment la Corse vit un moment historique que le continent doit saisir pour réussir une transition en donnant plus d’autonomie (mais toujours autant de sous) à son île. Il le fait de façon plutôt avisée et apaisée, cherchant à rassurer les spectateurs en présentant la coopération avec la Corse comme une grande chance que Paris ne devrait pas laisser passer.

Son alter-égo, chef de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni avec un « i muet » est lui ouvertement indépendantiste, il parle de la France comme d’un « pays ami », mais se cache un peu à l’ombre de Siméoni avec un « i muet », plus consensuel.

Tous les deux affichent ostensiblement dans leurs bureaux d’élus les drapeaux corse et européen, mais pas le drapeau de la République française. Ils doivent rencontrer en Corse la semaine prochaine le président de la République pour tenter de faire valoir leurs revendications et prendre la route de l’indépendance, même si à très long terme. Les électeurs corses ont voté pour cette alliance autonomiste-indépendantiste, il faut les entendre avant que la nervosité ne ressaisisse cette population clanique à la violence endémique qui n’a jamais accepté et probablement n’acceptera jamais sa francité. La Constitution permet cette prise de distance pourvu qu’elle soit approuvée par une réforme dûment votée par un Congrès ou un référendum.

La Corse s’éloigne


Le nouveau pouvoir régional corse poursuit avec insistance son offensive contre la République. De façon plutôt avisée l’exigence d’indépendance n’est plus officiellement mise en avant, bien que toujours prégnante, au profit de la demande « d’autonomie politique », moins effrayante pour les électeurs locaux qui craignent pour leur niveau de vie. S’y ajoutent des revendications concernant la « langue corse » qu’il veut à l’égal de la langue française constitutionnelle, un statut de « résident corse » qui, notamment interdirait l’achat d’un bien immobilier à quiconque n’a pas déjà résidé cinq ans en Corse, ainsi que la mention de l’île dans la Constitution.

Cette quête permanente de reconnaissance et d’individualisation est véritablement l’une des caractéristiques des habitants insulaires, quelle que soit leur histoire, coloniale ou pas, et leur géographie, tropicale ou non. Le problème de la Corse dure depuis des décennies et ne semble pas soluble dans le cadre français actuel. On peut maintenant conclure que cette île et ses habitants ne sont pas intégrables dans la République et que s’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité de manifester leur vraie volonté d’indépendance il faut envisager de leur concocter un régime spécial pour essayer de réduire leur capacité de nuisance et de contamination vis-à-vis du reste du pays. Pourquoi ne pas leur proposer un statut de territoire similaire à celui de la Nouvelle-Calédonie sur lequel ils pourraient parler leur langue et régler leurs affaires locales selon leurs méthodes. Cela se fait à Nouméa qui a même un drapeau officiel reconnu, pourquoi pas à Ajaccio ?

Evidemment, pour être accepté par le reste de la population française il faudrait que ce statut d’autonomie soit également assorti de transferts de responsabilités, c’est-à-dire que l’ile autonome ne puisse pas se retourner vers le continent pour quémander les droits dont bénéficient le reste de la population dans le cadre de la Constitution sans en assumer aussi les devoirs conséquents. Soit l’on est régi par les articles standards de la Constitution, soit par des articles particuliers, mais on ne peut pas prendre ce qui intéresse dans les deux et rejeter ce qui dérange. C’est ainsi que si ce statut de « résident corse » était considéré il faudrait bien entendu que sa réciprocité soit mise en place : un citoyen français né en Corse ne devrait pas pouvoir acheter un bien immobilier sur le continent s’il n’y a pas résidé au moins cinq ans.

Une modification de la Constitution pour y mentionner un statut de la Corse, quel qu’il soit, devrait d’ailleurs être voté soit par le Congrès à la majorité des deux-tiers, soit pas référendum. Il faudrait donc qu’un projet d’autonomie pour 300 000 corses soit voté par 65 millions de français ou par leurs représentants, il faudra donc y inclure des compromis acceptables par tous. Il n’est pas sûr que le pouvoir régional corse actuel qui se sent le vent en poupe y soit disposé. Quant au pouvoir central il est comptable de l’unité du pays et doit la préserver.

Une nouvelle fois, l’exemple de la Nouvelle Calédonie devrait servir de guide pour essayer d’atténuer la nuisance que font peser 300 000 citoyens sur 65 millions de leurs congénères. Ceci étant dit, l’ile pacifique doit de prononcer cette année par référendum local sur son indépendance et les sondages actuels prédisent, hélas, que la victoire du « oui » est loin d’être acquise.

Ces pédégés qui se croient irremplaçables

Le pédégé de l’entreprise publique Radio France vient d’être condamné à un an de prison avec sursis plus 20 000 EUR d’amende pour avoir favorisé des fournisseurs dans son précédent emploi. Il a fait appel de cette condamnation comme l’y autorise la loi de notre belle démocratie. L’un des fournisseurs est un prestataire de services au profil plutôt flou défini ainsi sur son compte Tweeter : « Cofondateur de 2017, cabinet conseil en stratégie et communication. Président de Balises. Enseignant à Sciences-Po Paris en communication politique ». Bref, un « communicant » comme on nomme aujourd’hui ce genre de personnages qui envahissent les plateaux télévisés, les cabinets ministériels et les bureaux des pédégés du CAC40.

On voit sur ledit compte la photo récente de cette fine équipe de mousquetaires du bla-bla :

Jeunes (sauf le patron), détendus (pas de cravate), habillés sobre et noir (tendance), du personnel féminin mis sur le devant (qui n’a sans doute pas été recruté que sur la rapidité de ses neurones), négligemment installés sur la table blanche (souplesse des membres), bref, ça exsude la « coolitude »… et la soupe insipide à vendre.

Si le pédégé de Radio France avait passé un peu moins de temps avec ces gogos et un peu plus à travailler sur ses dossiers dans son bureau il aurait moins d’ennuis aujourd’hui. On ne sait pas si la procédure d’appel l’innocentera ou au contraire aggravera sa condamnation, qu’importe, ses patrons ont décidé qu’il n’était plus en mesure d’assumer sereinement ses fonctions. C’est ainsi. Il ne voulait pas démissionner alors il a été viré. Comme toujours, on trouve une cohorte de ses défenseurs qui nous expliquent que ce pédégé est irremplaçable car il a bien géré, enregistré de bons résultats et doit poursuivre les réformes qu’il a engagées et que seul lui pourrait finaliser.

Une nouvelle fois il faut s’en persuader, ces pédégés sont interchangeables et les décideurs de Radio France n’auront qu’à shooter sur les platanes de l’avenue Marceau pour qu’il tombe une dizaine de bons candidat de chaque arbre. Que cette bonne maison de Radio France ne s’inquiète pas et continue à nous concocter ses programmes de qualité, elle accueillera sous peu un nouveau patron qui fera aussi bien que le banni.

L’hallali politique de Fillon

L’affairiste-barbouzard de la Françafrique Robert Bourgi, homme peu recommandable, ex-ami de François Fillon et sans doute toujours ami de Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce matin sur les ondes les quatre raisons pour lesquelles il avait décidé de « tuer François Fillon » lors de la dernière campagne électorale présidentielle en lui offrant des costumes de luxe puis en dénonçant ce cadeau à la presse :

1- D’abord parce que il a violé toutes les règles de l’amitié à mon endroit… 2- [la référence à] la mise ne examen du Général de Gaulle, ça je ne l’ai pas supporté… 3- il passait son temps à démolir Nicolas Sarkozy, ça je ne le supporte pas…4- je le savais accro à l’argent et on ne pouvait pas laisser faire cela parce que tôt ou tard celui qui aurait pu diriger la France aurait eu de sérieux problèmes…

Le 10 janvier, je déjeune avec Nicolas Sarkozy. Il me dit : ‘Tu as vu les sondages ? Fillon va devenir président.’ Je lui réponds : ‘Nicolas, il n’ira jamais à l’Élysée. Parce que je vais le niquer.’ Parce que j’avais ourdi le complot.

On croit rêver devant un tel déballage de barbouzeries, de manipulations, de lâchages en tous genres de la part de responsables qui ont tous trôné aux plus hauts niveaux de l’Etat, financés par les contribuables. Le candidat conservateur éconduit a lui-même reconnu qu’il avait mal choisi son ami Bourgi et lui avait d’ailleurs rendu les costumes que celui-ci dévoile maintenant avoir donné pour piéger Fillon.

Ce sont des mafieuseries de bas étage, du gangstérisme de palais dorés, de la voyouterie d’incompétents. Comment un François Fillon, premier ministre de la France cinq années durant peut-il choisir comme « ami » un Robert Bourgi forban de toutes les filouteries de la françafrique ? Et comment a-t-il pu accepter des costumes en cadeaux de ce personnage ? Mais il l’a fait, et six mois plus tard le voyou se vante sur les ondes d’avoir « niqué » le candidat !!!

Fillon a pris acte de sa défaite dans la honte, a abandonné la vie politique et s’est reclassé dans la finance avec une discrétion bienvenue. Bourgi continue à parader sur les plateaux télévisés. Le principal mérite du pouvoir français actuel est d’avoir balayé cette génération d’incompétents. Espérons que ces mauvaises habitudes ne renaîtront pas de leurs cendres.

Un p’tit tweet pour la route

Allez : il n’a pas de mal à se faire du bien. Un petit tweet de Laurent Wauquiez avant d’aller se coucher :

On est toujours étonné de voir comment ce garçon au parcours universitaire si brillant réussit à s’abaisser vers autant de beaufitude. Il doit se faire sacrément violence pour atteindre un tel niveau. Il n’est pas sûr que cette tactique le fasse revenir en grâce auprès des électeurs de droite qui finalement semblent plutôt apprécier la politique du gouvernement actuel. La morale voudrait que ceux qui font le pari de la stupidité perdent, mais la politique n’est pas toujours très morale sur ce sujet…

Encore un effort Monsieur Juppé

Après quelques autres, Alain Juppé, 72 ans, annonce qu’il « prend du recul » avec le parti Les Républicains (LR) en refusant de payer sa cotisation. Bien sûr il communique par tweet :

Je comprends la décision de @Dbussereau qui m’avait informé. Pour ma part je n’ai pas l’intention de payer ma cotisation LR en 2018. Je prends du recul et je vais observer notamment dans la perspective des élections européennes de 2019.

Quel courage, quel sens du risque ! Mais que sont tous ces militants en vue de LR qui « se mettent en retrait », « prennent de la hauteur »… En fait, plutôt que de démissionner d’un parti dont ils semblent désapprouver les orientations, ils gardent plusieurs fers au feu, on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir. C’est sans doute leur longue habitude du cumul des postes et des mandats qui perdure, leur mauvaise pratique du pantouflage qui leur a permis de prendre assez peu de risques personnels tout au long de leurs carrières rémunérées par les contribuables.

Un garçon comme Alain Juppé qui n’a pas démérité devrait, à son âge avancé de 72 ans, être désormais capable de prendre des décisions politiques franches sans donner en permanence cette impression de vouloir garder un ou des parachutes de secours. Qu’a-t-il à perdre à 72 ans ? Rien, sinon de laisser l’image d’un homme indécis qui n’arrive pas à sortir du milieu hyper-protégé dans lequel il a évolué toute sa vie. Sa carrière est derrière lui, il a été une nouvelle fois désavoué lors des dernières primaires de la droite en 2017 par des électeurs conservateurs qui ne l’aiment pas et ne l’aimeront probablement jamais au point de l’élire à un mandat national.

Alors il devrait se détendre, respirer un grand coup, aller où bon lui semble et profiter d’une retraite bien méritée qui approche à grand pas. Comme il garde la stature d’un sage homme de droite, il sera consulté certainement, écouté parfois, au-delà des dossiers du tramway de Bordeaux. Les jeunes sont là chez LR comme ailleurs, il faut leur laisser les manettes, la génération des Juppé doit admettre de se retirer sans amertume. Suivez l’exemple de MonGénéral que diable !, qui écrivait en 1969 le lendemain du désaveu du référendum sur la régionalisation :

« Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

Ce fut simple et de bon goût et le sortant ne prit plus jamais la parole publiquement sur aucun sujet politique avant que la fin ne le rattrape, il est vrai assez rapidement après sa démission. C’est ainsi qu’on laisse une trace dans l’Histoire d’une nation !

Dépression au-dessus d’un aéroport (suite)

L’hystérie qui s’est emparé du débat public depuis l’annonce du choix de l’Etat d’agrandir l’aéroport actuel de Nantes plutôt que d’en construire un nouveau illustre jusqu’à la nausée la vacuité et l’inanité de ce petit microcosme politico-médiatique qui croit représenter le peuple français. Cette décision d’investissement public est une parmi bien d’autres qui génère des couts et, sans doute, des avantages ; du genre de celles que doivent prendre tous dirigeants responsables en arrivant le matin au bureau. Evidement pour les individus qui consacrent leurs journées à pondre des tweets ballots plutôt que d’agir, la prise de décision fait partie d’un monde surnaturel et hors de portée. Parmi bien d’autres on relève le tweet de l’inénarrable Eric Woerth :

Ou de Jean-Marc Ayrault :

L’un, de droite, comme l’autre, de gauche, voulaient construire ce nouvel aéroport à Nantes ; mais que ne l’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux commandes ? Leurs successeurs en ont décidé autrement pour le moment. Si Woerth, Ayrault ou consorts sont un jour réélus et que la situation économique régionale l’exige, et bien il sera toujours temps de le construire cet aéroport, ce qui doit bien pouvoir être fait en deux ou trois ans de travaux. C’est ce qui s’appelle décider et agir, et non pas procrastiner comme ils l’ont fait durant des décennies sur ce projet.

Sur les coûts, on aimerait qu’ils fassent preuve de la même exigence pour les dépenses engagée par la République pour financer des jeux olympiques de sports à Paris que sur les coûts du choix d’investissement public qui a été fait à Nantes !

Lire aussi : Dépression au-dessus d’un aéroport

Les séditieux espagnols remettent le couvert

Après avoir organisé un référendum en Catalogne que le pouvoir espagnol a jugé inconstitutionnel mais que les partis indépendantistes ont emporté, leurs principaux dirigeants se sont soit retrouvés en prison pour sédition, soit exilés à l’étranger pour fuir la justice. Pour essayer de sortir de cet imbroglio politico-juridique, de nouvelles élections parlementaires ont été officiellement tenues en Catalogne qui ont de nouveau donné la majorité aux partis indépendantistes. Les séditieux emprisonnés ou exilés ont généralement été également réélus et on ne sait pas très bien à ce stade comment ils pourront siéger au parlement !

Si les électeurs unionistes de la Catalogne autonome continuent à être mis en minorité dans toutes les élections il va commencer à devenir difficile de continuer pour le pouvoir central à s’opposer au démantèlement du pays, sinon par la force ce qui ne serait bon pour personne.

On ne sait pas bien comment ni quand tout ceci va se terminer, mais que de temps et d’argent perdus pour des illusions, des combats de coqs sur le fumier, des querelles d’égoïsmes régionaux… La tentation de nos démocraties repues à s’autodétruire est parfois inquiétante.

Dépression au-dessus d’un aéroport

La décision d’agrandissement de l’aéroport de Nantes a été prise par l’Etat au détriment de la construction d’un nouvel aéroport sis sur la commune de Notre Dame des Landes. Ce sujet ne serait pas d’une importance notable s’il n’avait été consciencieusement monté en épingle depuis 50 ans par une classe politique et médiatique très éloignée de ce que les citoyens contribuables en attendent.

Annoncé aujourd’hui, ce choix d’investissement déclenche depuis un déferlement de platitudes et de bagarres médiatiques dont le niveau relève d’une beuverie de fin de mariage de province. Les arguments volent en escadrilles et les mêmes sont utilisés et retournés par les partisans de la décision comme par leurs adversaires et vice-versa. Les avions vont s’écraser sur la ville de Nantes, le lac de Triffouillis-les-trompettes va être pollué, l’aéroport va saturer, le développement économique de tout le Grand Ouest va péricliter, c’est un déni de démocratie, une trahison du Grand Ouest, et patati, et patata…

En face les partisans de cette décision pavanent : grande victoire pour les opposants, pour l’environnement et pour l’intérêt général, la raison a prévalu, décision responsable qui récompense des années de résistance locale, d’expertise citoyenne et de mobilisation nationale, le bon sens l’a emporté et l’intérêt général a fini par prévaloir, etc. etc.

A la vérité personne ne peut vraiment savoir à ce stade si le choix fait est le bon ou pas et seul l’avenir le dira. Prévoir ce que serait le trafic aérien d’un aéroport de province dans les vingt ans à venir est juste impossible ! Alors félicitons-nous, une décision a été prise, respectons là et passons à autre chose. Que la politicaille délaisse ses tweets sur le sujet et se mette au boulot sur nombre des autres pour lesquelles elle est attendue, et rémunérée.

Il y a une quinzaine d’années, le projet similaire du transfert de l’aéroport de Toulouse avait été stoppé. Les mêmes cassandres prévoyaient la saturation du site actuel qui finalement n’a pas encore eu lieu. Et puis s’il faut ressortir le dossier d’un transfert de l’aéroport de Nantes dans 15 ou 20 ans, et bien on le fera et on agira en fonction du bien public et non au gré des égos de petits marquis locaux.

Affaire Fillon – Le Canard Enchaîné : classée sans suite


François Fillon, candidat conservateur malheureux à la dernière élection présidentielle française avait porté plainte contre le journal satirique Le Canard Enchaîné qu’il accusait de diffusion de fausses nouvelles ayant eu pour effet de détourner des suffrages, qui ne se sont pas portés sur lui.

Le journal avait informé ses lecteurs, et les électeurs en général, que Mme. Fillon avait touché des rémunérations significatives pour des emplois dont la réalité était douteuse. Les sommes avancées par Le Canard ont été contestées par le candidat et qualifiées de « fausses nouvelles ».

Le parquet a classé cette affaire « sans suite », la « diffusion de fausse nouvelle » n’étant pas constituée à ses yeux. François Fillon et son épouse restent mis en examen notamment pour détournement de fonds publics. Ces affaires ont certainement précipité l’échec du candidat qui s’est depuis retiré de la vie politique.

La famille Merah

La première manche du procès d’Abdelkader Merah s’est terminée à Toulouse début novembre par la condamnation de celui-ci à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste (et son acquittement pour complicité d’assassinat). On se souvient que son jeune frère Mohamed avait, en mars 2012, tué trois militaires, blessé grièvement un quatrième, puis avait abattu à bout portant quatre personnes dans une école juive dont trois enfants de 4, 5 et 7ans, et blessé un autre enfant de 15 ans. Il filma l’ensemble de ses actes avec une caméra portable. Ces crimes furent inspirés par la religion de Mohamed qui s’était radicalisé dans différentes zones de combat du Moyen-Orient. Après une courte cavale, il fut tué par la police.

Son frère Abdelkader a été assez rapidement arrêté, soupçonné d’avoir participé matériellement et intellectuellement à cette campagne macabre et d’une violence inédite. Son procès a permis de découvrir de l’intérieur les tenants et aboutissants de cette famille française d’origine algérienne qui aboutirent à ce massacre.

Parents mariés et divorcés à plusieurs reprises, père condamné et incarcéré pour trafic de stupéfiants (il portera plainte contre l’Etat français après la mort de son fils), leurs cinq enfants nés en France ont tous eu plus ou moins maille à partir avec la justice, la mère leur infuse un antisémitisme féroce et leur fait rejeter tout ce qui n‘est pas musulman. Trois d’entre eux vont adhérer aux thèses islamistes extrémistes. Ils fréquentent les propagandistes Clain, fratrie de deux frères convertis, voyagent dans les pays où sévissent le terrorisme religieux et ses inspirateurs. Ils sont violents, selon les circonstances battent leur mère, se poignardent entre eux, vénèrent les armes et les pitbulls.

Abdelkader sera le prosélyte du lot. Ne reconnaissant que l’autorité de Dieu il veut détruire la démocratie et les mécréants qui sont pour lui un régime et un statut juste inconcevables. Au cours du procès il donne l’image d’un homme réfléchi qui sait où il va et où il ne faut pas montrer qu’il est allé. Invoquant Dieu à toutes occasions, il admet ses « dérapages » par rapport aux préceptes religieux (escroquerie aux crédits notamment), il revendique la possibilité d’être un salafiste radical sans être un assassin. Il finira par condamner les actes de son jeune frère mais s’en remet à Allah pour juger celui-ci.

On redécouvre avec effarement comment une famille française d’origine immigrée dont les enfants, nés dans l’hexagone, ont été élevés à l’école de la République, a pu devenir la proie consentante d’une idéologie religieuse délirante au point d’y plonger et d’en devenir le prosélyte pour Abdelkader, l’exécutant des basses œuvres pour Mohamed. Le mélange détonnant du rejet de la démocratie, de la haine des autres, du message mal digéré de textes religieux abscons, d’une mémoire de la colonisation occidentale, d’un engagement politique de café du commerce en faveur d’opprimés du Moyen-Orient, sur des esprits étroits a donné cette famille destructrice et en dehors de tout.

L’apparition d’une telle dérive marque l’échec de notre société, française en l’occurrence, à intégrer ses enfants. Elle est aussi le symbole de ce à quoi aboutit la haine érigée en philosophie de vie. D’autres exemples ont existé dans l’histoire récente qui ont pu être réduits par la raison. Lorsque l’on détaille le comportement d’Abdelkader Merah lors de son procès, et avant dans sa vie, on se demande bien comment cette fois-ci l’intelligence arrivera à vaincre une telle régression et une pareille déraison, d’autant plus que le cas de cette famille Merah n’est bien sûr pas unique en France comme dans d’autres pays occidentaux. Le futur procès du seul terroriste religieux survivant des attentats de Paris de 2015 « du Bataclan et des Terrasses » marquera une nouvelle étape dans la connaissance de ce phénomène idéologique criminelle qui marque le début du XXIème siècle.

Le parquet a par ailleurs fait appel du jugement Merah puisque le condamné a été acquitté du chef de complicité d’assassinat. Un nouveau procès aura donc lieu.

Ca flingue en Corse

Un énième règlement de compte à l’aéroport de Bastia laisse sur le carreau un mort et un blessé grave dans un état désespéré. Le premier venait de terminer une peine de quatre années de prison pour préparation d’un meurtre d’un parrain local. Il était baptisé du sympathique surnom de « Tony le Boucher ». Le second était en permission avant de réintégrer sa prison où il avait été condamné dans la même affaire que son camarade. On ne connaît pas les détails ni les commanditaires de cette nouvelle tuerie corse, mais le cv des protagonistes et le mode opératoire de leur assassinat laissent penser que l’on est au cœur d’une affaire mafieuse insulaire comme il y en a si régulièrement.

La puissance publique, et encore moins le pouvoir ni la population corses, n’ont su endiguer cette violence endémique. Cela pose le problème général d’un « peuple » qui n’a pas su maîtriser la violence primaire de ses membres et encore moins faire sortir son économie des mains des clans mafieux. Cela en tout cas réduit significativement la crédibilité des partis indépendantistes qui ont su parfois employer cette violence à leur profit quitte à copiner avec les mafieux.

Pas sûr qu’ils n’arrivent mieux à régler ce problème une fois l’indépendance acquise !

Les iles françaises en route vers l’indépendance

Après avoir élu trois députés « nationalistes » en juillet dernier la Corse poursuit sa route vers l’indépendance en donnant un succès électoral aux partis indépendantistes. Comme dans d’autres iles françaises, la population corse veut s’émanciper de la tutelle française qu’elle estime « coloniale ». Les antillais, les polynésiens, les réunionnais et autres guyanais partagent avec les corses le même rejet de la France, plus ou moins conscient, mais toujours exprimé de façon assez clair dans leurs actes et façons d’être. Ils ont tous également la certitude qu’ils pourront mieux vivre loin de la France, quitte à continuer à en recevoir des subsides de ses contribuables.

Le temps n’a rien fait pour inverser ce courant. Les poussées de violence politique sont régulières et inquiétantes dans ces confettis de l’Empire, certains territoires sont de plus la proie de clans mafieux qui font parler les armes pour préserver leurs intérêts économiques, la Corse étant un modèle du genre. Faut-il chercher à garder contre leur gré des populations qui veulent s’éloigner ? Sans doute pas, ce n’est l’intérêt de personne. Il faut plutôt essayer d’accompagner doucement ces populations à prendre leurs responsabilités, à transformer en acte émancipateur le ressentiment qu’elles vouent à l’hexagone.

La Nouvelle-Calédonie va y arriver, la Corse en prend le chemin, les Antilles, la Guyane et la Réunion suivront si les choses se passent bien. Et il faut faire qu’elles se passent bien. Le référendum d’indépendance prévu en Nouvelle-Calédonie en 2018 sera une étape clé à cet égard.

Evidemment, une fois l’indépendance acquise par ces iles rebelles, le risque existe que d’autres régions, cette fois-ci métropolitaines, veuillent aussi prendre la poudre d’escampette. Il faudra faire preuve de doigté politique pour que l’hexagone reste… hexagonal, mais lutter pour garder au sein de la République des populations dont la tendance naturelle les porte vers l’émancipation est une bataille perdue d’avance dans laquelle il n’y a que des coups à prendre et des coûts à charger aux contribuables.

Une arriviste aux dents longues

Virginie Calmels, ex-chef d’une société de production d’émissions parmi les plus abrutissantes de la télévision française, entre autres : Secret Story, Star Academy, La Ferme Célébrités, s’était récemment recyclée en adjointe du maire de Bordeaux avec sans doute l’idée de lui succéder le moment venu. Elle avait d’ailleurs soutenu ledit maire, Alain Juppé, 72 ans, lors de sa candidature à l’élection présidentielle en 2017, puis rallié François Fillon après qu’il gagna l’élection primaire conservatrice, et vient maintenant de rallier Laurent Wauquiez, chantre d’une droite identitaire plutôt spécialisé dans les slogans que dans la réflexion et pas forcément compatible avec le « jupéisme » si tant est qu’existe un tel courant de pensée.

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On peut dire que Mme. Calmels est plutôt flexible dans ses convictions et manifeste une forte capacité d’adaptation pour réaliser ses ambitions que l’on ne connaît pas précisément d’ailleurs. Il n’est pas sûr qu’elle réussisse à succéder à son mentor bordelais ; il n’est pas évident qu’elle n’eut pas mieux réussi dans le pouvoir économique en restant dans l’entreprise plutôt que de vouloir mordre sur les plates-bandes politiques. Mais l’attrait des plateaux télévisés et l’illusion des ors des palais du pouvoir ont été plus forts que la raison. A force de tourner comme une pirouette elle risque de se brûler les ailes. La République s’en remettra, elle aussi sans doute.

Un dirigeant socialiste en fin de parcours

Gérard Filoche, 71 ans, ancien militant trotskiste reconverti en frondeur socialiste dans les années 2000 a publié un tweet sur son compte représentant le président de la République française grimé en nazi (la croix gammée sur son brassard étant remplacée par le sigle du dollar) et laissant planer l’idée qu’il est associé avec des lobbyistes de confession juive.

Aussitôt publié aussitôt retiré quand l’impétrant s’est rendu compte que ce montage avait été confectionné par des groupes extrémistes, mais ce fut trop tard et ce « retweet » de M. Filoche a été largement commenté et lui vaut une exclusion de parti socialiste malgré ses plates excuses publiques.

Tout ceci relève de la tempête dans un verre d’eau et n’a guère d’importance, il suffit de traiter ce non-évènement par l’indifférence, s’agissant d’un homme âgé qui devrait d’ailleurs s’être retiré de la vie politique depuis déjà longtemps. Le plus frappant dans cette petite histoire est la constance de ces hommes publics à perdre leur temps sur leurs comptes Tweeter où ils publient tout et n’importe quoi. On dirait que la perspective d’envoyer dans la nature des messages de 140 signes génère une excitation pavlovienne qui décérèbre immédiatement le titulaire du compte.

Les seuls qui lisent ces messages insignifiants sont des journalistes qui s’empressent de les relayer dès que l’amorce d’une polémique susceptible de faire vendre leurs papiers s’annonce à l’horizon. Tous les hommes et femmes se disant « politiques » se sont plus ou moins déjà fait prendre les doigts dans la porte. Croyez-vous que cela leur servit de leçon ? L’affaire Filoche montre avec éclat que ce n’est pas le cas !

M. Filoche n’est pas content et conteste son exclusion devant la commission des litiges de son parti. Encore beaucoup de temps perdu pour pas grand-chose pour un parti à la dérive. Ce garçon sera oublié sous peu, il est peu probable qu’il ne soit jamais réélu à quoi que ce soit désormais, le mieux pour lui est maintenant de tirer sa révérence et de goûter les joies d’une retraite bien méritée après des décennies d’engagement politique qui l’ont beaucoup usé.

Le retour des combattants religieux dans leurs pays d’origine

Au fur et à mesure de la chute des villes tenues par le groupe Etat Islamique en Irak et en Syrie, certains des occidentaux venus se battre aux cotés des extrémistes religieux locaux sont tués au cours des combats, le plus souvent, fait prisonniers, parfois. Compte tenu de la violence des batailles il semble qu’il y ait peu de survivants mais, lorsque des troupes gouvernementales irakiennes ou syriennes, ou des milices diverses et variées font des prisonniers non irakiens ni syriens, se pose le problème du sort à leur réserver, d’autant plus que nombre d’entre eux ont fait le voyage du djihad avec femmes et enfants, voire ont fait des enfants durant leur séjour. Certains de ces rejetons semblent d’ailleurs avoir été élevés avec les habitudes locales et il existe quelques vidéos du groupe Etat Islamique et affidés montrant des gamins exécutant des prisonniers.

Au regard du droit international si un citoyen, français par exemple, a commis des actes répréhensibles dans un pays tiers, il devra rendre des comptes à la justice de ce pays quitte à ce que la France l’aide dans son parcours judiciaire, voire cherche à le rapatrier en France pour lui faire exécuter dans la mère patrie tout ou partie de la peine à laquelle il aura été condamné. Selon les cas de figure il y a, ou pas, des accords de coopération judiciaire entre les Etats, dans la mesure où il reste encore des Etats…

Avec les extrémistes islamistes partis soutenir une insurrection religieuse dans un pays étranger, nous nous trouvons sans doute dans une situation inédite. Une partie de ces personnes ont de plus fomenté, voire exécuté, depuis leur exil des attentats dans les capitales européennes tuant des dizaines de leurs concitoyens.

Certaines rumeurs dans la presse ces dernières semaines affirment que les autorités françaises auraient signifié à leurs contacts locaux en Irak et en Syrie, officiels ou officieux, qu’elles ne souhaitaient pas voir revenir sur le territoire national ces mercenaires d’un genre nouveau, autant dire « pas de prisonnier ». L’hypothèse est possible.

La ministre des Armées a récemment déclaré :

S’il y a des djihadistes qui périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes et bien ils dépendront de la juridiction des forces syriennes.

Quoi qu’il en soit, il y aura forcément des survivants, mercenaires eux-mêmes ou leurs familles. Il y en a déjà d’ailleurs qui sont revenus en France par une voie ou une autre. Ceux qui de façon évidente ont combattu dans les bandes religieuses ou commis des atrocités diverses relèvent de la justice et passent par la case prison, avant d’en sortir un jour ! Parmi les autres, certains se présentent comme des victimes, admettant certes être allés de leur plein gré en Syrie ou en Irak, mais pour suivre leurs maris, ou pour « aider » les populations locales contre leurs dictateurs, etc. Quant aux enfants, soit nés là-bas, soit arrivés avec leurs parents, leur situation est inextricable d’autant plus que certains d’entre eux ont également commis des atrocités malgré leur âge, comme si les leaders religieux et leurs parents voulaient définitivement des compromettre dans ce vertige mortifère. La justice démocratique voudrait qu’en tant que mineurs ils ne soient pas juridiquement responsables, mais comment les absoudre ? Que penser de parents qui ont sciemment laissé embrigader leurs enfants par des « fous de Dieu » ? Il y avait déjà eu des enfants-soldats lors de guerres en Afrique au Liberia ou en Sierra-Leone, mais cette fois c’est chez nous que cela se passe et ces gamins sont de retour au pays avec leur cortège de souvenirs moribonds et religieux. Les programmes de rééducation en cours en Afrique, qui rencontrent plus ou moins de succès, vont pouvoir être transposés en Europe

Pour nombre de ces individus il n’y a sans doute aucun espoir de les voir revenir à plus de tolérance envers leurs prochains, à des sentiments plus humains et moins divins. Il est probable que, prison ou pas, revenus dans leurs pays d’origine ils auront toujours le même objectif de massacrer les mécréants et les apostats jusqu’à la fin de leur existence. Après les excès commis et l’embrigadement idéologique subis on voit mal ce qui pourrait les faire penser et agir différemment. La raison est perdue pour longtemps. Nos nations vont devoir vivre avec ces menaces de l’intérieur pour encore  plusieurs générations et elles ne savent pour le moment pas bien comment les traiter, au-delà des déclarations à l’emporte-pièce de dirigeants immatures, dignes du Café du Commerce mais fort peu opérationnelles ni pratiques pour résoudre le dilemme.