L’écume inutile de la politique

On le sait, suite à la démission du ministre de l’intérieur, vieillard irresponsable de 71 ans abandonnant le navire après une année au service de la République, un remaniement ministériel est nécessaire car il faut au moins remplacer le déserteur. En attendant, un intérimaire a été nommé en la personne du premier ministre. Il y a du monde sur le pont.

Les nominations n’ont pas encore été annoncées au bout de plusieurs jours alors les journalistes mondains et l’opposition à court d’idées glosent sans fin sur cette défaillance du pouvoir en place. Dans la réalité, la maison est tenue par les hauts fonctionnaires et il n’y a pas défaillance du pouvoir. Vu d’ailleurs le calibre du partant, on peut penser que ces dits fonctionnaires étaient déjà aux commandes lorsque le ministre âgé était à leur tête.

Ce déchaînement éphémère permet une fois de plus aux occupants des médias de s’exonérer de travailler sur les vrais sujets. Plutôt que de lire le projet de loi de finances 2019 (274 pages) et de l’expliquer aux citoyens, les journalistes de circonstance préfèrent parier sur l’heure exacte d’annonce de la composition du nouveau gouvernement. Plutôt que d’annoncer leurs programmes alternatifs de gouvernement les oppositions politiques diverses choisissent d’invectiver le pouvoir devant la télévision à l’assemblée nationale au sein de laquelle ils sont rémunérés par les contribuables pour travailler et non pour jouer au ballon.

Le chef du groupe Les Républicains à l’assemblée a fait aujourd’hui cette déclaration inoubliable au premier ministre qui l’écoutât avec sérénité :

« … quand les premiers soutiens désertent ou n’y croient plus, c’est une Bérézina annoncée. Ce n’est pas votre capacité à composer un gouvernement qui va rassurer les français. Depuis une semaine, la tragi-comédie continue. Vous n’arrivez même plus à dissimuler l’affaiblissement du pouvoir exécutif… Le président de la République a perdu son autorité, son crédit, son image personnelle est durement entachée. Votre politique est un échec. Le chômage, les impôts, le pouvoir d’achat, tous les indicateurs sont au rouge. Vous êtes aujourd’hui incapable de proposer un gouvernement crédible à la France tant c’est le vide autour de vous monsieur le premier ministre. Ma question est donc simple : jusqu’à quand cette mascarade va-t-elle continuer monsieur le premier ministre ? »

Ce garçon, Christian Jacob, joue le rôle de l’aboyeur en chef de la droite depuis si longtemps. Ex-ami de Jean-François Coppé, voilà des années qu’il injurie ceux qui ne sont pas dans son camp. Les comptes rendus des débats de l’assemblée nationale en attestent. Il faut quand même une drôle de constitution d’esprit pour exercer un tel métier. Sur sa fiche signalétique de l’assemblée nationale il se déclare « agriculteur » ; cela doit tout de même faire un moment qu’il n’a pas fait de récolte, il préfère manifestement le champ de bataille des questions au gouvernement que les champs de colza. Il fait partie de ce personnel politique qui abaisse le débat et abrutit ceux qui l’écoutent. Il a 58 ans, et sans doute encore sur la scène pour longtemps…

Le psychodrame de la baisse les dépenses

Le grand dossier du gouvernement français de la baisse des dépenses publiques par le pouvoir actuel. Rien de bien grave, cela dure ainsi depuis plus de 40 ans et aucun gouvernement n’a osé essayer (juste essayer) à commencer à ralentir légèrement la progression des dépenses qui ont toujours augmenté en France plus rapidement que les recettes, créant ainsi les 2 000 milliards d’euros de dette, toujours en hausse, que nous laissons à nos enfants.

Le projet de budget 2019 prévoit la baisse du nombre de fonctionnaires « conseillers techniques sportifs » de 1 600. Aussitôt le hourvari se déclenche de toutes parts : c’est un drame national, la France aura moins de médailles aux prochains jeux olympiques, la République ne s’en remettra pas, notre jeunesse va tomber au fond du gouffre, etc. etc. Avec son manque de subtilité habituelle, la société française, de Mme. Michu aux journalistes mondains en passant par les tweetos politicards, explique combien ces 1 600 conseillers sont un élément stratégique du futur de la France dans le monde.

Comme toujours, chacun est d’accord pour que baissent les dépenses publiques, mais en commençant chez le voisin. Intérêt général contre intérêts particuliers, encore. Une République rongée par la dette devrait pouvoir se poser sereinement et démocratiquement la question de la priorisation de ses dépenses. On peut sans doute imaginer que quitte à réduire la dépense, commencer par celle concernant le sport n’est pas la plus mauvaise des directions possibles. Mais… il faut aussi arriver à convaincre les français que « baisser les dépenses » signifie que les dépenses vont diminuer. Vaste tâche !

Irresponsable !

Le ministre de l’intérieur (71 ans) qui avait annoncé dans le journal L’Express sa volonté de quitter ses responsabilités ministérielles pour récupérer son ancien mandat de maire de Lyon, déclare cette semaine dans le journal Le Figaro qu’il présente sa démission le jour même, puis, celle-ci refusée, réitère le lendemain dans le même journal avant d’obtenir satisfaction et l’autorisation de fuir les responsabilités dont il avait été investi.

Bien entendu cette fuite inattendue perturbe durablement le travail gouvernemental et déclenche le bonheur de l’opposition et des journalistes mondains qui ne parlent plus que de ça. Bref, la République pâtit de l’acte d’un homme qu’elle croyait à son service. Le comportement de ce personnage âgé est irresponsable et égoïste ! Et pour quelles raisons déclenche-t-il tout ce désordre ? Pour récupérer son fauteuil de maire de Lyon, à 71 ans, et briguer un quatrième mandat. C’est l’illustration de l’un des syndromes de notre époque : l’abandon de tout sens de l’intérêt général au profit de ses objectifs personnels, à plus de 70 ans, se faire réélire maire de Lyon pour la quatrième fois.

Un vieillard qui se croit indispensable pour ses anciens électeurs lyonnais déclenche un tohu-bohu de première catégorie au cœur de l’Etat. Aveuglé par sa suffisance il n’hésite pas à laisser tomber son job de ministre au bout de douze mois en poste. Un homme rongé par l’ambition et la suffisance dont on espère que la ville de Lyon le renverra à une retraite qu’il aurait déjà dû prendre depuis longtemps. C’est affligeant !

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On démissionne désormais à la télé

Une vague de démissions ou de mutations agite le monde politique ces derniers temps. Rien de bien grave sinon la confirmation que des ministres ou assimilés renoncent après quelques mois de travail, soit bien rapidement après avoir accepté une mission confiée par des électeurs et une rémunération versée par les contribuables. On ne peut dire qu’ils aient vraiment de la constance dans l’effort, on dirait un peu des enfants qui jettent leurs jouets deux semaines après les avoir découverts sous le sapin de Noël.

Rien de bien grave, non, et la caractéristique première de ces décisions est que tout se passe désormais dans les médias avant même que devant leurs employeurs même s’il est vrai que les citoyens sont un peu leurs employeurs. Ces derniers jours, le ministre de l’écologie a démissionné sur France-Inter, un adjoint de la mairie de Paris a démissionné dans Le Monde et le ministre de l’intérieur (71 ans) a annoncé son prochain départ du gouvernement dans L’Express pour se présenter à des élections municipales prévues seulement en 2020.

Tous ces personnages imbus d’eux-mêmes mettent leurs départs en spectacle pour en tirer on ne sait trop quel avantage. Là où l’on souhaiterait efficacité et discrétion, nous n’avons que renoncement et mise en scène. Certains d’entre eux vantent les mérites de l’entreprise privée, ils feraient bien de s’y recycler quelques temps histoire de voir si l’on peut partir ainsi du jour au lendemain en claquant la porte puis en répandant son amertume ensuite dans des journaux à grand tirage…

Spectacle étonnant dans le microcosme

A l’occasion d’une réforme technique visant à prélever l’impôt sur le revenu à la source et l’année des revenus au lieu du paiement volontaire l’année suivante, le microcosme politique français s’accroche sur les plateaux télévisés et les comptes Twitter. C’est assez affligeant et tellement représentatif des contradictions nationales. Cette réforme ne touche d’abord que ceux qui paye l’impôt sur le revenu, soit une minorité de citoyens, hélas, mais par contre tout le monde a son avis sur la question, généralement négatif. L’impôt sur les revenus est devenu tout à fait minoritaire dans les ressources de l’Etat dont la grande majorité est déjà prélevée à la source l’année de son apparition, que ce soient la TVA, les prélèvements sociaux ou l’impôt sur les sociétés sans que cela ne pose de difficulté.

Cette réforme n’aura aucun effet sur la croissance économique de la République ni sur le montant de l’impôt, c’est juste une affaire de trésorerie qui présente d’ailleurs nombre d’avantages pour les contribuables, dont celui d’instaurer « l’impôt contemporain » : on paye l’impôt sur ses revenus de l’année. En fait ce n’est pas même une réforme, mais juste une question de logiciel informatique à mettre au point. Il y aura des bugs c’est certain, ils seront bien réglés d’une façon ou d’une autre, il faut prendre un minimum de risques pour avancer.

L’affaire est montée en épingle par les commentateurs de sondage qui affirment tout et son contraire en un chœur émouvant. Cela fait des décennies que nos vedettes politiques sont d’accord pour instaurer cette mesure qui concerne un impôt marginal payé par une minorité de foyers fiscaux. Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous l’ont annoncée, un des gouvernements de François Hollande l’a voté, mais en reportant prudemment son application au quinquennat suivant. Nous y sommes :

  • La gauche qui n’aime pas le président Macron l’admoneste car il tarde à mettre en œuvre cette brillante réforme votée par la gauche.
  • La droite qui soutient la réforme mais n’aime pas le président Macron l’abomine car il a déjà repoussé d’un an cette réforme indispensable.
  • La droite qui conteste la réforme et n’aime pas le président Macron l’injurie car il va mettre en œuvre cette réforme abjecte.

Tout ce petit monde qui n’est responsable de pas grand-chose (si ce n’est d’encaisser leurs salaires payés par les contribuables) glose, ergote, cancane, commère, dénigre, épilogue…, bref perd son temps et nous fait perdre notre argent. Il est temps de passer aux sujets suivants maintenant que la rentrée a été copieusement polluée par ce programme informatique !

Valls dans Paris-Match plutôt qu’à l’Assemblée nationale


Manuel Valls, ex-premier ministre français et actuel député, s’expose dans Paris-Match avec sa nouvelle fiancée. Il aurait l’intention de porter plainte contre le torchon parisiano-pipole. Il n’a pas toujours été opposé à Paris Match et on se souvient de ces images gnan-gnan de 2013 avec une ancienne fiancée, validées à l’époque par l’impétrant :

Le garçon bénéficie d’une double nationalité française et espagnole. Il serait intéressé par la mairie de Barcelone où il passe beaucoup de temps. S’il bossait un peu plus à Paris dans son job à l’Assemblée nationale, pour lequel il est correctement payé par les contribuables nationaux, plutôt qu’à faire le dindon en Rayban à Barcelone il prendrait moins de risque d’être la cible de la presse de caniveau. Ces comportements de midinettes tuent la politique et la pensée. Au boulot M. Valls, et au boulot à Paris pour le moment !

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Les migrants et le patronat

On avait déjà noté les réactions du syndicat patronal MEDEF en septembre 2015 lors du pic de la crise de l’immigration : son patron de l’époque vantait alors dans une tribune du journal Le Monde « l’opportunité » que représentaient ces migrants :

Cessons toute condescendance envers ces migrants : ils ont souvent un fort niveau d’éducation, sont la plupart du temps jeunes, formés et n’ont qu’une envie, vivre en paix et pouvoir élever une famille… Accueillons-les et sachons tirer profit de leur dynamisme, de leur courage, de leur histoire aussi. Accélérons enfin nos réformes pour être capables de les intégrer pleinement dans la durée… Nous en sortirons tous gagnants. Agissons.

Bien entendu il ne précisait pas ce qu’il plaçait derrière ce slogan « Agissons. »

Aujourd’hui le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI-Synhorcat) rappelle dans un communiqué du 10/08/2018 rappelle la pénurie de main d’œuvre face à laquelle se trouve ce secteur et propose comme l’une des solutions possibles à cette situation l’embauche des migrants titulaires des papiers et autorisations nécessaires.
En principe ils peuvent déjà le faire si ces migrants sont légalement autorisés à travailler, pas besoin de faire un communiqué pour ça. Dans la vraie vie on peut penser que ce syndicat cherche à exercer une légère pression sur les autorités administratives pour accélérer la délivrance de papiers aux populations immigrées afin de pouvoir les embaucher. Bien entendu les syndicats ouvriers soupçonnent très fortement le patronat d’être pro-immigration afin de peser sur les salaires et d’éviter de devoir augmenter ceux-ci pour intéresser les chômeurs nationaux… On ne peut pas complètement exclure un tel machiavélisme.

Ensuite, nous sommes dans la vraie vie du libéralisme, là où un Etat doit pouvoir faire de la politique s’il veut vraiment interférer dans les règles du marché : est-on capable de pousser des chômeurs français actuels vers ces emplois peu qualifiés? S’il faut pour ce faire augmenter les salaires de la profession est-on en position de compenser ces hausses de coûts par la baisse d’autres charges ou faudra-t-il accepter une hausse des prix au risque de décourager les consommateurs ? Ou faut-il orienter des populations immigrées vers ce marché, quitte à ouvrir les vannes de la délivrance de papiers pour ce secteur ? C’est un sujet pas facile à traiter compte tenu de sa sensibilité. Il mérite en tout cas beaucoup de pédagogie de la part des décideurs et sans doute un peu d’innovation.

Ce qui est ironique dans cette situation est que si véritablement les règles du marché s’appliquaient librement, en principe les salaires de cette profession devraient augmenter tout seul puisque la demande de personnel est supérieure à l’offre. Ce n’est pas le cas et c’est l’une des nouveautés de la pratique économique ces dernières années : le marché répond désormais à la surchauffe du marché du travail par la précarisation de celui-ci. La perspective de cette réserve de travailleurs immigrés à bas prix pousse aussi sans doute le patronat de ce secteur à l’attentisme… Nous sommes dans un cycle qui peut-être s’inversera un jour, personne ne le sait à ce stade.

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Un chef anglo-saxon pour Air France

Après des mois de recherches et tractations plus ou moins discrètes, Air France, la compagnie aérienne détenue par les contribuables français à travers l’Etat à hauteur de 14,30%, a nommé son futur pédégé qui est l’actuel sous-pédégé d’Air Canada. Plus exactement c’est le groupe Air France – KLM qui a désigné son chef comme l’indique le communiqué officiel :

Le Conseil d’administration d’Air France-KLM, réuni le 16 août 2018, a décidé de nommer Benjamin Smith Directeur général d’Air France-KLM.

Benjamin Smith  est un dirigeant  reconnu du secteur du transport aérien au plan international. Il a joué un rôle majeur au cours des 20 dernières années au sein d’Air Canada, dont il a été un acteur clé du développement économique et commercial, de la transformation, de la création de valeur et de l’engagement des équipes de la compagnie. Il était jusqu’à ce jour President Airlines et Chief Operating Officer d’Air Canada…

Le volet Air France de ce groupe fut plusieurs fois au bord de la faillite au cours des dernières décennies et chaque fois renfloué par les contribuables. Une des causes majeures de cette situation fut, et demeure, la rigidité des syndicats de salariés ne voulant en aucun cas compromettre sur « leurs avantages acquis » et satisfaire aux nécessités de la concurrence féroce apparut sur le marché du transport aérien. Autrefois compagnie majoritairement publique, ces syndicats ont pris des habitudes d’enfants gâtés sachant que les contribuables étaient toujours présents pour éviter la faillite de leur société qui aurait dû en principe intervenir si la compagnie se trouvait dans une situation d’entreprise privée.

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Des grèves à répétition début 2018 ont entraîné la démission du pédégé de l’époque qui était un haut-fonctionnaire français comme ce fut régulièrement le cas depuis l’origine d’Air France. Cette fois-ci, l’actionnariat désormais majoritairement privé et relevant plutôt d’une logique libérale, a décidé d’imposer sa volonté en nommant un professionnel du secteur pour essayer de redresser Air France. Il fallut pour ça tripler le salaire du pédégé afin de l’aligner sur les conditions de marché car les volontaires de se bousculaient pas au portillon pour prendre la tête de ce groupe qui n’est qu’une source d’ennuis et d’échec.

A peine connu cette nomination, les syndicats d’Air France éructent leur colère et diffusent un communiqué de bienvenue à leur nouveau grand chef ce 16 août :

En ce qui concerne la candidature du prochain PDG à la tête de NOTRE entreprise, l’intersyndicale soutient qu’il est inconcevable que la compagnie Air France, Française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer…

On retient de « NOTRE entreprise » en première ligne. C’est la vieille tradition syndicale française qui fait considérer les anciennes sociétés publiques comme la « propriété » desdits syndicats. On voit où cela a mené Air France ! Chaque restructuration de cette compagnie a été considérée comme celle de « la dernière chance », mais chaque fois ce ne fut pas le cas et il y eut un énième plan de la « dernière chance » a été exécuté du fait de la faiblesse de l’Etat français.

Le nouveau pégégé va devoir s’attaquer à rude épreuve. Sa place est peu enviable, gageons que les syndicats vont lui rendre la vie impossible, une menace de grève est déjà annoncée s’il ne donne pas satisfaction aux revendications salariales. Le contexte a un peu changé avec un Etat qui a déjà affiché sa volonté de ne pas interférer dans le redressement de la compagne et, surtout, de ne rien payer pour celui-ci. Il n’est pas sûr qu’il arrive à tenir cet engagement. Les contribuables l’espèrent, les syndicats n’y croient pas. L’avenir va être intéressant.

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Les idoles de la jeunesse


Deux rappeurs à tête de talibans, et leurs bandes respectives, se battent à l’aéroport d’Orly et saccagent une boutique. L’aérogare où se déroulent les évènements est fermé quelque temps et certains avions sont retardés. La police arrête les loubards et les embastillent. Ils sont ensuite mis en examen.

Tout ceci aurait pu se limiter à une bagarre entre deux crétins plus portés sur le muscle que sur les neurones, mais il se trouve que les impétrants sont des idoles des jeunes pour leur rap tout en subtilité, qu’on en juge :


2.7.0. toujours plus haut, la République me suce le tuyau
Monsieur l’agent, je t’enfonce le triangle, Sevran et le gilet fluo
Je veux faire des sous mais je suis paresseux
J’aime pas ta gueule je te baise ta reu-sœu
Je n’ai que confiance qu’en mon Desert Eagle
Et en Zizou dans les arrêts de jeu
Elle est dans la chambre, elle est sous les draps (hum hum)
J’ai des jambes à la place des bras
Elle pense que je suis en train de la doigter (hum hum)
Je lui mets mon gros doigt de pied
Mes deux questions préférées
Qu’est-ce que je vais faire de tous ces deniers?
Si je te fends le crâne en deux, quel œil va se fermer le premier?
Continue à glousser, je te fume et je roule un trois feuilles
Tes ongles continuent à pousser tu pourras griffer ton cercueil
J’ai la prose qui tue et, même ton corps reconstitué
On ne sait toujours pas qui tu es, ta grand-mère la prostituée
Montre en diamants, lunettes de soleil
Sors les kalash comme à Marseille
Ma question préférée, qu’est-ce je vais faire de tout cet oseille?

Kalash – Booba

Alors le sujet fait la une de l’actualité depuis quelques jours, des ministres de la République se croient obligés de commenter et les journalistes abrutissent leurs téléspectateurs d’analyses à deux balles. Après le fouteballe en juillet, le rap en août, c’est le triomphe de la bêtise humaine qui prend progressivement le pas sur la pensée. La bonne nouvelle c’est quand même qu’un peuple qui n’a rien d’autre à faire que de se passionner pour un tel évènement est finalement un peuple qui, au moins matériellement, ne se porte pas si mal que ça. Pour ce qui de l’intellect, c’est une autre histoire…

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La justice ne s’est pas encore prononcée. On se prend à espérer que les loubards soient condamnés à recevoir une grosse fessée culs-nus et à balayer gratuitement l’aéroport jusqu’au complet remboursement des dégâts causés.

Le social-traître


Connaissez-vous ce garçon ? Probablement non, il s’agit de Thierry Henry, un fouteux français qui était entraîneur de l’équipe de Belgique lors du championnat du monde de baballe récemment tenu en Russie le mois dernier. La France ayant affronté la Belgique, Thierry Henry fut considéré comme un social-traître par nombre de fans hexagonaux.

Plus intéressant, l’allure du footeux : on peut bien entendu choisir son apparence comme on l’entend dans nos démocraties occidentales mais le look crâne rasé, barbe fournie sur une peau plutôt foncée fait immanquablement penser au look « taliban ». Est-ce volontaire ? On peut l’imaginer, M. Henry doit tout de même savoir ce qui se passe sur la planète depuis quelques années. Tout du moins on l’espère. L’islamisme a été récupéré par nombre de protestataires, peut-être fait-il partie du lot et veuille ainsi diffuser un message.

Ou peut-être s’agit-il d’une simple coïncidence ? On a du mal à y croire puisque ce changement d’apparence relativement récent semble reposer sur un choix raisonné.

Fouteballe en ville


Dans les dîners en ville bobos ces derniers temps l’on parle du… fouteballe, entre autres, pour s’esbaudir devant « le pouvoir de rêver », « le modèle pour les gamins de quartiers » et « l’aspect populaire » que véhicule ce jeu de ballon. Et de citer tel ou tel joueur qui aurait pu tourner dealer de shit mais est devenu footeux grâce « à l’exemple de Zidane »… alléluia-alléluia, merci au Dieu-Zizou !

C’est aussi la puissance de ce sport de déclencher cette indulgence tranquille qui fait assimiler les mérites de l’école républicaine à ceux de la réussite dans le fouteballe. Plutôt que de citer les exemples de success stories dans le monde affaires, de la science ou de la culture de la part de gamins issus de milieux défavorisés, on met sur un pied d’égalité le statut de pousseurs de ballons avec ceux de businessmen, de scientifiques ou d’artistes. Soutenir le foute c’est « populo » alors on compromet sur son degré d’exigence pour les apprentis-dealers de shit, on boit des Kronembourg devant des matchs à la télé et on met ses enfants dans des écoles privés des fois que leur ambition professionnelle serait de courir après une baballe sur le gazon.

Dans une vie plus mesurée on rêverait que le fouteballe revienne dans l’esprit des citoyens à ce qu’il est : un sport. Hélas, nous en sommes loin tant le marketing développé par ce business a réussi à en faire LE sujet numéro 1 dans le cœur des habitants de la planète. Le sport est une activité certes indispensable à la bonne santé de l’âme et du corps mais elle n’a jamais réglé les conflits sur terre, ni véritablement fait progresser l’Humanité vers un futur stable et apaisé. Alors il ne faut pas abdiquer pour autant et continuer à se battre pour favoriser la pensée plutôt que le muscle, l’éducation plutôt que le ballon ; c’est probablement ainsi que l’on progressera aussi dans les banlieues.

Une affaire de cornecul

Un jeune chargé de mission à la direction de cabinet de la présidence de la République, plus moins chargé semble-t-il de la sécurité personnelle du président, est attrapé et filmé en train de faire le coup de poing au côté des forces de police officielles lors des manifestations, violentes, du 1er mai à Paris. Le garçon se serait aussi fait communiquer illégalement des bandes de vidéo-surveillance par la police. Comme ce qu’il a fait n’était pas bien, et que la presse a découvert le pot aux roses, il a été licencié.

Le sujet fait depuis la une de l’actualité. L’opposition s’en est emparé et se trouve réunie pour attaquer le pouvoir en place, enfin un os à ronger consensuel, d’autant plus que le président ne moufte pas. Les « communicants » outragés défilent sur les plateaux télévisés pour expliquer combien la « stratégie de communication » de Macron est désastreuse.
Ledit Macron a décidé qu’il n’était pas aux ordres de ces usurpateurs de cartes de presse et qu’il leur parlerait quand il le déciderait. Les journalistes ne s’en remettent pas. Deuxième élément plutôt comique dans cette affaire de cornecul : le couple qui s’est fait brutaliser par ce « chargé de mission » n’est a priori pas un petit couple de touristes buvant tranquillement l’apéro à une terrasse de la Contrescarpe, mais des militants qui balançaient des projectiles sur les CRS, comme l’a montré une autre vidéo sortie un peu plus tard.

Macron a bien raison de prendre son temps pour communiquer et d’attendre d’y voir plus clair !

Hérésie républicaine

Un président de la République prend sur son temps de travail et dépense à cette occasion quelques deniers payés par les contribuables pour aller assister à des matchs de pousseurs de ballon à l’occasion d’un championnat du monde de cette spécialité qui se déroule en Russie. Il n’est pas sûr que ce soit la façon la plus efficace de faire son travail !

Il serait plus avisé d’œuvrer à ce que la France, qu’il est payé pour diriger, puisse concourir pour la coupe du monde de l’équilibre budgétaire.

Déni de réalité de la classe politique

Qu’est-ce qui rapproche le plus ces deux personnels politiques ? Sans doute un peu leur socialisme, leur positon de maire d’une grande ville, leur ambition aussi, mais surtout beaucoup leurs ridicules couleurs de cheveux. L’une et l’autre se teignent manifestement leurs cheveux qui devraient être blancs si elles n’y répandaient pas de produits chimiques pour masquer ce signe manifeste de leur âge.

Quand on regarde ces photos ou que l’on voit ces personnages à la télévision, le regard est immédiatement attiré par cette superficialité qui domine tout le reste, au détriment d’ailleurs de leur discours, promesses ou engagements parlés.

Comment faire confiance à des élus qui dépensent du temps et de l’argent pour masquer la réalité ? Comment ne pas penser qu’ils feront de même avec les comptes de la Nation ? Encore plus ridicule était le précédent président de la République qui, lui, n’avait déjà plus beaucoup de cheveux, mais en plus ratait sa couleur qui tendait vers le roux.

Le personnel politique français s’honorerait à travailler sur ses vrais dossiers et non pas des questions d’apparat qui ne servent qu’à satisfaire leurs égos et non point les citoyens dont les impôts payent leurs salaires !

La progéniture terroriste islamique sur le retour

Un djihadiste français converti capturé en Syrie se met à table, balance ses anciens amis et dévoile certains des projets des fameux frères Clain, autres djihadistes français convertis qui, semble-t-il, étaient proches du sommet du groupe terroriste religieux Etat islamique. Le plan était de former les gamins, les « Lionceaux du Califat », nés sur place en Syrie ou en Irak ou amenés avec leurs parents lorsqu’ils choisirent l’exil vers ces lieux de combat djihadistes, pour les renvoyer en Europe comme kamikazes.

La contraception étant plutôt contraire aux valeurs locales et le groupe voulant multiplier ses effectifs, la natalité est plutôt encouragée. Nombre de gamins sont et ont été élevés dans cette atmosphère de tuerie permanente au nom d’un Dieu. De nombreuses vidéos ont été publiées où l’on voit des enfants d’une dizaine d’années tuer des otages à coups de pistolet. Alors pourquoi ne pas les renvoyer dans les capitales mécréantes pour qu’ils continuent le job ? On imagine de plus que si un policier européen se trouve face à un enfant terroriste il ressentira sans doute un peu plus de préventions pour le « neutraliser ».

Compte tenu des reculs militaires du groupe Etat islamique pour le moment sur le terrain de guerre, ce projet n’a pour l’instant pas encore été mis en œuvre, mais on peut compter sur la foi de ses membres pour l’exécuter dès qu’ils en auront la possibilité.

Il faudrait un jour que les responsables adultes de telle stratégie aient à rendre des comptes devant la justice des hommes. Mais là encore l’Occident se trouve face à un dilemme car ces terroristes embrigadés par Dieu préfèrent la mort, gage de paradis, et n’ont pas peur de la justice humaine. Certains d’entre eux toutefois semblent avoir une foi un peu plus hésitante : c’est le cas par exemple de cette balance, Jonathan Geoffroy, qui aurait découvert avoir été « trompé » par l’Etat islamique et qui planifie naïvement de faire trois ans de prison en France avant de retrouver sa femme au Maroc pour y monter « une boutique de lingerie », alors qu’il risque jusqu’à trente années de prison. C’est le cas aussi de cette française, Mélina Boughedir, que l’on a vu à la télévision de faire condamner à la prison à perpétuité en Iraq avec son plus jeune enfant dans les bras, les trois premiers ayant été rapatriés en France chez leurs grands-parents, leur père étant probablement toujours en train de combattre quelque part sur le front, s’il n’a pas déjà été tué. Elle risquait la peine capitale.

Les uns et les autres expliquent qu’ils ont été dupés, l’une par son mari ou l’autre par l’Etat islamique en affirmant qu’ils n’ont pas participé à des opérations militaires : difficile à croire, impossible à vérifier ! Les survivants dont l’engagement est le plus flageolant, ou le mieux masqué, voudraient rentrer en France, pour y subir une justice démocratique ou poursuivre leurs actions mortifères de l’intérieur, on ne peut pas savoir. C’est la raison pour laquelle la France semble choisir l’option les faisant juger localement en Syrie ou en Iraq en prenant ainsi quelques libertés avec les usages démocratiques. Pour les djihadistes français qui ne seraient pas condamnés à mort ni exécutés cela ne fait que repousser le problème au jour de leur sortie de prison. Les enfants nés de parents français sont quant à eux discrètement rapatriés avec l’accord des autorités qui les détiennent. Lorsqu’ils ont été capturés ils sont donc revenus, ou en train de revenir, sur le territoire de la République et personne ne sait bien comment ils évolueront.

L’expérience des enfants-soldats n’est pas complètement inédite et les guerres africaines de ces dernières décennies ont permis de faire progresser la connaissance sur ce sujet. Mais la situation de gamins à qui l’on a fait commettre des actes cruels et barbares sur leurs prochains est relativement nouvelle. Nul ne sait s’ils seront « récupérables » ! L’avenir seul le dira.

Psychodrame franchouillard


L’Italie a élu un gouvernement composé de l’étrange alliage d’un parti d’extrême droite et d’un parti populiste. Ils se sont au moins mis d’accord sur un point qui consiste à vouloir réduire les flux de migrants pénétrant en Italie. L’Aquarius, un bateau affrété par une organisation non gouvernementale pour récupérer les migrants à la dérive sur des embarcations de fortune en mer Méditerranée, le plus souvent parties de Lybie, a l’habitude de débarquer ses naufragés sur les côtes européennes les plus proches, soit celles de l’Italie. Après plusieurs sauvetages, et alors que l’Aquarius est chargé de plus de 600 migrants, le nouveau gouvernement italien lui refuse l’accès à ses ports. Il s’en suit un psychodrame où les Etats riverains critiquent, se renvoient la balle et cherchent à tout faire pour éviter que ce bateau de la misère ne vienne accoster sur son territoire. Une bataille de chiffonniers au café du commerce.

La France ne brille pas par ses initiatives et donne à l’Italie des cordes pour se faire battre. On ne peut pas dire que Paris soit très volontaire pour accueillir des réfugiés, qu’ils soient politiques ou économiques, par contre la France est toujours présente pour critiquer et le président de la République mentionne en conseil des ministres la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ». Ni une ni deux le gouvernement italien ulcéré à bon droit propose à la France de s’appliquer à elle-même ses grands principes de générosité et d’accueillir les migrants de l’Aquarius. Le président français a perdu une bonne occasion de se taire et le temps à gérer cette polémique eut été mieux utilisé à se consacrer aux autres affaires de la France.

Au-delà de ces gamineries de cours d’école, vraiment peu à la hauteur de la position de leurs auteurs, la question des réfugiés requiert pour avancer discrétion et efficacité alors que nos dirigeants déploient gesticulation et immobilisme. Ce n’est pas brillant. Le président Macron s’honorerait à déroger à ces mauvaises habitudes.

De tous temps les habitants de pays pauvres ont frappé aux portes d’entrée des pays plus riches pour y tenter une vie meilleure. La mondialisation en œuvre depuis la fin du XXème siècle et le très significatif différentiel de taux de natalité entre riches et pauvres intensifient les flux d’immigration, dont la grande majorité se déroule entre pays pauvres et pays moins pauvres, provoquant d’ailleurs plus ou moins les mêmes réactions de rejet des populations des pays de destination.

Dans les pays occidentaux la considérable beaufisation du monde politique a généré la dramatisation actuelle du phénomène de l’immigration rendu responsable de tous les maux de l’Europe ou des Etats-Unis. De tous temps les peuples ont préféré trouver des boucs émissaires « étrangers » plutôt que de se remettre en cause. La difficulté est que ces peuples votent dans les démocraties, adhèrent facilement aux thèses populistes et élisent les pouvoirs qui diffusent ces thèses. Alors les dirigeants populistes appliquent leurs programmes et les autres sont bien obligés de prendre plus ou moins en compte ce rejet diffus de l’immigration. Nous en sommes là !

La capacité des Etats à décider légalement qui peut entrer sur leurs territoires et qui ne le peut pas n’est pas remise en cause mais il faut la mitiger avec les nécessités d’un minimum d’humanité et de sens de la mesure. C’est difficile et périlleux, et surtout c’est une œuvre de très longue haleine qui nécessite aussi l’élévation du niveau d’éducation de ces peuples, chemin auquel ne poussent pas les déclarations à l’emporte-pièce d’un Laurent Wauquiez en France ou d’un Salvini en Italie.

La conscientisation des peuples locaux devrait aussi être au programme mais comment faire devant un tel écart de niveaux de vie pour tarir le flux des départs de pays en proie à la dictature et la pauvreté, voire à la guerre ? D’autant plus que nombre de ces régions ayant été colonisées par l’Europe, les descendants des colonisés (sans parler des descendants des esclaves qui remontent à encore plus loin) se sentent investis d’un droit de créance sur l’Occident qu’ils entendent aussi faire valoir.

Le dossier ne progressera qu’avec de l’intelligence. Il n’est traité aujourd’hui qu’avec du clientélisme.

Le grand abrutissement

10/02/2016

Ca y est : la grande procession de l’abrutissement des masses par le fouteballe a démarré. Les fans se précipitent vers leur anéantissement en chantant comme les chrétiens se faisaient dévorer par les lions dans les amphithéâtres de Rome en priant leur Dieu. Le championnat du monde de fouteballe commence cette semaine en Russie. C’est un mois à venir de déchaînements populaires sur l’insignifiant, d’hystérie médiatiques sur l’inintéressant et même d’allusions politiques sur l’inexistant. Les performances des pousseurs de baballe vont occuper les esprits et les conversations durant quatre semaines, dans les écoles, dans les bureaux, dans les palais du pouvoir, les villes et les campagnes.

Le business de la bière et de la pizza va exploser en même temps que les neurones vont brûler. C’est un désastre annoncé de l’intelligence, une nouvelle défaite de la pensée à venir. C’est la coupe du monde de fouteballe, tout simplement

Propagande boursière et réclame gnangnan

Dans une interview publiée sur le journal de l’actionnaire d’Orange, le chef d’Orange Bank, nouvellement créée pour diversifier l’activité de l’opérateur de télécommunications, déclare :

Et parce que les clients d’Orange Bank sont les mieux placés pour mesurer ce qu’il leur est nécessaire et imaginer ce qu’ils aimeraient découvrir, leurs retours sont pris en compte pour faire évoluer et perfectionner notre service. C’est ça la culture de l’innovation ouverte !

« La culture de l’innovation ouverte ! » : on peut difficilement faire bla-bla plus clinquant et vide de sens. C’est la propagande boursière qui se poursuit d’ailleurs sur le site de la banque (www.orangebank.fr) où des photos de nunuches pleines de dents blanches se mélangent avec une population de jeunes souriants et heureux, illustrant la diversité et l’autosatisfaction, vantent les mérites de « la banque mobile » en alliant tous les poncifs possible en matière de publicité gnangnan et peu imaginative.

Orange Bank offre sans doute des innovations technologiques et commerciales à ses clients ; il est peu probable que son chef gagne un jour le prix Nobel de l’innovation de la réclame. Souhaitons quand même un avenir heureux à cette nouvelle banque en espérant qu’elle vienne un peu secouer le cocotier du secteur financier dont tomberont sans doute quelques branches mortes !

La force de l’habitude


C’est maintenant devenu une habitude à chaque attentat islamiste sur le sol français, comme un réflexe pavlovien, Laurent Wauquiez annone la même petite musique sur son compte twitter et les plateaux télévisés, jugeant que le gouvernement, quel qu’il soit d’ailleurs, sous la présidence Macron comme celle de Hollande, ne fait rien et laisse massacrer les citoyens français du fait de son laxisme et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

On ne peut pas complètement exclure que les dirigeants actuels et passés soient incompétents, que les différentes forces publiques actuelles et passées soient inactives, voir que l’idéologie qui anime les uns et les autres les poussent à laisser commettre des actes de terreur. On ne peut pas complètement l’exclure mais on peut aussi penser plus raisonnablement que beaucoup est fait pour limiter les dégâts : hausse significative des dépenses de sécurité, renforcement considérable des pouvoirs transférés de la justice vers l’administration, etc., et que des résultats tangibles sont atteints même si des meurtres continuent d’être commis au nom de Dieu.

Rappelons que le parti présidé par M. Wauquiez a majoritairement voté contre la loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » adoptée en octobre 2017. Sur un groupe de 100 députés : 5 ont voté contre, 9 se sont abstenus et 84 ont voté contre.

Le résultat du vote : http://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/138

Cette loi a fait passer dans le droit commun toute une série d’exceptions prévues dans l’état d’urgence. Les Républicains voulaient au contraire renforcer l’état d’urgence et le conserver. Du coup, à défaut d’être efficace à l’assemblée nationale Laurent Wauquiez dégoise sur Twitter plutôt que de voter les lois.

La Turquie impérieuse

L’hebdomadaire Le Point fait sa une sur la Turquie en affichant en page de couverture une photo de son président sous le gros titre : « Le Dictateur – Jusqu’où ira Erdogan ? ». Des manifestants turcs résidents en France, dont on ne sait pas s’ils ont également la nationalité française, forcent des kiosquiers à retirer l’affiche de la une du Point de leurs kiosques. La rédaction du journal explique être victime d’une campagne de « harcèlement, insultes, injures antisémites ». Les affiches sont remises en place après intervention des autorités françaises.

Cette situation n’est pas véritablement étonnante ni même vraiment inquiétante, mais elle est symptomatique de l’avènement de pratiques propres à ces nouvelles entités appelées parfois « démocratures », alliant démocratie et dictature. Qu’elles soient d’inspiration religieuse comme la Turquie, ou d’obédience plus humaine basée sur la simple volonté de puissance et d’impérialisme comme la Russie, ces nouveaux Etats cherchent à s’imposer au reste du monde non seulement militairement quand ils le peuvent, mais aussi par leurs idées et leurs façons de vivre.

Ainsi nous voyons des soutiens d’un président turc intervenir violemment à l’étranger contre la liberté d’expression propre à ce pays, la Russie perturber des processus électoraux dans des pays occidentaux pour tenter d’y faire élire des candidats de leurs choix, généralement ceux susceptibles d’amener le chaos dans leurs pays une fois élus (Le Pen en France, Trump aux Etats-Unis) et favoriser l’émergence de la puissance de leurs parrains. A l’extrême, des mouvements terroristes actuels inspirés par des courants religieux moyen-orientaux cherchent aussi à modifier profondément les modes de vie en semant le chaos dans leurs pays cibles, occidentaux souvent mais pas toujours.

Le concept « d’agit-prop » (agitation et propagande) n’est pas vraiment nouveau et les occidentaux n’ont pas été les derniers à le développer. La radio américaine Voice of America a pendant des années diffusé sa propagande vers les pays du bloc soviétique pour les convaincre d’abandonner Moscou, la France postcoloniale n’a pas lésiné sur les moyens durant des décennies pour faire prospérer la Françafrique après des indépendances données à ses anciennes colonies. Durant la période coloniale, l’Eglise catholique a aussi puissamment œuvré pour convertir, parfois de force, des populations de va-nu-pieds.

Non, ce qui est nouveau c’est que cette « agit-prop » déroule ses effets perturbateurs désormais au cœur des démocraties occidentales et, qui plus est, menée par les va-nu-pieds d’antan. C’est la réponse du berger à la bergère. Elle caractérise la perte de puissance et d’influence des démocraties occidentales, accentuée en interne par la baisse de moral de leurs populations.

Que l’on se rassure, tout n’est pas perdu pour l’Occident et son mode de vie et de liberté continue à attirer comme un aimant, la vague actuelle des migrants le démontre jusqu’à l’absurde. Même la Turquie met au premier plan de ses préoccupations politiques l’assouplissement dans la délivrance des visas européens à des citoyens turcs. Il y aurait a priori plus de demandes pour entrer en Europe depuis la Turquie que l’inverse. Il faut laisser passer ces caprices de gamins mal élevés, ces comportements passeront sans doute à la Turquie avant que la France ne s’en fatigue. Ce pays a probablement eu plus à souffrir des temps de sa puissance que de ceux de son ouverture à l’Occident. Il aura plus à regretter de sa « démocrature » que de la démocratie. Son peuple s’en rendra bien compte un jour et reviendra à de meilleurs sentiments.