Privatiser ou ne pas privatiser

Encore un débat franchouillard inutile : la République prévoit des modifications dans la gestion de ses actifs comme le fait très normalement tout détenteur d’un patrimoine. Un projet déclenche un hourvari général de l’opposition, de l’extrême gauche à son pendant d’extrême droite, en passant par les partis républicains placés au milieu : la poursuite de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), société déjà détenue à 49,4% par des acteurs privés qui possèdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la forme il s’agit d’un mécanisme compliqué qui permettra à l’Etat de récupérer la pleine propriété des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur la gestion de l’ensemble à confier à un nouvel opérateur ou à réintégrer dans le domaine public.

Tous les arguments et leurs contraires sont débités par les opposants professionnels qui s’agitent dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place. On voit même la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle a de tous temps promu les privatisations après s’être opposée aux nationalisations « idéologiques » réalisées à différentes reprises par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les Républicains, après avoir soutenu récemment les émeutiers en gilet jaune, s’être opposé à la baisse des emplois aidés décidée au début du quinquennat actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en déclarant « …on brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgétaires ». Oui, c’est tout à fait et il faut effectivement boucher l’abysse du déficit budgétaire alors la République, comme tout ménage qui serait dans la même situation, va, non pas « brader », mais monétariser quelques-uns de ses actifs pour essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette opération, à laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un fonds pour l’innovation.

Peut-être que le parti Les Républicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores électoraux. Il arrive un moment où les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance à perdre l’électeur, voir à le faire fuir !

L’élément nouveau dans cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposés (du parti communiste à Les Républicains) pour déclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) tel que prévu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la première fois qu’un tel référendum serait ainsi mis en œuvre à l’initiative du parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps électoral en signe la demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la démarche réussit, cela démontrerait par l’absurde que finalement cette procédure de RIP peut être déclenchée si « le peuple » en manifeste la volonté et qu’elle n’a pas vraiment besoin d’être réformée comme le réclame à cor et à cri. Pour le moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration, ensuite il faudra tout de même se déplacer physiquement et voter pour ou contre.

D’ici là, le processus de privatisation de cette société est bloqué en attendant (i) de savoir si 4 millions d’électeurs veulent l’organiser le référendum et (ii), en cas de réponse est positive, ce que votera in fine le corps électoral dans son ensemble. Ainsi va le cheminement tortueux de notre vieille démocratie.

Le retour des enfants des terroristes religieux français

Comme annoncé, la France rapatrie au compte-goutte certains enfants mineurs de terroristes français partis participer à aux guerres religieuses du Proche et Moyen-Orient. Ces gamins, parfois orphelins, de nationalité française (même si pour ceux nés sur les champs de combat on peut imaginer qu’ils n’aient pas été déclarés au consulat de France…), sont exfiltrés de camps de prisonniers tenus par des forces kurdes en Syrie. Une dizaine sont arrivés ces jours-ci dans un avion de l’armée française et immédiatement placés dans des structures chargées d’abord de les soigner puis de les encadrer pour tenter de les remettre dans la société civile que leurs parents avaient voulu fuir pour rejoindre celle de leur Dieu. Ce n’est pas la première vague de retour et ce ne sera pas la dernière. Dans certains cas, leurs parents toujours vivants ont donné leur accord pour ce rapatriement, eux devant maintenant rendre compte de leurs actes aux justices locales dont ils dépendent.

Cette politique du cas-par-cas appliquée par la République est sans doute la moins mauvaise de toute la palette disponible. La discrétion dans laquelle elle est menée est indispensable. Est-elle risquée ? Oui, certainement, une partie de ces gamins a dû être programmée par une éducation religieuse extrémiste et on imagine sans peine le niveau de traumatisme vécu par ceux qui ont vu, voire participé, aux actes de guerres ainsi qu’aux massacres barbares d’un autre âge commis par leurs parents. Des vidéos ont été diffusées montrant des assassinats d’otages commis par des enfants. Certains ne sortiront sans doute jamais de cet embrigadement intellectuel et feront sans doute encore parler d’eux dans le futur.

Leur retour en France ou leur maintien en exil ne change finalement pas grand-chose au problème, ne l’aggrave véritablement ni ne le résous. L’interrogation reste la même : comment nos sociétés capitalistes occidentales ont pu générer une telle dérive de ses enfants prêts à retourner leurs âmes et leurs armes contre leur patrie, souvent en faisant preuve d’une barbarie rarement égalée depuis les camps nazis, le tout au nom d’un Dieu !

La politicaillerie franchouillarde s’empare évidemment du sujet avec son simplisme habituel, attisant les bas instincts de Café du commerce, toujours à fleur de peau sur ces sujets traumatisants. Chacun y va de sa solution entre les déchoir de leur nationalité française, les laisser où ils sont et les rapatrier automatiquement. Ces gamins sont de toutes façons une mine de problèmes présents et futurs, où qu’ils soient ou seront. Il faut bien faire avec, les solutions extrêmes proposées par certains n’étant pas une option. Il est des circonstances où un Etat doit savoir aller contre l’avis de sa population, un pouvoir socialiste l’a fait en 1981 en abolissant la peine de mort contre l’avis de Mme. Michu, les dirigeants actuels le pratique en reprenant, au compte-goutte, ces mômes égarés par la folie de leurs parents. C’est l’honneur de la République !

Les fraudeurs de Levallois

Le procès du couple Balkany pour fraude fiscale et corruption se déroule sans Mme. Balkany qui se remet à l’hôpital d’une tentative de suicide après avoir publié sur Facebook un long message se terminant par « #Jesuisfatiguée et, comme c’est la Fête du Travail, je vais en profiter pour faire une grosse sieste… »  Elle est a priori tirée d’affaires et ses jours ne seraient plus en danger.

Son absence n’empêche pas le procès de battre son plein et de frôler parfois la franche rigolade, notamment pour ce qui concerne la propriété du riad de Marrakech où le couple se rend régulièrement et dont le véritable propriétaire se cache derrière un montage juridique anonyme et très branché paradis fiscaux. M. Balkany affirme que cette demeure est détenue par un homme d’affaire originaire du golfe persique ayant été en affaires avec la ville de Levallois dont il est le maire, et qu’elle est gracieusement mise à sa disposition. L’affairiste en question est présent à la barre et explique qu’il n’a pas besoin de sociétés prête-noms pour détenir des propriétés à travers le monde entier, il réfute donc être propriétaire de ce riad. On ne sait pas à qui appartient cette demeure ! On ne sait pas à qui sont payés les loyers mais la seule chose qui est connue c’est que la famille Balkany l’occupe très régulièrement, au moins une certitude qui n’est contestée par personne.

Comme une situation similaire avec une villa à Saint-Martin dans les Antilles avait finalement abouti à l’aveu par Mme. Balkany que cette propriété était bien la leur, la justice à quelques doutes également pour celle de Marrakech.

Le procès déballe tout un tas de piteux secrets d’une famille d’aigrefins qui a passé sa vie à frauder sur le fil étroit de la légalité. Il est question d’argent liquide, de billets de 500 EUR dans les poches des peignoirs, de comptes offshore, de commissions occultes, d’affaires immobilières douteuses, de prête-noms, d’avions privés, etc. Même le fils est failli après avoir investi dans des plateformes dédiées au poker et payé la caution de sa mère pour lui éviter la prison…

Tout ce petit monde fraude à hauteur de revenus et d’actifs largement supérieurs à la moyenne et dont l’origine n’est pas toujours claire. Nombre de citoyens fraudent également le fisc, chacun en proportion de ce qu’il gagne. Le « bonus » des Balkany c’est qu’en plus de frauder ils sont élus. Le matin ils votent l’impôt au parlement et dans leur conseil municipal et l’après-midi ils dérogent aux règles qu’ils ont votées. Le fait d’être élus est avancé par eux comme un blanc-seing pour contrevenir à la loi et une absolution donnée par les électeurs. Patrick Balkany rappelle ce fait devant le tribunal avec sa gouaille et sa vulgarité habituelles ; pas sûr que les juges ne se laissent convaincre aussi facilement que les électeurs. En tout cas, il y a déjà quelques années que la droite conservatrice officielle (RPR, puis UMP et LR) a cessé d’être convaincue et refuse de lui donner son habilitation pour les élections municipales auxquelles il se présente « sans étiquette ».

La famille Balkany, c’est l’archétype du mélange douteux entre intérêt général et affaires particulières. Malheureusement cela ne choque plus grand monde dans une société qui privilégie l’individualisme au-dessus de tout. D’ailleurs, au Café du commerce le sujet Balkany est la plupart du temps évoqué avec un petit sourire, voire un soupir d’admiration et d’envie.

Que la justice passe !

Le bal des traîtres bat son plein !

A la suite des mauvais résultats enregistrés aux dernières élections européennes par les partis de gouvernement français traditionnels, le bal des traîtres a débuté. Les plus emblématiques dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans conteste chez Les Républicains. Après la démission de leur chef Laurent Wauquiez dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace à l’occasion de cette élection, Valérie Pécresse, toujours un pied dedans un pied dehors depuis des mois, a finalement franchi le pas et sauté à pieds joints en dehors du parti pour une destination assez floue pour le moment.

Voilà qu’aujourd’hui 72 élus Les Républicains publient une tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au président de la République. A gauche ce n’est guère plus brillant et La France Insoumise affronte également une vague de départs et de contestations répandue sur la place publique et dans les réseaux dits sociaux.

C’est la débâcle ! Comme la banquise qui se désagrège au printemps dans le golfe du Saint-Laurent, les élus déboussolés se noient, se percutent et se déchirent, cherchant vers quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relève dans ce comportement de convictions mollassonnes ou, plus prosaïquement, de la volonté de se rapprocher d’une écurie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines échéances. Après tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants à la fin du mois on hésite moins à tourner sa veste.

Ce que semble entériner ces fuites en rase campagne c’est la congélation du débat dans ces partis et le renoncement des impétrants à pouvoir le changer de l’intérieur. Les dinosaures continuent à phagocyter le pouvoir et les idées sans volonté de partage. Les jeunes générations politiques n’arrivent pas à les pousser dehors et on a vu avec consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux être élus députés européens la semaine dernière. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait pas encore sur quel bateau ils vont déposer leurs paquetages. Ces partis contestés ont encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un peu d’intelligence et d’humilité, survivre à la tempête. Qui sait si dans dix ans la République n’aura pas un président Les Républicains ? En attendant, le radeau de la méduse dérive un peu pour trouver un abri !

Michel Serres est décédé à 88 ans

Michel Serres (1930-2019) est mort samedi dernier. C’était son heure mais il n’est pas sûr que l’on retrouve de sitôt un philosophe vulgarisateur de son niveau. Avec sa faconde et son optimisme il a apporté, d’abord dans son œuvre, mais aussi beaucoup dans les médias, de l’intelligence et de l’analyse dans une société de plus en plus abrutie par la publicité et le zapping. Il a constamment élevé l’esprit et privilégié la raison, avec humour et sourire. C’est une bonne méthode, qui laissera des traces. Certains sauront peut-être s’en inspirer.

Que la terre lui soit légère !

Retour modeste

Alors que le Figaro Magazine annonçait il y a peu en couverture : « la droite est de retour » sur fond du ravi de la crèche et des ruines de Notre Dame de Paris, il apparaît que ce retour est plutôt modeste (8% et quelques des suffrages exprimés) et provoque un peu d’émotion dans les rangs conservateurs au point que leur chef a annoncé sa démission ce soir. Il a tout de même assuré l’élection de Nadine Morano et Brice Hortefeux qui étaient respectivement numéros 4 et 5 de la liste européenne : hommage et respect aux anciens. Il a surtout beaucoup innové en enfilant un gilet jaune sur un rond-point lors des émeutes fin 2018, en défendant les emplois aidés lorsqu’ils ont été sérieusement limités par le pouvoir actuel pour faire des économies et par conviction économique et il lutte actuellement contre la privatisation d’Aéroports de Paris détenu en partie par le contribuable national contre tous les principes de l’économie libérale pourtant chers à cette droite conservatrice.

Cette ligne en zig-zag, le développement d’une langue de bois en chêne massif contre l’Europe, le concept de double-frontières contre l’immigration que personne n’a vraiment compris, plus quelques sorties sur les sujets sociétaux ont emporté 8% des électeurs. C’est ainsi, le parti a compté le soutien à ses idées et ce n’est finalement pas si mal payé ; d’autres partis traditionnels ont fait bien pire. Il reste un socle de 8% et Les Républicains vont bien arriver à se reconstruire (on dit d’ailleurs « se refonder » en jargon politique), il suffit de renouveler un peu le personnel de ce parti et de sélectionner les nouveaux dirigeants plutôt sur l’intelligence et le bon sens que sur les copinages et les renvois d’ascenseur (cf. l’ineffable tandem Morano/Hortefeux). Bien sûr, aujourd’hui ont déjà démarré le bal des faux-jetons et la ronde des traîtres. Le parti va se purifier avec le départ naturel des plus faibles, ceux qui n’ont pas de réelles convictions et lorgnent déjà le fumet de la bonne soupe du voisin. Il repartira bien d’une façon ou d’une autre.

Effet collatéral direct de cette démission, nombre de nos lecteurs s’inquiètent de la survie de notre rubrique « L’instant Laurent Wauquiez » ! Qu’ils se rassurent : d’abord l’impétrant n’est pas mort et va certainement nous régaler encore longtemps de ses galéjades méritant publication et publicité, ensuite, la rédaction vient de décider d’élargir cette rubrique à l’ensemble des élus français déployant des comportements similaires à celui de M. Wauquiez c’est à dire : intelligence et mauvaise foi, conservatisme et retournements de veste, opposition permanente et absence de propositions… On peut prévoir un avenir radieux à la rubrique !

Les femmes s’y mettent

Après avoir vu le fouteballe masculin abrutir toute une frange de la population française par décérébration progressive de millions de personnes, voici maintenant le fouteballe féminin qui arrive. La République organise même la semaine prochaine un championnat du monde de foute de filles à Paris. Evidemment elles n’ont pas encore l’aura de la bande de crétins surpayés qui envahissent les ondes et les cerveaux, mais elles ont encore une « marge de progression » importante ! Cela veut dire que le fouteballe va envahir encore plus les plateaux médiatiques, les conversations de Café du commerce, les dîners de famille et les neurones de 65 millions de français. Accessoirement, cela veut dire aussi encore plus d’argent public jeté par les fenêtres en faveur de pousseurs de baballe : un championnat du monde organisé en France l’est au frais des contribuables bien entendu.

Une nouvelle défaite de la pensée et de l’intelligence !

La droite conservatrice en plein marasme

Le parti Les Républicains est en pleine descente aux enfers après le score de 8 et quelques % réalisé aux élections européennes dimanche dernier, qui a déçu certains et semblé surprendre tout le monde. Sa tête de liste le gentil philosophe catholique Bellamy est aux abonnés absents et le grand chef à plumes Laurent Wauquiez, après avoir rendu responsable le président de la République de ce score a décidé d’organiser des états généraux de son parti en septembre prochain. Soit !

Ce que ne dit pas cette affiche bien propre c’est juste derrière ces trois ravis de la crèche se cachent les numéros 3 et 4 de la liste électorale : Nadine Morano et Brice Hortefeux qui ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année. Ces deux zigotos viennent donc d’être élus députés européens pour représenter la France au parlement européen durant les cinq prochaines années et aux frais des contribuables européens. C’est assez navrant !

Peut-être ne faut-il pas chercher beaucoup plus loin la raison de ces 8% qui doivent être finalement assez proche du niveau de popularité de ces deux dinosaures de la politique conservatrice, qui traînent depuis des décennies dans les couloirs du pouvoir. L’un des thèmes à mettre en avant lors des états généraux serait sûrement : comment renouveler le personnel politique présenté aux suffrages des électeurs.

Imaginer un seul instant que Nadine Morano est repartie pour cinq années de mandat européen fait juste frémir d’horreur comme l’illustre le niveau de crétinerie hors catégorie de l’un de ses tweets pris au hasard dans une longue liste, enrichie tous les jours :

Des sondeurs incompétents

Comme assez souvent ces dernières années, les vendeurs de sondages ont commercialisés des produits plutôt avariés. Ils se sont beaucoup trompés, sur le taux de participation comme sur les résultats de nombreuses listes aux élections pour le parlement européen qui se sont tenues hier. On ne peut guère les blâmer de leurs erreurs tant la prévisibilité du vote de Mme. Michu présente un écart-type considérable. En revanche ce qui est assez stupéfiant c’est qu’ils aient encore autant de clients pour dévorer ces produits avariés, du côté de la presse comme du côté des partis politiques !

Durant la campagne électorale, la plupart des sujets de débats médiatiques portaient sur les sondages, pas sur les programmes. Le lendemain même de cette élection où ils se sont tant trompés, les vendeurs de sondage plaçaient encore leurs produits avec des questions fondamentales du genre : « faut-il que le président de la République change de programme ? »

Ils ont quand même eu à se justifier sur la piètre qualité de leurs prestations et certains ont trouvé une explication plutôt inattendue et d’une mauvaise foi de première catégorie : ce serait l’affaire Vincent Lambert qui aurait fait changer d’avis au dernier moment nombre des électeurs. Il faut quand même oser ! Vincent Lambert est ce malheureux patient dans un état végétatif depuis dix ans à la suite d’un accident de voiture, sans espoir médical de rémission, et dont la famille se déchire devant la justice pour savoir s’il faut arrêter ses traitements au non. Les atermoiements de la justice ayant connu un dernier épisode quelques jours avant le scrutin, le jeune catholique militant menant la liste de Les Républicains y est allé de son couplet sur « il n’y a pas de vie indigne d’être vécue » ce qui, outre son opposition à l’avortement, est en accord avec ses convictions religieuses affichées et aurait détourné une partie de ses électeurs au dernier moment et expliquerait le score de 8,5% de ce parti.

C’est possible, comme le contraire est également probable. Le mieux serait de ne plus faire autant de battage sur les sondages mais d’analyser les programmes proposés aux électeurs. A moins que l’on ne lance un sondage auprès de ceux-ci avec la question :

« Voulez-vous continuer à voir l’argent public dépensé auprès d’officines de sondages qui délivrent depuis des années des prévisions erronées qui ne servent à pas grand-chose sinon à créer de l’émotion inutile, ou préférez-vous que cet argent et le temps perdu par tous sur ces sondages sans intérêt soient consacrés à plus d’analyse et d’intelligence ? »

Des résultats électoraux inattendus

Les partis de gouvernement historiques sortent laminés de l’élection française au parlement européen qui s’est déroulée aujourd’hui. Le PS associé à Place publique emporte 6,2% des suffrages et Les Républicains 8,5%, ce qui est fort peu pour des partis qui ont dirigés la France depuis l’après-guerre. C’est un peu la confirmation de leurs scores aux élections présidentielles de 2017 mais on dirait qu’ils n’arrivent pas à renouveler leurs idées et, surtout, leur personnel.

C’est particulièrement intéressant dans le cas de Les Républicains qui avaient placé Nadine Morano en n°4 et Brice Hortefeux en n°5, et l’on avait échappé de justesse à Rachida Dati qui avait renoncé pour se consacrer aux élections municipales parisiennes. On ne peut pas dire que cette liste fleure bon le renouvellement des personnes…

Ce soir, le chef de ce parti, Laurent Wauqiez, a déclaré :

Le Président de la République a fait un choix lourd de conséquences, en réduisant le débat européen à une croisade contre Marine Le Pen pleine d’arrière-pensées, ce qui n’a abouti qu’à une seule chose : faire progresser les extrêmes. Il a une lourde responsabilité. Il n’a pas été un rempart contre le Rassemblement national, il a été ce soir l’artisan de leur progression.

On ne peut pas dire que ce genre de pleurnicheries fleure bon le renouvellement des idées ni un sens aigu des responsabilités… Pas sûr que la barre ne se redresse pour les prochaines élections !

La nouvelle mode écologique

Un mouvement de la jeunesse mondiale (plutôt localisé dans les pays développés) prend fait et cause pour l’écologie et manifeste son engagement par des voies et moyens variés. En Europe, et notamment en France, des lycéens et étudiants font grève tous les vendredis pour défendre la planète. On voit par ailleurs à Paris des associations non gouvernementales attaquer l’Etat français en justice pour « inaction climatique ».

Tout ceci est bien sympathique mais sans doute un peu vain. Certes l’Etat a sa responsabilité pour guider la transition écologique mais celle-ci ne se fera qu’à condition d’un changement des modes de vie et la population mondiale, et celui-ci ne semble pas encore pour demain. Mais dans notre époque de déresponsabilisation générale, on se retourne contre l’Etat lorsque l’on a des revendications quelles qu’elles soient.

A quoi sert une grève des lycéens et étudiants tous les vendredis ? A pas grand-chose bien entendu. Cette jeunesse serait un peu plus crédible si elle restait en classe le vendredi dans ces lieux de savoir, lycées et facultés, financés par les contribuables, mais si, par exemple, elle s’engageait à la place à ne pas brancher ses smartphones chaque semaine le vendredi afin de mettre au repos les serveurs de Facebook et Instagram, ou à aller passer ses vacances dans le Cantal plutôt qu’en Thaïlande ! Et puis les mêmes qui attaquent l’Etat furent les premiers à lui faire abandonner l’augmentation des taxes sur les carburants polluants dans des mouvements divers, des « bonnets rouges » aux « gilets jaunes ». En réalité, on peut craindre que la planète ne change ses modes de vie que lorsque les coûts de la pollution seront réellement facturés aux utilisateurs, individus, collectivités ou nations. Pour le moment, le jeune en grève le vendredi ne supporte pas vraiment les coûts de la montée des eaux ; au contraire, ses vacances à Bali sont de moins en moins onéreuses. C’est seulement lorsqu’il doit payer que le système capitaliste et les citoyens s’adaptent. Ce n’est peut-être pas très moral mais c’est ainsi. Il sera alors peut-être trop tard mais il faut souhaiter que, le moment venu, le changement soit suffisamment rapide pour rattraper le retard. On est en plein conflit entre le court-termisme du système et le long-termisme de l’écologie. C’est théoriquement la grandeur et la noblesse de la politique d’avoir à gérer cette contradiction, mais ce n’est pas facile.

Des slogans racoleurs vides de sens

Les tracts électoraux des 34 listes aux élections parlementaire européennes, tout au moins pour celles qui ont eu les moyens d’en émettre, sont parsemées de slogans naïfs, dans le meilleur des cas, racoleurs dans les autres, dignes du Café du commerce après 4 tournées de Ricard. Ils relèvent souvent au mieux de l’incompétence, au pire du mensonge, tant ils semblent ignorer que nombre des revendications affichées relèvent de politique purement nationale, la fiscalité par exemple. On voit par ailleurs des concepts étranges comme la double frontière « européenne et nationale » ; comment fait-on, l’une est en principe exclusive de l’autre ? Quand on passe la frontière française à Genève, rentre-t-on en France ou en Europe, ou les deux ?

Tous, en tous cas sous-estiment la complexité d’emporter les décisions lorsqu’on est 28 ou 27 autour de la table avec 28 ou 27 avis différents. Augmenter le pouvoir d’achat est certes un objectif noble mais est-ce que les bulgares et les allemands se mettront d’accord sur un salaire moyen commun compte tenu de leur différence de niveau de vie ? Sans doute difficilement. En attendant si la France veut augmenter son SMIC elle peut tout à fait le faire de son propre chef avec une loi votée par son parlement national ; mais si elle ne veut pas faire cavalier seul sur un sujet qui touche à la compétitivité, il suffit de s’entendre avec ses 27 partenaires

En vérité, l’Europe est un vieux et grand projet, pétrie d’une Histoire tragique, qui a déjà beaucoup donné à ses citoyens. Elle doit continuer à évoluer et elle le fera contre vents et marées, sur la base du consensus car aucun pays ne peut imposer ses vues aux autres, et c’est bien ainsi. Il faut négocier puis voter sur base de majorités qualifiées ou d’unanimité selon des procédures que les pays eux-mêmes ont décidés dans les traités qui régissent l’Union. Ainsi va la vie communautaire, un peu comme dans les familles.

Le bon sens devrait normalement triompher des populismes, ou en tout cas reprendre le flambeau de ceux-ci après leurs échecs programmés. Il est sûr qu’on ne peut qu’être sceptiques lorsque l’on mesure la stupidité de ces tracts électoraux. Ils sont hélas le lot commun des campagnes électorales françaises mais une fois face à leurs responsabilités, les élus européens  retrouvent généralement le chemin du réalisme au parlement, celui de la vraie vie, bien loin de saillies médiatiques de plateaux télévisés qu’ils croient nécessaires de proférer pour être réélus.

Florilège :

Donnons le pouvoir au peuple… Rétablir la démocratie en France en en Europe en respectant les citoyens – c’est possible ! (Rassemblement national)

Pour stopper l’immigration de masse, il faut imposer une double frontière, européenne et nationale. (Les Républicains)

Nos eurodéputé.es se battent et se battront pour augmenter les salaires de celles et ceux qui travaillent, et mettre fin à l’évasion fiscale de celles et ceux qui truquent et trichent. (Génération.s)

Respectons les votes des français ! Rendons à chaque pays le contrôle de ses frontières, de ses lois et de son budget. Mettons fin aux normes européennes absurdes. Instaurons le Référendum d’initiative citoyenne – RIC. (Debout la France)

Mettons fin aux inégalités salariales et garantissons les droits des femmes pour écrire une nouvelle page du progrès social. (Europe Ecologie)

Une fiscalité juste et une régulation financière efficace. (PS/Place Publique)

Envoyons des parlementaires de combat pour défendre au niveau européen nos services publics, le protectionnisme solidaire, le climat, la justice fiscale et nos droits sociaux. (La France Insoumise)

Défendre nos conditions de vie et notre pouvoir d’achat exige de s’affronter à la grande bourgeoisie qui tient les commandes. (Lutte Ouvrière)

La France doit se ressaisir. Elle doit cesser d’obéir à Bruxelles et aux lobbys. Elle doit adopter les mesures voulues par la majorité des Français : la hausse des salaires et du pouvoir d’achat, le référendum d’initiative citoyenne (RIC) en toutes matières, le retour de l’emploi en France par la réindustrialisation… (UPR)

Supprimer les 700 milliards de contributions nationales pour que l’Europe ne soit plus financée par nos contribuables mais par une taxe sur les transactions financières, sur les produits importés polluants et sur les visas touristiques. (UDI)

Création d’une clause de non-régression sociale : un Etat membre pourra s’opposer à toute décision de l’UE qui conduit à dégrader nos conditions de vie. (PCF)

Etc. etc.

L’impayable François Asselineau !

L’impayable François Asselineau continue à labourer son sillon pour la sortie de la France de l’Union européenne (ainsi que de la zone euro et de l’OTAN) en affichant sa bobine sur les affiches électorales de la campagne pour le parlement européen. Haut fonctionnaire de la République, formé à HEC et à l’ENA, il a travaillé dans quelques cabinets ministériels de droite et a été conseiller municipal de Paris durant quelques années. Il se présente à toutes les élections en ne recueillant que quelques miettes ne lui permettant pas d’être élu (sauf une fois) et encore moins de se faire rembourser de ses frais électoraux. Comme il engage tout de même des dépenses sans doute substantielles, on se demande comment il les finance. Si c’est sur ses ressources personnelles on peut au moins s’incliner devant cet altruisme politique plutôt inédit, comme devant sa constance dans ses idées.

En tout cas, son programme unique de sortie de l’Europe et de l’OTAN ne semble guère soulever l’enthousiasme des foules. Il est peu probable qu’il en soit autrement dimanche prochain.

Edouard se lâche, enfin !

A défaut de parler de leurs programmes électoraux, les responsables politiques se titillent sur leurs comportements ou leurs habitudes. En l’occurrence le premier ministre fait référence à la « droite Trocadéro » en souvenir de ce mémorable meeting du candidat Fillon sur la place du Trocadéro en 2017, sous une pluie battante, alors que submergé par les affaires de prévarication et de malversation il tentait encore de s’accrocher à sa candidature. Fui par tout le monde, même son pré-carré l’avait trahi, il ne restait que ses électeurs à la foi indestructible. On dit que l’équipe du candidat en déroute avait rameuté l’association religieuse conservatrice Civitas et l’on a vu à la télévision quelques redoutables interviews de membres de ce clan.

Alors Edouard Philippe fait un peu dans la facilité avec cette saillie de bas étage, il nous avait habitué à plus de bienveillance, mais il nous fait tellement rire qu’il ne faut pas s’en priver ! La droite « Trocadéro » devrait rester dans les annales des petites phrases médiatiques.

Commérage de dîner en ville

Entendu dans un dîner en ville de convives qui ne lisent pas les programmes électoraux : « Macron va dans le sens du vent et se lance dans l’écologie pour embobiner les électeurs pour le futur parlement européen ; 9 points sur 10 de son programme sont verts. »

Vérification faite sur le site de la liste « Renaissance » du parti politique fondé par le président, seul 1 point sur 9 concerne l’écologie. Qu’on en juge sur les têtes de chapitre :

  1. Faire de l’Europe une puissance verte  
  2. Bâtir l’Europe de la justice sociale et fiscale  
  3. Faire respecter l’Europe dans la mondialisation  
  4. Donner à l’Europe les moyens de se défendre  
  5. Faire respecter nos valeurs et nos frontières  
  6. Unir autour de l’identité européenne  
  7. Rendre l’Europe aux citoyens  
  8. Pour une politique féministe européenne  
  9. Réussir la Renaissance européenne  

On dirait que cette année encore les électeurs français vont se prononcer sans avoir lu les programmes proposés.

La France a le bonjour du groupe Etat islamique

Le chef du groupe Etat islamique, Al-Baghdadi, dont on ne savait plus bien s’il était vivant, mort ou blessé, réapparaît sur un enregistrement vidéo récent dont l’authenticité n’a pas été remise en cause à ce stade par les services occidentaux. Il a l’air plutôt en bonne forme, semblant même avoir pris du poids. Il pose à coté de la traditionnelle kalachnikov et donne des nouvelles. Il rend hommage, notamment, aux frères Clain, des français convertis à l’islam et qui sont montés assez haut dans la hiérarchie du groupe terroriste (l’un a été annoncé comme tué par un drone occidental, l’autre on ne sait pas trop). Il continue de prôner un long combat contre l’Occident et cite la France tout particulièrement qui tient toujours la corde du petit-Satan, juste derrière le grand que sont les Etats-Unis.

Cet homme est très recherché, il fait preuve d’un talent certain pour se cacher et se mettre à l’abri des forces occidentales qui doivent déployer la dernière énergie pour l’éliminer. Jusqu’ici, il résiste. Avec ou sans lui, son organisation en cours de redéploiement après ses défaites territoriales va continuer encore longtemps à tuer… au nom de Dieu.

Six mois d’émeute à Paris

Ce 1er mai a vu se réaliser la convergence des râleurs, le traditionnel défilé syndical a dû partager la rue avec les émeutiers qui l’occupent tous les samedis depuis six mois, y compris leur courant ultraviolent d’extrême gauche. Celui-ci s’est distingué à Paris notamment en attaquant ses habituelles cibles capitalistes ainsi que le commissariat de police du XIIIème arrondissement.

La CGT qui a l’habitude de la tête de ce genre de cortège a dû en rabattre un peu sur ses ambitions et, alors que son secrétaire général, l’ineffable moustachu Philippe Martinez, se préparait à asséner un « point-presse », des échauffourées entre la police et les émeutiers ont forcé le moustachu à reculer quelque peu et repousser son « point-presse ». Aussitôt la CGT s’est répandue contre les attaques « inouïes » des forces de police contre la liberté syndicale. La situation est assez risible et le citoyen se demande légitiment : « à quoi peut donc bien servir un point-presse de la CGT au milieu d’une manifestation du 1er mai ? ». La démocratie se remettra du report du « point-presse » de la CGT !

Moins drôle, un groupe d’émeutiers a envahi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en forçant les grilles d’entrée et tentant d’envahir un service de réanimation dont le personnel a réussi à bloquer l’entrée. S’en est suivi une polémique franchouillarde comme celles dans lesquelles notre personnel politique adore se vautrer plutôt que de s’attaquer à la résolution des vrais problèmes du pays, tâche pour laquelle ils sont rémunérés par les fonds prélevés sur les contribuables ! Le soir de cet évènement le ministre de l’intérieur l’a qualifié d’attaque, le lendemain la ministre de la santé a parlé d’intrusion et le monde politicard est immédiatement entré en ébullition appelant à la démission du ministre trop bavard, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Les « envahisseurs » quant à eux clament leur innocence et le fait qu’ils fuyaient la « l’ultra-violence policière ». Ils ont fondé le collectif « les 34 de la Pitié » pour communiquer sur leur aventure et tout ce petit monde va sans doute porter plainte contre l’Etat… à suivre.

Les râleurs de tous ordres ne sont pas à l’abri d’une contradiction pour nourrir les polémiques sans fin qui leur tiennent lieu de succédané de politique. Quand l’Etat ordonne à ses forces de sécurité de rester statiques pour éviter trop d’affrontements directs : il laisse les casseurs dévaster les villes. Quand l’Etat organise ses forces vers plus de mobilité pour empêcher les casseurs d’agir, il est accusé « d’ultra-violence » ou de « répression inouïe », et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Ce qui est sûr c’est qu’après chaque manifestation la puissance publique engage les sous des contribuables pour nettoyer les rues, reconstruire ce qui a été détruit, et là, tout le monde trouve ceci normal. Personne n’a demandé à la République de laisser les rues en l’état avec des carcasses de voiture brûlées, des façades détruites ou simplement tagués, des boutiques dévastées, etc. Ce serait peut-être une solution pour qu’au moins sur ce sujet la France retrouve une certaine unité : oui le contribuable doit payer tous les weekends pour nettoyer les dégâts des émeutes.

Si une petite partie seulement de toute cette énergie verbeuse était consacrée sur comment financer intelligemment la vingtaine de milliards annuels qui vont être dépensés pour atténuer quelque peu les inégalités sociales qui ont déclenché ces émeutes depuis six mois, la France s’en porterait mieux. Hélas, comme toujours, la préférence est donnée à la polémique plutôt qu’à l’action, au débat futile plutôt qu’à la raison, à la querelle politicienne plutôt qu’à l’intérêt général. Ainsi va la vie publique de notre vieux pays.

Christine Boutin, 75 ans, le retour

L’un des dommages collatéraux significatifs de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris est le retour de Christine Boutin, 75 ans, dans l’actualité nationale. Elle a publié un tweet dans lequel elle s’est emmêlée dans la manipulation de ses smileys. Au lieu de terminer son message avec des logos de tristesse ☹, elle a ajouté des smileys de joie 😊. Il s’agit juste d’une méprise dans le sens de la parenthèse. Evidemment une bonne partie des réseaux dits sociaux en rigole encore…, évidemment les mal-élevés qui hantent ces réseaux se sont déchaînés :

La remarque de Gunther Love fait référence au fait que Mme. Boutin est mariée avec l’un de ses cousins. Elle lui répond dans des termes fleuris. Compte tenu des torrents de haine et d’extrémisme que déclenchent les tweets racoleurs de Christine Boutin, le mieux serait qu’elle déconnecte la possibilité de déposer des commentaires. Elle éviterait ainsi de se faire insulter. L’Intelligence et la Raison y gagneraient en attendant qu’elle se consacre plutôt à sa foi qu’à la communication.

Nos enfants vont payer


Nous nous demandions récemment qui allait devoir payer pour que les émeutiers cessent d’imposer leur chaos à la majorité. Le président de la République a donné la réponse hier soir à l’occasion d’une conférence de presse : ce sont nos enfants qui paieront pour maintenir notre niveau de vie d’aujourd’hui. Différentes mesures de baisses des dépenses publiques prises depuis deux ans sont annulées, de nouvelles dépenses sont annoncées et des impôts doivent baisser. C’est le cocktail classique en France depuis des décennies pour les sorties de crises sociales (le dernier budget de la nation voté en équilibre remonte à 1974) qui explique la situation tendue des finances publiques : on augmente les dépenses et on baisse les recettes, le résultat est explosif. C’est comme à la maison : la dette augmente.

Les bonnes résolutions sur la réduction des déficits et du niveau de dette sont jetées aux oubliettes, il est fort peu probable que les engagements électoraux du président vis-à-vis de ses électeurs comme de nos partenaires financiers de la zone euro puissent être tenus. Et comme il va bien falloir payer, et bien la République va emprunter des sous et nos enfants les rembourseront…

La première série d’annonces en décembre pesaient déjà une dizaine de milliards d’euros en année pleine, celles dévoilées hier ajoutent une autre dizaine, on en est donc maintenant à 20 milliards d’euros à distribuer pour arrêter les émeutes et acheter le calme social. Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’objectif soit atteint tant les revendications des émeutiers sont irrationnelles. Une revue des « niches fiscales » dont bénéficient les entreprises devraient être lancées mais en excluant les deux principales que sont le crédit impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il y a sans doute assez peu de chance qu’une révision à la baisse des niches résiduelles permette de financer 20 milliards. Les méthodes habituelles devraient donner les résultats attendus : la dette publique va augmenter.

Les discours lénifiants sur les effets bénéfiques de cette injection de fonds publics sur la croissance sont évidemment servis, Keynes expliqué à Mme. Michu, mais on connaît maintenant les limites de cette tactique qui consiste à dépenser d’abord puis réformer ensuite, et la seconde étape passe toujours aux oubliettes bien entendu. C’est le drame financier de la France, qui continue !