Juppé s’auto-amnistie

Alain Juppé, 73 ans, démissionnaire de la mairie de Bordeaux pour entrer au Conseil constitutionnel (pour un mandat de 9 ans qui l’emmènera jusqu’à 82 ans) a été confirmé à ce poste à la majorité des voix de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Devant cette commission il s’est octroyé le « droit à l’oubli » de sa condamnation pénale en rappelant que la Cour d’appel a jugé expressément qu’il ne s’était « rendu coupable d’aucun enrichissement personnel ».

Cet argument est souvent avancé par les repris de justice politiques en col blanc qui ont eu le bon goût de ne pas se remplir les poches. Dans le cas d’espèce, Alain Juppé a signé des contrats d’emplois fictifs pour des permanents de son parti politique, financés par les impôts des contribuables parisiens. C’est ce qu’on appelle un détournement de fonds, attesté par des contrats de faux emplois signés de la main de l’impétrant. En gros, il a pris dans la poche du contribuable pour reverser dans les poches de militants politiques.

Pourquoi Alain Juppé, 73 ans, se croit-il encore obligé, près de 30 après les faits de crier son innocence ? Il a fait une grosse bêtise il y a longtemps, la société lui a largement pardonné et oublié ses méfaits, mais l’égo de ces hommes politiques ambitieux est tel que ce genre de blessures restent à vif jusqu’à la fin de leurs jours. Ils ne s’en remettent jamais et continuent à rechercher les honneurs comme une sorte de gage de leur innocence perdue. Pour toute ces raisons, Alain Juppé, 73 ans, s’est senti irrémédiablement attiré par cette ultime reconnaissance, comme une libellule par le feu. Il aurait été plus courageux et approprié de renoncer et de terminer le mandat à Bordeaux pour lequel il a été élu.

Le spectacle continue

Les rumeurs médiatiques ont été confirmées aujourd’hui par une conférence de presse d’Alain Juppé, 73 ans, qui a annoncé, en larmes, qu’il démissionnait une énième fois de la mairie de Bordeaux avant le terme de son mandat, et qu’une nouvelle fois les bordelais ont élu un maire qui se carapate sans aller au bout de son engagement. On ne peut pas complètement exclure que l’impétrant ait éprouvé un peu d’émotion mêlée d’un soupçon de remord, mais la cérémonie d’adieu à Bordeaux a un peu tourné au ridicule. Il s’agit d’une fuite, le mieux aurait été de l’assumer, quitte à sauter l’étape d’une conférence de presse et des petits fours qui ont dû l’accompagner.

Il a aussi déploré dans son discours larmoyant que « l’esprit public est devenu délétère » ! Eh oui, sa génération n’a pas su éviter cette décadence nationale dont elle porte sa part de responsabilité. En fait, Juppé est un cœur tendre qui n’était pas taillé pour ce monde sauvage de la politique française où l’intelligence n’est pas la qualité la plus recherchée. Il s’est beaucoup fait balader par les présidents qui l’ont employé, il a servi de fusible à nombre d’entre eux avec une naïveté assez déconcertante mais il reste fasciné par les attributs du pouvoir comme un enfant devant un sapin de Noël alors il ne sait pas refuser ce dernier poste pour lequel il n’a aucune compétence particulière et il pleure devant les caméras en l’annonçant, sans doute autant devant cette nouvelle traîtrise faîte à ses électeurs que face à ses propres faiblesses. Ce n’est pas très grave, juste l’occasion manquée d’un départ plus glorieux.

Lire aussi : Copinages et petits services rendus

Copinages et petits services rendus

Alain Juppé, 73 ans, haut-fonctionnaire qui fut attiré par le chaudron de la vie politique, actuel maire de Bordeaux, est annoncé comme candidat à un poste au conseil constitutionnel. Le bail est de 9 ans, ce qui l’emmènerait jusqu’à 82 ans s’il va au bout. Le garçon, plutôt conservateur, a connu des hauts et des bas dans cette arène politique pour laquelle il n’était manifestement pas calibré. Il a beaucoup démissionné au cours de sa carrière.

D’abord du poste de premier ministre de Jacques Chirac, après la plus incroyable mauvaise décision de la Vème République : la dissolution de l’assemblée nationale en 1997 qui donna la majorité aux opposants socialistes qui le remplacent par Lionel Jospin.  Il avait auparavant en 1995 du rendre les clés d’un appartement appartenant à la mairie de Paris qu’il louait à loyer inférieur au marché, de même que son fils pour un autre appartement à la même adresse.

En 2004 il est forcé à démissionner de toutes ses fonctions électives et de la présidence du parti UMP suite à une condamnation en appel à 14 mois de prison avec sursis et 5 années d’inéligibilité pour avoir trempé dans l’affaire dîtes des « emplois fictifs de la mairie de Parus », en gros, le détournement de l’argent des contribuables parisiens pour payer des personnes qui n’y travaillaient pas.

Puis en 2007, redevenu maire de Bordeaux, il démissionne pour prendre un poste de ministre du président Sarkozy (après avoir promis aux bordelais que jamais il ne les quitterait, même pour un maroquin à Paris), poste dont il démissionnera quelques semaines plus tard suite à sa non réélection comme député.

Après avoir réintégré la mairie de Bordeaux, son refuge, il en redémissionne en 2011, de nouveau pour maroquin ministériel parisien aux Affaires étrangères. Le voici qui va encore démissionner aujourd’hui de la mairie de Bordeaux cette fois-ci pour rejoindre le conseil constitutionnel.

Il n’a pas été plus mauvais que bien d’autres, de droite, du centre comme de gauche, mais il a fait preuve d’une grande instabilité dans ses choix et toujours considéré la mairie de Bordeaux comme son dû qu’il pouvait quitter ou réintégrer selon son bon vouloir. Juppé est le représentant d’une génération politique qui doit passer la main. A 73 ans on peut raisonnablement se demander « à quoi peut donc bien servir un Alain Juppé au conseil constitutionnel » ? Sans doute à pas grand-chose, en tout cas pas de quoi justifier une énième démission de la mairie de Bordeaux avant l’échéance du mandat pour lequel il a été élu. Il aurait été plus honorable qu’il aille au bout puis prenne tranquillement sa retraire. Ce n’est pas son choix et il rempile pour un mandat censé l’emmener jusqu’à 82 ans… Ironie de l’histoire, il va succéder à un ancien premier ministre, comme lui : Lionnel Jospin 81 ans, au sein d’une institution présidée par un autre ancien premier ministre : Laurent Fabius, 72 ans. Aucun d’entre eux ne présente de compétence particulière en droit constitutionnel. Les mauvaises habitudes perdurent et Juppé, hélas, ne sera pas le seul repris de justice à siéger dans la plus haute institution juridique française.

Juppé et Sarkozy

Bassesses et règlements de compte politiques

Le journal Le Monde publie une série de cinq articles sur l’autodestruction de la droite française lors des élections présidentielles de 2017. Il est vrai qu’elle fut un modèle du genre qui restera dans les annales de la politique nationale !

Jean-Louis Debré (75 ans), fils de Michel, auteur de romans de gare, et, accessoirement, ancien magistrat, ministre et président du Conseil constitutionnel, est interrogé par les journalistes et assène quelques sentences lapidaires du genre :

Sarkozy, c’est un chef de bande de banlieue. Fillon, c’est le beauf de province, fils de notaire, que la fille du médecin bourgeois a envie d’épouser.

Jean-Louis Debré, auteur de romans de gare

On a tendance à croire que ce jugement est sans doute réaliste mais quelle haine, quel ressentiment, quelle volonté de vengeance animent ces politiciens pour continuer à dégoiser, à 75 ans, sur un ancien président de la République et son premier ministre, qui plus est de la même tendance politique que leur calomniateur ! M. Debré n’a-t-il rien de mieux à faire que de donner cette terrible image de son monde politique ? Même ses romans de gare sont moins ravageurs pour la culture française que ses confidences de café du commerce sur le duo qui a gouverné la France cinq années durant le sont pour la politique. Il serait intelligent de laisser ces jugements à l’emporte-pièce à Charlie-Hebdo, il est très malsain que des personnages, anciens élus, anciens dirigeants, se croient autorisés à de pareilles assertions. C’est dévastateur et situe le niveau du débat politique tel que le conçoit cette génération en train de s’éteindre.

A 75 ans, M. Debré doit se consacrer à ses romans et cesser de polluer son pays et la Raison, c’est le sens de l’Etat qui l’exige.

Italie-France, la désastreuse valse des ploucs

Les dirigeants italiens se chamaillent avec leurs homologues français et le niveau du débat relève d’un concours de première année de maternelle à celui qui fera pipi le plus loin dans la cour des enfants. Il y a du vrai dans les agressions verbales échangées de chaque coté mais elles sont d’un niveau terriblement consternant venant d’élus européens de deux pays de la vieille Europe.

Les transalpins font comme ils le sentent mais la France s’honorerait à ne pas provoquer leurs réactions sanguines avec de permanentes leçons de morale sur leurs déficits budgétaires ou leur gestion des flux de réfugiés. Mais si le mal fait et que élus français n’ont pas pu s’empêcher de s’occuper de ce qui ne les regarde pas chez leurs voisins au lieu de se consacrer à leurs affaires nationales, le mieux serait de traiter les réactions italiennes par l’indifférence, elles devraient ainsi s’éteindre tout naturellement et à très court terme.

Ce n’est pas l’option qui a été choisie après qu’un ministre italien soit venu rencontrer en France les émeutiers qui agitent l’hexagone depuis plusieurs mois. Du coup la République rappelle son ambassadeur à Rome. On ne va sans doute pas déclarer la guerre à l’Italie alors ces réactions diplomatiques font partie de l’arsenal pacifique disponible, il y aura un peu moins de petits-fours pendant un temps dans les palais romains et tout ce petit monde diplomatico-mondain se retrouvera bientôt sous les ors du Palais Farnèse pour échanger sur les nouvelles de leur microcosme ! Le monde politique français s’engouffre dans la brèche ouverte par les ploucs et commente ce qui n’a que peu d’intérêt. Chacun se positionne sur le conflit verbal et raccroche ses wagons à un train ou l’autre, rabaissant autant que faire se peut le niveau du débat. Qu’ils retournent à leurs dossiers nationaux, ils sont payés par les contribuables et leurs militants pour ce faire, pas pour ventiler sur l’inexistant.

L’esprit et la lettre

A l’occasion d’une cérémonie de galette des rois au palais de l’Elysée avec des artisans de la boulangerie de 11 janvier, le président de la République, insistant sur l’intérêt de la formation professionnelle, a notamment déclaré dans son discours :

Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l’effort et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort.
Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas cet engagement et ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.

Emmanuel Macron – président de la République

Et aussitôt s’est déclenché un déluge de commentaires et d’appréciations agressives sur ces quelques phrases qui marqueraient l’arrogance de son auteur et son éloignement des préoccupations « du peuple ». De l’extrême droite à la gauche, tout le monde tombe sur ce président en interprétant ce qu’il dit comme une « insulte contre son peuple (Florian Philippot) »… Qui pourrait ne pas être d’accord avec ces assertions qu’il faut effectivement rappeler aux jeunes? Le mieux pour les commentateurs serait de s’en tenir à la lettre des déclarations !

Les avantages collatéraux des émeutes

Devant les risques de perturbations par les émeutiers des cérémonies traditionnelles des vœux du président de la République à toute une palanquée de corps constitués : les ambassadeurs, la presse, les représentants des religions, les uns et les autres, ces cérémonies inutiles et couteuses ont été annulées, sauf pour ce qui concerne l’armée qui aura droit quand même à sa cérémonie de vœux, ce qui est aussi bien.

C’est un avantage collatéral inattendu et bienvenu des émeutes en cours, ces cérémonies duraient des semaines, ne servaient sans doute pas à grand-chose et mobilisaient un nombre très important de fonctionnaires et de dirigeants. Tout ce petit monde pourra cette année travailler au lieu de perdre son temps à babiller devant des montagnes de petits-fours. C’est une grande avancée et une économique symbolique pour la République. A renouveler les prochaines années, si possible sans y avoir été contraint par la rue mais juste guidé par le bon sens.

La justice japonaise

L’emprisonnement en garde à vue au Japon du pédégé du constructeur automobile Nissan, Carlos Gohsn, pour soupçons de malversations financières au détriment de l’entreprise qu’il dirigeait, permet de réaliser ce dont est capable une justice de choc qui ne plaisante pas. Les délinquants en col blanc peuvent rester en prison des mois pour attendre leur jugement et c’est ce qui est train de se produire pour ce pédégé. A chaque fois que la fin de sa garde à vue approche de son terme, une nouvelle inculpation tombe et le garçon reste derrière les barreaux, a priori sans l’ombre d’un traitement de faveur.

Sans doute les (nombreux) responsables français qui accusent en permanence la justice nationale d’être « aux ordres du pouvoir », de « ne pas respecter la présomption d’innocence », et bla-bla-bla et bla-bla-bla, devraient regarder d’un peu plus près comment la chose judiciaire se déroule dans une démocratie comme le Japon, ils apprécieront peut-être un peu plus notre système national, sans doute perfectible mais aussi globalement respectueux des droits des droits des justiciables. La justice japonaise décidera de la culpabilité ou de l’innocence de M. Gohsn. Quoi qu’il ait fait, il devait savoir que travailler et vivre (au moins à épisodes) dans un pays étranger vous soumet aux lois et règlements dudit pays et qu’il convient de s’y plier si l’on ne pas encourir les foudres de la justice locale, surtout lorsqu’elle est sévère comme au Japon.

Le coût des émeutes

Les commentateurs et les agitateurs se gaussent du « soutien populaire » aux émeutes qui perturbent la République tous les samedis depuis maintenant deux mois, sans parler bien sûr du « soutien moral » que nombre de politiciens apportent à ces manifestations violentes en refusant de les condamner. Evidemment, les citoyens lambdas qui n’est pas présent sur les barricades assiste à toute cette contestation devant sa télévision qui excite son tropisme révolutionnaire. Le dimanche ou le lundi matin quand il sort de chez lui, tout a disparu : les rues ont été nettoyées par les services municipaux, les carcasses de voitures brûlées enlevées par les pompiers, les vitrines de magasins dévastées réparées au frais de commerçants, les blessés tranquillement soignés dans les hôpitaux publics financés par les cotisants, l’ordre à peu près maintenu par les fonctionnaires de police payés grâce à l’impôt. Ledit citoyen lambda ne réalise pas encore que c’est lui qui paiera l’addition le moment venu, qui la règle déjà d’ailleurs !

Une alternative, très théorique il est vrai, serait de laisser faire : laisser les émeutiers saccager les villes, laisser les carcasses de voitures brûlées au milieu des rues, laisser les poubelles brûler sur les trottoirs, laisser les rues dépavées, etc. Il n’est pas sûr dans ces conditions que le « soutien populaire » perdurerait très longtemps. Les politiciens pro-émeutes s’en prendraient alors au pouvoir pour son laxisme au lieu de l’accuser de provocation, il s’agirait juste d’un changement d’argumentaire, la cible restant la même.

Depuis des décennies le citoyen oublie qu’il est aussi contribuable, ce qu’il casse aujourd’hui il le paira demain, s’il demande une baisse des impôts il est difficile d’exiger dans la même phrase une hausse des dépenses publiques, etc. Ainsi va la France, le sursaut des élections présidentielles de 2017 semble s’estomper doucement dans les fumées des gaz lacrymogènes dans les rues des villes en fusion, hélas.

Ribéry : le retour

Le fouteballeur Ribéry refait parler de lui avec éclat. Le garçon était plutôt absent des conversations mais le revoici en tête de gondole ces derniers jours au sujet plus ou moins obscur d’un bifteck commandé dans un restaurant bling-bling de Dubaï et publié sur son compte Tweeter ! Quelques journalistes qui n’ont rien d’autre à faire que de consulter les tweets de Ribéry ont fait des commentaires qui ont déclenché l’ire du fouteu. Qu’on en juge : 

Le tout sous un bandeau clinquant qui permet de constater que le garçon a 222 mille suiveurs :

Le mieux serait que les journalistes qui bénéficient, rappelons-le, d’une niche fiscale équivalente à une subvention des contribuables pour exercer leur métier, fassent véritablement leur travail d’analyse et donc se déconnectent du compte Tweeter de Ribéry.

Les émeutes toujours

On a vu encore ce samedi des combats au corp à corp dans Paris et quelques autres villes françaises, entre des émeutiers et les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs un miracle qu’il n’y ait pas plus de blessures graves, voire de décès, dans ces combats. On relève quand même à ce jour 10 morts par accident aux barrages mis en place par les émeutiers sur différents ronds-points et des centaines de blessés dont nombre sur les mêmes ronds-points ainsi qu’au cœur des émeutes.

Des commentateurs s’efforcent de séparer le bon grain de l’ivraie en cherchant à différencier les « manifestants pacifiques » des « méchants casseurs ». En fait il apparaît que la frontière est difficile à tracer dans ce melting-pot d’émeutiers qui manifestent le plus souvent sans déclaration préalable et en se rendant tout particulièrement sur les lieux où les forces de sécurité leur demandent de ne pas aller. On voit tout de même des milliers de personnes affronter des milliers de policiers et gendarmes, ce n’est pas à proprement parler des « manifestations pacifiques » ! Il y a aussi des casseurs professionnels et des pilleurs de rues qui s’en donnent à cœur joie, inspirés par des idéologies extrêmes ou juste le besoin de changer gratuitement leur aïePhone. Tous ce petit monde se mélange allégrement, se soutient sans trop de prévenance et conteste sur la même ligne toutes les institutions et, d’une façon générale, le pouvoir. C’est le vieil atavisme français pour la révolution et le « raccourcissement » du roi.

On reste donc avec une minorité d’émeutiers qui continue à jeter le trouble dans le pays en voulant imposer leur loi à la majorité. Ils ont déjà obtenu un transfert d’une dizaine de milliards pour l’année 2019 à payer par les contribuables en faveur des citoyens moins favorisés mais ce n’est pas assez. Comme le reste de la population l’abandon de tout sens de l’intérêt général les pousse à la violence encore plus facilement. Evidemment, on aimerait que ceux qui détruisent soient attrapés et condamnés à travailler gratuitement pour la République jusqu’à complet remboursement des dommages qu’ils ont causés. C’est un rêve, les contribuables paieront et les citoyens devront assumer le ralentissement économique généré par cette agitation qui perturbe la France depuis plusieurs mois. Le pouvoir n’arrive pas vraiment jusqu’ici à se dépatouiller de cette situation d’un type nouveau, au moins dans l’Histoire récente. La distribution des sous du contribuable n’a pas suffit à calmer les ardeurs des émeutiers comme c’est d’habitude le cas. Il y aura d’autres étapes !

Les émeutes continuent…

On ne dit plus : le huitième jour d’émeute d’une minorité de citoyens violents qui veulent imposer leurs vues à la majorité du pays en cassant sans compter les biens publics et privés dont les manifestations ont entraîné la mort par accident de déjà dix personnes ; on dit : « le huitième acte des gilets jaunes ».

« Jeunes Génération.s » et utopies

Cette affiche est placardée par le mouvement des jeunes du parti « Génération.s », fondé par Benoît Hamon en déshérence du PS après les élections présidentielles de 2017 où il a emporté 6,36% des suffrages sous la casquette socialiste. Au moins a-t-il la décence d’appeler à voter Macron contre Le Pen au deuxième tour (ce que n’ont pas fait nombre de partis de droite).

Cette affiche réclame des points surréalistes pour « changer la vie des jeunes » : études et vacances payées par le contribuable, salaire garanti par le même contribuable et fumette à la clé pour se détendre (il n’est pas précisé si les fumeurs pourront se faire rembourser leurs dépenses). C’est un programme qui ne dénote pas un sens des réalités très développé. Il ne précise pas comment seront financées ces mesures de changement. Il va quand même falloir que quelqu’un explique à cette jeunesse que pour le moment notre économie occidentale ne fonctionne pas tout à fait selon ces principes, même si en France les études sont quand même déjà majoritairement payées par la République…  

Durant sa campagne présidentielle Benoît Hamon avait déjà avancé l’idée du « revenu universel », défendue il est vrai par quelques économistes de qualité mais généralement abandonnée devant le mur du financement impossible à abattre. Chassée par la porte du premier tour, la voici revenue par la fenêtre.

Dans sa revue interne, Jeunes Génération.s explique que :

L’ambition du revenu universel doit être la disparition de la pauvreté en France et l’avènement d’un contre-modèle à une société qui exploite autant les individus que la planète. Il doit permettre de rebattre les cartes du monde du travail pour sortir des millions de travailleurs.es de la précarité.

L’objectif est noble, pas sûr que ces jeunes arrivent à le mettre en place entre deux pétards…

NB : La caractéristique la plus voyante de ce nouveau parti fut l’adoption de l’écriture dite « inclusive » (ou encore appelée « non sexiste ») consistant à utiliser une syntaxe destinée à assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes, notamment en n’appliquant plus la règle donnant préférence au masculin : on n’écrit plus « les étudiants » pour désigner les étudiants et les étudiantes, mais « les étudiant.e.s » ; plus quelques règles complémentaires comme de ne plus mettre de H majuscule à l’homme : on écrit « les droits de l’homme » et non plus « les droits de l’Homme ». Pour le moment cette nouvelle grammaire est fort peu utilisée, sauf par le parti « Générations.s » toujours à la recherche d’innovation.

Décorations et décadence

Les joueurs français de fouteballe (ainsi que leur entraîneur et quelques notables de ce sport) qui ont gagné le dernier championnat du monde de foute sont faits chevaliers de la légion d’honneur pour « services exceptionnels nettement caractérisés ». En plus des fouteux susmentionnés, la promotion du 1er janvier comporte 402 noms dont nombre de gens qui n’ont rien à y faire : des présentateurs télé (Stéphane Bern), des acteurs (Nathalie Baye…), des écrivains, des banquiers… Heureusement, il y a aussi des citoyens, policiers et pompiers, qui ont servi la Patrie et qui viennent relever le niveau de cette promotion plus mondaine que méritante.

Le site internet de la légion d’honneur précise que la Légion d’Honneur est censée être « …la plus haute distinction française et l’une des plus connues au monde. Depuis deux siècles, elle est remise au nom du Chef de l’Etat pour récompenser les citoyens les plus méritants dans tous les domaines d’activité. »

PROMOTION SPÉCIALE DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2018 EN RUSSIE / ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D’HONNEUR : Décret du 31 décembre 2018 portant promotion et nomination NOR : PRER1835394D Par décret du Président de la République en date du 31 décembre 2018, pris sur le rapport du Premier ministre et de la ministre des sports et visé pour son exécution par le grand chancelier de la Légion d’honneur, vu la déclaration du conseil de l’ordre portant que les présentes promotions et nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, notamment de l’article R. 27 du code de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de l’ordre national du Mérite, le conseil des ministres entendu, sont promus ou nommés, pour prendre rang à compter de la date de réception dans leur grade… La suite sur : http://www.legiondhonneur.fr/sites/default/files/20190101_foot.pdf)

Le syndrome français

On le sait, la France est perturbée depuis deux mois par des émeutes initiées à l’occasion de l’application d’une hausse de taxes sur les carburants afin de rendre plus chers les modes de déplacement moins « écologiques ». Au vu du niveau d’énervement des manifestants, du nombre de morts (par accident sur les barrages) et blessés et des destructions significatives, la République dans un premier temps a mis en place des « mesures d’accompagnement » consistant à compenser une partie de ces augmentations de taxes pour les plus défavorisés.

Les émeutes continuant à enflammer la France et très sérieusement perturber son économie, l’Etat a finalement décidé d’annuler ces hausses de taxes et d’ajouter à ce recul d’autres mesures financières destinées à améliorer le sort des plus défavorisés. L’ensemble coutera une dizaine de milliards en 2019 aux contribuables.

L’augmentation des taxes ayant généré les troubles étant annulée, ces « mesures d’accompagnement » auraient également dues être annulées. Mais nous sommes en France et face à la pression, le gouvernement a dû les maintenir après avoir tenté vainement de les reprendre. Les contribuables vont donc payer pour compenser une hausse des taxes qui n’existe plus.

C’est Noël et c’est ainsi que le budget de la République est déficitaire depuis 45 ans.

Les cordons de la bourse

Comme c’était à prévoir, après avoir accepté de débourser 10 milliards d’euros pour répondre aux revendications des émeutiers qui perturbent la France depuis plus d’un mois, le bureau des pleurs et des lamentations n’arrive pas à refermer ses portes et se succèdent désormais à son guichet toutes les corporations qui ont quelque chose à demander. Les forces de sécurité ont déjà commencé depuis hier et à n’en pas douter d’autres attendent déjà à la porte : les infirmières, les enseignants, d’autres catégories de fonctionnaires, la liste sera longue !

Les policiers ne sont doute pas les moins méritants mais on pourra sans doute en dire autant de nombre de corporations. Il va être difficile de renouer les cordons de la bourse et il très peu probable que ces dépenses publiques non anticipées puissent être compensées par une baisse équivalente d’autres dépenses. La République est donc repartie dans un cycle de dépenses publiques et de dettes. Comment reprendre le contrôle des choses ?

L’emploi fictif de Pénélope Fillon confirmé par l’employeur et la justice

Comme c’était annoncé, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharière, « ami » de la famille Fillon a reconnu que l’emploi qu’il avait offert à Mme. Fillon au sein de la Revue des deux mondes dont il est propriétaire était un emploi de complaisance. Il a utilisé la procédure française de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) ce qui lui permit d’amoindrir sa peine. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis ainsi qu’à une amende de 375 000 EUR pour abus de bien sociaux.

La famille Fillon reste encore sous le coup de différentes mises en examen dans d’autres affaires toutes sorties à l’occasion de l’élection présidentielle de 2017 et qui avaient montré le rapport très particulier qu’entretenait le candidat avec l’argent.

François Fillon est maintenant reconverti dans les affaires financières privées et quand il voit les émeutes agitant actuellement la France qu’il rêvait de gouverner, peut-être ne regrette-t-il pas trop d’avoir changé de voie, contraint et forcé ?

Honneur et tragédie !

Ossuaire de Douamont – Verdun

Il est difficile de ne pas ressentir d’émotion en parcourant les champs de bataille de la « Grande guerre » où nos anciens ont connu la mort et l’enfer pour l’une des choses les plus stupides du XXème siècle occidental : les guerres entre la France et l’Allemagne.

Aujourd’hui des sapins ont été replantés dans les cratères d’obus et le drapeau allemand flotte à côté des bannières française et européenne sur les monuments commémorant cette barbarie. L’Histoire passe ; c’est bien ainsi.

Le Centre mondial de la paix de Verdun

Installé dans un vieux palais épiscopal de Verdun à côté de la cathédrale de la ville, le Centre mondial de la paix organise des évènements sur le thème de la paix, des libertés et des droits de l’Homme. Aujourd’hui, l’exposition « Que reste-t-il de la Grande guerre ? », faisant suite à la commémoration du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, raconte les traces de cette guerre barbare si présentes dans les paysages de la région. En avançant dans des pièces un peu délabrées où les boiseries moisissent, on découvre l’intensité terrible de cette première guerre moderne mais aussi ce qu’elle déclencha en termes de progrès techniques et médicaux, le rôle des femmes qui ont fait tourner le pays pendant que les hommes se massacraient sur le front (mais elles n’obtiendront le droit de vote qu’à la fin de la guerre suivante en 1946), le sort d’un million de veuves et encore plus d’orphelins, le financement de la guerre comme celui de la reconstruction, les innombrables lettres échangées entre les familles entre le front et l’arrière…

Cette guerre fut la première à être véritablement médiatisée. Il en subsiste un patrimoine photographique et filmographique inestimable dont de nombreux extraits sont présentés ici. Grave et passionnant ! Le site du centre se termine par .eu, histoire de marquer l’importance de l’Europe pour la paix.

Le Mémorial de Verdun

« Ce Mémorial a été édifié par les survivants de Verdun, en souvenir de leurs camarades tombés dans la bataille pour que ceux qui viennent se recueillir et méditer aux lieux mêmes de leur sacrifice, comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus. »

Maurice Genevoix

Créé à l’initiative de l’écrivain Maurice Genevoix et d’autres survivants, le musée a été agrandi et modernisé entre 2013 et 2016, année où il a été réouvert pour le centenaire de la bataille de Verdun. La visite est passionnante ; basée sur les techniques muséales modernes elle nous fait comprendre les tenants et aboutissants des 300 jours de combats à Verdun et ses alentours. Et l’on revient sur les points de vue français, allemand, sur le Kaiser, l’Alsace et la Lorraine, l’économie de guerre, les techniques de combat, les généraux et maréchaux français ou allemands, l’arrivée et l’aguerrissement des troupes américaines (jusqu’à 2 millions d’hommes sous le commandement du général Pershing), les histoires de fraternisation entre combattants, les forts des environs pris et repris, les villages détruits, les débuts de l’aviation de guerre… jusqu’au jour tant attendu de l’armistice qui s’ouvre sur une Europe dévastée qui ne s’en est jamais vraiment remise !

L’ossuaire de Douaumont

Ossuaire de Douaumont – Verdun

Réunissant les restes de quelques 130 000 combattants, français et allemands, le bâtiment construit après la guerre sur une colline qui domine une vallée de croix blanches. Les ossements sont entassés au sous-sol. Au premier étage la chapelle et une immense salle du souvenir où se succèdent des plaques individuelles avec d’autres rappelant des unités combattantes et des lieux de la bataille. C’est le lieu du recueillement. Au-dessus, le sommet de la tour offre un panorama sur cet immense cimetière de croix blanches cernée des collines ondulantes de la Meuse.

Les forts de Douaumont et de Vaux

Fort de Douaumont – Verdun

Symbole de la lutte sauvage qui opposa les français aux allemands, pris et repris par les uns puis les autres, ils ont été l’objet d’un héroïsme exceptionnel de leurs défenseurs. Sortes de canonnières fixes, ils marquaient, avec d’autres, la ligne de front que les « boches » n’ont finalement jamais pu durablement franchir dans leur offensive sur Verdun. Des combats au corps à corps se sont déroulés dans les souterrains qui ont été gazés, les installations ont subi des bombardements continuels et massifs durant toute la bataille dont tous les paysages alentours portent encore les traces. Même les pigeons, seuls moyens de communication quand le téléphone fut coupé, furent héroïques. Le dernier d’entre eux a même été décoré après qu’il mourut mais porta à destination le message suivant du 4 juin 1916 en provenance de Vaux :

Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuse. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon.

Commandant Raynal

Quelques heures plus tard les survivants français se rendaient. Il se dit que les allemands rendirent les honneurs à ces soldats alors qu’ils sortaient de leur souterrain. Mais l’inverse a également été avancé. Sur le haut du fort de Douaumont, les tourelles métalliques des canons, défoncées par les obus prussiens et tournées vers l’Est subsistent, sombre symbole d’un combat que l’on espérait définitivement révolu, hélas à tort en 1918.

Les Eparges

Voici le cadre du récit de guerre de Maurice Genevoix : « Ceux de 14’ ». On se promène sur ces collines reboisées comme dans les pages de l’œuvre de Genevoix, avec fascination et désespérance devant le spectacle de cette sauvagerie européenne. Il y a le monument dédié aux mineurs du génie qui s’évertuaient à creuser sous les lignes ennemies pour y déposer et faire exploser des charges de plusieurs centaines de kilos d’explosifs qui tuaient et ensevelissaient « le boche » qui ne se gênait pas pour rendre la pareille. Il y a aussi le « point X » qui domine la plaine et représente un observatoire idéal pour l’artillerie, pris et repris par les forces en présence. On y regarde désormais un paisible paysage en pensant intensément à « Ceux de 14’ ».

La citadelle enterrée de Verdun

Cette citadelle fut le quartier général de l’armée française durant la Grande guerre. La partie haute fut construite au XVIIème siècle, renforcée par Vauban, puis complétée d’une citadelle « basse », enterrée à la fin du XIXème avec 7 kilomètres de galeries. C’est là que fut organisée la cérémonie de désignation du soldat inconnu qui repose depuis 1920 à Paris sous l’Arc de triomphe. Le caporal Thin fut chargé de déposer un bouquet de fleurs sur le cercueil qu’il choisit, le sixième des sept présents en l’occurrence :

Il me vint une pensée simple : j’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132e, c’est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »

Auguste Thin

La visite de la citadelle se déroule sur des chariots sans chauffeur qui cheminent dans une partie seulement des galeries et marquent des poses devant des scènes reconstituées en hologramme.

La voie sacrée nationale

C’est la dernière étape pour aller reprendre son train à la gare TGV Meuse, suivre une partie de cette route stratégique reliant Bar-le-Duc à Verdun, qui fut utilisée la guerre durant pour nourrir la bête guerrière en hommes et munitions. Entretenue jours et nuits par une noria de sapeurs du Génie, protégée par la force aérienne, elle a vu défiler des centaines de milliers de soldats et autant de tonnes de matériel de ravitaillement. C’était l’artère vitale à maintenir ouverte, elle le resta jusqu’à la victoire.

Eh oui…

Le président de la République et son premier ministre semblent un peu fatigués ces derniers temps. Il est vrai qu’ils sont soumis à rude épreuve après plus d’un mois d’émeutes hebdomadaires. Ils ont sans doute été un peu optimistes en partant bille en tête il y a dix-huit mois après leur installation pour réformer la France. L’intention est louable, la méthode connaît quelques ratés mais ni les citoyens, ni, encore moins, les partis politiques qui les représentent n’ont véritablement changé leurs (mauvaises) habitudes. Leur évolution, si elle se produit un jour prendra plusieurs générations.

En attendant, nous vivons dans un pays qui préfère financer à coups de milliards à fonds perdus des jeux sportifs (coupe du monde de rugby en 2013, jeux olympiques en 2024…) sur son territoire plutôt que de rembourser ses dettes ou d’investir dans des domaines productifs ou sociaux, une nation où une minorité agissante est capable d’imposer ses vues à la majorité, une République où depuis des siècles la grogne sociale s’éteint en distribuant l’argent du contribuable mais sans jamais le récupérer lorsque cela va mieux, où les partis politiques n’hésitent pas à se déjuger d’un plateau télévisé à l’autre, d’une élection à la suivante, juste pour occuper le terrain.

Le gouvernement d’un tel pays nécessite la prise en compte de ce terreau mouvant où l’émotion prime sur la raison. Il faut arriver à concilier l’inconciliable, c’est dans la fiche de poste d’un ministre ou d’un président, le job est difficile !

Un nouveau drame de la bêtise

La concomitance des émeutes en France avec un attentat religieux à Strasbourg provoque une recrudescence inhabituelle des théories loufoques dont Mme. Michu se laisse convaincre au Café du Commerce. Qu’on en juge : les assassinats de Strasbourg auraient été commandités par le gouvernement français pour dissiper l’attention des citoyens sur les émeutiers et leurs revendications. Les premières enquêtes en cours ne confirment pas cette hypothèse.

Encore un drame de l’abrutissement des masses attisé par le niveau du débat citoyen actuel, des tweets de Nadine Morano aux interviews des joueurs de fouteballe. Soyons optimistes, investissons dans l’éducation et l’intelligence vaincra !