Constantinople et la politique moderne

En campagne électorale municipale le président turc passe la vitesse supérieure dans le beaufitude de son argumentation politique. Le voici maintenant qui s’attaque au statut de la basilique Sainte-Sophie à Istanbul, qui a été successivement une église, puis une mosquée, puis un musée depuis 1934, au fur et à mesure des guerres de conquête des croisés catholiques puis des guerriers musulmans qui ont marqué cette ville, de Byzance à Istanbul, en passant par Constantinople. Dans sa grande sagesse le président Atatürk avait transformé l’ancienne basilique en musée pour marquer l’impossible réconciliation entre les religions, alors que ses troupes voulaient la dynamiter en 1918 après la défaite des puissances de l’Entente lors de la première guerre mondiale et que des troupes occidentales occupaient Istanbul…

Evidement le président actuel dont l’une des stratégies est de réislamiser la Turquie s’empare du dossier et veut retransformer ce musée en mosquée. On se demande s’il n’a vraiment rien de mieux à faire que de perdre son temps à ces billevesées religieuses qui n’intéressent que les extrémistes des deux bords. Il pourrait par exemple consacrer un peu plus de temps au développement économique de son pays ? Ainsi vont politique et religion lorsque par malheur elles sont mélangées.

La Turquie attise le feu

Tout en subtilité, le président turc commente dans ses meetings les attentats de Nouvelle-Zélande contre deux mosquées qui ont fait 50 morts et de nombreux blessés, commis par un suprémaciste blanc australien qui a priori ne nie pas les faits mais au contraire les a théorisé sur ses différents comptes dans les médias dits-sociaux. En campagne électorale le président turc harangue les foules en clamant :

Ce n’est pas un acte isolé, c’est quelque chose d’organisé… Ils sont en train de nous tester avec le message qu’ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d’ici.

Se référant à la bataille des Dardanelles pendant la première guerre mondiale, perdue par les alliés, y compris l’Australie, contre l’empire ottoman, il ajoute :

Il y a un siècle, vos aïeuls sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons.

Le terroriste australien qui a mené ces attaques a filmé ses exploits qu’il a diffusés en direct sur les réseaux dits-sociaux. Le président turc a rediffusé une partie de ces images lors de meetings électoraux. Il est indéniable que cet attentat en Nouvelle-Zélande était dirigé contre l’Islam comme ceux commis ces dernières années étaient dirigés contre les non-musulmans. Dans un cas comme dans les autres, ils sont surtout le triomphe de la bêtise humaine sur l’intelligence, la victoire de l’obscurantisme religieux contre la raison. Il n’est pas sûr que la récupération de ces attaques meurtrières dans le cadre d’un débat électoral puisse avoir d’autres effets que celui d’attiser les haines des uns contre les autres. Ce n’est pas le rôle qu’une démocratie assigne à ses dirigeants.

Le gouvernement australien s’est ému de ces propos présidentiels et en a demandé le retrait. Comme il est assez peu probable qu’il obtienne satisfaction, il recommande en attendant la prudence à ses concitoyens qui voudraient se rendre en Turquie. C’est bien le moins.

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Attentat terroriste en Nouvelle-Zélande

Un « suprémaciste blanc » australien a attaqué cette semaine des mosquées dans la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande, il y a une cinquantaine de morts. Le terroriste est arrêté, il a filmé et diffusé en direct ses meurtres sur Facebook. Ce pays pacifique est choqué, la dernière fois qu’il eut à affronter le terrorisme c’était lors de l’action des services secrets français contre le bateau écologiste Rainbow Warrior qui manifestait contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, il y eut un mort, c’était en 1985.

On suppose que le nom de la ville, Christchurch, n’a pas été choisi au hasard par ce suprémaciste dont l’idéologie est de marquer la supériorité de la civilisation blanche et chrétienne sur le reste de la planète, et particulièrement face à la civilisation islamique. Le terrorisme idéologique est maintenant clairement mondialisé et le bal morbide des crétins n’a plus de frontière, du Bataclan à Christchurch.

L’Algérie prépare ses élections présidentielles

Alors que le FLN algérien, parti officiel local, a annoncé la candidature pour un 5ème mandat de M. Bouteflika, des manifestations populaires contestent cette décision s’agissant d’un dirigeant de 81 ans, historique certes, mais tellement malade à la suite d’un accident vasculaire cérébral qu’il n’a plus été vu en public depuis des mois. Malade à tel point d’ailleurs qu’il serait actuellement en soins médicaux en Suisse. Le croustillant dans l’affaire est que la constitution algérienne prévoit que c’est le candidat lui-même qui doit déposer physiquement sa candidature, et pour élection, ce dépôt doit être fait pour ce soir dimanche.

Cela risque d’être difficile, d’abord parce que Genève n’est pas vraiment à coté d’Alger et ensuite car on ne sait même pas si l’impétrant aura la force physique nécessaire pour ce faire. S’il n’y arrive pas ce serait au moins une voie élégante pour changer de candidat et satisfaire les revendications populaires qui demandent du changement, et surtout quelqu’un de capable d’assurer le job… Cette situation ubuesque dépasse l’entendement mais va finalement peut-être se résoudre d’elle-même sans forcément remettre en cause la stabilité de ce pays qui importe à tous ses voisins méditerranéens.

Consternante élection algérienne

Le pouvoir algérien annonce que l’actuel président Bouteflika se représenterait pour un cinquième mandat. Agé de 81 ans, très handicapé suite à des attaques cérébrales, il ne se déplace plus qu’en chaise roulante, n’apparaît en public qu’à de très rares occasions et ne s’est plus adressé oralement à son pays qu’il y a fort longtemps. Il passe beaucoup de temps dans les hôpitaux (souvent à l’étranger). Lors de réunions publiques, son portrait est disposé à sa place pour le remplacer… Il paraît assez peu en état de gouverner. Même s’il était d’ailleurs en meilleure santé, à 80 ans et après déjà 4 mandats successifs, on peut penser qu’il ferait mieux de prendre sa retraite.

Il semble que le nid de vipères que représente le monde politico-militaire local n’arrive à se mettre d’accord sur rien, sinon de relancer Bouteflika pour un énième mandat comme gage de stabilité. Connaissant la susceptibilité à fleur de peau de l’Algérie, quasiment aucun dirigeant étranger n’ose s’exprimer sur le sujet et tout le monde reste discret. Mais quel triste spectacle qu’un dirigeant dans cet état pour un pays qui déborde de jeunesse et d’énergie.

La justice japonaise

L’emprisonnement en garde à vue au Japon du pédégé du constructeur automobile Nissan, Carlos Gohsn, pour soupçons de malversations financières au détriment de l’entreprise qu’il dirigeait, permet de réaliser ce dont est capable une justice de choc qui ne plaisante pas. Les délinquants en col blanc peuvent rester en prison des mois pour attendre leur jugement et c’est ce qui est train de se produire pour ce pédégé. A chaque fois que la fin de sa garde à vue approche de son terme, une nouvelle inculpation tombe et le garçon reste derrière les barreaux, a priori sans l’ombre d’un traitement de faveur.

Sans doute les (nombreux) responsables français qui accusent en permanence la justice nationale d’être « aux ordres du pouvoir », de « ne pas respecter la présomption d’innocence », et bla-bla-bla et bla-bla-bla, devraient regarder d’un peu plus près comment la chose judiciaire se déroule dans une démocratie comme le Japon, ils apprécieront peut-être un peu plus notre système national, sans doute perfectible mais aussi globalement respectueux des droits des droits des justiciables. La justice japonaise décidera de la culpabilité ou de l’innocence de M. Gohsn. Quoi qu’il ait fait, il devait savoir que travailler et vivre (au moins à épisodes) dans un pays étranger vous soumet aux lois et règlements dudit pays et qu’il convient de s’y plier si l’on ne pas encourir les foudres de la justice locale, surtout lorsqu’elle est sévère comme au Japon.

Un nouveau président au pouvoir au Brésil

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris ses fonctions ce premier janvier. Dans la lignée des pouvoirs populistes qui font fureur actuellement en Europe et aux Etats-Unis il déploie déjà l’étendard du repli sur le pays et le crucifix du Dieu des chrétiens, du développement forcené du libéralisme économique, de l’annulation de toutes mesures écologiques nationales ou multilatérales et de la lutte contre la violence et la corruption endémiques qui ravagent le pays. Plus original il a (re)lancé une croisade contre « les idéologies socialistes et communistes ».

Jusqu’à plus ample informé, le Brésil n’était pas à proprement parler un repaire bolchévique mais le nouveau président qui ne cache pas son attachement aux dictatures militaires passées en réactive le vocabulaire. On verra s’il en réhabilite également les méthodes. Sa tâche en tout cas sera rude pour réduire violence et corruption qui gangrènent cette immense nation et qui ont jeté à bas les progrès économiques des pouvoirs précédents. La devise du pays est « ordre et progrès » ; il est clair qu’à ce stade la première variable de l’équation est en déroute et qu’il sera difficile de maintenir la seconde sans résolution de la première !

Petit à petit des dirigeants « populistes » se font élire en disant à leurs électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Leurs programmes économiques sont généralement hétérodoxes au regard de la théorie économique en vogue mais ils sont en train d’être déroulés. Voyons d’ici quelques mois ou années ce que cela donnera !

Le Cameroun va employer son argent à meilleur escient

La fédération africaine de fouteballe constate que le Cameroun qui devait organiser une compétition régionale en 2019 ne sera pas en mesure de livrer les infrastructures attendues dans les délais, du coup voilà le pays privé de cette coupe qui sera organisée ailleurs. C’est une bonne nouvelle pour ce pays qui a vraiment d’autres priorités à prendre en compte que de construire des stades de sport dans un pays miné par le sous-développement, la corruption, la sécession entre anglophones et francophones, le terrorisme religieux, sans parler du vieillard de 85 ans qui occupe sa présidence depuis plus de 35 ans…

Ce malheureux pays concentre tous les errements de l’Afrique postcoloniale après avoir subi les ravages de la double colonisation britannique et française. Les dépenses qui seront ainsi économisées par la non-organisation de la compétition devraient pouvoir être réallouées à des sujets plus productifs et plus utiles à la population, à moins qu’elles ne viennent enrichir encore le clan présidentiel dont le parrain, Paul Biya, passe maintenant plus de temps en Suisse, entre sa résidence de nabab et l’hôpital local, que dans sa capitale.

Les caravanes passent…

L’Amérique latine connaît elle-aussi ses flux de migrants quittant des pays pauvres (Honduras, Guatemala et autres confettis d’Amérique centrale) pour espérer rentrer aux Etats-Unis d’Amérique, pays riche. Depuis quelques semaines ils ont monté des « caravanes »de plusieurs milliers de personnes remontant à pieds vers le Nord dans l’espoir de forcer la frontière américaine. Les dangers sont moindres que pour les migrants tentant de traverser la Méditerranée pour rentrer en Europe mais ils ne sont pas absents. Les membres de ces caravanes se font copieusement piller et racketter par les citoyens des pays qu’ils traversent et les femmes sont souvent forcées de délivrer des « services sexuels » pour poursuivre leur route. C’est un peu comme Mme. Michu à Paris qui en 1940 dénonçait son voisin juif pour pouvoir s’approprier son commerce ; pas très brillant mais ainsi va la condition humaine.

Evidemment, tout ceci est du pain-béni pour les conservateurs américains qui communiquent sur le grand-remplacement avec la subtilité d’un Eric Zemmour sur un plateau télé de variétés. En période d’élections législatives pour le renouvellement du sénat et de la chambre des représentants, la Mme. Michu de l’Amérique profonde vote pour le parti républicain avec détermination d’autant plus que le président annonce l’envoi de l’armée pour renforcer la frontière avec le Mexique et annonce qu’elle pourrait faire feu si les migrants montrent de l’agressivité. Zemmour va demander l’asile au Texas…

En réalité les pays riches sont confrontés à l’exigence d’accès à leurs territoires toujours plus forte venant des pays pauvres. Si l’on exclut le cas des réfugiés répondant à une autre logique, il y a dix ou vingt ans les travailleurs maliens rentraient en France de façon illégale mais discrète et espéraient qu’au bout du compte ils pourraient régulariser leurs situations, ce qui était souvent le cas. Il en allait de même pour les « latinos » pénétrant illégalement aux Etats-Unis. Aujourd’hui les flux des pays les moins avancés vers les pays riches, émigrant pour améliorer leur situation économique, ne semblent pas beaucoup plus importants en nombre de personnes qu’il y a vingt ans mais la revendication est désormais tonitruante. L’entrée sur le territoire riche est quasiment considérée comme un droit, consciemment ou pas, peut-être comme une compensation à l’inégalité frappante et croissante des niveaux de richesse respectifs. L’une des causes de cette inégalité est locale mais la politique des Etats-Unis n’est pas exempte de tout reproche à cet égard. On pourrait d’ailleurs en dire largement autant de la responsabilité passée de la France dans la gestion des pays africains de départ.

Le cas du Honduras est caractéristique, rongé par la corruption, la mauvaise gouvernance, le trafic de drogue de mafias barbares, il fut aussi un proconsulat de la politique américaine de lutte contre le communisme dans les années 70/80’ laissant des ravages profonds dans le système politique de ce pays. Alors ses citoyens s’estiment en droit d’émigrer aux Etats-Unis sans suivre la voie légale qui leur serait de toute façon refusée. C’est une espèce de migration pour solde de tout compte…

Le problème est que cetteexigence se heurte à la zemourisation des élites de nombre des pays riches dont les électeurs ne voient pas pourquoi ils devraient partager leur niveau de vie avec des va-nu-pieds. C’est une vielle histoire et les dirigeants démocratiquement élus sont bien obligés de prendre en compte aussi les revendications de Mme. Michu, qu’elle habite le Minnesota ou Nice. Le chemin est étroit entre l’action intelligente et le populisme. Il n’y a pas de réponse évidente une fois que l’on a dit qu’il faudrait favoriser le développement économique des pays de départ pour que leurs citoyens n’aient pas le besoin de les fuir…Quel que soit le jugement moral que l’on porte sur la légitimité de ces flux de migration économique il est maintenant incontestable qu’ils gangrènent le débat politique dans les pays riches et font évoluer progressivement les démocraties vers le bord du gouffre. On ne sait pas encore qui sera gagnant à la fin de la partie, sans doute pas la Raison.

C’est parti pour le Brésil

Le Brésil vient d’élire un président nouveau : ancien militaire, nostalgique de la dictature militaire dans son pays, présentant un programme économique libéral tout en étant à ce stade relativement flou, promettant de rétablir la sécurité dans un pays rongé par la violence, mais surtout, à l’unisson de nombre de ses pairs en Occident, affichant une vulgarité assumée, mélange de racisme, d’homophobie et de simplisme, bref, un plouc de plus à la tête d’un grand pays.

Elu très largement, il est légitime et soutenu par la majorité des brésiliens. Voyons ce que donnera l’application de ce nouveau programme de société que les démocrates n’ont pas su empêcher d’advenir, condamnés qu’ils furent par les électeurs pour la corruption endémique qui ravage ce pays avec son flot de violences diverses. Comme on le sait, la corruption est un mal qui diffuse dans une société : les gros sont très corrompus, les moyens le sont moyennement et les petits le sont un peu. Régler cette histoire va nécessiter un changement drastique des mentalités auquel tout le monde n’est peut-être pas complètement prêt, y compris dans les électeurs de ce nouveau président.

Rendez-vous dans 5 ou 6 ans pour un premier bilan !

Les ravages de deux clowns latinos

Le Venezuela et, dans une moindre mesure, le Nicaragua sont en cours d’effondrement, menés l’un et l’autre dans le gouffre par deux clowns obstinés d’inspiration marxiste.

Le cas du Venezuela est particulièrement navrant, d’une part car le pays est assis sur une richesse pétrolière très significative et, d’autre part, ce grand pays continue à être gouverné sur des idées d’un autre âge : l’anti-impérialisme américain et le Capital de Marx, le tout maintenu par une hiérarchie militaire et policière solide. Depuis quelques mois l’inflation se compte en milliers de %, la devise locale n’a quasiment plus de valeur, les réserves pétrolières sont sous exploitées par manque d’investissements, la population fuit dans les pays avoisinants et la répression de la contestation est énergique. C’est un véritable modèle de la direction à suivre pour atteindre la faillite économique et humaine d’une nation entière. Il reste à espérer que le régime s’effondre de lui-même sans trop de violence et que le pays soit repris en mains par des dirigeants réalistes. En tout état de cause, il y en aura pour plusieurs générations pour redresser cette économie dans l’hypothèse optimiste où le top-départ serait donné rapidement. C’est loin d’être le cas pour le moment et les responsables du pays continuent à diffuser un discours surréaliste digne des plus beaux moments de l’URSS ou de Cuba, en regardant le pays se dissoudre sous leurs yeux.

Le Nicaragua fut dirigé pendant des décennies par des dictateurs soutenus par l’Eglise et les Etats-Unis, anticommunistes et dignes des romans de Garcia-Marquez. Ils moururent généralement de morts violentes jusqu’à ce qu’un pouvoir révolutionnaire s’installe aux commandes en 1979 sous la férule communiste de Daniel Ortega à la tête du parti sandiniste, mettant fin à la dynastie Somoza. Le régime est soutenu par l’intelligentsia bobo européenne. Le groupe britannique The Clash sort à cette occasion en 1980 un légendaire triple album intitulé Sandinista !

Après un intermède de libéralisation du régime qui organise des élections qui voient gagner des candidats libéraux, Ortega est revenu au pouvoir en 2006, adoptant la nouvelle orientation initiée par ses prédécesseurs. Il fait nommer sa femme comme vice-présidente et gère depuis ses petites affaires en famille. Des mouvements contestataires se développent dans le pays depuis quelques mois qu’Ortega réprime dans la violence. A la différence de ses collègues vénézuéliens le garçon a tourné sa veste idéologique sans trop de difficultés mais fait tout pour rester au pouvoir, telle une bernique collée à son rocher.

Au Venezuela comme au Nicaragua, une caste de dirigeants de rencontre préfère dévaster leurs pays plutôt que de renoncer à leurs idéologies ou leurs ambitions. Ils rendront les armes un jour ou l’autre car ils ont déjà échoué.

Les dictateurs jardinent


Une journaliste du Monde a identifié le parc Kim Il-sun dans le centre de Damas en Syrie. Inauguré en 2015, ce jardin est fermé au public mais son portillon est facilement franchissable et des gamins jouent au football sur ses pelouses. Il semble que ce parc ait été édifié en hommage à l’indéfectible amitié liée entre les dictateurs à la tête de ces Etats. Dans les deux pays le pouvoir se repasse de père en fils qui appliquent des politiques assez similaires avec comme objectif premier de garder le pouvoir au sein de la famille. Jusqu’ici ils y ont réussi. Les Assad rendant hommage aux Kim, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité.

Exécutions capitales au Japon

Le Japon a fini d’appliquer les condamnations à mort prononcées par la justice locale à l’encontre de treize dirigeants de la secte Aum, une bande criminelle inspirée par un mélange d’idéologies religieuses, principalement bouddhiste et hindouiste, mais aussi par l’annonce de l’apocalypse cette fois-ci très chrétienne, le tout assorti d’un zeste de science-fiction.

Le gourou en chef de cette organisation finit par justifier meurtres et attentats comme outils de la doctrine. Le groupe terroriste commis une attaque chimique au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995 qui tua 13 personnes, en intoxiqua des milliers d’autres et créa un traumatisme profond dans la société japonaise. Ce gourou et douze membres participants à l’attentat ont été condamnés à mort et exécutés ces jours-ci par pendaison, vingt-trois ans après les faits.

Le coté troublant dans l’idéologie de cette secte fut sa capacité à recruter des militants issus de catégories sociales plutôt favorisées et bien formées. Le « charisme » du gourou laisse pantois. La secte qui avait une existence légale officielle a été remplacée depuis par une autre qui continue à diffuser les mêmes sornettes mais en se plaçant dans le cadre du respect de la loi.

Pas grand monde ne va trop s’émouvoir de l’exécution de ces treize membres d’une secte surréaliste et criminelle. Les pays européens, dont la France, rappellent leur solidarité avec les victimes et leurs familles mais aussi leur opposition à la peine de mort. On est ici face à un vrai cas de conscience : la culpabilité des condamnés n’est pas discutée, l’horreur aveugle d’une attaque chimique dans le métro est évidente, la démocratie japonaise n’est pas non plus contestée, le fait que les accusés soient sans doute irrécupérables pour s’adapter au mode de vie d’une société démocratique est sans doute très probable, mais soit l’on est opposé à la peine de mort par principe et on l’abolit, soit on garde cette arme judiciaire et on l’administre dans un cadre légal démocratique, c’est la position du Japon, et d’ailleurs des Etats-Unis d’Amérique. Le monde actuel vit le même genre de dilemme avec les terroristes religieux islamistes.

C’est un véritable cas de conscience. La majorité des sociétés occidentales l’ont résolu en abolissant la peine capitale sur le double thème de la morale et de son inefficacité à réduire la criminalité.

Psychodrame religieux en Israël

Depuis la création de cet Etat, les jeunes hommes étudiant la Torah dans les écoles religieuses israéliennes sont exemptés de faire leur service militaire, qui dure trois ans dans ce pays quasi-continuellement en guerre. Les partis religieux extrémistes qui font partie de la coalition au pouvoir estiment que les étudiants qui consacrent leur vie à Dieu et aux textes sacrés ne peuvent dévier de cette mission. En face certains parlent le langage du droit et de la rupture d’égalité des citoyens face au service de l’Etat.

Comme partout Dieu et le code civil n’ont jamais fait bon ménage, c’est la parole divine contre la construction humaine du droit. La religion s’y est toujours également bien entendu pour défendre ses privilèges, en Israël comme ailleurs. Ces pratiques d’un autre âge sont toujours de mise, hélas ! Que la République laïque nous protège de ces absurdités.

Les Russes en Centrafrique

Un accord militaire aurait été signé en décembre 2017 entre la Russie et la Centrafrique incluant une livraison d’armes au gouvernement local (dûment autorisée par l’ONU par exception à l’embargo en cours) et la formation des forces militaires gouvernementales.

La presse rapporte que l’on voit dans les rues de Bangui des militaires russes ressemblant plus à des mercenaires qu’à des soldats réguliers. Ils assurent la sécurité rapprochée du président centrafricain et cohabitent, pacifiquement pour le moment, avec la force internationale de l’ONU censée maintenir la paix entre les nombreuses milices qui se battent entre elles et avec les maigres forces gouvernementales. La Russie lorgne aussi sans doute sur les ressources minières dont ce pays est doté.

Ce pays bantou est un mystère insondable : incapable de se développer harmonieusement, la mauvaise gestion, les luttes tribales, l’alcool et le sida y font des ravages depuis des décennies. Massacres, pillages, fraudes et incompétence ont depuis longtemps perdu cette République. La France, ancienne puissance coloniale, a tout à se reprocher dans cette triste affaire. Le pays a été transformé en vaste terrain d’entraînement militaire français après l’indépendance. L’armée française y régnait en maître jusqu’à son départ à la fin des années 90’, un proconsul de la DGSE (le commandant Mansion) manipulait le président, des repris de justice corses dirigeaient les casinos de la capitale, Giscard-dit-d’Estaing venait y chasser le gros gibier et tout ce petit monde trafiquait le diamant se compromettant jusqu’au « sacre de l’empereur Bokassa », sommet du ridicule et de la perversion de la bien triste « francafrique ».

D’interventions militaires en débarquements de présidents, la France a plus ou moins passé la main à l’ONU au début du XXIème siècle, qui ne réussit pas plus à remettre ce pays sur les rails d’un développement paisible. Alors que les russes s’y essayent, pourquoi pas ? Les interventions étrangères de ces dernières années ont sans doute limité l’ampleur des massacres inter-ethniques mais l’avenir est sombre, sans doute sans espoir. Que les russes soient mercenaires ou réguliers, qu’importe, ils sont certainement soutenus et envoyés là par le gouvernement russe qui ne s’en cache pas. On se souvient avec quel aplomb le président russe affirmait que les citoyens russes tués sur le front ukrainien devaient y être « en vacances » mais certainement pas en mission commandée…

Cette fois-ci la Russie assume sa présence et c’est très bien ainsi. Nous verrons où ils en seront dans quelques années. Puissent-ils réussir à apaiser ce pays désespérant !

Confirmation en Turquie


Un président turc se fait réélire ce week-end au premier tour et son parti islamisé est confirmé au parlement. Après une modification de la constitution approuvée par référendum lui octroyant les pleins pouvoirs, M. Erdogan , un peu calife, un peu soupe-au-lait, très nationaliste, est reparti pour au moins cinq années à la tête de l’Etat après déjà quinze ans de pouvoir.

Le garçon ne plaît pas beaucoup à l’Occident, il copine avec Russes ou arabes (sunnites) selon ses intérêts, éventuellement avec des groupes terroristes si cela l’arrange, son armée bataille en Iraq et en Syrie, il vocifère contre l’Europe, traite les dirigeants allemands de « nazis », mène une guerre civile sans fin contre les kurdes de Turquie ; mais il plait à ses électeurs qui le renouvellent très régulièrement et, même s’il y a sans doute un peu de fraude électorale (sans doute pas plus que lors d’une élection d’un président de l’UMP en France), il est largement et bien élu. Son peuple est content.

Son action depuis quinze ans a sans doute définitivement réglé le sujet de la candidature de la Turquie à l’Union européenne dont des dirigeants de rencontre avaient imprudemment inclus le principe dans le traité de Rome. Ce pays ne peut ni ne veut adhérer, et c’est bien ainsi car les Etats membres actuels ne veulent pas plus de cette adhésion. Voilà un point sur lequel tout le monde est d’accord d’un côté et de l’autre du Bosphore. Alors bien sûr Ankara, comme une fiancée éconduite, va tout faire pour nuire à l’Union européenne mais ce n’est pas la seule capitale à chercher à perturber, nous pouvons même dire que ce sont les lois du genre.

Mais la Turquie fait partie du traité de l’alliance atlantique (OTA N) et là les choses sérieuses commencent. Cette alliance majoritairement américano-européenne offre l’abri du parapluie nucléaire US à l’Europe frileuse et oblige l’alliance à défendre chacun de ses membres en cas d’attaque, et ce n’est pas rien. Ankara abrite des troupes et des armes nucléaires de l’OTAN sur son sol. On frémit à l’idée de ce que ce pays oriental pourrait en faire si la mauvaise humeur de son président se transformait en attitude belliqueuse ! Les chefs militaires comme les dirigeants politiques de l’après-guerre ont cru que la Turquie était occidentale. Ils se sont trompés. Nous reverrons la situation dans 30 ans.

En attendant il faut bien composer avec ce pays clé malgré les sautes d’humeur de son chef. Une diplomatie basée sur les faits et la discrétion reste le mieux que l’on puisse faire pour le moment. Laissons le raïs s’égosiller dans ses meetings électoraux sans réagir, les réalités économiques permettront à l’Europe de maintenir ses intérêts bien mieux que des réactions verbales inutiles.

Les prix du fouteballe en Russie

 


Les prix officiels des tickets des matches de la coupe du monde de fouteballe en Russie s’échelonnent entre 105 et 1 100 USD selon le stade de la compétition auquel on s’intéresse. Il y a une catégorie pour « personnes obèses », sans supplément de prix. Il s’agit des prix officiels affichés sur le site de la fédération internationale mafieuse de foute, gageons que le marché noir doit multiplier par trois ou par quatre.

Israël se déchaîne

Israël fait parler d’elle ces derniers temps et pas toujours de la meilleure façon. En effet, face à des manifestations palestiniennes faisant mine de traverser leur frontière nord pour envahir Israël l’armée tire sur ces manifestants. Il y a des dizaines de morts et ce, le jour où le pouvoir inaugure en grande pompe la nouvelle ambassade américaine transférée de Tel-Aviv à Jérusalem marquant ainsi le soutien des Etats-Unis au fait que cette ville est la capitale unique d’Israël bien que l’organisation des Nations Unies ait voté plusieurs résolutions prônant Jérusalem comme capitale partagée entre Israël et le futur Etat palestinien à créer.

Et revient la petite musique religieuse rappelant que « Dieu a promis Israël au peuple juif » et que c’est ainsi, non discutable. C’est la vieille histoire des références historiques (et, pire, bibliques) pour justifier des conquêtes territoriales. Ces références peuvent être vraies, elles n’en sont pas moins subjectives par nature car jusqu’où remonte-t-on, à quel siècle s’arrête-t-on, la parole de quel vainqueur retient-on ? C’est sans fin et ce sont des fondements ne reposant ni sur le droit, ni sur la science, et encore moins sur la raison. Depuis Neandertal il y a toujours eu des peuples ou des tribus qui ont existé sur un territoire avant d’autres, cela ne leur donne pas pour autant de prééminence sur un territoire, sinon il faudrait rendre les Etats-Unis aux Apaches, les Antilles aux Arawaks, la Savoie à l’Italie et l’Algérie aux descendants d’Homo-Sapiens (qui étaient là bien avant les Kabyles).

Les israéliens et leurs soutiens se réfèrent à l’ancien testament de la Bible pour justifier le « grand Israël », la colonisation des territoires occupés et l’annexion de Jérusalem-Est. Les israéliens et leurs soutiens se réfèrent à l’ancien testament de la Bible pour justifier le « grand Israël », la colonisation des territoires occupés et l’annexion de Jérusalem-Est. Là c’est encore plus contestable car on ne sait même pas qui a écrit ce livre, qui l’a traduit. Il nous dit « Dieu a promis Israël au peuple juif », mais on ne sait pas bien qui est Dieu ; Henri IV ou César, on voit à peu près, mais Dieu on ne l’a jamais vu, il n’a jamais signé de traité international, il ne s’est jamais présenté non plus au cadastre avec un acte de propriété du territoire qu’il « donne au peuple juif » ! Et si l’on commence à croire la Bible sur le « Grand Israël » pourquoi ne faudrait-il pas croire non plus toutes les « vérités » assénées dans le Coran et qui justifient nombre de pratiques d’un autre âge. Non, les livres religieux sont des fables littéraires qui doivent rester dans les bibliothèques à la disposition des théologiens, et n’en point sortir.

Le gouvernement des Hommes doit reposer sur le droit et la Raison. Et il se trouve que le droit et la Raison après lui avoir octroyé un territoire en 1948 demandent à Israël de revenir dans ses frontières de 1967 en restituant les territoires conquis par la force et de partager Jérusalem comme capitale de deux Etats, dont celui de la Palestine à créer un jour. C’est sans doute la raison pour laquelle les conservateurs israéliens se réfèrent à la Bible plutôt qu’à l’ONU.

Après les dirigeants visionnaires, Ben Gourion, Golda Meir, Begin, Rabin, Peres, Israël est maintenant dans les mains d’un clan d’affairistes qui balancent entre l’extrême-droite et l’extrême-judaïsme et ne font pas honneur à l’esprit des fondateurs. Ils colonisent à tour de bras en violation des décisions de la communauté internationale pour imposer le fait accompli. Mais il y a un combat qui est perdu d’avance, c’est celui de la natalité : celle des arabes israéliens (20% de la population, en majorité musulmans) comme celle des pays arabes alentour qui est bien supérieure à celle des israéliens non arabes. L’Histoire est tragique et à terme ceux-ci seront balayés à la fois de l’intérieur de leur pays et de l’extérieur, un peu comme les occidentaux qui perdent progressivement de leur puissance face au reste du monde, ce qui n’est d’ailleurs pas une mauvaise nouvelle. Déjà sous cette pression démographique, Israël en est au point de devoir faire faire du tir au pigeon sur la frontière sud sur les arabes de Gaza pour les bloquer. Cela ne pourra pas durer éternellement, il leur faudra bien composer.

La détestation du monde arabe partagée en Occident, teintée d’une admiration des capacités militaires israéliennes font que ce pays bénéficie d’une indulgence excessive de nos pays. Gageons que l’intelligence et la raison vont prendre un jour le pas sur les sornettes religieuses, bibliques ou coraniques. C’est déjà plus ou moins le cas dans les démocraties occidentales et nombre de pays asiatiques, il n’y a pas de raison que cela ne diffuse pas un jour au Moyen-Orient. Cela prendra des générations mais c’est leur intérêt et celui du reste de la planète.

La Turquie impérieuse

L’hebdomadaire Le Point fait sa une sur la Turquie en affichant en page de couverture une photo de son président sous le gros titre : « Le Dictateur – Jusqu’où ira Erdogan ? ». Des manifestants turcs résidents en France, dont on ne sait pas s’ils ont également la nationalité française, forcent des kiosquiers à retirer l’affiche de la une du Point de leurs kiosques. La rédaction du journal explique être victime d’une campagne de « harcèlement, insultes, injures antisémites ». Les affiches sont remises en place après intervention des autorités françaises.

Cette situation n’est pas véritablement étonnante ni même vraiment inquiétante, mais elle est symptomatique de l’avènement de pratiques propres à ces nouvelles entités appelées parfois « démocratures », alliant démocratie et dictature. Qu’elles soient d’inspiration religieuse comme la Turquie, ou d’obédience plus humaine basée sur la simple volonté de puissance et d’impérialisme comme la Russie, ces nouveaux Etats cherchent à s’imposer au reste du monde non seulement militairement quand ils le peuvent, mais aussi par leurs idées et leurs façons de vivre.

Ainsi nous voyons des soutiens d’un président turc intervenir violemment à l’étranger contre la liberté d’expression propre à ce pays, la Russie perturber des processus électoraux dans des pays occidentaux pour tenter d’y faire élire des candidats de leurs choix, généralement ceux susceptibles d’amener le chaos dans leurs pays une fois élus (Le Pen en France, Trump aux Etats-Unis) et favoriser l’émergence de la puissance de leurs parrains. A l’extrême, des mouvements terroristes actuels inspirés par des courants religieux moyen-orientaux cherchent aussi à modifier profondément les modes de vie en semant le chaos dans leurs pays cibles, occidentaux souvent mais pas toujours.

Le concept « d’agit-prop » (agitation et propagande) n’est pas vraiment nouveau et les occidentaux n’ont pas été les derniers à le développer. La radio américaine Voice of America a pendant des années diffusé sa propagande vers les pays du bloc soviétique pour les convaincre d’abandonner Moscou, la France postcoloniale n’a pas lésiné sur les moyens durant des décennies pour faire prospérer la Françafrique après des indépendances données à ses anciennes colonies. Durant la période coloniale, l’Eglise catholique a aussi puissamment œuvré pour convertir, parfois de force, des populations de va-nu-pieds.

Non, ce qui est nouveau c’est que cette « agit-prop » déroule ses effets perturbateurs désormais au cœur des démocraties occidentales et, qui plus est, menée par les va-nu-pieds d’antan. C’est la réponse du berger à la bergère. Elle caractérise la perte de puissance et d’influence des démocraties occidentales, accentuée en interne par la baisse de moral de leurs populations.

Que l’on se rassure, tout n’est pas perdu pour l’Occident et son mode de vie et de liberté continue à attirer comme un aimant, la vague actuelle des migrants le démontre jusqu’à l’absurde. Même la Turquie met au premier plan de ses préoccupations politiques l’assouplissement dans la délivrance des visas européens à des citoyens turcs. Il y aurait a priori plus de demandes pour entrer en Europe depuis la Turquie que l’inverse. Il faut laisser passer ces caprices de gamins mal élevés, ces comportements passeront sans doute à la Turquie avant que la France ne s’en fatigue. Ce pays a probablement eu plus à souffrir des temps de sa puissance que de ceux de son ouverture à l’Occident. Il aura plus à regretter de sa « démocrature » que de la démocratie. Son peuple s’en rendra bien compte un jour et reviendra à de meilleurs sentiments.

Gibson en faillite


Le fabricant de guitares Gibson a déposé son bilan, mais avec un plan de continuation d’activité. Gageons que les créanciers de cette société consentiront à quelques sacrifices pour sauver cette marque mythique, utilisée par les plus grands !