Un dirigeant balourd

Avez-vous remarqué la signature de Donal Trump, président des Etats-Unis d’Amérique ?

Elle est aussi balourde que le personnage et que la décoration de son appartement new-yorkais :

Il l’applique avec délectation sur des instructions qu’il prend bien soin de signer devant les caméras. Elle est énorme et prend d’ailleurs environ 9 secondes pour être apposés. Ce goût du lourdaud et du kitch caractérise le personnage : un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Mumbai

Mumbai – 2017-11

Mumbai, sur les traces de ses pas il y a presque quarante ans, le chroniqueur redécouvre Gateway of India, un monument colonial sans grand intérêt sinon sa situation au bord de la mer d’Arabie. Construit à la gloire du roi Georges V, il fut franchi une dernière fois par les militaires britanniques après que leurs dirigeants aient octroyé l’indépendance du pays.

Cet immeuble servit de base à Gandhi de 1917 à 1934 et il y proclama le lancement de l’action pacifique pour l’indépendance de l’Inde. Il y fut aussi arrêté en 1932. Mais finalement le combat non-violent fut victorieux, l’indépendance fut proclamée en 1947 mais Gandhi ne sut éviter le drame de la partition du pays entre Inde et Pakistan, ni son cortège de massacres qui entraînèrent près d’un millions de morts.

www.gandhi-manibhavan.org

Visa et religion

Dans sa demande de visa faite auprès du consulat Indien de Paris, le citoyen français doit mentionner sa religion.

Pour ceux qui en doutaient, la laïcité n’a guère traversé les frontières hexagonales. Cette laïcité paraissait un principe de gouvernement de la Cité normal et admis de tous mais le concept prend l’eau de toutes parts en France, quant à l‘étranger, il n’y a jamais été vraiment exporté.

Des dirigeants séditieux en fuite

Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

Le « pouvoir » d’un libidineux riche et clinquant

Un homme public américain autrefois couvert de gloire est désormais voué aux gémonies par la planète entière. Le garçon est producteur de cinéma et il était fêté comme « le plus puissant producteur d’Hollywood », encore plus applaudi que les artistes dont il finançait les créations. Etre « puissant » pour un producteur de cinéma signifie sans doute avoir beaucoup d’argent et donc le pouvoir qui va avec.

Il s’avère que cet homme a beaucoup fait usage de son pouvoir d’argent pour séduire des femmes, voire les harceler et même les violer. Comme il s’agissait souvent de starlettes venues quémander un rôle dans un film, le libidineux d’Hollywood en profitait pour leur imposer des relations sexuelles. Cela durait depuis des années semble-t-il et les premières plaintes arrivent maintenant. L’époque accepte de moins en moins ce genre d’écarts, en tout cas en Occident.

Depuis la révélation de cette affaire, c’est un festival de faux-jetonneries comme si le monde entier découvrait, stupéfait, que l’univers du cinéma, peuplé de gens beaux et/ou riches (seulement riche dans le cas du libidineux qui nous occupe) n’était pas aussi habité par des histoires sordides ; « Mais comment ! Des coucheries à Hollywood, je n’en crois pas mes oreilles… » Il s’agit d’histoires de pouvoir, d’égo, d’argent, d’ambition et de fesses, bref, c’est la vie. Il faut sans aucun doute rabattre le caquet des libidineux et autres arrogants aux égos surdimensionnés, au besoin devant la justice, mais feindre l’étonnement devant la lâcheté des hommes relève au mieux de la niaiserie, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

Plus déprimant, la République française a décoré le libidineux de la Légion d’honneur il y a quelques années et l’on se demande bien à quel titre ? Il n’y a pas de réponse évidente à ce stade sauf ce penchant douteux pour l’autocongratulation qui ravage nombre de puissants. Toujours est-il que devant le scandale en cours, la République pourrait éventuellement retirer sa décoration.

La Turquie… encore et toujours

Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

Dictateur, c’est un métier !

Les dictatures de Corée du Nord et du Venezuela occupent l’actualité ces derniers temps avec des exploits dont on se passerait bien.

La Corée du Nord est maintenant élevée au statut de puissance nucléaire grâce à la constance de la famille Kim qui a engendré trois dictateurs staliniens d’opérette ayant successivement dirigé le pays. Le régime est totalitaire et a développé une propagande qui a éteint toute opposition et érigé un culte de la personnalité en faveur de son dirigeant suprême à l’égal de celui dont Staline avait disposé en son temps. Il n’y a pas d’élections libres. Le pays est isolé du reste du monde et l’un de ses principaux objectifs politiques est la confrontation avec l’extérieur.

Le Venezuela est gouverné depuis plusieurs années par des dirigeants populistes élus dans des élections plus ou moins démocratiques mais en tout cas soutenus par une partie des citoyens. Le développement économique est basé sur des principes marxistes et le pays est ruiné malgré ses réserves pétrolières considérables.

Dans un cas comme dans l’autre, ces dirigeants consacrent la majorité de leur temps et des moyens des Etats qu’ils squattent à se maintenir au pouvoir quel qu’en soit le prix à payer pour leurs pays : la ruine, voire la guerre. La confrontation avec l’extérieur leur permet par ailleurs de mobiliser leurs peuples, plus ou moins consciemment, derrière eux. Au Venezuela où existe tout de même un processus électoral, le pouvoir doit jouer avec les institutions pour museler son opposition. En Corée du Nord, il suffit d’exécuter les contestataires qui de ce fait semblent assez peu nombreux.

Si ces dirigeants de rencontre consacraient la moitié de l’énergie qu’ils dépensent actuellement pour maintenir leurs dictatures au développement censé de leurs pays, nous n’en serions pas là et eux non plus.

La démocratie dans sa conception occidentale a bien des inconvénients que nous vivons tous les jours, mais elle a l’immense mérite d’empêcher l’apparition de telles situations, au moins jusqu’ici. Conservons-là, protégeons-là et cessons de maugréer à tous instants contre ce qu’elle est !

L’inconstance au pouvoir

Charlie Hebdo – Coco

A peine en place depuis dix jours le responsable de la communication à la Maison Blanche, un ancien financier de chez Goldman Sachs avec une tête de mafieux sicilien a été remercié pour, semble-t-il, avoir injurié publiquement quelques conseillers haut-placés de la présidence. Son départ fait suite également à ceux du porte-parole et du secrétaire général de ce centre du pouvoir exécutif américain.

La gestion de Donald Trump est peu lisible et on ne comprend pas bien si finalement il est proche de la Russie ou s’il veut la sanctionner, s’il préfère l’Arabie Saoudite au Qatar, s’il va déclarer la guerre à la Corée du Nord ou à l’Iran, s’il va construire un mur à la frontière du Mexique ou pas, s’il travaille à son bureau ou sur son compte Tweeter, bref, les Etats-Unis vivent un peu d’incertitude avec le président imprévisible qu’ils ont élu, mais cela ne paraît pas bouleverser la majorité des citoyens, ni en bien ni en mal, ceux qui ont voté pour lui comme les autres.

C’est ainsi et on ne peut pas dire que cela soit une surprise compte tenu de ses exploits passés. Jusqu’ici tout va bien, l’économie tient, l’armée parsème les allées du pouvoir de ses généraux en retraite, les bourses américaines battent des records… Le président passe plus de temps à tweeter et à démonter ce qu’a fait son prédécesseur qu’à réformer pour l’avenir, ce sont des méthodes plutôt inhabituelles mais il n’est pas dit qu’elles donnent de plus mauvais résultats que la moyenne.

La vulgarité au pouvoir

Donald Trump

Le président américain a remplacé son responsable de la communication à la Maison Blanche. Le nouveau venu est un ancien financier de chez Goldman Sachs avec une tête de mafieux sicilien. Sa mission principale semble être de verrouiller les fuites venant du plus haut niveau qui sortent de la présidence depuis quelques mois vers la presse. Il ponctue ses interventions publiques d’expressions de son cru : « suceur de bite », « putain », « enculés » et autres obscénités dignes d’un charretier de bas étage.

Il est vrai que la Maison Blanche est devenue une vraie passoire et nombre d’informations en principe confidentielles se retrouvent tous les matins dans la presse de façon un peu inquiétante d’ailleurs. Ces fuites montrent l’amateurisme et le manque de sérieux qui règnent au sein du pouvoir suprême américain qui semble gérer l’Etat fédéral comme une épicerie. On ne sait pas bien quelles sont les intentions des balances : nuire au président pour régler des comptes personnels ou se débarrasser de ce leader élu dont les écarts commencent à effrayer ? Quoi qu’il en soit, il n’est pas anormal qu’un chef de l’Etat veuille casser les reins des traitres qui l’entourent. Il n’est pas sûr que la vulgarité tapageuse soit le meilleur moyen d’y arriver. L’option de l’intelligence aurait aussi pu être tentée pour remettre de l’ordre dans la maison. Ce n’est pas celle qui a été choisie. Nous verrons sous peu les résultats de cette nouvelle tactique de communication.

Aux Etats-Unis comme en France, les entourages politiques ne sont pas fiables et beaucoup (trop) ont érigé la trahison en mode de fonctionnement. On se souvient du feuilleton grand-guignolesque des dérives du candidat Fillon aux élections présidentielles aimablement alimenté par des fuites vers la justice et la presse venant forcément de certains de ses très proches. Le président Trump est soumis au même genre de traîtrises, il se bat contre et on peut le comprendre. Il lutte avec ses propres méthodes, celles du populisme et du café du commerce, le tout commenté journellement sur son compte Tweeter. Du Fillon conservateur et réservé au Trump extraverti et gouailleur, le premier a sombré, le second est en route vers son destin.

La religion prend le dessus de l’éducation en Turquie

Les autorités en charge de l’éducation en Turquie annoncent que les programmes scolaires du pays ne mentionneront plus la théorie de l’évolution de Darwin faute « de pertinence » mais incluront désormais l’enseignement du « bon jihad », celui qui exalte l’amour de la patrie. C’est le début de la fin du principe de la laïcité turque encore inscrit dans la constitution pour le moment. C’est en tout cas le crépuscule d’une époque, celle lancée par Atatürk de la modernisation du pays basée sur son virage vers l’Ouest.

Le créationnisme qui va à l’encontre du darwinisme est inscrit dans l’ancien testament et le jihad l’est dans le Coran. Ils sont donc privilégiés par le pouvoir religieux démocratiquement élu : la foi plutôt que la raison. C’est une vieille histoire. Rien n’est éternel et gageons que ce pays reviendra un jour sur les chemins abandonnés aujourd’hui. Il aura simplement pris du retard.

Agitation diplomatique au Moyen-Orient

L’Arabie-Saoudite et les Emirats Arabes Unis, plus quelques satellites comme l’Egypte et les Iles Maldives, rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent cet Etat gazier de soutenir le terrorisme et l’Iran et veulent l’en punir en organisant de plus un embargo aérien, maritime et terrestre de l’émirat. Tous ces pays du Golfe sont de confession musulmane-sunnite et leurs gouvernements largement connectés avec l’Occident à qui ils achètent un armement sophistiqué et onéreux, investissent lourdement leurs pétrodollars sur les bourses américaines et européennes. Ils comptent plus ou moins sur le parapluie protecteur de Washington qui a déjà servi une fois ou deux pour libérer le Koweït, sous mandat des Nations Unies, envahi par l’Irak en 1990, puis destituer le dictateur Hussein de Bagdad en 2003, sans mandat cette fois-ci. On sait que cette dernière guerre s’est très mal déroulée et est en partie à l’origine de la flambée de terrorisme qui brule le monde, et tout particulièrement le Moyen-Orient qui est à feu et à sang sans discontinuer depuis ces évènements.

Voir l’Arabie-Saoudite critiquer l’implication du Qatar dans le terrorisme ne manque pas de faire sourire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité… Ces Etats musulmans ont tous été les promoteurs de l’Islam politique qui est, avec le pétrole, le socle de leur pouvoir. Tous ont œuvré à diffuser cette idéologie à travers la planète par tous les moyens dont ils disposent, financiers bien sûr, mais aussi théologique via des imams, centres culturels, mosquées prêchant le wahhabisme et le salafisme à travers la planète, cherchant à prendre le contrôle des neurones des citoyens musulmans pour leur imposer ce mode de pensée et de vie.

L’étape ultime de ce totalitarisme religieux est le terrorisme mis en œuvre actuellement par une multitude de groupes armés qui ne cherchent pas à convaincre mais à imposer leurs vues par les armes. Aujourd’hui, les plus barbares parmi ces clans sont de confession sunnite (groupe Etat islamique, Al Qaïda,…). Ils s’écharpent sur les terrains de combat en Irak et en Syrie, et commettent des attentats sanglants en massacrant des civils indistinctement chez ceux qui n’ont pas, ou pas assez, les mêmes croyances qu’eux.

L’Iran de confession musulmane-chiite a beaucoup donné dans l’action terroriste contre l’Occident dans les années 80/90 mais semble s’être calmé avec le XXI siècle. Là encore il n’est pas sans ironie de voir ces Etats sunnites menés par l’Arabie-Saoudite désigner l’Iran comme grand méchant loup acteur principal du terrorisme mondial !

Tous ces Etats religieux, obsédés par ce qu’ils croient être leur mission divine ont passé, et continuent à passer, un temps infini à diffuser une idéologie d’un autre âge plutôt que de se consacrer au développement de leurs pays pour le bien de leurs peuples. Comme tous les régimes idéologiques la guerre est un des moyens à disposition et ils n’ont pas manqué de l’utiliser. Ils ont dépensé pour ce faire des sommes faramineuses. Sans doute le monde contemporain eut été différent, peut-être plus apaisé, s’ils avaient passé plus de temps à s’occuper de l’Homme plutôt que de chercher à plaire à Dieu. L’Occident a réglé le compte de ses idéologies les plus dévastatrices : la chrétienté, le nazisme, le communisme. Il lui reste à gérer quelques remugles de nationalisme et de populisme, ou plutôt de bêtise à courte vue. Gageons qu’ils seront moins violents. Il faut maintenant que l’Orient mène la bataille de l’intelligence et de la raison humaines.

Attentats religieux en Orient

Des religieux islamistes continuent les massacres aveugles au Proche et Moyen-Orient, toujours au nom de Dieu.

  • En Egypte le 27 mai 2017 un bus transportant des citoyens cooptes est attaqué, il y a au moins 29 personnes tuées.
  • En Afghanistan le 31 mai 2017 un camion lourdement piégé explose dans un quartier animé de Kaboul, il y a 80 morts et des centaines de blessés.

Le Groupe Etat islamique a revendiqué ces actions et rappelé que le mois de ramadan qui a commencé fin mai doit être utilisé pour renforcer les meurtres contre les mécréants. Il a été suivi.

C’est le printemps…

Il y a les soldes de printemps à cette époque, mais il y a aussi l’offensive de printemps des… talibans afghans. C’est traditionnel depuis que ce pays en en guerre, c’est-à-dire depuis l’invasion soviétique de 1979, au moins pour la période contemporaine : tous les printemps, lorsque la neige a fondu sur les contreforts de l’Himalaya et que les voies de communication redeviennent circulable après les frimas de l’hiver, les islamistes talibans repartent à l’assaut de qui détient le pouvoir. Que ce soient des soviétiques, des pakistanais, des occidentaux, des marionnettes des uns ou des autres qui sont aux commandes, eh bien ça ne loupe pas, les talibans veulent reprendre le pouvoir pour y installer leur idéologie religieuse régressive, alors ils repartent à l’assaut après l’hiver. C’est l’offensive de printemps, comme il y a la cuvée du patron !

Ce serait risible si cela ne se traduisait par des centaines de morts chaque année et l’autodestruction réglée de ce pays par les siens. De guerres civiles en guérillas internationales, d’interventions étrangères en actions terroristes, les talibans sont toujours là et descendent de leurs montagnes le printemps venu pour tenter de réinstaller leur régime d’un autre âge. Gageons qu’ils y parviendront à force de lasser le reste de la planète et de gagner les combats contre les plus grandes puissances, animés d’une foi à ébranler les montagnes et armés par on ne sait trop qui !

Le mieux est peut-être pour l’Occident de prendre acte de son échec à vouloir pacifier ce pays en l’accompagnant sur le chemin d’une civilisation moderne qu’il n’est pas sûr que la majorité de sa population désire vraiment. Si les intérêts supérieurs des pays occidentaux l’exigent il sera toujours possible d’y retourner guerroyer de temps à autres mais vouloir y rester durablement pour y instaurer un développement politique et économique apaisé est juste au-delà des compétences de ces puissances.

Le président turc aux Etats-Unis

Le président turc Erdogan a rendu visite aux Etats-Unis ce 16 mai à un moment où la Turquie s’éloigne de l’Occident tout en restant membre de l’organisation de défense atlantique (Otan) et alors que Washington a annoncé vouloir accentuer ses livraisons d’armes aux milices kurdes qui combattent en Syrie le groupe terroriste Etat islamique, mais sont aussi des opposants à Ankara.

Ces deux présidents populistes et grande gueule vont devoir compromettre sur des sujets sensibles, chacun tenant l’autre par la barbichette. Les forces de l’Otan disposent et utilisent des bases militaires en Turquie pour différentes opérations armées au proche et moyen orient. Les forces turques interviennent directement en Syrie plus ou moins sous l’aile russe et en soutien au régime syrien auquel s’oppose l’Occident. Pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions mais on peut gager que ces deux présidents roublards vont bien trouver un accord a minima en catimini, quitte à dire le contraire devant les journalistes.

La vraie question qui risque de se poser à plus ou moins court terme est le maintien de la Turquie dans une alliance militaire dont elle s’oppose frontalement à tous les membres, en des termes qui manquent souvent d’élégance. A force de mener sa diplomatie avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine le président turc s’est mis tous ses voisins à dos. La charte de l’Otan stipule qu’en cas d’attaque contre un pays membre les autres doivent réagir. Il n’est pas vraiment réjouissant de penser que si l’Irak ou la Syrie attaquaient militairement un jour la Turquie, lassées des jérémiades et agressions diverses d’Ankara à leur encontre, eh bien les troupes occidentales de l’Otan seraient censées défendre la Turquie. Il va falloir y penser sérieusement si ce pays continue à dériver loin des intérêts occidentaux.

Au cours de cette visite turque aux Etats-Unis, des manifestations se sont déroulées devant l’ambassade turque où l’on vit les gardes du corps présidentiels turcs sortir pour tabasser les opposants kurdes, parfois de nationalité américaine, devant une police locale dépassée par les évènements. Il faut dire qu’il est plutôt inhabituel de voir des services de sécurité étrangers faire le coup de poing contre des manifestants à l’occasion d’un voyage présidentiel. Ainsi va la Turquie !

A table avec la Corée du Nord

Donald Trump

M. Trump avait définit les grandes lignes de sa diplomatie asiatique en juin 2016 :

If he [Kim Jun un, président de Corée du Nord] came here, I’d accept him, but I wouldn’t give him a state dinner like we do for China and all these other people that rip us off when we give them these big state dinners. We give them state dinners like you’ve never seen. We should be eating a hamburger on a conference table, and we should make better deals with China and others and forget the state dinners.

Attentat religieux islamiste en Egypte

Le groupe Etat islamiste a revendiqué deux attentats commis ce 9 avril dans deux églises chrétiennes-cooptes en Egypte faisant une cinquantaine de morts. Des fous de Dieu égyptiens se seraient fait exploser lors de la messe des rameaux qui se déroulaient dans ces églises. L’Egypte comme quelques autres pays du Moyen-Orient garde une petite communauté chrétienne qui est traitée avec plus ou moins d’égards par le reste de la population musulmane. Dans le contexte actuel il est à craindre que cette communauté soit de peu de poids face au rouleau compresseur de la religion majoritaire et de ses dérives terroristes.

Attentat religieux en Russie

Une bombe explose dans le métro à Saint-Pétersbourg ce 3 avril, il y a 14 morts et de nombreux blessés. Un premier suspect de nationalité russe a été identifié et se serait fait explosé sur place. Né au Kirghizistan dans la minorité ouzbèke du pays il avait obtenu la nationalité russe il y a quelques années. La Russie entretient des liens historiques avec ses anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale à fortes majorités musulmanes dont une frange extrémiste constitue l’un des premiers bataillons de combattants étrangers en Syrie. D’autres de leur représentants commettent des attentats dans le métro ou ailleurs. A bien des égards on retrouve des similitudes avec la situation française : colonisation/décolonisation mal digérée, marginalisation, bêtise, dérive religieuse et violence nihiliste. Le résultat est toujours le même, l’absence de solution à court terme toujours patent.

Des gaz en Syrie

Encore une fois des gaz de combat sont utilisés dans la guerre civile en Syrie. Il y a une centaine de morts immédiats, des civils pour la majorité. Les mêmes images de gamins asphyxiant sont diffusées sur les médias. Le pouvoir syrien est le responsable probable puisqu’il s’agirait d’un bombardement aérien. Personne n’accuse à ce stade les rebelles puisqu’ils ne disposent pas de forces aériennes mais une version avancée par l’allié russe de la Syrie laisse entendre que l’aviation syrienne aurait touché un entrepôt rebelle où auraient été stockés lesdits gaz mortels.

On ne sait pas bien où est la vérité et le plus triste dans cette histoire est que l’on imagine que toutes les parties sur le terrain sont capables d’utiliser ces armes prohibées, autant le pouvoir en place que son opposition armée pour peu qu’elles aient accès à ces produits. En principe leurs stocks avaient été livrés à la communauté internationale et détruits après la première attaque au début de la guerre. C’était un mensonge de plus dans un conflit qui n’en est pas avare, il restait a priori encore quelques échantillons de ces gaz de combat dans les placards.

Le plus probable est que la responsabilité de cette nouvelle attaque chimique soit à rechercher du côté du gouvernement syrien ce qui veut dire qu’un dirigeant, un ministre, un militaire, voire même le président de la République, a sciemment décidé de répandre des gaz toxiques sur la population. Les mêmes ont également ordonné de détruire des hôpitaux pendant que des rebelles faisaient égorger ou brûler vifs des apostats en direct sur YouTube. Cette guerre civile en Syrie, nappée d’idéologie religieuse, a ouvert toutes les vannes de la barbarie humaine. Il va être complexe de les refermer et très très long de remettre ce pays sur le chemin de la paix et de la reconstruction. Ce sera l’affaire de plusieurs générations.

Des gaz identiques ont été répandus en bien plus grandes quantités sur les champs de bataille européens de la guerre de 1914-18 par les allemands et les français, c’était en d’autres temps et l’on vit les terribles résultats de ces armes. Du moins étaient-elles utilisées contre des soldats, pas des civils comme en Syrie. Mais c’est hélas le propre d’une guerre civile de s’attaquer aux civils. Depuis ces produits ont été prohibés mais n’oublions pas que nos grands-parents les ont utilisés à profusion, peut-être cela met l’Europe en position de mieux montrer la voie de la sagesse et de la réconciliation à ce Moyen-Orient si violent !

La Turquie s’éloigne

Alors que la Turquie est en train d’organiser un référendum pour transformer son régime en lui donnant un caractère très présidentiel, des ministres de ce pays cherchent à venir animer des meetings en Europe auprès des diasporas turques particulièrement nombreuses en Allemagne et aux Pays-Bas. Certaines de ces réunions ont été annulées par les pays d’accueil, déclenchant de vives réactions en Turquie.

L’Allemagne a été accusée de « pratiques nazies » et les Pays-Bas qualifiés de « fascistes [influencés par] les vestiges du nazisme ». La France qui a laissé un ministre turc venir animer un meeting référendaire à Metz, a pour l’instant été épargnée par les foudres turcs.

Pendant ce temps l’armée turque continue son combat sur le sol syrien contre les milices kurdes qu’elle craint plus que les milices islamistes et le pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens.

Il faudra un jour se rapprocher de la Turquie et cela se fera. En attendant, le mieux est sans doute de laisser passer l’orage et poursuivre discrètement les accords qui peuvent l’être, dont ceux de l’OTAN dont la Turquie est membre. Le président Erdogan n’est sans doute pas éternel, gageons que son successeur reviendra à des sentiments moins éruptifs. Le problème est que la transformation constitutionnelle en cours va installer Erdogan au pouvoir absolu pour de longues années mais qui sait ce qui peut se passer en politique, surtout par les temps qui courent où la prévision est un art de plus en plus incertain.