Il faut faire payer le voisin…

Eternelle antienne de la politique française : on est d’accord pour réformer du moment que c’est le voisin qui paye ! Le projet de réforme systémique des retraites françaises percute de plein fouet ce refrain : « il faut augmenter les prestations dont je bénéficie mais diminuer les cotisations que je paye ».

Le débat actuel entre les parties est probablement sans issue tant chacune campe sur ses positions partisanes. La mauvaise foi est de mise, les idéologies sont au programme. Et de toute façon personne ne peut vraiment anticiper ce que sera l’équilibre, ou le déséquilibre, financier des retraites au-delà des cinq à dix années à venir… Le système des retraites c’est de l’assurance, il y a donc des cotisations qui rentrent et des prestations qui sortent. Sur le long terme il faut que les unes et les autres soient grosso-modo du même montant. Ce n’est pas le cas en France et nos retraites sont également financées par l’impôt pour environ 30%), et donc les contribuables, car notre République ne sait pas équilibrer dépenses et recettes.

Ce que l’on peut prévoir avec une probabilité relativement élevée c’est que les prestations dépasseront les cotisations sur encore les dix prochaines années, que la retraite soit calculée en annuités ou en points, avec un régime universel ou un multi-systèmes. Il y aura donc des déficits à combler, et donc de l’argent nouveau à trouver ou des prestations à diminuer. L’une des façons « élégantes » de faire c’est d’augmenter progressivement la durée de cotisation, en gros, travailler plus longtemps ce qui évite de trop baisser les rentes en faisant augmenter les cotisations non pas sur les taux mais sur la durée. Financièrement cela revient au même, politiquement pas tout à fait. C’est ce qui se pratique depuis 1983, année au cours de laquelle l’âge de départ en retraite a été ramené de 65 à 60 ans suite à la première alternance de gauche de la Vème République. Depuis, la France revient progressivement vers cet âge de 65 ans mais il s’agit bien entendu d’une « provocation » pour tous les syndicats ouvriers. De leur côté, les syndicats patronaux approuvent.

Au-delà, les questions de méthodes des systèmes de calcul, la vérité vraie qui fait peur est que pour éviter une baisse trop visible des pensions il va falloir continuer à reporter la date de départ en retraite à taux plein. Et ce, au moins pour une génération. Au-delà, personne ne sait bien ce que sera la conjoncture de l’emploi (s’il y a moins de chômeurs, il y a plus de cotisants, si les rémunérations moyennes augmentent, les cotisations vont suivre la même direction, et vice-versa). Le nouveau système proposé, s’il était mis en œuvre, devrait permettre un ajustement permanent des pensions versées, à la hausse comme à la baisse. Cela aussi fait peur.

Réforme des retraites : la dérive de la presse !

Une journée de revendication est programmée pour le 5 décembre prochain en France. Différentes corporations veulent afficher leur opposition au projet de réforme du système des retraites. Des grèves lourdes sont annoncées dans les transports publics et vont sérieusement perturber le fonctionnement du pays. Elles sont renouvelables.

La presse qui adore faire peur à l’annonce de ce genre d’évènement et vendre cette angoisse à ses consommateurs, passe son temps et ses articles à deviser sur l’écume des choses. Les habituels « experts » de plateaux télévisés sont convoqués à longueur d’émissions pour échanger à l’infini sur le niveau de blocage du pays, et sa durée, que provoquera cette grève. Un sujet « clé » également répété ad nauseam est le résultat des sondages exprimant le niveau de soutien à cette grève des personnes sondées. Des débats sur le fond de la réforme proposée ? Nenni, on préfère ânonner que la réforme n’est pas claire et que les citoyens ne sont informés de rien ! Le contraire fut étonnant tant la majorité des médias se refusent à aborder le fond du projet.

Celui-ci est fort bien expliqué dans le rapport Delevoye « Pour un système universel de retraite » de 138 pages. Ensuite la loi définitive sera celle qui sera votée par le parlement mais en attendant, tous les grands principes et changements du projet sont sur la table. Il suffit de télécharger ce rapport, de le lire et d’en débattre. C’est en principe le rôle d’une presse intelligente.

De deux choses l’une : soit les journalistes n’ont pas même pris le temps de lire ce document, auquel cas nous leur indiquons bien volontiers le lien de téléchargement, soit ils l’ont lu mais préfèrent débattre de l’accessoire pour vendre de l’émotion plutôt que de la réflexion. Dans un cas comme dans l’autre ils participent avec enthousiasme à l’abrutissement des masses au lieu d’en élever le niveau de compréhension sur ce sujet complexe.

L’un des sujets favoris des journaux télévisés est le reportage sur Mme. Michu retraitée qui explique que « après avoir payé toutes ses factures » il ne lui reste que 300 euros pour vivre. On ne sait pas bien ce qu’il y a dans « toutes ses factures » mais qu’importe le gogo est accroché et sort ses mouchoirs. Ce que l’on attend d’une presse intelligente est d’expliquer les différentes solutions et alternatives possibles pour améliorer le sort de Mme. Michu et non pas simplement faire sangloter dans les chaumières. Elles sont de plusieurs ordres :

  1. On baisse les factures à payer par Mme. Michu, ce sont alors ses fournisseurs* qui doivent rogner sur leurs revenus,
  2. On fait payer tout ou partie de ces factures « par l’Etat », ce sont alors les contribuables qui verront augmenter leurs impôts ou d’autres citoyens qui verront baisser leurs prestations
  3. On augmente la retraite de Mme. Michu, ce seront alors les cotisants (employés et/ou employeurs) qui verront augmenter leurs prélèvements ou d’autres retraités qui verront baisser leurs prestations
  4. Ou un mix de toutes ces mesures

* Certains d’entre eux proposent déjà des offres low cost comme les fournisseurs d’accès internet et de téléphone. Le chroniqueur s’en félicite d’ailleurs qui bénéficie d’un abonnement mobile à 10 EUR/mois 4G avec appels et SMS illimités en France et vers les départements d’outre-mer hors Mayotte, plus 40Go d’internet mobile par mois. La box internet haut-débit est facturée 20 EUR/mois sans accès à la télévision (qui n’est pas vraiment nécessaire puisque la télévision numérique publique offre une trentaine de chaînes financées par la redevance déjà payée par la grande majorité des citoyens). Le coût total de communications est donc de 30 EUR/mois. Ce fournisseur est REDbySFR.

Un « expert » normalement constitué devrait être en mesure de développer ce genre de raisonnement sur un mode pédagogique : tout est possible mais tout a des conséquences qu’il faut gérer et arbitrer. Hélas, trois fois hélas, nos « experts » préfèrent le mode Café du commerce à celui de la raison.

Rappelons tout de même que la corporation des titulaires de cartes de presse (c’est-à-dire sans doute aussi un Morandini ou une Chazalle…) bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus taxables pour « frais d’emploi », d’autres avantages existaient mais ont été supprimés au fur et à mesure du temps. Le secteur de la presse est également subventionné par les contribuables via le reversement d’aides aux journaux et réseaux de distribution pour les aider à combler leurs déficits d’exploitation car ces journaux sont vendus en dessous de leurs coûts de production et, malgré tout, de moins en moins de lecteurs les achètent. Elles sont publiées par le ministère de la Culture avec un peu de délai. Les derniers chiffres concernent 2015, année où 53 millions d’euros ont été distribués à 326 journaux, le premier bénéficiaire étant le Parisien – aujourd’hui en France avec 7,8 millions d’euros en 2015. Viennent ensuite Libération, Le Monde, Le Figaro, La Croix, Ouest-France… mais on trouve aussi à des niveaux bien plus modestes des journaux comme La Dépêche du Pays de Bray, La Gazette du Val d’Oise, L’Hebdo de l’Ardèche, etc.

Voir aussi : tableau des aides 2015

Ces subventions payées par les contribuables pourraient aussi servir à régler les factures de Mme. Michu, ou rester dans les poches des contribuables… Malgré tout, elles ne sont pas complètement illégitimes, sont votées par le parlement sur un mode démocratique et permettent de maintenir en vie une presse qui est de moins en moins viable au niveau financier. Elles pourraient en revanche générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires et sont ainsi un peu reconnus comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de populisme.

The Stranglers – 2019/11/27 – Paris l’Olympia

Et hop ! Un nouveau concert des Stranglers à l’Olympia, toujours en noir, toujours flamboyants, plus de 40 ans de rock éperdu, des souvenirs à en revendre et beaucoup de bonne humeur ce soir avec ces quatre indestructibles lascars !

Un concert des Stranglers en 2019 c’est propre et bien envoyé, vitaminé et élégant. Ils n’ont rien abdiqué de leur (notre) jeunesse mais juste adouci les angles, la musique reste le phare qui les (nous) guide, ils mourront sur scène avec le sourire et notre reconnaissance infinie.

Sur l’affiche de la tournée, Jet Black, le batteur historique, est définitivement remplacé par Jim Macaulay. JJ-Burnel, bassiste-chanteur, nous a souvent expliqué sur scène que Jet a consommé tellement de cocaïne dans sa vie qu’on l’a surnommé « l’aspirateur ». A 81 ans, sa santé fragile l’empêche de tourner avec le reste du groupe depuis déjà plusieurs années.

Sur scène les Stranglers font les Stranglers et nous emmènent avec enthousiasme et ironie dans une setlist de cœur menée tambour battant. JJ remercie les agriculteurs français de leur avoir permis de découvrir longuement le périphérique… A défaut de nouveau disque, le dernier, Giants, remonte à 2016, le groupe nous gratifie d’une dispensable décoration scénique faite de ventilateurs multicolore ventilant devant la vaste photo d’une cave-égout délabrée et pleine de détritus avec le logo des Stranglers de couleur blanche inscrit dessus.

La machine infernale délivre des interprétations vigoureuses des classiques post-punk du groupe. Midnight Summer Dream est merveilleusement interprétée par Baz sur fond d’accords de guitare acoustique. Don’t bring Harry est chantée en français par JJ.

Tout est sous contrôle avec ces quatre musiciens qui volent en formation serrée depuis si longtemps :

Fly straight with perfection
Find me a new direction
You never realized the things they said
We’ll never realize until we’re dead

The fires they burned along the coast of triumphs
The ebony embittered souls of children
We’ll seek another way before too long
But will you stop my wind before I’m gone

And when you find me all alone
Your world has never been my own

The Raven

La colonie britannique à Paris est bien sûr à l’Olympia ce soir, le reste de l’assemblée est composés des quinqua/sexa, avec parfois quelques pièces rapportées, qui vivent encore dans le son des Strangler. Quel bonheur !

Setlist : Waltzinblack/ The Raven/ I’ve Been Wild/ (Get a) Grip (on Yourself)/ Midnight Summer Dream/ Time To Die/ Nice ‘n’ Sleazy/ Norfolk Coast/ 5 Minutes/ Unbroken/ Golden Brown/ Always the Sun/ Don’t Bring Harry/ Nuclear Device (The Wizard of Aus)/ Peaches/ Toiler on the Sea/ Freedom Is Insane/ Walk On By (Dionne Warwick cover)/ Something Better Change/ Relentless/ Hanging Around/ Tank

Encore : Go Buddy Go/ No More Heroes

LAURENS Henry au Collège de France, « Crises d’Orient : les origines de l’autoritarisme à partir de 1949 » 2/6.

Henry Laurence poursuit son analyse des temps agités moyen-orientaux post-défaite de la coalition arabe en guerre contre Israël en 1948.

1950 : la Jordanie (alors Transjordanie) annexe « provisoirement » la Judée et la Samarie, y compris Jérusalem Est, qu’elle rebaptise Cisjordanie, tout en menant des négociations secrètes avec Israël sur un corridor d’accès à la mer Méditerranée qui n’aboutiront pas. Elle adhère à l’Organisation des Nations-Unies (ONU) en 1955. Israël continue à revendiquer l’intégralité de la Palestine. Les pays arabes continuent eux à affirmer qu’Israël est une « création » de l’Occident et menacent en conséquence de se tourner vers l’Union soviétique. Malgré tout, le caractère fondamentalement anti-communiste de l’islam les empêchera de mettre véritablement leur menace à exécution. Tout au plus ne voteront-ils pas la résolution de l’ONU sur la guerre de Corée. En réalité, Staline ne voulait pas intervenir au Moyen-Orient, préférant limiter le territoire d’influence soviétique aux zones occupées par l’armée rouge en 1945.

Les problèmes de frontière persistent (et sont d’ailleurs toujours d’actualité…) : zone démilitarisée, ligne verte, lac de Tibériade… Une déclaration tripartite des Etats-Unis, du Royaume-Uni et la France donne une garantie aux accords d’armistice israélo-arabes de 1949 en échange de ventes d’armes occidentales… Durant ces années Israël reçoit et intègre un nombre important de réfugiés, migrants ou exilés, ce que les puissances arabes échouent à faire de leurs côtés.

En 1948, l’intervention soviétique (le « coup de Prague ») met fin à la « rébellion » tchécoslovaque. Selon le mot de de Gaulle : « l’armée rouge est à deux étapes du Tour de France de nos frontières » ! Une union militaire occidentale se met en place qui deviendra l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord »), approuvée en 1950 sans la Turquie ni la Grèce. L’OTAN ne mentionne pas l’Europe pour ne pas effrayer les citoyens-contribuables américains qui ne veulent même pas envisager d’intervenir une troisième fois pour empêcher l’Europe de se suicider. Evidemment, ni la Grèce ni la Turquie, pays méditerranéens, ne sont concernées par « l’Atlantique Nord ».

Malgré tout, la Turquie, craignant l’URSS, souhaite intégrer le plan Marshal. Le pays se libéralise progressivement après la mort de Kémal et, comme gage de sa bonne volonté, envoie un bataillon combattre en Corée côté occidental. Après 1950, le réarmement est général et Grèce et Turquie seront acceptées au sein de l’OTAN afin de bloquer l’URSS dans le Caucase. Le Royaume-Uni est contre cette intégration qui diminue son influence propre au Moyen-Orient en donnant un label occidental à la Turquie. Londres privilégiait une alliance militaire moyen-orientale réunissant Turquie, Royaume-Uni, France, Australie et Nouvelle-Zélande (les puissances coloniales), en dehors de l’OTAN, sur laquelle elle aurait gardé la haute main.

C’est aussi à cette époque que des évolutions considérables touchent le marché pétrolier. Le principe du partage de la rente pétrolière 50/50% entre Etats producteurs et compagnies occidentales est généralisé, parfois même dépassé. Certains Etats comme l’Arabie Saoudite et l’Iraq voient leurs ressources financières propres augmenter considérablement. En octobre 1950 le président américain Truman garantit la sécurité de l’Arabie Saoudite mais des problèmes de délimitation des frontières de ce pays avec les anciennes possessions britanniques (Oman, futurs Etats Arabes Unis, etc.) ne sont toujours pas réglés et donnent lieu à des conflits locaux jusqu’en 1952 dans lesquels sont impliquées les compagnies pétrolières concessionnaires.

En Iran le Shah dirige un pays troublé et sous-développé. Il s’oppose à son premier ministre Mossadeq qui nationalise l’Anglo-Iranian Petroleum en 1951 qui sera évacuée par les britanniques mis devant le fait accompli après une vaine tentative de médiation américaine.

L’Egypte réclame le départ des britanniques et l’intégration du Soudan. Une forte hostilité contre le Royaume-Uni se développe dans le pays. L’Egypte dénonce ses accords avec Londres puis désigne le roi Farouq roi d’Egypte et du Soudan ! Des attentats ont lieu dans le pays contre les britanniques. En janvier 1952 l’armée coloniale veut réduire les policiers égyptiens d’Ismaïlia et attaque leur caserne. Cette intervention plutôt mineure, déclenche de violentes réactions de la population égyptienne du Caire contre l’occupation et, d’une manière plus générale, contre la monarchie considérée comme corrompue. C’est ce qu’on appellera « l’incendie du Caire ». Il ouvre la voie à des changements fondamentaux dans ce pays…

MORRISON Toni, ‘Beloved’.

Sortie : 1987, Chez : Christian Bourgeois Editeur – 10/18 n°2378

Un roman étrange et douloureux écrit pat Toni Morrison (1931-2019), prix Nobel de littérature 1993 qui a consacré toute son œuvre à dire l’histoire et la condition des noirs aux Etats-Unis d’Amérique : esclavage, guerre de sécession, émancipation, lutte pour les droits civiques, toutes tes étapes tragiques d’une condition qui n’a pas encore véritébalement atteint l’égalité avec les autres citoyens américains.

Basé sur une histoire réelle, celle d’une ancienne esclave, Seth, qui préfère tuer sa fille bébé, Beloved, plutôt que de la laisser vivre dans un monde dominé par les blancs, le roman se compose d’une suite de tableaux décrivant ce temps de l’esclavage et du début de son abolition, centré sur la vie de Steh et de ceux qui l’entourent. Il y a de l’humanité, de la cruauté et le temps qui passe sur une histoire terrible.

Le scénario est complexe, le lecteur un peu perdu dans les évocations et les flashbacks mais le fil du récit est clair, celui du mal apporté par l’Homme. Le style de Toni Morrison poétique et éthéré est en harmonie avec la trame mystérieuse de son récit. Ce roman dépasse l’histoire bouleversante de Seth pour poser une œuvre majeure sur la condition de l’esclavage et ses suites.

Moustachu 1er

Philippe Martinez, chef de la CGT depuis 2015

Voici le patron depuis 2015 du syndicat ouvrier Confédération Générale du Travail, autrement dit la « CGT » très en pointe actuellement dans le conflit contre la réforme des retraites envisagée par le pouvoir en place. Il affiche une flamboyante moustache tombante, bien plus fournie que sa chevelure, et dont on se demande s’il la teint ou pas ? Quelques poils blancs apparaissent. Certes il est né en avril 1961 ce qui lui fait dans les 58 ans ; à cet âge, en principe, il devrait sans doute apparaître beaucoup plus poivre et sel. On peut en déduire avec une bonne probabilité que comme François Hollande il teint son système pileux mais a priori il le fait mieux et plus discrètement que l’ancien président de la République pour qui la question ne se posait même pas.

La teinte de cheveux semble être manie plutôt de gauche…

CRITCHLEY Simon, ‘Bowie – philosophie intime’.

Sortie : 2014, Chez : La rue musicale.

Professeur de philosophie, le britannique Simon Critchley écrit ce court essai sur la relation intellectuelle qu’il a partagée avec David Bowie, sans jamais avoir rencontré celui-ci. Né en 1960 il est de la génération des fans qui ont été bousculés par Ziggy Stardust et fascinés par la personnalité multiple de cet artiste hors du commun.

Avec un retour sur les paroles marquantes des chansons de Bowie, l’auteur plonge dans les mythes et les utopies bowiennes, qui furent aussi un peu les siennes : la confrontation permanente entre la réalité et la fiction (des personnages successifs qu’il jouât), la destruction et la création, le chaos et le rien, la nostalgie et le désir…

L’auteur parle de lui et de nous à travers les étapes brillantes de la vie musicale de Bowie. Il interprète ses mots à l’aune de ses propres connaissances et convictions. L’artiste n’a jamais beaucoup épilogué sur ses pensées intimes, mais on l’a sut toujours curieux de son environnement intellectuel. Son imagination a fait le reste et la puissance de son œuvre réside aussi dans l’inspiration sans limite qu’elle provoque chez ceux qui l’aborde. C’est le propre des grands !

Paresse intellectuelle

La presse et la politicaille continuent à ânonner dans les médias que « le gouvernement est dans le flou et ne sait pas où il va » concernant la réforme du système de retraite en France. Cette assertion est étonnante puisque, comme nous l’avons déjà souligné ici, le système envisagé est parfaitement expliqué dans le rapport Delevoye disponible depuis juillet 2019. Les grands principes d’une retraite universelle par points, ainsi que du mode de valorisation du point, sont détaillés dans ce document de façon assez pédagogique. Il suffit de le lire. Ce qui n’est pas encore arrêté puisqu’en cours de négociation sont les modalités de transition du système actuel vers le système universel qui dépendront, bien sûr (nous sommes en France), du rapport de force entre les corporations qui vont perdre des avantages dans cette réforme et la conviction du pouvoir en place à dérouler son projet.

Voir : Rapport Delevoye

Lire aussi : La réforme des retraites

Evidemment, ce rapport fait 132 pages sur un sujet complexe et cela peut prendre un peu de temps à déchiffrer bien que formulé de la façon sans doute la plus explicative possible sur une telle matière. En principe même un journaliste de Paris-Match est en mesure de comprendre et de restituer. Éric Woerth, qui est diplômé d’HEC et ancien ministre du budget de droite devrait aussi y arriver s’il faisait un petit effort et investissait juste la moitié du temps qu’il passe à rédiger des Tweets crétins à la lecture de ces 132 pages :

En vérité, c’est le bal des incompétents qui se retrouvent unanimes pour danser la valse de la démagogie sur un sujet grave qui engage l’avenir des citoyens. Plutôt que d’opter pour l’intelligence, de lire ce projet et d’en formuler des critiques et contrepropositions fondées, ils continuent le concours de celui qui fera pipi le plus loin dans la cour de maternelle.

On a les dirigeants que l’on mérite !

Taches

Visite de routine chez ma dermatologue pour surveiller l’avancement des taches de vieillesse : eh oui, le temps passant, la peau se couvre doucement de taches, sortes de grains de beauté qui s’élargissent, se durcissent et sont éventuellement porteur des germes du cancer. Sur le visage d’abord, le reste du corps et, plus tard, les mains, elles marquent l’avancée de l’âge. On se souvient que les mains de nos grands-parents étaient constellées de ces taches bien visibles et handicapées par le rhumatisme.

Le médecin propose de les « blanchir » pour faire disparaître ces stigmates de la vieillesse. A quoi bon ? Je repars avec mes taches, non cancéreuses et c’est déjà ça !

Alain Carignon, repris de justice de 70 ans en route pour les municipales à Grenoble

Alain Carignon, 70 ans, repris de justice après ses condamnations pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins en 1996, revenu en politique dans les années 2000 avec le soutien de M. Sarkozy vient de se retrouver officiellement conseiller municipal de Grenoble suite aux démissions sans doute opportunes de certains conseillers qui le précédaient sur la liste électorale des dernières municipales. Ce processus est légal puisque sa peine d’inéligibilité est passée depuis longtemps

A 70 ans et avec le passif judiciaire qu’il traîne, tout devrait pousser ce garçon à prendre sa retraite, de même qu’en toute logique les partis politiques devraient refuser de l’investir sur leurs listes : trop vieux, trop peu exemplaire, tout à fait interchangeable avec n’importe quel élu de 40 ans de moins. Il en est autrement et un tel cas d’école peut encore survivre politiquement. C’est un peu le cas Balkany transposé à Grenoble, ou les mauvaises habitudes de la politicaillerie française qui trouve quand même des électeurs pour valider de tels errements.

LAURENS Henry au Collège de France, « Crises d’Orient : les origines de l’autoritarisme à partir de 1949 » 1/6.

Franc succès pour le cours d’Henry Laurens ce jour au collège de France : l’amphithéâtre principal est plein et les derniers arrivés verront le show en vidéo dans un deuxième amphi.

Il s’agit du Moyen Orient à partir de 1949 : la seconde guerre mondiale est terminée, les puissances mandatrices France et Royaume Uni se font des mauvais coups sur fond d’accord Sykes-Picot, l’Etat d’Israël est créé, la guerre de 1948 a été perdue par les pays arabes créant un traumatisme gigantesque parmi les populations et leurs dirigeants. Aux Etats-Unis un courant mi-universitaire mi-renseignement, entre université américaine à Beyrouth et CIA à Langley, tente d’influencer l’administration et les décideurs politiques vers une direction panarabiste qui a au moins comme avantage d’essayer de retenir dans l’orbite américaine des pays qui lorgnent vers l’Union soviétique.

L’Occident s’agite au Moyen-Orient comme une mouche prise dans bocal, se heurtant aux parois d’une recherche de paix impossible et de la construction illusoire d’Etats sur un modèle inusité dans cette région. Au même moment le plan Marshal soude l’Europe de l’ouest dans un modèle de société libérale, selon différentes déclinaisons, et donne accès au dollar américain à des pays vivant dans un monde de devises non convertibles, permettant ainsi des importations de biens inaccessibles sinon.

De la création du groupe religieux Frères Musulmans en Egypte à la succession des coups d’état au cours de cette année 1949 dans une Syrie indépendante depuis 1946, en passant par les intérêts pétroliers des uns et des autres, Henry Laurens dresse, parfois avec un peu de cynisme, les débuts d’un chaos arabe qui n’a pas vraiment cessé depuis.

« Le char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine » de Roland Nurier

Un film documentaire sur l’histoire de la création d’Israël sur le territoire de Palestine qui rappelle l’histoire depuis ses origines. Après la première guerre mondiale et le démantèlement de l’empire ottoman, le Royaume-Uni et la France bénéficient de mandats (un autre mot désignant la colonisation) pour administrer le Proche et le Moyen Orient et, déjà, l’Europe et la Russie, globalement antisémites, cherchent une terre d’accueil pour y localiser les populations juives qu’elles abritent sur leurs territoires. La déclaration Balfour, du nom du ministre britannique des affaires étrangères britannique de l’époque, évoque en 1917 le principe d’un « foyer national juif » à situer dans la Palestine sous mandat. La suite des événements, et notamment le volontarisme juif parfois localement violent ainsi que la culpabilité occidentale suite à la Shoah aboutiront à la création de l’Etat d’Israël en 1947 issu d’un « partage » décidé par l’ONU entre un Etat juif et un Etat arabe… Il s’ensuivra une première guerre en 1948 avec l’expulsion de 800 000 palestiniens de leurs terres (la Naqba, la catastrophe en arabe), puis de nombreuses autres guerres qui permirent à Israël d’étendre son territoire par la force. Aujourd’hui encore la colonisation israélienne des terres se poursuit et la question de leur annexion pure et simple se pose. Le problème est loin d’être résolu, gangrène toute cette région et une bonne partie de la planète.

Ce documentaire donne une version historique de l’origine du conflit. Les personnes interrogées sont propalestiniennes mais s’expriment avec mesure et sur un mode factuel. La parole n’est pas donnée aux israéliens conservateurs, actuellement au pouvoir dans leur pays, et c’est aussi bien tant le dialogue et la réconciliation sont à ce jour impossibles. Pour les partis israéliens religieux ou en faveur des conquêtes territoriales, leur droit sur ces terres vient de la Genèse de la Bible qui stipule que « Dieu a promis Israël au peuple juif » ! Ben Gourion, le fondateur de l’Etat, disait que la Bible était son titre de propriété. Un titre datant de 4000 ans et rédigé par on ne sait qui…

Lire aussi : Israël se déchaîne

Pour le moment la conquête israélienne se poursuit en évitant l’embrasement général grâce à la puissance de cet Etat et aux soutiens dont il bénéficie, mais les palestiniens n’oublient pas qu’ils ont été expulsés de leur terre il y a 70 ans. Ce souvenir est d’ailleurs soigneusement diffusé aux générations suivantes. Le seul espoir d’une résolution de ce conflit serait l’apparition de leaders intelligents et raisonnables des deux côtés et en même temps. Nous n’y sommes pas encore même si un fol espoir s’était emparé du monde lors des accords d’Oslo en 1993 qui fut ensuite soigneusement démonté par la mauvaise volonté des parties.

MORRISON Toni, ‘Home’.

Sortie : 2012, Chez : Christian Bourgeois éditeur & 10/18 n°4776.

Franck Money revient aux Etats-Unis après avoir servi le drapeau lors de la guerre de Corée. Nous sommes donc au mitan des années 50′. Evidemment il ne s’est pas passé que de jolies choses dans cet intermède chaud de la guerre froide, et Franck n’est pas le dernier à avoir dérivé.

Avant cette guerre lointaine il y eut une jeunesse en Géorgie dans une Amérique ségrégationniste. Après il y a le sauvetage de sa sœur pris dans les rets d’un docteur Mabuse qui la précipite aux portes de la mort, puis le retour en Géorgie dans une Amérique toujours ségrégationniste.

Les personnages de Toni Morrisson traînent leurs souffrances à travers l’Amérique profonde, de petits boulots en bagarres familiales, de bourgs perdus en dinners enfumés. Tout est tragique dans ces tranches de vie mais n’empêchent pas la rédemption de Franck qui va tirer sa sœur du gouffre où elle est presqu’enfouie. Ca n’est écrit nulle part mais cela transparaît partout : Morisson parle de la condition des noirs !

Les émeutiers : le retour !

Riss – Charlie Hebdo 2018

Les émeutiers se rappellent au bon souvenir des citoyens. 30 à 40 000 mille personnes ont défilé dans les rues du pays ce samedi et 3 à 400 énergumènes-sauvageons se sont distingués en dévastant la place d’Italie à Paris, détruisant un monument commémoratif à la mémoire du maréchal Juin (ils ignorent probablement qui est ce militaire), empêchant les pompiers d’éteindre les incendies qu’ils avaient allumés, détruisant toutes les vitrines leur tombant sous les mains, balançant pavés et projectiles divers sur les forces de l’ordre, le tout en direct sous l’œil des caméras de la presse et des téléphones portables de leurs coreligionnaires. Le film sous smartphone est une activité à forte intensité dans ces émeutes.

M. Mélenchon, après avoir qualifié il y a quelques jours les forces de l’ordre de « barbares » accuse aujourd’hui la police républicaine de s’être transformée en « milice gouvernementale ». Mme. Le Pen de son côté parle d’un ministre de l’intérieur « incompétent et complice ». La presse ne parle que des casseurs, convoque ses experts de plateaux télévisés pour mouliner à l’infini sur la stratégie policière, les sondages à chaud montrent que la moitié des français soutiennent ces évènements… bref, un samedi désormais ordinaire dans une République à la dérive !

Idéalement il faudrait pouvoir attraper ces casseurs, leur donner une fessée cul-nu en place publique et en direct sur YouTube et Facebook, puis les faire travailler gratuitement le temps qu’il faudra pour réparer ce qu’ils ont cassé, mais nos démocraties souffrent par là où elles pêchent : le respect de l’Etat de droit. On ne sait pas pour le moment remettre en service des lois ou tribunaux d’exception. Les émeutiers le savent et s’en donnent à cœur joie, à peu près assurés de leur impunité, ou, au pire, de peines légères.

Tout aussi inquiétantes sont les réactions du personnel politique d’opposition lançant des mots déplacés de « milice » et de « complicité » à l’encontre des forces de sécurité et de leurs responsables. C’est encore plus irresponsable de la part d’élus censés être… responsables et non pas jeter de l’huile sur le brasier. Les déclarations, et les comportements, de Mélenchon sont significatives à cet égard. Dévoré par son ambition, préoccupé de rattraper le terrain politique perdu, il fait feu de tout bois sans foi ni loi et aura à porter une part de responsabilité si la situation de chaos actuelle s’aggrave encore. Pour le moment cela ne semble pas lui rapporter de succès électoral !

Macron : le renoncement au bon sens financier

Dans une interview au magazine britannique The Economist le président français déclare :

« … Je pense que c’est pour ça que le débat autour du 3% dans les budgets nationaux, et du 1% du budget européen, est un débat d’un autre siècle »

On croirait du François Hollande dans le texte et cela annonce la poursuite des dérives des finances publiques françaises dont le dernier budget en équilibre remonte à 1974… Les effets de la crise financière de 2008 sont maintenant derrière nous et la majorité des pays européens ont rétabli leurs finances publiques, certains sont même en excédent budgétaire et accumulent ainsi quelques réserves pour les prochains coups durs. La France est à l’inverse et annonce par la voix de son président qu’elle va continuer à dépenser plus qu’elle ne gagne. La dette publique est en train de dépasser 100% du produit intérieur brut soit près de 2 500 milliards d’euros. Ce n’est pas bien, le moindre bon sens devrait aboutir à reprendre le contrôle de ces déficits et de leur dette conséquente. Aujourd’hui la République n’y arrive pas et annonce qu’elle renonce même à faire des efforts pour.

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Les débats sur la dette pour investir versus la dette pour payer des dépenses de fonctionnement est intéressant mais dépassé lorsque on excède certaines bornes, déjà largement laissées derrière nous. Le risque est de ne pas pouvoir faire face à un retournement des taux d’intérêt voire même ne plus trouver assez de prêteurs pour financer les besoins sans cesse croissants d’une République à la dérive qui ferait soudain face à une crise financière.

Bourses étudiantes et démagogie

A la suite de la tentative de suicide d’un étudiant voulant lutter contre la précarité dont lui et les siens ont à se plaindre, un mouvement estudiantin a été déclenché pour porter ses revendications avec, notamment, l’arrachage de la grille d’entrée du ministère en charge des universités à Paris. Le mode opératoire n’est pas neutre puisqu’il s’est immolé par le feu devant le CROUS de Lyon, institution en charge du versement des bourses. Cela rappelle les suicides de bonzes au Vietnam pour lutter contre la répression antibouddhiste dans les années 70’ ou la mort dans les mêmes conditions d’un jeune tunisien qui fut le déclencheur en 2010 de ce qu’on appelle depuis les « printemps arabes » et dont les résultats finaux furent mitigés, en tous cas pour ce concerne l’instauration de la démocratie. L’étudiant lyonnais est toujours entre la vie et la mort.

Si l’on tente de dépasser la légitime émotion provoquée par un tel drame, on peut essayer de faire preuve d’un peu de raison pour analyser la situation. Il semble que le garçon triplait sa deuxième année de licence (on ne sait pas dans quelle spécialité). Les conditions de maintien des bourses étudiantes sur critères sociaux sont aussi soumises à des critères de validation de trimestres ou d’années. Ces conditions sont détaillées sur le site du ministère de l’enseignement supérieur (Modalités d’attribution des bourses d’enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l’année 2018-2019) et stipulent que pour bénéficier d’une troisième année de bourse l’étudiant doit avoir validé « … au moins 60 crédits, 2 semestres ou 1 année ». Il semble que l’étudiant lyonnais ne remplissait plus cette condition d’où l’arrêt du paiement de sa bourse. Tripler une seconde année de faculté semble indiquer que l’orientation prise n’était peut-être pas la plus adaptée au profil du demandeur d’où, sans doute, le plafond prévu dans le règlement afin d’inciter l’étudiant à passer à autre chose.

Si l’on veut changer ces règles il suffit d’en débattre quand l’émotion actuelle sera passée ; on peut déplacer la limite de validation, vers le haut ou vers le bas, cela coûtera ou économisera, ou carrément supprimer toute conditionnalité de validation. Nous avons pour ce faire un parlement où des élus sont en train de travailler sur le budget de l’année et classe les priorités par ordre d’importance quand toutes ces priorités devraient être numéro 1 quand on écoute leurs bénéficiaires… Il convient malgré tour de décider des priorités et même des principes généraux : faut-il que l’Etat (donc le contribuable) prenne-t-en charge intégralement ou partiellement tous les étudiants, seulement certains ? Si oui, de quel montant et sur quelles ressources (où et à qui faudra-t-il prendre l’argent nécessaire) ? Faut-il favoriser le travail des étudiants pour qu’ils se constituent un revenu annexe lorsque nécessaire (a priori c’est déjà le cas pour un étudiant sur deux), comment et à quel niveau les familles peuvent/doivent participer à l’aide aux étudiants ? A la fin, et comme toujours c’est une affaire de sous et d’égalité/inégalité. Certains sont plus défavorisés que d’autres même si le système français de redistribution tend à atténuer ces différences.

Nous sommes encore dans une République où il existe des lieux de débat et de décision démocratiques. Ce sont les voies à privilégier plutôt que les manifestations violentes pour porter des revendications diverses et, bien sûr, les actes désespérés comme celui que nous avons à déplorer.

Avant de commettre sa tentative de suicide, l’étudiant aurait publié sur Facebook le message ci-dessous rapporté par le syndicat « Solidaires étudiant-e-s » dont il était membre :

« Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable. Si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard. Je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et par extension, le gouvernement.
Cette année, faisant une troisième I2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?
J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
Et après les études, combien de temps devons-nous travailler, cotiser pour une retraite décente ? Pourrons-nous cotiser avec un chômage de masse ?
Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicat aujourd’hui, avec le salaire étudiant, et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas sa vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne pas avoir d’incertitude vis-à-vis du chômage, ce qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.
Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et crée du libéralisme qui crée des inégalités.
J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué en créant des incertitudes sur l’avenir de tou-te-s. J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.
Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.
Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
Et désolé pour l’épreuve que c’est.
Au revoir.»

Zazie – 2019/11/14 – Paris l’Olympia

Zazie à l’Olympia : un concert agréable, un peu variétoche mais qui essaye d’être rock. Zazie (Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes de son vrai nom, 55 ans) est plutôt en forme et vient de sortir son dixième album : Essentiel, et a entamé la tournée qui va avec. Elle déboule sur scène en pantalon taille-basse-cuir-noir coiffée d’une espèce de chapeau Borsalino également noir. Grande bringue élancée, elle est sympatoche Zazie, même quand elle se dandine un peu trop. Zazie est entourée sur scène de deux guitaristes femmes : l’indestructible Edith Fambuena (ex-Les Valentins, et marraine du rock français pour avoir collaboré avec Daho, Bashung, Higelin et d’autres…) et une jeune femme, Marie Lalonde, déjà sur les traces de son aînée. Il y a également deux claviéristes et une rythmique bass/batterie classique.

Tout ceci est bien sympathique, les spectateurs sont en places assises et plutôt ravis. Zazie est trop bavarde et ne peut s’empêcher de les faire battre la mesure en tapant dans leurs mains, cela doit lui donner de l’énergie. Elle est bien plus séduisante et efficace lorsqu’elle chante plutôt que lorsqu’elle minaude. Quelques « fayots » quittent leurs sièges pour aller danser dans les couloirs, l’ambiance est populaire et familiale.

Le chroniqueur essaye de se souvenir à quand remonte le dernier concert de Zazie auquel il a assisté… ce devait être le « Tour des anges » (qui a donné le disque « Made in Live ») au début des années 2000, déjà à l’Olympia, elle chantait sous de grandes éoliennes tournoyantes, habillée en tenue légère d’un blanc immaculé. C’était plus… rock.

Aujourd’hui la voilà recyclée en noir mais dans la douceur, l’âge sans doute… D’ailleurs elle ouvre le show sur 20 ans : « D’accord/ J’ai menti/ J’suis pas vip/ Je sors/ Tant pis/ J’ai 20ans jusqu’au bout de la nuit// Et quand le silence est trop lourd/ Je prends mes talons haut et je cours, je cours,/ Je fuis l’ombre qui me suit/ Quand l’étau se resserre je sors/ Changer la poussière en or »

Elle est sympa Zazie, elle joue avec les mots et les sentiments sur de jolies mélodies, elle est un peu notre Daho féminine.

Setlist : 20 ans/ Garde la pose/ Waterloo/ I Love You All/ Zen/ Encore heureux/ Tout/ Nos âmes sont/ Larsen/ L’addition/ Je suis un homme/ Veilleurs amis/ J’étais là/ Cyclo/ Des rails/ Rue de la Paix/ Toc toc toc/ Rodéo

Encore : Va chercher/ Speed/ J’envoie valser