Emeutes et vulgarité

Jean-Marie Bigard, humoriste à la lourdeur incommensurable, soutien des gilets jaunes et du professeur Raoult, se fait insulter lors d’une émeute de ses amis à laquelle il voulait s’associer cette après-midi à Paris en se faisant traiter « d’enculé », « on n’en veut pas », « espèce de nazi, va » ou « Bigard collabo ». Il est exfiltré dans une pizzeria par des gros bras qui l’y mettent à l’abri. Sont-ce ses gardes du corps ? Auquel cas le garçon aurait montré une certaine prudence quant à la qualité de l’accueil qu’il recevrait…

Ceux qui voudraient le soutenir dans ce moment difficile peuvent acheter son T-Shirt 20 euros au lieu de 25, en vente sur sa page Facebook :

On se souvient par ailleurs que Bigard avait rendu visite au pape en 2007 dans une délégation accompagnant le président de la République Sarkozy, visite qu’il avait qualifiée de « kif absolu ». Evidemment, l’accueil a dû être plus serein au Vatican que sur les ronds-points. Récemment le président de la République Macron lui avait téléphoné pour recueillir son avis sur la gestion de la crise sanitaire… On croit rêver !

Le mieux serait que les dirigeants français aillent voir les spectacles de l’humoriste pendant leurs heures de loisirs s’ils sont attirés par la subtilité de son humour, mais qu’ils évitent de le mêler à la politique de la Nation pour laquelle il lui manque encore quelques compétences.

Encéphalogramme toujours plat dans le fouteballe

Une bande de tatoués-mal-coiffés parisiens s’est fait bousculer par une horde de musculeux munichois dans la finale de l’une des nombreuses compétitions du fouteballe européen ce dimanche 23 août. Aussitôt une meute de supporters avinés s’est retrouvée à Paris autour des Champs-Elysées pour piller des boutiques, brûler des voitures en criant « Marseille, on t’enc… » et autres subtilités du même ordre. Les policiers sont caillassés et ripostent. 150 voyous sont arrêtés et placés en garde à vue. La justice décidera de la suite à donner aux délits commis.

Encore une illustration des effets terribles de l’alcool sur les encéphalogrammes désespérément plats des supporters de fouteballe. Les chaînes d’information se déchaînent sur le sujet, Michel Onfray se plaint que la répression constatée sur les gilets jaunes ne soit pas répliquée sur les fouteux, Nadine Morano tweete « Cette sale racaille doit être sévèrement matée et punie ! », les idéologues de tous bords se lancent slogans habituels, recettes « à 2 balles » et tweets vengeurs… et le problème subsiste.

Comme souvent en France il faut trouver un responsable, voire un coupable, et qui mieux choisi que l’Etat pour porter le chapeau ? Il serait « laxiste », la justice « de gauche », la police « sous-équipée », l’éducation nationale « gangrenée par l’idéologie » et bla-bla-bla et bla-bla-bla. La vérité est que les premiers coupables sont les délinquants qui commettent ces actes illégaux, les seconds sont leurs parents et familles qui n’ont pas su ou voulu en faire des citoyens, en dernier ressort il est vrai que l’Etat ne sait pas comment améliorer cette situation. Des gouvernements, de droite comme de gauche (un ancien ministre de l’intérieur conservateur a même été élu président de la République), ont essayé différentes solutions, autoritaires ou bienveillantes, les prisons ont été remplies (il doit bien y avoir quand même quelques peines qui sont appliquées) puis vidées et la voyoucratie continue à prospérer. Le sens de l’intérêt général est un concept qui fait ironiser même les bobos dans les dîners en ville ; alors inutile de préciser qu’on ne doit même plus savoir ce qu’il veut dire en Seine-Saint-Denis ou dans les quartiers Nords de Marseille. L’avachissement de notre société, l’abrutissement de la population par le fouteballe, la télé-réalité de TF1, les raps de Booba et les tweets de Nadine Morano, la démission des familles, nourrissent cette décadence.

Force est de constater que nous portons une responsabilité collective face à cette situation délétère et ce n’est pas en invoquant les vieilles lunes des uns et des autres que la violence qui couve et la contestation systématique qui perdure vont significativement changer. Si les « conservateurs » se plaignent que la justice soit « de gauche », se sont-ils interrogés de savoir pourquoi leurs enfants préfèrent faire HEC que l’école de la Magistrature, choisir d’être trader chez Goldman Sachs plutôt que juge à Mourmelon ? Si les « progressistes » s’émeuvent à l’idée du tout-répressif qui pointe à l’horizon, se sont-ils demandé s’il n’y avait rien de mieux à faire qu’introduire l’écriture inclusive au Parti socialiste ou le mariage-pour-tous dans la Loi ?

Bref, l’Etat c’est nous les citoyens et il ne fait aujourd’hui que dupliquer nos propres contradictions et notre incapacité à s’unir pour agir intelligemment. Dans un monde idéal on imaginerait que face à une difficulté durable et d’ampleur nationale sur laquelle le diagnostic est unanimement partagé, celui d’une voyoucratie conquérante, les partis politiques compromettent ensemble pour faire émerger une solution commune, quitte à appliquer une méthode A durant cinq ans puis de passer à la méthode B pour les cinq années suivantes si A est en échec ? Mais non, nous sommes en France alors on s’étrille, on parade, on provoque, on ergote, on caquète, on démonte ce qui a été monté par les prédécesseurs et l’on agit que fort peu, toujours dans la confusion et le capharnaüm.

Si l’on prend l’exemple du terrorisme religieux, qui existe depuis bien longtemps en France mais qui s’est gravement renforcé à partir des années 2010, on peut globalement considérer que le monde politique et législatif a agi avec une certaine efficacité pour freiner le processus. Il y a toujours des attentats en France mais ils sont plus difficiles à organiser. La surveillance des citoyens a été renforcée, leur judiciarisation facilitée en cas de soupçons, leur « neutralisation » sur les champs de bataille du Moyen-Orient entérinée, leurs condamnations par le système judiciaire durcies. On est pour ou contre, il reste encore de nombreuses questions sans réponse (notamment, que faire des terroristes emprisonnés une fois qu’ils auront effectué leurs peines ?), évidemment le problème de fonds des origines de ces actes commis par des citoyens généralement français n’est pas véritablement résolu, mais l’Etat, soutenu par le peuple et ses élus, a pu élever en dix ans un mur de protection contre ces comportements. On se demande bien pourquoi une telle attitude n’est pas possible sur la question de la délinquance ?

Compromissions politiques

Vous souvenez-vous de Gaspard Gantzer ? Non ? Ne vous inquiétez pas tout ceci est parfaitement normal. Le garçon, plutôt socialisant fut conseiller du président de la République François Hollande, chargé de la communication. Il tourna ensuite dans le sens du vent de la République en marche, comme nombre de ses camarades. Il lança le mouvement « Parisiennes, Parisiens » pour les élections municipales de Paris en 2020. C’est lui qui proposa de supprimer le boulevard périphérique. Devant les sondages déplorables provoqués par sa candidature, il rallia finalement dans le VIème arrondissement la liste présidentielle menée par Agnès Buzin, pour finalement n’y être pas élu.

Ancien élève de l’ENA (école nationale d’administration), il semble surtout avoir travaillé dans la politique, fort peu dans l’administration et un peu dans le secteur privé via une agence de communication crée en 2017. On apprend récemment qu’il sera chroniqueur de l’émission de télévision journalière « Balance ton Post » présentée par l’inénarrable Cyril Hanouna. Les productions télévisuelles de cet animateur sont généralement des monuments de vulgarité, aussi racoleuses que dispensables. On reste coi devant la décision de Gantzer de rejoindre une telle écurie, est-ce par nécessité ou par goût ? On espérait quand même que malgré ses déboires électoraux cet ancien serviteur de l’Etat aurait manifesté de plus hautes ambitions que de compromettre avec l’un des puissants vecteurs d’abrutissement du peuple que sont les émissions d’Hanouna ! Triste époque.

Juan-Carlos exilé aux Emirats : quelle vulgarité !

L’ex-roi d’Espagne Juan Carlos vient d’annoncer son exil aux Emirats-Arabes Unis. Il avait abdiqué en faveur de son fils en 2014 alors qu’il était déjà soupçonné de corruption, notamment en provenance des monarchies du Golfe persique, outre ses frasques en 2012 alors qu’il chassait l’éléphant avec une maîtresse au Botswana, ses enfants illégitimes, etc.

Quelle tristesse alors que Juan Carlos avait su assurer une transition en douceur à la fin de la dictature militaire de Franco en 1975, et même défendre la démocratie lors d’une tentative de coup d’état militaire en 1981 ! Quelle destination vulgaire pour un Bourbon : les Emirats-Arabes Unis, royaume du clinquant où tout n’est qu’étalage de richesses et de tape-à-l’œil…

Son entourage a fait savoir qu’il restait à la disposition de la justice en tant que de besoin si les affaires en cours nécessitaient sa parution. Un roi, même ex, fuyant son pays, qui plus est un Bourbon, voilà qui rappelle de mauvais souvenirs. A défaut de rester en Espagne, n’aurait-il pu choisir un pays d’exil un peu plus « européen » ? Après une fin de règne chaotique, voilà qu’il entame une fin de vie plutôt honteuse.

Les nouveaux garde-frontières délocalisés

De nombreux candidats réfugiés tentent actuellement la traversée de la Manche entre France et Royaume-Uni pour pénétrer illégalement dans ce dernier pays. Londres accuse Paris de ne point en faire assez pour bloquer ces départs (voire de les favoriser) qui se traduisent par de l’immigration illégale sur son territoire. Evidement c’est toujours mieux pour Londres de laisser ces personnes en France, d’autant plus que l’accord dit « du Touquet » signé en 2003 convient que les contrôles douaniers pour passer du pays A vers le pays B se pratiquent sur le territoire de B par des douaniers de A, et vice-versa. Pour les demandeurs d’asile en Grande-Bretagne, si la demande est formulée avant le départ du navire c’est à la France de traiter la demande, si elle est faite après c’est le Royaume-Uni qui s’en charge et… qui renvoie le candidat en France si sa demande est rejetée ! Il n’est rien prévu de particulier pour les illégaux qui s’embarquent sur des bateaux de fortune. Londres participe au financement des frais engagés par la France pour assurer tous ces contrôles.

Comme il y a beaucoup plus de réfugiés qui veulent se rendre de France vers l’Angleterre que l’inverse, Paris se retrouve avec un nombre important de réfugiés bloqués sur son territoire car ils ne peuvent pas être autorisés à prendre un bateau depuis la France puisqu’ils ne peuvent pas rentrer légalement dans le territoire de leurs rêves.

Cela ne vous rappelle rien ? C’est grosso-modo le même modèle d’accord qui existe entre la Turquie et l’Union européenne (UE) : cette dernière paye Ankara pour que des réfugiés candidats à l’entrée dans l’UE soient maintenus en Turquie et empêchés de franchir illégalement la Méditerranée où ils aboutissent naturellement d’abord en Grèce et en Italie. La France est « bénéficiaire » de l’accord en cours avec la Turquie en ce qu’il bloque dans ce pays des candidats réfugiés dont certains seraient sans doute intéressés par s’installer en France, mais elle est en revanche « contributrice » à l’accord avec Londres puisque celui-ci aboutit à bloquer en France des réfugiés qui cherchent à se rendre au Royaume-Uni… En gros, Paris est le turc de Londres.

Les deux accords affichent le même réalisme (teinté d’une touche de cynisme) à vouloir régenter des flux de réfugiés. Ils sont pour le moment relativement efficaces pour les pays « bénéficiaires » c’est-à-dire les pays de destination et reportent sur les pays « contributeurs » la charge d’accueil et de maintien des réfugiés. L’accord « du Touquet » présente l’avantage d’avoir été signé entre pays « bien élevés et de bonne compagnie » à la différence de celui impliquant la Turquie, pays qui vocifère, menace, ne respecte pas grand-chose et met ses menaces à exécution, au besoin en transportant officiellement les candidats réfugiés vers la frontière gréco-turque en leur faisant croire que le passage est libre[1]. S’il est sans doute possible de transiger avec le Royaume-Uni pour rééquilibrer l’accord « du Touquet », c’est mission impossible avec la Turquie qui continue à utiliser les flux de réfugiés, par ailleurs accueillis sur son sol, comme arme de dissuasion massive pour faire trembler les pays européens qu’elle n’aime pas beaucoup…

Migrations et frontières : c’est la combinaison garantissant le niveau maximum de problèmes dans notre monde d’aujourd’hui (et peut-être aussi déjà dans celui d’hier). La Turquie joue adroitement avec ces deux leviers pour jeter le trouble dans les pays chrétiens d’Europe occidentale qui, par ailleurs, accueillent une forte diaspora de citoyens… turcs (ou d’origine turque) sur leurs territoires, notamment en Allemagne et en France, et à qui les nationalités allemandes et françaises ont été délivrées ou obtenues par le droit du sol ou le droit du sang en vigueur dans nos pays. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes d’une situation inextricable qui en compte bien d’autres. Nous en sommes là !


[1] On se souvient que à l’apogée de la crise des migrants en 2015-2016, des vieux cargos rouillés chargés de réfugiés étaient lancés sur les côtes françaises et italiennes après que leurs équipages aient pris la fuite sur les embarcations de secours. Une courte enquête permit d’identifier les ports turcs de départ de ces navires en perdition. Il semble que quelques photos satellites aient été transmises à Ankara par les autorités françaises et ces flux se sont taris assez rapidement.

L’arroseur arrosé

Parmi les débats houleux s’étant déroulés dans le cadre de l’Union européenne (UE) pour la mise au point d’un plan de relance économique européen de 750 milliards d’euros récemment annoncé, celui de la conditionnalité de l’attribution des sous de ce plan fut particulièrement intéressant. Les pays bien gérés (dits « frugaux ») se sont opposés aux pays mal gérés (dits « Club Méditerranée »), les premiers voulant soumettre à conditions le bénéfice des aides consenties aux seconds… Ceux-ci ont évidemment rué dans les brancards à l’idée que l’on puisse mettre son nez dans leurs affaires et décider comment les aides à eux octroyées seront utilisées.

L’ironie de l’histoire est que ce sont exactement ce que font la France ou l’Italie, par exemple, lorsqu’elles attribuent des aides à des pays pauvres : les riches imposent leur conditionnalité, ceux qui payent veulent décider de ce qui sera fait de leurs sous. On est toujours le va-nu-pieds de quelqu’un. La France et l’Italie sont les va-nu-pieds des pays européens bien gérés. La preuve en est qu’une partie de cette aide européenne, empruntée sur les marchés financiers, va être donnée sous forme de subvention par l’UE à ses va-nu-pieds, c’est-à-dire remboursée par les frugaux aux marchés financiers.

C’est bien le principe de la solidarité mais ce n’est jamais très agréable de se découvrir le pauvre de son voisin et de constater que celui-ci veut bien nous aider, mais à ses conditions… Nous en sommes là. Finalement un accord a été trouvé sur une conditionnalité douce, ménageant la chèvre (des « frugaux ») avec le chou (des va-nu-pieds).

Les finances publiques françaises en péril

Avec une unanimité inhabituelle, toutes les corporations touchées par la crise sanitaire, et donc, économique, se tournent vers l’Etat, et donc ses contribuables, pour appeler à l’aide. Les tribunes se multiplient dans la presse où sont publiées des lettres ouvertes au président de la République où chacune explique pourquoi il faut la sauver de la faillite.

Et l’Etat distribue des sous sans compter, « quoi qu’il en coûte » comme disait son chef il y a peu. Les prévisions de récession pour l’année 2020 varient entre -8 et -11% du produit intérieur brut (PIB) contre +1,5% en 2019. C’est colossal et des dispositifs d’urgence ont été mis en place pour soutenir l’économie (entreprises et individus) avec de l’argent public sous forme de dons ou de prêts. Pour le moment seuls les dons ont un impact sur les dépenses budgétaires, les prêts en auront plus tard s’ils ne sont pas remboursés, ce qui est hélas très probable pour nombre d’entre eux.

Certains secteurs ne vont pas se remettre de cette crise et devront être lourdement restructurés compte tenu des changements à attendre dans les habitudes de consommation. Les soutenir aujourd’hui c’est probablement reculer pour mieux… tomber plus tard. Espérons que le concept de « destruction créatrice » cher à Schumpeter va se révéler correct même en ces circonstances inattendues.

La distribution d’argent public permet en tout cas de maintenir à flot une économie sérieusement choquée par le petit virus. Les soutiens financiers du contribuable ne pourront pas durer éternellement à ce niveau. Pour le moment la République pare au plus pressé mais le réveil risque de s’avérer douloureux, et ce dès la rentrée.

Le gouvernement a présenté une troisième loi de finances rectificative pour l’année 2020 : les dépenses augmentent, les recettes baissent et les déficits explosent. De -93 milliards dans la loi de finances initiale, ces derniers passent à -222. Comme souvent, la France a démarré cette nouvelle crise en plus mauvaise situation financière que les pays avoisinants comparables, va dépenser plus d’argent public durant cette crise, et va donc se retrouver encore en queue de peloton en sortie de crise. Cela semble être son destin.

Pour le moment l’Etat arrive à emprunter pour financer cette déroute…

L’indiscipline française

Depuis le déconfinement décidé en France à la mi-mai par suite de la pandémie de coronavirus, celle-ci remontre le bout de son nez et illustre à cette occasion le non-respect, par une minorité de citoyens, des consignes de sécurité données par les autorités sanitaires pour tenter d’éviter la reprise de l’épidémie parallèlement au retour de la liberté de se mouvoir.

Une application a été développée par le gouvernement, à télécharger sur son smartphone, afin de prévenir les gens qui ont croisé une personne qui apprendrait plus tard qu’elle est malade du Covid 19. Moins de deux millions de français ont téléchargé cette application la rendant ainsi peu efficace.

Les réunions de plus de dix personnes sont déconseillées s’il n’est pas possible de respecter la « distanciation sociale » d’un mètre entre chaque présent. A défaut, le port du masque est conseillé et il existe bien entendu une minorité qui ne respecte pas ces consignes, sans doute les mêmes qui se plaignaient de la pénurie de masques en mars-avril…

Sur les plateaux télévisés, quelques intellectuels mondains s’émeuvent de « l’atteinte à nos libertés fondamentales » que représentent confinement et port du masque. Henri Guano, député conservateur et colérique de 59 ans, prône la désobéissance civile en cas de retour de mesures de confinement… Bernard-Henri Lévy en profite pour sortir un livre, « Ce virus qui rend fou », et endosse le concept de « pétainisme transcendantal » pour caractériser la fermeture des frontières et le repli sur soi…

Entre les jeunes qui veulent « faire la fête » (c’est-à-dire boire des bières en restant collés-collés à leurs congénères dans des lieux clos) et les intellos qui théorisent l’absurde, pas sûr que la France ne l’emporte rapidement dans sa lutte contre le coronavirus. Heureusement, la majorité fait toujours preuve de bon sens face à une minorité de trublions.

Les vessies, les lanternes et les mensonges politiques

Alors que les plans de relance amoncellent les centaines de milliards d’euros sur des citoyens éberlués et incrédules qui ne comprennent pas bien pourquoi des dépenses qui étaient impossibles hier le deviennent aujourd’hui du simple effet d’un petit virus baladeur, les dirigeants politiques continuent à mentir sur la question du « qui paiera in fine ? »

On a vu il y a quelques jours ces dirigeants affirmer avec force que les impôts n’augmenteront pas et, au même moment, prolonger la période de prélèvement de la CRDS qui devait s’arrêter en 2024. En matière de « pouvoir d’achat », une non-réduction équivaut à une hausse.

Lire aussi : « Et hop ! Une première augmentation d’impôt à l’horizon »

Voici maintenant qu’après l’annonce de la mise en place prochaine de financements de l’Union européenne dont une quarantaine de milliards pour la France, son président de la République explique doctement à la télévision que ces sous ne seront financés « … ni par notre endettement ni par nos impôts… [et que] Ce n’est pas le contribuable français qui paiera ». Et Mme. Michu de se demander : « mais alors qui paiera ? »

Eh bien elle connait la réponse, même inconsciemment et en dépit des bravades d’un président, c’est bien nous qui paierons. Et comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? L’entourloupe présidentielle repose sur le fait que c’est l’Union européenne qui va s’endetter pour redistribuer l’argent à ses Etats membres et que certains d’entre eux pourraient recevoir une part sous forme de dons non-remboursables. Mais l’Union européenne devra bien rembourser, elle, sa dette sur son propre budget et celui-ci est bien doté à partir des contributions des Etats, elles-mêmes constituées sur les impôts payés par les ménages et les entreprises. Si le budget européen doit augmenter pour amortir cette dette commune il faudra bien augmenter les prélèvements sur les Etats (et donc leurs contribuables) ou inventer de nouvelles taxes européennes. Mais dans tous les cas ce sont bien les contribuables et les consommateurs qui financeront le remboursement de ces dettes. Dire le contraire est faire prendre des vessies pour des lanternes. C’est une vraie tartuferie qui relève de l’escroquerie intellectuelle ce qui, venant d’un président élu, est mal !

Les bons, et moins bons, résultats des élections municipales

Le deuxième tour des élections municipales ce 28 juin a permis de sortir, le plus souvent contre leur gré, un certain nombre de personnels politiques âgés en fin de course. C’est un bon résultat.

A Lyon, Gérard Collomb, 73 ans, on ne sait plus bien de quelle tendance politique, qui visait la mairie, et malgré sons alliance de dernière minute avec la droite conservatrice, est certes élu conseiller municipal mais a perdu tout pouvoir dans cette ville désormais dirigée par un écologiste, succès plutôt inattendu qui marque la fatigue des électeurs devant les arrangements habituels des partis traditionnels.

A Marseille, Jean-Claude Gaudin, 80 ans, conservateur, ne se représentait plus après 25 ans au poste de maire. C’est une écologiste qui est élue.

A Lille, Martine Aubry, 69 ans dont déjà 19 ans comme maire de la ville, socialiste aux cheveux sévèrement teints, est réélue de justesse après un final haletant. On peut espérer qu’elle ne se représentera la prochaine fois (elle aura alors 75 ans), mais elle aura alors dirigé cette ville 24 ans durant.

A Bordeaux c’est aussi un écologiste qui balaye les partis en place.

A Paris…

Lire aussi : Paris outragé

Tous ces hommes et femmes politiques ont en commun de rester persuadés qu’ils sont indispensables et ne peuvent pas être remplacés avantageusement à la tête de villes qu’ils gouvernent depuis des années. Gaudin, 80 ans aux fraises, a tout de même admis de ne pas se représenter mais son simple état physique suffisait à marquer son incapacité à assurer un nouveau mandat. Cette incapacité à passer la main est assez caractéristique du monde politique français. Il doit bien y avoir quelques questions matérielles qui se posent et un maire est sans doute mieux rémunéré qu’un retraité de la politique, mais la plupart de ces seniors++ bénéficient certainement tous de retraites confortables compte tenu des multiples postes électifs et administratifs qu’ils ont cumulés et additionnés tout au long de leurs vies. Non, la vraie motivation est que ces hommes et femmes politiques âgés sont simplement persuadés qu’ils sont irremplaçables et que tout va s’effondrer s’ils s’en vont.

Les écologistes, bien plus jeunes que leurs prédécesseurs, qui vont maintenant gouverner pour les six prochaines années les villes de Lyon, Marseille, Bordeaux, Grenoble (et d’autres plus modestes) vont devoir faire maintenant la preuve qu’ils savent aussi bien gérer leurs villes que les partis classiques, même en appliquant des options politiques différentes. On peut compter sur ces derniers pour leur mettre tous les bâtons dans les roues possibles et surtout ne pas coopérer, mais c’est le jeu politique, tout du moins en France.

Les rots, les pets et le gaz méthane

La quantité de gaz méthane relâchée en France, fortement défavorable sur la hausse des températures, augmente. Elle est en grande partie le fait de l’agriculture et de l’élevage bovin. L’estomac de nos vaches produit du méthane lors de la digestion et celui-ci est relâché dans l’atmosphère par les rototos et non par leurs pets, contrairement aux idées reçues.

Voici une erreur communément commise qu’il était bon de redresser !

Mélanchon sur Castex

Déclaration du leader d’un parti d’extrême gauche et député sur la prestation d’un nouveau premier ministre à l’assemblée nationale :

…une sorte de métayer de circonstance, et puis après c’est assez pénible à supporter, quoi, parce que les mots poussent entre les arbres et les arbres entre les mots, donc euh, il est là, il parle à 2 à l’heure, euh, pour dire des banalités, euh, alors heu, alors, bon, soit on le prend mal et on se dit « il se moque de nous », soit on se dit ben « c’est la maximum dont il est capable », donc euh, c’est vraiment… c’est pas un beau moment de démocratie parlementaire, ça c’est sûr…

Comme parfois avec Jean-Luc Mélanchon, c’est assez drôle !

Nouveau gouvernement et festival de billevesées

On n’a pas encore bien compris pourquoi ni comment mais la France vient de changer de gouvernement en plein milieu d’une grave crise économique. Une telle décision entraîne au minimum six mois d’inertie et de réglages de périmètres pour les nouveaux ministres à mettre en place et les anciens qui redoublent dans une autre classe. Six mois durant lesquels ces ministres vont devoir passer du temps à découvrir leur nouveau job, nommer leurs collaborateurs, dézinguer ou refourguer les anciens, bref, prendre leurs marques pour faire le nouveau boulot pour lequel ils sont rémunérés par les contribuables que nous sommes.

En attendant d’être opérationnels il faut bien exister dans les médias et sur les réseaux dits « sociaux » alors on assiste à un festival de billevesées et de phrases aussi grandiloquentes que vides sens. Qu’on en juge :

A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social… [pour trouver un] compromis, qui n’est pas une compromission…
[la méthode sera] un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler… Ouvrir des concertations (…) avec la nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires, avec tous les acteurs… [élaborer un] nouveau pacte social.
Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de “collaborateur”.

Castex (premier ministre)

Ou encore :

À chaque étape de la reconstruction de notre pays, nous aurons à cœur de ne laisser personne au bord du chemin. Cette reconstruction sera mise en œuvre par un gouvernement de mission et de rassemblement.

Macron (président de la République)

Qui porte une attention à ces slogans de circonstance au-delà des commentateurs de service ? Probablement pas grand monde tant ils manquent de sens et se limitent à ânonner des phrases toutes faîtes déjà servies et resservies par des générations d’élus. Le mieux, pour tout le monde, serait de ne pas les prononcer, personne ne s’en plaindrait, sauf peut-être les commentateurs de plateaux télévisés qui, du coup, devraient se consacrer à des choses intelligentes comme analyser le budget de la République ou l’évolution des prestations sociales versées par ladite République à ses citoyens.

La vraie disruption (pour reprendre un tic verbal à la mode) serait d’essayer un jour de ne pas diffuser ni commenter à l’infini ces billevesées et de n’en rien dire tant qu’elles ne sont pas remplacées par des engagements concrets basés sur des analyses chiffrées et solides, bref, ce qu’on appelle un programme politique. Hélas, il y a peu de chances qu’adviennent un jour une telle hypothèse tant nos sociétés décadentes compromettent chaque jour avec la dictature de l’info-Café-du-Commerce. Peut-être un jour…

Fausse rumeur de dîner en ville

Entendu dans un dîner en ville : « on ne peut jamais perdre la nationalité française qui vous suit jusqu’à la fin de vos jours ».

Un rapide fact checking permet de constater que cette assertion est incorrecte. Le Code Civil prévoit des cas de « perte volontaire de la nationalité française », notamment si l’on acquiert une autre nationalité, ou si l’on prend la nationalité de son conjoint étranger. La répudiation est prononcée par un tribunal. Tous les détails de procédures sont disponibles sur le site de l’administration :

Vous pouvez demander la perte de la nationalité française (NF) si vous avez une autre nationalité. La démarche s’effectue par déclaration ou par décret.

La démarche pour perdre la NF est déclarative dans les situations suivantes : acquisition d’une autre nationalité, naissance à l’étranger avec un seul parent français, naissance en France avec un seul parent né en France, NF du fait de l’acquisition de la NF par un parent, acquisition de la nationalité étrangère de l’époux(se).

Si vous ne remplissez pas les conditions pour faire une déclaration, vous pouvez demander l’autorisation de perdre la NF par décret (procédure appelée libération des liens d’allégeance envers la France).

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3073.

Il y a quelques conditions préaliables mais cela n’a pas l’air très compliqué de les remplir. Et s’il en manque, il existe même une procédure de perte de la nationalité « par décret ». Il serait intéressant de connaître le nombre annuel moyen de français qui renoncent ainsi à leur nationalité, recherche de statistiques en cours…

Paris outragé

C’était prévisible, la droite française a une nouvelle fois échoué ce dimanche 28 juin à remporter la mairie dans la capitale. Une bataille d’égos entre trois zigotos qui ont privilégié leurs tactiques personnelles au détriment de l’intérêt de la municipalité qu’ils se voyaient bien diriger. Les plus naïfs ont pensé jusqu’au dernier moment que la raison prévaudrait et les conservateurs éloignés des commandes parisiennes depuis dix-huit ans allaient bien trouver un accord pour fusionner leurs listes et faire élire l’un d’entre eux à la mairie pour appliquer un programme conservateur après tout le mal qu’ils ont dit de la gestion municipale socialiste tous les matins de ces dernières dix-huit années…

Lire aussi : Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris

Eh bien ce ne sera pas pour cette fois et la maire de Paris sera socialiste pour au moins six années de plus. Ce n’est pas dramatique tant les projets des uns comme des autres ne sont pas fondamentalement différents mais c’est confondant sur la stupidité et l’incompétence de ces chefaillons-candidats de droite qui ont préféré échouer ensemble plutôt que de gagner une mairie en principe imperdable par l’un d’entre eux s’ils s’étaient alliés, dans une ville gentrifiée définitivement droitière. Et ces exploits ont fait suite au retrait (si l’on ose dire) d’un précédent candidat de droite par suite de la diffusion sur les réseaux dits « sociaux » d’images sexuelles qu’il échangeait avec sa maîtresse.

On ne peut pas dire que tout ceci soit très brillant, à l’image du sens de l’intérêt général qui anime manifestement ces apprentis-sorciers !

Les héros d’hier sont mis à bas

La cause antiraciste poursuit sa marche vers l’excès. La dernière action à la mode est la dégradation dans les pays occidentaux de statues de personnages qui ont marqué l’histoire mais aussi eu un rapport avec l’esclavage, la colonisation ou l’exploitation des populations noires et ce, quelle que soit l’époque où ces hommes ont vécu et agi. C’est ainsi que la statue de Churchill à Londres a été taguée d’un « Was a racist », des statues de Victor Schoelcher ont été brisées en Martinique car « appartenant à l’héritage colonial », des statues de soldats sudistes aux Etats-Unis ont été déboulonnées, etc. Le cas Schoelcher (1804-1893) est intéressant car ce bourgeois, blanc, journaliste, député de la Guadeloupe, de la Martinique, sénateur, sous-ministre aux colonies, s’impliqua dans l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises formalisée par un décret de 1948. Il meurt en 1893 et ses cendres sont transférées au Panthéon en 1949. Il était jusqu’ici une sorte de héros pour les populations noires de la République, tout particulièrement dans les départements et territoires d’outre-mer (dom-tom), terres sur lesquelles la tragédie de l’esclavage fut une réalité vécue. Mais le garçon était blanc et le pur produit d’un système qui avait promu l’esclavage, la colonisation et en avait profité… Même s’il s’est ému plus vite que les autres de la barbarie de l’esclavage et de la traite négrière, qu’importe, il est quand même coupable aux yeux des activistes d’aujourd’hui.

Les descendants des esclaves noirs de cette période sont parmi nous, aux Etats-Unis, en France, en Belgique, dans bien d’autres pays et en Afrique bien sûr. Le cas des deux premiers lieux est particulier car l’esclavage a été pratiqué sur les terres américaines et françaises (dans les dom-tom [Antilles, Guyane, Réunion, ainsi d’ailleurs que toutes les iles avoisinantes qui sont par la suite devenues indépendantes]), rendant la sensibilité du sujet encore plus aigüe dans le cœur des descendants. Ajouté au fait que dans la majorité des pays occidentaux les populations noires n’ont reçu en général qu’une part non proportionnelle des fruits du développement socio-économique depuis l’abolition, voire, furent légalement discriminées comme ce fut le cas aux Etats-Unis jusque dans la deuxième moitié du XXème siècle, il n’en faut pas plus pour ancrer fermement depuis cinq ou six générations un sentiment de victimisation, voire un désir de vengeance pour certains. Nous en sommes la aujourd’hui.

Ces populations et leurs descendants affrontent aussi un problème de positionnement dans les sociétés où elles vivent. Issues d’anciens pays colonisés elles sont venues s’installer dans les pays qui les ont colonisés. La première vague d’immigrants a demandé et, généralement, obtenu la nationalité des anciens colons. Leurs descendants nés en France l’ont conservée. Plusieurs générations après, nombre ces descendants d’esclaves continuent à quitter leurs terres d’origine pour essayer de rallier une situation meilleure dans les pays des descendants de leur anciens maîtres… Un dilemme sans doute pas toujours facile à rationaliser qui génère une opposition sous-jacente entre les origines que l’avachissement intellectuel en cours de nos sociétés et l’activisme de certains extrémistes peut facilement transformer en réflexes racistes.

Les anciens esclaves sont quant à eux demeurés sur les territoires de leurs malheurs. Que pouvaient-ils d’ailleurs faire d’autre ? L’expérience de la création en 1922 du Liberia en Afrique de l’Ouest qui était censé accueillir les esclaves noirs libérés aux Etats-Unis a tourné court assez rapidement. Devenu indépendant en 1847 le pays est alors dirigé par une caste américano-libérienne qui poursuivit grosso-modo les conditions de l’esclavage sur place. La deuxième moitié du XXème siècle fut une terrible descente aux enfers pour ce pays livré à toutes les barbaries de chefs de guerre sans foi ni loi.

Les traces de l’Histoire sont partout et sont souvent tragiques. Les méthodes employées à travers la planète pour effacer ou atténuer les conséquences humaines de l’esclavage et de la colonisation n’ont pas toujours produit les résultats espérés. De la discrimination positive à l’assimilation, du multiculturalisme à l’intégration, nombre de pays occidentaux sont confrontés à des difficultés, parfois violentes, entre les différentes communautés qui les composent, et tout particulièrement celles relevant de la colonisation ou de l’esclavage. Celui-ci a été pratiqué par nombre d’empires, grecs, mogols, arabes, africains, occidentaux… Aujourd’hui c’est aux restes de ces derniers que des comptes sont demandés, sans doute car c’est l’Occident qui a pratiqué l’esclavage et le colonialisme sur la plus grande échelle et, certainement aussi parce les pays occidentaux étant les plus riches et les plus démocratiques c’est en leur sein que la revendication est la plus aisée. Aller demander des comptes à la Turquie ou à des pays du Golfe persique ou d’Afrique sur la traite orientale risque d’aboutir à moins de résultats…

L’esclavage et la colonisation ont généré des désastres et tout le monde se porterait mieux s’ils n’avaient pas eu lieu. De tous temps l’Histoire fut une succession de conquêtes et de batailles de puissances. Une minorité idéologue exploite aujourd’hui la frustration des perdants au sein des pays occidentaux. De nouveaux mots sont inventés ou remis au goût du jour comme « racialisme », « indigénisme », des statues sont détériorées, justice et réparation sont réclamées en ordre dispersé, certains veulent des réparations financières, d’autres se contenteraient de symboles ou simplement de culpabiliser les pays dont leurs ancêtres ont acquis la nationalité. Revenir sur l’Histoire pour prendre en compte ses conséquences requiert subtilité et intelligence là où une minorité agissante développe pour le moment hystérie et slogans.

Au siècle dernier on a vu Léopold Sédar Senghor, écrivain-poète et homme d’Etat, pétri de culture française, né au Sénégal colonisé, devenir ministre de la IVème République colonialiste puis, une fois son pays devenu indépendant, vanter avec finesse la « négritude » sous les ors de l’Académie française en costume d’académicien, tout en étant président élu de la République du Sénégal… Dans le même genre, Aimé Césaire, né en Martinique, écrivain-poète et homme politique français, cofondateur avec Senghor du mouvement littéraire de la négritude, fervent anticolonialiste, élu maire de Fort-de-France durant cinquante-six ans (ainsi qu’à nombre d’autres fonctions électives de la République), recevoir les dirigeants français métropolitains dans le mobilier Empire de sa mairie d’outre-mer…

C’était une autre époque, celle d’autres méthodes. La génération d’aujourd’hui est plus inspirée par le rap de Booba que par les poèmes de Césaire, l’Histoire dira si elle sera plus efficace que la précédente pour la reconnaissance et l’intégration dans les pays occidentaux des descendants de l’esclavage et de la colonisation.

Les Fillon et consorts condamnés pour détournement de fonds public

Coco / Charlie Hebdo (01/03/2017)

Par suite des contrats de travail fictifs offerts à sa femme Pénélope, François Fillon est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour détournement de fonds publics, et complicité d’abus de biens sociaux, plus une amende de 375 000 euros et dix ans d’inéligibilité. Sa femme est condamnée à trois ans de prison avec sursis, la même amende et cinq ans d’inéligibilité. Son suppléant qui l’avait remplacé à l’assemblée nationale lorsqu’il avait été nommé ministre puis premier ministre, et qui avait poursuivi les mêmes pratiques douteuses au bénéfice de Pénélope, est condamné à deux années de prison avec sursis et quelques autres broutilles. Ils doivent en outre rembourser les fonds détournés à l’assemblée nationale qui s’était portée partie civile, soit un bon million d’euros.

Les trois condamnés à ces lourdes peines ont fait appel. Que la justice passe !

Les mafieux doivent éviter de se servir de leur téléphone

Juin / Le Canard Enchaîné (14/10/2015)

Encore une histoire de cornecul qui agite le microcosme judiciaro-médiatique parisien. Le pousseur de baballe Platini, impliqué dans une affaire de corruption internationale alors qu’il occupait sa retraite de joueur à des fonctions plus ou moins fictives dans une organisation multilatérale de fouteballe, aurait dans une conversation téléphonique évoqué l’aide que le président de la République française Macron se serait engagé à lui fournir pour le sortir de ses tracas judiciaires. Sa ligne était sous écoute légale dans le cadre des procédures en cours et, bien entendu, le compte rendu s’est aussitôt retrouvé dans la presse (ce qui est moins légal) qui en a aussitôt fait ses gorges chaudes.

En gros, par les temps qui courent, qu’un dirigeant français se soit engagé à aider un fouteballeur, ou pas, qu’il l’ait fait, ou pas, n’est pas d‘une importance majeure car la France a d’autres choses à faire pour le moment que de perdre son temps sur de pareilles affaires. Non, ce qui est le plus stupéfiant dans cette situation c’est qu’après des décennies d’écoutes téléphoniques, de pocket-calls malencontreux, publiés dans la presse, qui ont conduit nombre de célébrités au lynchage judiciaro-médiatique, voire pénal, il existe encore des olibrius suffisamment stupides pour évoquer leurs embarras judiciaires au téléphone ainsi que les options illégales qu’ils comptent mettre en œuvre pour s’en sortir ! Il n’est quand même pas compliqué de comprendre que ces moyens de communication ne sont pas fiables et qu’il vaut mieux convenir de ses petits arrangements douteux entre quatre yeux plutôt que dans un téléphone.

Il se dit que le président russe Poutine a toujours refusé d’utiliser un téléphone mobile. Ce garçon, ancien officier du KGB soviétique semble largement plus malin que Platini…

58,4% d’abstention aux élections municipales

Près de 60% des électeurs en France ne se sont pas déplacés ce dimanche pour aller voter aux élections municipales. Cela en dit long sur la tartuferie des analyses entendues à longueur de temps sur les plateaux télévisés et les dîners mondains comme quoi le poste de maire est le dernier qui inspire le respect, que Monsieur le Maire est l’homme des « territoires », proche du « peuple » et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

En réalité cela veut dire que sur dix pochtrons au Café du Commerce, six sont restés devant leur blanc sec contre quatre qui sont allés dans l’isoloir. La vérité c’est qu’une majorité de français se moque de son maire comme de sa première chemise mais saura, en revanche, trouver le chemin de la Mairie pour aller se plaindre et geindre de ne pas recevoir assez d’argent public.

Ainsi va la France du XXIème siècle !

Comment la droite va voir une nouvelle fois lui échapper la mairie de Paris !

2ème tour des élections municipales à Paris XIVème (28/06/2020)

La gauche alliée aux écologistes va sans doute emporter la mairie de Paris pour la quatrième fois consécutive dimanche 28 juin. Pour la quatrième fois cela signifie une durée totale de 24 années avec un ou une maire socialiste. Une telle durée est en soi inopportune. Quelle que soit la qualité des personnes en charge, 24 ans c’est trop pour le même parti et une alternance aurait été bienvenue déjà à l’issue du second mandat, soit 12 ans.

Le plus improbable dans cette histoire est que les partis de droite soient incapables de faire liste commune alors que leurs programmes n’apparaissent pas considérablement différents. Un peu plus de sécurité pour les uns, un peu plus « d’urbanisme concerté et végétalisé » pour les autres. Aucun des 3 pieds nickelés ne parle de considérations financières et budgétaires, au contraire, on ne parle que de dépenses a priori nouvelles sans expliquer avec quelles recettes elles seront financées ; il ne faut pas effrayer le chaland ! Bref, tous ces nigauds se battent comme des coqs sur un tas de fumier, préoccupés par leurs égos personnels et préférant perdre de nouveau le pouvoir dans la capitale plutôt que de trouver un terrain d’entente et faire élire l’un d’eux trois. Personne ne veut avoir l’air de compromettre avec l’autre alors qu’il est assez probable que les électeurs conservateurs auraient plutôt plébiscité une telle alliance.

Cette défaite annoncée est une véritable démonstration d’inefficacité des partis de droite par rapport à l’objectif fixé. Ce n’est pas très grave tant cette probable Bérézina du microcosme politique parisien ne va pas changer la face du monde dans la capitale, mais voir cette ville conservatrice incapable d’empêcher l’élection d’un maire de gauche a quelque chose de risible.