Les émeutiers : le retour !

Riss – Charlie Hebdo 2018

Les émeutiers se rappellent au bon souvenir des citoyens. 30 à 40 000 mille personnes ont défilé dans les rues du pays ce samedi et 3 à 400 énergumènes-sauvageons se sont distingués en dévastant la place d’Italie à Paris, détruisant un monument commémoratif à la mémoire du maréchal Juin (ils ignorent probablement qui est ce militaire), empêchant les pompiers d’éteindre les incendies qu’ils avaient allumés, détruisant toutes les vitrines leur tombant sous les mains, balançant pavés et projectiles divers sur les forces de l’ordre, le tout en direct sous l’œil des caméras de la presse et des téléphones portables de leurs coreligionnaires. Le film sous smartphone est une activité à forte intensité dans ces émeutes.

M. Mélenchon, après avoir qualifié il y a quelques jours les forces de l’ordre de « barbares » accuse aujourd’hui la police républicaine de s’être transformée en « milice gouvernementale ». Mme. Le Pen de son côté parle d’un ministre de l’intérieur « incompétent et complice ». La presse ne parle que des casseurs, convoque ses experts de plateaux télévisés pour mouliner à l’infini sur la stratégie policière, les sondages à chaud montrent que la moitié des français soutiennent ces évènements… bref, un samedi désormais ordinaire dans une République à la dérive !

Idéalement il faudrait pouvoir attraper ces casseurs, leur donner une fessée cul-nu en place publique et en direct sur YouTube et Facebook, puis les faire travailler gratuitement le temps qu’il faudra pour réparer ce qu’ils ont cassé, mais nos démocraties souffrent par là où elles pêchent : le respect de l’Etat de droit. On ne sait pas pour le moment remettre en service des lois ou tribunaux d’exception. Les émeutiers le savent et s’en donnent à cœur joie, à peu près assurés de leur impunité, ou, au pire, de peines légères.

Tout aussi inquiétantes sont les réactions du personnel politique d’opposition lançant des mots déplacés de « milice » et de « complicité » à l’encontre des forces de sécurité et de leurs responsables. C’est encore plus irresponsable de la part d’élus censés être… responsables et non pas jeter de l’huile sur le brasier. Les déclarations, et les comportements, de Mélenchon sont significatives à cet égard. Dévoré par son ambition, préoccupé de rattraper le terrain politique perdu, il fait feu de tout bois sans foi ni loi et aura à porter une part de responsabilité si la situation de chaos actuelle s’aggrave encore. Pour le moment cela ne semble pas lui rapporter de succès électoral !

Bourses étudiantes et démagogie

A la suite de la tentative de suicide d’un étudiant voulant lutter contre la précarité dont lui et les siens ont à se plaindre, un mouvement estudiantin a été déclenché pour porter ses revendications avec, notamment, l’arrachage de la grille d’entrée du ministère en charge des universités à Paris. Le mode opératoire n’est pas neutre puisqu’il s’est immolé par le feu devant le CROUS de Lyon, institution en charge du versement des bourses. Cela rappelle les suicides de bonzes au Vietnam pour lutter contre la répression antibouddhiste dans les années 70’ ou la mort dans les mêmes conditions d’un jeune tunisien qui fut le déclencheur en 2010 de ce qu’on appelle depuis les « printemps arabes » et dont les résultats finaux furent mitigés, en tous cas pour ce concerne l’instauration de la démocratie. L’étudiant lyonnais est toujours entre la vie et la mort.

Si l’on tente de dépasser la légitime émotion provoquée par un tel drame, on peut essayer de faire preuve d’un peu de raison pour analyser la situation. Il semble que le garçon triplait sa deuxième année de licence (on ne sait pas dans quelle spécialité). Les conditions de maintien des bourses étudiantes sur critères sociaux sont aussi soumises à des critères de validation de trimestres ou d’années. Ces conditions sont détaillées sur le site du ministère de l’enseignement supérieur (Modalités d’attribution des bourses d’enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l’année 2018-2019) et stipulent que pour bénéficier d’une troisième année de bourse l’étudiant doit avoir validé « … au moins 60 crédits, 2 semestres ou 1 année ». Il semble que l’étudiant lyonnais ne remplissait plus cette condition d’où l’arrêt du paiement de sa bourse. Tripler une seconde année de faculté semble indiquer que l’orientation prise n’était peut-être pas la plus adaptée au profil du demandeur d’où, sans doute, le plafond prévu dans le règlement afin d’inciter l’étudiant à passer à autre chose.

Si l’on veut changer ces règles il suffit d’en débattre quand l’émotion actuelle sera passée ; on peut déplacer la limite de validation, vers le haut ou vers le bas, cela coûtera ou économisera, ou carrément supprimer toute conditionnalité de validation. Nous avons pour ce faire un parlement où des élus sont en train de travailler sur le budget de l’année et classe les priorités par ordre d’importance quand toutes ces priorités devraient être numéro 1 quand on écoute leurs bénéficiaires… Il convient malgré tour de décider des priorités et même des principes généraux : faut-il que l’Etat (donc le contribuable) prenne-t-en charge intégralement ou partiellement tous les étudiants, seulement certains ? Si oui, de quel montant et sur quelles ressources (où et à qui faudra-t-il prendre l’argent nécessaire) ? Faut-il favoriser le travail des étudiants pour qu’ils se constituent un revenu annexe lorsque nécessaire (a priori c’est déjà le cas pour un étudiant sur deux), comment et à quel niveau les familles peuvent/doivent participer à l’aide aux étudiants ? A la fin, et comme toujours c’est une affaire de sous et d’égalité/inégalité. Certains sont plus défavorisés que d’autres même si le système français de redistribution tend à atténuer ces différences.

Nous sommes encore dans une République où il existe des lieux de débat et de décision démocratiques. Ce sont les voies à privilégier plutôt que les manifestations violentes pour porter des revendications diverses et, bien sûr, les actes désespérés comme celui que nous avons à déplorer.

Avant de commettre sa tentative de suicide, l’étudiant aurait publié sur Facebook le message ci-dessous rapporté par le syndicat « Solidaires étudiant-e-s » dont il était membre :

« Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable. Si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard. Je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et par extension, le gouvernement.
Cette année, faisant une troisième I2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?
J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
Et après les études, combien de temps devons-nous travailler, cotiser pour une retraite décente ? Pourrons-nous cotiser avec un chômage de masse ?
Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicat aujourd’hui, avec le salaire étudiant, et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas sa vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne pas avoir d’incertitude vis-à-vis du chômage, ce qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.
Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et crée du libéralisme qui crée des inégalités.
J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué en créant des incertitudes sur l’avenir de tou-te-s. J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.
Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.
Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
Et désolé pour l’épreuve que c’est.
Au revoir.»

Les regrets de la RDA…

L’Allemagne fête (plutôt discrètement d’ailleurs) le trentième anniversaire de sa réunification en 1989 : République fédérale d’Allemagne (RFA) et République démocratique d’Allemagne (RDA). La presse qui aime bien de genre de célébration, surtout lorsqu’elles sont un peu pleurnichardes, repasse en boucle des interviews d’allemands ex-de l’est ânonnant « c’était mieux avant » ou « la RFA n’a pas réunifié mais a prononcé un anschluss contre la RDA », etc. etc.

Cela fait longtemps que l’illusion de la troisième voie entre capitalisme et socialisme s’est envolée. Le remède a été brutal une fois la décision de réunification prise. C’est début 1990 que les premières élections libres ont eu lieu coté Est et ont porté au pouvoir une majorité composée des partis conservateurs pro-unification. Le processus s’est ensuite déroulé rapidement et fin août le parlement de l’Est votait l’adhésion avec effet au 03/10/1990. On ne parle déjà plus de réunification mais d’adhésion de la RDA à la RFA, cela veut bien dire ce que cela veut dire. Cette première disparaît dans l’instant avec son idéologie, ses attributs de pouvoir, y compris sa monnaie avec une parité de 1 pou 1 entre le Deutsche mark et son équivalent de l’est, ce qui fut déjà un fantastique cadeau monétaire offert à l’est. Mais le plus fort à mangé le plus faible, Darwin toujours…

L’économie est-allemande fut ensuite privatisée, voire démantelée, à marche forcée et 50% des travailleurs de l’est se retrouvèrent au chômage, notion inexistante dans la République démocratique qui truquait allègrement des statistiques officielles pour cacher la misère. Il n’en reste pas moins que le système était extrêmement redistributif, la notion de profit étant verboten la population active finançait via l’Etat la population improductive, la police politique s’occupant des éventuels opposants.

Evidemment le choc socio-économique a été dévastateur ; la mise à niveau, toujours incomplètement réalisée d’ailleurs, fut violente mais la liberté occidentale fut offerte en échange. Personne n’ayant eu d’autre programme de transition à proposer, elle fut ainsi appliquée aux forceps ! Et si cela n’a pas plu, eh bien il suffisait de ne pas voter pour… C’est un peu comme les fusions entre entreprises ; celles qui sont présentées comme une « fusion entre égaux » sont des échecs, voire des escroqueries. La seule façon de réussir ces rapprochements c’est que le plus fort prenne le pouvoir rapidement pour imposer sa gestion et ses principes de façon carrée et rapide. Une fois la machine relancée sur de nouvelles bases, il est toujours temps d’être un peu plus flexible, ou pas. Mais si l’on commence à prendre la main des uns et des autres pour connaître leurs états d’âme, la fusion se termine en enterrement du tout, et donc des parties qui le composent.

Aujourd’hui les allemands mécontents, de l’est comme de l’ouest, votent pour les partis d’extrême droite, triste retour vers le passé. Sur les plateaux télévisés en cette année anniversaire, on se lamente sur les inconvénients de la réunification, on passe les avantages sous le tapis et personne n’a de meilleures idées sur comment le processus aurait dû être mené ! Mais l’Allemagne a été rétablie dans ses frontières d’avant la guerre, juste un peu rognées à l’est (la ligne Oder-Neisse) et au sud (les Sudètes en Tchécoslovaquie), le Reichstag est réinvesti à Berlin, les armées fusionnées, les dettes partagées, la monnaie unifiée… et tout ceci en un ou deux ans. Personne n’aurait cru un instant une telle action possible, et pourtant elle fut, grâce entre autres à la volonté du chancelier de RFA, Helmut Kohl (1930-2017) qui a su insuffler l’énergie et la vision nécessaires à un tel chef d’œuvre politique et économique.

Mayotte… encore et toujours

Le président de la République française passe à Mayotte pour parler dans le vide. Près d’un habitant sur deux de ce département français d’outre-mer est un étranger en situation illégale, le plus généralement issu des Comores. Il n’y a pas de solution technique pour endiguer ce flux. La France ne va pas tirer sur les bateaux et les Comores n’ont ni les moyens, ni sans doute la volonté d’empêcher leurs citoyens d’émigrer vers ce bout de France au milieu de l’océan indien et à seulement 70 km de ses côtes. Il n’y a juste pas de solution durable autre que rendre aux Comores la souveraineté sur Mayotte pour en supprimer l’avantage comparatif.

C’est la logique géographique et l’évidence politique. C’est un projet qui sera difficile et complexe à mettre en œuvre. Les Comores ne respecteront évidemment pas les engagements qu’elles pourraient prendre dans le cadre d’une négociation d’indépendance et chercheront au maximum à tirer la couverture à elles. Il faudra proposer aux mahorais en situation légale au jour dit de pouvoir choisir entre rester et devenir comoriens ou émigrer en France métropolitaine. Les contribuables nationaux seront mis à contribution. Il y aura des cas tragiques, des manifestations, de la répression, sans doute des morts. La France sera accusée de lâchage et de traitrise à court terme mais sur la durée c’est une voie qui est inévitable.

Lire aussi : Capacité de nuisance comorienne

Alors les promesses d’un président de passage n’y changeront pas grand-chose et ne seront suivies que très peu d’effets, comme celles faites par ses prédécesseurs. Il faut négocier avec les Comores pour une rétrocession de Mayotte dans les moins mauvaises conditions possibles pour les citoyens français qui y sont présents, comme le demandent d’ailleurs les Nations Unies de façon régulière.

Lire aussi : Mayotte à la dérive

L’Europe continue à vouloir s’élargir malgré ses blocages

Le dernier conseil des chefs d’Etat et de gouvernement des 28 pays membres de l’Union européenne (UE) qui s’est tenu à Bruxelles les 17 et 18 octobre a eu à examiner une demande d’ouverture de négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Oui, vous avez bien lu : l’Albanie et la Macédoine du Nord souhaitent adhérer à l’UE, on peut le comprendre, mais la Commission européenne propose d’ouvrir les négociations et il se trouve que seuls la France et les Pays-Bas se sont opposés à l’approbation d’une telle ouverture de négociations.

Ce qui veut dire que sur 28 pays membres, 26 envisagent à peu près sereinement de cohabiter au sein d’une même union politique et économique avec l’Albanie et la Macédoine… Quand on voit les difficultés qu’il y à marcher ensemble dans la même direction à 28 (ou même seulement 27 si l’on considère que le Royaume-Uni est déjà sorti) on a du mal à croire que ces deux pays balkaniques ne seront pas une nouvelle source de division et de blocage pour une institution qui n’en a vraiment pas besoin.

Comme toujours, les partisans de l’élargissement à ces deux pays font valoir son côté « stratégique », la nécessité « d’accrocher ces nations au train européen » sous peine de voir d’autres influences (Chine, pays du Golfe persique) prendre la place, l’apaisement des conflits locaux, etc. Ces arguments sont systématiquement employés pour justifier de nouvelles adhésions à l’UE et une fois acquises, celles-ci se transforment en casse-tête institutionnel bloquant progressivement l’action par impossibilité de décision commune de la part d’un groupe de pays aux intérêts si divergents.

Nous sommes en Europe donc les considérations d’efficacité et d’intérêt général sont facilement oubliées, chaque pays regardant à l’aune de ses propres intérêts ou de sa capacité de nuisance vis-à-vis des autres. C’est ainsi que l’on voit la Hongrie et Pologne fervents défenseurs de l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord alors que Budapest et Varsovie n’arrêtent pas depuis plusieurs années de critiquer l’aspect multinational de l’UE, refusent d’endosser nombre de ses politiques, sauf celles en leurs faveurs, conteste la libre circulation des personnes et ont plutôt tendance à se replier sur eux-mêmes sur le thème favori des directions populistes : « chez nous c’est bien, nos problèmes viennent de l’étranger, et tout particulièrement de l’Union européenne ». Qu’importe, en soutenant l’adhésion des confettis balkaniques qui seront à priori plus proches de l’Europe centrale que de sa partie occidentale, ils enfoncent un coin dans le pouvoir et l’influence des pays fondateurs, déjà bien entamé.

On reste curieux d’entendre et d’analyser les arguments qui seront développés à Berlin, Rome ou Varsovie, pour expliquer aux citoyens agités par des forces populistes et de d’extrême droite, l’intérêt qu’ils ont à accueillir l’Albanie et la Macédoine du Nord au sein de l’Union !

Le combat de la France et des Pays-Bas est sans doute vain puisque la grande majorité des pays membres est favorable à cette adhésion et c’est là le point le plus incompréhensible pour le citoyen lambda qui n’arrête pas d’entendre que l’Europe est bloquée. La constitution française prévoit en son article 88-5 stipule que toute nouvelle adhésion d’un Etat à l’UE devra être approuvée par référendum ou par une majorité trois cinquièmes des deux assemblées du parlement. La France aura toujours, en principe, la capacité de ne pas ratifier l’adhésion, si la constitution n’a pas été changée d’ici-là.

Les conclusions du conseil européen sont lapidaires et ne font que reporter à plus tard la décision, le temps de faire céder Paris et La Haye :

ÉLARGISSEMENT Le Conseil européen reviendra sur la question de l’élargissement avant le sommet UE-Balkans occidentaux qui se tiendra à Zagreb en mai 2020.

Conclusions réunion du Conseil européen (17 et 18 octobre 2019) – réf. : EUCO23/19, CO EUR 22, CONCL 7

Mauvais souvenirs en Irlande du nord

Le Royaume-Uni fait toujours partie de l’Union européenne mais avec la volonté renouvelée d’en sortir. L’un des partis nord irlandais, soutien du gouvernement britannique conservateur actuel, le Parti unioniste démocrate (DUP), en faveur du maintien de l’Irlande du nord sous la couronne britannique, est dirigé par Mme. Arlene Isabel Foster. Dans le cadre des négociations en cours pour la sortie du Royaume-Uni, elle a marqué sa ferme opposition a tout accord qui atténuerait la force du lien entre Londres et Belfast et qui pourrait être un premier signal en faveur d’une réunification de l’île irlandaise.

Lorsqu’elle avait 8 ans son père a été victime d’un attentat de l’IRA (l’armée catholique irlandaise) et survécut à une balle dans la tête. Quelques années plus tard, la même IRA fait exploser une bombe dans un bus scolaire où je trouve la jeune Arelen, la jeune fille à côté d’elle est grièvement blessée.

Depuis, Mme. Foster qui est députée DUP au parlement britannique vote systématiquement contre tout ce qui ressemble à une amorce de détachement de l’Irlande du nord de la monarchie de Londres et pourrait la rapprocher de la République d’Irlande. On comprend mieux pourquoi…

Compte tenu de la sauvagerie de la guerre qui a opposé les terroristes catholiques, favorables à la réunification, aux unionistes protestants ne voulant pas entendre parler d’une séparation, il est probable qu’il faille attendre que la génération qui a mené ces combats soit éteinte pour envisager une inévitable réunification irlandaise. En attendant, le parti DUP dispose d’une sérieuse capacité de nuisance démocratique avec les 4 ou 5 députés dont il dispose à Londres.

Un match de fouteballe France-Turquie

Les hasards du calendrier fouteballistique ajoutés à l’incongruité d’avoir inclus un pays asiatique dans une compétition européenne font qu’un match France-Turquie a lieu ce soir au Stade de France dans le cadre du championnat d’Europe de fouteballe. Compte tenu de l’humeur actuelle va-t-en-guerre de la Turquie qui vient d’envahir le nord de la Syrie, le ministre français des Affaires étrangères vient d’annoncer qu’il n’assistera pas à ce match.

Voilà au moins un effet collatéral positif des évènements actuels, un ministre français évitera d’aller perdre son temps dans une compétition sportive sans intérêt et pourra ainsi passer plus de temps sur ses vrais dossiers.

Et on ne se refuse rien

À la suite des meurtres de quatre fonctionnaires de police commis à la préfecture de police de Paris le 3 octobre par un terroriste religieux (lui-même tué par un autre policier) il s’est trouvé au moins une personne en France pour soutenir le meurtrier. Hadama Traoré, activiste-créateur du mouvement La Révolution Est En Marche (LREEM, à ne pas confondre avec LREM le parti actuellement majoritaire au parlement La République En Marche) a appelé à manifester le 10 octobre en faveur du meurtrier, également fonctionnaire de la préfecture de police et qui, souffrant d’un handicap de surdité partielle, aurait été discriminé au travail d’où ses crimes. Celui-ci ne serait en aucun cas un terroriste mais un travailleur discriminé.

La manifestation a été interdite et M. Traoré placé en garde à vue. Il s’était déjà fait connaître fin 2017 pour avoir porté plainte contre le préfet de Seine-Saint-Denis à la suite de sa révocation d’un poste qu’il occupait à la mairie d’Aulnay-sous-Bois comme responsable d’antenne jeunesse à la suite d’insultes qu’il aurait proférées par divers canaux à des élus et des fonctionnaires. Début 2018 la CGT organise une manifestation pour protester contre sa révocation et publie la lettre que M. Traoré adressa au président de la République.

Bref, la manifestation qu’il proposait d’organiser en faveur du meurtrier de la préfecture a été interdite. On ne sait pas où en est sa plainte contre le préfet.

Incompétence et hystérie de la presse

Impayable : hier soir la police de Glasgow annonce avoir arrêté un homme qui pourrait être Xavier Dupont de Ligonnès qui est soupçonné du meurtre de sa femme et de leurs quatre enfants à Nantes et qui a disparu de la circulation depuis 10 ans. On a retrouvé les corps des cinq premiers mais jamais le sien, laissant supposer toutes sortes d’hypothèses pour ce qui le concerne. La presse et ses acteurs qui adorent ce genre d’histoires ont produit depuis nombre d’articles, de livres et de documentaires retraçant ce que l’on sait des meurtres et ce que l’on imagine de la fuite de celui qui en est le principal accusé.

Alors quand la nouvelle de l’arrestation possible de celui qui est soupçonné d’avoir commis cette tuerie est rendue publique, les radios et télévisions d’information continue se jettent sur l’affaire comme un nuage de crickets sur un champ de sorgho. Les ridicules logo « Edition spéciale » fleurissent comme des fleurs sur un tas de fumier et leurs soirées sont consacrées à répéter en boucle ce qu’ils ne savent pas. Tous et toutes s’y mettent avec un enthousiasme désarmant.

Les empreintes digitales de la personne seraient comparables avec celles de l’accusé alors on s’en lèche les babines sur les plateaux médias où sont convoqués avec concupiscence tous les soi-disant experts de cette affaire criminelle mystérieuse. Une équipe de police française serait en route vers l’Ecosse pour réaliser des tests ADN. En attendant les envoyés spéciaux des chaînes font le pied de grue devant l’aéroport de Glasgow à répéter qu’ils ne peuvent pas en dire plus à ce stade. Tous les journaux parus ce matin ont titré sur cette arrestation.

Las, les tests ADN réalisés ce matin ont montré que la personne arrêtée n’est pas le soupçonné. Elle est donc relâchée à Glasgow sans autre forme de procès. Depuis ce soir ce sont encore des « éditions spéciales » à tous les étages pour répondre à la question existentielle « Affaire Ligonnès : y-a-t-il eu défaillance [de la police] ? ». On croit rêver ! Les journalistes font tout de même, du bout des lèvres, amende honorable mais cherchent maintenant les coupables de leur déroute en dehors de leur profession.

En réalité, pour douloureuse que soit cette affaire criminelle pour les familles qui y sont impliquées, elle n’est qu’un fait divers qui ne justifie en rien tout ce tapage médiatique, que l’on ait ou pas retrouvé le principal accusé. Au mieux cela peut générer trois lignes d’information en dernière page de l’édition du journal une fois le fait établi. Mais non ! Des journalistes de circonstance, unanimes, ont fait leurs choux gras d’une rumeur de caniveau sans aucun intérêt, montrant le peu de cas qu’ils font de leur mission de vérification et d’analyse de l’information qu’ils diffusent, décrédibilisant encore un peu plus leur profession. Au moins auraient-ils pu employer un peu plus le conditionnel, mais ce doit être une conjugaison que l’on n’enseigne plus dans les écoles de journalisme. Pas plus que la hiérarchie de l’information d’ailleurs, comme s’il n’y avait rien de plus approprié à publier hier soir et ce matin qu’une rumeur de commissariat de police concernant un obscur dérangé du 22 long rifle alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que l’économie mondiale ralentit, que le parlement français traite de la loi bioéthique et de l’immigration, etc. ?

Ainsi va la presse de nos jours : hystérie, précipitation et incompétence. Tous les risques se justifient pour un scoop de caniveau.

Bonnes nouvelles sur le front de la décolonisation

En application des accords de Nouméa, un second référendum sur l’indépendance sera organisé en Nouvelle Calédonie en septembre 2020 après celui du 4 novembre 2018 qui avait donné un score de 43,3% en faveur de l’indépendance de ce territoire. Un troisième référendum pourra encore être mené dans les deux ans si, par malheur, la majorité n’était pas réunie pour l’indépendance.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend que le mouvement corse indépendantiste Corsica Libera, dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet, par ailleurs président de l’assemblée territoriale corse et Rock Wamytan, président du congrès calédonien, ont signé à… Paris, une « convention de partenariat ». Celle-ci régente des relations de coopération entre les deux institutions sans manquer de rappeler la notion de « peuple » et des références à « la reconnaissance du droit à l’autodétermination des nations sans-Etat » ou « la préservation de nos terres au profit des intérêts de nos peuples ».

Cette coopération est annonciatrice d’avancées en faveur de l’indépendance de ces îles. Il n’est pas impossible que le second référendum calédonien permette d’aboutir à la décolonisation de cette terre comme le suggère régulièrement l’assemblée générale des Nations Unies et comme le promeut son comité spécial de la décolonisation. Espérons que Nouméa glissera progressivement vers une indépendance apaisée montrant ainsi le chemin à la Corse et aux autres confettis de l’empire.

Sniff…

Le chroniqueur-investisseur liquide ses valeurs Natixis avec une moins-value de 85%. Une fois séchées ses larmes, il se souvient que Natixis fut l’un des plus grands scandales financiers de la Vème République ! On y vit une bagarre d’égos qui voulurent transformer l’alliance capitalistique des caisses d’épargne et des banques populaires en une banque d’affaires, tout ceci pour satisfaire leurs besoins de standing et leurs ambitions démesurées. Laissés à eux-mêmes par un contrôle défaillant de leurs actionnaires, ils ont livré à la spéculation forcenée l’épargne populaire déposée par Mme. Michu à la caisse d’épargne ou à la banque populaire. Des dirigeants de rencontre sont alors tombés à partir de 2006 dans tous les pièges tendus aux incompétents ambitieux : les subprimes, les rehausseurs de crédit, les pyramides de Ponzi vendues par les Madoff et autres escrocs, les traders-fraudeurs, etc. En 2008, la crise financière mondiale révèle ces dérives et la banque n’évite la faillite que grâce au soutien des contribuables. Son cours en bourse s’est effondré depuis longtemps et les mauvais investisseurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer !

Cette banque dirigée par des forbans et contrôlée par des incompétents aurait du normalement être laissée en faillite et les responsables de ce désastre orientés vers la case prison. Il n’en fut rien : la République décida de sauver la banque et nombre de ses dirigeants furent révoqués avec de très confortables indemnités. Depuis Natixis continue d’exister en tant que banque d’investissement, sans doute mieux gérée qu’auparavant. La moins-value financière constatée par les investisseurs de la première heure est à la hauteur de l’incompétence de ceux qui l’ont amené à l’un des gros scandales financiers de notre temps et sans que personne n’ait vraiment endossé la responsabilité de l’escroquerie.

Un nouvel attentat religieux à Paris : 5 morts dont le terroriste

Un citoyen français, converti à l’Islam, travaillant à la préfecture de Paris, a tué quatre de ses collègues à coups de couteau dans les locaux mêmes de la préfecture ce jeudi 3 octobre. Il a ensuite été abattu par un gardien de la paix. L’administration française de la police est ébranlée de découvrir qu’un terroriste ait pu prospérer au cœur même d’un de ses lieux de pouvoir emblématiques. Les commentateurs de circonstance et élus de l’opposition s’égosillent sur les plateaux médias en appelant à la démission du ministre de l’intérieur, en déplorant le « laxisme du pouvoir qui ne protège pas les français » et bla-bla-bla… Les journalistes en rajoutent comme à leur habitude en produisant des sondages de pacotille interrogeant Mme. Michu pour savoir si elle a confiance ou pas dans ses dirigeants pour la protéger.

Au-delà de cette agitation médiatique désormais rituelle, hélas, force est de constater une nouvelle fois que le mal terroriste religieux est niché au cœur de la société française et qu’aucune couche n’y échappe. Aujourd’hui c’est donc un service de police spécialisé dans la lutte anti-terrorisme qui est atteint en son sein par… un terroriste. C’est une version différente mais tout aussi pernicieuse des agents doubles du temps de la guerre froide. Le combat sera sans fin !

Chirac, très bon client

Charlie-Hebdo – 02/10/2019

La presse satyrique, représentée par Charlie Hebdo et la Canard Enchaîné, a adoré Jacques Chirac tout au long des 40 années de sa carrière politique et jusqu’à sa mort la semaine dernière. Ses changements de pied et retournement de vestes, les trahisons diverses dont il fut la victime, les affaires judicaires dans lesquelles il fut impliqué (il a été condamné dans le dossier des emplois fictifs de la mairie de Paris), sa capacité à boire des bières et serrer des paluches, son immobilisme politique quand il fut au pouvoir, son ambition féroce et inépuisable quand il n’y était pas, son côté populo, sa femme l’ineffable Bernadette, etc. en ont fait un vrai bonheur pour les dessinateurs et chroniqueurs de cette presse.

Dans les numéros sortis aujourd’hui ils lui rendent donc l’hommage qu’il a bien mérité avec des pages spéciales consacrées à ce (très) bon client qui va leur manquer !

Panique dans un dîner en ville : tout va mal

Entendu dans un dîner en ville :

  • Tout va mal, les hôpitaux s’effondrent, les professeurs se suicident, qu’allons-nous devenir ?
  • N’as-tu pas l’impression de très légèrement dramatiser la situation ? Qui autour de cette table n’a jamais rencontré une difficulté pour se faire soigner, pour soi-même ou ses enfants ? Certes, nous avons tous eu à passer un jour ou l’autre 4 ou 6 heures, voire une nuit complète, dans un service d’urgence, mais est-ce un drame puisqu’à la fin nous avons été soignés ? Où est-il écrit que tout patient doit être pris en charge dans les 5 mn de son arrivée aux Urgences ?
  • Ah oui, c’est vrai mais ce n’est pas pareil, nous, nous sommes favorisés en tant que catégorie socio-professionnelle ++ et je connais quelqu’un qui m’a dit qu’il connaissait quelqu’un qui avait rencontré quelqu’un qui lui a raconté que son cousin avait été mal soigné et bla-bla-bla…
  • Certainement il y a des erreurs médicales, des médecins surchargés, des patients mal pris en charge mais on peut raisonnablement penser que l’espérance de vie de la population française augmentant, ladite population doit plutôt être globalement soignée correctement. Ensuite, la République adapte son système de santé avec l’évolution des besoins et des moyens, ce n’est jamais assez, jamais à temps, mais cela se fait. Après, si l’on veut doubler les salaires des infirmières, par exemple, il suffit de le décider et de payer en augmentant ou en optimisant les cotisations sociales ce qui posent d’autres problèmes puisque les français sont opposés à un accroissement de leurs impôts (sauf pour « les riches ») ou de leurs cotisations sociales (sauf s’il s’agit de celles du voisin). L’enceinte pour ce genre de débat s’appelle le Parlement qui arbitre entre les affectations, vote et contrôle les dépenses publiques et sociales.
    Idem pour l’enseignement, certes une professeure vient de se suicider, débordée par ses mauvaises conditions de travail. C’est un drame humain incontestable mais pour savoir si c’est un problème généralisé il faudrait à tout le moins comparer le taux de suicide de cette profession avec le taux moyen de suicide dans la population. Quel qu’en soit le résultat, il n’y a sans doute pas tout à jeter dans le système éducationnel français, il doit bien subsister quelques îlots dans l’enseignement public où l’on apprend aux enfants le minimum de savoir et de comportements et où l’on ne deal pas de la cocaïne dans la cour ?

Comme souvent en France, les citoyens, largement épaulés par les médias et le populisme envahissants, ont tendance à généraliser tout ce qui va mal. Bien sûr, ceux qui bénéficient de situations positives n’en parlent pas car ils considèrent ceci comme une situation normale. On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure… Les français sont réputés être les plus pessimistes en Europe ; les dîners en ville le confirment largement. Un peu de raison devrait permettre de mettre les choses en perspective et ne découragerait en rien de s’attaquer aux choses qui vont moins bien.

C’est un peu trop

Jacques Chirac, politicien français longue durée, ancien président de la République, est mort cette semaine à 86 ans. Il était sévèrement malade depuis plusieurs années et sa fin avait déjà été annoncée prématurément en 2016 par l’ineffable Christine Boutin :

Tweet du 21/09/2016

Comme à chaque disparition d’un président de la République, la France entière se recueille devant le souvenir d’un de ceux qui l’a dirigée. Les chaînes de médias d’information affichent leurs logos « édition spéciale » et glosent jusqu’à l’écœurement sur les grands moments et la petite histoire du disparu. Mme. Michu pleurniche devant les caméras, oubliant qu’elle a voté Mitterrand en 1981. Les stades de fouteballe respectent une minute de silence. La mise en scène est de rigueur. Ce sont les règles de la communication de masse.

En l’occurrence le coté simple de Chirac est loué par tous, sa maladie neurodégénérative ainsi que le handicap de sa fille qui s’est suicidée il y a quelques années emportent l’affection des citoyens, même ceux qui se sont opposés à lui. Quelques convictions rivées à l’âme, d’autres beaucoup plus mouvantes, ont marqué une carrière politique qui aura plus brillé par sa longueur que par son brio. L’heure est au recueillement et à la nostalgie. On dirait que les français apprécient ces évènements morbides pour se réunir. En tout cas c’est aussi un passage obligé pour le président en titre de prononcer un hommage télévisé en l’honneur d’un de ses prédécesseurs décédés. Chirac lui-même avait marqué les esprits en 1996 par son beau discours à l’occasion de la mort de François Mitterrand. Macron s’est acquitté de cette tâche, plutôt bien, jeudi dernier.

En vérité, Jacques Chirac fut un garçon sympatoche, un politicien madré, un homme du XXème siècle, auteur de certaines fulgurances en politique internationale (les guerres en ex-Yougoslavie ou en Irak, l’écologie) et de beaucoup d’immobilisme dans le domaine national. Ce légitime hommage unanime sur sa personnalité est de circonstance, l’heure du bilan politique viendra plus tard. Il se dit que Chirac préférait les vins d’honneur au Café du commerce aux cérémonies officielles sous les dorures des palais de la République. Là où il se trouve, il pense peut-être que la France en fait un peu trop…

Notons qu’à cette heure Christine Boutin n’a pas twitté sur cette disparition mais s’est contentée de retwitter une annonce du site https://twitter.com/InfosFrancaises.

Le système des retraites selon la CGT

Philippe Martinez, chef du syndicat CGT explique ce matin sur France Culture sa vision du système de retraites que l’on peut résumer ainsi :

  • Rejet total du projet actuel de réforme proposée par le pouvoir en place établissant, notamment, une retraite universelle dite « à points » et la suppression des régime spéciaux.
  • Elargissement des domaines d’application des « régimes spéciaux » plus favorables que le régime général.
  • Retour à la retraite à 60 ans pour tous, sauf ceux qui bénéficient déjà d’un âge de départ inférieur à 60 ans et qui doivent le conserver.
  • Que les opposants aux régimes spéciaux viennent se lever tous les jours à 3 heures du matin pour conduire un bus à Saint-Denis et on les réinterrogera ensuite sur ce qu’ils pensent de ces traitements plus favorables.
  • Et pour le financement : instauration d’une taxe de 50% sur les dividendes versés aux capitalistes du CAC40 et l’on pourra même financer au-delà des régimes de retraite.

Tout est dit ! Il suffit maintenant de trouver une majorité de parlementaires pour voter pour une réforme allant dans le sens de ces propositions. Si on ne peut rassembler une telle majorité, eh-bien c’est une autre réforme qui sera votée. Ainsi va la démocratie.

Le Grenelle des tics verbaux

On ne dit plus une « réunion sur les violences conjugales » mais le « Grenelle sur les violences conjugales ».

Le terme « Grenelle » fait référence à la réunion qui eut lieu au ministère du travail rue de Grenelle à Paris en 1968 entre les syndicats ouvriers et patronats, et le gouvernement pour mettre fin aux émeutes de cette année 1968. Désormais, chaque fois qu’un grand raout politico-social est organisé on parle de « Grenelle de ceci ou de cela » : le Grenelle de l’environnement en 2007, le Grenelle des violences conjugales cette année, etc.

Cela pose son homme de se référer à Grenelle. Cela fait sans doute aussi plus cultivé ! C’est le propre du tic verbal de remplacer un mot par un autre, sans véritable rationnel autre que « c’est plus joli ».

Les corses veulent exproprier les « étrangers »

Sur son site web www.corsicalibera.com le mouvement indépendantiste corse Corsica Libera dirigé par Jean-Guy Talamone-avec-un-i-muet revient sur son vieux projet de créer un statut de résident local qui réserverait l’accès à la propriété auxdits résidents. Une décision en ce sens a été prise par l’assemblée de Corse en 2014. Bien qu’évidemment inconstitutionnelle cette volonté locale est maintenant assortie d’une menace de procédures d’expropriation contre tous les acquéreurs « étrangers à la Corse » depuis le 24/04/2014, date de l’adoption de cette mesure.

Si jamais ces expropriations étaient légalement possibles, ce que l’on a tout de même du mal à imaginer, il faudrait garantir la réciprocité aux « résidents » corses en leur imposant les mêmes restrictions sur le territoire continental. Une fois encore, un peuple qui a élu une majorité de ses représentants votant ce genre de brûlots séparatistes mérite vraiment son indépendance.

Depuis des années, les acheteurs étrangers à la Corse font augmenter fortement les prix de l’immobilier et, ce faisant, empêchent les Corses, d’origine et d’adoption, d’acheter une maison ou un morceau de terrain dans leur village ou dans leur quartier.

C’est la raison pour laquelle l’Assemblée de Corse, sur la proposition des élus indépendantistes, a voté en 2014 une délibération relative au statut de résident.

Cette délibération n’a pas été, pour l’heure, validée par Paris, et elle n’a pas encore été introduite dans le droit positif. Toutefois, Corsica Libera, à l’origine de cette démarche, tient à affirmer que pour elle, cette délibération de l’Assemblée de Corse a toute sa légitimité politique. C’est pourquoi, les élus indépendantistes continueront, dans les mois et les années à venir, à se battre pour obtenir le respect du fait démocratique et l’application du statut de résident à partir de la date de délibération de l’Assemblée de Corse, soit le 24 avril 2014.

Aussi, Corsica Libera tient à informer les candidats-acheteurs étrangers à la Corse qu’ils s’apprêtent à la fois à faire une mauvaise action (en empêchant de jeunes Corses de devenir propriétaires dans leur pays) et une mauvaise affaire (en risquant fort d’être expropriés dans quelques années).

Il nous a semblé responsable et honnête de leur donner largement cette information, au moment où de nombreuses agences immobilières étrangères conseillent – notamment sur internet – d’effectuer un achat immobilier en Corse.

En fait, un bien mauvais conseil pour un bien mauvais investissement.

Il y a seulement 5 ans, la plupart des observateurs estimaient que ce statut de résident ne serait jamais demandé officiellement par les institutions corses « légales ». Pourtant, le 24 avril 2014, l’Assemblée de Corse l’a fait à travers un vote acquis à une large majorité. Observons que ce vote a eu lieu avant même la victoire électorale des nationalistes et que c’est une majorité de gauche « traditionnelle » qui l’a permis.

En décembre 2015, une liste d’union entre les autonomistes et les indépendantistes remportait les élections. Les indépendantistes participent pleinement à présent au gouvernement de la Corse et un indépendantiste préside l’Assemblée de Corse.

Aussi, la mise en œuvre des orientations politiques défendues par les indépendantistes sera très probablement à l’ordre du jour dans les mois et les années qui viennent.

Afin que chacun sache à quoi s’en tenir, nous tenons à apporter les précisions suivantes.

Certes, sur le plan juridique, le statut de résident (5 ans de résidence à titre permanent dans l’île pour pouvoir acheter un bien immobilier, sauf pour les Corses de la diaspora) ne s’applique pas à l’heure actuelle.

Mais nous tenons à dire que pour notre part, nous considérons que la décision de l’Assemblée de Corse est parfaitement légitime politiquement. Aussi, ceux qui ont acquis depuis ce vote un bien immobilier dans l’île ou ceux qui comptent le faire dans les temps à venir, violent délibérément la volonté exprimée démocratiquement par les institutions corses.

Nous tenons donc à prévenir les candidats acheteurs que nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d’expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes physiques ou morales ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l’Assemblée de Corse.

Nous demandons à l’ensemble des professionnels intervenant dans le secteur de l’immobilier (notaires et agents immobiliers, notamment) d’informer les candidats acheteurs non résidents du caractère extrêmement risqué de l’acquisition projetée, et ce conformément à leur devoir de conseil.

Quant à nous, nous prévenons solennellement les acheteurs étrangers à la Corse: n’écoutez pas ceux qui vous disent que l’acquisition est sûre en l’état du cadre légal actuel. Car compte tenu des évolutions politiques enregistrées en Corse ces dernières années, il est probable que ce cadre juridique sera considérablement modifié dans les mois et les années à venir. Pour notre part, nous ferons tout pour remettre en question l’ensemble des acquisitions postérieures au 24 avril 2014.

Rappelons pour finir que cet avertissement n’émane pas d’un mouvement politique d’opposition mais de l’une des deux composantes de l’actuelle majorité corse.

www.corsicalibera.com

La mère des réformes pour les retraites

Après plus d’une année de travail un « haut-commissaire à la réforme des retraites » a présenté un rapport en ce sens au premier ministre. Le document de 132 pages est assez facilement compréhensible par ceux qui prennent la peine de le lire et qui sont plutôt rares si l’on en juge par les réflexions et questions assénées au Café du commerce et sur les plateaux télévisés.

Le rapport prend acte que le système des retraites français date de 1945 et qu’il est nécessaire de le faire évoluer pour s’adapter à notre société du XXIème siècle. Il s’agit en gros de maintenir un système par répartition (les actifs payent pour les retraités) et qui tend à l’universel c’est-à-dire un système unique où chacun accumule des points durant sa vie active et se les voit restituer sous forme de rente lors de sa retraite. La valeur du point est la même pour tous. Les plus de 40 systèmes existant de retraites spécifiques devraient donc être fusionnés dans un seul avec des conditions de solidarité particulières pour la prise en compte des carrières différentes.

La rente versée à la retraite sera fonction du nombre de points acquis et… de la valeur de celui-ci. Alors évidement comme lors de toute réforme, il y aura des gagnants et des perdants. Ceux qui ont à perdre s’agitent et ceux qui vont gagner sont silencieux. C’est à qui défendra le mieux les intérêts particuliers de certains, l’intérêt général étant allègrement passé aux oubliettes. Les syndicats opposés et les journalistes mobilisent leurs troupes et s’égosillent en questionnant : « mais comment sera fixé la valeur du point ? Celle-ci peut-elle baisser ? ». Il suffit de lire le rapport, la réponse est claire :

La détermination de l’évolution des retraites. Si la règle de revalorisation par défaut sera l’inflation, le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une règle pluriannuelle de revalorisation des retraites. Le cas échéant, cette modalité d’évolution permettra, compte tenu des prévisions économiques réalisées, d’ajuster la revalorisation des retraites à la situation du pays, sans dépendre trop fortement des évolutions conjoncturelles du cycle économique.

La détermination de la revalorisation de la valeur du point. Si la règle de revalorisation par défaut tiendra compte de l’évolution du revenu moyen par tête (RMPT), le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une autre règle de revalorisation, au regard d’une analyse pluriannuelle de la situation du système.

La détermination de l’évolution de l’âge du taux plein par génération. Si la règle par défaut consistera à s’assurer que les éventuels gains d’espérance de vie soient partagés à 2/3 pour l’allongement de la durée de vie en activité et à 1/3 pour l’allongement de la durée de vie en retraite, le Conseil d’administration pourra proposer de moduler cet âge par génération. Pour ce faire, il tiendra compte des évolutions de gains d’espérance de vie constatées au sein de la population française.

Tout est dit, le point évoluera comme l’inflation sauf… lorsqu’il évoluera différemment. Il pourra effectivement baisser ou augmenter en fonction de l’équilibre financier à long terme du système. C’est déjà le cas aujourd’hui où l’on joue à chaque réforme (tous les 4 ou 5 ans) sur les paramètres habituels : âge légal de départ, durée de cotisation et revalorisation (ou gel) des rentes. La proposition sur la table est de faire la même chose de façon plus transparente. Nous verrons ce que sera la loi finale mais les grands principes du rapport vont dans le bon sens.

Indiscipline, reniement et nombrilisme

C’est l’histoire des trois candidats à la candidature à la mairie de Paris sous la bannière du parti au pouvoir La République en Marche (LREM) avant l’été. Tous ont juré amour, soutien et fidélité à celui d’entre eux qui serait désigné vainqueur de cette élection primaire. Evidemment, ni une ni deux, l’un des perdants vient d’annoncer qu’il maintenait sa candidature contre vents et marées. Il y a donc deux candidats pour la même élection municipale issus du même parti, ce qui n’est pas un gage de succès dans les règles électorales de la Vème République ! On peut imaginer qu’un des deux va se retirer, si ce n’est pour le deuxième tour, sinon avant le premier, pour éviter un naufrage de LREM, mais on reste étonnés devant un tel manque à la parole donnée, qui plus est en public.

Ainsi va notre époque, ce que l’on a pu dire ou signer ne compte guère trois jours après. L’honneur est remplacé par la félonie, comment imaginer que de telles pratiques menées sous les ors de la République inspirent autre chose dans les familles, les banlieues ou au bistrot ?

Malgré tout, après trois mandats socialistes successifs à la tête de la mairie de Paris, il est probable que les électeurs parisiens voudront voter pour un peu d’alternance. C’est ce qui risque de sauver LREM malgré les comportements infamants de ses membres qui prétendent aux fonctions les plus hautes. Triste époque.