Bonne nouvelle : la théorie économique est confirmée

L’inflation est de retour dans le monde, et particulièrement dans les pays occidentaux. Depuis le début de la crise sanitaire les économistes avaient du mal à comprendre comment après avoir déversé tant d’argent « central » sur les économies, sans aucun rapport avec l’évolution de la production qui était au ralenti, nous n’avions pas constaté un retour de l’inflation.

Il y a sans doute eu un peu d’inertie mais cette création monétaire débridée ajoutée à la hausse significative des prix des matières premières a déclenché le retour de l’inflation qui semble durable en cette année 2022. La théorie économique est donc toujours d’actualité : si l’on crée plus de monnaie que n’en nécessite l’évolution de la production, la différence va dans l’inflation. Nous en sommes là !

Les conséquences sont diverses :

  • Les sexagénaires rajeunissent en se souvenant des années 1980 où l’inflation était à deux chiffres et que c’est un gouvernement… socialiste qui a cassé la spirale inflationniste, notamment en coupant le lien entre salaires indexés et inflation.
  • Les banques centrales ont déjà commencé à faire remonter les taux d’intérêt ce qui va ralentir la croissance en renchérissant le coût de la dette.
  • Les pays financièrement mal gérés et en déficits publics permanents, comme la France, vont devoir payer des charges d’intérêt de plus en plus importantes compte tenu des niveaux extravagants de leurs dettes.

La prochaine crise risque d’être financière et toucher plus gravement les pays surendettés…

Pendant la guerre, le gaz à flots continus

La guerre de la Russie contre l’Ukraine remet au goût du jour la dépendance énergétique de nombreux pays européens à l’égard de Moscou mais le plus étonnant est l’espèce d’équilibre de fait, accepté par les belligérants et l’Europe. Alors que les combats font rage avec leur cortège d’exactions, de civils et militaires tués de part et d’autre, de villes dévastées par les bombes, la Russie continue à envoyer son gaz dans les pipelines en direction de l’Ouest, y compris le pipeline traversant l’Ukraine.

L’utilisation de l’arme d’un embargo/coupure de l’approvisionnement du gaz russe effraie tout le monde : la Russie qui du coup verrait disparaître les revenus correspondants, les pays européens qui devraient demander à leurs citoyens de réduire leur consommation. Alors les bombardements russes comme ukrainiens prennent bien soin de ne pas risquer d’endommager les pipelines qui sont à leur portée sur le territoire de l’Ukraine, les autres tuyaux d’approvisionnement se trouvant dans d’autres pays. Le gaz circule joyeusement et il est payé rubis sur l’ongle à des cours extravagants compte tenu de la loi du marché. Le gaz passe d’Est en Ouest et les sous font le chemin inverse. On voit même la Russie payer à l’Ukraine les droits de passage dus au titre du transit de son gaz par les oléoducs traversant ce pays…

En voyant cet accord tacite inattendu entre des nations qui ne se parlent plus qu’à coups de bombes, on se dit que la guerre mondiale n’est pas encore pour tout de suite !

Les bonnes âmes occidentales qui n’osent toujours pas dire à Mme. Michu qu’il va falloir qu’elle diminue sa consommation et que, même après restriction, elle paiera plus cher pour se chauffer, parlent de « diversifier » les approvisionnements c’est dire d’aller acheter des hydrocarbures au Qatar ou en Arabie-Saoudite, pays guère plus recommandables que la Russie et tout aussi capables de couper le robinet si leurs intérêts le commandaient.

On parle de « diversifier » la consommation d’hydrocarbures et non de la diminuer, c’est bien là le problème. Les programmes électoraux présidentiels français d’avril dernier de nombre de candidats misaient sur l’arrêt des projets éoliens, notamment :

Protection de nos paysages : pas d’éolien sans accord des populations.

Mesure 24 de Valérie Pécresse

Interdire tout nouveau projet d’éoliennes.

Eric Zemmour

Et sans parler de l’inénarrable Stéphane Bern qui a pris la tête d’une croisade contre les éoliennes en 2021 en les qualifiant de « supercherie ». Par les temps qui courent, tous ces pourfendeurs d’énergie non carbonées vont peut-être devoir ravaler leurs arguments de « bobos en circuits courts ». Certes, l’énergie éolienne n’est sans doute pas exempte de défauts et ne va pas tout résoudre, mais c’est probablement une diversification aussi intéressante que d’aller acheter du pétrole au Qatar qu’il convient de ne pas négliger. La diversification doit concerner non seulement l’origine mais aussi la nature de l’énergie. D’ailleurs on entend beaucoup moins M. Bern ces derniers temps ce qui est de toute façon une bonne chose.

Lire aussi : Le goût de la polémique
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La Commission européenne a choisi

La représentation de la Commission européenne à Paris est installée face à l’assemblée nationale dans ce très bel immeuble arrondi qui fait l’angle du boulevard Saint-Germain et du Quai Anatole France. Son balcon du premier étage est pavoisé de drapeaux bleu européen frappés des douze étoiles jaunes. Le drapeau central, beaucoup plus grand que les autres est à double-faces : au recto les couleurs européennes, au verso les couleurs ukrainiennes.

On le sait, la Commission européenne est largement en faveur d’une adhésion de l’Ukraine le plus vite possible à l’Union européenne. D’une manière générale, la Commission a toujours promu les élargissements de l’Union. Comme un chef d’entreprise qui n’aime rien tant que voir grossir son business, la Commission qui exécute les décisions prises par les Etats mais avec une forte capacité d’influence, voire une totale indépendance pour les questions commerciales, accroit son pouvoir à chaque fois que de nouveaux pays entrent dans son périmètre. C’est humain.

Outre l’Ukraine, aujourd’hui la Serbie, l’Albanie et la Macédoine du Nord sont sur la liste des candidats ; la Géorgie et la Moldavie viennent de s’y inscrire dans la suite de Kiev. On imagine aisément ce que serait un Conseil européen avec ces 6 pays en plus des 27 préexistants : un capharnaüm indescriptible et ingérable dans lequel serait sans doute impossible tout décision politique, une espèce d’ONU à 33 pays, sans équivalent du Conseil de sécurité permettant à un petit groupe de pays privilégiés d’imposer leurs décisions aux autres.

Ce serait sans doute la fin de l’Europe politique telle que voulue par ses pères fondateurs, sans parler des pratiques mafieuses pratiquées dans ces pays candidats et sans doute pas en voie de disparition sur le court terme… L’invasion russe contre laquelle se bat courageusement aujourd’hui l’Ukraine lui vaudra sans doute son ticket d’entrée sans trop de discussions et, dans ces conditions, il sera difficile de le refuser aux 5 autres.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la Commission européenne qui décide d’accepter les candidats mais les Etats-membres. En France, la constitution stipule dans son article 88-5 que :

Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union européenne est soumis au référendum par le Président de la République.

Toutefois, par le vote d’une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l’adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l’article 89.

https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

Ce qui signifie que l’adhésion de l’Albanie ou de l’Ukraine devront être approuvées par un référendum, sauf si elle était approuvée dans les mêmes termes par le sénat et l’assemblée nationale à une majorité des 3/5. Compte tenu des conséquences prévisibles sur l’avenir de l’Union, il est peu probable qu’une telle majorité puisse être atteinte. Le référendum devrait en principe être inévitable si le texte constitutionnel n’est pas modifié et est appliqué. Voilà qui promet des débats animés.

Lire aussi : Une première victoire de la Russie
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Saint Bolloré et ses apôtres veillent sur leurs téléspectateurs

Félix / Charlie Hebdo (20/01/2021)

Les médias détenus par l’homme d’affaires breton Vincent Bolloré diffusent la bonne parole le dimanche. On connaît les convictions catholiques traditionnalistes du patron, alors elles sont déclinées le dimanche sur l’antenne. « En quête d’esprit » d’Aymeric Pourbaix le matin pour aborder « l’actualité d’un point de vue spirituel et philosophique », « Face à Rioufol » le soir. Véronique Jacquier, commentatrice pieuse et conservatrice, fait le lien entre les deux programmes auxquels elle participe.

Yvan Rioufol est chroniqueur au Figaro et sur CNEWS, plutôt anti-gouvernement actuel sans que l’on sache vraiment quelle offre politique emporterait son agrément, plus que sceptique sur les politiques sanitaires et climatiques appliquées ou envisagées, se plaignant régulièrement de la « dictature sanitaire » dans laquelle le fait vivre le pouvoir français. Il recevait ce soir Laurent Toubiana, chercheur épidémiologiste qui s’est rendu célèbre par des positions anti-establishment lors de l’épidémie de Covid, et Christian Gerondeau (84 ans), que les anciens connaissent comme le Délégué à la sécurité routière dans les années 1970, et qui consacre sa retraite à développer des thèses climato-sceptiques.

Lire aussi : Le Café du commerce sur CNews
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Rioufol et Jacquier ont du mal à cacher leur jubilation en écoutant ces invités dont ils partagent les convictions. De la religion le matin à l’actualité post-scientifique le soir, la chaîne Bolloré surfe sur le dogme. C’est une orientation qui rencontre de plus en plus de téléspectateurs et de militants. CNEWS en est l’un des piliers.

Le groupe Bolloré a récemment annoncé la vente de tout son business de logistique et de transport en Afrique, ce qui devrait lui rapporter quelques milliards d’euros. Vincent Bolloré (70 ans) que l’on qualifiait de « Mozart du cash-flow » à l’époque où il a construit son groupe risque d’investir ce nouveau trésor dans d’autres médias pour saturer le paysage audiovisuel de ses idées. Espérons que les médias plus orientés sur le journalisme que la croyance survivront pour pouvoir continuer à opposer la contradiction.

Le temps de l’irresponsabilité

On se souvient que des émeutiers on copieusement saccagé villes, magasins, bâtiments public, véhicules variés et mobilier urbain, et ce tous les samedis durant des mois entre 2018 et 2020. La préfecture de Puy-en-Velay avait même été attaquée et incendiée et le président de la République qui s’y était rendu quelques jours plus tard pour soutenir le préfet et son équipe, le 04/12/2018, avait dû être évacué d’urgence devant les menaces des manifestants.

L’une des premières émeutes avait abouti au saccage de l’arc de triomphe lors d’une des premières manifestations avec une série de photos et de vidéos impressionnantes dont notamment celles d’une bande de zozos faisant les clowns sur ta tombe sur soldat inconnu. Pendant ces deux années de troubles insurrectionnels il y eut de nombreux blessés lors de combats de rue entre les forces publiques et les émeutiers, et des dizaines de millions d’euros de dégâts.

Bien entendu, les contribuables et les assurances (donc leurs clients-cotisants) avaient payé rubis sur l’ongle pour réparer ces destructions et soigner les blessés. On apprend aujourd’hui que le tribunal administratif de Paris vient de condamner l’Etat à indemniser la municipalité de Paris à hauteur de 1,4 millions d’euros.

…en raison des dégradations subies à l’occasion des manifestations organisées dans le cadre du mouvement des « gilets jaunes ».

https://presse.paris.fr/pages/20148

On est là au cœur de la déresponsabilisation des citoyens qui tend à être érigée en règle de fonctionnement de nos démocraties repues. Quand des furieux dévastent l’environnement commun c’est la faute de l’Etat et donc de ses contribuables qui doivent payer. D’autres villes ont déjà, ou auront, des indemnisations similaires. La puissance publique est accusée de ne pas savoir maintenir l’ordre et est donc jugée financièrement responsable des dommages endurés par la communauté.

En l’occurrence il s’agit d’un transfert de charges des contribuables locaux vers les contribuables nationaux, ce qui ne change pas grand-chose : les contribuables payent ! C’est ainsi, l’Etat français est considéré comme ayant des poches profondes et disponible pour régler tous les errements de ses citoyens.

Lire aussi : Le coût des émeutes
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Ces émeutes nous ont quand même donné l’occasion d’une franche poilade lorsque l’on vit les opposants de droite au début du mouvement à la fois soutenir les émeutiers et critiquer le « laxisme » du gouvernement. L’inénarrable Laurent Wauquiez a même revêtu le « gilet jaune » emblème des contestataires sur son inséparable parka rouge :

Toutefois, ces imprudents se sont assez rapidement mis en retrait de ce soutien un peu trop vite octroyé, lorsque les émeutiers ont commencé à défoncer les portes de ministères à coup de bulldozers, ou à affirmer leur volonté de « prendre l’Elysée ». Trop tard, les photos et les enregistrements étaient pris et restent disponible pour illustrer l’opportunisme qui est quand même le mode de fonctionnement privilégié de la classe politique française, au détriment de l’intelligence, hélas !

La déconvenue des traîtres à droite

Lorsqu’Éric Zemmour, polémiste de plateaux télévisés, annonça sa candidature à l’élection présidentielle en novembre 2021 il remporta un franc succès dans les sondages, montant jusqu’à 15% des intentions de vote, à tel point que nombre d’élus aux convictions molles ont quitté les partis Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN) pour rejoindre Reconquête !, le parti créé par Zemmour pour soutenir sa conquête.

Guillaume Peltier (vice-président LR), Gilbert Collard (74 ans, avocat médiatique), Jérôme Rivière (chef des eurodéputés RN), Philippe de Villiers (73 ans, retraité de la droite décomplexée), Christine Boutin (78 ans, ancienne ministre conservatrice et bigote), Patrick Buisson (73 ans, ancien conseiller conservateur du président Sarkozy, impliqué dans différentes affaires financières et qui enregistrait secrètement ses conversations avec le président) et surtout, Marion Maréchal ex-Le Pen, petite fille du parrain Jean-Marie Le Pen, qui a trahi sa cousine Marine Le Pen, candidate du partie RN.

Tout ce petit monde devait croire en la victoire de son poulain polémiste de plateaux télévisés, espérer quelques postes en échange d’un soutien de dernière heure. Las, il a terminé avec un score peu glorieux de 7% au premier tour ce qui l’a empêché bien entendu de s’aligner pour le second. Ses afficionados de circonstance ont dû se mordre les doigts de leur félonie et doivent se promettre d’y réfléchir à deux fois avant une nouvelle trahison, car il va bien falloir qu’ils se recasent (sauf pour les plus âgés) : rester chez le perdantou refranchir le Rubicon pour retrouver leurs anciens camarades ?

Lire aussi : Le bal des traîtres en surchauffe
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Changer de camp, en politique comme en privé, est toujours un risque à prendre et on ne gagne pas à tous les coups. Le moins dangereux est sans doute de rester fidèle à ses idées en essayant de convaincre ses amis plutôt que de fuir dans le camp d’à côté à la moindre alerte sondagière !

Le Mali a toujours un coup d’avance sur Paris

Dans un communiqué lu hier soir à la télévision publique, le gouvernement malien a annoncé sa décision de dénoncer le « Traité de coopération en matière de défense » qui l’unissait à la France depuis le 16 juillet 2014 et remplaçait un accord plus ancien de 1985. Cette dénonciation est faite conformément aux dispositions de l’article 26, notamment concernant le préavis de six mois après la réception d’une notification écrite.

Après avoir expulsé l’ambassadeur de France en début d’année, le gouvernement malien poursuit sa stratégie de rupture avec la France, et il le fait dans le respect des textes signés, sans excès de propagande et avec une relative discrétion gage d’efficacité pour l’atteinte de ses objectifs. Ces accords de défense n’avaient bien entendu plus de sens depuis plusieurs mois alors que le Mali avait décidé de mettre fin à l’intervention de l’armée française dans ce pays sahélien.

Il aurait été plus satisfaisant pour l’égo français que ce soit Paris qui dénonce en premier ces accords, et même expulse l’ambassadeur du Mali, plutôt que l’inverse, mais la France doit préserver la sécurité de son armée en cours de retrait et de ses citoyens résidant au Mali. Paris avale donc ces pilules amères depuis un an mais au moins une fin nette est prononcée à cette coopération militaire et c’est une bonne chose. Il faudra saisir cette occasion pour passer en revue l’ensemble des « accords de défense » que Paris entretient avec ses anciennes colonies qui n’ont plus guère de sens aujourd’hui.

Espérons que la France ne perdra pas la mémoire de sitôt et qu’elle ne cherchera pas à revenir au Mali par la fenêtre alors qu’elle en a été chassée par la porte ! Il faut laisser le Mali aller vers son destin qui sera désormais sans la France. C’est ce qu’on appelle la décolonisation.

Lire aussi : https://rehve.fr/2022/02/une-decision-porteuse-davenir-levacuation-du-mali-par-larmee-francaise/
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Les jeunes ne sont pas contents

Entre les deux tours des élections présidentielles les jeunes ont manifesté leur insatisfaction avec force occupation de facultés et manifestations de rues. Des dégradations importantes ont été commises contre les locaux de la Sorbonne à Paris, notamment dans la chapelle. Une plainte contre X a été déposée par cette université.

Selon les analyses, près de 40% des 18-24 ans ne sont pas allés voter au premier tour, et 30% des autres ont voté pour le candidat Mélenchon. Comme ce dernier n’a pas été qualifié pour le second tour, les jeunes, comme le reste de la France, se sont donc retrouvés au second tour avec deux candidats de droite ce qui n’eut pas l’heur de leur plaire.

Peut-être aurait-il été plus efficace d’aller voter le dimanche au lieu de casser la Sorbonne le mercredi ? C’est un vieux débat, déjà en 1968 les révolutionnaires du VIème arrondissement scandaient « élections piège à cons ! » en dévastant le boulevard Saint-Michel. La plupart d’entre eux ont eu le temps de changer d’idées depuis et se sont recyclés dans les entreprises du CAC40 ou sur les plateaux télévisés avec Daniel Cohn-Bendit qui n’aime rien tant que deviser sur la politique française.

L’histoire est un éternel recommencement mais on semble plus proche en 2022 de l’instauration d’un pouvoir illibéral en France qu’on ne l’était en 1968. L’abstention des jeunes est donc plutôt une bonne chose à court terme car, quand ils votent, ils se prononcent en faveur de candidats illibéraux (Mélanchon ou Le Pen pour cette élection). A plus long terme c’est une autre histoire car la démocratie a besoin du vote pour exister. A trop se désintéresser des bureaux de vote, les citoyens jeunes et vieux risquent de favoriser un jour l’élection de candidats non souhaités par eux.

Si cela arrivait, ils n’auraient plus que leurs yeux pour pleurer en espérant que les institutions de la République seraient suffisamment solides pour offrir une chance d’inverser l’élection la fois suivante, ou pas…

Merci Monsieur le président

Le président russe souhaite « bonne santé et du bonheur » à son homologue français Emmanuel Macron à l’occasion de sa réélection acquise hier soir.

Bonne nouvelle : malgré la guerre les amabilités diplomatiques continuent !

La Pologne n’aime pas la Russie

La Pologne s’est récemment frottée avec le président de la République française, lui reprochant de vouloir continuer à négocier avec le Kremlin dont elle qualifie le chef de « criminel » posant la question de savoir si on « négocierait avec Hitler, Staline ou Pol-Pot ? »

Evidemment, la Pologne a des raisons historiques de redouter la Russie. L’existence même de la Pologne a été niée depuis le XIXème siècle, et même avant, par les empires centraux et Moscou. Même Napoléon qui était attendu comme un sauveur a vassalisé ce pays, recruté nombre de soldats polonais dans la « Grande armée » en les embarquant dans le désastre de ses guerres européennes. Il y a même choisi une maîtresse, Marie Walewska, dont il eut un fils.

Dans un temps plus contemporain, la Pologne a souffert très directement de l’Union soviétique. Après la guerre russo-polonaise de 1920 est arrivée la seconde guerre mondiale. L’URSS, comme l’Allemagne nazie, a toujours considéré la Pologne comme un « non-pays », une plaine de passage, un peu comme Moscou apprécie aujourd’hui l’Ukraine qu’elle voit comme son arrière-cour et non pas comme un Etat souverain. Les clauses secrètes du pacte germano-soviétique signé en 1939 stipulent que ce pays est à partager entre Berlin et Moscou. Aussitôt signé aussitôt appliqué et la Pologne est envahie par les deux puissances totalitaires, l’invasion nazie étant d’ailleurs l’élément déclencheur de l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni contre l’Allemagne.

Dès 1939 les Allemands installent en Pologne un « gouvernorat général », une sorte de statut colonial, dirigé par le tristement célèbre Hans Frank condamné à mort par le tribunal de Nuremberg puis exécuté. Ils construisent en Pologne des camps d’extermination qui joueront un rôle majeur dans la Shoah, dont Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor…

Les soviétiques de leur côté ne veulent pas être en reste et annexent la partie du pays qui leur échoit, y instaurent le communisme, déportent en masse au Goulag, incorporent de force dans l’Armée rouge, livrent aux nazis les Polonais occidentalisés, assassinent l’élite (massacre de Katyn, 15 000 officiers tués d’une balle dans la nuque par le NKVD – services secrets soviétiques), entre autres joyeusetés. Dans les années 1980, le régime communiste polonais réprime durement les mouvements populaires de révolte, avec l’assentiment de Moscou bien entendu même s’il n’a pas été nécessaire d’envoyer l’Armée rouge pour rétablir l’ordre comme ce fut fait à Berlin-Est en 1953, à Budapest en 1956 ou à Prague en 1968, le pouvoir communiste polonais se débrouillant fort bien tout seul avec l’aide de son armée.

Tout ceci a laissé des souvenirs à Varsovie. L’Allemagne a été défaite en 1945, démocratisée, puis réunifiée et ne présente plus de grands dangers militaires à court terme pour la Pologne. Berlin continue d’essayer de se racheter mais une méfiance bien compréhensible régit les relations diplomatiques entre les deux pays. L’URSS, et son successeur la Fédération de Russie, n’a jamais fait amende honorable de ses exactions en Pologne durant le XXème siècle. Il a fallu attendre 2010 pour que le parlement russe reconnaisse que Staline avait ordonné l’exécution des officiers polonais, et non les Nazis comme le répétait Moscou depuis 60 ans.

Varsovie n’oublie rien et sait de quoi la Russie a été capable. Dès la chute de l’URSS et la libération des pays d’Europe de l’Est, elle a regardé vers l’Ouest et intégré l’alliance militaire atlantique en 1999 et l’Union européenne en 2004 afin d’installer un vrai fossé politique en principe infranchissable entre elle et la Russie. Les invasions russes contre la Géorgie, la Crimée et l’Ukraine n’ont fait que la renforcer dans son rejet définitif de la Russie et considérer que le fossé n’était peut-être plus aussi infranchissable que souhaité à l’origine, d’où l’attaque contre le président français qui n’a pas rompu la discussion avec le Kremlin dans l’espoir de favoriser une négociation entre les belligérants pour finir cette guerre insensée contre l’Ukraine. A moins que l’un d’eux ne soit écrasé par l’autre comme le fut l’Allemagne en 1945 il faudra bien négocier un accord entre eux pour arrêter les combats et convenir des relations futures. Il faudra donc parler à celui d’en face.

La Pologne reste tellement hérissée contre la Fédération de Russie qui lui a fait tant de mal dans l’histoire qu’elle se refuse à toute diplomatie avec Moscou. Ne reste comme seule alternative que la poursuite la guerre jusqu’à la reddition sans conditions de la Russie, hypothèse improbable à court terme, ou qui ne serait envisageable que dans le cadre d’une troisième guerre mondiale aboutissant à l’anéantissement d’un protagoniste voire même de la planète Terre. Ce n’est pas une solution raisonnable, le mieux est de continuer à garder le contact avec l’ennemi même en se pinçant le nez. En revanche il faudra aussi se souvenir des obsessions de la Russie et la laisser durablement en dehors de tout dialogue politique avec l’Occident même une fois les sanctions économiques levées, car elles vont bien être levées un jour. On fera du business avec la Russie mais pas plus, il faudra exclure ce pays du cercle des amis de l’Occident et le laisser retourner vers l’Asie à laquelle, après tout, appartient la très grande majorité de son immense territoire. Moscou se souvient par ailleurs que toutes les armées qui l’ont attaquée ont dû se retirer dans les affres d’une piteuse défaite, Napoléon et Hitler pour les plus récents.

A l’avenir, une fois cette guerre terminée, veillons à ce que chacun reste de son côté sans empiéter sur le voisin et cessons les grands raouts à Versailles ou au G8 pour se donner l’illusion que la Russie est un pays ami, ce qu’elle ne souhaite pas être. C’est d’ailleurs un des travers de la démocratie que de croire que tous les pays tiers veulent être en bons termes avec nous. La France de Chirac a reçu le fiston syrien Assad (le président français ayant été le seul chef d’Etat occidental à se rendre aux obsèques de son père en 2000), celle de Sarkozy a reçu le libyen Kadhafi, celle de Hollande a reçu le pouvoir malien et la France de Macron a reçu le président russe avec maints égards. A chaque fois les visiteurs ont été édifiés avec le discours occidental sur la démocratie et les droits de l’homme, et après chaque visite ils ont montré combien ils étaient rétifs à traduire ces principes dans leur gouvernance. N’oublions pas les leçons de l’histoire et ne rêvons pas de transformer ces pays en démocraties apaisées ce qu’ils ne seront jamais.

Varsovie devait se rendre à Moscou le 24 mars pour un match de qualification contre la Russie pour la coupe du monde de fouteballe, elle a refusé de le faire. Il va falloir faire un peu plus peur si l’on veut vraiment obtenir la reddition de Moscou dans sa guerre contre l’Ukraine…

Les médias toujours à leur limite d’incompétence

Alors que le deuxième tour des élections présidentielles françaises doit se dérouler ce dimanche 24 avril, le traditionnel débat télévisé entre les deux candidats finalistes Marine Le Pen et le président actuel, Emmanuel Macron, est programmé demain mercredi. Les médias frétillent d’impatience et affichent une fébrilité sans borne face à cet affrontement de circonstance qu’ils chérissent car potentiellement porteur de petites phrases assassines, d’approximations à relever, voire de crises de nerfs des débatteurs, bref, d’une bonne audience garantie et donc d’un prix de la minute de publicité à la hausse pour cette soirée de duel.

Du coup, ces médias se consacrent depuis quelques jours quasi exclusivement à déblatérer sur les aspects mineurs de la préparation du débat de mercredi : l’espacement entre les candidats, la température, qui commencera et qui clôturera, comment et où se préparent les belligérants, etc. Et tous ces mêmes médias de se référer aux débats similaires des élections précédentes en ressortant des placards les journalistes qui opéraient à l’époque.

Plutôt que délayer sur des sujets annexes de peu d’importance, il serait plus utile pour leurs auditeurs et téléspectateurs qu’ils investissent dans l’analyse des programmes proposés qui vont régir la vie des Français pour les cinq années à venir. Mais cela nécessiterait qu’ils lisent et analysent lesdits programmes ce qu’ils n’ont manifestement ni l’envie ni le temps de le faire, préférant consacrer leurs talents à l’écume des choses.

Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude alors qu’aujourd’hui le mélange entre divertissement et information est de plus pratiqué.

On pourrait supprimer cette niche fiscale imméritée et en réorienter le produit au financement de l’amélioration de la qualité de la formation dans les écoles de journalisme. Ce serait juste et annonciateur d’un meilleur niveau de compréhension de la politique par Mme. Michu qui pratiquerait ainsi son droit de vote de façon plus éclairé.

Perruques et rumeurs

Une rumeur persistante mais non encore certifiée voudrait que Brigitte Macron et Rachida Dati portent des perruques. Au vu des photos disponibles, c’est une hypothèse que l’on ne peut pas exclure. Une seule certitude, à leurs âges, leurs couleurs ne sont pas naturelles, pas plus que la tenue de leurs cheveux. A tout le moins, si ce ne sont pas des perruques, elles doivent passer au moins une heure tous les matins avec un coiffeur pour afficher une telle raideur.

Si elles portent des perruques, est-ce à dire qu’elles ont rasé leurs vrais cheveux pour porter ce succédané de chevelure ? Cela relève du même processus que celui de la chirurgie esthétique, en moins définitif bien sûr : se mutiler pour des questions de paraître. Et lorsque le paraître à ce point privilégié, c’est souvent pour masquer l’insuffisance de l’être.

L’élection en cours confirmera peut-être cette rumeur du déni de réalité qui frapperait également les deux femmes.

Compétition de la dépense publique

La campagne électorale présidentielle française s’achève avec le premier tour demain. C’est un véritable championnat mondial de celui qui proposera le plus de dépenses publiques. La lecture des douze tracts électoraux des douze candidats retenus est édifiante à ce niveau et sont une succession d’annonces de nouvelles dépenses et de baisses d’impôts[1]. Rares sont les mesures qui vont dans le sens d’une tentative de maîtriser le gouffre du déficit des finances publiques, mais il en existe heureusement quand même quelques-unes. La crise sanitaire de 2020-2021 durant laquelle le dogme du « quoi qu’il en coûte » a été appliqué sans limite a fait tomber toutes les barrières de la bonne gestion. Il est toujours vivace dans les esprits au cœur de la campagne présidentielle. Si ce concept a été largement appliqué par toutes les démocraties, la France a encore réussi à battre les records du pays ayant le plus dépensé par habitant. La guerre entre la Russie et l’Ukraine donne une nouvelle excuse pour encore repousser le moment du retour aux réalités.


[1] La candidate du parti conservateur LR propose même : « Un vrai statut rémunéré pour les sportifs de très haut niveau qui leur permettra de se consacrer entièrement à leur pratique ».

La hausse de l’inflation mondiale depuis quelques mois est la première sanction de ces politiques de la dépense publique sans compter rendue possible par de la création monétaire indirecte (rachat de dettes publiques par les banques centrales ou « quantitive easing »). C’est aussi le retour de la théorie économique : la création de monnaie centrale déconnectée de l’évolution de la production se traduit par de l’inflation. Nous y sommes.

La prochaine crise devrait être financière mais il est vulgaire de parler de ces problèmes en France en pleine campagne électorale. L’avenir risque de nous rappeler assez rapidement aux affres de la vraie vie.

L’armée malienne va mieux !

La présidence militaire malienne se félicite de la meilleure santé de son armée avec force photos d’avions gros-porteurs débarquant du matériel militaire, sans doute en provenance de Russie dans le cadre de la coopération entre les deux pays qui est en train de se substituer à celle que Bamako entretenait avec Paris.

Dans le même temps des opérations sont menées par l’armée malienne et des supplétifs russes, dont on ne sait pas bien s’ils sont des mercenaires privés ou des soldats russes officiels, contre les rebelles religieux dans le pays avec quelques débordements et massacres comme il y en a également en Centrafrique, également dans un cadre de coopération avec la Russie.

Le gouvernement malien vient de décréter l’interdiction des médias RFI (Radio France Internationale) et France24 sur son territoire et interdit leur rediffusion par les médias locaux. Tout en subtilité, le gouvernement malien compare ces médias français à « Radio Mille Collines » qui, durant le génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994, appelait les citoyens à tuer les « cafards », noms donnés aux Tutsis et aux Hutus modérés.

Il semble que les autorités maliennes ne rompent pas totalement les relations avec l’Europe, dont l’ancienne puissance coloniale, car elles auraient compris que la Russie ne financera pas leur développement, et selon le précepte éternel « on ne tape pas sur la main qui signe le chèque » il convient de continuer à bénéficier des subsides des contribuables européens pour maintenir l’économie locale la tête hors de l’eau. Evidemment si des exactions de ses forces armées sont mises à jour et documentées cela risque de jeter un petit froid dans le cœur des bailleurs de fonds. Le procureur de la République a donc ouvert une enquête le 06/04/2022 sur les « allégations d’exactions présumées commises sur des civils dans la période du 23 au 31 mars 2022 dans la zone de Moura ». Les conclusions de ce travail seront intéressantes.

Le retrait de l’armée française du Mali est en cours dans une relative discrétion et c’est bien ainsi. Ce seront sans doute les derniers jours de cette évacuation qui seront les plus cruciaux, on peut supposer que les Maliens comme les Russes ont intérêt à ce qu’elle se passe bien. Seuls les terroristes religieux pourraient vouloir perturber les derniers jours comme ils l’ont fait en Afghanistan sur du retrait occidental sur l’aéroport de Kaboul en 2021.

Souhaitons maintenant la réussite de la coopération militaire entre le Mali et la Russie. Elle a été librement choisie et unit des gouvernants qui partagent la même conception du pouvoir et de l’organisation de la société. Elle a donc plus de chances d’aboutir que celle avec la France qui, non seulement était marquée du sceau infamant du néo-colonialisme, mais, surtout, s’est épuisée à vouloir faire évoluer le Mali vers un modèle démocratique dont pas grand monde ne voulait dans ce pays sahélien.

Une droite égocentrique

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle se profile dans une semaine, la candidate du parti[1] conservateur « Les Républicains » (LR) n’est pas même sûre d’être présente au second tour. Ce n’est qu’un aléa de la vie politique, cependant ce que tout le monde a noté est que l’ancien président Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui se veut le parrain de cette droite de gouvernement n’a pas encore apporté son soutien à la candidate désignée officiellement par une élection primaire au sein de ce parti (on se souvient qu’en 2017 M. Sarkozy avait fini 4ème de l’élection primaire LR et avait dû renoncer à la candidature). Ce n’est pas bien grave en soi tant il est peu probable que le soutien d’un ancien dirigeant âgé de 67 ans et au bilan mitigé ne doit pas transcender l’électeur moyen de droite ni entraîner des déplacements significatifs de votes. Mais ce silence est significatif des égos surdimensionnés qui minent le débat politique français au détriment des idées.

La presse bien informée a publié que M. Sarkozy aurait traité la candidate (Valérie Pécresse, 54 ans), qui fut ministre sous sa présidence, de « pimbèche » en se plaignant qu’elle ne se réfère pas assez à lui dans la campagne électorale en cours. Que ces rumeurs soient fondées ou pas, et on a tendance à penser qu’elles le sont, on mesure l’insondable orgueil de l’ancien président qui n’arrive pas à prononcer ne serait-ce qu’un mot en faveur de la candidate du parti qu’il a créé. Que lui coûterait un soutien via une tribune ou une interview médiatique qui, au mieux aiderait Mme. Pécresse, au pire serait sans effet ? Rien ! Ou plutôt si, une douloureuse blessure d’égo car il réaliserait ainsi qu’à 67 ans, passer le relais à une femme de 54 ans, c’est aussi marquer la fin de sa route politique et ça, c’est insupportable pour lui.

Cette après-midi le nom de Sarkozy a été sifflé par les militants LR présents au dernier rassemblement avant le premier tour. Les participants à ce rassemblement voient sans doute s’éloigner pour une troisième fois la perspective que leur candidat emménage à l’Elysée à la fin du mois, ils sont amers et signifient leur courroux à leur ancien héros !


[1] On ne dit d’ailleurs plus un « parti politique » mais « une famille politique » sans que l’on sache exactement la raison de ce glissement sémantique, sans doute parce que te terme de « parti » incarne trop l’autorité d’un chef et que notre époque rejette globalement le concept d’autorité ou, à tout le moins, peine à identifier de vrais chefs !

Le 60ème anniversaire des Accords d’Evian marquant l’indépendance de l’Algérie

Le 19 mars 1962 était signés les accords d’Evian marquant le cessez-le-feu entre la France et l’Algérie, mettant fin, progressivement, à une guerre sauvage et inutile entre une puissance colonisatrice et un pays colonisé, initiant des flux de migrations significatifs vers la France, les français d’Algérie appelés « pieds-noirs » mais aussi beaucoup de citoyens algériens, et le début d’une relation houleuse entre les deux pays, qui n’a jamais pu s’apaiser.

Ces accords stipulaient l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les trois mois suivant leur signature, ce qui fut fait, et aboutit bien entendu à l’indépendance, mais aussi à ces flux de population vers la France dont l’importance n’avait pas été anticipée à ce point. Comme c’est l’habitude en la matière, une partie de ces accords n’a pas été respectée par le vainqueur et, notamment, celle qui stipulait que :

Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque en raison :

– d’opinions émises à l’occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d’autodétermination;
-d’actes commis à l’occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
-Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d’en sortir.

On le sait, les supplétifs algériens de l’armée françaises, les « harkis », qui n’avaient pas été rapatriés en France ont été massacrés en masse, souvent dans des conditions effroyables. Les historiens estiment entre 60 et 70 000 le nombre de victimes. Des règlements de comptes sanglants ont également eut lieu entre les différentes factions du Front de libération nationale (FLN), la plupart des signataires des accords d’Evian ont rapidement été éliminés ou contraints à l’exil.

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Une autre partie de ces accords n’a pas même eu à ne pas être respectée faute de combattants : celle concernant les droits civiques à accorder par le gouvernement algérien aux « pieds-noirs », en effet, ceux-ci sont partis en France dans leur très grande majorité dès l’indépendance prononcée. Certains qui avaient pris fait et cause pour l’indépendance algérienne sont restés sur place et ont généralement pris la nationalité après l’indépendance. Ce statut particulier de « nationaux français exerçant des droits civiques algériens » na pas eu à être mis en œuvre.

L’application des articles sur la coopération économique a rapidement tourné court, notamment celle sur l’exploitation des ressources pétrolières qui devait être paritaire, ce qui était bien entendu ingérable dans le cas d’une Algérie indépendante, de même que, pour le sujet militaire, la location de la base de Mers El-Kébir pour 15 années renouvelables a été rapidement résiliée ainsi que les facilités d’utilisation accordées à la France sur des aérodromes et des sites militaires. Toutes ces illusions de coopération sereine entre les deux pays se sont rapidement révélées inapplicables et sont tombées aux oubliettes de l’histoire.

Il reste la mention de la coopération culturelle qui devait « être développée » selon ces accords, pas sûr que ce fut vraiment le cas…

L’histoire ne dit pas quelle partie proposa d’inclure dans les accords d’Evian ces articles sur la coopération économique, militaire et culturelle qui furent sans doute une façon de sauver la face de la France, chacun sachant qu’ils ne seraient pas appliqués. Ce que révèlent aujourd’hui les historiens est que le départ immédiat de tous les « pieds-noirs » n’avait pas été anticipé. Les signataires pensaient sans doute qu’une partie des Français d’Algérie resterait sur place et participerait à l’élaboration de la nouvelle nation algérienne. Leur départ en dit long sur la confiance qu’accordaient les « pieds-noirs » aux engagements du FLN… L’autre surprise, toujours d’actualité, est que les flux d’immigration de l’Algérie vers la France ont été, et restent encore aujourd’hui, très significatifs. Un fait sans doute révélateur lui aussi d’une confiance limitée des citoyens algériens en leurs dirigeants.

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La Corse enterre un « héros »

La dépouille d’Yvan Colonna a été rapatriée et inhumée en Corse. Colonna rappelons-le a été assassiné par un détenu djihadiste franco-camerounais dans la prison d’Arles où il purgeait une peine de prison à perpétuité à la suite de l’assassinat du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos), crime dont il s’est toujours déclaré innocent.

Lire aussi : La Corse en feu… de nouveau
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La collectivité de Corse a décidé la mise en berne des drapeaux (français, corse et européen) et le président de son conseil exécutif a fait partie de ceux qui ont porté le cercueil recouvert du drapeau corse à son arrivée dans le territoire. L’île est couverte de graffitis à la gloire d’Yvan Colonna et contre « l’Etat français assassin ».

S’agissant de celui qui a été déclaré coupable de l’assassinat d’un préfet de la République, cette réception en dit long sur le fossé qui sépare maintenant la Corse de la France, voire la haine qui anime nombre de ses habitants lorsque l’on voit la violence des émeutes qui se sont déroulées sur place après l’agression contre Colonna. Souhaitons que pour un avenir serein, des négociations sérieuses soient lancées rapidement avec pour objectif ultime l’indépendance de la Corse qui est la seule solution véritablement efficace pour les deux parties. Et s’il faut garantir la réussite de ce processus en maintenant des flux financiers importants de la France vers une Corse souveraine, eh bien faisons-le, ce sera le prix à payer pour avoir colonisé cette île en 1768 qu’il n’aurait jamais fallu acheter à la République de Gênes. Si cette erreur géostratégique n’avait pas été commise sous Louis XV la Corse coulerait sans doute des jours heureux, indépendant ou italienne. Mais on ne refait pas l’Histoire, cependant on peut essayer de la corriger.

Le plus important pour un futur statut, en attendant une pleine souveraineté, est que la Corse soit responsable de ses actes, ce qu’elle n’est pas aujourd’hui où, par exemple, chaque fois qu’un centre des finances publiques est détruit par des furieux, il est immédiatement reconstruit grâce à la générosité des contribuables français.

L’inénarrable Rokhaya Diallo

Rokhaya Diallo, fringante journaliste, adepte des théories féministes-décolonialistes-genrées-… et autres, en vogue dans le nouveau monde « déconstruit et non binaire », s’est exprimée dans Le Washington Post, journal américain de référence, où elle est chroniqueuse, sur le traitement différencié des réfugiés selon leur région d’origine et leur région de destination.

L’article déplore que les migrants venant de du Moyen-Orient (Afghanistan, Syrie) ou d’Afrique ont été moins bien accueillis en Europe que les migrants ukrainiens actuellement chassés par la guerre menée par la Russie dans ce pays. Mme. Diallo note que ces derniers bénéficient d’une vague de solidarité unanime parce qu’ils sont « blancs et européens » et que la mentalité « colonialiste » qui imprègnerait toujours l’Occident lui fait penser que la guerre et la misère sont un « état normal » pour les populations noires alors qu’elles sont choquantes lorsqu’elles touchent les « Blancs ». Elle exhorte les dirigeants européens à octroyer le même traitement à tous les réfugiés, quelles que soient leurs origines.

Les faits dénoncés semblent réels : oui les migrants venant d’Ukraine sont mieux traités que ceux venant d’Afrique ou du Moyen-Orient. On voit même à l’intérieur des flux venant d’Ukraine des tris effectués entre les populations ukrainiennes « Roms » ou les étudiants africains qui faisaient des études en Ukraine et les autres, les premiers étant moins bien reçus dans les pays d’accueil.

Ce traitement différencié est-il équitable ? Non. Est-il évitable ? Difficilement car il relève surtout de la réaction des populations plutôt que de décisions politiques. Rokhaya Diallo développe un discours sans surprise, un peu naïf et, évidemment, culpabilisateur à l’encontre des Occidentaux. Le passé colonial européen a certainement laissé des traces dans les esprits et est l’une des explications de ces comportements mais il est loin d’être la seule malgré ce qu’assènent les « décolonisalistes ».

Ce qui est sûr c’est que quelque soient les pays de départ des flux migratoires convergent vers l’Europe de l’Ouest (sauf quand ils sont bloqués dans leur migration par des pays comme la Turquie ou le Maghreb), les populations semblant ainsi voter avec leurs pieds en faveur des régimes occidentaux et être moins sensibles au discours « décolonialiste » que Rokhaya Diallo.

Les consommateurs face à leurs contradictions

La compagnie pétrolière multinationale TotalEnergies, dont le siège social est en France, a beaucoup investi en Russie ces dernières décennies et fournit une partie de ses clients, multinationaux eux-aussi, à partir de ressources produites et achetées en Russie. Les bonnes âmes crient au scandale du fait que cette entreprise continue à opérer en Russie, tout en faisant le plein de leurs automobiles et en se plaignant du prix des carburants. TotalEnergies est accusée de « crimes de guerre » et autres joyeusetés sur les plateaux médiatiques et au Café du Commerce et personne ne se demande comment la cuve de fioul de Mme. Michu sera remplie, ou à quel prix, si Total coupe ses approvisionnements en Russie. La France ne produisant plus d’hydrocarbures il faut bien acheter ceux-ci à l’extérieur, si ce n’est pas en Russie, il faut les remplacer par une autre source ou alors réduire la consommation. Le problème est que la plupart des pays exportateurs d’hydrocarbures ne sont pas à proprement parler dirigés par des régimes en accord avec les valeurs démocratiques occidentales. C’est le dilemme auxquelles sont confrontées les compagnies comme TotalEnergies, elles vont le résoudre progressivement loin des indignations et des simplismes de plateaux télévisés.

L’Etat français est par ailleurs lancé dans une vaste opération de transfert des coûts de l’énergie des consommateurs sur les contribuables pour atténuer la hausse des prix sur le pouvoir d’achat de Mme. Michu. L’une des solutions possibles serait de supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes et d’en réaffecter les effets pour absorber cette hausse des prix de l’énergie, ce ne serait qu’une goutte d’eau dans la mer, bien sûr, mais cela permettrait à la presse d’être plus à l’aise pour critiquer les politiques de l’Etat, sans donner l’impression continuelle de cracher dans la bonne soupe.

L’indépendantiste corse Colonna est mort

Yvan Colonna n’a pas survécu à l’agression par un terroriste religieux dans sa prison d’Arles. Il est décédé hier sans avoir jamais repris conscience depuis son agression le 2 mars.

Colonna a été condamné à trois reprises pour le meurtre du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos) mais il a toujours clamé son innocence. Il avait été dénoncé par ses « camarades » nationalistes comme étant le tireur avant que ceux-ci ne reviennent sur leur dénonciation. Depuis son agression, ses avocats et les partisans d’une Corse éloignée de la France défilent sur les plateaux télévisés pour expliquer que, « sans discuter une décision de justice » (bien entendu) le processus judiciaire aboutissant à la condamnation a été défaillant. En lisant entre les lignes, ils disent que Colonna est innocent du crime et que la justice a instrumentalisé une vengeance d’Etat.

Lire aussi : https://rehve.fr/2022/03/la-corse-en-feu-de-nouveau/
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Il semble qu’il y avait tout de même quelques indices à charge aboutissant à la culpabilité de l’impétrant mais on ne peut rien exclure, y compris une erreur judiciaire. Peut-être un véritable coupable est-il encore dans le maquis ?

Quoi qu’il en soit, et avant même de mourir, Colonna est devenu un véritable héros corse ce qui est symbolique de la volonté de ce territoire de se détacher de la France. Il faut donc aller soit vers l’indépendance complète de la Corse, ce qui serait la meilleure solution pour tous, soit vers une autonomie qui équivaut à l’indépendance mais en conservant les financements français en faveur de la Corse.