Irresponsables !

L’opposition a déposé 20 000 amendements devant la commission parlementaire en charge de l’examen du projet de loi de réforme des retraites. Cette commission n’a pu examiner que la moitié d’une telle quantité d’amendements et le projet de loi est présenté dans sa version initiale à l’assemblée nationale. Cette fois-ci les partis d’opposition ont déposé 40 000 amendements, revendiquant ouvertement leur volonté de blocage du projet. Ce n’est pas la première fois que de tels comportements parlementaires se déroulent mais on est chaque fois surpris de ce dévoiement du règlement du Parlement.

La démocratie pour le moment est bonne-mère et supporte ces enfantillages sans broncher, quitte à renforcer régulièrement les modes de fonctionnement de l’Assemblée nationale pour encadrer ces dérives et, donc, limiter la capacité de parlementaires irresponsables à bloquer les débats. A plus long terme le risque est que les jeunes générations se découragent de cette démocratie relativement faible face à ces comportements et se tourne vers les « démocratures ». Le mouvement est d’ailleurs déjà plus ou moins en route.

Le plouc, la balance et le délinquant

Le candidat tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections municipales à Paris le mois prochain, Benjamin Griveaux, a annoncé hier qu’il se retirait de la course par suite de la diffusion d’une vidéo sexuelle le concernant qui agite la communauté des réseaux dits sociaux depuis quelques jours. On y verrait ledit candidat se masturber en se filmant avec son téléphone portable sur Facebook live en échangeant des mots de circonstance sur un chat avec la destinataire de ce charmant scénario. On ignore qui est ce destinataire (femme ou homme ?) mais ce ne serait pas a priori son épouse légale. Elle (ou il) a sans doute ensuite balancé la vidéo à un activiste russe bénéficiant de l’asile politique en France, Piotr Pavlenski, qui revendique cette diffusion pour dénoncer « l’hypocrisie d’un politique » prônant la vie de famille dans Paris-Match et se comportant ensuite différemment. L’authenticité de la vidéo n’a pas été contestée par l’intéressé pour le moment, son avocat envisageant plutôt d’attaquer le russe pour diffusion d’information à caractère privé ce qui est un délit dans la République.

Le premier réflexe est évidemment de rigoler franchement devant cette incroyable poilade politico-pipole. Le second est d’attendre impatiemment la couverture du prochain Charlie-Hebdo de mercredi qui devrait être à la hauteur de cet évènement exceptionnel.

La troisième réaction est un peu plus triste devant cette décadence générale de toute une génération. Résumons l’affaire : un élu-nunuche de 42 ans, candidat-maire de Paris, mais à l’époque membre du gouvernement, en déplacement professionnel à l’été 2018 se masturbe le soir devant son téléphone mobile à destination d’une copine-balance, inconnue à ce jour, qui enregistre la scène, la balance à un repris de justice russe-délinquant de 35 ans, bénéficiant du statut de réfugié en France, qui décide de la publier sur Internet 18 mois plus tard pour perturber l’élection à la mairie de Paris ; ce qu’il réussit à faire puisque le nunuche est obligé de se retirer de l’élection.

Il y a dans cette affaire de pieds-nickelés toutes les déviances de notre société d’aujourd’hui : le nombrilisme, la perte de toute notion de l’intérêt général, l’irresponsabilité, l’immigration, le sexe, la traîtrise et, comme vecteur de toutes ces avanies : les réseaux dits-sociaux qui véhiculent l’infamie et le vide avec jouissance et rapidité ! Les mots manquent pour qualifier un tel enchaînement où la bêtise se dispute à l’abrutissement. Ils sont tous coupables dans ce maelström : le plouc, comme la balance comme le délinquant. Il n’y a pas de victime. C’est une nouvelle étape dans la beaufisation de notre société française. Que les quadras qui ont généré cette société et ces comportements pathétiques se débrouillent avec ce problème que les sexa ne savent plus résoudre.

En attendant, il est fortement recommandé de ne pas se masturber devant son téléphone mobile en chatant avec des correspondants.

Renoncement à l’équilibre des finances publiques

Le gouvernement renonce pour le moment à modifier la constitution pour y introduire la soi-disant règle d’or, interdisant ou contrôlant les déficits de la République. Ce n’est pas grave, cette règle existe déjà au niveau de la réglementation européenne, il suffit de la respecter. C’est n’est pas grave car cela laissera plus de temps à nos gouvernants pour analyser les hausses d’impôt et baisse de dépenses qui sont incontournables.

Patrick Balkany va mieux!

Coco / Charlie-Hebdo (05/06/2019)

Patrick Balkany, 71 ans, repris de justice, maire de Levallois, vient de passer cinq mois en prison pour avoir été de nouveau condamné en première instance pour fraude fiscale. Il a été libéré hier pour raisons de santé graves selon une expertise judiciaire médicale. On parle de dépression et de mal au dos.

A priori l’ex-détenu va mieux car, libéré hier, il a passé une bonne partie de la journée d’aujourd’hui sur les chaînes d’information pour de longs entretiens donnés depuis sa propriété de Giverny. Les interviews ne sont pas très originales et l’on n’y apprend pas grand-chose de neuf si ce ne sont les conditions matérielles de sa vie derrière les barreaux, information d’un intérêt mineur.

Comme il n’en a pas vraiment fini avec les affaires judiciaires en cours d’appel, il n’est pas sûr que parader à la télévision dès le lendemain de sa libération pour « raisons de santé graves » soit très adroit ni très productif vis-à-vis des juges d’appel. Condamné à quatre années, il aura fait cinq mois pour le moment. Il n’est pas exclu qu’il doive retourner en prison au cas où sa condamnation serait confirmée, aggravée ou allégée en appel, même si cela paraît improbable.

Le mieux pour lui serait qu’il se repose et se montre discret. Sa présence à la télévision est fatigante pour lui, inutile pour les téléspectateurs et provocatrice pour ses juges.

Grandeur d’âme de Martine Aubry

Ça y est, Martine Aubry, 69 ans, maire de Lille depuis plus de 18 ans, les cheveux noirs de teinture, fait don de son corps à la municipalité de Lille en se représentant à l’élection municipale pour la quatrième fois ce qui, si elle est élue, lui ferait donc 24 ans à l’hôtel de ville. C’est au moins 12 ans de trop ! Cela la mènerait jusqu’à 75 ans

Elle a largement dépassé l’âge légal de la retraire comme le futur âge pivot. Elle dépasse surtout les bornes de la décence. Comment n’arrive-t-elle pas à réaliser que, même si ses électeurs lui promettent une réélection, elle devrait passer la main à la nouvelle génération. On a du mal à réaliser les niveaux de nombrilisme et d’autosatisfaction qui peuvent amènent à une telle décision. Cela dépasse l’entendement, mais cela est, hélas, hélas, hélas !

La famille Curie : des géants de la science !

A l’Institut Curie, un petit musée est consacré à cette incroyable famille qui révolutionna la science en faisant considérablement progresser le domaine de la compréhension de la radioactivité. Installé dans les locaux mêmes qui constituaient l’Institut du Radium qui fut successivement dirigé par Marie Curie, Frédéric Joliot-Curie (le gendre) puis Irène Joliot-Curie (la fille), on y visite le bureau du directeur, son laboratoire (décontaminé comme précisé dans la présentation…) et le petit jardinet conçu par Marie pour la régénération des esprits et l’échange entre deux recherches.

Marie Curie (1867-1934) : un premier prix Nobel de physique en 1903 (avec Pierre Curie et Henri Becquerel) « en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel » et un second Nobel, de chimie cette fois-ci en 1911, « en reconnaissance des services pour l’avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l’étude de leur nature et de leurs composés ».

Irène Joliot-Curie (1897-1956), fille de Marie et Pierre Curie, reçoit le prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari, Frédéric Joliot (1900-1958) « en reconnaissance de leur synthèse de nouveaux éléments radioactifs », il s’agit de leur découverte de la radioactivité artificielle. Scientifique de haute volée le couple affiche un engagement politique fort, Frédéric est membre du parti communiste, Irène sera l’une des premières femmes ministres de la République sous le front populaire en 1936 mais elle retournera bien vite à sa paillasse de chercheuse. L’un comme l’autre sont pacifistes, fréquentent Einstein et s’opposent à l’utilisation du nucléaire dans le domaine militaire.

Irène et Marie décèderont prématurément de la même leucémie, dévorées par les radiations de leurs découvertes fondamentales.

Les deux pièces du musée nous rappellent également nos cours de physique-chimie en vulgarisant le phénomène de la radioactivité, les effets et utilisation du radium, polonium et autres joyeusetés nucléaires incompréhensibles pour les néophytes. Quelques années auparavant, de l’autre côté de la rue, Louis Pasteur (1822-1895) lançait la microbiologie et mettait au point le vaccin contre la rage.

La rue d’Ulm se réfère à une victoire de Napoléon contre l’Autrichien en 1805. Au-delà de ce concours de puissances dans une Europe dévastée par des guerres inutiles, on préfèrera retenir que cette rue abrita les travaux de géants de la science moderne.

Sémantique et responsabilité

« J’ai commis des erreurs mais pas commis de faute » répète en boucle un responsable de la fédération sportive des sports de glace accusé d’avoir couvert les agissements pédophiles de ses entraîneurs. Cela rappelle le « responsable mais pas coupable » du premier ministre Laurent Fabius impliqué dans l’affaire du sang contaminé en France à la fin des années 90’.

Dans l’affaire du sang contaminé, l’accusation porte sur le fait que des stocks de sang prélevés avaient été utilisés malgré les risques forts de leur contamination par le virus du Sida. Il y eut des morts par contamination « accidentelle » par ce sang impur.

Ces hauts responsables jouent sur les mots car il est difficile d’assumer les erreurs des autres, fussent-ils leurs collaborateurs. Dans un cas comme dans l’autre leur démission est ou a été en jeu. Il ne serait pas inélégant qu’ils s’exécutent mais n’oublions pas qu’ils ne sont pas les coupables ayant formellement commis les actes criminels, tout au plus les ont-ils couverts dans l’hypothèse où ils en furent informés, ce qui n’est pas même certain. Mais le peuple a besoin que des têtes tombent…

Des expatriés dépités au Royaume-Uni

Depuis hier le Royaume-Uni a récupéré sa souveraineté pour gérer l’immigration sur son territoire, y compris celle de citoyens de l’Union européenne dont elle ne fait plus partie. Un régime transitoire a été mis en place pour ces citoyens de l’Union présents depuis au moins 5 ans sur le territoire britannique. Ils doivent se faire enregistrer pour la délivrance d’un titre de séjour les autorisant à rester sur place, au moins pour quelques années. La réciprocité a également été acquise pour les britanniques résidant dans les 27 pays membres de l’Union.

Certains de ces expatriés s’émeuvent d’un tel régime, les français n’étant pas les derniers à se plaindre, comme d’habitude. Et les journalistes présents sur place recueillent des « c’est honteux », « c’est un scandale », etc.

La mondialisation a fait oublier un peu trop rapidement aux citoyens du monde que « chez les autres » ce n’est pas encore exactement pareil que « chez soi ». Il y a ce que l’on appelle en matière d’investissement le « risque politique » : un citoyen d’un pays A installé dans un pays B est soumis à la Loi de son pays d’accueil qui peut être différente ou évoluer différemment de la Loi du pays A. C’est le b-a-ba de tout investissement à l’étranger. La libre circulation et d’installation des personnes qui a cours au sein de l’Union européenne ne l’a pas à l’extérieur où les lois nationales s’appliquent.

L’expatrié français installé à Londres va devoir désormais obtenir un titre de séjour qui peut bien entendu lui être refusé. Il semble d’ailleurs que c’est justement l’immigration débridée des citoyens de l’Union dans leur pays qui a causé le vote en faveur du brexit. Il n’est donc pas étonnant que la Grande-Bretagne reprenne le contrôle de son immigration. C’est le retour à la période d’avant la libre circulation des personnes qui n’est pleine et entière que depuis finalement pas si longtemps que ça, et qui souffre d’ailleurs toujours d’exceptions significatives. Les gens ont la mémoire sélective…

Cela étant dit, il est peu probable que le Royaume-Uni expulse sauvagement et rapidement ses immigrés originaires de l’Union. Cela devrait se passer de façon ordonnée et progressive, mais les non britanniques devront obtenir à l’avenir un titre de séjour et de travail pour s’installer et travailler en Grande-Bretagne, c’est ainsi que cela peut se passer quand on élit domicile à l’extérieur de son pays d’origine. A ne pas oublier !

« Servir ? Hélie de Saint Marc » un documentaire de Georges Mourier (2008)

C’est l’histoire d’un vieux monsieur, Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013), filmé alors qu’il avait 86 ans, qui a traversé l’Histoire tragique du XXème siècle et qui revient sur les grandes étapes de ce parcours exceptionnel.

Engagé dans la résistance, encore adolescent, durant la seconde guerre mondiale, il est dénoncé, arrêté et déporté au camp de concentration allemand de Buchenwald dont il sortira, épuisé, après avoir été confronté au mal absolu et aux comportements les pires du genre humain, y compris du côté des déportés. Il s’engage dans la Légion, pour « servir », mais aussi pour surmonter le traumatisme de l’effondrement français de juin 40. Envoyé en Indochine il succombe aux charmes de cette région, et comme beaucoup des acteurs de cette épopée, militaires et civils, à celui des femmes indochinoises, ce qu’il avoue avec un petit sourire nostalgique. Chef d’un camp situé au Nord-est du pays dans le territoire de la minorité Tho, à la frontière chinoise, il est chargé de former des maquisards qui vont soutenir le combat de la France contre le communisme. La situation militaire française se dégradant sérieusement dans cette région face à la puissance communiste chinoise, sa section est évacuée avec la majorité de ses partisans mais pas les villageois qui s’accrochent aux camions de l’armée française et que les légionnaires sont obligés de déloger à coups de crosses sur les mains. Ils seront ensuite largement massacrés par les communistes pour leur collaboration avec l’ennemi. Saint-Marc et ses hommes en sont marqués à jamais et c’est ce qu’il appellera sa « blessure jaune ».

Il retournera en Indochine et participera aux derniers combats avant que sa compagnie ne soit transférée en Algérie en 1955. Il participe à l’expédition avortée franco-britannique de Suez. En 1961 il est commandant par intérim du 1er REP (régiment de parachutistes), il se met aux ordres (avec son régiment) du Général Challe qui lance son coup d’Etat. Cette décision, prise en 10 minutes devant Challe qui l’a convoqué est prise pour « ne pas abandonner les harkis » et renouveler ainsi sa « blessure jaune ». Ce coup ne durera que quelques jours, Saint Marc en assumera la pleine responsabilité pour dédouaner les 800 hommes qu’il a entraînés avec lui. Il sera condamné à 10 ans, il en effectuera 5 à Tulle avec les autres putschistes, avant d’être amnistié par le Général de Gaulle puis libéré. Il sera progressivement réhabilité dans ses droits civils et militaires. Multi-décoré il sera progressivement élevé dans les grades de la Légion d’honneur jusqu’à celui de grand-croix remis par le président de la République Sarkozy en 2011. Il consacre ses dernières années à rédiger ses mémoires et de différents essais historiques.

Lire aussi : de Saint Marc / von Kageneck Hélie / August, ‘Notre Histoire 1922-1945’

Bien sûr ce documentaire sous forme d’interview revient sur quelques-uns des problèmes moraux qui se sont posés à ces militaires durant les guerres coloniales auxquelles il a participé.

La torture en Algérie : il est évidement moralement opposé à son principe. C’est le mal, dont il a connu la pire version à Buchenwald. Mais sur le terrain, lorsque des vies sont en jeu il ne sait pas répondre à la question portant sur « le mal pour éviter le pire ? » Pour illustrer son indécision il cite d’ailleurs le cas des bombardements alliés massifs des villes de Hambourg et Dresde qui ont permis de précipiter la capitulation allemande en 1945, alors que la victoire ne faisait plus de doutes, qui ont généré des milliers de morts civils « inutiles », mais aussi probablement accéléré la libération de Buchenwald où le prisonnier qu’il était n’aurait pas survécu encore très longtemps…

Et puis ce problème lancinant de la collaboration avec les populations locales qui se pose immanquablement au départ des troupe étrangères, car celles-ci partent forcément un jour, qu’elles soient coloniales ou d’une autre nature… A partir du moment où une armée s’installe durablement dans un pays tiers, quelle que soit le motif de l’invasion, elle a besoin d’une collaboration locale. Ce fut le cas autrefois en France (lors de l’occupation allemande), en Indochine, en Algérie, aujourd’hui en Afghanistan, en Irak, au Sahel. Alors lorsque la troupe étrangère se retire les règlements de compte commencent. La France elle-même a épuré les collaborateurs français avec l’occupant allemand après la Libération en 1944/45, d’abord sauvagement (on parle de 100 mille exécutions sommaires) puis de façon judiciarisée. En Algérie, en Indochine où l’armée coloniale avait formé des milices locales armées (contre leurs propres peuples aux dires de ceux qui l’ont emporté), les épurations ont été encore plus violentes une fois les indépendances acquises ou les troupes d’occupation retirées. C’est la justice des vainqueurs, elle est rarement juste. Pour les sauver de la vengeance des leurs, la seule alternative aurait été, dans le cas des guerres de la France, de rapatrier sur le territoire métropolitain ces centaines de milliers de supplétifs de l’armée et de l’administration françaises. Ce n’est pas l’option politique qui a été retenue. Le sens de l’honneur d’un Hélie de Saint Marc en a été bouleversé ce qui l’a fait tomber du côté des généraux complotistes en Algérie de 1961.

Cet homme émeut par son sens du devoir et de l’honneur, par sa traversée noble de tous les évènements tragiques du XXème siècle, sans jamais se départir d’un ton mesuré et d’une analyse tout en subtilité, se gardant bien de tout jugement définitif. Au crépuscule de sa vie, presqu’apaisé, il cite Goethe : « Il est facile de faire son devoir, il est plus difficile de savoir où il se trouve. »

C’est fait, voyons la suite désormais !

Charlie Hebdo – Vuillemin

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est actée ce soir à minuit. Les prophètes de malheur continuent à annoncer le pire : faillite économique, séparatisme en Grande-Bretagne, expulsion des immigrés, refoulement des expatriés, et bla-bla-bla, les remainers se désolent, les parlementaires et fonctionnaires britanniques de l’Union font leurs valises. C’est ainsi !

En réalité personne ne peut bien anticiper ce qui va se passer. Les pays européens vont bien arriver à trouver une solution pour définir le futur qui ne sera pas « comme avant ». Le Royaume-Uni n’a jamais vraiment apprécié faire partie d’une union politico-économique supposée brider sa créativité. Il a décidé collectivement de quitter l’Union européenne et il l’a fait. Voyons les étapes suivantes maintenant.

Jusqu’ici tout ne va si mal que ça !

Un grand moment de solidarité nationale

A la suite d’une épidémie en Chine d’un virus un peu bizarre, des citoyens français sont rapatriés en France, dans le sud, près de la base militaire d’Istres sur laquelle ils ont atterri. Ils doivent passer quinze jours en « quarantaine » avant d’être relâchés dans la nature ou soignés le cas échéant. Evidemment Mme. Michu, habitant le village où doit se dérouler la quarantaine, vitupère contre ce « scandale sanitaire » et demande que les français rapatriés de Chine soient installés… ailleurs que près de chez elle.

Depuis déjà quelques jours M. et Mme. Michu exprimaient leur rejet de tout ce qui ressemble à un « chinois » à force d’insultes sur les réseaux dits sociaux ou dans la rue comme le rapportent nombre de journaux sérieux. Heureusement la famille Michu reste minoritaire dans la République mais elle ne manque décidemment pas une occasion de manifester sa totale beaufitude, hélas.

L’escroquerie électorale perdure

Les élections municipales prochaines déclenchent l’habituelle vague de candidatures au poste de maire tout en sachant pertinemment que lesdits candidats n’assureront pas le poste car ils sont ministres et veulent garder leur maroquin ce que les lois sur le non-cumul interdisent. S’ils sont élus, ils démissionneront immédiatement du poste de maire pour conserver celui de ministre. Ce tour de passe-passe leur permettra, en principe, de récupérer la place de maire s’ils abandonnaient celle de ministre. Mais cela ne fonctionnera que si la potiche nommée maire transitoire accepte de démissionner le moment venu. Pour résumer : on se fait élire pour se débiner immédiatement. Ce n’est pas bien.

La justification officielle de tels comportements est la nécessité d’un « l’attachement local » éternellement ressassée. En réalité c’est un parachute qui peut être matériellement bien utile compte tenu de la précarité du poste de ministre. Les impétrants font semblant de croire que leur présence en tête de liste favorisera le vote des électeurs en leur faveur même s’ils se débinent aussitôt élus, ce qui pour le moins prétentieux

Ces manipulations sont un dommage collatéral de la loi sur le non-cumul des mandats. L’actuel premier ministre Edouard Philippe est dans ce cas et vient d’annoncer sa candidature pour la mairie du Havre tout en précisant qu’il continuera sa mission de premier ministre tant qu’elle ne sera pas terminée.

Le musée de la Résistance en Argoat – Saint-Connan (Côte d’Armor)

Situé au bord d’un petit lac, l’Etang Neuf, dans le pays au sud de Guingamp, ce petit musée est consacré à la résistance de ce petit coin de Bretagne durant la IIème guerre mondiale. Y sont évoqués les différents réseaux qui ont animé la lutte contre l’occupant allemand au cours de ces années sombres, notamment le réseau Shelburn qui fait l’objet actuellement d’un film long métrage dans les salles « Le Réseau Shelburn » de Nicolas Guillou. Ce réseau gérait la dernière étape de l’exfiltration des aviateurs alliés abattus lors des raids contre la France. Après leur regroupement à Paris, la résistance parisienne les acheminait à Saint-Brieuc ou à Guingamp où ils étaient pris en charge par le réseau Shelburn qui les remettait ensuite à des vedettes britanniques venues les chercher sur la côte bretonne.

Il y eut aussi la bataille du maquis Coat-Mallouen créé en juillet 1944 sous les ordres du lieutenant Robert, originaire du Morbihan, parachuté après le débarquement de Normandie. Le 27 juillet les allemands attaquèrent les maquisards dans le bois de Coat-Mallouen où ils étaient installés, mais ne parvinrent pas à les réduire, malgré de nombreux morts des deux côtés. Les maquisards participèrent à la libération de Guingamp le 7 août.

Une exposition de l’artiste Sophie Zénon montre photographies et vidéos composées par cette artiste et centrées sur ce maquis, au moyen notamment du retraitement des images d’un film de fiction tourné à la Libération en 1945 :

La collecte de documents et de récits est toujours ouverte et, en ce dimanche après-midi, un septuagénaire déploie sur la table d’accueil les insignes de FFI de sa mère née en 1925, résistante à 17 ans. Bien qu’atteinte aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer, elle se souvient de cette période de sa vie que son fils vient consigner dans les archives du musée.

Le musée évoque très rapidement la collaboration des certains bretons indépendantistes à qui les nazis avait fait miroiter leur autonomie en cas de victoire, le peuple celte étant plutôt bien considéré dans la sinistre hiérarchie des races qui structurait l’idéologie nazie.

Un petit musée régional au milieu de nulle part, au bord d’un lac avec son association de pêcheurs et son bistrot où l’on peut se remonter le moral en sortant !

Bye-bye…

Charlie Hebdo – Riss

Ça y est ! Enfin. Le Royaume-Uni est arrivé à se décider et son parlement a voté le texte de séparation de l’Union européenne, plus de trois ans après le référendum ayant voté le « leave ». Ce furent d’interminables semaines d’atermoiements, de batailles politiques, d’indécision et, finalement, d’exaspération de la population quel qu’ait été son vote de 2016. La décision était prise, il fallait la mettre en œuvre. C’est ce qui a été fait.

Bien malin aujourd’hui qui est capable de prédire ce que donnera le nouvel attelage Royaume-Uni souverain – Union européenne ! La redéfinition des liens entre ces deux entités a débuté, rendez-vous dans dix ans pour commencer à y voir plus clair.

Le château des Ducs de Bretagne – Nantes

Anne de Bretagne (1477-1514) a hanté et aménagé ce château nantais, recyclé en musée de la ville de Nantes. Anne y tient sa place bien entendu, elle qui fut à l’origine de l’union de la Bretagne à la France en 1532, bien que son personnage soit aussi mis en avant pour illustrer la défense du duché face aux appétits de la France. Querelle d’historiens et de politiques ! Après moulte fiançailles et mariages avec les cours d’Europe, elle devient deux fois reine de France et, aux termes de contrats de mariage complexes avec Charles VIII, puis Louis XII, la Bretagne devient française ce que très peu de gens contestent aujourd’hui. Anne est enterrée à la cathédrale Saint-Denis avec Louis XII, où elle fut la première reine de France à y être couronnée.

Les salles du château retracent la chronologie de la ville de Nantes, d’Anne à l’époque contemporaine. Une place significative est réservée à la période où la ville était le premier port négrier français lors du commerce « triangulaire » des esclaves au XVIII et XIXème siècles. Des rappels historiques qui méritent d’être faits. Compte tenu de ce passé nauséabond, un mémorial de l’abolition de l’esclavage a été érigé en 2012.

Dans les espaces consacrés au développement industriel au XIXème, on se souvient que les biscuits « LU » furent une magnifique aventure industrielle nantaise avant de passer sous pavillon américain dans les années 2000. Il y a aussi la période révolutionnaire, les guerres du XXème siècle, le rapport à et l’aménagement de la Loire, de la construction navale, bref, une ville française à travers les siècles.

La radio de service public en grève depuis près de deux mois

Charlie-Hebdo

Une autre grève se déroule en France depuis des semaines et qui ne concerne pas le projet de réforme des retraites mais un simple plan de restructuration incluant une réorganisation du groupe de radios publiques, une baisse des dépenses de 60 millions d’euros (sur un budget total dans les ~600 millions) et une baisse de 300 personnes (sur un effectif total de ~4 500). Des négociations sont en cours entre syndicats et direction mais chacun campe sur ses positions. La grève se traduit par la non-diffusion de nombre d’émission remplacées par des playlists.

Le groupe Radio-France est financé par une redevance payée par les citoyens avec leurs impôts locaux. Il n’est pas prévu à ce stade de rembourser une partie de cette taxe aux contribuables. Comme toutes les entreprises, Radio-France doit se restructurer pour s’adapter. Comme toutes les entreprises publiques, Radio-France doit faire des efforts de productivité pour une utilisation optimisée de l’argent des contribuables.

Evidement, comme bien d’autres services publics, il y a certainement matière à réduire la voilure. Radio-France maintient deux orchestres symphoniques, est-ce la vocation d’une radio publique de produire de la musique classique ou ne doit-elle pas se limiter à diffuser celle qui existe par ailleurs ? Si la réponse est « oui » à la première question, a-t-on besoin de deux orchestres pour ce faire ? Et il y a sûrement bien d’autres domaines d’activités du groupe Radio-France où l’on peut se poser des questions similaires. Si la réponse est que tout est nécessaire, à ce moment il fait financer et se retourner vers les contribuables soit on est capable de réduire la voilure soit il faut augmenter ses impôts ou aller prendre l’argent d’un autre poste pour le transférer sur le budget de Radio-France. Les radios publiques sont déjà envahies de publicités commerciales ou institutionnelles abrutissantes pour compenser la baisse des ressources publiques.

Les syndicats rabâchent les mêmes illusions :

On défend un financement correct du service public de radio qui puisse nous permettre de continuer à faire des productions de qualité.

https://mediateur.radiofrance.fr/chaines/franceinfo/entretien-avec-une-organisation-syndicale-representative-de-radio-france/

Evidement tout irait mieux si l’on pouvait traire indéfiniment le contribuable, mais ce n’est pas le cas et celui-ci se révolte. Tout le monde réclame des sous : les hôpitaux, les forces de sécurité, les étudiants, les paysans… Mais le contribuable est aussi un citoyen qui bénéficie de la redistribution de la République. La France reste embourbée dans cette contradiction qui fait s’opposer le citoyen-bénéficiaire au citoyen-contribuable.

En attendant, la grève ne gêne que les auditeurs, généralement âgés ou tendant à le devenir, elle risque de durer encore un moment…

La République prête à céder

Après s’être opposée en octobre 2019 à l’ouverture des négociations d’entrée dans l’Union européenne de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, seule contre ses 27 partenaires, la France s’apprête à céder, comme c’était prévisible compte tenu de son isolement sur ce dossier. Elle obtiendrait en échange une réforme du processus d’adhésion, sorte de hochet distribué à Paris pour prix de sa compromission.

Lire aussi : L’Europe continue à vouloir s’élargir malgré ses blocages

L’adhésion de ces deux pays n’est pas encore actée et lesdites négociations si elles sont ouvertes par le prochain conseil européen de mai 2020 vont prendre des années. Il n’en reste pas moins que faire adhérer l’Albanie et la Macédoine est une hérésie technique et politique pour une Union européenne déjà paralysée dans ses décisions face aux intérêts tellement divergents de ses 28 membres. Affecter les sous des contribuables européens au financement de la mise à niveau économique et politique de ces pays est souhaitable. En revanche, les intégrer immédiatement avant leur mise à niveau sera un évident facteur de difficultés et, très probablement, de rejet par leurs populations.

Le Royaume-Uni qui aura quitté l’Union le 31 janvier prochain doit se frotter les mains face à cette nouvelle étape dans l’affaiblissement de l’Europe, d’autant plus que les prochains candidats sont la Serbie, le Kosovo (un « pays » qui n’est pas reconnu par l’ONU), la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro… Essayez d’imaginer le conseil européen avec Serbie, Albanie et Kosovo autour de la table ! Vous n’y arrivez pas ? C’est normal, la dernière fois que l’on a essayé il a fallu envoyer les F16 sur Belgrade pour calmer l’ardeur des combattants…

Grèves, réformes et vacances

La France, et tout particulièrement sa région Ile de France, est perturbée par des grèves du secteur des transports publics. Les négociations sont difficiles et ont connu différents épisodes, le gouvernement a un projet : les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour, mais les premiers ont une forte capacité de nuisance qu’ils mettent en œuvre depuis un mois.

Fin décembre dernier, et après trois semaines de grève et de discussions, alors qu’approchaient les fêtes de surconsommation de fin d’année, tout ce petit monde s’est donné rendez-vous pour… après les congés : le gouvernement en fixant une nouvelle session de négociations à partir du 7 janvier et les syndicats ouvriers une nouvelle manifestation le 9 janvier, une fois digérées les agapes de Noël et du réveillon.

Cet unanimisme pour rester tranquille durant les vacances est touchant ! C’est également une bonne nouvelle : un pays qui privilégie ses congés à une négociation sur ses retraites est finalement un pays qui ne va pas si mal que ça.

Le patronat est en vacances

La France est très perturbée par la grève des transports publics qui s’opposent au projet de réforme des retraites du gouvernement. Les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour. Les premiers luttent, les seconds sont aux abonnés absents. Jusque-là rien de bien neuf dans le paysage social français.

On ne peut pas dire que le patronat en fasse trop pour défendre ses positions et soutenir le gouvernement. Ce silence est étonnant : manque de courage ou absence de conviction ?

Ségolène Royal martyre de la République

Kiro, Le Canard Enchaîné (18/11/2018)

Une investigation journalistique met en doute l’engagement réel de Ségolène Royal, 66 ans, dans son poste d’ambassadrice des Pôles artique et antartique. La querelle en soi n’a guère d’intérêt, l’intéressée se défend comme elle peut et devrait pouvoir prouver la réalité de son travail si effectivement un travail est effectué.

Non, la vraie question est plutôt de comprendre pourquoi différents gouvernements, de droite comme de gauche, veulent absolument « recaser » Ségolène. En 2013, sa désignation comme administratrice-vice-présidente et porte-parole de la Banque publique d’investissement (BPI) avait déjà déclenché une franche poilade. Manifestement peu intéressée par le poste, elle l’avait quitté au bout d’un an pour se reclasser comme ministre de l’écologie. Début 2017, elle échoue à se faire nommer administratrice du Programme de développement des nations-unies (PNUD). On la dit partante pour rempiler comme ministre de l’écologie après la victoire Macron en 2017, mais le maroquin lui passe sous le nez. Lot de consolation : elle devient ambassadrice des pôles, poste bénévole, pour lequel elle est en train d’expliquer ce qu’elle fait.

Plus amusant est la façon dont elle se défend. Son compte Twitter déborde de messages outragés du genre :

« Pourquoi maintenant ? Ça dérange que je sois en tête des sondages ?! Ça dérange que je mène des combats contre le #glyphosate ?!! »

https://twitter.com/RoyalSegolene

Mais où a-t-elle vu qu’elle serait « en tête des sondages » ? Des sondages de quoi d’ailleurs ? Il se murmure qu’elle se verrait bien candidate de la gauche réunifiée pour les élections présidentielles de 2022. Si l’on ne sait pas bien quel est son emploi du temps d’ambassadrice bénévole, il y a au moins une activité pour laquelle elle n’aura pas à prouver son engagement : celle de la diffusion de tweets insignifiants, voire extrêmement désagréables à l’encontre du gouvernement actuel, son employeur.

Florilège :

Comme bien d’autres, Ségolène Royal a fait son temps. Elle a passé les 66 ans en septembre dernier, soit deux ans de plus que le futur « âge d’équilibre » contre lequel elle se bat. Dans un genre plutôt iconoclaste, elle n’a pas vraiment démérité. Une fois à la retraite, la République l’oubliera rapidement et c’est aussi bien ainsi. Mais qui pourra bien convaincre Ségolène de faire valoir ses droits la retraite ? Dans le régime actuel, passé 67 ans l’employeur peut mettre à la retraite d’office ses salariés.