La République prête à céder

Après s’être opposée en octobre 2019 à l’ouverture des négociations d’entrée dans l’Union européenne de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, seule contre ses 27 partenaires, la France s’apprête à céder, comme c’était prévisible compte tenu de son isolement sur ce dossier. Elle obtiendrait en échange une réforme du processus d’adhésion, sorte de hochet distribué à Paris pour prix de sa compromission.

Lire aussi : L’Europe continue à vouloir s’élargir malgré ses blocages

L’adhésion de ces deux pays n’est pas encore actée et lesdites négociations si elles sont ouvertes par le prochain conseil européen de mai 2020 vont prendre des années. Il n’en reste pas moins que faire adhérer l’Albanie et la Macédoine est une hérésie technique et politique pour une Union européenne déjà paralysée dans ses décisions face aux intérêts tellement divergents de ses 28 membres. Affecter les sous des contribuables européens au financement de la mise à niveau économique et politique de ces pays est souhaitable. En revanche, les intégrer immédiatement avant leur mise à niveau sera un évident facteur de difficultés et, très probablement, de rejet par leurs populations.

Le Royaume-Uni qui aura quitté l’Union le 31 janvier prochain doit se frotter les mains face à cette nouvelle étape dans l’affaiblissement de l’Europe, d’autant plus que les prochains candidats sont la Serbie, le Kosovo (un « pays » qui n’est pas reconnu par l’ONU), la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro… Essayez d’imaginer le conseil européen avec Serbie, Albanie et Kosovo autour de la table ! Vous n’y arrivez pas ? C’est normal, la dernière fois que l’on a essayé il a fallu envoyer les F16 sur Belgrade pour calmer l’ardeur des combattants…

Grèves, réformes et vacances

La France, et tout particulièrement sa région Ile de France, est perturbée par des grèves du secteur des transports publics. Les négociations sont difficiles et ont connu différents épisodes, le gouvernement a un projet : les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour, mais les premiers ont une forte capacité de nuisance qu’ils mettent en œuvre depuis un mois.

Fin décembre dernier, et après trois semaines de grève et de discussions, alors qu’approchaient les fêtes de surconsommation de fin d’année, tout ce petit monde s’est donné rendez-vous pour… après les congés : le gouvernement en fixant une nouvelle session de négociations à partir du 7 janvier et les syndicats ouvriers une nouvelle manifestation le 9 janvier, une fois digérées les agapes de Noël et du réveillon.

Cet unanimisme pour rester tranquille durant les vacances est touchant ! C’est également une bonne nouvelle : un pays qui privilégie ses congés à une négociation sur ses retraites est finalement un pays qui ne va pas si mal que ça.

Le patronat est en vacances

La France est très perturbée par la grève des transports publics qui s’opposent au projet de réforme des retraites du gouvernement. Les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour. Les premiers luttent, les seconds sont aux abonnés absents. Jusque-là rien de bien neuf dans le paysage social français.

On ne peut pas dire que le patronat en fasse trop pour défendre ses positions et soutenir le gouvernement. Ce silence est étonnant : manque de courage ou absence de conviction ?

Ségolène Royal martyre de la République

Kiro, Le Canard Enchaîné (18/11/2018)

Une investigation journalistique met en doute l’engagement réel de Ségolène Royal, 66 ans, dans son poste d’ambassadrice des Pôles artique et antartique. La querelle en soi n’a guère d’intérêt, l’intéressée se défend comme elle peut et devrait pouvoir prouver la réalité de son travail si effectivement un travail est effectué.

Non, la vraie question est plutôt de comprendre pourquoi différents gouvernements, de droite comme de gauche, veulent absolument « recaser » Ségolène. En 2013, sa désignation comme administratrice-vice-présidente et porte-parole de la Banque publique d’investissement (BPI) avait déjà déclenché une franche poilade. Manifestement peu intéressée par le poste, elle l’avait quitté au bout d’un an pour se reclasser comme ministre de l’écologie. Début 2017, elle échoue à se faire nommer administratrice du Programme de développement des nations-unies (PNUD). On la dit partante pour rempiler comme ministre de l’écologie après la victoire Macron en 2017, mais le maroquin lui passe sous le nez. Lot de consolation : elle devient ambassadrice des pôles, poste bénévole, pour lequel elle est en train d’expliquer ce qu’elle fait.

Plus amusant est la façon dont elle se défend. Son compte Twitter déborde de messages outragés du genre :

« Pourquoi maintenant ? Ça dérange que je sois en tête des sondages ?! Ça dérange que je mène des combats contre le #glyphosate ?!! »

https://twitter.com/RoyalSegolene

Mais où a-t-elle vu qu’elle serait « en tête des sondages » ? Des sondages de quoi d’ailleurs ? Il se murmure qu’elle se verrait bien candidate de la gauche réunifiée pour les élections présidentielles de 2022. Si l’on ne sait pas bien quel est son emploi du temps d’ambassadrice bénévole, il y a au moins une activité pour laquelle elle n’aura pas à prouver son engagement : celle de la diffusion de tweets insignifiants, voire extrêmement désagréables à l’encontre du gouvernement actuel, son employeur.

Florilège :

Comme bien d’autres, Ségolène Royal a fait son temps. Elle a passé les 66 ans en septembre dernier, soit deux ans de plus que le futur « âge d’équilibre » contre lequel elle se bat. Dans un genre plutôt iconoclaste, elle n’a pas vraiment démérité. Une fois à la retraite, la République l’oubliera rapidement et c’est aussi bien ainsi. Mais qui pourra bien convaincre Ségolène de faire valoir ses droits la retraite ? Dans le régime actuel, passé 67 ans l’employeur peut mettre à la retraite d’office ses salariés.

Discussion avec un chauffeur de taxi

Dans les encombrements parisiens un chauffeur de taxi peste contre la terre entière.

– Le chauffeur : depuis « qu’ils » ont mis un feu rouge au milieu de la transversale du pont de la Concorde c’est du grand n’importe quoi ! Et puis pour m’acheter ma voiture « ils » ont nanti mon appartement et les salaires de mes parents. Mon appartement d’ailleurs qui valait 700 000 euros a baissé à 400 000 depuis à cause de Delanoé qui a construit le tramway. Pour remplacer mon véhicule complètement amorti je vais acheter une voiture électrique puisque c’est la mode et que Hidalgo est écolo, ça compensera la baisse de valeur de ma licence à cause des VTC et bla-bla-bla et bla-bla-bla…

– Le client : allez, si je comprends bien vous avez un patrimoine de 700 mille euros plus une licence de taxi, même si tout ceci a baissé et est nanti vous possédez quand même un montant d’actifs respectable, hauts les cœurs, tout n’est pas complètement perdu !

– Le Chauffeur : oui c’est vrai, on n’est pas les plus malheureux.

Nous sommes en France… donc tout va mal et un citoyen possédant un travail et plus de 500 mille euros de patrimoine râle !

13 militaires français tués au Mali en novembre

Un accident d’hélicoptères fait treize morts militaires français au Mali au cours d’une opération de combat contre des religieux islamistes le mois dernier. C’est très regrettable et les commentateurs de plateaux télévisés reposent la question du sens de cette énième intervention militaire française dans ses anciennes colonies. Le sujet est d’importance. Comme à chacune d’entre elles, la République part la fleur au fusil dans le cadre de ses accords de défense bilatéraux ou appelée au secours par des Etats locaux faillis, comme à chacune d’entre elles la France ne sait plus comment mettre fin à ces opérations une fois celles-ci entamées et comme à chacune d’entre elles les populations locales sont montées progressivement contre les troupes françaises considérées comme armée d’occupation.

La France n’a-t-elle pas en 1966 elle-même éconduit les troupes étrangères de l’OTAN stationnées dans l’hexagone à sa demande ?

C’est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN.

MonGénéral – lettre au président américain, 1966

Tout ceci est réglé comme du papier à musique. Dans notre monde moderne, la présence de troupes étrangères sur un territoire donné provoque invariablement et assez rapidement une réaction de rejet des populations locales, quelles que soient les raisons de cette présence : bonnes ou mauvaises. La France en est là, face à sa malédiction d’ancienne puissance coloniale elle n’arrive pas à se dégager de ces pays. Elles les quittent régulièrement mais y est rappelée tout aussi régulièrement. La tentation de laisser tomber est forte mais pour le moment, les raisons officiellement avancées sont que pour le Sahel l’armée française limite par sa présence les infiltrations de terroristes religieux sur les territoires français et européen, et qu’en Centrafrique elle repousse la tentation du génocide entre les populations. Ces justifications sont certainement réelles mais a-t-on aussi évalué les conséquences pour l’intérêt national d’un retrait militaire rapide versus dans quelques années, comme il se produira immanquablement ? Les spécialistes de l’Afrique savent bien qu’il faudra plusieurs générations pour que les pouvoirs politiques et les armées des pays africains soient en mesure de contrer le terrorisme religieux, si jamais ils y arrivent.

Il conviendrait d’étudier la stratégie du « cassage de gueule ponctuel avec retour rapide au bercail ». Le cas de l’Afghanistan est à ce titre emblématique. En 2001, les attentats contre le World Trade Center de New York (environ 3 000 morts recensés) donnent lieu à une attaque de l’Afghanistan, où a été fomenté cet attentat, par les troupes de l’OTAN (les Etats-Unis ont déclenché l’article 5 du traité Nord-Atlantique réclamant la solidarité des autres membres). Le pouvoir religieux-taliban est mis en fuite en quelques semaines. Nous sommes 20 ans plus tard, des troupes étrangères stationnent toujours dans ce pays et les religieux talibans paraissent plutôt en bonne forme si l’on en juge les nombreux attentats sanglants commis très régulièrement. Des centaines de milliards de dollars ont été dépensés par les contribuables occidentaux en pure perte. Des dizaines de morts sont à déplorer dans les armées de l’OTAN, des milliers parmi les citoyens locaux, et les Etats-Unis d’Amérique sont en train de mener des négociations avec… lesdits talibans sur les conditions de leur retrait militaire. On se croirait revenus en 1973 lorsque Washington négociait avec le Vietnam du Nord l’évacuation de ses GI’s du pays, Hanoï jurant la main sur le cœur qu’il respecterait la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud. Il ne faudra pas plus de deux ans pour que le Vietnam du Nord, revenant sur ses engagements, réunifie tout son petit monde par la force sous la bannière communiste, et il n’a d’ailleurs pas eu vraiment à insister tant le Vietnam du Sud rongé par la corruption et la mauvaise gouvernance est tombé comme un fruit mûr. Les plus anciens se souviennent bien des images dantesques d’hélicoptères américains évacuant des grappes humaines du toit de l’ambassade US à Saïgon vers les porte-avions stationnés au large.

Les talibans qui contrôlent déjà une bonne partie du territoire afghan vont revenir au pouvoir à Kaboul, c’était écrit sans doute dès le départ tant ils disposent de soutiens locaux et tant les tentatives de démocratisation du pays et d’instauration d’une gouvernance à l’occidentale ont été vouées à l’échec. On peut imaginer que si les troupes de l’OTAN s’étaient retirées en 2002, les talibans seraient revenus plus tôt au pouvoir mais que l’Occident se serait épargné bien des désillusions et des avalages de chapeaux, quitte à y retourner pour purger la situation si l’Afghanistan se remettait à financer le terrorisme contre nos pays. Il aura fallu 20 ans pour revenir à la situation de départ… et encore les négociations entre Etats-Unis et religieux-talibans ne sont pas encore conclues.

Aujourd’hui au Sahel et en Centrafrique les gouvernements locaux ne soutiennent que modérément une présence militaire étrangère permanente face à leurs populations qui la contestent et continueront à l’abhorrer quoi qu’il arrive. Les questions tribales se superposent aux croyances religieuses, personne n’y comprend vraiment grand-chose au nord de la Méditerranée, alors pourquoi ne pas laisser faire ce qui doit être et pratiquer des opérations coups-de-poing si les circonstances l’imposent ? La question mérite d’être étudiée par nos stratèges militaro-politiques qui vont commencer à se fatiguer de prononcer des hommages mortuaires aux Invalides face aux cercueils des soldats français. Le président Macron a en principe lancé cette réflexion et invité les chefs d’Etats africains concernés à y participer à Pau en janvier prochain.

La grève à Noël

Riss- Charlie-Hebdo 18/12/2019

La grève dans les transports publics français touche également le service SNCF d’accompagnement des enfants seuls. Et c’est un drame national pour lequel il va falloir mettre en place des cellules d’assistance psychologique… Le petit Kevin ne va pas pouvoir passer Noël avec sa Mamie à Palavas-les-Flots ! Bien sûr cela est regrettable, quoique le petit Kevin en a peut-être assez de passer ses vacances avec sa vieille grand-mère, mais on ne va pas non plus ériger un monument en mémoire de la souffrance du petit Kevin. Nous n’en sommes pourtant pas loin… même le président de la République a passé du temps pour s’occuper de ce problème et finalement la SNCF et ses syndicats ouvriers se sont arrangés pour dédier quelques trains à ce service spécial. Les trains en question étaient loin d’être remplis et auraient sans doute été mieux utilisés ailleurs mais il ne sera pas dit que la CGT a empêché le petit Kevin de voir sa vieille Mamie pour Noël.

C’est le propre d’une grève de pénaliser les citoyens, les adultes comme les enfants, celle-ci ne déroge pas à la règle. Elle aura sans doute des effets plus délétères que les vacances incertaines du petit Kevin mais la communication ayant pris le pas sur le fond, son cas est élevé au rang de cause nationale. Le business de Noël envahit jusqu’à la politique française, cela occupe.

Détournement de fonds publics et de niches fiscales

France 2, chaîne de télévision publique financée par les contribuables, diffuse une enquête morbide en quatre épisodes, dont les deux derniers ce dimanche à 13h15, heure de grande écoute, sur le viol et l’assassinat d’Elodie Kulik dans des conditions sordides il y a une vingtaine d’années. Ce type d’émissions racoleuses à grand renfort de « docufictions », d’interviews d’ex-journalistes et d’ex-policiers ou magistrats, et, lorsque c’est possible, de séquences de familles en pleurs. Cette malheureuse n’aurait pas été violée sans doute le « documentaire » aurait été réduit à deux ou trois épisodes

Ce genre d’émissions ne devraient pas avoir sa place sur les chaînes du service public. L’argent du contribuable doit être plutôt dépensé pour la production de programmes plus évolués et moins vulgaires. Cerise sur le gâteau, l’émission est présentée par un journaliste qui bénéficie des niches fiscales comme le reste de sa corporation. C’est dire que les contribuables financent non seulement ce voyeurisme télévisuel mais également le pouvoir d’achat de celui qui les présente.

C’est la double peine pour une République qui ne sait plus enrayer la spirale vers la bêtise. Au moins pourrait-elle faire en sorte d’éviter que de l’argent public ne finance cette décadence !

Grève ou vacances ?

Kiro – Le Canard Enchaïné

Les transports publics sont en grève depuis dix jours et transforment Paris en vaste capharnaüm à cause d’un projet de réforme des retraites en France. Ceux qui doivent se déplacer pour travailler font ce qu’ils peuvent. Les partenaires sociaux (hors représentants patronaux) et le gouvernement s’affrontent sur les termes de cette réforme, chacun expliquant sur les plateaux télévisés que l’autre est responsable de la pétaudière. Et voici que s’annoncent les vacances de Noël et la perspective que ces grèves gênent les citoyens dans le déroulement de leurs congés. C’est une possibilité, effectivement. Même le premier ministre implore les syndicats pour qu’ils marquent une trêve dans leur action pour ne pas perturber les congés des citoyens.

Cette soudaine inquiétude est intéressante en ce qu’elle marque une priorité : il apparaît plus grave de perturber les vacances des français plutôt que leur travail.

A quoi peut donc bien servir une Line Renaud ?

Le Monde-magazine publie en page de couverture une photo de Line Renaud, ancienne meneuse de cabaret âgée aujourd’hui de 91 ans, pour illustrer une interview de 7 pages d’un intérêt (très) limité. La Miss se vante d’avoir fréquenté tous les présidents de la République depuis Vincent Auriol, sauf MonGénéral qui avait plus important à faire, et Giscard dit d’Estaing qualifié de « snob et fin de race » par la starlette vieillissante. Mais tous les autres présidents se sont précipités pour couvrir Mme. Renaud de décorations républicaines et de cartes de bon client de leurs comités de soutien. On est un peu étonné de voir le temps perdu par tous ces hauts dirigeants (payés par les contribuables) avec cette « artiste » et on s’interroge sur ce qu’ils peuvent bien échanger avec elle, sinon un brevet de faire « populo » !

D’une façon plus générale on se demande à quoi une Line Renaud peut bien servir à la République ?

Calme et sérénité à l’hôpital Georges Pompidou

Le chroniqueur visite un patient au service de chimiothérapie ambulatoire de l’hôpital parisien Georges Pompidou, tout y est calme et organisé, donnant une grande impression d’efficacité et de sérénité ! Le personnel est affairé mais prend le temps d’expliquer ce qu’il fait, et généralement avec le sourire. Bien sûr il n’a pas trois heures à passer avec les familles mais le job est fait avec présence et discrétion. L’hôpital réalise environ cent chimiothérapies ambulatoires par jour. Les infirmières circulent avec leurs armoires à roulettes informatisées et appliquent les protocoles dans des salles silencieuses aseptisées seulement troublées par les alarmes des systèmes de perfusion qui ponctuent leurs tâches, voire quelques ronflements de patients assoupis.

En ces temps où l’on se gausse à parler de « naufrage » du système de santé français, cela vaut la peine d’être rappelé.

Lire aussi : Panique dans un dîner en ville !

Une nouvelle étape franchie dans l’abrutissement des masses

Coco – Charlie-Hebdo 2016

Les plateformes de films et séries en ligne proposent désormais le visionnage en vitesse accélérée, provoquant un peu d’émotion, au moins en France, de la part des créateurs d’œuvres cinématographique et vidéos. Cette vitesse accélérée est censée donner la possibilité aux spectateurs d’ingurgiter plus de marchandises dans le même temps.  

On commence vraiment à toucher le fond… Non content d‘abrutir les spectateurs avec de la publicité envahissante et bêtifiante, ou avec le fouteballe à tous les étages, l’écosystème médiatique invente maintenant le gavage accéléré des consommateurs transformés en canards d’élevage. Tout ceci est un peu déprimant ! A force de vouloir augmenter la part de marché de la bêtise humaine, le capitalisme de l’information et du divertissement risque de le faire au détriment du segment de l’intelligence réduit à portion congrue. A moins que les deux segments ne se développent chacun au même rythme malgré les apparences.

C’est une vieille histoire… le chroniqueur qui, dans les années 70’ avait été standardiste dans une radio commerciale (Europe n°1 pour ne pas la citer) comme job d’étudiant, avait déjà été frappé à l’époque par la stratégie d’un tel média : la monétarisation de la bêtise humaine. Un marché prometteur…

Coupons la moustache de la CGT

Les syndicats ouvriers ont réussi à mobiliser les citoyens contre le projet de réforme des retraites : grèves et manifestations au programme dans le pays. Les partis extrêmes de droite comme de gauche réclament l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, les partis républicains non majoritaires ne veulent rien changer et le parti au pouvoir veut remplacer l’organisation multi-systèmes de retraire par un environnement d’une retraire universelle unique.

La Confédération Générale du Travail (CGT) reprend du poil de la bête et son moustachu de secrétaire général frétille dans les rues et sur les plateaux télévisés. Son programme est simple :

  • Rejet total du projet actuel de réforme proposée par le pouvoir.
  • Elargissement des domaines d’application des « régimes spéciaux » plus favorables que le régime général.
  • Retour à la retraite à 60 ans pour tous, sauf ceux qui bénéficient déjà d’un âge de départ inférieur à 60 ans et qui doivent le conserver.
  • Pour le financement : instauration d’une taxe de 50% sur les dividendes versés aux capitalistes du CAC40 et l’on pourra même financer au-delà des régimes de retraite.

Une discussion raisonnée est délicate sur un tel argumentaire, on se croirait revenu aux temps de l’avenir radieux du socialisme. Après tout, une telle politique peut être de nouveau mise en œuvre si elle était votée par le parlement. Mais nous sommes en France, alors à défaut de l’emporter dans les urnes on met le débat dans la rue. Le plus malin gagnera !

Eric Woerth ou le symbole de l’assèchement intellectuel de la droite classique

Nos avions quitté Éric Woerth sur sa critique de la diminution des emplois aidés et des aides au logement, ainsi que sa critique du projet de réforme du système de retraite à points, le voici revenu avec son programme détaillé pour la retraite du futur, toujours sur Tweeter bien entendu, qu’on en juge :

Il n’est pas certain qu’avec une si importante contribution intellectuelle la réforme n’avance beaucoup ni rapidement. Éric Woerth incarne de manière bien pathétique cette espèce de critique pavlovienne qui s’empare de l’opposition dès qu’elle n’est plus au pouvoir. De fait, la majorité actuelle mène une politique économique libérale et réformatrice qui, grosso-modo, a fait partie de tous les programmes électoraux de la droite ces dernières décennies mais aussi de la longue liste de ses promesses non tenues.

Éric Woerth, qui est par ailleurs président de la commission des finances de l’assemblée nationale et ex-ministre du budget sous la présidence Sarkozy, n’arrive pas à réfréner cette maladie de l’opposition systématique hors de toute réflexion et intelligence. C’est dommage, il ne se montre pas à la hauteur de sa présidence de commission ni de son passé d’ancien ministre. Il passe en tous cas beaucoup trop de temps à tweeter des messages insipides, temps qu’il ferait mieux de passer à travailler, peut-être pour proposer un contre-projet de réforme des retraites ?

Le garçon a 63 ans et il va falloir l’accompagner maintenant jusqu’à sa retraite bien méritée. Il n’aura pas fondamentalement démérité mais ne laissera pas un souvenir impérissable dans la vie politique française. Ce n’est dramatique non plus et la France s’en remettra.

Les Balkany s’accrochent : 140 ans à eux deux

Mouguey, Charlie-Hebdo (15/0502019)

Les Balkany (Patrick 70 ans et Isabelle, sa femme, 71 ans) font encore les gros titres de la chronique mondaine et canaille. Elus de la ville de Levallois-Perret, décorée de la légion d’honneur pour elle, maire, repris de justice et décoré de l’ordre du mérite centrafricain pour lui, ils viennent d’être condamnés dans de nouvelles affaires de fraude et de corruption à des peines de prison et d’inéligibilité. Des appels ont été interjetés mais Patrick a été embastillé directement à la sortie de l’audience. Depuis, plusieurs demandes de libération ont été rejetées par la justice. Il est à la prison de la Santé et Isabelle a rejoint la municipalité de Levallois où elle s’est fait nommer maire par intérim, les affaires restent dans la famille !

Leur avocat de plateaux télévisé et de scènes de théâtre explique que ces condamnations sont d’une lourdeur inusitée, soit ; Mme. Michu interrogée sur le marché de Levallois ajoute que Patrick Balkany est un bon maire et que son emprisonnement est une injustice… Patrick intervient au téléphone depuis sa cellule au cours d’un conseil municipal, Isabelle annonce qu’ils se représenteront tous les deux aux élections municipales de 2019 et bla-bla-bla et bla-bla-bla. Le couple conçoit les élections comme une opération de blanchiment de ses condamnations. Ce n’est pas tout à fait ainsi que sont organisés les pouvoirs et les responsabilités dans la République française. Les Balkany ressemblent à des tyranneaux de République bananière. Ils ont beaucoup volé les contribuables. Ce n’est pas bien, même si Mme. Michu pense le contraire.

La résistance de ce couple est exceptionnelle, sa suffisance démesurée, son indécence sans limite. A 70 ans passés et avec leur passif judiciaire, il est indiqué qu’ils cessent leurs activités et jouissent de leurs retraites sans plus faire parler d’eux. Evidement il va leur falloir rembourser à la République les sous qu’ils ont volés aux contribuables et cela risque de leur faire des fins de mois un peu serrées à l’avenir. Lui va encore rester quelques semaines ou mois en prison et sera très certainement libéré bien avant le terme de sa condamnation pour mesure d’âge ou de santé. Elle devrait être exemptée d’effectuer sa condamnation d’emprisonnement pour raison de santé (elle a commis une tentative de suicide récemment). Que Dieu nous évite de les voir réélus aux prochaines municipales ce qui serait l’assurance de les avoir encore sur le devant de la scène pour six années supplémentaires… Le couple Balkany illustre oh combien les faiblesses de nos démocraties : attaquée par des forbans elle est impuissante à se défendre efficacement. Certes le couple a été condamné en justice mais il a fallu des années d’instruction pour en arriver là et les appels interjetés sont suspensifs des peines prononcées ce qui aboutit à la situation surréaliste que même condamnés tous d’eux à l’inéligibilité, et lui retenu en prison, ils devraient pouvoir faire légalement campagne lors des prochaines élections municipales de 2020, et être réélus…

C’est la grandeur de la démocratie d’opposer le droit à ces comportements mafieux mais saura-t-elle résister longtemps devant l’accroissement considérable de ceux-ci ? Pour les Balkany, 140 ans à eux deux : il est vraiment temps de passer la main !

Il faut faire payer le voisin…

Eternelle antienne de la politique française : on est d’accord pour réformer du moment que c’est le voisin qui paye ! Le projet de réforme systémique des retraites françaises percute de plein fouet ce refrain : « il faut augmenter les prestations dont je bénéficie mais diminuer les cotisations que je paye ».

Le débat actuel entre les parties est probablement sans issue tant chacune campe sur ses positions partisanes. La mauvaise foi est de mise, les idéologies sont au programme. Et de toute façon personne ne peut vraiment anticiper ce que sera l’équilibre, ou le déséquilibre, financier des retraites au-delà des cinq à dix années à venir… Le système des retraites c’est de l’assurance, il y a donc des cotisations qui rentrent et des prestations qui sortent. Sur le long terme il faut que les unes et les autres soient grosso-modo du même montant. Ce n’est pas le cas en France et nos retraites sont également financées par l’impôt pour environ 30%), et donc les contribuables, car notre République ne sait pas équilibrer dépenses et recettes.

Ce que l’on peut prévoir avec une probabilité relativement élevée c’est que les prestations dépasseront les cotisations sur encore les dix prochaines années, que la retraite soit calculée en annuités ou en points, avec un régime universel ou un multi-systèmes. Il y aura donc des déficits à combler, et donc de l’argent nouveau à trouver ou des prestations à diminuer. L’une des façons « élégantes » de faire c’est d’augmenter progressivement la durée de cotisation, en gros, travailler plus longtemps ce qui évite de trop baisser les rentes en faisant augmenter les cotisations non pas sur les taux mais sur la durée. Financièrement cela revient au même, politiquement pas tout à fait. C’est ce qui se pratique depuis 1983, année au cours de laquelle l’âge de départ en retraite a été ramené de 65 à 60 ans suite à la première alternance de gauche de la Vème République. Depuis, la France revient progressivement vers cet âge de 65 ans mais il s’agit bien entendu d’une « provocation » pour tous les syndicats ouvriers. De leur côté, les syndicats patronaux approuvent.

Au-delà, les questions de méthodes des systèmes de calcul, la vérité vraie qui fait peur est que pour éviter une baisse trop visible des pensions il va falloir continuer à reporter la date de départ en retraite à taux plein. Et ce, au moins pour une génération. Au-delà, personne ne sait bien ce que sera la conjoncture de l’emploi (s’il y a moins de chômeurs, il y a plus de cotisants, si les rémunérations moyennes augmentent, les cotisations vont suivre la même direction, et vice-versa). Le nouveau système proposé, s’il était mis en œuvre, devrait permettre un ajustement permanent des pensions versées, à la hausse comme à la baisse. Cela aussi fait peur.

Moustachu 1er

Philippe Martinez, chef de la CGT depuis 2015

Voici le patron depuis 2015 du syndicat ouvrier Confédération Générale du Travail, autrement dit la « CGT » très en pointe actuellement dans le conflit contre la réforme des retraites envisagée par le pouvoir en place. Il affiche une flamboyante moustache tombante, bien plus fournie que sa chevelure, et dont on se demande s’il la teint ou pas ? Quelques poils blancs apparaissent. Certes il est né en avril 1961 ce qui lui fait dans les 58 ans ; à cet âge, en principe, il devrait sans doute apparaître beaucoup plus poivre et sel. On peut en déduire avec une bonne probabilité que comme François Hollande il teint son système pileux mais a priori il le fait mieux et plus discrètement que l’ancien président de la République pour qui la question ne se posait même pas.

La teinte de cheveux semble être manie plutôt de gauche…

Paresse intellectuelle

La presse et la politicaille continuent à ânonner dans les médias que « le gouvernement est dans le flou et ne sait pas où il va » concernant la réforme du système de retraite en France. Cette assertion est étonnante puisque, comme nous l’avons déjà souligné ici, le système envisagé est parfaitement expliqué dans le rapport Delevoye disponible depuis juillet 2019. Les grands principes d’une retraite universelle par points, ainsi que du mode de valorisation du point, sont détaillés dans ce document de façon assez pédagogique. Il suffit de le lire. Ce qui n’est pas encore arrêté puisqu’en cours de négociation sont les modalités de transition du système actuel vers le système universel qui dépendront, bien sûr (nous sommes en France), du rapport de force entre les corporations qui vont perdre des avantages dans cette réforme et la conviction du pouvoir en place à dérouler son projet.

Voir : Rapport Delevoye

Lire aussi : La réforme des retraites

Evidemment, ce rapport fait 132 pages sur un sujet complexe et cela peut prendre un peu de temps à déchiffrer bien que formulé de la façon sans doute la plus explicative possible sur une telle matière. En principe même un journaliste de Paris-Match est en mesure de comprendre et de restituer. Éric Woerth, qui est diplômé d’HEC et ancien ministre du budget de droite devrait aussi y arriver s’il faisait un petit effort et investissait juste la moitié du temps qu’il passe à rédiger des Tweets crétins à la lecture de ces 132 pages :

En vérité, c’est le bal des incompétents qui se retrouvent unanimes pour danser la valse de la démagogie sur un sujet grave qui engage l’avenir des citoyens. Plutôt que d’opter pour l’intelligence, de lire ce projet et d’en formuler des critiques et contrepropositions fondées, ils continuent le concours de celui qui fera pipi le plus loin dans la cour de maternelle.

On a les dirigeants que l’on mérite !

Alain Carignon, repris de justice de 70 ans en route pour les municipales à Grenoble

Alain Carignon, 70 ans, repris de justice après ses condamnations pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins en 1996, revenu en politique dans les années 2000 avec le soutien de M. Sarkozy vient de se retrouver officiellement conseiller municipal de Grenoble suite aux démissions sans doute opportunes de certains conseillers qui le précédaient sur la liste électorale des dernières municipales. Ce processus est légal puisque sa peine d’inéligibilité est passée depuis longtemps

A 70 ans et avec le passif judiciaire qu’il traîne, tout devrait pousser ce garçon à prendre sa retraite, de même qu’en toute logique les partis politiques devraient refuser de l’investir sur leurs listes : trop vieux, trop peu exemplaire, tout à fait interchangeable avec n’importe quel élu de 40 ans de moins. Il en est autrement et un tel cas d’école peut encore survivre politiquement. C’est un peu le cas Balkany transposé à Grenoble, ou les mauvaises habitudes de la politicaillerie française qui trouve quand même des électeurs pour valider de tels errements.