La démocratie française est bonne-mère

La cour de justice de la République (CJR), juridiction d’exception chargée de juger les crimes et délits de membres du gouvernement a examiné puis rejeté près de 20 000 plaintes (oui, vous avez bien lu : VINGT MILLE) prérédigées par un avocat antivaccin (Fabrice Di Vizio) à l’encontre du premier ministre et de diverses de ses ministres pour « délit d’abstention de combattre un sinistre », « délit d’extorsion », « délit de publicité mensongère », « délit de non-respect des obligations ».

Cet avocat, spécialistes des questions de santé, habitué des plateaux télévisés défendant des positions « antivax » et en faveur du professeur Raoult, commercialisait ses plaintes prérédigées. Il en aurait vendu 20 000. L’ordre des avocats a ouvert une enquête sur ses pratiques professionnelles. Il y aura éventuellement des sanctions à son encontre.

Cet avocat fait partie de cette catégorie de personnes se levant tous les matins pour se demander : « mais qui je vais bien pouvoir emmerder ce matin ? » Au-delà des comptes qu’il aura éventuellement à rendre à son ordre professionnel, il faudrait créer dans le droit français un délit de « foutage de gueule » qui permette de pénaliser ces citoyens qui utilisent les moyens de la démocratie pour en saper les bases. La CJR a passé plusieurs mois à étudier ces plaintes pour pouvoir décider de les rejeter, du temps a été perdu, des salaires des fonctionnaires chargés de travailler sur ces 20 000 plaintes ont été versés… bref, les contribuables ont payé de leurs poches pour ces billevesées. C’est une perte d’argent, de temps, de crédibilité et l’avocat félon continue à pérorer sur les plateaux télévisés sans assumer le moins du monde sa responsabilité. Il faudrait à tout le moins lui faire financer tout ou partie de cette gabegie déclenchée par son action pour qu’il assume les conséquences de ses actes !

Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour assurer la liberté de la majorité. Mais, hélas, c’est peut-être aussi le chemin qui la mènera à sa perte !

La Guadeloupe continue à tirer sur les forces de l’ordre

Les émeutiers guadeloupéens continuent à tirer avec des armes à feu contre les forces de l’ordre. Un gendarme a été blessé hier d’un coup de fusil dans le genou. En parallèle les blocages de routes, pillages de commerces et dévastation de bâtiments se poursuivent pour manifester le refus de l’île des mesures de contraintes sanitaires.

Le procureur de la République en Guadeloupe a déclaré que ces émeutes étaient « parfaitement planifiées et organisées ». Un fonctionnaire de la police locale est accusé d’avoir participé à l’organisation des émeutes. Il vient d’être placé sous mandat de dépôt.

Les émeutiers des DOM-TOM sont armés et hésitent de moins en moins à s’en servir. C’est une spécificité de ces confettis de l’Empire qui en dit long sur leur rejet de tout ce qui vient de la métropole. Les syndicats s’associent avec enthousiasme à la contestation :

Depuis le 17 juillet 2021, 10 Organisations Syndicales, des Associations et Mouvman Kiltirèl, des structures politiques réunies au sein du Collectif contre le pass-sanitaire, contre l’obligation vaccinale, pour la défense des droits et libertés fondamentales se battent pour informer, expliquer et convaincre l’opinion guadeloupéenne de l’iniquité de la loi du 5 août 2021. Nous avons ainsi fait savoir aux autorités de Guadeloupe et gouvernementales que nous considérons que cette loi est inapplicable en Guadeloupe. Jusqu’à aujourd’hui, ni les élus de Guadeloupe, ni le gouvernement n’ont daigné porter la moindre considération aux revendications du Collectif en lutte, alors qu’ils s’inspirent de notre programme de revendications afin de mettre en œuvre des mesures immédiates, notoirement insuffisantes, afin de calmer la colère de la jeunesse. Et, toujours la même réponse du pouvoir colonial : la répression…

http://ugtg.org/spip.php?article2630

Il faut effectivement libérer la Guadeloupe de l’oppression et entamer un processus de décolonisation au plus vite sur le modèle de celui encours en Nouvelle Calédonie !

Les facilités accordées à l’immigration des citoyens algériens en France

La proximité des élections présidentielles françaises en avril 2022 relance les débats sur l’immigration en France de personnes issues d’un certain nombre de pays tiers, dont l’Algérie.

Les accords de cessez-le-feu en Algérie du 18/03/1962

Il est régulièrement fait référence aux accords de cessez-le-feu de 1962 dits « d’Evian » comme ayant octroyé un statut spécifique à l’immigration algérienne, hors du droit commun. Une relecture rapide de ces accords, qui comportent onze articles et des déclarations annexes permet de relever la mention suivante dans le chapitre « Déclaration de garantie », 1ère partie, 2ème paragraphe :

Sauf décision de justice, tout Algérien muni d’une carte d’identité est libre de circuler entre l’Algérie et la France. Les Algériens sortant du territoire algérien dans l’intention de s’établir dans un autre pays pourront transporter leurs biens mobiliers hors d’Algérie. Ils pourront liquider sans restrictions leurs biens immobiliers et transférer les capitaux provenant de cette opération dans les conditions prévues par la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière. Leurs droits à pension seront respectés dans les conditions prévues dans cette même déclaration.

Un statut similaire est également prévu pour les Français résidant en Algérie en qualité d’étrangers, 3ème partie, 1er paragraphe :

Les ressortissants français pourront entrer en Algérie et en sortir sous le couvert, soit de leur carte d’identité nationale française, soit d’un passeport français en cours de validité. Ils pourront circuler librement en Algérie et fixer leur résidence au lieu de leur choix. Les ressortissants français résidant en Algérie, qui sortiront du territoire algérien en vue de s’établir dans un autre pays, pourront transporter leurs biens mobiliers, liquider leurs biens immobiliers, transférer leurs capitaux, dans les conditions prévues au titre III de la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière et conserver le bénéfice des droits à pension acquis en Algérie, dans les conditions qui sont prévues dans la Déclaration de principes relative à la coopération économique et financière.

Mais la complication extrême de ces accords fut de régir le statut des Français « pieds noirs » résidant en Algérie avant mars 1962, qu’ils souhaitent rester sur place (une minorité) ou s’exiler (la grande majorité).

En outre, des articles stipulent également l’établissement d’une amnistie pour tous (qui ne fut pas respectée pour les « harkis » qui n’ont pas pu embarquer pour la France et dont beaucoup ont été exécutés), d’une coopération économique et culturelle, la location par la France du port militaire de Mers-el-Kébir pour quinze années, le maintien d’une préférence accordée à la France pour l’exploitation pétrolière dans le Sahara. On sait maintenant qu’existait aussi un protocole annexe secret pour la poursuite des essais nucléaires français dans ce même Sahara.

Le pouvoir des vainqueurs, mais pas toujours…

Nombre de ces engagements n’ont pas été respectés par les parties, chacun devait d’ailleurs le savoir en signant les accords, mais il s’agissait de sortir impérativement du bourbier de cette guerre coloniale. Le Traité de Versailles mettant fin à la première guerre mondiale, les Accords de Paris signés entre le Vietnam et les Etats-Unis d’Amérique, ne l’ont pas plus été. Dans ces contextes de fin de guerre, bien entendu, le vainqueur militaire a bien plus tendance que le vaincu à prendre des libertés avec les engagements qu’il a signés, mais dans le cas du Traité de Versailles c’est pourtant le vaincu qui a violé les accords…

Dans une situation plus pacifique et récente, on voit que le Royaume-Uni n’aura pas mis plus de quelques mois à refuser d’appliquer le volet irlandais des accords de sortie de l’Union européenne qu’il avait pourtant signés peu auparavant.

Ainsi va la vie dans le monde des traités internationaux !

Le décret français de 1969 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles 

Pris six années après la fin de la guerre d’Algérie, un décret du 18/03/1969 signé de MonGénéral, du premier ministre Maurice Couve de Murville et de son ministre des affaires étrangères Michel Debré précise les conditions du statut spécifique accordé aux migrants algériens en France.

Ce texte relatif à « la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles » institue un contingent pluriannuel de travailleurs algériens entrant en France « en vue d’y occuper un emploi fixe ». Ils disposent d’une période de neuf mois pour trouver un emploi, période à l’issue de laquelle leur est délivré un titre de séjour (certificat de résidence) renouvelé gratuitement et automatiquement. Le regroupement familial est également autorisé par ce décret. Les détenteurs de titre de séjour sont ensuite dispensés de visas d’entrée en France.

Evidemment, ce texte datant de 1968 a été amendé au cours du temps mais les citoyens algériens continuent à bénéficier à ce jour de conditions dérogatoires, et plus favorables, au droit commun comme le mentionne le site internet du ministère français des affaires étrangères :

L’entrée des Algériens en France est facilitée (condition d’entrée régulière, et non de visa de long séjour, pour la délivrance de certains titres de séjour). ;

Les Algériens bénéficient de la liberté d’établissement pour exercer une activité de commerçant ou une profession indépendante ;

Les ressortissants algériens peuvent accéder plus rapidement que les ressortissants d’autres États à la délivrance d’un titre de séjour valable 10 ans.

https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Europe-et-International/Les-accords-bilateraux/Les-accords-bilateraux-en-matiere-de-circulation-de-sejour-et-d-emploi/L-accord-franco-algerien

Il semble que certains dirigeants français, y compris l’ex-président Sarkozy, aient envisagés de rouvrir la négociation sur ce statut privilégié accordé aux citoyens algériens. Le faire reviendrait à remettre en cause les accords de cessez-le-feu de 1962 et, finalement, personne n’a osé s’y frotter. Eh oui, Alger a aussi des moyens de pression sur Paris et la crise actuelle déclenchée, entre autres, par la liaison faite entre la délivrance de visas (ne pas confondre visa et titre de séjour) et la bonne volonté des pays d’origine à réadmettre leurs ressortissants en situation illégale en France est là pour le rappeler.

Nous verrons sous peu si le prochain pouvoir français issu des élections d’avril 2022, s’il était issu de la « droite dure et décomplexée » osera s’attaquer à ce statut mais il est plus probable que personne ne le fera, préférant laisser le sujet sous le tapis tant il y a de coups à prendre à le sortir de l’oubli. D’ailleurs aucun des candidats ne parle vraiment des accords d’Evian, au-delà des slogans de circonstance sur le « 0 immigration ».

Ce qui ne manque pas d’ironie c’est que l’immigration algérienne est aussi l’un des produits de la guerre coloniale perdue par la France. Il a bien fallu consentir des faveurs pour mettre fin « aux évènements » comme on disait à l’époque. Outre le droit à l’autodétermination accordé en 1962 au « département français » qu’était l’Algérie, les négociateurs français, sous l’autorité de MonGénéral, ont facilité l’accès des ressortissants du pays vainqueur au territoire du pays vaincu ! L’histoire ne dit pas si la demande en avait été faîte par la partie algérienne, mais c’est probable, ce qui accentuerait encore le paradoxe de la situation : le vainqueur veut continuer à pouvoir accéder librement au pays qu’il a défait.

La relecture des accords « d’Evian » permet de penser qu’ils constitueraient un excellent modèle de négociation pour un accord d’accès à d’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, évidemment sans le volet « cessez-le-feu » puisque la France n’est pas à proprement parlé en guerre avec Nouméa, mais tous les autres chapitres seraient quasiment duplicables en l’état pour une relation future entre la France et une Nouvelle-Calédonie indépendante.

Une présidence finalement… normale

Voici bientôt cinq ans que les électeurs français ont élu un jeune président qui promettait monts et merveilles au pays et, surtout, de mettre fin au « monde d’avant », celui des compromissions politiques, des partis à organisation idéologique et verticale, des réformes ensuquées dans l’immobilisme national, des déficits budgétaires incontrôlés, des prébendes et du clientélisme. Ce qui n’empêchait pas ce candidat président d’un genre nouveau de parader en maillot de bain en couverture de Paris-Match, quelques mois avant l’élection de mai 2017. Les vieilles méthodes présentaient encore quelques avantages car en France si on ne paraît pas en maillot de bain dans Paris-Match on a peu de chances d’être élu président.

Presque cinq années plus tard le bilan est mitigé et les grands espoirs de changement dans les comportements politiques se sont envolés, comme le déficit des finances publiques. Certes la crise sanitaire est passée par là, mettant un terme à l’emblématique réforme des retraites qui devait marquer le quinquennat, et à bien d’autres dans la foulée, mais après une première année sur les chapeaux de roue marquée par une réforme de la SNCF les premiers ennuis sont arrivés pour l’équipe au pouvoir qui a ressorti les vieilles recettes de la distribution d’argent pour calmer les colères des « gaulois réfractaires ».

Cela a commencé avec les émeutiers, dits « gilets jaunes », fin 2018 en faveur de qui les contribuables ont été mis à contribution pour quelques milliards d’euros et cela a continué dans des proportions bien plus catastrophiques avec l’apparition de la pandémie de Covid-19 début 2020 contre laquelle la France a, bien entendu, dépensé plus d’argent par habitant que les autres pays. Et cela est en train de se terminer avec la distribution à tout va propre à toutes campagne présidentielle car ce président « nouveau monde » va très probablement essayer de rempiler pour cinq années supplémentaires.

Les normes de bonne gestion budgétaire européennes qui ont été provisoirement assouplies le temps de passer la crise sanitaire, ont vocation à être rétablies sous peu. La France, qui déjà ne les respectait pas avant leur levée, ayant gouté au plaisir de dépenser sans contrainte, est en train de manœuvrer pour faire dégrader ces normes de bonne gestion budgétaire. Notre président « nouveau monde » s’est fait rattraper par les mauvaises habitudes du pays. Il n’aura pas particulièrement démérité mais il aura agi comme les autres, peut-être avec en plus l’énergie de sa belle jeunesse et pas encore tout le cynisme égocentrique de ses prédécesseurs, mais cela n’aura pas duré très longtemps. La meilleure illustration de cette dérive est celle de l’évolution du déficit budgétaire français en points de la production nationale :

la trajectoire d’un président qui croyait être différent !

Mayotte : 101ème département français à la dérive

1974 : indépendance des Comores, auparavant territoire français, mais partition de Mayotte qui décide de rester française, option rendue possible grâce à une manipulation juridique du référendum d’indépendance.

2010, pour des motifs restés mystérieux à ce jour, la République française propos à la collectivité territoriale de Mayotte, dotée d’une autonomie administrative et financière, de devenir département français avec tous les droits et devoirs d’un département français. Le résultat fut bien entendu pour la départementalisation à plus de 95%.

Depuis c’est un désastre à tous égards : des milliers de morts migrants comoriens cherchant à rallier « la France » sur des canots de fortune (les kwassa-kwassa) dans le canal du Mozambique, une immigration hors de contrôle sur l’île, une violence démesurée, une pauvreté endémique, une croissance démographique exponentielle, une faillite financière et, toujours, la demande de l’Organisation des Nations-Unis à la France d’entamer le processus de décolonisation de Mayotte avec les Comores.

2022 : dernier avatar de cette Bérézina socio-institutionnelle, le conseil départemental mahorais vient de rejeter à l’unanimité un projet de loi qui devait marquer le 10ème anniversaire de la départementalisation. Ce projet prévoyait différents chapitres : I – la lutte contre l’immigration irrégulière, II – la convergence des droits sociaux, III – un programme d’investissements nécessaire au développement du territoire. Tout ceci a été repoussé par les élus locaux sur le thème : pas assez de sous !

Il n’y aura donc pas de loi du Xème anniversaire à court terme et la chute va continuer.

Les « amis » en politique

Claude Guéant, préfet à la retraite, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur, ancien secrétaire général de la présidence de la République au temps de Nicolas Sarkozy président de la République, puis ministre de l’intérieur au sein du gouvernement du même Sarkozy, Claude Guéant donc, a été condamné en 2017 à deux années de prison avec sursis pour détournement de fonds publics plus quelques autres broutilles. Le garçon prélevait pour ses besoins personnels une partie des fonds en liquide délivrés au ministère de l’intérieur pour régler les « frais d’enquête des policiers ».

L’affaire a été confirmée en appel, et un pourvoi en cassation a été rejeté en 2019. La peine est aggravée à deux ans de prison dont un an ferme, La condamnation est donc définitive. Il exécutait sa peine d’un an de prison ferme à domicile. Tous les « amis » de Claude Guéant se sont alors prudemment éloignés et il ne s’en est trouvé aucun pour le défendre. On peut penser qu’il n’y en a pas eu beaucoup non plus pour lui passer un coup de fil de temps en temps pour savoir comment il allait…

Outre sa peine de prison, Claude Guéant a été condamné à une amende financière qu’il ne paye pas, ou pas suffisamment rapidement. La dette serait de l’ordre de 300 000 EUR. On ne sait pas bien si Guéant fait preuve de mauvaise volonté pour s’acquitter de ce qu’il doit aux contribuables ou s’il est vraiment en difficultés financières malgré sa retraite de haut-fonctionnaire et sûrement quelques à-côtés. Ses avocats ont expliqué, notamment, qu’il avait dû aider ses enfants…

Le juge a donc décidé en décembre dernier de révoquer sa liberté conditionnelle et de l’embastiller, ce qui fut fait avant Noël. La vie politique est rude, on le sait, mais que Guéant n’ait pas trouvé un seul de ses « amis » pour lui prêter 100 000 EUR à verser à la justice pour la faire patienter et lui éviter la prison à Noël confirme le degré d’ingratitude de ce milieu. Même repris de justice, Claude Guéant a tout de même rendu des services à la République et à la politique, un peu de reconnaissance de quelques barons du parti conservateur (ex-UMP) n’aurait fait de mal à personne surtout qu’une telle somme de représente pas grand-chose pour nombre d’entre eux.

Finalement, sans doute une bonne âme a estimé que le monde politique n’avait pas à être aussi brutal à l’encontre d’un de ses serviteurs et un prêteur a avancé la somme nécessaire au remboursement de la totalité de la dette de Claude Guéant, soit un peu moins de 300 000 EUR. Cette dette aurait été acquittée avant le 31 décembre. Le juge d’application des peines doit examiner dans les quatre mois s’il y a lieu d’envisager une nouvelle peine de substitution à la prison. En attendant, Claude Guéant dort toujours en prison, triste retraite !

La Guadeloupe toujours à la pointe de son combat contre la politique sanitaire de « l’Etat colonial »

La violence perdure en Guadeloupe où les syndicats anti-passe, antivaccin, en réalité, antitout ce qui vient de la métropole, exceptés les transferts financiers, après avoir occupé le Conseil régional fin décembre, continue à manifester, bloquer, brûler et soutenir mordicus les personnels de santé refusant d’appliquer la loi nationale leur imposant de se faire vacciner contre la Covid-19. Dans le même temps, le département est sévèrement touché par la pandémie compte tenu, notamment, du faible taux moyen de vaccination de la population. L’application de cette loi nationale dont ils exigent l’annulation pour la Guadeloupe a d’ailleurs été reportée pour les DOM au 31 décembre contre le 15 septembre dans le reste du pays. Cela veut dire que les contrats de travails des personnels de santé récalcitrants n’ont pas été suspendus, sans salaire, comme en métropole. Mais le 31 décembre étant maintenant passé, la lutte continue !

Appel UGTG à manifester le 08/02/2022

Pour fêter la nouvelle année, les manifestants ont assiégé le centre hospitalier-universitaire de Pointe-à-Pitre ce 4 janvier et séquestré le Pour fêter la nouvelle année, les manifestants ont assiégé le centre hospitalier-universitaire de Pointe-à-Pitre ce 4 janvier et séquestré le directeur et son adjoint, qui reçoivent régulièrement des menaces de mort et ont dû être exfiltrés par la police sous les huées, et les coups et jets d’urine des manifestants. Des suites judiciaires sont en cours. Une nouvelle manifestation est programmée ce samedi, en plus des blocages et dégradations permanents. Les contestataires savent qu’ils ont toutes les chances d’obtenir satisfaction tant leur capacité de nuisance est notable et la mollesse de l’Etat est incitatrice.

La solution pour un futur apaisé s’appelle toujours l’indépendance avec pension alimentaire !

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/11/la-guadeloupe-en-feu-encore/

Cyril Hanouna : 6 millions de followers

https://twitter.com/Cyrilhanouna/status/1477728120631345156
https://twitter.com/Cyrilhanouna/status/1477728120631345156

Pour ceux qui aurait manqué les vœux de Cyril Hanouna, il est vivement recommandé de se rattraper en cliquant sur https://twitter.com/Cyrilhanouna/status/1477728120631345156. On y voit (et entend) un pote d’Hanouna émettre un rot sonore au milieu de la vidéo, Hanouna épiloguer sur cette éructation avant de nous parler des deux boutons qui le défigurent mais qui sont en voie de résorption, heureusement.

Rappelons que Cyril Hanouna est un animateur de télévision qui a près de 6 millions d’abonnés à son compte Twitter (celui où l’on voit son message de bonne année), qu’il sévit, notamment, sur C8, l’une des chaines télévisées appartenant au groupe Bolloré et avec laquelle il réunit des records d’audience pour ses émissions journalières dont la qualité et l’intérêt sont assez proches de celles de son message de vœux 2022.

Regardons ce message une nouvelle fois et l’on comprendra mieux la décadence de notre vieux pays !

Vers toujours plus d’abrutissement…

On croyait avoir touché le fond avec les comportements des supporters du fouteballe qui envahissent les pelouses de stades, balancent des bouteilles sur les joueurs, inondent les réseaux dits « sociaux » de messages consternants, se battent entre eux ou contre les forces de l’ordre… mais nous avons désormais les citoyens qui contestent la politique sanitaire menée actuellement contre la Covid-19 dont les actions relèguent celles de leurs collègues actifs dans les stades loin derrière eux !

Ces délicats personnages ont récemment tagués « ANTI-PASS » sur le monument du Mont Valérien, en marquant bien les deux « S » finaux façon nazie :

Pour les plus jeunes, rappelons que le Mont Valérien est une forteresse militaire près de Paris à Suresnes, haut lieu de la mémoire française, qui a été utilisée par l’occupant allemand durant la seconde guerre mondiale pour y fusiller des résistants. A la libération, le Général de Gaulle décida d’y faire ériger le mémorial de la France combattante. Dix-sept combattants représentatifs de la résistance y sont enterrés. On mesure ainsi la subtilité des grapheurs à y inscrire leurs insanités en caractères nazis… Les « anti-passe » sévissent par ailleurs en dévastant des permanences électorales et les domiciles privés d’élus votant pour la politique sanitaire du gouvernement ou en les menaçant de mort sur les réseaux dits « sociaux ».

C’est une régression inquiétante de l’intelligence, un effondrement moral. Comment pourrait-il en être autrement dans un Etat qui préfère utiliser les impôts de ses contribuables pour organiser des jeux olympiques plutôt que de financer sa recherche fondamentale laissée à la générosité des citoyens participant au téléthon, une République qui octroie des légions d’honneur à des fouteballeurs, des affairistes ou des satrapes de circonstance, une nation où le compte Twitter de Cyril Hanouna a près de 6 millions d’abonnés, celui de Nabilla 3 millions… C’est tout le symbole d’une décadence librement consentie par une population en voie d’abrutissement général. Peut-être l’aboutissement final de toute démocratie…

Pulsion de vie d’un virus tueur

La pandémie de Covid-19 apparut il y a deux ans maintenant début 2020 a fait plonger la planète dans l’incertitude, provoqué plusieurs millions de morts et gravement atteints plusieurs autres millions de malades. Les citoyens qui s’intéressent malgré eux à la virologie découvrent avec effarement la pulsion de vie de ce coronavirus qui, semble-t-il comme n’importe quel autre virus, évolue au fur et à mesure où les organismes humains dans lesquels ils s’insinuent développent naturellement, ou via le vaccin, les barrières pour se défendre.

De nouveaux variants apparaissent régulièrement, soit plus nocifs, soit plus contagieux, soit les deux. Et l’on se demande comment un micro-organisme tel qu’un virus peut-il développer un comportement qui lui permet de muter pour contrer les défenses déployées contre lui ? On présuppose qu’il est nécessaire d’avoir quelques neurones pour être capable de s’adapter ainsi à l’ennemi mais c’est une erreur puisque même un agent infectieux microscopique peut le faire et vaincre son ennemi, c’est-à-dire nous les récepteurs.

La science dépense des milliards d’euros pour financer des milliers de chercheurs qui déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver la parade à ce virus qui jusqu’ici semble bien plus efficace que les humains dans sa pulsion de vie pour tuer. Voilà qui ouvre des abymes de réflexion…

« Maison natale Charles de Gaulle » à Lille

Charles de Gaulle est né le 22/11/1890 dans la maison de ses grands-parents maternels à Lille désormais transformée en musée. On y découvre une demeure bourgeoise mais sans ostentation, des pièces aux dimensions modestes, meubles classiques, crucifix et images saintes à tous les étages, petit jardin où le futur général jouait aux petits soldats avec ses cousins. Il n’y avait pas l’eau courante à l’époque mais du personnel pour porter l’eau dans les ersatz de salles de bain.

On ne sent pas encore la grandeur dans cette maison mais l’idée de l’éducation stricte et joyeuse d’un homme qui sera la France et restera sa vie durant attaché à cette région du Nord où il passera de nombreux moments de sa vie.

De l’infection à l’éthique

Avec une énième vague en cours d’infection à la Covid-19, de véritables questions éthiques commencent à se poser en France et dans les pays avoisinants. Les vaccins contre cette maladie semblent en réduire sérieusement les manifestations graves, à tel point que les services de soins intensifs soignent désormais une majorité de patients non-vaccinés. L’apparition d’un variant très contagieux explique la reprise des hospitalisations et la crainte d’une saturation proche des services de réanimation dans les hôpitaux européens.

En France, les « plans blancs » ont été déclenchés qui entraînent le report de certaines interventions chirurgicales qualifiées de « non urgentes » afin de libérer des places dans les réanimations à consacrer aux malades de la Covid. Certains membres des services médicaux expliquent qu’ils sont pour le moment obligés de consacrer des lits d’hospitalisation à des malades de la Covid qui ont fait le choix de ne pas se vacciner par opposition de principe, au détriment de malades non urgents mais dont le report d’intervention aura potentiellement des effets mortifères à moyen-terme, dans les cas de cancers par exemple.

En cas de saturation des services de réanimation, la question du choix à faire se pose s’il n’y a qu’un lit de disponible entre celui qui est sérieusement malade de la Covid-19 car il a préféré ne pas se faire vacciner et celui qui attend une opération pour traiter son cancer. Le pronostic vital est engagé dans les deux cas mais le niveau de responsabilité personnelle des malades n’est pas exactement le même.

Evidemment personne n’ose prendre position en faveur de l’un ou de l’autre de ces malades mais le simple fait de poser la question via quelques tribunes et débats suffit à imaginer l’orientation des pensées de ceux qui la posent. Nous sommes en France dans un système de santé publique qui veut que tout le monde soit mis sur un pied d’égalité, principe qui n’est plus vraiment respecté puisque depuis l’arrivée de cette pandémie de Covid-19 la priorité est donnée aux malades atteints de cette pathologie. On pourrait se satisfaire de cette provisoire rupture d’égalité si elle permettait de convaincre définitivement les non-vaccinés de se faire vacciner, mais cela ne semble pas être le cas et les non-vaccinés continuent à truster les places dans les services de réanimation aux frais de la communauté des cotisants (dont ils font partie) et aux risques de la communauté des malades non-covid (dont ils ne font pas toujours partie).

La déresponsabilisation des citoyens est l’une des tares de notre société moderne qui amène ceux-ci à agir en fonction de leur intérêt personnel et en négligeant l’intérêt général qui n’a plus beaucoup d’écho dans le monde d’aujourd’hui. Le comportement des « antivaccins » est évidemment aussi la conséquence de cet état de fait : il est toujours plus facile de refuser un vaccin préventif lorsque l’on sait que quoi qu’il arrive la communauté médicale vous prendra en charge ! Singapour a opté pour une position médiane, tous les patients covid sont soignés mais ceux qui ne sont pas vaccinés doivent payer leurs frais d’hospitalisation. Frapper les gens au portefeuille est souvent une bonne manière de les pousser à réfléchir. En France le pouvoir politique a renoncé à rendre le vaccin obligatoire par crainte de potentielles réactions négatives de citoyens offusqués par la « dictature sanitaire » alors on ne va certainement va suivre la voie de Singapour. On en reste donc à nos mauvaises habitudes : une minorité agissante nuit à la majorité et tout le monde paye pour les incivilités de quelques-uns.

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/12/singapour-se-fache/

L’incompréhensible et dommageable entêtement politique français au Mali

Avec une insistance qui frôle l’aveuglement, la France continue à vouloir mener le Mali sur une route que ce pays ne veut manifestement pas emprunter. Paris a rameuté une quinzaine d’autres pays européens pour signer le communiqué ci-dessous, moralisateur et de peu d’intérêt sinon de souligner l’impuissance occidentale face au délabrement de ce pays et sa volonté de sortir d’une dépendance post-coloniale mortifère.

Les signataires citent une Fédération de Russie qui n’aurait pas « un comportement responsable et constructif dans la région » alors que la coalition occidentale exerce une « action en vue de protéger les civils, de soutenir la lutte contre le terrorisme au Sahel et de contribuer à instaurer la stabilité à long terme en appuyant le développement durable, le respect des droits de l’homme et le déploiement des services publics. »

Le Mali glisse doucement vers un retour dans les bras de la Russie, il faut s’en féliciter et non le combattre. Ce n’est d’ailleurs qu’un retour aux sources car les premiers présidents du Mali indépendant jouaient plutôt sur le thème « pays frère » avec l’Union soviétique, mais après l’effondrement économique de l’empire communiste il n’y avait plus de sous dans les caisses de Moscou alors Bamako s’est tourné vers l’Occident. La situation est en train de s’inverser, il est donc envisageable de substituer les contribuables russes aux contribuables français pour financer le Mali, l’hypothèse métrite d’être examinée de près.

A l’issue de ce communiqué européen, les autorités maliennes ont évidemment aussi communiqué en opposant :

…un démenti formel à ces allégations sans fondement [sur] un prétendu déploiement des éléments d’une société de sécurité privée au Mali…
l’Etat malien n’est engagé que dans un partenariat d’Etat à Etat avec la Fédération de Russie, son partenaire historique. 

Une déclaration aussi insignifiante que celle à laquelle elle répond. On se demande d’ailleurs l’intérêt politique de l’une et de l’autre. A quoi peuvent donc bien servir de tels communiqués qui ne sont lus que par un microcosme de diplomates et de journalistes et dont tout le monde sait bien qu’ils peuvent être vrais, comme faux, tout dépendant de la tactique suivie par leurs rédacteurs et ceux qui les mandent. On se souvient tous de la déclaration du président russe Poutine affirmant sans sourire en 2014, après l’annexion de la Crimée, les yeux dans les yeux des journalistes, devant les passeports russes confisqués à certains combattants faits prisonniers dans le Donbass qu’il ne pouvait pas empêcher « des citoyens russes d’aller passer des vacances en Ukraine »…

Appel à une manifestation anti-française en 2020

Les planètes sont alignées :

  • Le gouvernement putschiste malien ne souhaite plus vraiment l’intervention française sur son territoire, d’ailleurs il négocie avec les djihadistes derrière le dos des Français qui les combattent,
  • Le gouvernement algérien interdit aux avions français de survoler son territoire pour ravitailler les bases françaises au Mali, rallongeant ainsi significativement les routes aériennes,
  • Les populations du Mali et des pays avoisinants manifestent bruyamment leurs sentiments anti-français, un convoi routier de ravitaillement français entre Abidjan et Gao a été bloqué à plusieurs reprises au Burkina-Faso et au Niger et il y eut trois morts parmi les manifestants après des tirs des forces françaises et locales pour tenter de libérer le passage,
  • L’armée française est clairement entrée dans un processus d’enlisement (aux dires mêmes de ses officiers supérieurs) en occupant militairement des pays étrangers où elle déploie des bases et des armes, procède à des attaques et des combats sous sa propre initiative sans vraiment en référer aux autorités politiques et militaires locales,
  • Le mythe de la création d’un « G5 Sahel » censé regrouper des forces militaires de cinq pays sahéliens (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) pour prendre le relais est désormais tombé, ce G5 ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais de façon indépendante. Quiconque a déjà vu à l’œuvre les forces militaires de ces pays le comprend parfaitement,
  • La République française fait face à d’importants déficits de ses finances publiques et les économies à réaliser en mettant fin à cette intervention militaire coûteuse au Sahel seront bienvenues.
Appel pour un rapprochement Mali-Russie en 2019

L’argument principal de l’intervention française lancée en 2013, l’opération « Serval » était que combattre le terrorisme au Sahel protège les frontières françaises. Il est sans doute à considérer mais le redéploiement des militaires français sur le territoire national permettra de compenser, au moins en partie, la perte des résultats des actions de guerre menées par l’armée directement sur les territoires étrangers. Le maintien de forces militaires d’occupation sur une longue durée a toujours échoué dans l’Histoire et s’est généralement terminé par une déroute militaire et un retrait piteux, de l’Indochine à l’Algérie, de l’Angola à l’Afghanistan, du Vietnam à la Somalie, etc[1].

Il est temps de laisser le Sahel aller vers son destin, avec les Russes ou d’autres pays qu’il choisira, mais sans la l’ancienne puissance coloniale française !


[1] Le seul exemple d’intervention militaire à peu près réussie fut celle du Royaume-Uni au Sierra-Leone de 2000 à 2002. Les ressortissants étrangers qui le souhaitaient ont été évacués, la rébellion a été réduite et a donc cessé ses actes de barbarie (amputation de mains, bras, jambes de leurs captifs), l’armée sierra-léonaise à peu près réformée et les militaires britanniques sont rentrés au bercail début 2022 avec un nombre limité de victimes dans leurs rangs.

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/06/un-depart-de-larmee-francaise-du-mali-pour-bientot/

Communiqué conjoint sur le déploiement du groupe Wagner au Mali (23 décembre 2021)

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/mali/evenements/article/communique-conjoint-sur-le-deploiement-du-groupe-wagner-au-mali-23-12-21

Nous, partenaires internationaux résolus à soutenir le Mali et son peuple dans leurs efforts pour parvenir à une paix et une stabilité durables et à lutter contre le terrorisme, condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien. Ce déploiement ne peut qu’accentuer la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique occidentale, mener à une aggravation de la situation des droits de l’homme au Mali, menacer l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et entraver les efforts de la communauté internationale pour assurer la protection des civils et apporter un soutien aux forces armées maliennes.

Nous regrettons profondément la décision des autorités de transition maliennes d’utiliser des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces armées maliennes et les services publics au bénéfice du peuple malien.

Nous avons connaissance de l’implication du gouvernement de la Fédération de Russie dans la fourniture d’un soutien matériel au déploiement du groupe Wagner au Mali et appelons la Russie à adopter un comportement responsable et constructif dans la région.

Nous rappelons les décisions de la CEDEAO ainsi que ses préoccupations quant au risque d’instabilité dans la région si des sociétés de sécurité privées devaient se déployer au Mali (sixième session ordinaire à Abuja, 12 décembre 2021). Nous rappelons également l’adoption par l’Union européenne d’un ensemble de mesures restrictives à l’encontre du groupe Wagner lui-même et de huit personnes et trois entités qui lui sont liées (Conseil Affaires étrangères du 13 décembre 2021) impliqués dans de graves violations des droits de l’homme, notamment la torture et des exécutions et des assassinats extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ou dans des activités de déstabilisation dans certains pays où ils opèrent.

Nous ne renoncerons pas à nos efforts pour répondre aux besoins de la population malienne. Conformément aux objectifs de la Coalition internationale pour le Sahel, nous réaffirmons notre détermination à poursuivre notre action en vue de protéger les civils, de soutenir la lutte contre le terrorisme au Sahel et de contribuer à instaurer la stabilité à long terme en appuyant le développement durable, le respect des droits de l’homme et le déploiement des services publics. Nous continuerons à suivre de près et évaluer la situation.

Nous invitons instamment les autorités maliennes de transition à entreprendre des réformes et à rétablir l’ordre constitutionnel en préparant et en organisant les élections dans les meilleurs délais comme elles s’y sont engagées devant le peuple malien, la CEDEAO et la communauté internationale. Nous appuyons sans réserve les récentes décisions de la CEDEAO à cet égard.

Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Estonie, France, Italie, Lituanie, Norvège, Pays Bas, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Suède

La revanche de Zemmour

L’un des candidats à l’élection présidentielle française de 2022, Éric Zemmour, était journaliste avant d’être candidat. Il défend désormais dans ses meetings grosso-modo les mêmes positions que celles affichées précédemment dans ses émissions médiatiques et ses livres, celles d’une vision conservatrice de la société, d’une idée de la France blanche et chrétienne, si possible encore grande et conquérante. Ses compétences pour gérer un pays, une entreprise, une famille ou une simple organisation, sont inconnues et probablement proches de zéro. Malgré le racolage politique dont il s’est fait le héraut il y a probablement assez peu de risques qu’il puisse être élu président de la République. En revanche, il rencontre un franc succès au Café du Commerce des plateaux télévisés et dans les séances de promotion de ses livres. Les médias l’adorent car ses jugements à l’emporte-pièce et ses slogans de circonstance provoquent les disputes dont ils sont friands pour améliorer leurs audiences.

Avant qu’il ne se déclare officiellement candidat à l’élection, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), chargé de faire respecter une certaine égalité dans le traitement médiatique des candidats avait décidé que son temps de parole serait décompté exactement comme s’il était candidat. La chaîne de télévision CNEWS appartenant au groupe Bolloré qui l’employait a déploré cette « atteinte inqualifiable » à la liberté d’expression, a sorti Zemmour-journaliste de l’émission qui l’abritait une heure chaque soir pour réintroduire immédiatement Zemmour-candidat dans quasiment toutes les émissions de la journée via des reportages permanents sur les déplacements, saillies et polémiques dont sont friands les téléspectateurs, les sujets concernant les autres candidats étant généralement traités… la nuit aux heures de faible écoute. On ne peut imaginer meilleure illustration du « je respecte la lettre de la loi et j’en détourne l’esprit » !

Le patron du groupe Bolloré qui détient de nombreux médias, dont CNEWS, entend diffuser ses idées conservatrices et catholiques traditionnalistes dans le pays en influant sur le résultat des élections présidentielles d’avril 2022. C’est sans doute la raison pour laquelle il a investi une partie de ses sous pour acheter des médias. C’est une sorte de soft-power utilisé par le patron capitaliste de façon avisée. Nous sommes dans une économie libérale donc personne ne peut empêcher un patron du CAC40 d’acheter des organes de presse, surtout lorsque ceux-ci sont quasiment au bord de la faillite, mais nous sommes aussi en démocratie « à la française » alors les contribuables financent une administration, le CSA, en charge de limiter les excès vers lesquels tendent naturellement ces propriétaires capitalistes, afin d’essayer d’assurer un relatif pluralisme de la presse dans notre pays. Ce n’est pas facile et lesdits propriétaires entendent récupérer en soft-power, à défaut de rendement financier,l’argent qu’ils mettent dans leurs « danseuses ». Ils s’y entendent généralement bien…

Plus intéressant est le narcissisme qui anime ces capitalistes. Leur puissance économique et financière ne leur suffit plus. Non contents de truster les meilleures places dans les classements des réussites boursières et des plus grosses richesses mondiales, ils veulent aussi influer les orientations politiques du pays. Ils pourraient se présenter à des élections ou fonder des partis, mais ils préfèrent agir plus discrètement via des organes de presse. MM. Arnault, Pinault, Bolloré, Lagardère, Niel, Pigasse, et d’autres, investissent dans la presse et, dans de nombreux cas, sauvent ces médias de la faillite. Notre vieille démocratie essaye de préserver la « liberté de la presse », c’est tout à son honneur, mais elle affronte de redoutables prédateurs, jamais plus efficaces que lorsqu’il s’agit d’exploiter le gogo à qui ils font avaler des torrents de publicités abrutissantes (le hard-power, les sous) et leurs idées politiques (le soft-power). L’alliance Bolloré-Zemmour le montre tous les jours !

La loi du marché à l’épreuve dans le secteur de l’hôtellerie-restauration

L’un des effets collatéraux de la pandémie actuelle de Covid19 est une redistribution des cartes dans le secteur économique de l’hôtellerie-restauration. La fermeture de ces établissements durant les périodes de confinement a mis en chômage partiel l’essentiel de son personnel dont les salaires ont été payés par les contribuables dans le cadre de la stratégie du « quoi qu’il en coûte ».

A la réouverture des établissements, une partie du personnel a refusé de revenir dans ces emplois, souvent physiquement pénibles et peu rémunérés. Le secteur explique qu’il compte 270 000 postes actuellement non dotés. Du fait de cette situation, la capacité hotellière et restauratrice a globalement baissé par fermeture de chambres d’hôtel et diminution des services dans les restaurants. C’est mathématique et le secteur s’adapte.

Nous sommes dans une économie libérale qui ne sait pas obliger des citoyens à travailler dans une activité contre leur volonté. Comme il semble que la demande des consommateurs reste à peu près au même niveau qu’avant le début de la crise, la loi du marché implique que l’offre s’adapte et que le secteur recrute pour satisfaire cette demande et, probablement, améliorer les conditions de travail et de rémunération pour le rendre à nouveau attractif. Des négociations ont été initiées avec le secteur et auraient abouti à une augmentation moyenne des rémunérations de 16%.

Les syndicats ont manifestement eu quelques arguments à faire valoir pour obtenir cette amélioration dont on verra assez vite si elle motive 270 000 salariés à revenir vers le secteur. La question qui n’a pas été vraiment comprise c’est où sont passés les 270 000 employés qui n’avaient pas réintégré les hôtels et restaurants ? A priori ils avaient trouvé un refuge suffisant sécurisé (aides publiques ou autres emplois ?) pour garder leurs moyens de pression sur leurs anciens employeurs sur le thème : « si les salaires n’augmentent pas nous ne revenons pas ».

Ce fut plutôt bien joué et les règles habituelles de Monsieur le Marché ont joué normalement, comme il se doit en économie plus ou moins libérale. Il est vrai que l’intervention publique a permis aux salariés d’être rémunérés par les contribuables et de tenir pendant la période de fermeture. S’ils avaient été licenciés sans salaire durant le confinement leur position de négociation aurait probablement été moins forte mais tel ne fut pas le cas.

On verra assez vite si cette augmentation générale des rémunérations de 16% suffit à faire revenir au bercail les salariés évadés et si elle va également se traduire par une augmentation des prix des chambres et des plats, ce qui va probablement arriver. Le secteur s’ajuste, les coûts de production augmentent et cet accroissement sera absorbé par l’augmentation des prix de vente et/ou la baisse des marges. Il va y avoir un nouveau partage de la valeur ajoutée, lisez « Salaires, prix et profits » de Marx si vous souhaitez comprendre comment fonctionne ces équilibres.

Les époques changent, les maladies restent

Alors que l’on célèbre plus ou moins les 40 années des « années SIDA », un virus sexuellement transmissible qui n’a jamais été vaincu mais que l’on sait désormais traiter, on peut voir les changements de comportement de nos sociétés face à la maladie en comparant les réactions aujourd’hui face du SARS-CoV2 (le virus donnant la Covid19) versus le SIDA. Ce dernier aurait fait 20 millions de morts sur la planète depuis son apparition contre 5 à 6 millions à ce jour pour le SARS-CoV2. Si l’on se base sur les pures statistiques on peut déduire via une règle de trois au prorata temporis que le Sars-CoV2 est plus mortifère que la SIDA : 2 millions de morts par an depuis 2019 pour le premier, un demi-million de morts par an depuis 1981 pour le SIDA.

Ce qui est remarquable c’est que face au SIDA qui a beaucoup touché les homosexuels, on a vu cette communauté se battre, parfois violemment, contre les autorités sanitaires, les laboratoires pharmaceutiques, bref, les institutions, pour les forcer à reconnaître cette maladie et à investir pour accélérer la recherche afin de trouver une parade. C’était certes une minorité agissante, mais elle se démenait pour contrer cette maladie qui faisait des ravages. On ne sait d’ailleurs pas bien si ces actions ont accéléré ou non la mise au point des traitements qui permettent aujourd’hui aux malades du SIDA de vivre, mais ce mouvement était pro-science et se battait pour des traitements et la mise en place d’une politique de prévention.

Aujourd’hui, en ces temps de nouvelle pandémie du fait du SARS-CoV2, les minorités agissantes combattent pour nier la gravité de la maladie, son mode de diffusion et les vaccins qui ont été très rapidement mis au point pour en limiter les effets avec succès.

Arguant de la liberté de chacun de se faire vacciner ou non, ces parangons du déni défilent sur les plateaux télévisés pour défendre leurs positions et brailler contre les « dictatures sanitaires » qui se mettent en place dans nombre de pays où la vaccination est rendue plus ou moins obligatoire. Quelques têtes de gondoles comme l’ex-président américain Trump, l’actuel président brésilien Bolsonaro, et bien d’autres, en France notamment les trublions piliers de talk-show-café-du-commerce sur les chaînes « d’information en continu », des syndicalistes dans les DOM-TOM, etc… remuent les doutes des citoyens en contestant systématiquement tous les éléments de la politique mise en œuvre en France.

Le plus remarquable est que nombre d’entre eux ont attrapé… la Covid19 sous sa forme légère, certes, dont MM. Trump et Bolsonaro, et qu’ils en tirent argument pour renforcer leur conviction qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure de cette maladie. A cet égard, les journalistes Yvan Rioufol et Charlotte d’Ornellas, non vaccinés et récemment contaminés, qui œuvrent sur les réseaux télévisés appartenant à l’homme d’affaires français conservateur Vincent Bolloré, assènent que leur retour rapide à une bonne santé est bien la preuve que la généralisation du vaccin n’est pas nécessaire en admettant toutefois qu’il peut être utile pour certaines couches à risque de la population

Ils sont a priori peu écoutés ni suivis puisqu’en France près de 90% des citoyens sont vaccinés, mais leur activisme est symptomatique d’un changement d’époque. Nous nous débattons aujourd’hui dans des problèmes de riches où nos populations ont le luxe de pouvoir tout contester, y compris la science, leur protection sanitaire et le personnel qui les gouverne après avoir été élus.

Comment pourrait-il en être autrement dans un pays qui préfère utiliser les impôts de ses contribuables pour organiser des jeux olympiques plutôt que de financer sa recherche fondamentale laissée à la générosité des citoyens participant au téléthon, une République qui octroie des légions d’honneur à des fouteballeurs, des affairistes ou des satrapes de circonstance, une nation où le compte Twitter de Cyril Hanouna a près de 6 millions d’abonnés… C’est tout le symbole d’une décadence librement consentie par une population en voie d’abrutissement général. Peut-être l’aboutissement final de toute démocratie…

Que faire avec la Nouvelle-Calédonie ?

Libérez la Nouvelle-Calédonie

Alors que les résultats du 3ème référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont marqué un total succès pour la dépendance, les caciques indépendantistes marquent leur terrain. Ayant appelé à la « non-participation » au référendum, ils refusent d’en reconnaître le résultat et, par ailleurs, refusent de négocier le futur avec l’actuel gouvernement central qui ne sera probablement plus le même après l’élection présidentielle d’avril 2022. En revanche les partis indépendantistes acceptent immédiatement les transferts budgétaires et garanties de l’Etat pour financer les déficits significatifs des institutions locales, percutées par la crise sanitaire et économique.

On est là au cœur de l’inextricable contradiction de la décolonisation des territoires ultra-marins. Les dirigeants indépendantistes calédoniens auraient bien tort d’en sortir puisqu’ils obtiendront satisfaction à toutes leurs nouvelles requêtes. C’est exactement ce qui est en train de se passer.

Des fouteux mondialisés

Comme si la France n’en avait pas assez avec les supporters de fouteballe des équipes françaises qui rivalisent en violences et délinquances diverses à l’occasion des matchs joués dans l’hexagone, voici que des supporters des équipes de fouteballe du Maroc et de l’Algérie se sont affrontés sur les Champs Elysées ce 11 décembre à la suite de la victoire de l’une sur l’autre au terme d’un match disputé à… Doha !

C’est un effet collatéral de la décolonisation : non seulement il faut supporter les débordements des matchs des équipes françaises, mais il faut également affronter ceux des équipes dans anciennes colonies. On a ainsi confirmation qu’un supporter d’une équipe française de fouteballe n’est pas moins nuisible qu’un supporter d’une équipe étrangère, le niveau d’abrutissement généré par une baballe qui roule sur la pelouse est le même partout sur la planète. C’est une vraie mondialisation réussie !

Une belle occasion manquée pour la Nouvelle-Calédonie !

Les résultats du troisième et dernier référendum organisé dans le cadre des accords dits « de Nouméa » s’achève ce soir sur une lourde défaite du camp indépendantiste : le non à l’indépendance l’emporte à plus de 96%, largement aidé par l’appel au boycott lancé par les partis mélanésiens, ou, plus exactement, à la « non-participation », subtilité sémantique avancée par Roch Wamytan, président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne reconnaîtra pas les résultats de ce référendum.

On se retrouve au point de départ des accords dits « de Matignon » signés en 1988, il y a près de 35 ans ! Et nous allons probablement repartir pour des décennies de discussions oiseuses, éventuellement de nouvelles violences et, surtout, des coûts à prendre en charge par les contribuables français. Alors que la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie était la mieux engagée de celle de tous les confettis de l’Empire, qu’elle avait été initiée via un processus apaisé, consensuel et intelligent, les indépendantistes, mis au pied du mur, reculent une nouvelle fois et la métropole ne sait plus comment faire pour rendre ces territoires à leur souveraineté.

Les dirigeants kanaks avaient les cartes en main pour atteindre leur objectif de l’indépendance mais ils ont reculé devant l’obstacle. Comme les Québécois en 1980 et en 1995, ou les Ecossais en 2014, l’option de l’indépendance a finalement effrayé les partis indépendantistes et leurs électeurs. Il n’est pas facile de quitter le confort douillet offert par une vieille nation démocratique au sein de laquelle on peut critiquer tranquillement tout en étant assuré d’être protégé et financé. Dans l’histoire contemporaine, seule la sécession du Soudan du sud est un exemple d’un peuple qui a eu le courage de s’émanciper, mais il faut dire que son rattachement au Soudan ne lui apportait pas vraiment ni protection, ni financement, mais plutôt génocide et pillage de ses ressources…

La question de la décolonisation des territoires « ultra-marins » reste posée : comment faire pour se « débarrasser » en douceur des dernières colonies françaises ? Combien de temps encore la France devra-t-elle boire la lie du calice pour avoir été puissance colonisatrice ? Sans doute pour des générations, hélas !

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/10/la-dependance-de-la-nouvelle-caledonie-reste-legerement-majoritaire-a-lissue-du-referendum-du-4-octobre/

Nouvelle-Calédonie : dernière étape avant la décolonisation ?

Alors que les médias français épuisent leurs auditeurs à commenter les sondages de la campagne électorale présidentielle française, ils sont en train de passer à côté d’une étape majeure dans la poursuite de l’émancipation des dernières colonies françaises. Dimanche prochain aura lieu le troisième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie dont la question est a priori la même que pour les deux premiers :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »

La partie kanake avait souhaité que cette troisième étape soit reportée compte tenu de la crise sanitaire et afin de ne pas interférer avec la campagne présidentielle. Cette demande ayant été repoussée, ce troisième référendum maintenu au 12 décembre, les Kanaks ont décidé de boycotter le scrutin rendant ainsi plutôt improbable la victoire de l’option « indépendance ».

C’est une mauvaise nouvelle pour ce territoire comme pour l’ensemble de la communauté française car indépendance il y aura un jour, et plus on attend plus celle-ci se déroulera dans la douleur. On peut craindre que le boycott Kanak soit opportuniste devant la difficulté prévisible que le « oui » l’emporte. Une nouvelle fois la France est confrontée à son dilemme de puissance coloniale du XXIème siècle : comment rendre leur souveraineté à des territoires qui montrent dans leurs comportements de tous les jours qu’ils la souhaitent mais qui n’ont pas le courage de demander le divorce, même avec « pension alimentaire » ? Le processus calédonien avait pourtant été conçu de façon intelligente, participative et apaisée depuis les accords dits « de Matignon » en 1988 suivis des accords dit « de Nouméa » en 1998, mais, comme souvent, au moment du grand saut, les partisans de l’indépendante risquent de reculer.

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/10/la-dependance-de-la-nouvelle-caledonie-reste-legerement-majoritaire-a-lissue-du-referendum-du-4-octobre/

Pourtant il va bien falloir trouver une solution et, dans le cas de la Nouvelle-Calédonie, rendre sa souveraineté à ce pays. Si l’issue du scrutin de dimanche prochain est le « non » nous allons repartir dans un nouveau processus de décolonisation qui va encore durer des décennies. Peut-être faudrait-il revoir la composition du corps électoral de façon à s’assurer que les indépendantistes y soient majoritaires ? Ou que la France prenne officiellement partie pour le retour à la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ? Tout ceci est délicat et annonciateur d’ennuis et de dépenses inutiles pour encore de très longues années, d’autant plus que les autres territoires « extra-marins » français s’enferrent dans les mêmes contradictions…

A moins d’une bonne surprise ce 12 décembre à Nouméa ?

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