La folie et la cupidité

Kerviel le trader-fraudeur mène sa campagne de communication à la veille de son procès : interview dans le Journal du dimanche ce matin, interview sur France 2 ce soir, publication d’un livre le mois prochain, et ce n’est probablement pas fini. Il prépare sa défense plutôt bien il nous semble pour sensibiliser la ménagère de moins de cinquante ans. Propres sur lui et modeste, il ne nie pas sa faute mais cherche à mouiller sa direction qui selon lui, était au courant et couvrait ses agissements, qui avaient abouti, rappelons-le, à engager 50 milliards d’euros dans une opération de casino qui a mal tourné.

Peut-être sera-t-il entendu par le juge mais à défaut, et si au moins sa culpabilité est prouvée et pas celle de sa direction, que la justice passe. Ce n’est pas parce que ses chefs ont été plus malins que lui qu’il faudrait l’absoudre. Et si et lui et sa direction sont convaincus d’actes illégaux, eh bien que la justice passe avec la même sévérité pour tout ce petit monde qui a failli par cupidité et folie des grandeurs avec, notamment, l’argent des déposants.

Pernicieux et malin

AFP PHOTO ALAIN JOCARD

Liès Hebbadj, détenteur d’une double nationalité française et algérienne, et sa femme sont très tendance. Ils apparaissent sur toutes les télévisions depuis quelques jours pour expliquer, entre avocats et gardes du corps, comment conduire avec un niquab ou comment concilier une femme et des maîtresses avec la loi française. Le Canard Enchaîné le décrit comme un taliban endimanché : plutôt bien vu. A chaque apparition il fait monter le score du Front national de 5% d’un coup, s’écharper les partis politiques sur ce qu’il faut penser de cette histoire et s’étrangler de fureur quelques ministres du gouvernement confronté à l’impossible : comment réguler ce genre de comportements dans nos vieilles démocraties qui ne peuvent émettre des règles ou des lois contre des individus ou des communautés, encore moins contre des religions. Le garçon est malin, il connaît bien le système et l’utilise au mieux, alors il en profite, s’installe, pérore et provoque. Une remarquable application de l’entrisme et autre agit-prop, pratiques dans lesquelles excellaient notre défunte extrême-gauche. Il est aussi accusé d’escroquerie aux allocations familiales, peut-être un moyen de le prendre en défaut. Après tout Al Capone est tombé pour fraude fiscale.

Dépenses inconséquentes

A quoi sert une exposition universelle ? Pour le moment à pas grand-chose sinon pour la France à s’incliner devant l’Empereur du Milieu qui organise l’actuelle exposition et à dépenser les sous de ses contribuables dans des futilités.

De mieux en mieux

Oui, oui, oui ! La retraite à 60 ans (voire à 55 ans). Un vrai sujet pour les campagnes de communication pour les partis politiques en ce moment.

Le risque et la vie

Des français sont coincés un peu partout dans le monde suite au nuage volcanique islandais qui paralyse le ciel européen. Bien sûr ils se plaignent de ce que leur gouvernement ne leur paye pas l’hôtel dans les villes où ils sont bloqués ni n’affrète bateaux et bus pour les ramener sans délai à bon port.

Bien que notre parlement ait introduit le principe de précaution dans la Constituion (l’une des dernières déplorables lubies de Chirac « roi-fainéant ») ils en oublient que l’action humaine est sujette au risque et qu’un avion qui vole le lundi peut ne pas voler le mardi, voire s’écraser le mercredi. Donc le consommateur de voyages veut mutualiser ses pertes et les faire payer par le contribuable.

Pendant ce temps la SNCF continue sa grève comme si de rien n’était, quelques soient les circonstances. Des voyageurs éplorés ramenés tant bien que mal sur les aéroports encore ouverts du sud de la France campent à la gare Saint-Charles après avoir squatté les halls d’aéroports.

Tout ceci n’est quand même pas la fin du monde. Le peuple des touristes ferait mieux de méditer sur ce que disait ce vieux Joe Strummer (The Clash) :

Décadence et prostitution dans le fouteballe

Des joueurs de fouteballe de l’équipe de France entendus dans une enquête de proxénétisme : ils auraient bénéficié des services tarifés d’une mineure. Ribéry, héros national est dans cette affaire. Mon Dieu ! Jusqu’à quel point faudra-t-il boire le calice de la décadence d’une société foute ?

Mauvais goût et victimisation

Tout en subtilité des propriétaires de maisons promises à l’indemnisation/expropriation à la suite des inondations survenues il y a quelques semaines parlent de déportation et d’étoile jaune pour illustrer leur triste sort. C’est de mauvais goût.

Juppé devrait arrêter de se dédire

Juju-le-raide, Juju-qui-devait-se-consacrer-à-sa-ville-de-Bordeaux, Juju se lâche dans Le Monde et propose son projet pour 2012. Après moult départs de la vie politique il n’arrive pas à s’y faire et ne résiste pas à l’appel du large, alors une nouvelle fois il s’annonce prêt au sacrifice :

« …s’il advenait qu’il [Sarkozy] décide de ne pas se présenter l’UMP devra organiser des primaires. Dans ce cas j’envisagerai de concourir. »

Pauvre Juju, il n’a que très peu de chances d’être élu tant il fait peu rêver la ménagère de moins de cinquante ans, mais son espoir fait plaisir à voir et son énergie façon « je ne renonce jamais » force l’admiration.

Des chasses présidentielles d’un autre âge

Pierre Charon, pipeauteur à l’Elysée, en charge de la communication, si chère au monde politique moderne qu’elle remplace la stratégie, Pierre Charon disais-je déclare que la rumeur sur le couple Sarkozy relève : « … d’une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers ». Il ne faudrait peut-être pas exagérer, on peut douter quand même que les activités sentimentales d’un couple présidentiel franchouillard influent sensiblement le CAC 40. Mais enfin, on se sait jamais, après tout certains statisticiens ont réussi à identifier une corrélation entre l’évolution favorable d’une bourse nationale avec les résultats positifs de son équipe de fouteballe en coupe du monde.

Pierre Charon, disions-nous, à qui les cuisines de la République semblent plutôt bien réussir, est par ailleurs président du conseil d’administration de l’établissement public du domaine de Chambord, en gros les chasses présidentielles, qui a fait l’objet d’un examen de la cour des comptes relaté dans son rapport 2010. L’audit n’est pas catastrophique et porte sur la période pré-Charon. On y note simplement une gestion molle sans plan de développement qui aurait pu permettre de baisser le niveau des contributions publiques à son entretien, ce qui n’a malheureusement pas été le cas malgré l’augmentation des droits d’entrée des visiteurs.

La loi de création de cet établissement précise qu’il est placé « sous la haute protection du président de la République » et la cour constate que s’abritant derrière ce parrainage la gestion du domaine déroge à certains principes de bonne gestion publique.

On se demande s’il est encore bien opportun qu’au 21ème siècle la présidence de la République d’une démocratie comme la nôtre soit encore si étroitement impliquée dans la gestion d’un domaine de chasse comme Chambord. Et qui plus est d’en confier la responsabilité aux copains de circonstance. Est-ce bien convenable ?

La droite s’égaye dans la nature

A peine les urnes régionales remballées sur l’échec de la droite aux élections du même nom, c’est déjà la curée au cœur même de la droite. Tel un troupeau de gnous dans la plaine du Ngorongoro à la recherche d’un point d’eau en fin de saison sèche, les candidats au changement s’agitent : Galouzeau de Villepin annonce devant un parterre de plumitifs mondains du Pressclub de France son intention de créer

« …un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous, quels que soient leur origine, leur sensibilité, leur engagement, au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés. Servir la République, servir la France, c’est pour moi la clef de l’engagement politique. Et avec tous ceux qui nous rejoindront, nous porterons sur les fonts baptismaux ce mouvement politique le 19 juin à Paris, avec le souci d’apporter une contribution tout au long des prochains mois, de ces deux prochaines années, et le souci de défendre le moment venu nos idées et notre projet. »

Pendant ce temps Juppé-le-raide-comme-passe-lacet, que l’on croyait tranquillement somnolant à la mairie de Bordeaux (il a d’ailleurs annoncé lui-même à plusieurs reprise qu’il se concentrerait désormais sur les enjeux locaux) se commet sur les ondes pour annoncer qu’il n’exclut pas de pouvoir être candidat à la candidature de droite aux présidentielles de 2012 si par malheur Sarko l’agité ne se représentait pas ; un quarteron de députés UMP signe un tract pour demander la suspension du bouclier fiscal ; même Carla y va de son commentaire dans Le Figaro Madame : 

« En tant qu’épouse, je ne le souhaite pas vraiment [que Sarkozy se représente en 2012 aux élections présidentielles NDLR]. Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix ? Mais quelles que soient la situation et les décisions que prendra mon mari, je ferai tranquillement avec. Je dois dire que je suis réconfortée par les occasions d’aider les autres que cette fonction m’a offerte. C’est une consolation. Et je demeure encore stupéfaite et honorée de représenter la France, je fais vraiment de mon mieux pour être à la hauteur. »

Bref, cette défaite va au moins secouer le Landerneau de la politique droitière franchouillarde, voyons ce qu’il en sortira.

La publicité très abrutissante

C’est le printemps et les deux crétins qui assurent la publicité de la Matmut depuis plusieurs années couvrent à nouveau les murs de France avec leurs têtes de cadavres embaumés ; et les ondes nationales de leurs cris débilitants « La Matmut elle assure. »

La recommandation est de maintenir la décision de ne jamais souscrire un contrat d’assurance dans cette compagnie tant qu’elle persistera à viser une clientèle qui se satisfait de pareilles imbécilités.

Sujets sensibles

Le journaliste polémiste Eric Zemmour affirme sur Canal+ :

– Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait.

Comme de bien entendu cette affirmation fait du bruit dans le landerneau parisiano-politico-médiatico-associatif, d’autant plus que l’avocat général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger, publie un billet sur son blog qui précise notamment :

– …En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce « fait », la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des « trafiquants » ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n’est point besoin d’aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder. 

Toute vérité n’est pas bonne à dire si crument d’autant plus que les statistiques officielles françaises ne permettent pas de la vérifier puisqu’elles n’utilisent pas de critères ethniques. A tout le moins, plutôt que de jeter en pâture à la beaufitude franchouillarde des réalités explosives, il conviendrait que ces plumitifs enrobent quand même ces révélations d’un peu de pédagogie, de précautions oratoires, voire d’intelligence si ce n’est pas trop demander.

Zemmour a adressé une lettre d’explications à la LICRA par suite d’un entretien avec son président. Il s’explique longuement sur l’utilisation qui a été faite de ses propos :

– … On a volontairement oublié que ma désormais fameuse phrase n’était qu’une réponse aux arguments développés par les autres intervenants selon laquelle « la police n’arrête que les Arabes et noirs ». Cette double « stigmatisation » – et de la police républicaine – et des « Arabes et noirs » ne choque personne. Les « Arabes et noirs » peuvent être distingués du reste « de la communauté nationale » s’ils sont héros (le livre de Thuram exaltant les héros noirs) ou victimes. Dans tous les autres cas, il est infâme de les distinguer. Cette injonction universaliste conviendrait assez bien à mon tempérament assimilationniste. J’ai tendance à ne voir dans tous les Français que des enfants de la patrie, sans distinction de race ni de religion, comme dit le préambule de notre Constitution. …

La principale conclusion à tirer de cette affaire c’est qu’à force de fréquenter des émissions de variété d’un niveau intellectuel plutôt modéré, les politiques et autres plumitifs se brûlent les ailes, poussés à la faute par des animateurs en mal de scoops et de provocations. Il leur suffit de ne pas se montrer dans ces shows médiatiques pour éviter ce genre de mésaventures. Leurs égos en souffriraient peut-être, certainement pas la Pensée !

Il faut relire la constitution française

Une tempête a fait plusieurs dizaines de mort sur la Côte Atlantique. Des zones inondables ont été inondées par l’océan furieux. On ignorait qu’il existait des zones pavillonnaires sous le niveau de la mer à marée haute. Nous sommes vraiment face à une étrange perception du risque dans notre société moderne : on ferme le Jardin des Plantes dès qu’il y a 3 flocons de neige à l’horizon de peur que les petites grand-mères tombent, on inscrit le principe de précaution dans la Constitution et on habite dans des maisons sur la Côte situées sous le niveau de la mer…

La Charte de l’environnement fait partie intégrante de la Constitution depuis 2004 et prévoit en son article 5 :

Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

Il me semble que la délivrance de permis de construire en zone inondable devrait entrer dans le cadre de cet article constitutionnel. Les maires et l’administration pourraient peut-être relire la Constitution ?

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Et alors ?

Psychodrame franchouillard : le président de la République va aller clôturer le salon de l’agriculture au lieu de l’inaugurer. Et l’on trouve tout un cheptel de chroniqueurs et de politicards pour gloser sur le sujet : inauguration versus clôture. Quelle affaire !

Le bien-être au travail…

Un rapport sur « Bien-être et efficacité au travail », commandé par le premier ministre, est rendu publique. Rédigé par deux patrons d’entreprise et un membre du Conseil économique et social (dont on découvre qu’il est désormais appelé Conseil économique, social et environnemental) il contient un pieux catalogue de dix propositions, sympathiques comme tout, mais relevant d’une faux-jetonnerie de circonstance. Qu’on en juge :

1. L’implication de la direction générale et de son conseil d’administration est indispensable. L’évaluation de la performance doit intégrer le facteur humain, et donc la santé des salariés.

2. La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas. Les managers de proximité sont les premiers acteurs de santé.

3. Donner aux salariés les moyens de se réaliser dans le travail. Restaurer des espaces de discussion et d’autonomie dans le travail.

4. Impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé. Le dialogue social, dans l’entreprise et en dehors, est une priorité.

5. La mesure induit les comportements. Mesurer les conditions de santé et sécurité au travail est une condition du développement du bien-être en entreprise.

6. Préparer et former les managers au rôle de manager. Affirmer et concrétiser la responsabilité du manager vis-à-vis des équipes et des hommes.

7. Ne pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus. Valoriser la performance collective pour rendre les organisations de travail plus motivantes et plus efficientes.

8. Anticiper et prendre en compte l’impact humain des changements. Tout projet de réorganisation ou de restructuration doit mesurer l’impact et la faisabilité humaine du changement.

9. La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise. L’entreprise a un impact humain sur son environnement, en particulier sur ses fournisseurs.

10. Ne pas laisser le salarié seul face à ses problèmes. Accompagner les salariés en difficulté.

A notre époque où la restructuration permanente et l’agitation à tout va sont érigées en mode de fonctionnement des entreprises, petites et grandes, ces idées en feront sourire plus d’un… Personne ne peut contester la justesse de ces propositions mais qui pourra se targuer d’en respecter l’esprit ?

Une soirée aux urgences

Une soirée passée aux urgences de l’hôpital Saint-Joseph… étonnante tranche de vie dans un hôpital parisien où se bouscule toute la misère du monde dans une ambiance kafkaïenne : malades entassés sur des brancards dans les couloirs, ivrognes hurlants amenés par des pompiers dragouillant les infirmières, familles inquiètes et agressives, bref, quelle misère ! Et au milieu de tout ceci un personnel médical sans doute compétent, en tout cas accueillant, soumis à 40 000 sollicitations à la minute, passant d’un dossier à l’autre au milieu de tout ce capharnaüm. L’hôpital c’est désormais comme dans l’entreprise : l’hystérie érigée en mode de fonctionnement.

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Courage et finances publiques

La présidence de la République réunit demain les principaux acteurs de la dépense publique, bref, les élus nationaux et régionaux qui tiennent les cordons de la bourse pour les sensibiliser sur l’état des finances publiques, plutôt inquiétant si l’on en juge par les chiffres annoncés, les impôts qui grimpent, sans parler des rapports successifs de la cour des comptes signé de l’impayable plume de feu de son président Philippe Séguin.

Messieurs et Mesdames les élus et les ministres, vous verrez qu’une fois le chiffrage établi les solutions sont techniquement très simples. Réduire un déficit c’est exactement comme augmenter un profit, il faut pousser les recettes et diminuer les dépenses. Nous faisons ceci dans les entreprises tous les matins en arrivant au bureau, c’est à la portée d’un BTS comptable de 1ère année. Après il est juste nécessaire d’avoir un peu de courage politique pour imposer une ligne directrice et s’y tenir. Dans le cas des déficits de la République il faut ajouter une touche de pédagogie pour expliquer la situation aux électeurs. Dans l’entreprise ce n’est pas la peine.

Encore un petit effort Monsieur Juppé

Juppé-le-raide se bonifie avec le temps. Alors qu’on lui aurait proposé de succéder à Seguin à la Cour des Comptes il préfère rester tranquillement maire de Bordeaux et profiter de la vie à l’ombre des vignobles. C’est bien.

Il dit par ailleurs dans Les Echos :

Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise ?

Je regardais la une d’un grand journal ce week-end. A gauche, il y avait Haïti, à droite le milliard de bonus que les banques françaises s’apprêtent à distribuer. C’est obscène et inacceptable. Rien ne justifie à mes yeux qu’on puisse avoir de telles dérives et de tels excès. J’espère que la taxation dont il est question en France va se concrétiser.

Le gouvernement prévoit une taxe de 50% sur les bonus au-delà de 27.500 euros…

Si on n’arrive pas à se faire entendre des banques, je pense qu’il faudra aller plus loin au parlement. On nous dit toujours : « Il y a la concurrence, les banquiers vont filer ailleurs… » Mais la concurrence ne justifie pas l’immoralité.

Pas facile de justifier les sur-rémunérations de certains banquiers !

Michel Pébereau sur France Culture ce matin, pédégé de la BNP, enfume le petit monde des chroniqueurs matinaux en parlant (ce qu’il sait très bien faire) de divers sujets financiers dont les bonus des opérateurs de marché. Devant les rémunérations très élevées de certains d’entre eux il explique qu’il s’agit d’un marché international de compétences rares et qu’il faut donc s’aligner sur la concurrence. Concernant les dirigeants dont lui-même, il mentionne un récent article du Journal du Dimanche qui citait les salaires des entraîneurs d’équipes françaises de fouteballe il était tout heureux d’annoncer que son directeur général gagnait moins le mieux payé de ces entraîneurs.

C’est sans doute vrai mais intellectuellement peu convaincant quand on voit les performances desdits opérateurs de marché qui ont mis l’économie mondiale à terre lors de la crise financière de 2008 de part leur incompétence. Leurs rémunérations excessives fut sans doute l’un des facteurs explicatifs de cette situation, les amenant à arbitrer plus en faveur de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de leurs employeurs.

Il faut y croire

Dans la lettre aux actionnaires d’EDF, le nouveau pédégé Proglio répond à des questions, notamment :

Vous accordez une place particulière à l’humain dans cette grande ambition [le développement industriel et humain de la compagnie]. Pourquoi ?

C’est une conviction profonde, nourrie de mon expérience de dirigeant : la réussite d’une entreprise repose sur la motivation et le savoir-faire de ses équipes. L’engagement des hommes et des femmes d’EDF est connu et apprécié ; ils doivent être au cœur du projet. Il faut faire revivre une grande ambition sociale, en particulier pour développer et transmettre les compétences. Les clients et les actionnaires y gagneront aussi : plus de compétence, c’est plus de performance !

Un modèle du genre…