La fiction des armées locales

L’Afghanistan rendu à ses démons

La prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan a été grandement facilitée par la débandade de l’armée nationale qui n’a quasiment mené aucun combat contre la rébellion religieuse qui, du coup, a rapidement conquis l’entièreté du pays avant même le départ complet des forces occidentales achevé aujourd’hui. Cette « armée nationale » avait pourtant bénéficié des soins et des fonds occidentaux mais les milliards investis par les contribuables de ces pays n’ont pu créer la seule arme indispensable qui manquait, celle de la foi en la victoire dans cette guerre civile.

Cette situation n’est guère surprenante et a été mainte fois constatée aux termes des guerres post-coloniales menées par l’Occident depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à commencer par celle du Vietnam dans le conflit contre le communisme. Au cours de leur soutien au Vietnam du Sud pour barrer la route au communisme porté par le Vietnam du Nord, les Etats-Unis d’Amérique ont lourdement investi pour former l’armée du Sud qui s’est effondrée rapidement après les accords de paix de Paris en 1973. Malgré quelques actions héroïques de garnisons sud-vietnamiennes, l’offensive massive de l’armée du Nord en 1975 aboutit rapidement à la reddition du Sud et à la capture d’un important matériel militaire américain par les communistes.

En Irak en 2014, les combattants du groupe terroriste religieux Etat islamique se sont emparé sans coup férir de la ville de Mossoul abandonnée en quelques heures par l’armée irakienne face à une troupe de va-nu-pieds mais motivée, avec la récupération d’un matériel militaire considérable qui a ensuite été retourné contre les armées occidentales présentes. Par la suite la ville a été reconquise et, semble-t-il, les forces spéciales irakiennes se seraient plutôt bien défendues avec les soutiens aériens occidentaux qui n’existent plus aujourd’hui.

En Afrique, malgré des accords de coopération militaires passés et constamment renouvelés entre la France et nombre de ses anciennes colonies depuis les années 1960, les armées locales ont surtout brillé par leurs capacités à mener des coups d’Etat, mais beaucoup moins à défendre leurs nations, concept [celui de nation] d’ailleurs plutôt incompréhensible dans des pays organisés en clans et en ethnies. Depuis son intervention militaire au Sahel en 2013, la France défend vaille que vaille l’idée du « G5 Sahel », une armée multinationale réunissant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad qui remplacerait l’armée française après l’inéluctable départ de celle-ci, et le plus tôt sera le mieux. Ce « G5 Sahel » est formé et équipé par la France avec l’aide d’autres pays de l’Union européenne. Mais il est peu probable qu’il ne soit jamais véritablement opérationnel, ou en tout cas à la hauteur des combats qu’il faudrait mener contre la troupe décidée des rebelles religieux qui veulent s’emparer du pouvoir dans ces pays et avec laquelle déjà certaines capitales sahéliennes mènent des discussions.

En Afghanistan aujourd’hui, les Talibans ont pu s’emparer de tout le matériel militaire américain donné à « l’armée » nationale et l’on voit ceux-ci parader dans les rues de Kaboul en tenues camouflées bien plus seyantes que leurs djellabas d’antan, et arborant des armes flambant neuves sans doute bien plus destructrices que leurs antiques Kalachnikov. Tout ce matériel vient d’être récupéré dans les stocks laissés sur place après avoir été financés par les contribuables américains. On s’aperçoit maintenant que certaines régions afghanes déclaraient des effectifs militaires fictifs pour recevoir plus de subsides de l’armée américaine qui assurait même la paye de cette « armée » nationale…

La défaillance de ces « armées » locales est finalement peu surprenante. D’abord car l’Occident attend qu’elles s’engagent dans des guerres civiles contre des rébellions qui sont aussi locales et il est toujours plus difficile de combattre ses propres concitoyens lorsqu’on n’est pas même sûr de mener le bon combat. La décision est plus facile à prendre lorsqu’il s’agit de lutter contre des forces d’invasion étrangères. D’autre part, se battre pour maintenir au pouvoir des pouvoirs corrompus (au Vietnam comme en Afghanistan ou en Afrique) et, généralement, dictatoriaux, est fort peu motivant ! Cerise sur le gâteau : quand vous ajoutez que ces « armées » nationales sont payées et équipées par des pays étrangers car leurs propres Etats n’en ont pas les moyens, on comprend mieux leur manque de motivation.

L’Occident a échoué dans ses objectifs d’étendre la « démocratie » par la force de ses armes au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, d’abord parce que ces pays n’étaient pas véritablement intéressés, mis à part une élite occidentalisée en accord avec les principes démocratiques, ou très corrompue voulant préserver ses intérêts. Sans doute en sera-t-il aussi de même au Sahel d’où la France a commencé à se retirer et c’est un mouvement raisonnable qu’il faut poursuivre. Avec l’enterrement des illusions occidentales sur les « valeurs universelles » c’est aussi, sans doute, la fin du « droit d’ingérence » sous sa forme actuelle, promu par les tenants de l’humanitaire, comme Bernard Henry-Lévy ou autres Rony Brauman et Bernard Kouchner. Ce droit d’ingérence a tout de même permis d’atteindre quelques-uns de ses objectifs lorsqu’ils étaient purement humanitaires comme d’acheminer des vivres en cas de famine (Biafra, Somalie…) mais il a souvent échoué lorsqu’il était dirigé par des démocraties et que ses buts étaient politiques. Bien évidemment, lorsque la Chine occupe le Tibet elle ne s’en laisse pas compter par les contraintes démocratiques et arrive à y rester plus longtemps…

L’Afghanistan est maintenant face à son destin, le Sahel le sera bientôt. L’Occident va cesser, au moins pour un temps, de faire du prosélytisme en faveur de son propre mode de gouvernance. C’est aussi bien. L’argent ainsi économisé pourra être investi sans son propre processus de développement économique et ses militaires se consacrer à leurs intérêts nationaux. Nouvelle situation, nouveaux enjeux, le pire n’est jamais sûr et peut-être que l’Occident comme l’Orient s’en porteront aussi bien. Rendez-vous dans dix ans pour en reparler !

Publié le
Catégorisé comme Asie

Sauve qui peut en Afghanistan

Alors que les opérations d’évacuation des occidentaux et de leurs supplétifs d’Afghanistan se terminent sur l’aéroport de Kaboul, un attentat suicide commis ce 26 août a fait une centaine de morts dont une quinzaine de soldats américains qui en contrôlaient les accès, et de nombreux blessés. Ce massacre a été revendiqué par le groupe religieux Etat islamique qui s’avère un ennemi féroce des occidentaux mécréants, mais aussi des Talibans musulmans, sunnites également. Il existerait quelques subtilités théologiques entre ces deux groupes mais les uns et les autres s’avèrent des habitués des attentats contre leurs populations civiles et les intérêts occidentaux. Les Talibans seraient nationalistes et se contenteraient de gérer leur pays, le groupe Etat islamique serait internationaliste et chercherait à étendre ses croyances au monde entier. Les Talibans ont un drapeau blanc avec des caractères arabes imprimés en noir, l’Etat islamique a un drapeau noir avec des caractères arabes imprimés en blanc. Tout est dit !

Et là, l’observateur commence à se perdre… Mais pourquoi donc un mouvement religieux sunnite mène des opérations barbares contre un autre mouvement religieux sunnite alors que tous deux respectent les mêmes règles, celles de charia, la loi religieuse du Coran ? Sauf les spécialistes du sujet, personne n’y comprend grand-chose mais l’Etat islamique commettant des attentats suicides contre les Talibans c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité ! Ce serait même risible s’il ne s’agissait de milliers de morts dans une population qui n’en peut mais !

Le retrait des armées occidentales de l’Afghanistan va laisser les deux idéologies sunnites face-à-face. L’avenir devrait être violent et le trafic international du pavot qui est quasiment la seule ressource du pays risque de flamber.

Le jargonnage « woke » envahit même l’Afghanistan

Les religieux talibans qui ont pris le pouvoir par les armes en Afghanistan cherchent à rassurer leur peuple et la communauté internationale sur leurs intentions pacifiques. Ils se sont engagés à mettre sur pieds un gouvernement « inclusif » ! Il n’est pas sûr que ce terme soit employé avec le même entendement que celui des vedettes occidentales du discours pro-minorités…

Il reste étonnant de voir la capacité de ce discours « woke » à diffuser, même dans les lieux les plus improbables ! C’est le soft-power de ces minorités agissantes d’arriver à s’imposer partout. Compte tenu des objectifs sociétaux talibans de rétablir la charia en Afghanistan, et du sort que celle-ci réserve aux femmes, il semble peu probable que la partie féministe du discours « woke » ne s’impose véritablement à Kaboul…

Publié le
Catégorisé comme Asie

Exil afghan

Comme à l’issue de chacune de ces guerres post-coloniales (Vietnam, Angola, plus anciennement Algérie) des mouvements importants de réfugiés fuyant Afghanistan sont en cours une fois annoncé le départ de ou des puissances occupantes. Les supplétifs afghans des armées occidentales craignant les règlements de compte de la part des nouveaux dirigeants essayent d’obtenir des sauf-conduits pour être exfiltrés vers ces pays. Ils ne demandent évidemment pas à partir vers le Qatar ou les pays du Golfe Persique mais vers les pays occidentaux. Bien entendu des personnages peu recommandables vont certainement se faufiler dans ces flux de migrants comme ce fut le cas lors de la crise migratoire syrienne de 2015, c’est inévitable et même les critères de sélection les plus exigeants ne pourraient les identifier quant on voit les conditions dans lesquelles se déroule cette fuite éperdue de certains Afghans de leur pays.

La vengeance des vainqueurs et l’exil des vaincus sont des conséquences vieilles comme le monde de ce type de conflits. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il ne faut pas les mener. La France, hélas, est passée par ces malheureuses étapes comme vainqueur et comme vaincue. En 1944-1945 après la défaite de l’Allemagne, une épuration extra-judiciaire aurait fait environ 10 000 morts exécutés sommairement, surtout par des résistants dont certains n’avaient de « résistant » que le nom mais songeaient plutôt à régler des comptes personnels ou à s’approprier les biens des fusillés. Pendant ce temps, en septembre 1944, le maréchal Pétain, accompagné de dirigeants vichystes, partait s’exiler à Sigmaringen, une enclave française spécialement crée en Allemagne par les Nazis pour accueillir les derniers « collabos ». En avril 1945, la défaite totale de l’Allemagne mit fin à cette fiction et Pétain se livra aux nouvelles autorités françaises. Condamné à mort par la justice républicaine il fut gracié ce qui n’a pas été le cas de nombre de ses collègues (Déat, Darnan, Luchaire…). Beaucoup d’intellectuels qui avaient pactisés avec l’ennemi choisirent aussi l’exil à la Libération, comme Céline, ou furent condamnés à mort et exécutés (Brasillach, …). Drieu la Rochelle quant à lui s’est suicidé alors qu’il allait être arrêté.

A peine dix ans plus tard la France perd sa guerre coloniale d’Indochine à la bataille de Diên Biên Phu en mai 1954 et quitte piteusement ses colonies asiatiques. Hélie Denoix de Saint Marc, ancien déporté, officier de la Légion étrangère, racontera comment ses hommes durent repousser durement leurs supplétifs Hmong qui, comprenant que les troupes françaises allaient les abandonner, s’accrochaient désespérément à leurs camions.

Et encore moins de dix ans plus tard, l’histoire se renouvelait en Algérie où la France, après sa défaite matérialisée dans les « accords d’Evian » laissa sur place une grande partie de ses supplétifs, les « harkis » qui furent massacrés par l’Algérie indépendante souvent après d’atroces tortures. La partie algérienne qui s’était engagé à ne pas mener de représailles physiques contre ces harkis n’a pas bien entendu respecté ses engagements. Les historiens estiment qu’entre 60 et 80 000 furent tués pendant qu’environ 40 000 furent accueillis en France. Ce fut d’ailleurs l’un des motifs pour lesquels des officiers comme Denoix de Saint Marc participèrent au putsch d’Alger en 1961, se refusant à abandonner une nouvelle fois ceux qui avaient combattu à leurs côtés.

Après la retraite américaine du Vietnam en 1975, les sud-vietnamiens pro-occidentaux qui n’ont pas pu émigrer aux Etats-Unis d’Amérique ont passé quelques années dans les camps de rééducation communistes dont certains n’y ont pas survécu. On se souvient des images des grappes de réfugiés accrochés aux hélicoptères US qui n’arrivaient même plus à se poser sur le toit envahi de l’ambassade américaine. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce sont aujourd’hui plus ou moins des scènes similaires que l’on voit sur l’aéroport de Kaboul.

Evidement, chacun voit midi à sa porte et est persuadé que la guerre qu’il mène est la bonne. Si peu de monde fut en faveur des puissances de l’Axe défaites en 1945 (mais il y en eut quand même), les guerres de décolonisation et post-coloniales ont entraîné des attitudes très partagées de la communauté internationale. C’est d’ailleurs peut-être la raison principale pour laquelle elles se sont toutes terminées en faveur des pays occupés par des forces étrangères, quelles que soient les raisons de cette occupation. L’expérience en cours de l’OTAN en Afghanistan, après celle des Soviétiques dans les années 1980, montre une fois encore l’inutile et dangereuse prétention qu’il y a à vouloir changer un pays contre l’avis de la majorité de sa population. Cette dernière l’emporte quasiment systématiquement, et malheur alors aux minorités !

La France doit méditer cette histoire pour son combat militaire en cours au Sahel auquel il va falloir mettre fin un jour, et le plus vite sera le mieux. Il restera ensuite le cas du Tibet occupé par la Chine mais la puissance et les méthodes de cette dernière rendent peu probable sa résolution à court terme. Il n’est toutefois pas exclu que la sinisation de cette région menée à marche forcée par Pékin échoue, un jour, face à la résistance acharnée des Tibétains.

Vous avez aimé Saigon, vous adorez Kaboul !

Une nouvelle défaite de l’occident en Asie

Ça y est : le mouvement religieux des « Talibans » (voulant dire « étudiants en religion ») a pris le pouvoir en Afghanistan, quasiment sans combattre, du fait de la peur qu’ils inspirent, de la complète démotivation des forces de sécurité de ce pays aux confins de l’Asie et du soutien d’une partie de la population opposée à l’occupation étrangère du pays depuis des décennies : des anglais aux troupes de l’OTAN en passant par les soviétiques !

En réalité, l’armée afghane n’a pas vraiment combattu contre les rebelles religieux voulant réinstaurer leur pouvoir sous l’ombrelle de la « charia », la loi du Coran. La dernière occupation étrangère qui vient de se terminer a été menée par les Etats-Unis d’Amérique en 2001 après les attentats terroristes religieux de New-York qui avaient consisté à faire écraser en même temps quatre avions de ligne et leurs passagers sur le territoire américain, un sur chacune des tours jumelles du « World Trade Centrer » de New-York qui se sont effondrées sous le choc, un sur le ministère de la Défense à Washington, le « Pentagone » et le dernier qui était probablement destiné à la Maison Blanche mais qui s’était écrasé dans une forêt, sans doute suite au mouvement de révolte des passagers. Les Etats-Unis avaient alors déclenché la clause de la charte de l’OTAN prévoyant la solidarité des pays membres en cas d’attaque d’un des leurs. Les forces militaires envoyées sur place avaient alors défait assez rapidement le régime taliban qui abritaient le mouvement terroriste religieux Al-Qaïda et son chef, Ben-Laden, qui avaient commis et revendiqué cet attentat d’un nouveau genre qui a fait plus de 3 000 morts.

Les religieux talibans, outre leur soutien au terrorisme international, avaient instauré entre 1996 et 2001 dans leur pays un strict régime islamique particulièrement contraignant pour les femmes et relevant d’un autre âge : interdiction de la musique, destruction d’œuvres artistiques dont les Bouddhas monumentaux de Bâmiyân, lapidation des femmes adultères, coupages des mains de voleurs, décapitation des criminels en place publique, etc. Ils annoncent leur intention de réinstaurer rapidement ces pratiques.

Comme souvent en ces circonstances, après sa victoire militaire en 2001 l’Occident s’était alors mis en tête de « démocratiser » ce pays en y instaurant sa vision de l’Etat. Comme toujours à l’est de la ligne Oder-Neisse, cette ambition s’est révélée un fiasco et, à la fin, aboutit au retrait piteux des occidentaux. Le parallèle avec la défaite et le retrait des Etats-Unis au terme de la guerre du Vietnam est troublant.

Le plus étonnant dans ces affaires n’est pas tant la défaite idéologique mais la constance avec laquelle les pays occidentaux s’ingénient à vouloir « faire le bien » autour d’eux en diffusant leurs conceptions de l’Etat à des populations qui n’en veulent pas vraiment et qui sont à mille lieux d’en accepter les contraintes. Cela n’a pas fonctionné durant la période coloniale, ni la période dé-coloniale, et cela ne semble pas plus adapté de nos jours.

Cerise sur le gâteau, les talibans qui avaient forgé leur unité à l’aune de la lutte antisoviétique dans les années 1980 auraient informé Moscou que ses diplomates ne seront pas inquiétés après la prise du pouvoir. La Chine les avait déjà reçus en grande pompe à Pékin avant même leur installation à Kaboul. Les autres pays sont en train d’évacuer leurs ressortissants en catastrophe ainsi que leurs affidés locaux pour leur faire échapper à la vengeance talibane.

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/03/un-accord-de-papier/

Ce nouvel échec sociétal et militaire occidental en Orient doit véritablement pousser à abandonner cette idée de croisade idéologique pour la promotion de la démocratie partout sur la planète, y compris par la force des armes. Ce qui se passe aujourd’hui à Kaboul, comme hier à Saigon et Bagdad ou en ce moment dans le Sahel, montre que cela ne marche pas, quels que soient le contexte ou le lieu. La démocratie est un mode de gouvernance européen, inventé par les Grecs, enrichi par Rousseau et Tocqueville et pratiqué en occident, majoritairement en Europe et en Amérique du Nord. La plupart des autres continents ne marquent pas un grand intérêt pour la démocratie, les élections, les droits de l’homme et tout ce qui va avec. Et même en occident certaines vieilles démocraties oublient un peu leurs principes fondateurs : partout des partis extrémistes gagnent du terrain.

Même si des minorités de ces pays, souvent éduquées en occident ou sur des principes occidentaux, marquent un intérêt pour ce système, elles n’arrivent pas à convaincre la majorité de leurs concitoyens de leur point de vue. En Afghanistan l’Union soviétique a tenté d’instaurer le communisme pendant une guerre de 10 ans, l’OTAN a essayé d’insuffler la démocratie avec une guerre de 20 ans et ce sont des religieux qui finalement emportent le morceau pour y installer la Charia. Alors pourquoi ne pas laisser faire les choses comme elles doivent se faire plutôt que de dépenser des ressources humaines et financières considérables pour aboutir à des désastres comme ce qu’il est train de se passer en Afghanistan ?

Tant que les démocraties existent en occident, qu’elles défendent leurs intérêts et répondent au besoin par les armes à toute agression venant de l’extérieur comme ce fut fait en 2001 en Afghanistan, mais qu’elles cessent de croire résoudre les problèmes des autres en leur imposant une gouvernance dont ils ne veulent pas.

Triste Liban

Après neuf mois de crise politique, le premier ministre Hariri, qui avait été nommé pour former un gouvernement en mesure de tenter de concevoir et d’amorcer le redressement économique du Liban, se montre incapable de mener la tâche à bien. Il faut dire que ce pays soi-disant multiconfessionnel est proprement ingouvernable. Fondée sur la base d’une constitution inspirée par le mandataire français (ou, pour parler plus clair : le colonisateur français) prévoyant la répartition des postes par religion : le président doit être chrétien maronite, le premier ministre est musulman sunnite et le président de l’assemblée nationale est musulman chiite. Une constitution confessionnelle élaborée par le pays de la laïcité, ce n’est pas le moindre paradoxe de ce pays méditerranéen.

Les guerres contre Israël, les camps palestiniens depuis 1948, la montée en puissance du Hezbollah pro-iranien, moitié milice-moitié parti politique, la corruption endémique qui ravage la société, le trafic de drogue, l’explosion en 2020 du port de Beyrouth, les conseils de la France qui continue à se mêler de ce qui ne la regarde plus, la crise sanitaire en cours font de ce pays un refuge pour des forbans comme Carlos Ghosn ou Ziad Takieddine , mais un désastre pour le reste de la population et l’avenir à court terme de ce sympathique pays.

Pendant ce temps, une enquête judiciaire est ouverte en France contre le gouverneur de la banque centrale du Liban pour « blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs », beaucoup de gens se demandant comment il a pu accumuler une fortune immobilière qui se chiffre en dizaines de millions d’euros, notamment en France. Et le pays n’a toujours pas de gouvernement officiel, les différents partis religieux ne voulant rien céder de leurs intérêts particuliers pour satisfaire l’intérêt général de leur pays à la dérive en voie de paupérisation accélérée. Les organismes financiers multilatéraux comme nationaux ont sorti leurs carnets de chèques mais ne veulent envoyer des sous que dans le cadre d’un plan de relance économique concocté par un gouvernement officiel ! On en est loin.

On ne sait pas ce qui va se passer dans le futur proche. Théoriquement il faudrait mettre le pays sous tutelle mais ne n’est évidemment plus possible, pas sûr d’ailleurs que cela serait efficace tant la population divisée se réunirait rapidement pour rejeter tout proconsulat étranger. Et puis qui serait prêt à l’assurer ? Heureusement la Syrie a autre chose à faire pour le moment sinon elle aurait réenvahit le Liban sans barguigner et probablement sans rencontrer vraiment d’opposition.

Alors il faut attendre et espérer l’élan collectif d’un peuple fatigué pour identifier un sauveur parmi les leurs, capables d’oublier son appartenance communautaire, de ne pas être trop corrompu et avoir une vision de l’avenir du pays partagée par une majorité… Vaste tâche !

Le retrait se termine

Les troupes occidentales sont en train d’achever leur retrait d’Afghanistan après une guerre qui aura duré 20 ans à la suite des attentats religieux du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center de New-York. Les clés de l’immense base militaire aérienne de Bagram ont été remises aux autorités locales et la population se serait empressée de la piller sitôt le dernier soldat américain parti. Cette base est emblématique des invasions étrangères qui ont marqué ce pays. Construite dans les années 1950 par les Etats-Unis alors que l’Afghanistan était leur alliée dans la guerre froide, elle est ensuite passée sous contrôle soviétique lors de l’invasion communiste de 1979, elle fut l’objet de féroces combats entre les chefs de guerre afghans après le retrait soviétique en 1989, puis récupérée par les Etats-Unis et l’OTAN en 2001 après leur entrée dans le pays.

Il est peu probable que l’armée nationale afghane n’ait jamais l’utilité réelle d’une telle installation. Le mieux aurait sans doute été de la démanteler une bonne fois pour toute et de la transformer en terrain agricole pour y cultiver des céréales… ou du pavot.

Dans le même temps, l’insurrection religieuse talibane progresse et chacun parie sur la prise de pouvoir rapide de tout le pays par ce groupe qui a déjà dirigé l’Afghanistan avant d’être délogé en 2001 par les troupes américaines qui commencèrent ainsi le long chemin de croix qui s’achève aujourd’hui. Le retour probable des talibans au pouvoir avec leurs pratiques qui apparaissent d’un autre âge aux occidentaux nous fait revenir en 1996. La roue a tourné et est revenue à son point de départ. L’avenir sera évidemment différent de ce qu’il fut en 1996 et peut-être pas pire que ce que furent les 20 dernières années. Au moins sera-t-il majoritairement afghan avec une baisse des influences étrangères dans le pays. Les principes talibans basés sur une application stricte du Coran dans la politique, s’ils sont rejetés par une minorité formée à « l’occidentale » et intéressé par la modernité, sont sans doute plus ou moins validés par une bonne partie de la population. Le seul point qui vaille est de savoir si l’Afghanistan va redevenir une base de départ pour le terrorisme religieux international ? Les talibans se sont engagés à ne pas l’autoriser dans les accords signés avec les Etats-Unis. S’ils contrevenaient à cet engagement ils prendraient alors un risque de voir une nouvelle invasion de leur pays. Mais l’avenir ne manquera pas de réserver des surprises car il n’est jamais la reproduction à l’identique du passé.

Publié le
Catégorisé comme Asie, Religion

La fin de l’opération militaire française Barkhane au Sahel

Le président de la République française a annoncé cette après-midi dans une conférence de presse la fin de l’opération militaire Barkhane au Sahel. C’est un bon début. On ne connaît pas bien encore la forme que prendra l’opération suivante, car il y en a déjà une annoncée. On a seulement appris qu’elle impliquerait une baisse significative des effectifs de l’armée française dans ces territoires étrangers. L’option d’un retrait total des troupes françaises du Sahel, comme c’est actuellement le cas pour les troupes de l’OTAN d’Afghanistan, n’a pas été retenue. Peut-être a-t-elle été évoquée ?

Pour le retrait occidental de l’Afghanistan une négociation a été menée entre les Etats-Unis et les rebelles religieux. On ne sait pas s’il en est ainsi pour le Mali et les pays avoisinants. A-t-on demandé leur avis aux gouvernements locaux sur les contours de la nouvelle opération et la fin de l’ancienne ? Il est peu probable que la France puisse maintenir des troupes dans des pays étrangers sans un accord des pays d’accueil et on se dit que si l’on demande son avis au gouvernement malien actuel celui-ci pourrait être négatif.

Les quelques éléments donnés sur la nouvelle opération mentionnent plus de formation et d’encadrement des troupes locales et moins d’interventions directes de l’armée française. C’est une petite musique déjà régulièrement entendue (dans le cas du Rwanda par exemple, ou du Vietnam du sud pour les Etats-Unis) et l’on sait bien que lorsque les armées africaines seront en danger elles demanderont un appui militaire français tant que des militaires hexagonaux seront postés dans leur pays. Et l’on devine qu’en de pareilles circonstance les dirigeants politiques françaises trouveront toujours de bonnes raisons pour « y aller une dernière fois »… L’avantage du retrait total est qu’il n’y a plus d’intervention directe facilitée par le positionnement de personnels et de matériels sur place. Elle est donc beaucoup plus complexe à mettre en branle, le cas échéant.

Bref, cette affaire est sans doute loin d’être terminée puisque l’option du complet retrait n’a pas été choisie, comme elle l’a été pour l’Afghanistan.

Lire aussi : Un départ de l’armée française du Mali pour bientôt ? – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Un départ de l’armée française du Mali pour bientôt ?

Colonel Assimi Goïta – président de la République du Mali

A la suite du deuxième coup d’Etat galonné au Mali en quelques mois, les désaccords entre la France et ce pays du Sahel s’accentuent. Toujours ravagé par le terrorisme religieux malgré plus de 5 000 militaires français, avec armes et bagages, dans la région, le Mali prend ses distances avec Paris. Le premier, qui est chez lui, prône un rapprochement avec les terroristes religieux qui sont au cœur de sa population quand le second les combat.

La France vient de « suspendre sa coopération militaire » avec le Mali sans que l’on sache exactement ce que cela veut dire mais l’armée française, légèrement aidée par d’autres armées européennes, continue à agir militairement dans ce territoire étranger sur lequel elle a été « appelée » à la rescousse en 2012 par le président de l’époque. C’était il y a dix ans et il va falloir tourner la page. Outre les changements politiques en cours, les populations commencent à se demander à quoi sert ce déploiement d’armées étrangères sur son sol.

Comme les armées occidentales sont en train de finir l’évacuation de leurs troupes de l’Afghanistan après 20 années de guerre, les militaires français vont devoir quitter le Mali. Dans les deux cas, un pouvoir religieux plus ou moins violent va reprendre les rennes, marquant ainsi la défaite stratégique des occidentaux qui combattaient sur place justement pour éviter une telle hypothèse. L’Histoire contemporaine l’a montré à de nombreuses reprises : il est difficile de maintenir longtemps une armée étrangère sur un territoire, quelle que soit la raison de son intervention, contre la volonté de son peuple et de ses autorités. Les Russes et les Turques vont aussi le ressentir un jour en Syrie…

Une fois les troupes françaises et européennes évacuées du Sahel, il adviendra ce qui doit advenir. Si les peuples veulent être gouvernés par la religion, qu’il en soit selon leur volonté. Les économies ainsi réalisées par la France pourront être utilement redéployées, soit pour rembourser partiellement les dettes abyssales de l’Etat, soit pour renforcer les frontières européennes qui deviendront des points sensibles si des gouvernements religieux extrêmes prennent le pouvoir dans les pays du Sahel.

Publié le
Catégorisé comme Afrique

La mauvaise foi comme stratégie

Alors que la communauté occidentale s’émeut du fait que la Biélorussie ait pu détourner un avion civil qui survolait son territoire pour le faire atterrir de force sur l’aéroport de sa capitale et arrêter un de ses opposants qui s’y trouvait, Roman Protassevitch, ainsi que sa femme de nationalité russe, les autorités de cet Etat expliquent doctement que l’avion avait demandé à atterrir d’urgence car menacé d’un attentat à la bombe par le mouvement palestinien Hamas mais en aucun cas « détourné » par la Biélorussie. Ce sont les autorités biélorusses qui avait informé l’avion des menaces qui planaient sur lui…

L’ambassadeur en France de cette sympathique République a d’ailleurs expliqué sur son compte Twitter que l’équipage avait demandé un aéroport de détournement alors qu’il assurait la ligne Athènes-Vilnius, et que le plus proche était celui de Minsk… Le fait que la police en ait profité pour arrêter son opposant et sa fiancée n’est pas mentionné.

Plus c’est gros plus ça passe. On se souvient que lorsque des militaires russes avaient été arrêtés en Ukraine dans les combats qui opposaient les forces officielles contre les séparatistes soutenus par Moscou, le président russe avait affirmé, sans rire, « je ne peux pas empêcher mes citoyens d’aller passer des vacances en Ukraine. »

Nos démocraties sont bien faibles face aux comportements des satrapes de l’ex-URSS qui ne risquent pas grand-chose. La colère de leurs populations est sous contrôle et, dans le cas de la Russie, semble ne pas même se manifester tant le peuple russe apparaît majoritairement satisfait de faire la nique à l’Occident qui ne déploie que des effets de manche face à ces comportements de voyous. L’OTAN ne va probablement pas déclarer la guerre à la Biélorussie pour son comportement violent mais les appels du ministre français des affaires étrangères à « une réponse ferme et unie des Européens » est juste inutile. Comme toujours, lorsqu’on ne sait pas employer les mêmes méthodes que les adversaires, le mieux est de rester discret et d’activer les quelques leviers qui restent disponibles aux mains des démocraties, ceux des visas et du commerce par exemple. En attendant, l’espace aérien de l’Union européenne a été interdit aux avions biélorusses et les compagnies européennes ont été priées de ne plus survoler la Biélorussie. On peut craindre que ces mesures ne durent pas très longtemps.

Un accord a été conclu entre l’Union européenne et la Biélorussie en mai 2020 visant à faciliter la délivrance réciproque des visas et facilitant la réadmission des personnes en séjour irrégulier. Est-il bien nécessaire de faciliter l’octroi respectif des visas ? En revanche l’aspect réadmission est intéressant. Mais quand on voit la facilité avec laquelle la Biélorussie ne respecte pas les accords internationaux qu’elle a signé, on se dit que la résiliation de celui-ci pourrait être envisagée facilement ?

Lire aussi : Détournements d’avion par des Etats – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Publié le
Catégorisé comme Asie, Europe

Il faut restituer les confettis de l’Empire

Quelques milliers de migrants marocains ont envahi l’enclave espagnol de Ceuta en territoire marocain. Il semble que les autorités marocaines reprochent à l’Espagne d’avoir accueilli pour raisons sanitaires le chef du front POLISARION, le mouvement indépendantiste du Sahara dit « espagnol » sur lequel le Maroc affirme sa souveraineté. L’impétrant aurait la Covid.

On connaît le cynisme de certains Etats qui n’hésite pas à utiliser les flux migratoires pour des raisons politiques. La Turquie à cet égard a montré de quoi elle était capable en incitant les réfugiés syriens sur son territoire à entrer en Grèce par la frontière terrestre. Dans le cas du Maroc on franchit une étape supplémentaire puisque ce pays envoie sa propre population comme immigrés illégaux à Ceuta. L’Espagne a déployé son armée sur place et aurait expulsé immédiatement la moitié des 8 000 migrants ayant pris d’assaut Ceuta.

La manipulation des flux de migrants est devenue une arme à la disposition des Etats les plus cyniques, il faut s’y faire. Les Etats agressés de la sorte, généralement plus « occidentaux », hésitent à employer des armes similaires en retour, comme celle des visas par exemple. C’est la comédie humaine rapportée à la géopolitique !

Plus important, ces incidents de Ceuta soulignent une nouvelle fois l’aberration de ces confettis d’empires répartis un peu partout sur la planète. Citons également Melilla, toujours espagnole, au Maroc, mais aussi le britannique Gibraltar en Espagne, les territoires français à Jérusalem-est, la française Mayotte dans l’archipel des Comores, etc. A l’exemple de Hong-Kong qui a été restitué par le Royaume-Uni à la Chine, la raison voudrait que l’on profite de ces évènements pour lancer les négociations de rétrocession des enclaves de Ceuta et Melilla au Maroc. Ces verrues espagnoles en territoire étranger n’ont plus aucun sens et sont source de problèmes sans fin. Les populations sont estimées à 78 000 pour la première et 72 000 pour la seconde. Même si la totalité de cette population souhaitait être rapatriée, l’Espagne devrait pouvoir le faire sans trop de difficultés en regard des bienfaits que représenteraient la restitution de ces territoires qui semble une évidence géographique lorsqu’on regarde une carte de la région.

Mali et Centrafrique à la une

Cela devient une habitude, les galonnés de Bamako ont arrêté le président de la République, le premier ministre et quelques autres dirigeants maliens pour les forcer à démissionner par suite du « sabotage de la transition » dont ils se seraient rendus coupables. Il semble que le dernier gouvernement désigné ne faisait pas la part assez belle auxdits galonnés.

Lire aussi : Le képi en chef du Mali – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

La France dont l’engagement militaire au Sahel contre le terrorisme perdure bien au-delà de ce qui est souhaitable se trouve impliquée un peu malgré elle dans cet imbroglio politico-militaire. Il se confirme une énième fois que passer des accords militaires avec des gouvernements fantoches ne peut rapporter que des problèmes. Il faut donc y mettre fin de façon ordonnée mais décisive.

En République Centrafricaine, la soldatesque russe prend de plus en plus d’importance et c’est très bien ainsi. Elle est simplement de plus en plus difficilement compatible avec la présence de l’armée française dans ce pays, au risque de déclencher des incidents entre les mercenaires russes et les troupes française. Les Russes emploient leurs méthodes pour réduire les rébellions locales et elles sont probablement plus efficaces que celles que s’autorise l’armée française corsetée dans ses principes démocratiques. Il faut laisser la place aux Russes, ils sauront sans doute mieux faire que les militaires Français qui n’ont jamais vraiment quitté le pays depuis son indépendance.

Lire aussi : Les Russes en Centrafrique – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Publié le
Catégorisé comme Afrique

Détournements d’avion par des Etats

Le forban qui tient la Biélorussie sous sa botte depuis 1994 s’est illustré aujourd’hui en lançant un avion militaire détourner un avion civil de la compagnie Ryanair qui assurait une liaison Athènes-Vilnius, en survolant le territoire biélorusse. L’un des passagers de cet avion était un opposant recherché par la police politique locale. On ne connait pas encore tous les détails de cette rocambolesque affaire mais toujours est-il que l’avion civil a obtempéré, s’est posé sur l’aéroport de la capitale biélorusse et que l’opposant a été arrêté.

Le monde occidental s’émeut de ces pratiques de brigandage aéroporté et la France n’est pas la dernière à manifester sa désapprobation par la voie de son ministre des affaires étrangères :

Pour les plus jeunes, nous rappellerons ici que le 22/10/1956, en pleine guerre d’Algérie, la République française fit détourner par ses avions de chasse l’aéronef civil qui transportait du Maroc en Tunisie une partie de l’état-major politique du Front de libération nationale (FLN) qui menait la rébellion contre la colonisation française et pour l’indépendance de l’Algérie. Ce détournement réussit et une fois l’avion posé sur la base militaire de Boufarik les cinq dirigeants du FLN, dont Ben Bella, Aït Ahmed et Boudiaf sont arrêtés et emprisonnés. Ils ne seront libérés qu’en 1962 à l’indépendance de l’Algérie sans que leur privation de liberté n’ait changé grand-chose à la guerre d’indépendance en cours.

Certes cet acte de piratage international fut commis en d’autres temps, mais il n’est pas sûr qu’aujourd’hui la France soit la mieux placée pour reprocher à la Biélorussie d’avoir agi comme elle le fit en 1956… Un peu de modestie ne ferait pas de mal à la diplomatie française du XXIème siècle !

Des journalistes de circonstance

A l’occasion du énième embrasement israélo-palestinien, la presse internationale s’émeut d’une possible manipulation dont elle aurait été l’objet de la part de la communication de l’armée israélienne. Celle-ci a en effet communiqué que « l’armée israélienne est rentrée dans Gaza » avant de démentir quelques heures plus tard évoquant une erreur technique de sa part. La presse a immédiatement diffusé cette information sans la vérifier. Il semblerait que les militaires palestiniens se seraient alors positionnés dans les tunnels, construits et utilisés par eux pour sortir sous les frontières terrestres, que les avions israéliens auraient alors bombardés. Le service de communication militaire israélien s’est empressé d’affirmer qu’il n’y avait aucune manipulation de sa part…

Tout est possible et on ne saura sans doute jamais la vérité. En revanche, ce qui est une certitude c’est l’incompétence de journalistes qui ont pris pour argent comptant des informations issues d’un service de communication militaire avant de les répercuter sans vérification. On se demande ce que l’on enseigne dans les écoles de journalisme ?

Les armées ne sont pas vraiment réputées pour la fiabilité de leur communication qui relève plutôt de la propagande que de l’information objective, et l’on comprend bien pourquoi. Ne pas se méfier a priori de cette source et, qui plus est dans le cas d’espèce, ne pas vérifier de visu la présence de soldats israéliens dans Gaza avant de diffuser relève de la faute professionnelle grave. Mais l’attrait du scoop l’emporte depuis longtemps sur le professionnalisme, ce nouvel exemple vient encore le confirmer, hélas !

Le problème palestinien n’est pas réglé

Une nouvelle montée de tension se produit au Proche-Orient, cette fois-ci entre Israël et le mouvement Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza (ce mouvement est considéré comme « terroriste » par l’Europe et les Etats-Unis mais emporte les suffrages des électeurs de Gaza). On retrouve l’habituel déchaînement de violence largement asymétrique entre la puissance militaire de l’Etat d’Israël et celle plus réduite de la branche armée du Hamas ne disposant que de missiles à tirer sur son voisin du nord. On assiste également aux non moins habituelles polémiques en France sur « qui a commencé » et « qui a droit de se défendre », à grands coups de tribunes médiatiques et de manifestations de rue. Elles n’ont guère d’intérêt tant elles sont récurrentes à chaque conflit depuis des décennies et n’apportent strictement aucun élément de solution, mais au contraire un méli-mélo de parti-pris et de mauvaise foi. Ce qui est également très répétitif c’est que les contribuables européens, notamment, vont maintenant devoir payer pour reconstruire ce qui a été détruit. Cela se passe ainsi en moyenne tous les dix ans. Ainsi va l’actualité dans cette région depuis 1948…

Ce qui est plus intéressant aujourd’hui c’est de constater que la question palestinienne n’est toujours pas réglée et qu’elle se rappelle à ceux qui pensaient que quelques accords de reconnaissance mutuelle habilement négociés entre Israël et des Etats arabes en échange de concessions de circonstance auraient pu suffire à aplanir la revendication palestinienne. Ce n’est manifestement pas le cas. Puissance militaire et marchandages politiques montrent une nouvelle fois leurs limites.

La Bible nous apprend dans la Genèse que « Dieu a promis Israël au peuple juif » mais il n’a pas dit ce qu’il fallait faire des Palestiniens qui s’y trouvaient. Alors les hommes cherchent une solution. Celle toujours promue par la communauté internationale de deux Etats n’arrive pas à être mise en place. Celle, plus récente, d’un seul Etat grignotant petit à petit les territoires palestiniens semble montrer ses limites. Là où l’on aurait besoin d’intelligence et de bienveillance, les parties au conflit manifestent haine et violence.

Lire aussi : Israël se déchaîne – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

C’est simplement l’histoire, vieille comme le monde, d’un même territoire revendiqué par deux populations qui ne sont pas d’accord sur sa possession. Israël dispose de la puissance militaire, ses adversaires sont animés par la volonté de pas être chassés de chez eux. Le premier belligérant est par ailleurs assis sur un volcan avec une population arabe de nationalité israélienne d’environ 20% dont le taux de natalité est supérieur à celui du reste de la population. Il y a même des députés « arabes-israéliens » à la Knesset. L’épine est dans le pied… et à chaque fois qu’Israël annexe ou colonise un nouveau territoire elle « annexe » aussi la population arabe qui y réside. Pas sûr que la seule force réussisse à éteindre ce volcan. En tout cas elle n’y a pas réussi jusqu’ici et on peut douter que cela change à terme.

A la prochaine !

Le Soudan ne remboursera pas les contribuables français

A l’occasion d’une réunion multilatérale tenue à Paris sur le financement des économies africaines post-covid, la République française annonce qu’elle annule une créance d’environ 5 milliards de dollars qu’elle détient contre le Soudan. Cela veut dire que les contribuables français ne recouvriront pas 5 milliards de dollars qu’ils avaient « prêté » à ce pays.

Cette issue était bien entendu assez prévisible et annoncer officiellement cette annulation est une position hélas réaliste. En revanche, la vraie question qui n’est pas posée est de savoir par quels étranges mécanismes des décideurs français ont pu prêter 5 milliards de dollars au Soudan ces dernières années. Ce pays anglophone n’est pas particulièrement proche de la France, s’est illustré par des comportements non démocratiques, une guerre civile terrible qui a amené à la sécession du Soudan du Sud, des razzias de ses tribus esclavagistes dans toute la région, des crimes de guerre, etc. Le Soudan a abrité nombre de terroristes dont le vénézuélien Carlos, qui, finalement, sera enlevé par les services français avec l’accord tacite du gouvernement soudanais en 1994.

Comment a-t-on pu prêter 5 milliards de dollars à ce pays ? Peut-être pour favoriser la vente de produits ou de projets par des entreprises françaises ? Auquel cas il aurait mieux valu subventionner directement lesdites entreprises plutôt que de se donner l’illusion de prêter à un pays failli. 30 ans après le « discours de La Baule » par lequel le président Mitterrand annonçait que la France tempèrerait son aide en fonction de la démocratisation des pays récipiendaires, on découvre qu’elle continue de prêter les sous de ses contribuables à des débiteurs défaillants sur le plan financier comme sur celui de leur gouvernance.

Après cette nouvelle annulation de dette, en faveur du Soudan en l’occurrence, il est urgent que les mécanismes d’octroi de prêts publics, soient revus vers plus de rigueur pour empêcher l’hérésie financière que représente l’octroi d’un prêt au Soudan en 2021. S’il s’avère nécessaire que la France participe au financement du développement de ce pays il est préférable de le faire via les institutions multilatérales ou des dons bilatéraux mais en aucun cas avec les prêts publics qui ne sont que très rarement remboursés. Il est d’ailleurs permis de s’interroger sur la nécessité pour la France de financer le Soudan ? Compte tenu des moyens limités dont dispose la République il serait peut-être plus opportun de concentrer ces financements sur les pays en développement dont nous sommes plus proches.

Il suffit d’ouvrir un site web pour communiquer hors des réseaux dits « sociaux »

Après avoir pesté comme un beau diable sur la fermeture de ses comptes sur différents réseaux dits « sociaux » comme Twitter ou Facebook à la suite de l’invasion du Capitole par une bande de furieux, supporters de l’ex-président américain Trump, celui-ci s’est résolu à ouvrir son propre réseau où il peut désormais communiquer comme un grand sans passer sous la censure de groupes privés et il n’a plus qu’à respecter… son propre règlement pour être sûr d’être publié, ce qui ne devrait pas être trop compliqué. Le seul risque qu’il encourt serait que l’hébergeur de son site web le ferme mais si jamais c’était le cas il serait assez simple d’installer une batterie de serveurs dans sa cave pour devenir son propre hébergeur.

Le site est disponible en cliquant sur From the desk of Donald J. Trump et est promis à un bel avenir. Le dernier message concerne l’éviction de Liz Cheney de son poste de n°3 de la minorité républicaine du Sénat, ce qui ne va sans doute pas beaucoup porter à conséquence. L’impétrante avait eu le défaut d’affirmer haut et fort « plus jamais ça » en parlant de Trump après sa défaite aux dernières élections présidentielles. Elle en prend pour son grade dans le style toujours très fleuri du président déchu… :

Publié le
Catégorisé comme Amériques

STORA Benjamin, ‘Rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie’.

Sortie : 2021, Publié sur le site web de la Présidence de la République .

Accéder directement au rapport : Rapport Benjamin Stora

Les rapports politiques entre la France (ex-puissance colonisatrice) et l’Algérie (ex-puissance colonisée) n’ont jamais trouvé un rythme de croisière apaisé depuis l’indépendance de la seconde obtenue en 1962 après une guerre de décolonisation terrible et sordide. La relation franco-algérienne est au niveau politique un peu bipolaire, parfois bonne, souvent mauvaise, ce qui n’empêche pas des échanges de population constants et anciens basés sur un flux historique de la population important de l’Algérie vers la France.

Compte tenu des échanges humains toujours significatifs entres les deux rives de la Méditerranée, les ponts n’ayant jamais été coupés, les dirigeants des deux pays essayent régulièrement de fluidifier cette relation éruptive sans jamais vraiment aboutir tant leurs attentes respectives sont opposées, en attendant le prochain psychodrame qui ne manque généralement pas d’arriver… Les uns veulent recevoir des excuses, les autres ne veulent pas complètement abdiquer, le pouvoir algérien a basé toute sa légitimité sur sa victoire dans la guerre de libération contre la France quand sa population cherche des visas pour Paris, les autorités françaises doivent compromettre avec l’armée qui a mené la conquête en 1830 puis a été entraînée par le politique dans les « évènements » qui ont mené à l’indépendance et à bien des dérives à partir de 1954. Mais la France doit aussi prendre en compte les sentiments partagés des descendants des harkis, des rapatriés de 1962 et de sa forte population d’origine algérienne, qu’elle dispose d’une double-nationalité ou soit uniquement française, qu’elle soit assimilée ou pas. Stora estime que plus de 7 millions de résidents français sont toujours concernés « par la mémoire de l’Algérie ». Toute cette matière humaine s’enflamme de façon régulière et il est peu probable que le rapport Stora apaise vraiment la situation.

Dans sa lettre de mission à Benjamin Stora le président de la République mentionne :

« Je souhaite m’inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens. Le sujet de la colonisation et de la guerre d’Algérie a trop longtemps entravé la construction entre nos deux pays d’un destin commun en Méditerranée. Celles et ceux qui détiennent entre leurs mains l’avenir de l’Algérie et de la France n’ont aucune responsabilité dans les affrontements d’hier et ne peuvent en porter le poids. Le devoir de notre génération est de faire en sorte qu’ils n’en portent pas les stigmates pour écrire à leur tour leur histoire. Ce travail de mémoire, de vérité et de réconciliation, pour nous-mêmes et pour nos liens avec l’Algérie, n’est pas achevé et sera poursuivi. »

Le rapport est à la hauteur de sa commande, éthéré et bienveillant, mais que pouvait-il être d’autre ? Il formule quelques propositions consensuelles mais ne règlent pas le contentieux politique de fond. Il est donc clairement rejeté par les extrêmes et non lu par la masse. C’est un travail d’historien qui vient s’ajouter à bien d’autres. Il a le mérite de rassembler tous les travaux qui ont été menés depuis 1962 et de citer les principales interventions d’intellectuels et de politiques sur le sujet de la colonisation et la guerre d’Algérie. En fait, beaucoup a été dit et, surtout, fait pour tenter de partager l’Histoire des deux pays au-delà des déclarations politiciennes inutiles et des attaques permanentes des deux bords. C’est bien ainsi et le rapport Stora est une nouvelle pierre apportée à la construction d’une relation la moins mouvementée possible entre les deux ex-ennemis qui n’ont pas réussi à devenir amis.

Alors l’étude passe en revue la « singularité du conflit » et l’opposition « des mémoires », chaque partie a composé son histoire à l’aune de ses propres intérêts politiques et en fonction des groupes de pressions activistes dans chacun des deux pays. Le résultat n’est pas l’Histoire mais la cohabitation de deux récits. Néanmoins Stora tempère cette situation en citant les petits pas réalisés depuis 1962 entre les historiens et les intellectuels français et algériens, loin de la démagogie de la politique dont l’aveuglement a aussi participé à faire le lit de l’islamisme.

Il cite le traumatisme des « rapatriés » qui ont fuit l’Algérie en catastrophe en 1962 et ont été accueillis plutôt froidement en « métropole » qui a laissé des traces durables, y compris dans l’expression électorale. Le cas de ces français qui ont pris fait et cause pour l’indépendance, en métropole comme en Algérie, ceux qui ont « passé les valises » du FLN, les opposants à la guerre qui ont écrit pour s’exprimer pendant les évènements. Stora mentionne les innombrables colloques, séminaires ou ouvrages collectifs qui se sont déroulés depuis l’indépendance pour essayer de faire surnager l’intelligence d’un océan de slogans partisans, et se diriger, lentement, vers une tentative de réconciliation des hommes et des histoires. L’image est aussi un vecteur important de cette relation tumultueuse et de nombreux films documentaires et de fiction ont vu le jour, partisans ou pas, larmoyants ou violents, ils ont sans doute aussi participé à l’éveil des consciences sur ce conflit.

Le rapport revient sur l’évolution des relations économiques et politiques entre les deux pays depuis l’indépendance. Des relations agitées, parfois hystériques, de « devoirs de mémoire » en guerres des mémoires, de rappels d’ambassadeurs en sommations inutiles, de reconnaissances contrites en accusations excessives… ainsi va la vie 60 ans après les accords d’Evian signés en 1962 qui ont établi l’indépendance de l’Algérie. Malgré tous ces drames, les relations n’ont jamais cessé, rendant quasiment inextricables le lien entre les deux pays, mais aussi, donc, la continuation du conflit dans le domaine des déclarations enflammées, toujours préférable à celui des armes.

Stora termine sur un relevé de préconisations, une nouvelle série de petit pas symboliques comme la création d’une commission « Mémoires et vérité », des échanges facilités d’étudiants en histoire, des commémorations diverses, des constructions de stèles, la publication d’un « guide des disparus », un travail commun sur les sites irradiés par les essais nucléaires français dans le désert et les millions de mines posées aux frontières du Maroc et de la Tunisie, la relance des travaux sur les archives existant des deux côtés de la Méditerranée et leur traduction dans les deux langues nationales, etc. Certaines ont déjà commencé à être mis en œuvre récemment, comme la reconnaissance de l’assassinat par l’armée française du militant Maurice Audin ou de l’avocat Ali Boumendjel.

Le rapport Stora n’aboutit pas à une réconciliation politique impossible à imaginer tant que subsisteront des hommes ayant vécu la période de la guerre. Une fois ces derniers éteints, peut-être sera-t-il possible d’évoluer vers un peu plus de sérénité. Le fait d’avoir laissé croître un nombre de français concernés « par la mémoire de l’Algérie » en France rend sans doute incontournable le maintien de relations diplomatiques et humaines entre les deux pays. Les intérêts croisés sont tels que l’option de rupture est quasiment impossible à envisager même si elle doit travailler certains, des deux côtés. Le rapport Stora a été écrit dans cette optique d’une relation à apaiser, il est raisonnable.

Coup d’Etat au Tchad

Profitant du décès du chef de l’Etat tchadien, le maréchal Déby, dans des conditions encore mystérieuses, son fils, le général Déby, s’arroge le pouvoir à la tête d’une bande de généraux instituée en conseil militaire de transition, au mépris de la constitution de ce pays africain. Un galonné remplace un autre galonné via un coup d’Etat, en annonçant, bien sûr, le retour prochain à des élections, rien de très surprenant, surtout au Tchad ! Voila qui relativise une nouvelle fois cette volonté occidentale d’instaurer la démocratie sur le continent africain, entre autres.

La France qui a colonisé le Tchad jusqu’à son indépendance en 1960 s’est ensuite compromise avec ses gouvernements successifs qui ont accueilli des contingents de militaires français sur son sol, pour de plus ou moins bonnes raisons, de façon quasiment continue. Paris « rend hommage » au « grand ami » de la France ainsi disparu et s’inquiète de l’avenir de sa coopération militaire avec ce pays.

Alors que les Etats-Unis d’Amérique se retirent actuellement « sans conditions » de l’Afghanistan après 20 années d’aventure militaire, peut-être Paris pourrait aussi réviser sa politique africaine dans le même sens ?

Publié le
Catégorisé comme Afrique

Double nationalité, l’éternelle ambiguïté

On se souvient qu’après les attentats religieux de novembre 2015 en France un projet de réforme constitutionnelle avait été élaboré afin d’étendre la déchéance de la nationalité française aux binationaux nés français lorsqu’une telle personne avait été « condamnée pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ». Par suite de discussions politiciennes, le projet avait été finalement retiré après avoir provoqué beaucoup de remous et notamment la démission du ministre de la Justice de l’époque : Christine Taubira.

On apprend aujourd’hui que l’Algérie a envisagé un projet de même nature et vient de le retirer par suite des « incompréhensions » comme l’a annoncé le président de la République.

De même nature juridique, les objectifs recherchés n’étaient pas tout à fait similaires. La France visait des binationaux commettant des crimes sur son territoire, en clair des actes terroristes exécutés en France par des binationaux français alors que l’Algérie ciblait des binationaux algériens de la diaspora, coupables d’avoir commis des actions contraires à la « sécurité de l’Etat » à l’étranger.

Dans un cas, la France, il s’agissait de rendre expulsables des citoyens français binationaux, dans l’autre, l’Algérie, il fallait empêcher de revenir en Algérie des citoyens algériens binationaux.

Plus subtil, jusqu’à récemment, l’Algérie ne reconnaissait pas la double nationalité. Elle ne pouvait toutefois pas empêcher un Etat tiers de délivrer sa propre nationalité à un natif algérien et nombre de citoyens algériens possédaient une ou plusieurs autres nationalités, notamment française. Supprimer la nationalité algérienne à un citoyen qui, officiellement, ne peut pas en avoir une autre revenait à le rendre apatride, ce qui pose d’autres problèmes. Toutefois, depuis 2005 la pluri-nationalités est tolérée en Algérie, le Parlement ayant ainsi admis la réalité.

Toucher aux questions de nationalité est toujours un exercice délicat. Paris et Alger l’ont réalisé, chacun pour des motifs différents.