Cancans et vérités fiscales documentées

Dans un dîner en ville les hôtes abordent le sujet des Pigeons, corporation d’entrepreneurs ayant défendu ses intérêts avec succès et malhonnêteté intellectuelle. Nous en avons parlé ici mais revenons-y avec les documents officiels : le projet de Loi de finance 2013, document didactique plutôt bien écrit qui explique que l’objectif est soumettre les plus-values mobilières au barème de l’impôt sur le revenu et non plus à un prélèvement libératoire proportionnel de 19%.

Dès publication du projet les pigeons ont agité les réseaux sociaux, puisque c’est maintenant le nouvel endroit où il faut être vu et entendu, pour faire une description apocalyptique de ce statut fiscal qui allait les tondre, décourager tout esprit d’entreprise dans notre beau pays et entraîner un départ en exil de tous ces brillants cerveaux, exil à coté duquel celui des nobles et de chouans en 1789 passerait désormais pour une promenade de santé.

Certes les entrepreneurs vendant leur entreprises devaient soumettre leur éventuelle plus-value au taux marginal de leur impôt sur le revenu, mais ce qui a été passé soigneusement sous silence c’est que le dispositif prévoyait un système de quotient et d’abattement introduisant la notion de plus-value à court terme (revente de l’entreprise moins de deux ans après sa création ou son achat), plus taxée, et de plus-value à long terme avec imposition dégressive. Bref, comme à la maison lorsqu’un particulier revend son appartement, et encore, la progressivité de la décote étant bien plus longue pour l’investissement immobilier que mobilier (la plus-value met 30 années avant d’être complètement exonérée).

Afin d’inciter les contribuables à privilégier une épargne longue, et, transitoirement, d’atténuer la progressivité de l’imposition sur ces revenus acquis sur une période pluriannuelle, deux mécanismes sont proposés :
– un système de quotient variable en fonction de la durée de détention des titres cédés permettra de tenir compte du caractère pluriannuel de la plus-value pour les trois premières années d’application du barème progressif de l’IR (c’est-à-dire pour les cessions intervenues en 2012, 2013 et 2014). Le bénéfice du quotient s’appliquera sans condition de montant ;
– l’introduction d’un abattement proportionnel et progressif en fonction de la durée de détention des titres permettra de favoriser la détention longue. Il sera de 5% pour une durée de détention de deux à moins de quatre ans, 10 % pour une durée de quatre ans à moins de sept ans, puis sera augmenté de 5 points par année de détention supplémentaire au-delà de la sixième année, pour atteindre 40% la douzième année. La période de détention sera décomptée à partir du 1er janvier 2013 pour les titres

Projet de Loi de Finance 2013

Une page sur Facebook et le gouvernement a oublié son projet de progressivité pour revenir à la proportionnalité ; voilà la vérité, texte officiel à l’appui. Le plus incompréhensible c’est la facilité avec laquelle le gouvernement a cédé et l’incompétence des chroniqueurs mondains qui ne lisent même pas les textes et assènent des contre-vérités patentes en se drapant derrière le « devoir d’informer ». Ces gens font mal leur boulot.

Ce sera pour une autre fois

La fusion envisagée entre les groupes britannique et européen d’aéronautique et d’armement, BAE et EADS, ne se fera pas, du moins pour le moment, les gouvernements allemand et français n’ayant pas réussi à s’entendre. Il n’est pas sûr que cette non-fusion ne soit à déplorer.

Les beaux-parleurs du CAC40

Un quarteron de patrons du CAC40, salariés surpayés, publie une tribune pour réclamer qu’on les débarrasse de la patate chaude des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. C’est une vieille histoire, en gros l’impôt c’est bien mais quand ce sont d’autres qui le payent. Il s’agit donc de diminuer les charges des entreprises pour faire payer la protection sociale par les consommateurs via la TVA et les contribuables via la CSG. Les entreprises deviendraient plus compétitives et les citoyens un peu plus tondus. L’un dans l’autre, personne ne sait vraiment quel serait l’effet économique de ce petit jeu de transfert de charges.

Et tout le monde affirme être dans la ligne d’un rapport Gallois sur la compétitivité qui doit sortir la 5 novembre, que tout le monde commente sans l’avoir lu. Certains l’enterrent, d’autres le glorifient, mais le rapport n’est pas encore sorti. Comment font tous ces augures des plateaux médiatiques pour ainsi parler dans le vide ? C’est l’un des grands mystères de la Création.

Cessons de décorer n’importe qui !

Un scandale de pédophilie implique un ex-animateur de la BBC, décédé depuis, et fait grand bruit au Royaume-Uni car l’impétrant était anobli par la Reine et aurait été proposé pour une distinction papale. Eh oui ! Mais il faudrait aussi que la Couronne d’Angleterre, le Saint-Siège et tous autres gouvernements cessent de faire dans la pipolisation et de distribuer des décorations à tout va à des présentateurs télé, tout ça pour aspirer les votes de Mme. Michu.

Un présentateur télé, ça présente à la télé, éventuellement avec talent, mais en aucun cas ça ne mérite une décoration de la République ou de la Monarchie.

Boutique off-shore

Si vous avez besoin d’ouvrir une boutique off-shore pour y localiser quelques revenus qui échapperaient ainsi aux impôts français, eh bien rendez-vous 161 bis rue de la Roquette où cette officine vous propose ses services.

Un premier ministre sans histoires

Les chroniqueurs mondains et les journalistes savants continuent à s’attaquer au premier ministre Ayrault accusé de tous les maux. En fait ces stars des médias sont déconfites car elles aimeraient voir à Matignon un présentateur télé en costume cintré, affublé d’un compte Twitter et d’une page Facebook sur lesquels il publierait la couleur de ses chaussettes et les photos de bombasses hollywoodiennes qui fréquenteraient ses soirées dans un Ryad à Marrakech.

Hélas pour la vente de leurs journaux, elles ont écopé d’un premier ministre un peu tristoune en costume gris, dont la principale activité est de récolter les 40 milliards qu’il manque à la République pour son budget 2013, et non pas d’écouter les conseils sans intérêt de conseilleurs dont les papiers ne dépassent guère les 20 lignes et les chroniques les 45 secondes.

Tous ces mondains ont également été désespérés par l’absence de violences verbales entre Copé et Fillon qui passaient à la télévision en vue de l’élection du futur président de l’UMP. Enfer et damnation, les deux impétrants sont restés polis et mesurés, les chroniqueurs en restent muets car ils n’ont pas de temps à perdre à analyser le fond des programmes et des propositions. Alors ils ont qualifié le débat d’inintéressant et terne.

La folie des iles de la République

Dans un grand élan de responsabilité, le fiston de l’avocat corse assassiné, lui aussi avocat, explique doctement que c’est la police qui est responsable du meurtre de son père. C’est étrange cette capacité qu’ont les iles de la République à sans arrêt rejeter toute responsabilité sur le continent.

On a quand même l’impression ces dernières semaines qu’il y a tout de même un petit problème de violence et d’omerta au sein du « peuple corse ». Ce n’est sans doute pas la police qui appuie sur la gâchette de tous ces meurtres, mais on ne peut rien exclure. Après-tout on a bien vu un préfet incendier une paillotte… Ces iles rendent fous, c’est un phénomène sociologique qu’il faudrait un jour comprendre.

En attendant si le fiston a les noms des assassins de son père, qu’il ne se gêne pas pour les indiquer à la justice.

Choc de bla-bla-bla

Glissement sémantique, on passe du choc de compétitivité au pacte de compétitivité. En gros, quel que soit le patronyme retenu, le plan consiste à déplacer une masse de charges des entreprises vers les consommateurs et contribuables. On va donc payer ces charges sociales directement à l’Etat au lieu de les payer dans le prix des produits consommés. Le reste n’est que billevesées.

Baby-Copé

L’opposition a recruté un nouveau petit roquet : Geoffroy Didier, le cheveu châtain savamment ondulé rejeté en arrière, le menton volontaire et la joue creuse, la chemise blanche largement ouverte sur blazer bleu ; le garçon a l’arrogance et la futilité d’un vieux politicard, la mauvaise foi d’un professionnel aguerri et le niveau de raisonnement d’un peintre en bâtiment. C’est un baby-Copé promis à un grand avenir.

Et en plus il a la même tête que David Martinon, l’éphémère porte-parole de Sarkozy à l’Elysée et candidat UMP à la députation de Neuilly avant d’être trahi par l’un des rejetons Sarkozy.

La bougeotte des ministres

Avez-vous remarqué comment dès qu’un nouveau ministre français de l’éducation s’installe dans son fauteuil les premiers dossiers auxquels il s’attaque sont le calendrier des congés et l’étalement des heures de classe sur 4, 5 ou 6 jours. C’est comme une espèce de réflexe pavlovien : le nouveau ministre s’assied dans son nouveau fauteuil en cuir et il ouvre un parapheur pour signer l’arrêté qui va chambouler les horaires et les vacances. C’est ainsi, c’est surtout irrésistible, chaque nouveau ministre pense qu’il faut immédiatement bouleverser le calendrier scolaire pour exister.

Qu’est-ce qui intéresse les citoyens

Les journalistes savants et les analystes mondains glosent sans fin sur les « couacs » de nos gouvernants qui se prennent un peu les pieds dans le tapis de la communication déployé par les plateaux télé. Tout ceci n’a guère d’importance, ce qui compte c’est comment ces braves gens vont récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent à la République en 2013.

On peut imaginer que le peuple se moque de ces querelles picrocholines qui ne dépassent guère les rédactions de Paris intra-muros. Les sondeurs obsessionnels devraient sonder les citoyens sur leurs centres d’intérêt pour savoir s’ils sont plus intéressés par connaître (i) qui a la plus longue quéquette entre Copé et Fillon ou (ii) quels seront les taux et les assiettes des impôts du budget 2013.

Des pigeons escrocs

Dans la série des pleureuses, nous avons eu ces derniers jours le mouvement dit des Pigeons. Il s’agit d’entrepreneurs qui se sont élevés contre la soumission au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières, bref, leurs bénéfices réalisés lorsqu’ils revendent leurs entreprises. Nous avons eu droit à l’habituelle litanie des cris d’orfraies sur trop d’impôts tue l’impôt, le comportement anti-entrepreneur des socialistes, etc., etc., largement relayés par les aboyeurs de l’opposition.

Tout ceci est de bonne guerre en ces circonstances et le gouvernement a retiré son projet félon, mais le plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est qu’il a reposé sur une escroquerie intellectuelle menée de main de maître par les Pigeons et finalement fort peu relevée ni par le gouvernement ni par les journalistes mondains. Les volatiles râleurs ont tout simplement oublié de mentionner les abattements importants qui en fonction de la durée ramènent leur imposition à des taux raisonnables en période de faillite budgétaire de leur République. En gros, s’ils revendent leur entreprise au bout d’un an ils auraient dû payer 55% d’impôt sur la plus-value, c’est-à-dire qu’ils encaissaient 45% du bénéfice ; mais s’ils revendaient leurs entreprises au bout de cinq ans le taux retombait dans les 30%, ce qui n’est pas confiscatoire.

Il s’agissait donc d’aligner la fiscalité des plus-values mobilières sur celle des plus-values immobilières au niveau des principes : si tu vends rapidement après l’achat (ou la création) c’est qu’il y a une idée spéculative donc tu es taxé ; si tu gardes ton bien un certain temps avant de le revendre tu es moins taxé. Madame Michu lorsqu’elle vend son petit appartement respecte exactement ce principe. Les Pigeons n’y seront donc pas soumis.

Les ministres et la fumette

Le ministre de l’éducation Vincent Peillon affirme un truc du genre : « il faut débattre de la dépénalisation du canabis. » Cela provoque immédiatement un hourvari de politicards de toutes couleurs et le gouvernement contredit son ministre.

Après Cécile Duflot, écolo, qui avait sorti une saillie du même ordre il y a quelques semaines, la droite se régale de la permissivité de la gauche. Bon, que Peillon et Duflot fument des pétards le soir en rentrant chez eux, grand bien leur fasse, mais qu’ils discourent sans relâche sur ce sujet mineur laisse coi.

Ces ministres de la République devraient consacrer 110% de leur temps à la seule tâche qui vaille : récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent pour respecter les engagements de déficit public en 2013. Et donc, plutôt que de bosser, ils nous font part de leurs avis sur la fumette. On rêve, c’est du temps perdu, volé, ils ne sont pas payés pour ça !

Le lapin et le président

Entendu ce dimanche dans l’Esprit Public sur France-Culture de la part de Jean-Louis Bourlanges : « Hollande est comme un lapin pris dans les phares d’une voiture », porteur d’immenses espoirs qu’il sait irréalisables.

Des barbaries religieuses

Des talibans flinguent Malala une gamine de 14 ans qui était devenue l’égérie d’un mouvement anti-obscurantisme au Pakistan. Elle est entre la vie et la mort dans un hôpital du Swat. Des barbus amputent à tour de bras au Nord-Mali… avec une désespérante régularité, les religions continuent à proférer leur arriération.

Chris Isaak – 2012/10/12 – Paris le Grand Rex

Chris Isaak toujours vivant et de nouveau sur la route ! Les nostalgiques de Blue Hotel et autres Wicked Game sont au Grand Rex ce soir, et ne furent pas déçus.

Belle gueule, voix de velours, banane bien laquée, guitare romantique, costume west-coast noir avec fleurs imprimées, Chris n’a pas pris une ride ni perdu un pouce de son talent ! Son groupe est à peu près celui d’origine avec un peu d’embonpoint mais toujours ces glissandos déchirant sur les guitares réverbérées ; oh l’intro de Wicked Game : The world was on fire and no one could save me but you./ It’s strange what desire will make foolish people do./ I never dreamed that I’d meet somebody like you./ And I never dreamed that I’d lose somebody like you./ No, I don’t want to fall in love (This world is only gonna break your heart)/ With you…

Et nos cœurs se brisent comme la vague échoue sur la plage de San Francisco. Laissez le charme agir, nous voici transportés en Californie un soir de coucher de soleil sur la côte sauvage de Big Sur, autour d’un grand feu de bois crépitant… Bon, revenons sur terre pour constater que Chris a tout pour plaire mais n’a guère profité de ces dernières années pour renouveler le genre ni l’inspiration. Mais ne soyons pas chiens, c’est un bain de jouvence que nous offre le beau gosse et sa guitare, et un peu d’originalité tout de même lorsque la fin du show est entièrement acoustique et consacrée à des reprises d’Elvis, Johnny Cash…, et un inoubliable Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis pour terminer avec orgue Hammond B3 prenant feu et tout le tra-la-la. Chris charmeur vampirisé en Chris rockabily, il ne nous en fallait guère plus pour être heureux dans le skaï élimé du Grand Rex.

Setlist : (Instrumental I)/ American Boy/ Pretty Girls Don’t Cry/ Blue Hotel/ We’ve Got Tomorrow/ I Want Your Love/ San Francisco Days/ I’m Not Waiting/ Somebody’s Crying/ Wicked Game/ Best I Ever Had/ Dancin’/ Notice the Ring/ Baby Did a Bad Bad Thing/ Doin’ the Best I Can (Elvis Presley cover)/ Ring of Fire (Johnny Cash cover)/ Dixie Fried (Carl Perkins cover)/ Can’t Help Falling in Love (Elvis Presley cover)/ It’s Now or Never (Elvis Presley cover)/ She’s Not You (Elvis Presley cover)/ That Lucky Old Sun (Ray Charles cover)/ Live It Up/ Miss Pearl (Jimmy Wages cover)/ Great Balls of Fire (Jerry Lee Lewis cover)
Encore : (Instrumental II)/ Oh, Pretty Woman (Roy Orbison cover)/ Big Wide Wonderful World/ Worked It Out Wrong
Warmup : Auren

Radiohead – 2012/10/11 – Paris Bercy

Après les festivals de l’été les Radiohead sont à Paris pour deux Bercy et nous offrir une vraie féérie en sons, lumières et sommets musicaux. Le cadre de cette cathédrale parisienne leur permet d’y redéployer le light show d’origine de la tournée dont nous n’avions bénéficié que d’une version allégée pour les arènes de Nîmes.

Modestes et déterminés, ils allongent ce premier show parisien avec toutes les certitudes du groupe progressiste qui plane bien au-dessus de la planète rock depuis plus d’une décennie. Ils sont à Bercy comme chez eux, face au public français qui leur voue une passion méritée et une adoration croissante, quelques soient les chemins parfois tortueux où ils l’emmènent.

Musicalement le concert est similaire à celui de Nîmes en juillet, avec une set list un peu renouvelée mais dans laquelle on retrouve tout ce qu’il faut pour un fan de la première heure. L’espace de Bercy et le gigantisme du light show donne une allure scintillante à ce spectacle. Petits personnages aux pieds de fontaines de couleurs, on les croit tantôt nageant dans les lueurs bleuissantes d’un aquarium, tantôt sur les charbons ardents d’un fleuve de laves rougeoyantes. Les douze écrans mobiles se positionnent différemment pour chaque morceau, composant un puzzle magique sur les pièces duquel défilent de façon aléatoire et saccadée les images du groupe à l’œuvre, et quelle Œuvre !

Les Radiohead déploient toute leur science du rock moderne avec une sensibilité qui n’a d’égal que leur professionnalisme. Les guitares se superposent aux machines pour mener le dialogue de l’électronique sur lequel plane la voix éthérée et irréel de Thom. La double-batterie marque le beat, les rythmes se bousculent, les sons se brisent, Thom danse à sa façon de pantin désarticulé et mène Bercy à sa baguette, chantant les yeux fermés, balançant la tête devant le micro tel un lion derrière ses barreaux. Le show est un concentré de pure énergie dont l’inventivité laisse, comme toujours, pantois d’admiration. Paranoid Android termine le premier set et assène l’uppercut presque final à un public épuisé de bonheur :

Rain down, rain down/ Come on rain down on me/ That’s it, sir/ You’re leaving/ The crackle of pigskin/ The dust and the screaming/ The yuppies networking/ The panic, the vomit/ The panic, the vomit/ God loves his children, God loves his children, yeah!

Trois rappels prolongent l’expérience d’une heure supplémentaire jusqu’à Idiotheque qui pousse les spectateurs vers la sortie.

Setlist : Lotus Flower/ Airbag/ Bloom/ Kid A/ Myxomatosis/ Bodysnatchers/ The Gloaming/ Separator/ Meeting in the Aisle/ Nude/ Pyramid Song/ Reckoner/ There There/ The National Anthem/ Feral/ Paranoid Android
Encore : Give Up the Ghost/ Supercollider/ Lucky/ Morning Mr. Magpie/ Street Spirit (Fade Out)
Encore 2 : Staircase/Everything in Its Right Place (w/ Björk’s « Unravel » intro)
Encore 3 : Idiotheque
Warm up : Caribou

 

Richard Hawley – 2012/10/10 – Paris la Cigale

Richard Hawley à la Cigale ce soir pour la sortie de son nouveau disque Standing At The Sky’s Edge. Grimmé façon Teddy-boy, jeans et cuir, mèche rebelle et gominée, mais toujours une voix de velours qui emporte tout sur son passage.

Quatre musiciens (bass, guitare, clavier & batterie) l’entourent, un pupitre devant lui, l’homme est serein et une réverbération dantesque nous donne l’impression d’assister à un office dans une cathédrale.

Le dernier disque est plutôt rock-énergique dans ses rythmes, mais passablement sombre dans ses textes qui racontent nos temps hallucinés. Le show démarre sur Standing at the Sky’s Edge, l’histoire morbide d’un Joseph qui tue sa femme et ses enfants, d’une Mary qui vend son corps pour se payer des chaussures avant de finir en prison…

They were standing at the sky’s edge/ And out there, there’s dangerous thinking/ They were standing at the river’s edge/ And watched their lives, slowly sinking away, away, away.

On se croirait dans Berlin de Lou Reed.

Le reste du disque est à l’avenant, il n’y est question que de solitude, d’amour mal embringués et d’âmes dévastées. Mais ces histoires sordides sont déclinées avec une voix formatée pour envoûter, et elle n’y manque pas. Sur scène les chansons sont étendues à l’infini et parsemées de solos de guitare réverbérés, de glissandos dégoulinants évoquant de la musique hawaïenne, mais aussi de sévères attaques sur les cordes, à réveiller les morts.

The Ocean termine le concert, une merveille de douceur tragique qui nous emporte. Richard Hawley extirpe sa musique du fond de son cœur et triture ses guitares pour nous dévoiler ses tourments. Guitariste hors pair, charmeur déprimant, poète maudit, un grand musicien qui rencontre un succès d’estime et fait vibrer d’émotion les salles où il se produit.

Setlist : Standing at the Sky’s Edge/ Don’t Stare at the Sun/ Hotel Room/ Tonight the Streets Are Ours/ Seek It/ Soldier On/ Leave Your Body Behind You/ Before/ Open Up Your Door/ Remorse Code/ Time Will Bring You Winter/ Down in the Woods/
Encore : Lady Solitude/ The Ocean

Il est temps d’arrêter M. Devedjian !

Patrick Devedjian, 68 ans, voit son élection de député invalidée par le conseil constitutionnel pour quelque obscur motif de suppléant qui n’aurait pas démissionné quand il fallait. Le garçon a acquis quelques galons de reconnaissance quand il s’est opposé au népotisme de la famille Sarkozy qui voulait placer le fiston à la tête de l’établissement gérant le site immobilier de la défense. Il reste malgré tout un requin nageant dans les eaux trouble de la politique depuis des décennies. Il a croqué bien des poissons, petits et moyens. A 68 ans il ferait mieux de se retirer et de laisser la place aux jeunes, il a fait son temps.