Terrorisme, sans doute religieux, à Istanbul

Drapeau_TurquiePrès de 45 morts et 250 blessés à l’aéroport d’Istanbul suite à une attaque suicide de trois terroristes ce 28 juin 2016 qui tirent sur la foule puis se font exploser avec leurs ceintures d’explosifs dans le hall des départs. L’attentat n’a pas encore été revendiqué mais il est probable qu’il soit la suite de ceux de Paris et de Bruxelles commis dans des conditions similaires. La Turquie étant confrontée également à des vagues terroristes de mouvements extrémistes kurdes il peut y avoir encore quelques doutes sur l’origine de celui d’aujourd’hui.

Chopin au Luxembourg

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Au jour et à l’heure d’un match de ballon entre une équipe de France et on ne sait plus trop qui, il restait encore quelques citoyens pour préférer assister au festival Chopin au jardin du Luxemburg plutôt que de déguster des pizzas molles devant leur télévision. Ils purent ainsi écouter le délicat récital de Jean-Marc Luisada installé sous le kiosque à musique.

Bonne nouvelle, la CGT sait lire

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Le conflit encours sur le projet de loi « Travail » montre au moins une chose : les syndicats ouvriers savent lire et comprendre ce qu’il y a entre les lignes ! L’objectif général répété en boucle depuis des années par les syndicats patronaux et les responsables politiques est de rétablir la compétitivité des entreprises en baissant le coût du travail. Baisser le coût du travail cela veut dire (i) que l’on va travailler plus pour le même salaire ou autant pour un salaire inférieur et (ii) que l’on va diminuer massivement les prestations sociales financées sur le travail (assurances maladie, chômage et vieillesse), car si l’on veut baisser les prélèvements sociaux il va bien falloir que l’on diminue aussi les prestations sociales financées par ces prélèvements, y compris les retraites.

Baisser le coût du travail cela veut dire une diminution du niveau de vie moyen mais avec l’espoir de voir le chômage reculer et plus de travailleurs revenir à l’emploi. Une fois rétabli le plein emploi les salaires pourraient recommencer à grimper si l’offre de travail est inférieure à la demande. C’est une autre façon de partager le marché du travail : alors que la loi sur les 35 heures limitait la quantité (les heures travaillées) pour mieux répartir les travailleurs sur marché (avec des résultats mitigés) le projet actuel est d’augmenter la demande de travail en en limitant le prix unitaire (celui de l’heure de travail) ce qui devrait ouvrir le marché du travail à plus de chômeurs. C’est une opposition théorique classique entre les tenants de l’Etat qui administre l’offre et la demande (dont le Gosplan soviétique est le pire exemple) et les libéraux qui laissent Monsieur le Marché trouver le point d’équilibre entre l’offre et la demande par le prix (dont les salaires et bonus démesurés versés certains pédégés et fouteballeurs illustre les excès).

Nombre de pays européens ont cherché à baisser ce coût du travail en précarisant l’emploi : en baissant le prix on a accru la demande, c’est un principe assez simple de l’économie libérale, généralement compris de la majorité. Ce qui est beaucoup moins bien entendu, et en tout cas très peu expliqué par les dirigeants et les médias, c’est que baisser le coût du travail veut dire que celui-ci va être moins rémunéré.

Cette fameuse inversion de la hiérarchie des normes introduite dans le projet de loi permettra aux accords d’entreprises de s’imposer à la loi dans certaines conditions et dans des domaines très limités, notamment celui du paiement des heures supplémentaires. Imagine-t-on un seul instant que lorsque de tels accords émergeront ils puissent être plus favorables que la loi ? Evidemment non, ils seront dans leur immense majorité moins favorables et c’est ainsi que l’on baissera le coût du travail.

La CGT et les syndicats contestataires l’ont bien compris et ils se battent avec outrance contre ce projet de loi avec leurs moyens de lutte habituels. Le syndicat patronal est aux abonnés absents, laisse le gouvernement actuel batailler et faire comprendre aux français que leur niveau de vie moyen va devoir baisser pour rétablir la compétitivité des entreprises !

Chacun est dans son rôle en faisant assaut de faux-jetonnerie, de slogans grandiloquents et refusant d’expliquer la vraie vie car la baisse de la rémunération du travail n’est jamais un argument électoral très porteur pour des syndicats ou des gouvernements.

GARY Romain, ‘Le sens de ma vie’.

Sortie : 2014, Chez : folio 6011.

Script d’une interview radio donnée par Romain Gary en 1980 quelques mois avant qu’il se donne la mort, le 2 décembre 1980, ce texte permet de revenir sur le parcours flamboyant de cet homme exceptionnel. Emigré russe « blanc » à Nice avec sa mère après avoir traversé l’Europe agitée par la révolution bolchévique d’entre les deux guerres, aviateur durant la seconde, il rallie Londres et le Général de Gaulle en 1940, intègre la Royal Air Force, commence à écrire entre deux missions de bombardement, devient diplomate après la libération tout en continuant à publier, épouse une actrice de la Nouvelle Vague, touche au cinéma et, surtout, porte un regard lucide sur le monde de sa génération à travers des romans visionnaires (« Les racines du ciel » prix Goncourt, « Adieu Gary Cooper »,…) et des récits autobiographiques dans lesquels il revient souvent sur la relation avec sa mère (« La promesse de l’aube ») qui l’a porté dans son ambition et fait partager son amour respectueux pour la France.

Romain Gary fut un véritable héros et un grand écrivain, il publia même sous le pseudonyme d’Emile Ajar et obtint un second prix Goncourt avec « La vie devant soi », la manipulation n’étant révélée qu’après sa mort.

Ce texte de fin de vie est celui d’un homme revenu de bien de ses illusions, conscient du déclin de l’Occident. Ce désespoir lucide est poignant surtout que l’on sait maintenant que cet auteur majeur mis fin à ses jours peu de temps après.

Neil Young & Promise of the Real – 2016/06/23 – Paris Bercy

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Trois ans après son dernier passage à Bercy avec les Crazy Horses, revoici Neil Youg avec les Promise of the Real, un groupe de gamins (deux guitaristes [tous deux fils de Willie Nelson], un bassiste, un percussionniste et un batteur) qui pourraient être les petits-enfants du Maître et qui entourent celui-ci dans la deuxième partie du show avec tendresse et efficacité.

Neil est vêtu d’un ample T-shirt siglé « EARTH » (le titre de son dernier disque live, son combat de toujours finalement) sous son inévitable chemise de bucheron canadien et de son inénarrable chapeau feutre noir sur cheveux filasses, rouflaquettes blanches et opulentes. Il apparaît seul en scène, avec guitare et harmonica, pour un set acoustique qui donne la chair de poule à un public qui a connu le rock des années 70. Et c’est un doux retour sur Harvest avec After the Goldrush et Heart of Gold, la voix nasillarde fredonne ces refrains d’une génération dans l’émotion générale : I want to live/ I want to give/ I’ve been a miner for a heart of gold… Quelques chansons sont jouées aux claviers, dont un vieil harmonium sur lequel trône une botte de femme de mauvaise vie. De même que traîne sur la scène tout un fatras de totems indiens et d’amplis entassés les uns sur les autres.

Et lorsque les Promise of the Real débarquent après le passage d’une simili-équipe de désinfection grimée en techniciens malfaisant de Monsanto qui enfument la scène comme s’ils déversaient des pesticides dans nos champs (son dernier disque studio s’appelle The Monsanto Years), le groupe continue sur la lancée de Harvest avec notamment le célébrissime et mélancolique Old Man. Et Neil de raconter comment il a apprécié la vision des campagnes françaises lors des voyages dans le bus de tournée. Après quelques mots en français il précise qu’il eut une girlfriend québécoise tout en levant les bras au ciel l’air de dire : « désolé » ou plutôt : « Mon Dieu, que le temps passe ! ».

Et puis l’électricité se met à parler et l’on retrouve le Neil Young teigneux et pugnace, guitariste de génie, qui allonge à l’infini ses morceaux, accroché à sa guitare. Le son est puissant, les riffs lourds, les trois guitaristes unis s’échangent le front de la scène pour des solos de vieux grognards de la 6 cordes, laissant tout de même avec respect le Maître sous les spots qui lui réussissent si bien. Mais au cœur de l’ouragan électrique on retrouve son souffle alors que Neil se rapproche de son micro pour assumer de sa voix chevrotante ses paroles de révolté.

Et lorsque le groupe se laisse aller à un rock furieux qui envahit Bercy de sons stridents, Neil Young déploie tous ses talents de guitariste grunge sur une Gibson élimée aux sons étranges, bien loin des ballades romantiques qui débutèrent la soirée et animent encore nos plus vieux souvenirs de l’artiste canadien. Trois heures plus tard, c’est sur le refrain repris à l’infini dans un délire de guitares « Keep on Rockin’ in the free World » que se termine un show éblouissant : …Got a man of the people,/ says keep hope alive/ Got fuel to burn,/ got roads to drive./  / Keep on rockin’ in the free world,/ Keep on rockin’ in the free world/ Keep on rockin’ in the free world,/ Keep on rockin’ in the free world…

Setlist :
Solo intro to the set
After the Gold Rush (After the Goldrush – 1970)/ Heart of Gold (Harvest – 1972)/ The Needle and the Damage Done (Harvest – 1972)/ Comes a Time (Comes a Time – 1978)/ Mother Earth (Natural Anthem) (Ragged Glory – 1990)
with Promise of the Real
Out on the Weekend (Harvest – 1972)/ Old Man (Harvest – 1972)/ Human Highway (Comes a Time – 1978)/ La vie en rose (Édith Piaf cover) (Piano and vocals Lukas Nelson)/ Someday (Freedom – 1989)/ Alabama (Harvest – 1972)/ Words (Between the Lines of Age) (Harvest – 1972)/ Winterlong (Decade – 1977)/ If I Could Have Her Tonight (Neil Young – 1969)/ Love to Burn (Ragged Glory – 1990)/ Mansion on the Hill (Ragged Glory – 1990)/ Western Hero (Sleeps with Angels – 1994)/ Vampire Blues (On the Beach – 1974)/ After the Garden (Living with War – 2006)/ Country Home (Ragged Glory – 1990)/ Everybody Knows This Is Nowhere (Everybody Knows This Is Nowhere – 1969)/ I’ve Been Waiting for You (Neil Young – 1969)/ Rockin’ in the Free World (Freedom – 1989)
Encore:
Like an Inca (Trans – 1982)
Warmup : Charles Pasi

La kronic de Julia :

On a sweltering evening, Bercy’s Arena filled up with thousands of people – mostly in their fifties and sixties – ready to welcome one of the last living legends of the 20th century rock music history. Fresh beer does its best to cool throats in the moist air, and so, at 8.20pm it begins. Neil Young appears on stage, alone, as if he has just returned from work in a field. Dressed in faded black, a shapeless t-shirt with the word EARTH that covers his round belly, whilst an old dusty hat hides his face. Sat at the piano in the left corner of the stage, Neil Young strikes up the first notes of After the Goldrush, the iconic song of the Harvest album (1972). Then he switches for an old acoustic guitar and for 20 minutes strings together some of his most famous folk songs. Alone on stage and with no words for his audience, the 70year old Canadian musician and environmental activist doesn’t seem to care about us at all, which doesn’t foretell anything good…

This is without taking into account his band, Promise of the Real, composed of two guitar players – Lukas and Micah Nelson, sons of country legend Willie Nelson –, a bassist, a drummer and a percussionist. With an average age around 25 – they could all be his grandsons – they bring a sudden freshness to the stage. Surrounded by this bunch of young guys in slim jeans and long hair, Neil Young seems boosted by a new energy and grabs a frayed Gibson Les Paul. Three hours of electric rock concert ensues, during which we all fear that he might suddenly fall onto the stage, laid low by a heart attack.

However, nothing like this happens. On the contrary, Neil Young has never looked so young (forgive the unintentional pun). Despite several technical issues – out of tune guitars, broken pedals and so on – the show responds to all our hopes. At some point, one of the Nelson brothers sits at the piano and gives a heart-breaking rendition of La vie en rose. Bercy is in tears and is taken back to that evening of Friday 13 November 2015.

The gig reached its peak when the band played a 20-minutes long rendition of Rockin’ In the Free World, Young’s political and environmental manifesto from 1989:

I see a woman in the night With a baby in her hand Under an old street light Near a garbage can/ Now she puts the kid away,/ and she's gone to get a hit /  She hates her life,/ and what she's done to it/ There's one more kid/ that will never go to school/ Never get to fall in love,/ never get to be cool./ Keep on rockin' in the free world,/ Keep on rockin' in the free world/ Keep on rockin' in the free world,/ Keep on rockin' in the free world./ 

We got a thousand points of light/ For the homeless man/ We got a kinder, gentler,/ Machine gun hand/ We got department stores/ and toilet paper/ Got Styrofoam boxes/ for the ozone layer/ Got a man of the people,/ says keep hope alive/ Got fuel to burn,/ got roads to drive...

The stage is electrified; Corey McCormick, the bass player is jumping on the spot, reminding me of a young Flea in the best years of the Red Hot Chili Peppers. It all comes to an end after a 15-minutes long encore. The band, like the audience, is exhausted, but they still find enough energy to form a circle and bounce like a group of kids. Neil Young is one of them and proves one more that he is not ready yet to join this Earth that he loves and defends so ardently.

Transactions déprimantes

Voilà déjà bien longtemps que les chaînes de distribution culturelle consacrent de moins en moins d’espace à la vente des CDs. Le marché de ces produits n’est guère en forme, les nouvelles générations préférant télécharger la musique sur leurs aïe-phones plutôt que d’encombrer leurs bibliothèques avec des CD. C’est ainsi ! Le chroniqueur attristé est donc contraint de passer ses commandes sur Internet et de se les faire livrer dans un point relais de son quartier, généralement la supérette du coin de la rue. Cette fois-ci le point relais désigné était une machine où après avoir tapé deux mots de passe reçu sur son smartphone le chroniqueur ébahi a vu une petite porte métallique s’ouvrir dans le mur et lui donner accès à sa commande.

Résumons : la commande passée sur un écran d’ordinateur via un réseau numérique été payée par une transaction bancaire automatique et délivrée par une machine, le paquetage ayant probablement été également confectionné par un robot. Sans doute un ou deux humains ont touché, peut-être, cette commande au cours de son cheminement. Mais deux est probablement un chiffre encore trop optimiste.

De modernisation de l’économie en amélioration de la compétitivité du travail, il faudra un jour faire le bilan exact et englobant de cette numérisation forcenée de nos vies.

BOURSEILLER Christophe & PENOT-LACASSAGNE Olivier, ‘Contre-cultures !’.

Sortie : 2013, Chez : Chez CNRS Editions.

Acquis à la boutique de l’exposition « The Velvet Underground – New York Extravaganza » en 2016 à la Philharmonie de Paris, cet ouvrage scientifique théorise de façon ennuyeuse toute la créativité et l’énergie de la période artistique et musicale d’Andy Warhol et de ses créations dans le New York des années 60/70 telle que présentée dans cette magnifique rétrospective du Velvet Underground dans son environnement !

Fruit des interventions produites lors d’un colloque intitulé « Contre-cultures : de la révolution culturelle au dépassement de l’art » cet ouvrage est signé de deux universitaires-écrivains, un peu sociologues sur les bords, période campus de Vincennes, qui reviennent sur les différents courants intellectuels qui ont animé les années 60 : de Ginsberg à Guy Debord en passant par Marcuse, des hippies aux situationnistes, du flower-power aux punks, sans oublier Deleuze et Foucault.

Elitistes et plutôt incompris à leur époque, ces poètes-philosophes-révolutionnaires ont pavé les routes des contre-cultures et libéré des créateurs plus populaires qui surent mettre à la disposition des masses la musique et la poésie urbaine emmenées par des Lou Reed et, plus tard, autres Sex Pistols.

Merci aux contribuables français qui ont encore les moyens de financer des colloques du CNRS sur les contre-cultures !

Lire aussi The Velvet Underground – New York Extravaganza

 

Bêtise et abrutissement

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A l’occasion de la sortie mondiale du dernier disque de Radiohead, un magasin turc d’Istanbul organisant des écoutes de A Moon shaped Pool est attaqué par des religieux musulmans mécontents de cette dérive culturelle et musicale pendant le mois de ramadan. Encore un drame de la bêtise crasse… L’intelligence vaincra, d’ailleurs le chroniqueur va de ce pas acheter A Moon shaped Pool en vente depuis hier dans les bacs.

Attentat religieux islamique près de Paris

Un couple de policiers a été tué à coups de couteaux à son domicile lundi 13 juin par un terroriste islamique, citoyen français de naissance, qui est ensuite abattu par les forces de sécurité. Un enfant de trois ans est retrouvé vivant dans la maison une fois que celle-ci fut  investie par la police.

L’assassin une fois commis son méfait et avant l’attaque par la police de la maison où il était retranché a posté en direct une vidéo dans laquelle il revendique son crime au nom du groupe Etat Islamique, il aurait également publié des photos des cadavres. Le père a été tué à l’extérieur de la maison, la mère égorgée à l’intérieur, on ne sait pas si l’enfant a assisté au crime, en tout cas il n’en n’était pas très éloigné.

La sauvagerie de ces actes inspirés par Dieu laisse sans voix. Restons optimistes, la civilisation vaincra cette bestialité criminelle d’un autre âge !

Attentat religieux islamique aux Etats-Unis d’Amérique

Drapeau_Etats-UnisUn terroriste islamique, citoyen américain de naissance, tue une cinquantaine de personnes en tirant au hasard à l’intérieur d’une boîte de nuit d’Orlando en Floride fréquentée par la communauté homosexuelle. Il a ensuite été abattu par les forces de sécurité. C’est la redite de l’attentat du Bataclan en novembre dernier à Paris avec de plus une note homophobe. Le mélange fermenté dans des esprits dérangés de haines recuites contre la musique, les loisirs, les occidentaux, qui plus est lorsqu’ils sont homosexuels, la laïcité, déclenche ces comportements homicides à travers la planète. Pour le moment il n’y a pas de solution miracle contre les menées terroristes religieuses de citoyens dans leur propre pays.

Les dirigeants turcs au bord de l’hystérie

Drapeau_TurquieLe parlement allemand vient d’adopter une résolution reconnaissant plus ou moins le génocide commis par la Turquie en Arménie avec l’aide, ou tout au moins le silence coupable, du IIIème Reich allemand. Compte tenu de la forte et ancienne immigration turque en Allemagne, le parlement de ce pays compte nombre de députés d’origine turque dont onze d’entre eux ont voté pour le texte. Le président turc, plutôt du genre nerveux, s’est aussitôt répandu dans les médias :

« Des Turcs, disent certains. Quels Turcs ! Leur sang devrait être analysé par un laboratoire… on sait de toute façon de qui ils [les onze députés d’origine turque] sont les porte-parole. Ils sont l’extension en Allemagne d’organisations terroristes séparatistes en Turquie… Leur sang est, au bout du compte, impur. »

Tout en nuance et subtilité…

Fouteballe et économie de marché

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Ibrahimovic, un fouteballeux surpayé par un club parisien de ballon fait la une du journal Le Monde à l’occasion de son départ dudit club et commet une interview de deux pages dans laquelle il répond notamment à une question sur ses émoluments :

C’est quoi « beaucoup » ? Je ne sais pas ce que c‘est « beaucoup ». Pour moi, on achète des joueurs sur le marché qui ne devraient même pas s’y trouver. Mais c’est le marché qui décide des prix et non la passion ou les médias. Et si c’est « beaucoup » ou pas, ce n’est pas mon problème. Mon souci, c’est de voir ce que dit le marché. Si le marché dit : « Ça, c’est votre prix. Voici ce que dit le marché. » Si un autre joueur gagne tant, et que moi je suis dix fois meilleur que lui, combien ça fait ? Dix fois plus.

Voilà une définition du marché que même Goldman Sachs ou Guillaume Roquette (chef et chroniqueur du FigMag) ne contesteraient pas.

De l’Euro aux JO

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Les troubles actuels touchant la compétition européenne de ballon organisée en France (grèves sociales, affrontements entre supporters-avinés, etc.) pourraient avoir un avantage collatéral : le rejet de la candidature de la ville de Paris à l’organisation des jeux olympiques (JO) de 2024 !

La République aurait tout à y gagner et pourrait consacrer ses ressources limitées à des dépenses plus utiles au développement du pays et à l’épanouissement de ses citoyens. Alors que tous les candidats de l’opposition à l’élection présidentielle de 2017 présentent des programmes de réduction de la dépense publique de l’ordre d’un centaine de milliards sur la durée du quinquennat, en renonçant à l’organisation des jeux olympiques en 2024 (comme l’ont déjà fait les villes de Boston et de Hambourg) ils économisent des dépenses inutiles et, de plus, et évitent une amputation de leurs recettes puisque la société organisatrice de cet évènement, résidant en Suisse, exige l’exonération d’impôts et taxes du business des jeux.

Le fouteballe tel qu’il est

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Des supporters avinés se battent sauvagement à Marseille en préambule et après un match de ballon opposant la Russie et l’Angleterre. Il y a des blessés graves et la ville compte des dégâts importants. Des bagarres moins gaves se sont produites à Nice dans le cadre d’un affrontement Pologne-Irlande.

Ces évènements ont un coût : frais d’hospitalisation, de remise en état des rues saccagées, d’entretien des forces de police considérables, etc. Et pendant ce temps, la société organisatrice de cette compétition européenne de ballon, résidant en Suisse, bénéficie d’une exonération totale d’impôts et taxes délivrée par quatre ministres inconséquents de la République : MM. Kanner, Eckert, Sapin et Valls. Faisons un rêve : est-ce que la République pourrait au moins présenter la facture à la société organisatrice suisse au lieu de la laisser à la charge de ses contribuables ? En voyons au moins cette facture, ce serait déjà une petite satisfaction même si elle reste impayée !

Au moins la solution de ce problème de violence endémique est connue et facilement applicable : il suffit de ne pas organiser ces matchs ! Personne n’oblige les villes de Nice ou de Marseille à se porter candidates à de tels jeux du stade.

Lire aussi : L’escroquerie continue

Consternation à l’Elysée

Le nouveau directeur de cabinet du président de la République est un préfet qui a été dix années durant directeur général de… la ligue de fouteballe professionnelle française. Cette seule fonction aurait dû suffire à le disqualifier pour toujours et à jamais de toutes responsabilités d’importance pour la République. Après s’être compromis à de hautes fonctions dans un monde d’argent-roi, de corruption et d’abrutissement, on ne devrait pas pouvoir servir l’intérêt général et la République dans le cœur du pouvoir que représente la présidence de ladite République !

Fouteballe, encore un drame de l’alcool

Des supporters-avinés britanniques se battent avec des supporters-avinés russes arbitrés par des supporters-avinés marseillais dans l’attente d’un match de ballon qui doit se dérouler dans cette ville samedi soir. C’est un peu la course de la bêtise contre l’abrutissement. On se demande d’ailleurs ce que vient faire la Russie dans une compétition européenne ! Sans doute un effet des connaissances limitées de dirigeants fouteballeux plus au fait de la géographie des paradis fiscaux que de celle des continents.

Rappelons que l’organisateur de cette compétition, résident suisse, a été honteusement exonéré de tous impôts et taxes de droit français par un quatuor de ministres irresponsables, oubliant l’intérêt général : MM. Kanner, Eckert, Sapin et Valls.

Lire aussi : L’escroquerie continue

Marquet au musée d’art moderne de Paris

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Peintre français de la première moitié du XXème siècle Albert Marquet fut l’ami de Matisse et a peint Paris sur Seine, la mer en Normandie, les grands ports d’Europe du Nord, celui de Marseille, celui d’Alger (ville où il vécut plusieurs années). Timide et discret il esquisse à peine les personnages et les objets pour laisser éclater les paysages et les couleurs : celles de la brume sur l’Ile de la Cité, de la pluie à Hambourg ou des plages normandes. Une très jolie rétrospective au musée d’art moderne de Paris.

La débâcle

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Ce soir commence la débâcle française de l’Euro de fouteballe avec un gigantesque encombrement au centre de Paris où la fan-zone du Champs de Mars accueille le concert inaugural de cette compétition. Un peu de culture (si l’on ose dire s’agissant d’un concert de David Guetta) au milieu d’un déluge de fouteballe n’est pas à proprement parler une si mauvaise nouvelle, mais enfin, l’idée d’un mois complet de compétition de baballe qui vont obnubiler le pays entier trente jours durant est un peu déprimante… Seule la CGT ne semble pas prête à oublier ses revendications durant les jeux, mais cela ne va pas forcément nous remonter le moral.

Un mois de fans avinés, d’intellectuels devisant des dribles sur les plateaux télévisés, de politicards paradant dans les stades pour faire populo, de journalistes vociférant dans les micros, bref un douzième de notre année 2016 consacrée à un sévère abrutissement des masses et un appauvrissement de la République du fait de l’exonération fiscale inique attribuée le 23 juillet 2015 par un trio de ministres peu soucieux de l’intérêt général (Kanner, Eckert et Sapin) à l’organisateur helvétique de cette compétition.

Lire aussi L’escroquerie fouteballistique continue

Fillon, libéral en chocolat

François Fillon, libéral de programme électoral, l’homme qui veut réduire la dépense publique de 110 milliards d’euros au cours d’un quinquennat dont il serait président, en plus de revenir à 39 heures de travail hebdomadaire, passer l’âge de la retraite à 65 ans, supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune, bref appliquer à la France un vrai programme économique libéral tel qu’il n’a jamais été tenté (et encore moins durant les cinq années durant lesquelles ledit Fillon était premier ministre), commence à mettre un peu d’eau dans son vin. Peut-être inspiré par les mouvements sociaux (limités) en cours qui rappellent la force de nuisance des syndicats dans la République, François Fillon a, dans un discours du 7 juin, posé quelques affirmations sociales destinées à démontrer qu’il n’est pas un sauvage le sabre entre les dents prêts à en découdre avec la moitié de la France qui ne votera pas pour lui s’il est présent au deuxième tour des élections présidentielles.

Son discours s’intitule : « Pour une vraie justice sociale ». L’esprit est que la justice sociale est d’abord que chacun puisse travailler et que lutter contre les inégalités relève d’abord de la croissance économique dont il faut créer les conditions. Et d’ajouter, par exemple :

C’est par cette libération du travail que nous ferons reculer le chômage et ce qui va avec : l’exclusion, la pauvreté, la violence.

Cette libération du travail, je l’accompagnerai d’un vrai soutien au pouvoir d’achat des classes moyennes avec la fin de la mise sous condition de ressources des allocations familiales, la revalorisation du quotient familial, la suppression de la dernière cotisation salariale assurance maladie…

Je veux ainsi redonner 10 milliards de pouvoir d’achat supplémentaires aux classes moyennes.

Une petite touche de Keynésianisme ne fait pas de  mal et permet de cacher la misère pour espérer être élu… surtout quand on écrit par ailleurs que la baisse des taxes et impôts pesant sur les entreprises et la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune seront financés par une hausse immédiate de de la TVA.

Ce que n’osent pas dire clairement les parangons du libéralisme c’est que pour réussir leurs programmes ils devront assumer une baisse massive du coût du travail (ou, pour être politiquement correct « un rétablissement de la compétitivité des entreprises ») et une précarisation significative des contrats de travail (ou, pour être politiquement correct « un renforcement de la flexi-sécurité du marché de l’emploi »).

La baisse du coût du travail sera obtenue en travaillant plus pour le même salaire ou autant pour un salaire inférieur ainsi que par la baisse drastique des prestations sociales financées par les cotisations sociales, et non pas en transférant la charge des entreprises vers d’autres contribuables comme cela est fait actuellement.

Il va bien falloir un jour faire comprendre à la population que baisser les dépenses signifie que l’on va dépenser moins et non que l’on va faire payer les dépenses par le voisin. Fillon et ses comparses libéraux ne semblent pas encore définitivement prêts à assumer ouvertement cette règle élémentaire du libéralisme. Peut-être s’agit-il d’une tactique politique : se faire élire sur le flou et appliquer sa politique ensuite ?

Les parcs à supporters

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Des polémiques oiseuses se font jour concernant les fan zones mises en place dans le cadre de l’Euro de fouteballe. Quest-ce qu’une fan zone ? Il s’agit d’enclos où seront parqués des supporters avinés en casquettes-baskets pour regarder les matchs de ballon sur des écrans géants généralement installés aux centres des grandes villes françaises (et européennes d’ailleurs) sous la surveillance de bataillons de CRS pour les protéger de leurs excès alcoolisés et, éventuellement, d’attaques terroristes.

Le supporter fouteux est grégaire et a besoin de boire en bande, de crier en rythme et de pleurer collectivement. La question générale est de savoir si ces zones ne sont pas des appels au terrorisme ? Sans doute, comme tout concentré de population dans un endroit donné mais à partir du moment où une telle compétition est organisée il faut accepter et gérer ce risque.

Plus intéressant : à Paris l’une de ces zones est au Champs de Mars aux pieds de la tour Eiffel. Comme elle va accueillir les supporters avinés tous les soirs un mois durant les habitants de ce (beau) quartier s’émeuvent et auraient préféré que ces enclos soient installés ailleurs…

On avait déjà entendu récemment des rombières du XVIème arrondissement se plaindre de l’effet négatif sur la valeur de leurs appartements de l’installation annoncée d’un centre d’accueil pour sans-domicile-fixe (SDF), voilà maintenant les habitants du VIIème arrondissement qui se lamentent de ne plus pouvoir accéder à leurs parkings durant trente jours ! Le fouteballle ne fait pas que des heureux, c’est déjà une bonne nouvelle même si l’on peut craindre que les râleurs du VIIème arrondissement regarderont les matchs installés sur leur canapé avec vue sur la fan zone.