Le pape et le tueur à gage

Le pape catholique gratifie son marché d’une nouvelle déclaration contre l’avortement :

« Interrompre une grossesse, c’est comme éliminer quelqu’un. Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ?… Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? »

Rien de bien nouveau sur le fond, l’Eglise a été, est et restera hostile à cet acte qui contrevient à son idéologie. La comparaison du médecin pratiquant l’avortement à un tueur à gages sera certainement appréciée par la communauté médicale. Les médecins qui croient à la Bible approuveront, ceux qui croient à la Raison souriront. Le mieux est certainement de traiter cette nouvelle saillie papiste par le dédain, vouloir convaincre l’Eglise catholique des bienfaits de l’avortement c’est un peu comme d’imaginer Marx en trader à Wall-Street chez Goldman Sachs. On ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif !

Evidement ces assertions moyenâgeuses renforcent ceux qui sont déjà convaincus mais il est improbable qu’elles fassent changer d’avis ceux qui privilégient la raison sur le dogme. En Europe certains pays restreignent considérablement (voire cherchent à interdire) le droit à l’avortement, ce sont les nations à forte domination catholique comme la Pologne ou l’Irlande. Les pouvoirs en place y sont élus démocratiquement et les conservateurs y dominent, ils adorent le pape et détestent l’avortement, c’est ainsi, on ne saurait toujours pas faire boire un âne qui n’a pas soif ! Sans doute les nouvelles générations feront évoluer la situation vers plus d’intelligence, une question de temps. Il suffit de voter pour un parti d’inspiration plus libérale et d’aller moins à la messe…

L’écume inutile de la politique

On le sait, suite à la démission du ministre de l’intérieur, vieillard irresponsable de 71 ans abandonnant le navire après une année au service de la République, un remaniement ministériel est nécessaire car il faut au moins remplacer le déserteur. En attendant, un intérimaire a été nommé en la personne du premier ministre. Il y a du monde sur le pont.

Les nominations n’ont pas encore été annoncées au bout de plusieurs jours alors les journalistes mondains et l’opposition à court d’idées glosent sans fin sur cette défaillance du pouvoir en place. Dans la réalité, la maison est tenue par les hauts fonctionnaires et il n’y a pas défaillance du pouvoir. Vu d’ailleurs le calibre du partant, on peut penser que ces dits fonctionnaires étaient déjà aux commandes lorsque le ministre âgé était à leur tête.

Ce déchaînement éphémère permet une fois de plus aux occupants des médias de s’exonérer de travailler sur les vrais sujets. Plutôt que de lire le projet de loi de finances 2019 (274 pages) et de l’expliquer aux citoyens, les journalistes de circonstance préfèrent parier sur l’heure exacte d’annonce de la composition du nouveau gouvernement. Plutôt que d’annoncer leurs programmes alternatifs de gouvernement les oppositions politiques diverses choisissent d’invectiver le pouvoir devant la télévision à l’assemblée nationale au sein de laquelle ils sont rémunérés par les contribuables pour travailler et non pour jouer au ballon.

Le chef du groupe Les Républicains à l’assemblée a fait aujourd’hui cette déclaration inoubliable au premier ministre qui l’écoutât avec sérénité :

« … quand les premiers soutiens désertent ou n’y croient plus, c’est une Bérézina annoncée. Ce n’est pas votre capacité à composer un gouvernement qui va rassurer les français. Depuis une semaine, la tragi-comédie continue. Vous n’arrivez même plus à dissimuler l’affaiblissement du pouvoir exécutif… Le président de la République a perdu son autorité, son crédit, son image personnelle est durement entachée. Votre politique est un échec. Le chômage, les impôts, le pouvoir d’achat, tous les indicateurs sont au rouge. Vous êtes aujourd’hui incapable de proposer un gouvernement crédible à la France tant c’est le vide autour de vous monsieur le premier ministre. Ma question est donc simple : jusqu’à quand cette mascarade va-t-elle continuer monsieur le premier ministre ? »

Ce garçon, Christian Jacob, joue le rôle de l’aboyeur en chef de la droite depuis si longtemps. Ex-ami de Jean-François Coppé, voilà des années qu’il injurie ceux qui ne sont pas dans son camp. Les comptes rendus des débats de l’assemblée nationale en attestent. Il faut quand même une drôle de constitution d’esprit pour exercer un tel métier. Sur sa fiche signalétique de l’assemblée nationale il se déclare « agriculteur » ; cela doit tout de même faire un moment qu’il n’a pas fait de récolte, il préfère manifestement le champ de bataille des questions au gouvernement que les champs de colza. Il fait partie de ce personnel politique qui abaisse le débat et abrutit ceux qui l’écoutent. Il a 58 ans, et sans doute encore sur la scène pour longtemps…

Le psychodrame de la baisse les dépenses

Le grand dossier du gouvernement français de la baisse des dépenses publiques par le pouvoir actuel. Rien de bien grave, cela dure ainsi depuis plus de 40 ans et aucun gouvernement n’a osé essayer (juste essayer) à commencer à ralentir légèrement la progression des dépenses qui ont toujours augmenté en France plus rapidement que les recettes, créant ainsi les 2 000 milliards d’euros de dette, toujours en hausse, que nous laissons à nos enfants.

Le projet de budget 2019 prévoit la baisse du nombre de fonctionnaires « conseillers techniques sportifs » de 1 600. Aussitôt le hourvari se déclenche de toutes parts : c’est un drame national, la France aura moins de médailles aux prochains jeux olympiques, la République ne s’en remettra pas, notre jeunesse va tomber au fond du gouffre, etc. etc. Avec son manque de subtilité habituelle, la société française, de Mme. Michu aux journalistes mondains en passant par les tweetos politicards, explique combien ces 1 600 conseillers sont un élément stratégique du futur de la France dans le monde.

Comme toujours, chacun est d’accord pour que baissent les dépenses publiques, mais en commençant chez le voisin. Intérêt général contre intérêts particuliers, encore. Une République rongée par la dette devrait pouvoir se poser sereinement et démocratiquement la question de la priorisation de ses dépenses. On peut sans doute imaginer que quitte à réduire la dépense, commencer par celle concernant le sport n’est pas la plus mauvaise des directions possibles. Mais… il faut aussi arriver à convaincre les français que « baisser les dépenses » signifie que les dépenses vont diminuer. Vaste tâche !

Irresponsable !

Le ministre de l’intérieur (71 ans) qui avait annoncé dans le journal L’Express sa volonté de quitter ses responsabilités ministérielles pour récupérer son ancien mandat de maire de Lyon, déclare cette semaine dans le journal Le Figaro qu’il présente sa démission le jour même, puis, celle-ci refusée, réitère le lendemain dans le même journal avant d’obtenir satisfaction et l’autorisation de fuir les responsabilités dont il avait été investi.

Bien entendu cette fuite inattendue perturbe durablement le travail gouvernemental et déclenche le bonheur de l’opposition et des journalistes mondains qui ne parlent plus que de ça. Bref, la République pâtit de l’acte d’un homme qu’elle croyait à son service. Le comportement de ce personnage âgé est irresponsable et égoïste ! Et pour quelles raisons déclenche-t-il tout ce désordre ? Pour récupérer son fauteuil de maire de Lyon, à 71 ans, et briguer un quatrième mandat. C’est l’illustration de l’un des syndromes de notre époque : l’abandon de tout sens de l’intérêt général au profit de ses objectifs personnels, à plus de 70 ans, se faire réélire maire de Lyon pour la quatrième fois.

Un vieillard qui se croit indispensable pour ses anciens électeurs lyonnais déclenche un tohu-bohu de première catégorie au cœur de l’Etat. Aveuglé par sa suffisance il n’hésite pas à laisser tomber son job de ministre au bout de douze mois en poste. Un homme rongé par l’ambition et la suffisance dont on espère que la ville de Lyon le renverra à une retraite qu’il aurait déjà dû prendre depuis longtemps. C’est affligeant !

Lire aussi : On démissionne à la télé

TESSON Sylvain, ‘Eloge de l’énergie vagabonde’.

Sorti en : 2007, Chez : POCKET 13536

Toujours à la recherche d’idées saugrenues pour justifier ses pérégrinations, Sylvain Tesson décide cette fois-ci de suivre à vélocipède la route des pipe-lines transportant le pétrole des Républiques d’Asie centrale vers l’Ouest. Ce chemin lui permet de vivre son attirance pour les pays de l’Est et de réfléchir sur l’importance de l’or noir pour l’économie de notre planète depuis plusieurs siècles.

Parti de la mer d’Aral en Ouzbékistan il pédale jusqu’aux rives de la Turquie méditerranéenne, entre chaleurs et vents du désert, au cœur de pays déglingués mais parfois extrêmement riches, souvent dirigés par des satrapes soviétisant, il chemine sans peur et sans reproche, bivouac au milieu de nulle part, croise des personnages improbables : douaniers, exploitants de plateformes pétrolières, éleveurs…

Le pétrole est le fil conducteur de ces errements à travers les steppes asiatiques, sa puissance, ses méfaits, la pollution engendrée, celle des paysages comme celle des âmes,

« Il brûle comme le sang de Satan. Il pue le souffre. […] Les guerres, les tensions, les corruptions qu’il suscite sont les preuves de l’énergie obscure qu’il dégage. »

Mais cette énergie est l’alpha et l’Omega du développement économique de la planète et les pipe-lines courent sur la surface de la terre comme les veines sous la peau de l’Homme pour irriguer la vie.

Tesson en profite, bien sûr, pour évoquer l’homo-soviéticus dont il est si proche, fait d’un mélange de vodka, de désespoir, d’énergie créatrice et souvent destructrice. Des musulmans du Kazakhstan aux chrétiens de Géorgie, Tesson dresse une fresque humaine rocambolesque de ces populations disséminées sur sa route. Il le fait dans son style toujours percutant où ses observations se mêlent à ses références philosophiques et littéraires. Il a le sens de l’aventure définitive, il a la plume d’un Kessel pour la faire partager à ses lecteurs !

Les impressionnistes à Londres – Petit Palais


1870 : nos amis les allemands-prussiens envahissent la France qui leur a déclaré la guerre, ils laminent l’armée française, le second Empire s’effondre, la commune se déclenche, la répression la vainc, mais quelques années de trouble poussent des artistes à s’exiler à Londres (où les retrouvera, ironie de l’Histoire, Napoléon III en exil…).

Les peintres y pendront l’Angleterre de l’époque : Monet, Pissaro, Sisley, Tissot et bien d’autres. Le Petit Palais expose leurs œuvres de ces années britanniques. Les échanges créatifs avec les artistes anglais sont nombreux et ces peintres exilés vont s’inspirer et restituer avec talent les atmosphères londoniennes faites de brumes et de suractivité industrielle et fluviale, mais aussi d’élégantes déambulant dans les parcs ensoleillés. Quelle sublime génération d’artistes !

de BEAUVOIR Simone, ‘Le deuxième sexe – tome 2/2’.

Sorti en : 1949, Chez : idées nrf.

A la suite du Tome I qui retraçait la place de la Femme dans l’Histoire, ce deuxième volume aborde la situation de la femme au mi-temps du XXème siècle : l’épouse, la mère, la vie en société, la prostituée, la femme mature puis vieille. S’en vient ensuite l’analyse de la « justification » : la narcissiste, l’amoureuse, la mystique ; avant de conclure sur la Femme « vers la libération ».

Les développements de Beauvoir sont toujours aussi fascinants par la puissance de cette pensée philosophique qui reste parfaitement logique et compréhensible par le lecteur.

L’impérialisme de l’Homme est détaillé comme sa volonté de cultiver sa petite tyrannie sur terre car en plus d’être admiré et aimé il a besoin d’asséner sa puissance voire sa violence comme thérapie à l’accumulation des rancunes accumulées avant son mariage… La femme se soumet, ou pas, puis le couple se délite :

« Le couple [devient] une communauté dont les membres ont perdu leur autonomie sans se délivrer de leur solitude ; ils sont statistiquement assimilés l’un à l’autre au lieu de soutenir l’un avec l’autre un rapport dynamique et vivant… »

La situation de mère met encore plus en avant l’hypocrisie prévalant dans les rapports entre l’Homme et la Femme. On conteste à cette dernière toute capacité à l’action publique ou à une carrière professionnelle mais on lui confère la mission suprême : la formation d’un être humain. La grossesse, le contrôle des naissances, l’avortement sont passés au crible d’une analyse sans concession illustrant la sous-condition de la Femme et la mauvaise foi de courte vue avancée par la société pour justifier cette inégalité fondamentale :

« Que l’enfant soit la fin suprême de la femme, c’est là une affirmation qui a tout juste la valeur d’un slogan publicitaire. »

Et quand la vieillesse point, l’Homme perd de sa superbe car devenu totalement inutile alors que sa femme garde au moins la direction de la maison et se rend compte du jeu de dupes que fut sa vie d’épouse. Et c’est encore de l’amertume…

Alors même lorsqu’il s’agit de libération, la femme de 1949 vue par de Beauvoir affronte encore « l’injuste malédiction attachée à la féminité ; se résignant à cette infériorité elle l’aggrave… »

L’auteur conclue sur le fait que tant que l’Homme et la Femme ne se reconnaîtront pas comme « des semblables », c’est-à-dire tant que l’on maintiendra la spécificité de la féminité le conflit perdurera, et c’est là l’immense contradiction non résolue, même de nos jours, qui maintient l’oppression. Beauvoir se félicite que les hommes (déjà en 1949) aient évolué vers l’émancipation de la Femme, plus ou moins contre leur gré, mais dans le sens de leur intérêt. Elle prédit que le mouvement se poursuivra et que l’avenir sera réinventé malgré une relative perte de la féminité : même une fois l’égalité atteinte il restera bien sûr certaines différences, et d’abord son érotisme, donc son monde sexuel, une sensualité et une sensibilité singulière, son rapport à l’Homme et à l’enfant seront toujours spécifiques même si la Femme est émancipée.

Le livre se termine sur un espoir :

« … que par-delà leurs différenciations naturelles hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité. »

Allons, tout n’est pas perdu !

Guigone et Nicolas à Beaune

En 1443 Nicolas Rolin et Guigone de Salins fondent un hôpital pour les Pôvres afin d’apporter soins et charité à une centaine de nécessiteux. C’est un peu l’ancêtre de la sécurité sociale sauf que le financement vient de ce riche couple au lieu de la communauté des cotisants comme aujourd’hui. Dieu n’est jamais loin dans cet établissement qui deviendra les « Hospices de Beaune » et qui accueillit des malades jusqu’en 1971 dans un décor classé monument historique dont les célèbres tuiles peintes composent la toiture. Désormais recyclé en musée « L’Hôtel Dieu » est dédié au souvenir de gens qui se sont dévoués des siècles durant à l’intérêt général.

Le personnel désormais laïque a maintenant été transféré dans un hôpital moderne toujours à Beaune, établissement public de santé original qui détient toujours l’Hôtel-Dieu mais aussi, suite à de nombreux legs au cours des siècles, un domaine viticole de 60 hectares d’excellentes appellations de Bourgogne qui sont commercialisées à l’occasion d’une vente de charité annuelle et dont les revenus servent à l’entretien du patrimoine des Hospices, ainsi qu’à la modernisation des équipements et bâtiments hospitaliers. Sympathique et historique organisation !

On démissionne désormais à la télé

Une vague de démissions ou de mutations agite le monde politique ces derniers temps. Rien de bien grave sinon la confirmation que des ministres ou assimilés renoncent après quelques mois de travail, soit bien rapidement après avoir accepté une mission confiée par des électeurs et une rémunération versée par les contribuables. On ne peut dire qu’ils aient vraiment de la constance dans l’effort, on dirait un peu des enfants qui jettent leurs jouets deux semaines après les avoir découverts sous le sapin de Noël.

Rien de bien grave, non, et la caractéristique première de ces décisions est que tout se passe désormais dans les médias avant même que devant leurs employeurs même s’il est vrai que les citoyens sont un peu leurs employeurs. Ces derniers jours, le ministre de l’écologie a démissionné sur France-Inter, un adjoint de la mairie de Paris a démissionné dans Le Monde et le ministre de l’intérieur (71 ans) a annoncé son prochain départ du gouvernement dans L’Express pour se présenter à des élections municipales prévues seulement en 2020.

Tous ces personnages imbus d’eux-mêmes mettent leurs départs en spectacle pour en tirer on ne sait trop quel avantage. Là où l’on souhaiterait efficacité et discrétion, nous n’avons que renoncement et mise en scène. Certains d’entre eux vantent les mérites de l’entreprise privée, ils feraient bien de s’y recycler quelques temps histoire de voir si l’on peut partir ainsi du jour au lendemain en claquant la porte puis en répandant son amertume ensuite dans des journaux à grand tirage…

Garbage – 2018/09/20 – Paris le Bataclan


Concert intimiste de Garbage au Bataclan pour le 20ème anniversaire de l’album Version 2.0 : Shirley Manson et ses quatre cavaliers de l’apocalypse électrique ont déchaîné une assistance conquise ce soir. Un show mené sur un rythme d’enfer dans l’atmosphère moite du Bataclan. Le groupe ne ménage pas son énergie, plutôt habitué à des salles et des scènes plus vastes, il laisse à Shirley son espace vital où la diabolique, accrochée à son micro, tourne comme un lion en cage. Rares sont les moments de répit, celui qui termine le show sur You Look So Fine est un moment magnifique qu’elle clôt à la guitare en faisant durer ce final mélancolique instrumental qu’elle transforme en rage (Ending with letting go/ Let’s pretend we get a happy end/ Let’s pretend we get a happy end/ Let’s pretend, happy end…), avant de quitter la scène pour y revenir pour un rappel de braise où sera notamment joué la nouvelle et étrange chanson No Horses, pleine de dévastation mais qu’elle qualifie de « happy song » dans un grand éclat de rire !

Set list : Afterglow/ Deadwood/ Temptation Waits/ Wicked Ways (with interlude of Depeche Mode’s « Personal Jesus »)/ Special/ The World Is Not Enough/ 13x Forever (with The Kinks’ « Tired Of Waiting » outro)/ Get Busy With the Fizzy/ Hammering in My Head/ Medication/ Thirteen (Big Star cover) / Can’t Seem to Make You Mine (The Seeds cover)/ I Think I’m Paranoid/ Sleep Together/ Dumb/ Soldier Through This/ Lick the Pavement/ Push It/ When I Grow Up/ You Look So Fine (incl. snippet of ‘Dreams’ by Fleetwood Mac)

Encore : The Trick Is to Keep Breathing/ No Horses/ Cherry Lips (Go Baby Go!)

U2 – 2018/09/13 – Paris Bercy

Un concert de U2 est toujours un bon moment à passer, surtout quand il se déroule à Paris ! Le groupe créé à la fin des années 70’ continue à sortir des disques, bon point, mais a remplacé la flamboyance d’antan par un recours au visuel électronique et sophistiqué. L’éternel Bono-en-lunettes affiche des cheveux permanentés mais se porte encore bien sur ses talonnettes. The Edge cache toujours son crâne sous un calot noir de façon cardinal, mais quel guitariste de talent ! Adam à la basse a les cheveux uniformément blancs, laqués eux-aussi et Larry, le bogoss de la bande marque le rythme à la batterie.

Une bande de grands musiciens qui jouent ensemble depuis presque 40 ans, cela crée des liens qui sont tellement évidents sur scène. A quatre ils font un vrai show ; tout ce petit monde s’écoute un peu chanter mais qu’importe, nos cœurs s’emballent lorsque retentissent les hymnes de ce groupe : New Year’s Day, In the Name of Love

Setlist : [Inside Screen The Blackout]/ Lights of Home (St. Peter’s String Version)/ I Will Follow (with « Mother » snippet)/ All Because of You/ Beautiful Day/ The Ocean/ Iris (Hold Me Close)/ Cedarwood Road/ Sunday Bloody Sunday (i+e semi-acoustic version)/ Until the End of the World (with « Lord of the Files » and « Introduction » snippets)/ [E-Stage Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me (Gavin Friday Remix) / Elevation (Influx Remix Intro)/ Vertigo (with « Ca Plane Pour Moi », « … more )/ Even Better Than the Real Thing (Fish Out of Water Remix; no… more )/ Acrobat (with « Hall of Mirrors » snippet)/ You’re the Best Thing About Me (full band acoustic)/ Summer of Love (Bono and The Edge only)]/ Pride (In the Name of Love)/ Get Out of Your Own Way/ New Year’s Day (reworked version, no final verse)/ City of Blinding Lights

Encore : Women of the World (Jim O’Rourke song)/ One/ Love Is Bigger Than Anything in Its Way/ 13 (There Is a Light)

La Défense


Paris La Défense, premier centre d’affaires européen (selon Wikipédia), déborde d’activité en ce vendredi ensoleillé ; sur la dalle de bousculent piétons et deux roues en tous sens, les tours en construction s’érigent aux côtés de celles existantes… Tout ceci a une certaine allure, on se demande de quoi ce quartier se défend !

Spectacle étonnant dans le microcosme

A l’occasion d’une réforme technique visant à prélever l’impôt sur le revenu à la source et l’année des revenus au lieu du paiement volontaire l’année suivante, le microcosme politique français s’accroche sur les plateaux télévisés et les comptes Twitter. C’est assez affligeant et tellement représentatif des contradictions nationales. Cette réforme ne touche d’abord que ceux qui paye l’impôt sur le revenu, soit une minorité de citoyens, hélas, mais par contre tout le monde a son avis sur la question, généralement négatif. L’impôt sur les revenus est devenu tout à fait minoritaire dans les ressources de l’Etat dont la grande majorité est déjà prélevée à la source l’année de son apparition, que ce soient la TVA, les prélèvements sociaux ou l’impôt sur les sociétés sans que cela ne pose de difficulté.

Cette réforme n’aura aucun effet sur la croissance économique de la République ni sur le montant de l’impôt, c’est juste une affaire de trésorerie qui présente d’ailleurs nombre d’avantages pour les contribuables, dont celui d’instaurer « l’impôt contemporain » : on paye l’impôt sur ses revenus de l’année. En fait ce n’est pas même une réforme, mais juste une question de logiciel informatique à mettre au point. Il y aura des bugs c’est certain, ils seront bien réglés d’une façon ou d’une autre, il faut prendre un minimum de risques pour avancer.

L’affaire est montée en épingle par les commentateurs de sondage qui affirment tout et son contraire en un chœur émouvant. Cela fait des décennies que nos vedettes politiques sont d’accord pour instaurer cette mesure qui concerne un impôt marginal payé par une minorité de foyers fiscaux. Qu’ils soient de gauche ou de droite, tous l’ont annoncée, un des gouvernements de François Hollande l’a voté, mais en reportant prudemment son application au quinquennat suivant. Nous y sommes :

  • La gauche qui n’aime pas le président Macron l’admoneste car il tarde à mettre en œuvre cette brillante réforme votée par la gauche.
  • La droite qui soutient la réforme mais n’aime pas le président Macron l’abomine car il a déjà repoussé d’un an cette réforme indispensable.
  • La droite qui conteste la réforme et n’aime pas le président Macron l’injurie car il va mettre en œuvre cette réforme abjecte.

Tout ce petit monde qui n’est responsable de pas grand-chose (si ce n’est d’encaisser leurs salaires payés par les contribuables) glose, ergote, cancane, commère, dénigre, épilogue…, bref perd son temps et nous fait perdre notre argent. Il est temps de passer aux sujets suivants maintenant que la rentrée a été copieusement polluée par ce programme informatique !

Valls dans Paris-Match plutôt qu’à l’Assemblée nationale


Manuel Valls, ex-premier ministre français et actuel député, s’expose dans Paris-Match avec sa nouvelle fiancée. Il aurait l’intention de porter plainte contre le torchon parisiano-pipole. Il n’a pas toujours été opposé à Paris Match et on se souvient de ces images gnan-gnan de 2013 avec une ancienne fiancée, validées à l’époque par l’impétrant :

Le garçon bénéficie d’une double nationalité française et espagnole. Il serait intéressé par la mairie de Barcelone où il passe beaucoup de temps. S’il bossait un peu plus à Paris dans son job à l’Assemblée nationale, pour lequel il est correctement payé par les contribuables nationaux, plutôt qu’à faire le dindon en Rayban à Barcelone il prendrait moins de risque d’être la cible de la presse de caniveau. Ces comportements de midinettes tuent la politique et la pensée. Au boulot M. Valls, et au boulot à Paris pour le moment !

Lire aussi : Les ambiguïtés de la double nationalité

Les ravages de deux clowns latinos

Le Venezuela et, dans une moindre mesure, le Nicaragua sont en cours d’effondrement, menés l’un et l’autre dans le gouffre par deux clowns obstinés d’inspiration marxiste.

Le cas du Venezuela est particulièrement navrant, d’une part car le pays est assis sur une richesse pétrolière très significative et, d’autre part, ce grand pays continue à être gouverné sur des idées d’un autre âge : l’anti-impérialisme américain et le Capital de Marx, le tout maintenu par une hiérarchie militaire et policière solide. Depuis quelques mois l’inflation se compte en milliers de %, la devise locale n’a quasiment plus de valeur, les réserves pétrolières sont sous exploitées par manque d’investissements, la population fuit dans les pays avoisinants et la répression de la contestation est énergique. C’est un véritable modèle de la direction à suivre pour atteindre la faillite économique et humaine d’une nation entière. Il reste à espérer que le régime s’effondre de lui-même sans trop de violence et que le pays soit repris en mains par des dirigeants réalistes. En tout état de cause, il y en aura pour plusieurs générations pour redresser cette économie dans l’hypothèse optimiste où le top-départ serait donné rapidement. C’est loin d’être le cas pour le moment et les responsables du pays continuent à diffuser un discours surréaliste digne des plus beaux moments de l’URSS ou de Cuba, en regardant le pays se dissoudre sous leurs yeux.

Le Nicaragua fut dirigé pendant des décennies par des dictateurs soutenus par l’Eglise et les Etats-Unis, anticommunistes et dignes des romans de Garcia-Marquez. Ils moururent généralement de morts violentes jusqu’à ce qu’un pouvoir révolutionnaire s’installe aux commandes en 1979 sous la férule communiste de Daniel Ortega à la tête du parti sandiniste, mettant fin à la dynastie Somoza. Le régime est soutenu par l’intelligentsia bobo européenne. Le groupe britannique The Clash sort à cette occasion en 1980 un légendaire triple album intitulé Sandinista !

Après un intermède de libéralisation du régime qui organise des élections qui voient gagner des candidats libéraux, Ortega est revenu au pouvoir en 2006, adoptant la nouvelle orientation initiée par ses prédécesseurs. Il fait nommer sa femme comme vice-présidente et gère depuis ses petites affaires en famille. Des mouvements contestataires se développent dans le pays depuis quelques mois qu’Ortega réprime dans la violence. A la différence de ses collègues vénézuéliens le garçon a tourné sa veste idéologique sans trop de difficultés mais fait tout pour rester au pouvoir, telle une bernique collée à son rocher.

Au Venezuela comme au Nicaragua, une caste de dirigeants de rencontre préfère dévaster leurs pays plutôt que de renoncer à leurs idéologies ou leurs ambitions. Ils rendront les armes un jour ou l’autre car ils ont déjà échoué.

Désespérance des idéologies religieuses

La religion catholique se débat depuis des décennies dans d’interminables, récurrentes et déprimantes histoires de pédophilies. Des curés à la sexualité trouble ont violenté des enfants pendant des générations entières, souvent des petits garçons, parfois des filles, dans un silence assourdissant et… religieux. Rien de vraiment bien nouveau, même la littérature en a parlé, Montherlant et d’autres.

Ce qui provoque l’ire actuelle des victimes et les réjouissances de la presse c’est qu’il apparaît que certains de ces agissements illégaux et moralement choquants de prêtres catholiques auraient été couverts par leurs hiérarchies, locales ou vaticanes, pour les soustraire à la justice. Des cardinaux ont déjà été mis sur la touche, si l’on ose dire, voire démissionnés par un pape qui n‘arrive pas bien à se dépêtrer de ces affaires gênantes et, en tout cas, très contraires aux enseignements de la Bible.

La corporation catholique cherche à se protéger mais comme souvent en ces circonstances il apparaît des « sociaux-traitres ». Un ancien ambassadeur du Vatican (Carlo Maria Vigano) vient de publier une lettre ouverte de 11 pages (cf. ci-dessous) dans laquelle le garçon explique qu’il a déjà dénoncé ces pratiques pédophiles auprès de sa hiérarchie depuis 2006 lorsqu’il était en poste aux Etats-Unis. La lettre rappelle tous ces faits et cite les noms des coupables, des faits et de leur couverture. Au bout des 11 pages de dénonciation, il implore le pape de reconnaître ses erreurs et de démissionner, et Dieu de les aider sur le chemin de la repentance :

In this extremely dramatic moment for the universal Church, he must acknowledge his mistakes and, in keeping with the proclaimed principle of zero tolerance, Pope Francis must be the first to set a good example for cardinals and bishops who covered up McCarrick’s abuses and resign along with all of them.

Even in dismay and sadness over the enormity of what is happening, let us not lose hope! We well know that the great majority of our pastors live their priestly vocation with fidelity and dedication.

It is in moments of great trial that the Lord’s grace is revealed in abundance and makes His limitless mercy available to all; but it is granted only to those who are truly repentant and sincerely propose to amend their lives. This is a favorable time for the Church to confess her sins, to convert, and to do penance.

Le pape quant à lui s’est refusé à commenter cette lettre ouverte mais a conseillé à tous de la lire. C’est ce que nous avons fait. Il s’agit d’une classique lettre de dénonciation, au moins est-elle signée. Le lecteur lambda est bien sûr incapable de démêler le vrai du faux. On a rarement vu par ailleurs une corporation s’autosanctionner objectivement pour ses errements. La justice de Dieu a ses limites et, en ce qui concerne des affaires pénales, c’est la justice des hommes qu’il faut laisser agir, basée sur le code pénal et non sur la Bible. La Justice française est saisie du cas de l’évêque Barbarin soupçonné d’avoir couvert des actes de pédophilie dans son diocèse de Lyon, elle jugera bien mieux et objectivement que des cardinaux réfugiés à Rome. Il faut faire de même avec d’autres religieux qui seraient soupçonnés de faits comparables.

Le célibat imposé au statut du prêtre pousse sans doute les sexualités perverties à se manifester plus facilement. Il faut probablement réfléchir à le faire évoluer, comme d’ailleurs d’autres dogmes datant d’un autre âge, ce qui n’est pas gagné compte tenu du côté très réactionnaire de cette religion. C’est sans doute à ce prix qu’elle regagnera des parts de marché en Occident. En attendant il est plus prudent que les parents ne mettent pas leurs enfants dans des écoles religieuses ni ne les envoie dans des organisations catholiques pour les vacances ou le catéchisme. Il existe bien d’autres alternatives dans nos sociétés pour l’éducation et les loisirs de nos chères petites têtes blondes car il est à craindre que ces histoires de curés touche-pipi seront aussi éternelles que l’au-delà qu’ils nous promettent dans les églises, hélas !

La lettre ouverte de Carlo Maria Viganò

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Les migrants et le patronat

On avait déjà noté les réactions du syndicat patronal MEDEF en septembre 2015 lors du pic de la crise de l’immigration : son patron de l’époque vantait alors dans une tribune du journal Le Monde « l’opportunité » que représentaient ces migrants :

Cessons toute condescendance envers ces migrants : ils ont souvent un fort niveau d’éducation, sont la plupart du temps jeunes, formés et n’ont qu’une envie, vivre en paix et pouvoir élever une famille… Accueillons-les et sachons tirer profit de leur dynamisme, de leur courage, de leur histoire aussi. Accélérons enfin nos réformes pour être capables de les intégrer pleinement dans la durée… Nous en sortirons tous gagnants. Agissons.

Bien entendu il ne précisait pas ce qu’il plaçait derrière ce slogan « Agissons. »

Aujourd’hui le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI-Synhorcat) rappelle dans un communiqué du 10/08/2018 rappelle la pénurie de main d’œuvre face à laquelle se trouve ce secteur et propose comme l’une des solutions possibles à cette situation l’embauche des migrants titulaires des papiers et autorisations nécessaires.
En principe ils peuvent déjà le faire si ces migrants sont légalement autorisés à travailler, pas besoin de faire un communiqué pour ça. Dans la vraie vie on peut penser que ce syndicat cherche à exercer une légère pression sur les autorités administratives pour accélérer la délivrance de papiers aux populations immigrées afin de pouvoir les embaucher. Bien entendu les syndicats ouvriers soupçonnent très fortement le patronat d’être pro-immigration afin de peser sur les salaires et d’éviter de devoir augmenter ceux-ci pour intéresser les chômeurs nationaux… On ne peut pas complètement exclure un tel machiavélisme.

Ensuite, nous sommes dans la vraie vie du libéralisme, là où un Etat doit pouvoir faire de la politique s’il veut vraiment interférer dans les règles du marché : est-on capable de pousser des chômeurs français actuels vers ces emplois peu qualifiés? S’il faut pour ce faire augmenter les salaires de la profession est-on en position de compenser ces hausses de coûts par la baisse d’autres charges ou faudra-t-il accepter une hausse des prix au risque de décourager les consommateurs ? Ou faut-il orienter des populations immigrées vers ce marché, quitte à ouvrir les vannes de la délivrance de papiers pour ce secteur ? C’est un sujet pas facile à traiter compte tenu de sa sensibilité. Il mérite en tout cas beaucoup de pédagogie de la part des décideurs et sans doute un peu d’innovation.

Ce qui est ironique dans cette situation est que si véritablement les règles du marché s’appliquaient librement, en principe les salaires de cette profession devraient augmenter tout seul puisque la demande de personnel est supérieure à l’offre. Ce n’est pas le cas et c’est l’une des nouveautés de la pratique économique ces dernières années : le marché répond désormais à la surchauffe du marché du travail par la précarisation de celui-ci. La perspective de cette réserve de travailleurs immigrés à bas prix pousse aussi sans doute le patronat de ce secteur à l’attentisme… Nous sommes dans un cycle qui peut-être s’inversera un jour, personne ne le sait à ce stade.

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Les migrants en Italie et Mme. Michu

Le gouvernement italien continue à faire pression sur les autres pays européens en refusant de faire débarquer des migrants sur son territoire tant que des pays tiers n’ont pas accepté de se les répartir. Que ces migrants soient à bord de bateaux humanitaires ou de garde-côtes italiens le pouvoir, fortement représenté par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, interdit leur débarquement. Cette politique semble largement soutenue par la population locale et provoque l’intérêt de celles des pays avoisinants. Jusqu’ici des accords ont pu être trouvés avec les pays tiers qui ont accepté d’accueillir leur quota d’occupants de ces bateaux de la misère. Elle provoque les résultats annoncés puisque jusqu’ici il n’y a plus de nouveau migrant, candidats au statut de réfugié ou pas, qui rentre en Italie. Cela risque de ne pas durer très longtemps tant est puissant l’attrait exercé par le mirage de nos démocraties européennes sur ces populations issues de pays pauvres et/ou en guerre.

D’un point de vue purement technique on peut dire que tant que ces flux ne seront pas taris au départ, le problème continuera d’exister et de déclencher ces vagues démagogiques et déprimantes au cœur des populations et des pouvoirs européens. Les pays méditerranéens sont face à deux solutions, soit laisser couler les bateaux de migrants, soit les admettre sur leurs territoires. La première alternative n’a à ce jour jamais été vraiment formellement décidée, ce qui n’a pas empêché de déplorer plusieurs dizaines de milliers de morts lors de ces voyages. La seconde est en cours de déploiement ; on a vu comment les pays d’Europe de l’Est ont bloqué la « route des Balkans » en construisant des murs à leurs frontières et en refusant toute admission que ce soit de migrants ; on voit comment l’Italie fait plus ou moins de même en exigeant de ses partenaires qu’ils acceptent les migrants débarquant sur son territoire, qu’ils puissent prétendre au statut de réfugié ou pas.

Car ces flux de populations fuyant leurs pays d’origine sont un mélange de potentiels réfugiés politiques en provenance de dictatures ou de pays en guerre, et d’émigrants économiques qui ne peuvent pas prétendre au statut de réfugié au regard des accords internationaux en la matière. L’un des problèmes réside dans le fait que pour cette dernière catégorie, une fois refusé ce statut de réfugié, les migrants concernés devraient être expulsés dans leurs pays d’origine selon les lois et règlements des pays d’accueil mais ceux-ci n’y arrivent pas pour de multiples raisons et ces migrants viennent grossir la population des sans-papiers provoquant l’ire de Mme. Michu et ses votes populistes.

Souvent l’impossibilité d’expulsion est due à la mauvaise volonté des pays d’origine qui refusent tout simplement de réadmettre leurs ressortissants. C’est un vieux problème, même les fameux « charters Pasqua » s’étaient heurtés à cette difficulté. Compte tenu des conséquences actuelles délétères de la question de l’immigration sur l’évolution politique de nos démocraties occidentales il va falloir que celles-ci soient en mesure d’appliquer leurs propres lois, votées démocratiquement, et de pouvoir librement décider qui peut entrer ou pas, et dans quelles conditions, sur son territoire. L’expulsion des refusés devra être possible, au besoin en négociant avec les pays d’origine pour les inciter fortement à réadmettre leurs propres citoyens.

L’acuité de cette question rend nécessaire la maîtrise de ces flux sous peine de voir se généraliser en Occident des pouvoirs populistes qui se font élire sur des questions démagogiques d’immigration et vont échouer sur le reste en érigeant la fermeture tous azimuts des nations en principe de gouvernement. La théorie de « l’appel d’air » est fortement contestée par nombre d’humanitaires, certes, il convient au moins d’essayer de créer les conditions de la simple application de nos lois (ou alors de changer celles-ci) en matière d’expulsion ce qui n’a jamais été vraiment réalisé jusqu’ici. Si l’on échoue sur ce point il est à craindre que ne se renforcent encore les croyances dans les différentes théories du complot et autre « grand remplacement » auxquelles adhère si facilement Mme. Michu et que développent avec gourmandise Nadine Morano et consorts.