Et hop ! Une première augmentation d’impôt à l’horizon

Niant l’évidence, le pouvoir actuel continue à clamer qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts pour ne pas casser la reprise de la croissance comme cela avait été malencontreusement fait après la crise financière de 2008. Et tout le monde de se demander mais qui va payer pour tous ces milliards qui s’abattent sur les citoyens français ? Chacun pressent la réponse mais pas grand monde n’ose la formuler : c’est nous tous qui allons payer collectivement ces dépenses publiques pharaonesques et comme nos vies n’y suffiront pas, nos enfants continueront la tâche et probablement encore les générations qui suivront, et ceci dans l’hypothèse optimiste qu’aucune nouvelle crise du même ordre ne viendrait encore alourdir la barque au risque de la faire couler.

Nous allons tous payer par un mix d’impôts, de cotisations et de dépréciations d’actifs monétaires, financiers et/ou immobiliers. Le premier coup de semonce vient d’être tiré avec la très probable reconduction de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) pour au moins une dizaine d’années. Cette taxe avait été crée en 1996 par le gouvernement de M. Juppé pour financer la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale), un machin public dans lequel avait été transféré la dette de la sécurité sociale de l’époque (environ 35 milliards d’euros) puisqu’il était clairement avéré que les cotisations sociales ne pourraient jamais suffire au remboursement de celle-ci. On chargeât donc les contribuables de la payer à la place des cotisants. Depuis cette époque quasiment chaque gouvernement, renonçant à équilibrer les recettes et les dépenses sociales, a refourgué à cette CADES des dizaines de milliards de dettes sociales. C’est devenu un jeu de bonneteau : les cotisations encaissées étant insuffisantes pour financer les dépenses engagées, on transfère les déficits sur le contribuable qui les rembourse en payant la CRDS qui était annoncée à sa création comme « provisoire ».

Promis-juré, dès que la dette est remboursée on supprime la CRDS et tout est fini. Mais bien sûr, la France impécunieuse et mal gérée a continué à faire grossir cette dette sociale composée des déficits accumulés et la CRDS n’a jamais été abolie. Il a même fallu à plusieurs reprises proroger la durée de vie légale de la CADES… C’en est devenu une galéjade qui fait se tordre de rire tous les fiscalistes de la planète.

Devinez-quoi ? Compte tenu de nouveaux gigantesques déficits sociaux dus à la crise sanitaire, le gouvernement français étudie actuellement un projet de loi pour proroger une nouvelle fois cette CRDS au-delà de 2024 qui était la dernière date d’extinction annoncée (après déjà deux ou trois reports). Il serait même question d’en augmenter le taux qui est resté fixe à 0,5% des revenus depuis sa création. Et voici donc la première augmentation (ou prorogation, ce qui revient au même) d’impôt coronavirus. La vérité est sans doute encore pire : cette taxe va être permanente et il faudra bien un jour ou l’autre entériner cette situation dans le droit fiscal.

Devant cette absence de contrôle de ses dépenses et de sa dette, on comprend mieux pourquoi la France inspire tant de méfiance aux autres pays européens du nord plus rigoureux qui ne souhaitent pas « mutualiser la dette », c’est-à-dire payer pour un partenaire aux poches percées.

L’histoire du canapé délocalisé

C’est l’histoire d’un canapé orange acheté au Galeries Lafayette il y a quinze ans, un modèle à deux places, modeste et convertible en lit, recouvert d’un tissu orange, payé sans doute moins de 1 000 euros à l’époque et sans doute fabriqué dans des pays exotiques à bas salaires, bref, un produit sans intérêt (ni valeur ajoutée) de la mondialisation. Le temps est passé et le tissu mérite d’être changé, la structure du canapé pouvant a priori survivre encore de nombreuses années. Le devis reçu pour recouvrir ce meuble est de 2 100 euros soit plus de deux fois le prix d’un canapé neuf de même standing.

Pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris ce que veut dire concrètement délocalisation-relocalisation ce petit exemple du canapé orange l’illustre à merveille et mériterait d’être cité dans les débats oiseux et verbeux sur le sujet de « la chaîne de valeurs » qui hantent les plateaux télévisés en ces temps de pandémie planétaire où Mme. Michu semble découvrir que même son comprimé de paracétamol est fabriqué en Asie…

Eh oui, l’heure de couture coûte plus cher dans le XIIIème arrondissement qu’au Bangladesh. Délocalisation veut dire dépendance mais faible coût donc favorable au pouvoir d’achat, relocalisation veut dire indépendance mais coût élevé donc défavorable au pouvoir d’achat, et cela joue particulièrement pour les produits à faible valeur ajouté comme un canapé, beaucoup moins pour un Airbus. Le propriétaire du canapé orange fait ses calculs pour déterminer s’il veut payer deux fois le prix d’un canapé neuf pour retapisser son canapé d’occasion. Il lui faut déterminer s’il est prêt à payer un surcoût d’environ 1 500 euros pour favoriser une couturière française et éviter un transport international du meuble. Ainsi va l’économie, l’indépendance et l’écologie ont un coût qui n’était pas payé jusqu’ici.

La constance dans la vacuité

Avec une constance qui force l’admiration, la population française, ses élus et la presse font remonter comme préoccupation majeure en ces temps de virus et de crise économique : l’accès aux plages et aux parcs urbains. Ces lieux restent encore souvent soumis à des restrictions d’accès, variables suivant les zones et la France n’aime pas les restrictions. Peut-être qu’effectivement il serait souhaitable que les français profitent un peu du bon air de l’été car la rentrée risque d’être saignante avec son cortège de faillites, de chômeurs, d’émeutes et de déficits divers !

Oyé-oyé bonne gens : vivez au mieux vos derniers instants de sérénité, votre réveil sera brutal et violent !

Le psychodrame des élections municipales en temps de pandémie

Kiro / Le Canard Enchaîné (17/09/2017)

La question de l’organisation du second tour des élections municipales est à nouveau sur la table. On se souvient su psychodrame déclenché par le maintien du premier tour le 15 mars dernier malgré la période de pré-confinement qui était déjà commencée. Ce dimanche électoral avait déclenché un assaut de joutes oratoires où la mauvaise foi se disputait à la beaufitude. Il apparaît que le gouvernement était alors plutôt en faveur d’annuler cette élection mais qu’après consultation des partis politiques, l’opposition avait crié au « coup d’Etat » en cas de report. Constatant ce dissensus le pouvoir avait finalement maintenu l’échéance. Evidemment à l’époque les sondages étaient plutôt favorables aux candidats d’opposition qui souhaitaient donc passer devant les électeurs pour entériner leur avance. Ceux-ci ne s’étaient pas gêné bien entendu pour reprocher ensuite au gouvernement d’avoir maintenu le premier tour… Les électeurs étaient eux allés prendre le soleil (et le virus…) dans les parcs ensoleillés plutôt que de fréquenter les bureaux de vote de la République.

A ce stade on n’a pas identifié de lien significatif entre ces bureaux de vote et la circulation de la pandémie. Certainement des membres de bureaux de vote ont été contaminées à l’occasion de cette élection mais il semble que statistiquement ils ne l’aient pas été plus que s’ils étaient allés au jardin public du coin de la rue.

Le deuxième tour du 22 mars avait évidemment été annulé et pourrait être reprogrammé fin juin. De nouveau consulté par le gouvernement sur une telle hypothèse, une partie de l’opposition, échaudée par les conséquences de sa volte-face politique de mars, se refuse à se prononcer arguant qu’il s’agit de « la responsabilité du gouvernement ». Encore un grand moment de responsabilité politique des élus payés par les impôts versés par les contribuables.

Enfin une bonne nouvelle

Kiro / Le Canard Enchaîné (08/01/2020)

La crise mondiale du virus baladeur a au moins un avantage en ce qu’elle a ramené l’affaire de la fuite de Carlos Ghosn à ce qu’elle est vraiment c’est-à-dire un dossier de cornecul délinquant qui a fui la justice du pays où il travaillait. Les autorités japonaises continuent à le rechercher bien sûr, mais chacun a mieux à faire que de suivre les aléas d’un aventurier aux petits pieds. On espère néanmoins que son action en justice contre Renault pour percevoir ses indemnités de rupture de contrat et autres retraites chapeaux va tomber d’elle-même. L’entreprise Renault est actuellement portée à bout de bras par les contribuables français et il pourrait être mal vécu qu’une partie de ces soutiens financiers en espèces sonnantes et trébuchantes puissent se retrouver dans les poches du fuyard à égo surdimensionné !

Lire aussi : Carlos et sa malle

Le prévisionniste qui se trompe

Patrick Arthus est polytechnicien, économiste, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis. Il s’est beaucoup trompé dans sa carrière de prévisionniste mais ce sont les risques du métier. En 2008 pendant qu’il se trompait dans son analyse de la crise financière occidentale, il ne voyait pas non plus que se développait au cœur de la banque qui l’emploie un des plus grands scandales financiers de la Vème République lorsque qu’un quarteron de dirigeants irresponsables et incompétents a joué avec l’argent des petits déposants des banques populaires et des caisses d’épargne sur le casino des marchés financiers. Les contribuables ont alors sauvé Natixis de la faillite.

Au moins M. Arthus, qui prévoyait une crise financière de courte durée en 2008, admit que ses prévisions étaient erronées. Il est chevalier de la légion d’honneur, on ne sait pas bien pourquoi.

La dernière théorie de M. Arthus est intéressante en ce qu’il prévoit que l’émission massive de monnaie centrale en cours dans la plupart des pays pour survivre à la crise sanitaire ne va pas générer une inflation galopante comme le postulent les sciences économiques mais une baisse de la valeur des actifs immobiliers. Dans un cas comme dans l’autre l’émission de monnaie sans rapport avec la production va dévaloriser les actifs. Que ce soient l’épargne de Mme. Michu ou la valeur de son bien immobilier quand elle en a un, elle va y perdre et se retrouvera avec moins de richesse une fois la crise passée. L’avenir dira si les prévisions de M. Arthus se révèlent une nouvelle fois erronées.

Souvenons-nous…

N’oublions pas les noms des cadors politiques du Parlement qui ont voté contre le plan de déconfinement, ou se sont abstenus ce qui, au Sénat, a permis au « Non » de l’emporter : Julien Aubert, Valérie Boyer, Valérie Rabault, Boris Vallaud, Frédérique Dumas, Jean Lassalle, Sylvia Pinel, Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan, Samia Ghali, Marie-Pierre de la Gontrie, Patrick Kanner, Jean-Pierre Sueur, et bien d’autres… Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

Lire aussi : La France éternelle…

Ces forbans ont dévié de leur rôle, privilégiant la politicaillerie de Café du commerce à la conduite du pays, abandonnant leurs responsabilités d’élus au profit de leurs pitoyables petits égos, sur un sujet qui devrait pourtant emporter le consensus. N’oublions pas leur infamie !

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Les milliards tombent comme les obus à Gravelotte

Comme souvent, à situation équivalente, la France va dépenser plus d’argent public (celui des contribuables) que d’autres pays occidentaux pour essayer d’amortir les effets économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours. De prêts garantis par l’Etat en fonds de secours d’urgence, de mesures de chômage partiel en annulations de charges, les contribuables français se sont engagés dans des dépenses considérables, qui vont peser sur les finances publiques pour des décennies. Comme toujours en France, les revendications sociales sont fortes et même accrues à la suite de cette crise. Durant la période de confinement, ceux qui ont fait leur travail sur le terrain veulent des augmentations de salaires pour risques pris (personnel soignant, employés des magasins de distribution alimentaire, éboueurs, etc.), ceux qui ont été mis en chômage partiel (financé par l’Etat et non leurs employeurs) se verraient bien poursuivre ainsi jusqu’à que le risque soit complètement circonscrit et ceux qui sont d’ores et déjà sans emploi émargent en masse à l’assurance chômage.

Tout le monde se plaint, tout le monde critique, tout le monde attaque l’Etat, chacun en veut plus pour sa corporation et se scandalise qu’elle ne soit pas considérée comme prioritaire et pendant ce temps les contribuables se sont fouiller les poches sans même s’en apercevoir. Les experts de plateaux télévisés regardent leurs courbes d’audience, sondent l’humeur de Mme. Michu sur l’Hydroxychloroquine et l’interroge : « Etes-vous en faveur de l’augmentation des salaires du personnel soignant ? Oui-oui-oui » en oubliant la question conséquente : « Etes-vous prête à payer plus de cotisations sociales ? Non-non-non ! ».

En réalité le robinet des aides publiques est déjà largement ouvert et coule à flot. Le chroniqueur a pu constater qu’il a été crédité en 8 jours du chômage partiel de son employée de maison, que l’association d’insertion qu’il conseille a obtenu la garantie de l’Etat pour un prêt bancaire de 30 000 euros sur simple déclaration sur le site Internet de la Banque publique d’investissement (BPI), qu’un petit commerçant qu’il aide dans sa gestion a touché deux fois 1 500 euros d’aide en avril et en mai compte tenu de la fermeture de son magasin (soit plus que son salaire mensuel), etc. Il serait peut-être opportun que quelques journalistes regardent un peu plus loin que la niche fiscale dont ils bénéficient indûment, pour constater, chiffrer et relater ce qui fonctionne dans notre pays au lieu de chercher sans relâche à mettre en difficulté leurs interlocuteurs politiques.

Les décideurs français sont à l’image de leurs électeurs et gèrent une crise, incroyable il y a encore 6 mois, comme ils le peuvent. Il y a certainement des erreurs commises, il y a des changements de pieds, il y a des questions sans réponse un jour dit, il y a des décisions prises qui ne satisfont pas tout le monde, il y a 26 000 morts connus à ce jour (sur une moyenne annuelle d’environ 650 000 en régime de croisière) mais la situation est gérée sans doute pas plus mal que dans les pays avoisinants. La seule chose que cette crise ne semble pas en voie de régler est le pessimisme tapageur des français, leur propension à se plaindre de tout et leur réflexe pavlovien à critiquer tout le monde sauf eux-mêmes.

L’enjeu « vital » des parcs et des plages

Le déconfinement décidé à compter du 11 mai est progressif et certaines restrictions restent en vigueur. Un premier point doit être fait début juin sur les premiers effets, positifs comme négatifs, de ce déconfinement et en définir les étapes suivantes. En attendant, la France du Café du commerce se déchaîne et chacun y va de son petit intérêt particulier pour expliquer combien ces restrictions sont acceptables pour ses voisins, mais surtout pas pour lui-même.

A Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts aux promenades mais pas les parcs et jardins car potentiels foyers de rassemblements humains susceptibles de favoriser la contamination des citoyens. Aussitôt chacun argumente tout et son contraire pour justifier ou contester cette mesure parisienne. Ces décisions ont été prises par des gens intelligents et compétents, il suffirait de les appliquer, consacrer son énergie à des questions plus sérieuses et attendre deux petites semaines la nouvelle évaluation de la situation pour une éventuelle réouverture des parcs et jardins. Mais non, nous sommes en France alors toute une partie de nos édiles rémunérée par les impôts que nous payons s’agite, ventile, mouline, dans la vacuité qui caractérise dédormais le débat public. Que ces gens travaillent et attendent début juin l’analyse de l’évolution de la pandémie pour savoir s’ils pourront aller se promener au Luxembourg, en attendant, s’ils ont véritablement besoin de voir des arbres ils vont au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes. Mais surtout : qu’ils bossent un peu plus au lieu de polémiquer sans cesse !

Autre sujet qui semble vital pour la survie de notre nation : va-t-on pouvoir aller à la plage sans attendre la situation de la pandémie début juin ? Devant l’ampleur de cette question, le gouvernement a décidé de laisser les maires se coordonner avec les préfets pour en décider. Alors on a de tout, des plages qui restent fermées, d’autres complètement ouvertes, certaines en « ouverture dynamique » c’est-à-dire que vous pouvez vous baigner mais pas bronzer sur votre serviette, etc. Et dans chaque situation nous avons des râleurs et des soutiens. Cela en devient souvent risible, parfois le risque psychosocial est évoqué pour exiger la « réouverture » … On frise le grotesque mais c’est souvent ce que nous sommes : une bande de gaulois débrayés et râleurs, parfois créatifs.

La bonne nouvelle est qu’un pays qui n’a pas d’autres sujets d’interrogation que savoir s’il pourra ou non déplier sa serviette sur une plage bretonne balayée par des vents glacés sans attendre début juin, est un pays qui ne va pas si mal que cela.

La CGT ne dévie pas de sa ligne

Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

Alors que l’entreprise Renault soutenue à bout de bras par les contribuables nationaux pour éviter sa cessation des paiements, le syndicat CGT parvient à faire annuler la décision de réouverture post-confinement de l’usine de Sandouville dont les conditions sanitaires avaient été négociées et acceptées par les autres syndicats de l’usine. Pour atteindre son but la CGT a utilisé un vice de forme dans la procédure de communication de la direction avec les représentants syndicaux. Des courriels auraient été utilisés à la place de courriers recommandés.

Cette entrave n’a fait que retarder de quelques jours la réouverture qui était souhaitées par les autres syndicats. Elle marque en tout cas la constance de la CGT qui suit sa ligne quoi qu’il arrive : retraite à 60 ans (sauf pour ceux qui bénéficient déjà d’une retraite à un âge inférieur et qui doivent le conserver), semaine de travail à 32 heures pour tous, pas de reprise du travail s’il n’y a pas zéro risque pour la santé, financement de toutes ces mesures par les contribuables et les cotisants.

Le drame des bobos à déconfiner

Le déconfinement des citoyens initié depuis hier pose au moins deux problèmes significatifs. Le premier est de rapatrier les troupeaux de bobos partis se confiner dans leurs résidences secondaires en dehors des centres urbains. On parle d’un million de parisiens qui auraient fui l’Ile-de-France à la mi-mars. Et l’on a sans doute à déplorer de pareilles transhumances à partir des autres villes du pays. Tout ce petit monde a tranquillement télétravaillé depuis l‘Ile-de-Ré pendant deux mois en offrant des classes vertes à ses enfants. Mais demain c’est la fin des vacances et il va falloir retourner en entreprise et à l’école pour les minos. A court terme on ne sait pas bien comment rapatrier ces bataillons de privilégiés. Dieu merci, la plupart sont équipés de SUV clinquants avec lesquels ils vont pouvoir rallier le VIIème arrondissement parisien sans utiliser une SNCF aux capacités de transport elles aussi-confinées. Qui plus est, certains d’entre eux vont rester encore quelques temps sur l’Ile-de-Ré, après-tout, télétravailler en temps de confinement ou de déconfinement c’est toujours travailler.

Le deuxième sujet d’importance concerne la prise d’assaut attendue des salons de coiffure par Mmes. Michu qui ont été sevrées de mises-en-plis. La réouverture de l’activité des coiffeurs va-t-elle permettre de satisfaire cette forte demande ou maintenir Mme. Michu en stress psychique pour défaut de permanente ?

On voit que le déconfinement n’est pas une œuvre de tout repos.

La contestation permanente rentre dans le vocabulaire

On ne dit plus « la loi est votée démocratiquement par le parlement et s’applique aux résidents français » mais « le gouvernement infantilise les citoyens » afin de justifier la contestation permanente des français à l’encontre de toute décision.

De même, on ne dit plus « l’autorité du chef qui commande aux sous-chefs, qui commandent aux sous-sous-chefs, etc. » mais on parle de « la verticalité du pouvoir », c’est plus chic et on espère que le bon peuple acceptera ainsi mieux l’autorité. Ce n’est pas gagné !