Fillon choisit

Rigolo : costume étriqué, j’ai nommé François Fillon, ex-premier ministre de droite recyclé en châtelain bien élevé posant dans Paris Match, costume étriqué disions-nous déclenche un hourvari de faux-jetonneries dans la classe politique française en déclarant qu’en cas de face-à-face PS-FN aux prochaines élections municipales il appellerait à voter pour « le moins sectaire ». Quand on visionne la séquence filmée de son interview à la radio on a l’impression qu’il lance ceci sur le ton de la blague, avec son petit sourire en coin.

La droite comme la gauche se répandent sur les ondes pour attaquer l’impétrant en essayant de scier la branche de sa candidature aux élections présidentielles de 2017. En réalité le microcosme s’agite comme des bacilles dans un bouillon de culture, impuissant et effrayé devant la démagogie et le populisme du Front National.

Les sondagiers, qui se sont beaucoup trompés, annoncent un raz-de-marée du FN dès 2014. C’est possible mais ce n’est pas la peine de s’en énerver car il n’y a pas grand-chose à faire à court terme pour espérer inverser la tendance. Tant que le pays frôle l’abîme de la décadence, la beaufitude du FN séduit Mme. Michu. Donnez de la croissance économique (du pain et des jeux) et Mme. Michu reviendra à son vote républicain. En attendant, oui nous risquons fortement d’avoir des édiles FN à la tête de grandes villes, voire même ministres si la droite revient au pouvoir en 2017. L’armée ne va pas faire un coup d’Etat pour autant !

Quoi qu’il en soit le FN devrait rester minoritaire et cantonné dans des postes mineurs. L’inanité de son programme politique et économique devrait décrédibiliser de lui-même ce parti s’il est en mesure un jour d’en négocier l’application avec une majorité parlementaire quelle qu’elle soit. Il faut juste espérer qu’un futur président de la République qui aurait à compromettre avec le FN saura le casser comme Mitterrand a eu l’habileté de réduire le Parti Communiste à néant.

Voter la guerre ou ne pas la voter !

Etonnant retournement de situation : l’opposition française demande à voter pour ou contre l’engagement de l’armée française contre la Syrie. La droite devrait relire la constitution de MonGénéral modifiée par Sarkozy… Le Christian Jacob, chef de l’UMP à l’assemblée nationale, avec son allure de maquignon mal dégrossi, est en tête de gondole sur le sujet. Les députés veulent voter, grand bien leur fasse. Et que vont-ils voter ? L’histoire ne le dit pas. Ce n’est d’ailleurs honnêtement pas facile de se décider devant la complexité de la situation.

La France n’est pas bien brillante dans cette affaire. Rappelons que le président de la République française (Jacques Chirac) fut le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques de Hafez El-Assad en 2000, un garçon fort peu recommandable qui a trempé dans toutes les affaires de terrorisme international du XXème siècle, sans parler de sa colonisation du Liban ni de l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare, en 1981. Son fiston, Bachar, a paradé en 2008 derrière ses lunettes noires sur les Champs Elysées pour le 14 juillet, invité par le président Sarkozy. A priori ce régime familial est armé par la Russie, voilà au moins un pays arabe qui n’a pas été gavé d’armements occidentaux. On espère que les produits chimiques qui servent à gazer les populations civiles n’ont pas été fourgués par des entreprises françaises…

Que faire avec ce pays, que faire avec ce proche et moyen orient si compliqué ? Alors pourquoi demander un vote au parlement français, pourquoi Christian Jacob ne laisse pas le président socialiste essayer de se dépêtrer tout seul du sac de nœuds dans lequel il s’est mis ? Quel que soit son vote, il est probable que le Christian Jacob se le verra reprocher… Il serait plus avisé de s’écraser sur ce coup et de laisser venir plutôt que de faire dans la politicaillerie. Mais non, l’opposition est réglée pour s’opposer, même si elle doit pour cela brûler ses vaisseaux et s’asseoir sur ses convictions.

Un os à ronger

Les politicards et la presse français ont trouvé un nouvel os à ronger : le problème n’est plus le fait que la Syrie gaze ses citoyens et qu’il faut se demander comment mettre fin à ce massacre mais il est devenu : « François Hollande va-t-il organiser un vote du parlement sur le principe d’une intervention armée ». On est passé du fondamental à l’accessoire avec une déconcertante facilité, c’est évidemment plus facile de pérorer sur une procédure que sur un problème.

La poissonnière de la politique

La Morano, poissonnière en chef à l’UMP continue à ponctuer la vie politique de ses analyses subtiles :

Le plus rigolo dans l’histoire est que la Morano devrait en fait défendre Manuel Valls qui défend des idées proches des siennes en matière sécuritaire. Que nenni ! Elle préfère l’accabler. Entre intelligence et crétinerie, la Morano choisit vite. Impayable, elle est vraiment impayable. Allez, on vous en remet un p’tit pour la route :

Le cash de l’ambassadeur

Boris Boillon, ancien ambassadeur de France en Iraq et en Tunisie, plutôt marqué « sarkoziste » est attrapé à la gare du Nord en partance pour la Belgique avec 350 000 EUR et 40 000 USD en liquide non déclarés dans son sac de voyage. Il va falloir expliquer la provenance de ces fonds à la justice, c’est la loi. Tout ceci est peut-être légal, peut-être pas, que la Justice passe.

L’UMP sauvée de la faillite

Bon, a priori l’UMP en faillite virtuelle suite au non-remboursement par les contribuables français de la campagne électorale 2012 de Sarkozy, l’UMP donc aurait récolté 10,6 millions d’euros pour une dette de campagne de 11 millions. Ça ira comme ça, la démocratie est sauvée et la Morano pourra continuer à tweeter tout son amour pour Sarkozy et l’UMP. Il manque 400 mille euros, mais soit les banques les abandonnent soit elles appellent la caution personnelle que Sarkozy aurait donnée en leur faveur, et l’affaire est bouclée.

La noyade des partis politiques

C’est l’été, il y a des noyés sur les plages, ni plus ni moins que les années précédentes. La plupart du temps les victimes se baignaient dans des zones indiquées comme dangereuses, voire même interdite. La droite accuse la gauche de laxisme dans la surveillance des plages, et, bien entendu, la gauche répond qu’il s’agit là du résultat de la politique de la droite pendant dix années. Les requins qui bouffent les surfeurs à la Réunion, c’est aussi la faute à Flamby…

Est-ce que la politique ne s’honorerait pas pour une fois à mettre les citoyens devant leurs responsabilités plutôt que de se rejeter la balle d’un parti à un autre ?

Sarko-Zorro arrive

Sarkozy vient faire la claque dans une assemblée de l’UMP réunie d’urgence pour parer à la cessation des paiements annoncée du parti de droite suite au rejet par le conseil constitutionnel des comptes de la campagne présidentielle du même Sarkozy en 2012 qui aurait dépassé les seuils légaux. Il manque ainsi une dizaine de millions d’euros qu’un appel à la générosité publique devrait combler.

Le plus intéressant est de voir l’enthousiasme avec lequel l’ex-candidat a été accueilli par la foule des militants massés devant le siège de l’UMP, et les rangs des vassaux massés à l’intérieur. Le plus ubuesque fut de voir la Morano accrochée aux basques de son héros et déployant les derniers efforts pour être cadrée par les télévisions en compagnie de son mentor.

Chacun voit en Sarkozy le sauveur de l’opposition pour les futures élections présidentielles de 2017. Il est vrai que la bataille de polochons menée l’an passé entre les deux apprentis sorciers candidats à sa succession a montré leur irresponsabilité et leur incapacité à assumer de suprêmes fonctions, alors Sarko-Zorro envisage de revenir pour ferrailler contre la gauche et refaire don de sa personne à la République.

Le peuple n’a pas de mémoire, c’est sa principale caractéristique. En 1944 il acclamait Pétain dans les rues de Paris quelques semaines avant de révérer de Gaulle remontant les Champs-Elysées en août après la libération de la capitale. Il coulera de l’eau sous les ponts de la Seine avant 2017, il n’est pas exclu que d’ici-là le taux de chômage diminue en France, ce sera lui l’arbitre du vote.

DSK l’expert

Pernicieux : DSK est invité en tant « qu’expert économique » au Sénat pour plancher devant une commission, de droite, sur les banques. L’expertise du bonhomme n’est sûrement pas inoubliable, vous shootez sur un des arbres du jardin de l’université Dauphine et il vous tombe immédiatement 10 professeurs largement aussi experts que DSK mais tellement moins croustillants à inviter par des parlementaires de droite pour faire la nique à leurs collègues de gauche.

La République fraude le fisc

Un rapport du ministère de l’intérieur confirme les propos de Claude Guéant, à savoir que celui-ci touchait des primes en liquide lorsqu’il était directeur de cabinet du ministre de l’intérieur. L’intéressé avait expliqué à la télévision que ces primes en liquide, non fiscalisées, expliquaient ses dépenses personnelles « d’électroménager » qui avaient été réglées en liquide comme l’avait révélé une perquisition judiciaire réalisée chez l’impétrant à l’occasion de l’affaire Tapie.

La justice, à son tour saisie de cette nouvelle affaire de valises de billets, dira si le droit de la République a été bafoué par ses serviteurs ou pas.

Le plus fascinant dans cette histoire est que tout le monde reconnaît que des cabinets ministériels encaissaient des salaires en liquide dans les années 2000 alors que cette pratique était en principe abolie, et la bouche en cœur ajoute que ces sommes n’étaient pas soumises à l’impôt !

Guerres civiles à droite

Impayable : les deux mousquetaires de l’UMP qui s’étaient entre-déchirés lors de l’élection à la présidence de ce parti sur fond de fraude, de copinage et de coteries, qui s’étaient finalement entendus pour refaire l’élection en fin d’année, eh bien ces deux cow-boys viennent de se ré-entendre pour finalement demander par vote aux militants s’ils veulent relancer l’élection de la présidence ! C’est pour le moins fumeux, sinon incompréhensible pour l’électeur moyen.

Pendant ce temps l’élection primaire de l’UMP pour la désignation du candidat à la mairie de Paris démarre à peine pour trois jours que l’un des candidats inconnus (M. Bournazel) fait le siège des plateaux média pour réclamer l’arrêt du scrutin sur internet qui serait entaché par des fraudes.

C’est une manie, c’est surtout le bal des égos surdimensionnés qui s’imaginent indispensables et irremplaçables, seuls en mesure de sauver le monde. Tout ceci n’est pas raisonnable et plutôt ridicule. La démocratie participative est devenue un must en termes d’inefficacité politique. En fait, elle est censée suppléer l’incapacité des chefs à trancher et à s’imposer, elle est destinée à remplacer l’absence d’autorité, mais jusqu’ici cela ne marche pas fort, en tout cas à droite.