Bryan Ferry – 2011/06/11 – Paris l’Olympia

Bryan Ferry est de retour à l’Olympia pour présenter son dernier disque : Olympia ! Sur la couverture de celui-ci Kate Moss déploie buste et diamants, tête au plancher, renouant avec la tradition Roxy Music où des créatures de charme peuplaient les étuis cartonnés de nos vinyles d’antan.

Bryan était déjà revenu hanter nos mémoires l’été dernier pour une éphémère reformation de Roxy Music le temps de quelques festivals dont celui de Rock en Seine.

Mais Bryan, brillant troubadour, ne quitte jamais vraiment nos vies depuis ces 70’s qu’il a investies avec sa bande de musiciens délurés et talentueux.

Olympia n’est ni un bon ni un mauvais disque, il est le dernier Ferry, avec une brochette d’invités : David Gilmour, Eno, Jonny Greenwood… Le disque de Bryan Ferry c’est un peu là où il faut être lorsqu’on est un musicien quadra et au-delà, un peu comme un thé au May Fair Hotel par une après-midi brumeuse au cœur de l’hiver à Londres. On y est pour se réunir entre amis, se réchauffer et, surtout, pour évoquer un Monde nostalgique et créer la musique d’un futur incertain.

Olympia est arrivé dans les bacs à son heure, et dans nos discothèques sans délai. L’alerte Bryan Ferry a clignoté en son temps sur nos smartphones annonçant le show parisien, nos cartes de crédit ont crépité et nos cœurs se sont serrés de découvrir que l’Olympia était en configuration places assises car tant de temps est passé. Qui décide d’ailleurs de mettre des fauteuils dans la fosse de l’Olympia, l’artiste ou le management de la salle ? Bryan lui est debout et démarre deux heures de concert en fanfare sur un tonitruant I Put A Spell On You !

Notre héros de 65 ans est en costume sombre et chemise grise, cravaté et souriant, accompagné de Chris Spedding (l’historique) et Oliver Thomson (virtuose blondinet de 23 ans qui ne quitte plus Bryan depuis quelques années) aux guitares, Colin Good aux claviers, deux batteurs, belle-brune-blanche n°1 sax et claviers, belles-choristes-black n°1 et 2, belles-blondes-danseuses n°1 & 2, bref du monde sur scène qui officie dans une relative pénombre et un écran de fond de scène diffusant des vidéos brumeuses et emmêlées à l’image de l’affiche de la tournée.

Olympia nous l’avons dit n’est que le dernier disque de Bryan, alors cette soirée à l’Olympia sera un best of de ces années Ferry. Le son est fort, voir très fort, les solos de guitares un peu interminables et inutiles, et lorsque belle-brune-blanche n°1 vient sur le devant de la scène nous montrer ses gambettes (elle est en short) et son saxophone on regrette tout de même sérieusement Andy MacKay. Tout ceci n’est pas bien grave, le tremolo de Bryan nous fait toujours gémir de plaisir et s’il plaît au maître des lieux de s’entourer de jeunesses après tout que sa volonté soit faite pour autant que nous arrivions, assis dans nos fauteuils, à juguler une légère jalousie.

Bryan chante, Bryan joue du piano, Bryan joue de l’harmonica, Bryan nostalge sur Boys and Girls, Bryan reprend Dylan, Lennon ou Neil Young, Bryan chante et nous enchante, Bryan en équilibre sur le fil d’une carrière qu’il faudra savoir arrêter un jour, peut-être prochain.

Now the party´s over/ I´m so tired/ Then I see you coming/ Out of nowhere/ Much communication in a motion/ Without conversation or a notion/Avalon/ When the samba takes you/ Out of nowhere/ And the background’s fading/ Out of focus/ Yes the picture changing/ Every moment/ And your destination/ You don´t know it/ Avalon

Et Bryan siffle le final de Jealous Guy pour clôturer la soirée. Il nous reste maintenant à nous extraire de nos fauteuils.
Warm up : Boy, deux jeunes femmes de Hambourg et Zürich pour une folk acoustique sympa et rafraîchissante.

Setlist: 1.I Put A Spell On You (Screamin’ Jay Hawkins cover)/ 2.Slave To Love/ 3.Don’t Stop the Dance/ 4.Just Like Tom Thumb’s Blues/ 5.If There Is Something/ 6.You Can Dance/ 7.Make You Feel My Love/ 8.Alphaville/ 9.Boys and Girls/ 10.Sign of the Times/ 11.Like A Hurricane (Neil Young cover)/ 12.Tara Play/ 13.Bitter sweet/ 14.My Only Love/ 15.Avalon/ 16.All Along The Watchtower (Bob Dylan cover)/ 17.What Goes On/ 18.Love Is the Drug

Encore: 19.Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ 20.Jealous Guy (John Lennon cover)

Lilly Wood & The Pricks – 2011/06/01 – Paris l’Olympia

Lilly Wood & The Pricks sont tout éberlués de jouer à l’Olympia après leur triomphe au Bataclan et à la Cigale. Encore inconnu il y a quelques mois le duo Nili et Ben est renforcé sur scène par trois complices, excellents musiciens, et tous ensemble donnent l’impression d’une bonne bande de potes dont l’enthousiasme est à la hauteur de leur professionnalisme, pour notre plus grand plaisir.

Ils démarrent sur le lent et mystérieux Hymn to my Invisible Friend. La voix calme et profonde de Lilly nous installe immédiatement dans leur atmosphère musicale : Hey sweet face/ Will you make me wait another year or two?/ Hey my friend of thoughts/ You see I’m scared of it being/ hello or goodbye/ So goodbye.

Quelques mots de Lilly étranglés par l’émotion et le groupe entame le dynamique Hey it’s ok qui réchauffe l’ambiance après cette sombre introduction. La scène est décorée des hiboux multicolores qui animent la couverture du disque Invincible Friends, les lumières sont à l’unisson de la musique, subtiles et non violentes.

La voix de Lilly est l’âme de ce groupe. Une voix rauque, une voix blues que l’on dirait éraillée par un cocktail de bourbon et de gauloises sans filtre, une voix parfaitement placée, une voix portée par des compositions sympathiques et des rythmiques entraînantes. Une voix grave qui dit des mots qui ne le sont pas moins. Une voix qui parle de dévastation sur un ton souvent guilleret.

Ben et le groupe se chargent avec talent de ponctuer cette vision décalée de leurs solos de guitare et autres ritournelles pop. Les morceaux les plus entraînants font vibrer l’Olympia qui reprend en chœur Somewhere to go sur Little Johnny et trépigne sur My Best.

Le show se termine par un rappel que Nili et Ben nous délivre en duo (c’est comme ça que tout a commencé) avec Untilttled.

Lilly Wood & The Pricks, un groupe neuf, sincère et talentueux qui offre moult raisons de se réjouir de l’apparition de cette nouvelle étoile dans le ciel de la scène rock.

Petitfils Jean-Christian, ‘Louis XVI – 1786-1793 (tome 2)’.

Sortie : 2005, Chez : Tempus 358. Louis XVI et la monarchie emportés par la tempête révolutionnaire jusqu’à l’échafaud : il s’en est fallu de peu pour que le bon Louis ne puisse sauver sa couronne mais la révolution de tous les excès a eu le dernier mot devant un roi indécis qui n’était pas vraiment un meneur d’hommes. Les leaders montagnards ont voulu que des flots de sang accompagnent la fondation de la République en France. Cet extrémisme marquera pour les siècles suivants l’idéologie « gauchiste » d’une partie de la politique et du monde intellectuel français. Le procès de Louis XVI a précédé les procès de Moscou mais il fut le terreau de la France moderne, fertile à certains égards, dramatique pour bien d’autres… Petitfils explique avec talent ces moments où tout a basculé et analyse avec précautions cette famille royale finalement dépassée par les évènements menés par des révolutionnaires implacables.