Arghhhhhhhhhhhhhh !

Le cri désespéré de la passagère de classe affaire arrivant au comptoir Air France à Roissy et découvrant horrifiée qu’elle va devoir attendre quelques minutes dans une file mêlée au lumpen prolétariat, retentit dans l’aérogare. Quelle horreur ! Elle interroge fébrilement le personnel alentour en quête d’une file pour les privilégiés avant de se résoudre au fait qu’il n’y en a pas. Mon Dieu, dans quel monde vivons-nous : c’est nous qu’on paye et on est traités comme des manants ?

Potache à forte capacité de nuisance

Les trois gamins qui ont publié sur internet un sujet du bac sont mis en examen pour fraude et remis en liberté à l’issue de leur garde à vue. Ils ont échappé de peu à l’incarcération immédiate demandée par le parquet. Un de leur avocat fait une déclaration enflammée sur les médias se scandalisant que l’on parle de prison pour une « simple blague de potache. »

Bon, le potache a juste pourri la vie de plusieurs milliers de candidats au bac qui vont peut-être devoir repasser leur épreuve. Il est gentil le potache mais il a une très très forte capacité de nuisance ce garçon. Il faudrait peut-être qu’il assume ses responsabilités. Il aura passé 24 heures au gnouf, on espère que cela lui aura mis un peu de plomb dans la cervelle. Il rendra des comptes lors de son procès avec deux de ses petits camarades. Que la Justice passe !

Une pleine page sur Bryan Ferry dans… le journal économique Les Echos

Ecrit par Christian Eudeline

Bryan Ferry rocker de ces dames

L’ex-(futur ?) leader de Roxy Music ne change pas. La séduction est toujours son arme fatale. Le crooner, qui marie avec bonheur rock et mode, va distiller son cocktail de nostalgie et d’avant-garde dans les grands festivals de l’été.

Bryan Ferry a beau afficher soixante-cinq ans au compteur, il dégage toujours une classe folle, son costume panne de velours bleu nuit lui va même à la perfection, un peu comme sa mèche folle qui lui descend sur les yeux et souligne son sourire ravageur. Sa façon de se tenir dans un canapé relève également d’une élégance rare parce que naturelle. Bryan Ferry ne pose pas, il incarne.

Symbole du dandysme à l’anglaise, depuis ces années 1970 où son groupe Roxy Music s’inspirait de l’esthétisme hollywoodien, Bryan Ferry est chic et distingué, contrecarrant à jamais le blouson sale et vulgaire du rocker. « Vers l’âge de quinze-seize ans, je travaillais chez un tailleur dans la rue principale de Newcastle, et je me suis vite aperçu que la mode masculine était essentiellement constituée de petits détails : un dessin particulier sur la chaussure, une ceinture qui se ferme d’une manière originale… Mon goût pour les vêtements provient de cette période, j’avais sans doute remarqué que les types les mieux sapés avaient à leur bras les plus jolies filles ! »

Roxy Music a été le premier véritable lien entre le monde de la mode et le monde du rock and roll, Amanda Lear, Jerry Hall et Lucy Hellmore posèrent pour des pochettes avant de craquer pour le chanteur. Si les deux premières le quittèrent pour une autre rock-star, respectivement David Bowie et Mick Jagger, Lucy est la mère de ses quatre enfants, Otis, Isaac, Tara et Merlin. Leur histoire d’amour dura une vingtaine d’années.

Kate Moss en couverture

Aujourd’hui, l’histoire se répète… presque. Kate Moss pose en effet pour la photo de pochette du nouvel album de Bryan Ferry, mais elle n’a pas craqué pour le rocker de ces dames, apparemment. Elle vit déjà avec un musicien flamboyant, Jamie Hince, le chanteur des très branchés Kills. « Kate est connue, ce n’est pas seulement une jolie fille, elle a aussi du caractère et une forte personnalité. La controverse à son encontre [NDA : Kate photographiée sniffant de la cocaïne] n’a pas lieu d’être. La photo est un clin d’oeil au tableau d’Edouard Manet, « Olympia », jugé scandaleux à son époque. La fille sur la pochette de mon disque n’est pas innocente… en cela, c’est la parfaite rock and roll girl. »

L’homme a beau être un rocker, il est avant tout un séducteur, un concurrent sérieux au titre d’objet à fantasmes. « Je n’ai jamais eu l’impression d’être le beau gosse de service, jamais, même si certaines femmes me reconnaissent et deviennent du coup encore plus pressantes… Cela fait partie de mon métier non ? Je n’ai jamais utilisé ma musique ou ma carrière comme carte de visite. » Bryan Ferry n’a pas besoin de passer des petites annonces, il est vrai, pour être bien entouré. Sa dernière conquête en date s’appelle Amanda Sheppard, elle succède à la danseuse Katie Turner. Point commun : leur jeunesse et leur beauté. Depuis son divorce d’avec la mère de ses enfants, chacune de ses conquêtes est bien sûr passée au crible par la presse britannique. « Sans présence féminine à mes côtés je deviens dépressif et paresseux, j’ai besoin que l’on me protège de la mélancolie, ça m’aide à avancer. Etre immortalisé avec des jeunes femmes et traité de play-boy jet-setteur est lassant, mais je n’y peux rien. »

Amis de toujours

On parle toujours d’un retour possible de Roxy Music en studio – le dernier album du groupe remontant à 1982. Une bonne partie du chemin a été fait, lors de l’enregistrement de sa dernière livraison solo, puisque sont venus le rejoindre Brian Eno, Phil Manzanera et Andy Mackay, trois musiciens emblématiques de Roxy Music. « Cela faisait un petit moment que je n’avais pas enregistré de nouveau disque », souligne-t-il. En effet, si l’on met de côté son hommage à Bob Dylan sorti en 2007, son dernier opus remonte à 2002. « Ce qui ne m’a pas empêché de tourner régulièrement. J’avais donc quelques nouveaux titres en réserve. J’ai du mal à entretenir plusieurs projets en même temps. Je dois faire les choses l’une après l’autre et il m’était impossible de me plonger dans un éventuel nouvel album de Roxy Music sans en avoir terminé avec le mien. Mais comme les vieux amis répondent toujours présent ! Il y en a beaucoup ici… Ils me rassurent. C’est comme lorsque vous organisez une soirée chez vous – les amis de longue date sont présents. » On retrouve ainsi pêle-mêle Rhett Davies, producteur de Bryan depuis le milieu des années 1970, Marcus Miller, Nile Rodgers (Chic), David Gilmour (Pink Floyd), Chris Spedding, Dave Stewart (Eurythmics), Flea (Red Hot Chili Peppers), les Scissor Sisters ou encore son propre fils, Tara Ferry. « J’aime enregistrer en solo car je ne suis pas obligé de faire appel à chaque fois à la même équipe, je peux tester de nouveaux musiciens. C’est un « mix » de nostalgie et de nouvelles forces qui se rencontrent et s’unissent plutôt que de croiser le fer. J’aime la balance des deux. J’ai toujours travaillé ainsi. »

Pionnier du punk

La musique de Roxy Music peut être perçue comme une relecture blanche de la « soul » qu’écoutait adolescent Bryan Ferry. Apparue quelques années plus tard, la disco en serait une déclinaison lointaine plus démonstrative. Tandis que le punk-rock, lui, s’inscrirait directement dans la continuité des exactions sonores que Roxy Music fut le premier groupe à expérimenter, grâce à Brian Eno, savant fou des studios. « Nile Rodgers m’a souvent dit qu’il avait créé Chic avec ses comparses parce qu’il nous avait vus nous produire à la télé. Les punks nous adoraient, mais je n’ai jamais vraiment travaillé avec eux. Pourtant nous étions, semble-t-il, une source d’inspiration pour eux… »

Bryan Ferry est un touche-à-tout de génie, un semeur de petits cailloux précieux que beaucoup se sont empressés de ramasser. Sur scène, il sait se faire crooner à la voix de miel, pour se transformer la chanson suivante en amant torride et âpre. Il y a tout un monde entre certains de ses disques, car, comme David Bowie, l’homme a souvent changé de costume. Mais il y a une constante, immuable : la frange féminine qui n’a d’yeux que pour lui et lui en demande toujours plus. Son numéro de téléphone ? Il est sur liste rouge. « What did you expect ? »

CHRISTIAN EUDELINE, Les Echos

La digestion difficile des chapeaux à avaler

De reculades en reculades, le peuple français force ses dirigeants et élus à avaler leurs chapeaux.

  • Il avait été envisagé d’introduire dans l’assiette de calcul de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) les œuvres d’art.
  • Il avait été envisagé d’instaurer une taxe sur les propriétés immobilières des non-résidents.
  • Il avait été envisagé de supprimer les panneaux avertisseurs de radars routiers.

Tous ces beaux projets sont tombés à l’eau sous la pression des divers corporatismes qui ont fait, avec une touchante unanimité, assaut de mauvaise foi et d’arguments spécieux sur le thème « Circulez, y-a rien à voir chez moi, allez donc voir ce qui se passe chez mon voisin. »

En ces temps de vaches maigres (voire faméliques) ce n’est quand même pas complètement illégitime de chercher à financer les dépenses de la République en allant taper là où il y a des ressources puisque l’on a du mal à réduire les dépenses. Si l’on veut faire diminuer les excès de vitesse il n’est tout de même pas complètement aberrant de vouloir surprendre les contrevenants pour les sanctionner. Eh bien non, le concept de radar pédagogique a été désormais inventé et tout le monde fait semblant de croire que la pédagogie suffira à mettre au pas la France de la bagnole. Bientôt on va penser à une cellule d’assistance psychologique pour les conducteurs pris en flagrant délit de survitesse.

Ce n’est pas grave, il ne reste que 1 500 milliards d’euros de dettes publique à rembourser, on expliquera aux créanciers que l’on va faire du remboursement pédagogique, ils vont adorer !

Peu crédible

Augustin_Carstens

Christine Lagarde continue sa campagne électorale pour se faire élire comme chef du Fonds monétaire international face à un citoyen mexicain, ex-ministre des finances de son pays, ex-sous-chef du FMI, mais surtout en sérieux surpoids ce qui laisse craindre une mauvaise santé et sans doute quelques difficultés à aller au bout de son mandat.

Et puis, tel DSK lui aussi coupable d’un tour de taille hors-norme, aller prêcher l’ajustement structurel (la rigueur, en termes plus compréhensibles) au Sénégal quand on ne tient pas dans un siège Air France de première casse, cela ne fait pas très sérieux. Lagarde présente l’avantage comparatif de l’élancement d’un guerrier Masaï !

Le Voyage Imaginaire

Exposition Le Voyage Imaginaire d’Hugo Pratt à la Pinacothèque. Du rêve, de la candeur, des horizons infinis, l’océan et le mystérieux Corto Maltese qui parcourt le vaste monde sur les aquarelles d’Hugo, artiste vénitien qui a enchanté notre belle jeunesse.

Le chaos en Libye et en Syrie

Et pendant ce temps on continue à bombarder joyeusement en Libye et en Syrie. L’OTAN balance ses bombinettes sur Kadhafi et racle les fonds de ses stocks de matériel, qui semblent limités. Fiston El Assad matraque ses opposants avec toute la subtilité propre à sa famille. L’armée locale tire consciencieusement sur les manifestants, il y a des morts tous les jours et la vie continue.

Si ce que dit la presse est vrai, il est tout de même un peu effrayant de constater que nos armées européennes seraient à court de moyens et munitions après trois mois d’une guerre d’opérette contre des va-nu-pieds du désert des Syrtes… Que se passerait-il s’il s’agissait d’une vraie guerre ? On ne tiendrait sans doute guère plus qu’en juin 40. On ne sait pas trop comment se terminera cette campagne de Libye, elle aura en tout cas montré à quel niveau d’impuissance militaire sont tombé les Etats du vieux monde. Au moins sommes-nous les meilleurs pour faire croître nos dettes publiques et perdre le contrôle de nos finances.

Le chaos en Grèce

L’Europe est encore à hue et à dia pour cause de dette grecque sans issue pour laquelle on ne sait plus quoi avancer entre restructuration et refinancement. C’est le bal des faux-culs, le marché de la faux-jetonerie ! Tout le monde sait que les revenus du pays ne permettront pas de rembourser les échéances mais il ne faut pas le dire car cela déclencherait un véritable cataclysme que de regarder la réalité en face car du coup des situations similaires sauteraient aux yeux pour la France, l’Espagne et bien d’autres encore. Alors on parle d’évènement de crédit qu’il faut éviter car les agences de notation, dont l’incompétence panurgique n’est plus à démontrer, risqueraient dans un mouvement de panique incontrôlée de mener, pour une fois, une analyse économique cohérente en admettant l’évidence que nos Etats impécunieux ont dépensé sans compter et surtout sans prendre en compte les capacités de remboursement de nos économies, et que les prêteurs ont délié les cordons de leurs bourses sans réfléchir ! Quel besoin avait Athènes de dépenser tant d’argent pour accueillir des jeux olympiques en 2004 ? Quelle utilité a le contribuable français de fiancer la compétition de fouteballe Euro 2016 ?

En fait, l’évènement de crédit, en termes plus compréhensibles : la faillite, peut être évité tant que les contribuables sont tondus sans pitié. Mais dès que le secteur privé des prêteurs est en risque alors la catastrophe se précise. Dans le cas de la Grèce dont la principale qualité n’est sans doute pas la fidélité contributive de ses citoyens aux dépenses du budget de l’Etat, les créditeurs privés sont les banques européennes, françaises notamment, et chinoises désormais, qui ont misé nos petites économies en prêtant à Athènes. Donc si ces banques doivent admettre qu’elles ont perdu une partie de leur mise (donc de nos dépôts) elles vont devoir enregistrer ces pertes, rendre des comptes à leurs clients et leurs actionnaires, voire tomber elles-mêmes en faillite, et surtout, elles vont cesser de prêter à tous ces états décadents et amorcer ainsi le début d’une infernale spirale qui bloquera la confiance entre banques elles-mêmes et grippera le système comme en 2008 après la faillite de la banque Lehman Brothers, crise financière majeure qui n’a pu être résolue que grâce à une générosité additionnelle des contribuables des Etats concernés.

Pour repousser cette triste échéance la communauté internationale continue à tondre les contribuables internationaux (le FMI) et européens (l’Union européenne) puisque le contribuable grecque, espèce rare déjà très peu développée, est carrément en voie de disparition ces derniers temps.

En réalité la trésorerie d’un Etat c’est comme à la maison, on est toujours rattrapé par ses dettes. Quand il y a de l’argent sur le compte on peut faire du shopping, quand il n’y en a plus il faut calmer les dépenses. On peut légèrement repousser cette échéance en prenant un découvert à sa banque mais l’exercice a ses limites. Elles ont été largement dépassées par nos Etats du Sud de l’Europe. A la fin, il faut payer. Ce qui est finalement normal c’est que les citoyens qui ont bénéficié des dépenses (voire poussé leurs gouvernements à dépenser pour des raisons bassement électoralistes) sont finalement ceux qui vont les rembourser. Ce qui est immoral c’est que les prêteurs n’assument que rarement les risques qu’ils prennent et pour la couverture desquels ils perçoivent un taux d’intérêt censé couvrir ce risque. Ils l’ont fait lors de la crise de la dette en Amérique du Sud dans les années 80, ils ne semblent plus disposés à la faire aujourd’hui où les enjeux sont autrement plus gigantesques.

Tout ceci n’est guère brillant.

Un ex-président habitué à déraper contre son camp

Le petit monde parisiano-médiatique est en émoi car l’ex-président Chirac a affirmé sur le ton de la plaisanterie qu’il votera Hollande aux élections présidentielles de 2012, sauf si Juju-le raide s’y présentait. Ce (très) petit microcosme a la mémoire courte et semble oublier que ce grand benêt Chichi a déjà trahi son camp en 1981 en ne soutenant Giscard dit d’Estaing que du bout du bout des lèvres et au tout-tout dernier moment. L’idée semble-t-il à l’époque était de favoriser l’arrivée de Mitterrand pour mieux préparer la reconquête du pouvoir par la droite menée par Chirac. La première étape s’est bien déroulée puisque Mitterrand s’est installé à l’Elysée en mai 1981 et Giscard a été repoussé dans les oubliettes de l’Histoire, croyait-on…

Les étapes suivantes ont été plus douloureuses puisque Chirac a dû attendre 14 années avant d’atteindre le pouvoir absolu, 14 années à avaler son chapeau, à voguer d’affaires judiciaires en retournements de veste, 14 années bien longues. Et à la fin, le Giscard est toujours là, nuisible et intriguant, le forçant même à adopter le quinquennat alors que Chirac avait répété des années durant que le septennat était un des fondements de la Vème République.

Sa haine à l’égard du Giscard dit d’Estaing équivaut sans doute largement à celle qu’il éprouve pour Sarkozy l’agité donc un petit plantage de couteau dans le dos ne se refuse pas, à Sarko comme il le fit pour Giscard.

Plus sérieusement, la très grande majorité des électeurs se contrefout de ce que Chichi votera donc son annonce est sans effet attendu, sinon l’émoi provoqué chez le microcosme. Finalement de (très) peu d’intérêt.

Bryan Ferry – 2011/06/11 – Paris l’Olympia

Bryan Ferry est de retour à l’Olympia pour présenter son dernier disque : Olympia ! Sur la couverture de celui-ci Kate Moss déploie buste et diamants, tête au plancher, renouant avec la tradition Roxy Music où des créatures de charme peuplaient les étuis cartonnés de nos vinyles d’antan.

Bryan était déjà revenu hanter nos mémoires l’été dernier pour une éphémère reformation de Roxy Music le temps de quelques festivals dont celui de Rock en Seine.

Mais Bryan, brillant troubadour, ne quitte jamais vraiment nos vies depuis ces 70’s qu’il a investies avec sa bande de musiciens délurés et talentueux.

Olympia n’est ni un bon ni un mauvais disque, il est le dernier Ferry, avec une brochette d’invités : David Gilmour, Eno, Jonny Greenwood… Le disque de Bryan Ferry c’est un peu là où il faut être lorsqu’on est un musicien quadra et au-delà, un peu comme un thé au May Fair Hotel par une après-midi brumeuse au cœur de l’hiver à Londres. On y est pour se réunir entre amis, se réchauffer et, surtout, pour évoquer un Monde nostalgique et créer la musique d’un futur incertain.

Olympia est arrivé dans les bacs à son heure, et dans nos discothèques sans délai. L’alerte Bryan Ferry a clignoté en son temps sur nos smartphones annonçant le show parisien, nos cartes de crédit ont crépité et nos cœurs se sont serrés de découvrir que l’Olympia était en configuration places assises car tant de temps est passé. Qui décide d’ailleurs de mettre des fauteuils dans la fosse de l’Olympia, l’artiste ou le management de la salle ? Bryan lui est debout et démarre deux heures de concert en fanfare sur un tonitruant I Put A Spell On You !

Notre héros de 65 ans est en costume sombre et chemise grise, cravaté et souriant, accompagné de Chris Spedding (l’historique) et Oliver Thomson (virtuose blondinet de 23 ans qui ne quitte plus Bryan depuis quelques années) aux guitares, Colin Good aux claviers, deux batteurs, belle-brune-blanche n°1 sax et claviers, belles-choristes-black n°1 et 2, belles-blondes-danseuses n°1 & 2, bref du monde sur scène qui officie dans une relative pénombre et un écran de fond de scène diffusant des vidéos brumeuses et emmêlées à l’image de l’affiche de la tournée.

Olympia nous l’avons dit n’est que le dernier disque de Bryan, alors cette soirée à l’Olympia sera un best of de ces années Ferry. Le son est fort, voir très fort, les solos de guitares un peu interminables et inutiles, et lorsque belle-brune-blanche n°1 vient sur le devant de la scène nous montrer ses gambettes (elle est en short) et son saxophone on regrette tout de même sérieusement Andy MacKay. Tout ceci n’est pas bien grave, le tremolo de Bryan nous fait toujours gémir de plaisir et s’il plaît au maître des lieux de s’entourer de jeunesses après tout que sa volonté soit faite pour autant que nous arrivions, assis dans nos fauteuils, à juguler une légère jalousie.

Bryan chante, Bryan joue du piano, Bryan joue de l’harmonica, Bryan nostalge sur Boys and Girls, Bryan reprend Dylan, Lennon ou Neil Young, Bryan chante et nous enchante, Bryan en équilibre sur le fil d’une carrière qu’il faudra savoir arrêter un jour, peut-être prochain.

Now the party´s over/ I´m so tired/ Then I see you coming/ Out of nowhere/ Much communication in a motion/ Without conversation or a notion/Avalon/ When the samba takes you/ Out of nowhere/ And the background’s fading/ Out of focus/ Yes the picture changing/ Every moment/ And your destination/ You don´t know it/ Avalon

Et Bryan siffle le final de Jealous Guy pour clôturer la soirée. Il nous reste maintenant à nous extraire de nos fauteuils.
Warm up : Boy, deux jeunes femmes de Hambourg et Zürich pour une folk acoustique sympa et rafraîchissante.

Setlist: 1.I Put A Spell On You (Screamin’ Jay Hawkins cover)/ 2.Slave To Love/ 3.Don’t Stop the Dance/ 4.Just Like Tom Thumb’s Blues/ 5.If There Is Something/ 6.You Can Dance/ 7.Make You Feel My Love/ 8.Alphaville/ 9.Boys and Girls/ 10.Sign of the Times/ 11.Like A Hurricane (Neil Young cover)/ 12.Tara Play/ 13.Bitter sweet/ 14.My Only Love/ 15.Avalon/ 16.All Along The Watchtower (Bob Dylan cover)/ 17.What Goes On/ 18.Love Is the Drug

Encore: 19.Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ 20.Jealous Guy (John Lennon cover)

Corruption française de haut vol

La France est condamnée par une chambre arbitrale à payer 630 millions d’euros à Taïwan du fait de commissions versées à des agents taïwanais dans le cadre de la vente de frégates, commissions non prévues au contrat et illégales au regard des règles internationales et des lois françaises. 630 millions, ce n’est pas rien, le contribuable paiera ! Les fonctionnaires et/ou les élus qui ont donné ordre de violer la Loi ne sont pas connus ni punis. Ils ont simplement jeté par la fenêtre 630 millions prélevés dans la poche des contribuables, y compris la leur d’ailleurs.

Déchéance politique

Henri Emmanuelli, député repris de justice, est filmé en faisant un doigt d’honneur au premier ministre. Du cass tou pov’con présidentiel au doigt parlementaire, les élus montrent le chemin de la vulgarité.

Le testament du roi fainéant

Chirac, ex-président de la République (qualifié en son temps de Roi fainéant par Sarko l’agité du ciboulot) sort un deuxième tome de ses inintéressantes mémoires et répond au détour d’une page : il parle de son ennemi qui serait

« Nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même ».

La presse en fait des gorges chaudes et relaye en boucle ces 12 mots pris dans les 600 pages du volume. En fait il n’y a rien à en dire, ce jugement est frappé au coin du bon sens et déjà ressassé depuis des années par les analystes, les politiques et surtout les électeurs, sans parler bien évidemment de celui qui s’est fait traiter de pov’con dans le très célébrissime et inoubliable « casse toi, pov’con » proféré au salon de l’agriculture et qui marquera l’Histoire de France. Qui peut feindre de découvrir que Sarko est nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même ? Cela n’échapperait pas à un enfant de 5 ans !

Et si Chirac avait écrit que Sarkozy était calme, serein, modeste et réservé, l’aurait-on cru ?

Donc, circulons, il n’y a rien à voir.

Le pré carré de Rachida Dati

La Dati se met en colère car l’actuel premier ministre Fillon songerait à se présenter à la députation dans une circonscription du VIIème arrondissement qu’elle vise également, plutôt que de rester dans la Sarthe-des rillettes, son département d’origine.

Impayable la Dati ! Elle a sans doute oublié que dans une élection il y a les candidats, certes, mais qu’il existe aussi une race étrange que l’on appelle « les électeurs ». Eh oui, nous avons bien dit les électeurs. L’électeur est un bipède qui évolue en troupeau comme les gnous dans les plaines de Ngorongoro, qui ingurgite à longueur d’année l’herbe fraîche de la promesse électorale diffusée par du communiquant-surpayé-qui-roule-en-Porsche, qui se reproduit, qui suit le chef de troupeau en principe aveuglément et qui migre au gré de la saison des pluies.

Donc en principe l’électeur de Paris VIIème arrondissement aurait dû voter Rachida-en-robe-Dior comme un seul homme et sans se poser plus de question, investissant ainsi la Rachida de toute la légitimité nécessaire pour aller faire ses courses dans le quartier des Invalides.

Mais ne voilà-t’y-pas qu’un nouveau gnou ambitieux (et probablement fatigué des rillettes du Mans) s’aviserait de vouloir conduire le troupeau à sa place. Quelle outrecuidance ! Quoi ? Donner le choix aux électeurs de désigner un gagnant, et donc un perdant ! Et à ce petit jeu on ne sait pas bien qui de l’un ou de l’autre aurait emporté le morceau. Et puis, de vous a moi, peut-on considérer que le gnou a développé assez de neurones pour choisir entre Dati et Fillon ?

Comme a priori le risque de voir Mélenchon s’emparer de la place est assez faible, nous aurions bien laissé combattre ces deux pieds-nickelés sur le bitume de la rue de Grenelle histoire de voir qui est le plus fort. Sur le Ngorongoro, en cas de combat des chefs, il revient au gnou qui l’emporte de mener la harde et de bénéficier des plaisirs du harem. Le perdant part dans la brousse, blessé, triste et solitaire, et finit généralement dévoré par les lions.

Hélas ! Hélas ! Hélas ! Trois mille fois hélas ! Ce combat de titans n’aura pas lieu car l’escroquerie intellectuelle des investitures partisanes devrait faire qu’l n’y aura qu’un seul candidat de l’UMP dans cette circonscription dorée. On ne va tout de même pas donner le choix au gnou, il risquerait de s’émanciper du confort moutonnier du troupeau.

DSK et sa cour d’avocats

DSK, défendu par l’avocat vedette des rappeurs américains violents et soutenus par des communicants qui ont trempé dans la campagne de Gbagbo en Côte d’Ivoire, va repasser devant le juge lundi, une audience technique semble-t-il juste pour annoncer s’il plaide coupable ou non coupable. Avec un tel parterre de conseillers, nul doute que son futur est assuré !

Lilly Wood & The Pricks – 2011/06/01 – Paris l’Olympia

Lilly Wood & The Pricks sont tout éberlués de jouer à l’Olympia après leur triomphe au Bataclan et à la Cigale. Encore inconnu il y a quelques mois le duo Nili et Ben est renforcé sur scène par trois complices, excellents musiciens, et tous ensemble donnent l’impression d’une bonne bande de potes dont l’enthousiasme est à la hauteur de leur professionnalisme, pour notre plus grand plaisir.

Ils démarrent sur le lent et mystérieux Hymn to my Invisible Friend. La voix calme et profonde de Lilly nous installe immédiatement dans leur atmosphère musicale : Hey sweet face/ Will you make me wait another year or two?/ Hey my friend of thoughts/ You see I’m scared of it being/ hello or goodbye/ So goodbye.

Quelques mots de Lilly étranglés par l’émotion et le groupe entame le dynamique Hey it’s ok qui réchauffe l’ambiance après cette sombre introduction. La scène est décorée des hiboux multicolores qui animent la couverture du disque Invincible Friends, les lumières sont à l’unisson de la musique, subtiles et non violentes.

La voix de Lilly est l’âme de ce groupe. Une voix rauque, une voix blues que l’on dirait éraillée par un cocktail de bourbon et de gauloises sans filtre, une voix parfaitement placée, une voix portée par des compositions sympathiques et des rythmiques entraînantes. Une voix grave qui dit des mots qui ne le sont pas moins. Une voix qui parle de dévastation sur un ton souvent guilleret.

Ben et le groupe se chargent avec talent de ponctuer cette vision décalée de leurs solos de guitare et autres ritournelles pop. Les morceaux les plus entraînants font vibrer l’Olympia qui reprend en chœur Somewhere to go sur Little Johnny et trépigne sur My Best.

Le show se termine par un rappel que Nili et Ben nous délivre en duo (c’est comme ça que tout a commencé) avec Untilttled.

Lilly Wood & The Pricks, un groupe neuf, sincère et talentueux qui offre moult raisons de se réjouir de l’apparition de cette nouvelle étoile dans le ciel de la scène rock.

Le philosophe mondain et inutile

Luc Ferry, ex-ministre, ex-amant de Carla, toujours-philosophe mondain des plateaux télé, intellectuel en limousine, avance sur Canal+ qu’un ex-ministre s’est déjà fait piquer au Maroc en train de partouzer avec des petits garçons et que tout le monde le sait… Bon, en trois clics sur Google on met un nom derrière la rumeur.

Du coup des plaintes sont déposées au Maroc par des associations et une enquête est ouverte par la justice française. Le Ferry va devoir rendre des comptes. Une fois encore : que la Justice passe !

Devant ces affaires/rumeurs nauséabondes qui se répandent telle la vérole sur le bas-clergé breton on est tout de même quelque peu confondu devant la légèreté de nos dirigeants qui se pavanent dans les médias ou se vautrent dans les palaces. Est-ce qu’ils ne pourraient tout simplement pas travailler un peu plus dans leurs bureaux, cela leur évitera des dérapages de tous ordres.

Le DSK par exemple, si on comptait le nombre de visites qu’il a faite à Paris et à New-York pour raisons personnelles au cours des premiers mois de 2011, ce ne serait sans doute un petit 3/4 de temps qu’il lui est resté à son bureau de Washington, mais rémunéré à plein-temps !

Le Ferry : a-t-il vraiment besoin d’aller parader dans des émissions pipole pour chaîne câblée où il n’est pas capable de se retenir de dire des âneries pour faire le kéké dans le poste ? M’enfin, un philosophe parfois plutôt brillant qui se prend pour un chroniqueur de salon ! En attendant celui dont il n’a pas voulu prononcer le nom (et que l’on identifie très facilement en trois clics sur internet, oui-oui, c’est vrai, allez cliquer) se terre dans l’ombre en attendant de sauter sur le palais de Justice avec une palanquée d’avocats loufoques pour sauver son honneur dès que Ferry aura lâché ses initiales, à moins que quelqu’un d’autre ne le fasse à sa place, car croyez-moi, il y en a beaucoup que cela démange sur la rive gauche. Cette campagne résidentielle qui a commencé très fort nous réserve encore de grands moments d’effroi et de consternation.