Mouvements capitaux chez Air-France-KLM

La compagnie aérienne Air France, spécialisée en grèves de ses pilotes et en renflouements par les contribuables français, s’est alliée il y a quelques années avec la compagnie néerlandaise KLM qui était à l’époque en bien mauvaise santé. Les deux sociétés ont créé le groupe Air-France-KLM au sein duquel l’Etat français détient 14,30%. Les autres actionnaires sont les marchés financiers pour environ 64% de capital flottant, et d’autres compagnies aériennes.

L’Etat néerlandais a récemment acquis 14% du capital, acheté discrètement sur les marchés. Il semble que les Pays-Bas, un peu agacés par le poids de la France dans la répartition du pouvoir au sein de la compagnie, aient voulu le rééquilibrer en leur faveur. Les dernières grèves et exigences des pilotes français ont par ailleurs dégradé la productivité de la partie française versus celle du partenaire néerlandais.

Lorsque le pot aux roses de cette opération capitalistique fut dévoilé, l’Etat français a mal réagi et, piqué au vif, a convoqué le ministre néerlandais des finances pour explication de texte. La situation est assez ironique car après tout c’est bien l’Etat français qui a privatisé son ex-compagnie nationale en vendant la majorité de son capital à des investisseurs anonymes sur les marchés, il est alors difficile de s’étonner que lesdits investisseurs refourguent leurs actions à un acheteur qu’il soit l’Etat néerlandais, ou qui que soit d’autres d’ailleurs. Ainsi va la dure vie de l’économie libérale mondialisée : on vend au plus offrant, c’est ce qu’on appelle la loi de l’offre et de la demande ! Ce genre d’opérations boursières ne se pratiquent pas en principe en douce. Lorsque les partenaires sont bien élevés ils s’en informent préalablement. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

Elever le pouvoir de l’Etat néerlandais dans cette société de transport sera probablement une bonne chose pour contrebalancer celui de l’Etat français qui a fait preuve de sa mauvaise influence sur la gestion, notamment en décidant de la nomination de hauts fonctionnaires comme pédégés successifs qui n’étaient pas particulièrement connus pour leurs compétences en management. Idéalement il aurait été préférable que la France vende ses actions et laisse cette compagnie difficilement gérable se confronter à la réalité du secteur. A défaut, la montée au capital des néerlandais à hauteur des français met en place un contrepouvoir bienvenu qui devrait permettre de limiter la nuisance publique française dans la bonne marche de cette société.

Que faire avec les terroristes religieux français ?

Avec la fin annoncée de la domination du groupe Etat islamique sur un territoire formel en Syrie, la question du sort des terroristes non syriens se retrouve posée d’autant plus que nombre d’entre eux commencent à se rendre aux forces kurdes et non gouvernementales syriennes qui les assaillent et les bombardent à qui mieux-mieux avec l’aide de la coalition internationale disposant d’une force aérienne puissante.

Il y a de nombreux morts bien sûr, mais on voit aussi sortir des décombres de la ville de Bagouz des terroristes éclopés, et aussi, plus stupéfiant, des cortèges de femmes intégralement couvertes de robes noires de la tête aux pieds, avec leurs enfants, parfois eux-aussi blessés. Les photographes se régalent en prenant des photos de ces fantômes noirs au milieu du désert avec leurs bambins habillés de couleurs traînant leurs doudous au milieu de la caillasses asséchée. C’est l’une des caractéristiques de cette guerre religieuse : les combats se mènent en famille, avec femmes et enfants, qui, parfois, participent eux-mêmes aux carnages. On a vu des vidéos de gamins assassinant des otages et il se dit que les femmes combattantes ne sont pas les moins cruelles. Des enfants sont aussi nés dans ces combats : « les lionceaux de califat » afin de constituer l’armée future. Alors que dans les guerres passées, il était plutôt de tradition de mettre les femmes et les enfants à l’abri des misères de la guerre, ici, tout le monde est sur le front.

Cette horde hagarde qui sort actuellement des ruines est composée d’un patchwork de nationalités. Il y a des français bien sûr, notre pays ayant constitué l’un des plus nombreux quotas de cette guerre pour Dieu. On entend des femmes expliquer derrière leur voile noir qu’elles n’ont rien commis mal, que leurs maris qu’elles ont suivis bien innocemment depuis la France sont morts au combat et qu’il faut maintenant que la mère-patrie les accueille avec leurs progénitures. Leurs dires sont invérifiables et en France, personne ne sait bien quoi faire avec ce sujet : Mme. Michu explique qu’ils ont voulu partir en Syrie alors qu’ils y restent, certains élus prônent des « assassinats ciblés » par les services de sécurité français, les humanitaires font pleurer dans les chaumières, les juristes ânonnent que la République doit le soutien à ses ressortissants, d’autres pensent qu’ils seront mieux sous surveillance dans l’hexagone que laissés à eux-mêmes au Moyen-Orient. Il est toujours facile d’avoir un avis quand la décision relève d’un autre… Pour le moment, le pouvoir exécutif édicte que les crimes commis dans des pays étrangers doivent être jugés dans ces pays et que le rapatriement des enfants sera décidé au cas par cas. Plusieurs centaines de terroristes religieux, hommes et femmes, sont d’ailleurs déjà revenus d’eux-mêmes en France et, pour nombre d’entre eux, végètent en prison après leur condamnation en attendant une libération certaine, dont les premières sont déjà annoncées pour 2019.

Il est plus que probable que parmi ces futurs libérables ou rapatriés, certains n’ont pas abdiqué avec leur fanatisme religieux et la mission de tuer les mécréants dont ils se sentent investis. Cette population cherchera sans doute à semer de nouveau la terreur, en France et ailleurs. Certains d’entre eux auront certainement les moyens de passer entre les mailles des filets de la surveillance policière mise en œuvre à leur encontre. C’est statistiquement une évidence.

Le pouvoir aux responsabilités avance prudemment et de façon pragmatique sur la question et semble utiliser les différents moyens à sa disposition tout en restant dans les limites de la démocratie et de l’intelligence, malgré les aboiements irresponsables de son opposition. Des assassinats ciblés, il y en eut et il continue à se produire : on a vu récemment l’exécution des frères Clain, fervents catholiques normands convertis à l’islam et devenus personnages importants dans la hiérarchie du groupe terroriste (la mort d’au moins l’un d’entre eux a été confirmée), par un tir de drone de la coalition internationale le mois dernier à Bagouz justement Certains procès locaux ont déjà aboutis en Irak contre des citoyens français ; des enfants orphelins ont déjà été rapatriés sur le territoire national ; les terroristes revenus d’eux-mêmes sont désormais judiciarisés dans le cadre des lois ayant criminalisé la participation a des entreprises terroristes. On ne peut pas non plus exclure que certains des revenants soient rentrés discrètement et aient échappés à l’application de la Loi.

Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils seront au pouvoir, qu’ils se fassent déjà élire.Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils auront été élus.